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 Nous voilà [libre]

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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Nous voilà [libre]   Lun 9 Oct 2017 - 20:00



Début deuxième ennéade de Favrius, an de grâce X du XIe cycle

Le cul et les baloches à l'air libre ! Accroupi derrière un petit buisson, Thibaud s'attardait. A force de patience et de témérité, la purée pointa le bout de son nez et vint terminer sa course nonchalamment sur les feuilles encore humides. C'est que la rosée du matin avait rendu le terrain bien glissant et trempé. Alors quand son affaire fut finie, il releva ses braies et prit son temps pour recouvrir son aplomb habituel. C'est fier comme un paon qu'il retrouva la compagnie, le visage soulagé et serein.

-Ni trop dure, ni trop molle, la journée sera bonne, murmura-t-il à l'adresse de son bâtard qui lui tenait ses armes. Velteroc me voilà !

Le connétable de Kelbourg s'arrêta devant ses hommes déjà montés et parés à la manœuvre. C'est que tous l'avaient attendu faire son affaire en prenant leur mal en patience. Pourtant, son geste avait été ô combien symbolique. Il s'était retenu durant toute la route pour déféquer une fois arrivée sur la terre des parjurés. À présent, il pouvait partir en guerre.

Les ordres furent donnés. La compagnie se divisa en plusieurs groupes et s'éparpilla sur les landes velteriennes encore endormies. Lui se garda de mener la troupe la plus garnie et l'emmena à l'encontre des premières civilisations. C'était avec une grande violence que Velteroc s'apprêtait à entrer dans la danse. Car si les chevauchées éclaires n'avaient point pour but de prendre les places-fortes, elles étaient faites dans un seul et unique but. Mettre à sac le pays ennemi grâce à une rapidité d'action inégalable. Que faire contre cela hormis connaître les itinéraires en amont et offrir une cavalerie légère aussi rapide et efficace que ceux des nordiens rompus à cet art. La Petite Guerre qu'il l'appelait ! C'était grâce à cela qu'on gagnait les grandes.

-Les cavaliers d'Erac, messire, l'informa l'un de ses hommes.

Il est vrai, des cavaliers chevauchaient dans leur direction, arborant les étendards de leur duché. Ainsi donc, le Renaud avait tenu parole et lui avait envoyé moult hommes. L'ironie dans tout cela ? Thibaud avait probablement tué certains de leurs pères et quelques-uns de leurs frères dans le bois d'Argonne. Désormais, ils se battraient ensemble. Lorsque ces derniers furent assez près pour leur parler, Kelbourg les salua de bon gré, se feignant même d'une mine enjouée.

-Allons, mes bons amis, continuons la route ensemble, la guerre n'attend pas.

Car leur prochaine halte n'était plus qu'à quelques lieux. Là-bas, le premier coup serait porté. Là-bas, les velteriens sauraient de quels bois les hommes du nord se chauffaient.
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Renaud d'Erac
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MessageSujet: Re: Nous voilà [libre]   Mar 10 Oct 2017 - 11:36


Renaud pensait que la troupe de Sainte-Berthilde s'arrêterait à Erac afin de voyager de concert avec ses cavaliers. Il avait d'ailleurs retardé son expédition afin de faire la jonction entre les deux troupes. C'était cependant sans compter sur le zèle de Thibaut de Kelbourg, qui dirigeait son armée en personne. Lorsque l'information fut donnée qu'ils étaient passés en voyageant le plus rapidement vers Velteroc, Renaud donna l'ordre à Etienne de les rattraper. La raison en était triple, d'abord parce que l'union fait la force, ensuite parce qu'il désirait montrer qu'il honorait sa parole, et enfin pour veiller aux intérêts d'Erac. Etienne avait été choisit après une discussion entre Renaud et Robert d'Orfe, le commandant des armées eraciennes. Il avait chaudement recommandé par son supérieur qui ne tarissait pas d'éloges sur le jeune coq. Car jeune, il l'était aux yeux de Robert, du haut de ses vingt trois années. Il était ambitieux et désireux de faire ses preuves, et surtout, il n'avait pas peur de se salir les mains. Hors, le travail qui lui serait demandé était tout, sauf digne des gestes glorieuses et épiques qui résonneraient.

Renaud aurait préféré attaquer directement Hautval, mais la baronnie était celle qui était le mieux protégée par son relief, et il était facile de la défendre contre une armée trop importante. De plus, Blanche avait toujours Léandre en otage, ce qui était un frein pour Renaud qui désirait sa libération. Velteroc avait donc été le choix le plus judicieux, le comté étant exsangue, pullulant de bandits. Le retirer de l'équation permettrait de ne pas avoir une armée supplémentaire à gérer, et les frontière d'Erac seraient moins en alerte avec cet ennemi en moins. Les rapports d'espionnage étaient unanimes, les patrouilles étaient rares, les soldats préférant restés bien au chaud plutôt que de prendre de trop grands risques. Quelle tristesse pour une terre qui avait défait les armées royales, si supérieures en nombre, avec tant de facilité. L'on redouterait alors l'esprit vif du Comte, si celui-ci n'était pas une fois de plus alité et complètement incapable de diriger sa terre. Les nombreuses troupes de bandits avaient le champ libre, et l'on avait d'ailleurs dit à la troupe d'éviter ces gens qui aidaient à défaire le comté. Il fallait aussi éviter les tours et autres fortifications, et porter le coup sur tout ce qui était facile d'accès. Les paysans et autres villages n'avaient qu'à bien se tenir, car le chaos arrivait, s'il n'était pas déjà présent. La brutalité qui allait frapper à leurs portes serait sans pitié.

Etienne avait donc prit la tête des cavaliers, chevauchant pour rattraper Thibaut, ce qu'ils firent après une belle cavalcade. Le noble salua de la main et de la tête du haut de sa monture

"Messire, ça n'a pas été une partie de plaisir que de vous rattraper. La hâte avec laquelle vous semblez vouloir porter la mort sur ces terres vous honore. Permettez moi de diviser ma troupe, et nous vous suivrons avec joie"

Etienne scinda ses cavaliers en plusieurs unités plus petite, afin de couvrir plus de terrain en même temps, et avec l'ordre de piller sans aucune retenue

"C'est quand vous voulez"

Les hommes avaient hâte d'en découdre, et les terres devant eux s'offraient, pleines de promesses. Il y avait fort à parier qu'aucun n'avait oublié les vieilles rancunes, la question était de savoir s'ils sauraient mettre leurs griefs de côté pour lutter cote à cote dans cette cause commune.
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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: Nous voilà [libre]   Mar 10 Oct 2017 - 16:15



Le village d'Ambray* faisait face et de loin résonnait déjà l'effroi. La populace, de leur position, n'était qu'un vulgaire fourmillement de masse obscure. Ça allait et venait à toute berzingue à tel point que l'on eut presque craint que le bourg implose de lui-même. Oh que non ! Ça ne se passerait pas comme ça. Le cor lâcha ainsi sa mélodie rugueuse et stridente et les chevaux se mirent à avancer. D'autres se trouvaient aussi à l'est, à l'ouest et au sud. Ils avaient fait ça propre pour leur première cavalcade. Acculé de toute part, le village allait recevoir la crème nordienne. A ses côtés, le jeune et fougueux eraçien ordonna la marche aux siens et la terre se mit à trembler.

Jubilant comme une jouvancelle prête à se faire déflorer par le premier venu, Thibaud sentit l'excitation poindre. Plus ils se rapprochèrent et plus les petites masses informes prirent apparences humaines. On put ainsi voir quelques têtes, quelques corps et d'autres joyeusetés qui ne demandaient plus qu'à tomber. De grâce, le village d'Ambray n'était qu'un rassemblement d'une trentaine de bicoques avec un temple néeraïte en son sein. Seule architecture imposante, il ne fut point dur de comprendre que les femmes et les enfants s'y étaient tous réfugiés. Ainsi, sous la sécurité et l'hospitalité bienfaitrice de la Sainte-Mère, ils pensaient vivre et leur échapper.

Quid des hommes alors ? Impossible de les compter d'où ils étaient, ce n'est qu'en arrivant à l'entrée du bourg qu'on les vit rassemblés sur la place du marché. L'attroupement faisait peine à contempler, mais la formation avait eu le mérite d'offrir un effort d'imagination. En cercle, avec des faux, des piques et des fourches à la main, ils tinrent bon l'entrée du temple de Néera en gueulant comme des maraîchers pour tenter de les impressionner. Ni une, ni deux, Thibaud voulut jouer et s'empara d'une arbalète. Il lécha le carreau avant de l'armer et une fois que la chose fut faite, tira.

Le carreau vint se planter dans la gorge de celui qui gueulait le plus fort.

-Tu vas la fermer ta gueule maintenant !

L'homme gisait à présent dans une marre de sang.

Les siens n'eurent pas à attendre plus longuement pour lâcher une salve dans la direction des villageois.

-Tout homme vu avec une arme à la main sera puni de mort sans procès, rappela-t-il à son compère d'Erac dont il ne connaissait même pas le nom.

Les uns après les autres, sans qu'ils n'eurent besoin de mener le combat au contact, les velteriens sombrèrent. Il en piétina ainsi avec les sabots de son cheval afin de non seulement les achever mais aussi pour se rendre à la grande porte du temple.

-Enfumez-les ! Ils finiront bien par sortir. ordonna Thibaud. Néera ne pourra plus rien pour eux une fois dehors.

*:
 
 

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Renaud d'Erac
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MessageSujet: Re: Nous voilà [libre]   Jeu 12 Oct 2017 - 19:53

la chevauchée débuta, rapide comme le vent, sans toutefois fatiguer les montures pour pouvoir fuir au cas ou. Voila un défi taillé pour ce groupe qui était prêt à faire couler le sang à flot. La première cible était déjà en vue à peine une heure après que les deux groupes de cavaliers se soient réunis. Thibault avait divisé sa troupe et Etienne avait suivit l'exemple, histoire de ne pas se quereller dès la première escarmouche, d'autant que la stratégie était avisée. Lorsqu'il ne fut plus possible d'être dissimulé par l'horizon ou un bosquet, le village fut en ébullition. Le cor sonna et la troupe entra entre les maisonnettes, la poussière les accompagnant, et le martellement faisant résonner le sol. Ils crièrent comme des forcenés histoire d'intimider encore plus les pauvres ères qui étaient présents

Il n'y avait la uniquement que des hommes regroupés autour d'un temple qui abritait sans nul doute les femmes, les enfants et les vieillards. La besogne allait être sale, mais les hommes sélectionnés l'avaient été parce qu'ils ne reculeraient pas devant la barbarie qu'une chevauchée en territoire ennemi demandait. La guerre, c'était sale, et il fallait bien quelqu'un pour faire la basse besogne. Thibault exultait sur sa monture. Tout le monde parlait en même temps, assaillant ou villageois. Le Seigneur de Kelbourg n'attendit plus et il s'empara d'une arbalète qui transperça sa victime. Tous les cavaliers berthildois se saisirent de leurs arcs, alors que les eraçiens en firent de même, mais un sur deux, l'autre prenant son épée ou sa hache au cas ou les villageois réagiraient. Mais pour l'instant, c'était plutôt la consternation devant la perte de l'un des leurs. Les hommes du village se regardaient, se demandant ce qu'ils devaient faire. Cette hésitation, preuve qu'ils n'étaient pas entrainés, fut leur perte. Une volée de flèches se dirigea vers les pauvres sans protection, et le carnage débuta.

Etienne, qui avait saisi son épée, pensa à l'hiver et à l'entrainement que le Duc avait imposé à la milice, et aux villageois. Le peu de fois ou il avait participé à ces entrainement, il avait trouvé la populace lamentable, mais au fur et à mesure que l'hiver passait, il avait aperçu le fruit de ce dur labeur, et après un semblant de cohésion, la milice eraçienne était bien plus préparé, il s'en rendait compte à cet instant, que la vermine qui était la. Etienne répondit à Thibault qui semblait croire que les cavaliers d'Erac étaient des sains

"Tout rebelle, armé ou non, sera puni de mort, messire"

Un sourire tyrannique sur les lèvres, il s'élança après les volées pour se tailler sa part dans le massacre qui avait débuté. Sa monture, tout comme sa main, semèrent la mort parmi les villageois qui n'avaient rien à opposé aux envahisseurs. La brève escarmouche, si l'on pouvait appeler cela ainsi, se termina très rapidement. Thibault demanda alors de mettre le feu au temple, il n'eut pas à renouveler son ordre car avant même qu'il ne commence, des torches s'allumaient déjà. Après tout sans témoin, nul ne saurait si l'attaque était venu de bandits ou de troupes régulières. La fumée d'abord, puis les flammes montèrent de la construction. L'on entendit les personnes à l'intérieur tousser, puis crier, et tousser encore, avant que la porte ne s'ouvre et que les premiers ne sortent. Une volée de flèche les cueillit. Et ce fut alors le choix des plus horrible qui s'offrit aux prisonniers. Soit ils mourraient asphyxié ou brulé, soit ils sortaient affronter la troupe qui les attendait de pied ferme. Quelque fut le choix, personne ne survécut à cette première tuerie. L'on aurait pu croire que les hommes captureraient pour le viol, mais le soif de sang fut plus forte lors de ce premier assaut. Sans doute les femmes avaient été plus chanceuses que celles qui suivraient. Une fois le tout terminé, le pillage débuta, les hommes entrant dans les maisons désertes pour prendre ce qui semblait avoir de la valeur et qu'ils pouvaient transporter
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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: Nous voilà [libre]   Ven 13 Oct 2017 - 9:26

Un pendu ! Deux pendus ! .... Trois pendus !




Il avait voulu faire ça proprement... Cela n'avait pas été le cas du fougueux sire d'Erac, qui à peine les premières personnes sorties du temple, s'en était prit violemment à elles en les exterminant comme de la mauvaise vermine. Que faire alors face à l'engouement et l'excitation de tous les nordiens présents ? L'art de la tuerie en avait prit un sacré coup dans la gueule, ce qui lui laissa un goût d'inachevé et d'amertume en arrière bouche. Qu'à cela ne tienne ! Il se raviserait dans les prochains jours, une fois que la troupe d'Erac s'en irait brûler d'autres villages. Toujours est-il qu'il ne souhaita pas s'attarder plus longuement dans ce village d'Ambray. Premièrement parce qu'il  n'y avait plus rien à y foutre. Deuxièmement parce qu'on venait de lui ôter la joie de s'amuser à sa manière. Il n'y eut alors plus qu'à ordonner que l'on mette les corps des enfants, des femmes et des vieillards dans un charnier, puis qu'on lui laisse l'honneur de s'occuper des hommes qui avaient combattu avec zèle.

Un grand arbre fut trouvé, dans lequel on y attacha les corps suspendus aux branches. Quel beau spectacle que voilà ! Thibaud recouvrit un peu de gouaille. Bientôt, cet arbre servirait d'avertissement aux curieux. Car sur ces terres, il était désormais le maître.

-Partons en direction de Beltrod, sire, souffla-t-il à l'eracien. D'autres nous attendent.

Est-ce possible et imaginable alors d'expliquer comment moult petits hameaux et bourgs furent dévastés après leur passage ? C'est un paysage de mort et de chaos qu'ils laissèrent dans leur sillage. Chevauchant avec toujours autant de rapidité, quitte à se diviser pour couvrir plus de terrain. Cette première ennéade de raid marqua Velteroc au fer brûlant. Ce sentiment redoubla lorsque les premières compagnies de reîtres entrèrent dans la danse. Force fut alors de constater qu'il valait mieux périr par leurs lames à eux, plutôt que par les leurs. Car eux ne s'arrêtaient ni pour violer, ni pour torturer.

C'est à l'aube de la quatrième journée de cette deuxième ennéade que Thibaud et les siens parvinrent jusqu'à Beltrod. La cité, protégée par ses fleuves, fut assez proche pour qu'ils puissent la contempler et l'étudier de loin. Il put ainsi inspecter les divers sabotages qu'il avait ordonné une ennéade auparavant, si bien qu'il fut prit d'un rire incontrôlable en découvrant quelques maisons noircies.

-Le siège ne sera pas aisé, mais point impossible, dit-il à l'attention du jeune Etienne. Les deux fleuves servent de douves naturelles et la cité pense que cela sera suffisant, car nous ne pourrons l'encercler que lorsque nous nous serons risqué à les traverser.

Thibaud cracha du haut de sa monture en direction de la cité.

-Que t'chi de cela ! Allons leur proposer une reddition avant de passer à l'extermination.
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Renaud d'Erac
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MessageSujet: Re: Nous voilà [libre]   Lun 16 Oct 2017 - 13:27


Thibault avait l’œil pour la mise en scène, du moins lorsqu'il s'agissait du macabre. Personne n'avait rien dit quand il avait avait accrocher les corps à un arbre. Au contraire, l'exemple en serait encore plus frappant. Puis la troupe repartit faire sa basse besogne. Le plan était simple, il s'agissait de repérer un village sans défense, de frapper et de repartir aussi soudainement qu'ils étaient apparus, après avoir massacré, pillé et violé au passage bien évidemment, l'on ne se passait pas de la récompense qui allait avec. Les jours passèrent et les comptes pour le nombre d'exactions ne fut rapidement plus tenus, Velteroc était à feu et à sang, et la troupe disparaissait tellement vite qu'il était impossible de la suivre. Tout comme il était impossible de prévoir sa prochaine attaque, Thibault et Etienne prenant à cœur de ne pas laisser de plan logique pouvant amener à une embuscade contre eux. L'on allait pas en ligne droite, ni en zigzag, du moins pas de manière calculée. L'on allait d'un village à droite, à un autre à gauche, puis encore à gauche, avant de revenir à droite, puis à gauche, puis deux fois à droite, puis...cela changeait tout le temps.

Beltrod fut enfin en vue, fière cité qui semblait parfaitement protégées par les fleuves. Du moins cela serait vrai s'il y avait suffisamment d'hommes pour la défendre, mais cela, Etienne ne souhaitait pas le tester. Alors quand il entendit Thibault parler de siège, cela l'inquiéta, ses ordres étant justement d'éviter d'en monter un sous peine de perdre en mobilité

"Un siège ? vous n'y pensez pas ? à moins que n'ayez en tête d'empêcher tout ravitaillement en exterminant les convois qui viendraient par la. Ceci est à notre portée, et la famine fait bien le travail."

L'idée de chercher querelle était pourtant bien vivace, et très séduisante. D'autant que les hommes pouvaient constater que des incendies avaient frappé la cité. Etienne n'était pas au courant des sabotages que Sainte-Berthilde avait entamé.

"M'enfin, narguer l'ennemi ne me déplait pas, et même si l'on ne nous à pas encore débusqué, je pense que notre chevauchée doit être connue."

La peur était une arme très puissante qu'il ne fallait pas sous-estimer.
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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: Nous voilà [libre]   Lun 16 Oct 2017 - 17:25



Le blanc-bec d'Erac avait de la suite dans les idées et un tant soit peu de jugeote. Thibaud hocha à l'affirmatif à la suite des derniers dires. Aussi n'avait-il point divulgué toutes les idées qu'il gardait en tête, mais les grosses lignes avaient été dites. La cité de Beltrod, toujours au loin, semblait encore jouir d'une relative sérénité. Le calme avant la tempête à n'en point douter. Toujours est-il qu'elle restait encore une inconnue à ses yeux. Son but désormais : qu'elle n'ait plus aucun mystère.

-Voyez-vous sire Etienne, une cité forte est comme une femme que l'on voudrait abuser. Il est difficile d'y pénétrer, mais des stratagèmes divers et variés existent pourtant pour y parvenir. Il y  a la brutalité qui demande beaucoup d'effort pour un résultat parfois mitigé. Et la ruse, qui provoque certes une monumentale migraine, mais ô combien satisfaisante lorsque la femme se met à jouir au lieu de chouiner comme une truie. lâcha-t-il en croquant dans une tomate bien juteuse. Cela pour vous dire qu'il nous faut l'étudier afin de préparer l'arrivée de nos ost, et non y emmener céans nos hommes pour y monter un siège futile que nous serions bien en peine de tenir sans attiser l'hilarité chez nos ennemis.

Louis lui avait ordonné de partir avec l'avant-garde afin de préparer l'arrivée des ost de Sainte-Berthilde, Olysséa et Arétria. Un beau paquet de monde pour sûr. Alors si l'objectif premier était de semer la terreur sur le nord de Velteroc. L'autre partie du plan consistait à établir une tête de pont sécurisée jusqu'à Beltrod, lieu de leur première étape de pèlerinage.

-J'enverrais des hommes à la nuit tombée afin d'inspecter les fortifications et je vous invite à éliminer et prévenir toute éventuelle menace qui viendrait perturber nos recherches. Ne faisons pas l'erreur de reproduire la même bourde commise au champ pourpre, murmura-t-il comme s'il s'était parlé à lui-même. Messire de Mandebourg, vous accompagnerez le sire d'Erac.

Son homme de confiance acquiesça et fit si-tôt tourner la bride de son coursier. Ainsi faisait-il comprendre au jeune Etienne qu'il pourrait compter sur les siens tandis qu'il s'évertuerait à faire connaissance avec la cité.

-Autre chose, sire Etienne... ajouta Thibaud.
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Cosimo Tête Pelée
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MessageSujet: Re: Nous voilà [libre]   Mer 18 Oct 2017 - 19:57

Y a pas à dire, la chevauchée du seigneur de Kelbourg avait fait un beau travail. Il n’y avait plus qu’à se pencher pour ramasser les restes. Et quels restes ! Les cavaliers ne pouvaient pas s’encombrer, mais les chauffeurs de pâturons ne demandaient que ça. Après plusieurs mois à crever de froid et bouffer du pain de munition à Serramire, ils pénétraient avec enthousiasme dans le pays velterocin. Les cavaliers argonnois et eracin avaient rudement choqué la population, et il suffisait de les secouer un peu plus pour leur faire cracher le butin.

La troupe de routiers grossie par la racaille de Kelbourg avait  traversé la trouée d’Enguerrand sur les talons de la chevauchée. Elle avait alors navigué à travers la plaine en fixant son cap sur les fumées noires dégagées par les incendies. Et sous la cendre, des mets délicieux ! On fit cracher aux paysans les bijoux de famille et les habits de fête dont se parèrent des soudards hilares. Pour relever l’ordinaire, on embarquait les poules, les porcs et quelques bœufs qui tiraient sur des chariots les biens de leurs anciens propriétaires. Par conscience professionnelle, les routiers abattaient les arbres fruitiers sur leur passage et achevaient de brûler ce qui était encore debout.

Honoré, le trésorier de la troupe, peinait à garder la comptabilité du butin. A de rares exceptions près, tout butin devait être déclaré à la compagnie. Les lettres de règlements que chacun avait signé étaient on ne peut plus claire sur ce point-là. Gare à celui qui s’alourdissait les poches en douce ! Déjà deux coquillards avaient été écartelés sur ordre de Cosimo. Ça faisait la bite au reste de la troupe et leur imprimait un semblant de discipline rapidement. Le capitaine tenait particulièrement à l’œil la centaine de gars recrutés quelques jours auparavant parmi la canaille de Kelbourg.

Çà et là, ils avaient essuyé quelques pertes, quand quelques gars s’étaient trop écartés de la colonne ou qu’on rencontrait de la résistance. Les quelques corps en question s’empilaient sur une charrette en queue de convoi. L’odeur qui s’en dégageait était particulièrement dégueulasse, et pesait sur le moral des hommes. Après deux jours, le capitaine avait ordonné qu’elle avance à une demi-lieue derrière le gros de la troupe. Il n’avait pas la moindre idée de ce que l’autre taré de Kelbourg voulait en faire, mais il préférait suivre ses ordres. Bordel c’est pas ce qui manquait les cadavres pourtant, on pouvait s’en procurer des frais à chaque hameau.

Après quelques jours, passablement alourdis par le butin, le petit village itinérant de soudards, de putains et de tout ce qu’une armée en marche peut traîner de sangsues parvint non loin de Beltrod. On campa pour la nuit, tandis que les éclaireurs s'élançaient de l'avant pour voir ce qui tramait du côté de la cité.
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