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 [Cri des Premiers ralliements | Terres de Tethien ] Sanglantes négociations

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Estiam Faerin
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MessageSujet: [Cri des Premiers ralliements | Terres de Tethien ] Sanglantes négociations    Lun 16 Oct 2017 - 18:58



Arkuisa de la première ennéade de Fävrius
Dixième année du Onzième Cycle
Terres de Tethien




Une mauvaise vibration dans l’air dira-t-on. Tu retrousses le nez et fronce les sourcils, t’empressant dès la croisée de la première branche basse à portée de gagner les hauteurs. Voyager de branche en branche est certes plus exigeant, mais les déplacements arboricoles, malgré le peu de discrétion qu’autorisent les craquements des branches les moins solides, expose à moins de danger que la marche terrestre. Il est plus facile d’épier de haut en bas que de bas en haut, les araignées chasseresses, les Faïra, les oiseaux de proies, les acherï et beaucoup d’autres encore l’ont bien compris ; seulement quand il s’agit simplement pour eux d’un instinct de prédation, cela tient dans ton cas plus de celui de conservation.

Contrairement à d’autres Protectorats de cette Terre Ancestrale, Tethien est habituellement relativement calme. Les Noss du bord de mer ne sont pas réputées les plus agressives, et si en ce début de printemps les animaux sont en effervescence, les bêtes féroces de l’Anaëh durant les grandes chasses sont à peine plus menaçantes que celles de l’Aduram au cours de leur hibernation. Si tu te sentais ainsi épié, ce n’était pas l’œuvre de simples sans-le-souffle.
Les ombres ne tardèrent pas à apparaître. Rapides. Cruelles. Faisant une danse macabre trop précisément millimétrée pour qu’il s’agisse d’une simple procession. Ils étaient en chasse, et tu étais la proie. Pauvres âmes, elles ne savent pas quelle folie les a pris de s’en prendre à celui qui est plus fou encore qu’elles.

Les trois fées émergent du néant, allant chacune de leur manière bien personnelle de s’étirer, comme si elles avaient été de véritables êtres vivants sortant d’un long sommeil, puis de suite, elles commencent leur chaotique ballet orbital. Leurs yeux ne voient pas, mais ils sont pour toi comme des oreilles de plus, plongées dans le concert de crépitements de l’éther courant en ces lieux. Leur peau minérale ne connaît pas le toucher, mais elle est pour toi comme une extension de la tienne, à cela près que leur sensibilité aux essences naturelles est toute autre. La chaleur, les courants d’air, l’humidité ambiante et la vibration des solides sont autant de repères auxquels tu n’obtiens plein accès que lorsque ta magie s’exprime… mais lorsque ta magie s’exprime, ton accès à ces repères te rend extrêmement difficile à berner.
Ruivërcania fut la première à agir. À réagir plutôt, cueillant au vol la première des flèches dirigée contre toi, et marquant ainsi le début de la bataille ouverte.

De la branche où tu étais posé tu te laisses tout bonnement tomber, cueille de tes mains la suivante pour t’envoyer toi-même valser contre le tronc le plus proche. Tes ongles se plantent dans l’écorce, ralentissant juste assez ta chute pour autoriser ton bras droit à trancher l’air d’un geste aussi souple que vif. Luimërcania répond au même temps, soufflant de ses doigts comme on souffle un baiser un quatuor de lances de givre. Tu bondis du grand arbre vers une branche plus haute au même temps que les projectiles font encore chemin. Ton poignet claque, marquant l’instant où le souffle de feu de la fée ardente vient intercepter la cible des éclats de givre, forçant le chasseur pris en tenaille à choisir lequel des deux châtiments lui paraissait le plus doux. L’une des pointes de givre se ficha à la jonction de l’épaule de l’archer.

Un de tes adversaires est au sol, incapable de continuer l’affrontement, mais tu es loin encore de savoir exactement quelles sont les forces en présence. Il n’est pas seul, ça au moins tu en es certain, mais combien sont ses accompagnateurs, et combien de temps avant qu’ils ne se multiplient sont les questions les plus importantes.
Tu plies les genoux et te penche en avant pour voir les jumelles des deux flèches qui te frôlaient le dessus du crâne emprunter une trajectoire similaire quelques dizaines de centimètres sous tes pieds, là où tu aurais probablement été si tu avais choisi d’aller jusqu’au bout de ton mouvement et de sauter. Loin de te paralyser, la constatation de la synergie de ton groupe adversaire te pousse à reprendre tes déplacements erratiques à travers la canopée, comme pour tenter de donner la nausée à qui te suivait des yeux depuis les ombres. Quatre flèches cette fois trouvent ta direction simultanément, et simultanément elles se heurtent à la barrière cristalline levée par la fée d’argile.
Tu chutes à nouveau, te réceptionnes in extremis à un pan de roche flottant soulevé sous ta propre volonté, et rebondit de plus belle. Luimërcania n’a pas cette chance. Elle, elle chute jusqu’au sol, et s’écrase dans la litière, pour être goulûment dévorée par la terre. Ruivërcania n’ose pas faire feu, de peur d’embraser végétaux innocents, et ton adversaire semble s’en rendre compte. Tu peux enfin distinctement observer deux visages, crispés par la rage, mais surtout des armures et des pointes de lance faites d’une matière reconnaissable entre des millions. Les écailles de la Grande Hydre. Tu sautes tête vers le bas, dévalant les troncs d’arbre comme un félin fondant sur une proie invisible, pour ne finalement faire que fouetter la glaise du bout des doigts. Les lanciers fondent sur toi, forçant les archers restant à se cantonner de tirs de sommation, limitant tes mouvements plus qu’ils ne risquaient de te pourfendre, de peur de frapper un de leurs alliés. Probablement le sacrifice en aurait¬-il valu la chandelle, parce qu’à peine les lanciers à moins d’une dizaine de mètres de toi que les serpents d’eau aux crocs de glace jaillirent du sol pour se saisir d’eux. Kemercania en profita pour rejoindre sa sœur au sol et se faire tortue en place de serpents. Il suffit d’un pas du reptile de granit pour éliminer les victimes de celui d’eau. Sous la commande de la tortue le sol se fait tourbe où s’enlisent ceux que les serpents tiennent de leurs crocs jusqu’à la taille.

Tu es au sol maintenant, et tu cours, tantôt sur tes jambes, tantôt sur quatre pattes, selon que tu puisses te jeter d’une racine à l’autre ou pas. Les flèches continuent de pleuvoir sur la proie facile que tu fais pour ceux encore perchés dans les hauteurs, mais celle de feu veille au grain, allant jusqu’à faire danser la langue ardente dangereusement près de toi pour dévorer les tiges de bois et briser l’inertie de pointes qui laissaient tout de même à l’occasion des points de choc qui deviendraient vite des bleus sur ta peau. Deux des lanciers ont perdu leur ascendant, mais leur présence fut le seul moyen pour les tireurs de flèches d’avoir la moindre touche. Les elfes du Baar’Ane ont fait du sacrifice leur philosophie de vie. Nul doute qu’il ne se passerait pas bien longtemps avant que l’offensive en mêlée ne reprenne.

Tu souffles un coup, réprime un râle de douleur alors que la course effrénée commence à peser sur tes jambes. Encore un peu plus, il faut que tu tiennes encore un peu plus…

Là ! Les craquements du bois consumé par le feu sont le seul son marquant la défaite des deux archers. Leurs cris sont étouffés par l’eau glacée les ayant enveloppés. S’ils ne trouvaient pas le sommeil des suites du froid, c’est le manque d’air qui ferait le travail. C’était encore un peu de pression en moins sur tes épaules, un peu plus de libertés dans tes mouvem… tu trébuches, perds appui sur le tronc oblique sur lequel tu courais, quand une lance vient se ficher sur ta trajectoire. Tu te rattrapes au sol in extremis, seulement pour constater à nouveau la présence manifeste des guerriers en armure, lances à la main. Ils sont six cette fois, t’encerclant tout bonnement, ne laissant comme issue que le ciel, d’où tu sais que les flèches pleuvraient pour peu que la présence proche de leurs alliés ne dissuade pas les tireurs de faire feu.
Ils ne prennent pas le temps de tracer le moindre cercle autour de toi. Ils chargent à l’unisson sans se poser la moindre question. Le temps est ta plus précieuse ressource après tout, toi le mage. Tu serres les dents, le cœur battant, t’efforçant de ne pas te laisser aller au sang. Tu n’as pas encore tué jusque-là, et tu n’en as pas l’intention. Chaque combattant est un potentiel allié. Même ceux du Baar’Ane… surtout ceux du Baar’Ane. Ce sont les tempéraments de feu comme le leur qui font les victoires à la guerre… restant à espérer que tu repartes tout de même vainqueur de cette bataille.
Tes bras se lèvent dans ce qui semble être un effort désespéré de protéger ton visage, les pointes de lance viennent s’écraser contre ta peau. Les manches de bois se brisent sous la force de leurs porteurs. Les lames n’ont fait qu’égratigner la statue de pierre sur laquelle ils venaient de se ruer. Les guerriers du Baar’Ane partagent un regard interloqué, serrant les poings pour certains, préférant ramasser le bout épineux de leur lance pour ceux qui préféraient ne pas risquer d’être pris totalement sans défenses, et ils entreprirent d’observer la sculpture, ce que leur refusa promptement la fée ardente, dont le dernier geste fut de se sacrifier dans un impressionnant vent de chaleur, repoussant tes assaillants, et te donnant par la même occasion l’autorisation de quitter ta gangue minérale. Tu roules entre deux d’entre eux, te relèves d’un bond, cours à toute jambes alors qu’ils te donnent la chasse, puis trouve ton salut dans un tronc assez incliné pour que tu puisses commencer à prendre de la hauteur.

Tu bondis de ton piédestal, plongeant contre toute attente à nouveau vers le sol, dans une vrille parfaite. Tu atterris genou droit et plante de pied gauche accrochés à la litière, paumes ouvertes vers l’extérieur, et quand dans ta position vulnérable les flèches tentent de te cueillir, elles sont soufflées par une bourrasque glaciale. De gouttelettes d’eau cristallisées se dessine la figure de ton dragon gardien. De glace sont ses écailles, de givre sont ses dents et ses griffes, le blizzard est son souffle et l’orage est son rugissement. Le dragon hurle face à tes adversaires paralysés d’étonnement, souffle l’air sous lui de puissants coups d’ailes, laissant sur son chemin une inquiétante brume d’orage.
Tu serres le poing, le dragon hurle une nouvelle fois, et la foudre tombe, transformant la stupeur en une véritable paralysie.

Au loin, les archers fascinés finissent par se ressaisir, et les derniers lanciers préparent timidement leur offensive. Tu puises dans tes dernières forces pour fuir, le reptile de poudreuse assurant ta couverture, cueillant les projectiles de son corps, et coupant de sa contre-attaque la route des combattants cherchant la mêlée. À ce rythme, tu devrais pouvoir les distanc…

Il est resté immobile durant toute la traque. Il t’a observé sans jamais se signaler, sans jamais se mettre en danger. C’est lui qui aurait maintenant le plaisir d’achever l’elfe ayant ainsi ridiculisé son bataillon. Tu craches une gerbe de sang. Les flèches se sont fichées dans ton épaule. La lance t’a cueilli au flanc.


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MessageSujet: Re: [Cri des Premiers ralliements | Terres de Tethien ] Sanglantes négociations    Mar 17 Oct 2017 - 3:29



Tu peines à garder l’œil ouvert, assailli dans ton corps entier par une douleur sans nom. Bouger est hors de question, le moindre geste et l’hémorragie viendrait à bout de toi. À la merci du chasseur, te voilà forcé de suivre, impuissant, sa descente de son piédestal. Survivre, l’Aduram t’as appris à survivre, à combattre, jusqu’au bout. Incapable du moindre geste, incapable de la moindre magie, le sang perlant un peu plus abondamment d’entre tes lèvres à chaque fois que tu tentes de déglutir, tu ne perds pas une once de la rage de vaincre qui t’anime. Tant qu’il reste encore le moindre souffle dans ton corps, il ne sera pas venu à bout de toi. Si tu dois te battre en mots, alors ainsi soit-il.

- Pardonnes-nous, frère, mais c’est ainsi qu’est la nature. Aucune terre n’est prise sans verser de sang. Un regard marqué d’une multitude d’émotions et de leur contraire se posa sur toi C’est un beau combat que tu as livré, solitaire, ton erreur aura été de le livrer sans tuer. Sache,
cependant, que le Gardien prit honneur à faire sien le cœur d'un combattant aussi puissant.

- Je n’ai rien à gagner à vous tuer tu répliques non sans emprunter le ton du défi Du moins c’est ce que je pensais avant de savoir que vous préfériez disputer ce qu’il reste de l’Anaëh avec vos propres frères plutôt que de reprendre ce qui vous est dû.

Une flèche est encochée par l’un des derniers chasseurs maintenant dévoilés, te sommant de daigner mourir en silence. Il est impensable pour les elfes du Baar’Ane, après que tu les aies ainsi ridiculisé, d’en plus avoir à supporter les insultes d’un elfe vaincu. Le Gardien de l’Hydre s’y opposa cependant, sommant d’une paume ouverte de baisser les armes, visiblement interloqué tant par ton attitude que par ta tirade… ou étais-ce la marque que tu laissais sur la Symphonie qui le décontenançait ? Le guerrier se baisse à ton niveau, prends ton visage de ses mains dans un geste que tu ne saurais qualifier ni de sympathique ni de sadique. Ses yeux plongent dans les tiens, et y cherchent un trésor dont il possède le secret. Pendant une longue minute se visage se contorsionne, allant de la tristesse au contentement puis à la colère sans réelle raison, sans réel motif, sans autre explication que son état de Gardien de la maîtresse des Hydres.
Le Gardien Voronwë est fou, voilà tout. Fou au même titre que toi le survivant d’Aduram. Le Gardien Voronwë possède au même titre que toi cette pulsion vengeresse exacerbée, ce frisson meurtrier justifiant de donner la mort à quiconque serait perçu comme une menace. Le Gardien Voronwë est comme toi un elfe s’effrayant lui-même de ce dont il est capable pour faire ce qu’il appelle sa justice, seulement là où tu es le favori de Meliën, il est la victime d’une créature connue seulement de légendes depuis longtemps perdues. La noirceur habitant son regard est bien réelle pourtant, réelle au point que tu entendrais presque le rire lointain du Baar’Ane, et les pernicieux sifflements accompagnant l’ombre monumentale qu’il fait peser sur la forêt. Si l’Hydre maîtresse n’est que créature de légende, l’on pourrait dire qu’à travers son Gardien, elle a trouvé la vie, pour le meilleur et pour le pire.

- Le serpent ne fera jamais aussi bonne chasse sur les Terres de Tethien que dans la forêt volée. Tu tousses un coup L’Anaëh n’a enfanté aucun monstre qui ait pour devoir de la détruire.
- Alors est-ce ce que tu penses que je suis devenu. Le visage du Gardien se fend d’un inquiétant sourire, tandis que dans ses prunelles brille la peur un monstre ?
- C’est ce que nous sommes. Tu plantes tes ongles dans le sol, combattant l'évanouissement et comme les monstres ont repris l’Anaëh devant Calimenthar, c’est de nous que la forêt a besoin aujourd’hui pour reprendre sa digne place en ce monde.
- Tu fais mine de savoir bien des choses. Est-ce le Sage qui tu les as apprises ?
- Voyager avec l’Inconstante peut se révéler aussi formateur que l’enseignement du Maître-Mage.

Ce sont les derniers mots que tu prononças avant que tes yeux ne se ferment.

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MessageSujet: Re: [Cri des Premiers ralliements | Terres de Tethien ] Sanglantes négociations    Mer 18 Oct 2017 - 4:45


Loin d’être aussi délicates que celles des Hirthgaelië, et pourtant les Noss de Malereg étaient ceux responsables de tes marquages… la médecine du Baar’Ane est à l’image de leurs coutumes ; froide et douloureuse. Au moins elle t’éviterait la mort, tu n’en demandais pas plus. Tu les as déjà vu à l’œuvre, tu les as déjà vu dévorer les cœurs d’ennemis tombés à la bataille, s’approprier leurs forces, leur pulsion guerrière, nourrir leur cœur de ce qu’il reste de la noirceur de celui des défunts. Tu as déjà pu voir leurs sourires lorsqu’un puissant combattant tombe enfin, lorsque la délicieuse odeur de grands pouvoirs à faire leurs leur chatouille les narines. Tu es un puissant adversaire. Tu comptes probablement parmi les plus féroces qu’ils aient eu à affronter. À leurs yeux de serpent ta chair est imbibée de magie. Tu aurais été un mets de choix.

- Bois.

Tu déglutis difficilement. L’élixir poisseux est sucré au point d’en être vomitif, mais tu peux au moins attester depuis ta position de blessé de son efficacité. Peu étonnant d’un clan aussi belliqueux, leurs guérisseurs sont incroyablement efficaces dans la guérison de blessures graves, et les estropiés se voient soumis à un régime alimentaire de mixtures à bases de viandes et de plantes spécifiques, spécialement étudié pour les remettre le plus vite possible sur pieds. Et malgré tout, tu ne peux que te méfier, observer du coin de l’œil le moindre des déplacements des médecins, parce que les souvenirs d’Eraïson sont encore là. L’empoisonnement d’Halyalindë est encore là. La souffrance tant physique que psychologique de ta fille de cœur est encore là. Le souvenir de ton inébranlable façade est toujours là.

- Il faut que je reprenne le chemin.
- Pas maintenant. Tu n’iras pas bien loin boiteux comme tu es.
- Toujours plus loin qu’en restant immobile.
- Peut-être à court terme.
- Je n’aurais pas eu à rester immobile si vous ne vous battiez pas comme des lâches.
- La nature est sans pitié. Nous avions l’avantage du nombre, nous l’avons utilisé.

La guérisseuse est habituée à la colère des patients, et la tienne est toute justifiée, alors elle ne s’en formalise aucunement, se contentant de te répondre de but en blanc, d’un ton presque monocorde, à la manière de sa collègue à Eraïson.

- Tu as de la chance. Tu es fort, assez fort pour que le Chef juge bon de t’avoir en vie pour affronter les Sombres. Elle marque une pause, se fendant enfin d’une expression, un sourire que tu aurais peut-être préféré ne pas voir s’afficher sur son visage si tu n’étais pas d’un si profond cynisme Si tu avais été juste un peu moins fort, alors il se serait certainement considéré capable de faire meilleur usage de ta puissance que toi-même.
- Si j’avais été juste un peu moins fort, ton Chef serait certainement mort à l’heure qu’il est.

Si tu avais été juste un peu moins fort, si le Gardien Voronwë s’était tenté à t’achever, alors tu l’aurais pris avec toi. Si le Gardien Voronwë avait été trop incapable de voir la nécessité de la cause pour laquelle tu combats, alors tu n’aurais eu aucun remord à le livrer à une lente mort, dévoré par le feu avant que lui ne te dévore. Il n’est jamais bon de sous-estimer un mage, il n’est jamais bon de te sous-estimer. Tu étais moins puissant sorcier que tu ne l’es aujourd’hui lorsque tu tenais tête à l’Archimage Haldren.

- Bois.

Oglicos de la première ennéade de Fävrius
Dixième année du Onzième Cycle
Campement de la Noss Baar’Ane à Tethien



- Dans quel état est-il ce matin ?
- Il peut marcher.
- Parfait.
- C’est tout sauf parfait ! le visage de la guérisseuse se crispe Maintenant qu’il est capable d’aligner deux pas, je suis obligé de le tenir sous sédatifs si je ne veux pas qu’il s’enfuie.
- Depuis quand est-ce devenu si difficile de retenir un blessé ?
- Quand il s’agit d’un mage de cet acabit… elle dévoile une récente brûlure par le froid à son avant-bras, résultat d’une de tes tentatives d’évasion Je ne pourrai pas continuer comme ça bien longtemps.
- Donne-lui encore au moins une quinzaine.
- Vous ne savez pas ce dont il sera capable d’ici-là !
- Le temps nous le dira, mais je refuse de l’entendre se comparer une fois de plus à moi de la sorte. Peut-être est-ce testament de la force de son esprit, ou peut-être est-ce que la Dissonance lui a infligé une folie d’un autre genre, mais l’Aduram l’a laissé trop doux pour qu’il ose se comparer à moi. Il ne sait pas la véritable puissance de l’esprit de l’Hydre, alors je lui apprendrai. Il n’en livrera que plus féroce bataille.
- À condition que le Sang ne le détruise pas… et nous avec.



Calimehtarus de la seconde ennéade de Fävrius
Dixième année du Onzième Cycle
Campement de la Noss Baar’Ane à Tethien





Tu marches. Ta coordination n’est pas encore complètement refaite, mais tu marches déjà correctement. Et Meliën s’impatiente. La grenouille t’attend depuis trop longtemps déjà. Elle œuvre depuis des années et tu ne fais que commencer à marcher. Tu n’as pas le temps de prendre la moindre pause. Tu n’as pas le temps de trébucher sur des obstacles aussi insignifiants que les humeurs de clans comme celui des Gardiens de l’Hydre. Il te reste encore une infinité de souffles à rallier, des milliers de Sylvains à diriger au combat, pour le destin de votre Mère, pour l’honneur de son Œuvre. Voilà des jours déjà que tu te forces à écouter la raison plutôt que le cœur, et c’est d’ailleurs une tâche qui t’est de plus en plus difficile.
Tes sens ne te répondent plus, non pas qu’ils se soient éteints, mais aux contraire, leur état d’éveil t’est presque douloureux. Tu entends trop, tu vois trop, tu ressens trop. La quantité d’information que ton esprit se trouve obligé de gérer est épuisante, et à cause de cela, tu as l’impression que tu n’arriveras pas à aller plus loin… et pourtant à cause de cela, tu en as plus envie que jamais. As-tu été nourri du même poison que la Protectrice d’Ardamir ? Probablement pas. Tu ne te sens ni faible ni délirant. Tu n’es pas plus en proie aux cauchemars qu’à ton habitude. Tu te sens d’ailleurs depuis quelques jours plongé dans une inquiétante euphorie. Depuis quelques jours tu ne doutes plus, tu n’es plus en proie à la panique, tu es, purement et simplement. Tu es entièrement. Tu te comprends.

- Ça a assez duré, il faut que je reprenne le chemin.
- Tu ne peux pas la guérisseuse te saisit fermement, s’appuyant de tout son poids sur toi alors qu’elle s’affaire à te laver t’en aller dans cet état. Pas encore.

Le son de poteries d’argile brisées retentit dans le campement, et l’attention des membres du Baar’Ane est attirée dans ta direction alors que tu enfiles ton vêtement. La guérisseuse sonnée se relève lentement, hésitant à te suivre. Si tu avais eu la force d’ainsi te débarrasser d’elle, de quoi d’autre pourrais-tu te prouver capable ? Mieux valait laisser la pointe de la lance du Gardien Voronwë décider de la marche à suivre.

La lame est à ta gorge, tes fées sont à la sienne. Qui serait le plus rapide à réagir ? Malgré ta blessure, ce qu’il reste de bon sens au Chef du Baar’Ane le pousse à rejoindre ton avis et à parier sur toi. La lance se baisse, l’intensité de ton regard reste la même. L’elfe-hydre est satisfait.

- Tu partiras avec Delgerenil pour qu’elle continue les soins.

Et pour autant que tu apprécies ta forteresse de solitude dans ce périple, tu es forcé de reconnaître que la compagnie de l’Ornedhelle t’est en l’état non pas utile, mais nécessaire.

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