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 [Beltrod] A l'aube

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MessageSujet: [Beltrod] A l'aube   Mer 18 Oct 2017 - 16:36

<< Arrivée des forces ennemies



9e jour de la 2e ennéade de Favrius
10e année XIe Cycle

«  Tu es sûr de toi ?
- Tu sais comme moi pourquoi il a été mis à ce poste. C'est une âme damnée du duc... du baron... enfin de Messire Blafard.
- Tu ne l'aime vraiment pas...
- L'aimer ou pas, ça n'a aucune importance et tu le sais, sinon on ne parlerait pas de ça.
- ça va ça va. Monte pas sur tes grands chevaux. Bon. Donc dix abrutis et un pour...
- Je m'en chargerai. Une fois que tu auras remis l'ordre au lieutenant du palais fait juste en sorte que quelqu'un me prévienne si le gouverneur l'apprend avant l'heure dire. Je peux pas demander à mes hommes de faire ce que je ne pourrais faire moi-même... Et ce coup-ci, je ne le saurai pas avant de le regarder dans les yeux. »

Philibert secoua la tête. Il n'avait ni note si armure aujourd'hui, seulement ses vêtements et ses protections de cuir de forestier. Son nez en bec d'aigle et ses traits tracés au couteau étaient chiffonnés comme la face d'un sharpei.

« Tu as changé.
- Cesse donc d'être nostalgique et va vérifier la voie. Deux gibets doivent être montés sur les quais sud et les cachots nettoyés avant la tombé du jour. Pour les corps, comme d'habitude. Réquisitionne des barges marchandes s'il le faut. Si les nordiens ont du monde côté sud aussi, ils doivent voir que nous nous activons à faire taire toute sédition.
- Bien Capitaine. »

Le roublard chef des éclaireurs salua et sortit. Pas besoin de demandé ce que son respecté supérieur allait faire dans les heures suivantes, cela coulait de source. Quelques minutes plus tard, il passait en revue les troupe de son premier lieutenant. Les choses étaient bien roder. Chacun avait un horaire différent. L'affaire serait vite réglée et sans bavure.

Dans la grande cour de la caserne principale, les petits yeux noirs du Capitaine se posèrent sur la marmaille. A son côté, le grand ourse qui lui avait amené la missive des nordiens. Sur le surplomb d'un des escaliers extérieur, il était parfaitement visible de tous. Son maintien sévère et sa réputation de leader intransigeant le précédaient. Aujourd'hui encore, au bord du gouffre, il prit pourtant le temps de regarder chacun des cinquante visages qui formaient ce régiment. Ils étaient tous là. Chevaliers, piquiers, archers,

Ses premiers mots éclatèrent de façon si impromptue que les trois hommes pointés du doigt sursautèrent.

« Les blessés, vous pouvez partir. »

Mais comment avait-il pu savoir que Roger s'était fait mettre le mollet en pièce par le chien des voisin la veille au soir ?! Quelques murmures se propagèrent avant de s'éteindre dans le silence tendu.

« Bien. Nous avons reçu un ordre de reddition de la part du gouverneur. » Cette fois, la clameur fut bien différente « SILENCE. » de nouveau le calme. « Les portes seront ouverte demain matin. Nous avons eu la garanti du pardon royal et de celui d'Erac. Aucun de vous ne sera inquiété ni aucune de vos famille. Vous recevrez votre solde comme prévu. »


« Mais je sais que des cœurs passionnés se cachent parmi vous. Sachez que ceux qui ne rendront pas les armes mais accepteront de quitté la ville seront escortés avec leurs familles vers des terres qui n'appartiennent pas au roi.. » Un sourire mauvais se dessina sur le visage du Capitaine. « Mais je ne peux en toute bonne foi vous garantir que cela se passera sans accroc. »

Il descendit de quelques marches vers ses hommes, soutenant particulièrement de regard de ceux qui semblaient courroucés. Des chevaliers, des vétérans endurcis ou de très jeunes recrues.

« Je peux par contre promettre à ceux qui auraient l'intention de garder les armes à la main et la tête haute, qu'en restant ici, leurs familles ne connaîtront plus aucun combat. Je peux leur promettre que leurs enfants sauront quelle est la valeur de la parole d'un Beltrodien. Et je peux leur promettre que leur entêtement sera un glorieux allé simple vers la mort.  »

Il s'arrêta enfin face à la masse de soldats. Sa célèbre main droite nonchalamment posée sur le pommeau de son arme.

«  Je ne le demanderai qu'une fois. Que ceux qui acceptent la reddition sans hésitation quittent la caserne avec leur lieutenant. »
Un signe de tête et le dit lieutenant s'avança sur le côté droit de la troupe. Quelques regards échangés. Un a un les hommes quittèrent le rang. Cinq. Quinze. Vingt-cinq. Sur les cinquante de départ, il ne resta bientôt plus que dix-huit hommes d'arme. Il avait sous les yeux le cœur du problème. Les irréductibles.

« Messieurs, réfléchissez bien à ce que vous encourez. Si vous n'avez pas changé d'idée, présentez-vous ici même à la tombé du jour. Mais sachez qu'en vous présentant, vous renouvelez les serments actuels. Après cela, déposez les armes et vous serez exécutés comme déserteur. »
Maxence tenta au mieux de graver les visages dans son esprit avant de finir. « Rompez. »

Lorsque le second régiment arriva, la cour était parfaitement vide. Le cycle pouvait se répéter.


________________________


« IL A FAIT QUOI CE FILS DE COUREUSE ?!
- Mais... »

Sans laisser le temps au page de revenir de sa surprise, le gouverneur quitta prestement la salle dans laquelle lui et ses nobles confrères attendaient le concours du chef de leur petite armée. Chef qui avait visiblement rencontré leurs ennemis devant les remparts sans en informer qui que ce soit. Tout le monde semblait et personne n'avait jugé bon de lui demander si LUI, il était au courant !

« Fot-en-cul de Chiabrena ! » marmonna-t-il en courant vers son propre bureau.

Et il était là l'immonde bâtard ! Aussi rouge de colère que les torches qui éclairaient le château en ce début de nuit, sans laisser une once de chance à son hôte d'ouvrir la bouche, le gouverneur se jeta littéralement au coup du chevalier pour le saisir au col.

« De quel droit ?! De quelle autorité avez-vous annoncée notre reddition ?!
- Je ne l'ai annoncé qu'à mes hommes pour pouvoir vous faire par en toute sincérité des débordements à craindre.
- Malfé ! » gronda le seigneur en envoyant son poing s'écraser sur la tempe de du capitaine. Le geste avait été si rapide que même le leste Six-doigts ne put en éviter l'impact. Il tituba de deux pas en arrière et secoua frénétiquement la tête pour reprendre ses esprits, légèrement sonné. Heureusement que le gaillard n'était pas entraîné pour le combat sinon le coup aurait put être fatal... « Vous osez me prendre pour un imbécile ?! Vous êtes démis de votre charge ! Mettez le aux fers pour trahison ! »

Le capitaine ne bougea pas, massant toujours sa mâchoire endolorie. Plus surprenant, les gardes non plus ne bougèrent pas. Le gouverneur répéta son ordre, fou de rage... puis, le temps faisant son œuvre, commença a blêmir.

« Qu'avez-vous fait, Maxence... » souffla-t-il tout juste tandis que le Capitaine crachait un glaviot sanglant sur les lattes du planché ciré.
- Ce que vous ne voulez pas faire, Messire. Sauver notre ville. Depuis que le Médian a été créé, nous n'avons jamais été aussi mal en point. Nous savons tous deux qu'il n'y a plus d'argent dans les caisses et plus de nourriture dans les greniers. Vous irez donc porter les clefs de la ville au Seigneur de Kelbourg demain à l'aube.
- Je n'obéirai pas à un Malgripe de votre espèce. »

Sans un mot, le revers du capitaine s'écrasa sur le visage du gouverneur. Paume ouverte, le gantelet de métal difforme sonna sinistrement. L'homme s'écrasa deux pas plus loin. Il avait bien tenté de se retenir au bord de son bureau et en avait maintenant la marque sur le front. Son nez et sa lèvre inférieur dégouttaient d'un sang fluide.

« Vous le ferez. Mes hommes sauront vous rappeler à vos devoirs tout comme ceux de l'escorte de votre fille. »


Les petits yeux noirs du chevalier du Peyre jaugèrent froidement l'état du gouverneur. A présent, il ne pouvait plus reculer.

« Vous avez deux heures pour sauver la vie des seigneurs récalcitrants et envoyer les hérauts officiels dans les rues de la ville. »

Se regard du chevalier ne laissait pas le moindre doute. Les portes s'ouvriraient avec ou sans eux.


________________________


« OYEZ BRAVES GENS ! La grâce royale a été accordée à notre bonne ville de Beltrod ! Notre bonne ville de Beltrod retrouvera sa place sur la couronne de notre bon roi Bohémond demain à l'aube ! OYEZ OYEZ ! Que ceux qui souhaitent quitter les terres de sa majesté ce tiennent prêt à partir demain à l'aube car il leur sera offert un sauf-conduit ! OYEZ OYEZ ! »


________________________

1er jour de la 3e ennéade de Favrius
10e année XIe Cycle
Aube


Le ciel palissait lentement. Derrière les portes nord, une troupe de huit chevaliers encadraient le gouverneur et sa fille Héléna, une jeune brunette de quatorze ans. Autour d'eux, une certaine foule s'était formée malgré l'heure matinale, tenue paisiblement à distance par les soldats de la garde. Deux prêtres de Néera étaient également postés de part et d'autre du cortège, portant chacun un merle blanc.

Un silence étrange s'était pourtant emparé des rues encore plongées dans l'ombre. Il n'y avait pas un souffle de vent pour agiter les lourds manteaux de fourrure. Aucune troupe alliée n'était apparue à l'horizon. Aucune sortie n'avait été tentée sous le couvert de la nuit. Du côté sud, une grande quantité de barges avaient été apprêtées près des gibets. La nuit les avaient vue s’emplir doucement. Les allé et venues s'étaient fait plus rare au fur et à mesure des heures.  

Venant d'une des tourelles surplombant la porte, un long son de cor retenti. Les représentants de la couronne étaient là. Derrière les larges battants de bois. Le gouverneur déglutit, son visage se crispant sous la douleur lorsque sa face se rappela à quelle point elle avait été malmenée par le capitaine. Il se demandait d'ailleurs ou pouvait bien être ce couard sans parole. Le duc Nimmio pourrait se mordre les doigts de l'avoir lui-même adoubé.

« Il est temps. » fit sobrement remarquer le lieutenant chargé de la garde du palais.

Alors puisqu'il était temps...

Un signe et quatre gaillards commencèrent à ouvrir touts grand les deux battants de la large porte.

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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: [Beltrod] A l'aube   Mer 18 Oct 2017 - 17:22



Étrange spectacle que voilà. Les portes s'ouvrirent lentement devant eux. De sa vie, il n'avait rien vécu de tel. A chaque fois, c'était avec le feu et l'épée qu'il était entré dans une cité ennemie. Est-ce que cela voulait dire que la cité leur était acquise ? Que nenni, il se méfierait de Beltrod comme l'on se méfiait d'un pestiféré. Sachant éperdument que la peur avait été le leitmotiv d'une telle reddition, les beltrodiens n'en resteraient pas moins de potentiels séditieux capables de se retourner contre eux. Comment leur faire confiance alors ? Il leur faudrait attendre des actes et des faits et non de simples paroles. Thibaud jeta ainsi un œil aux hommes qui le précédaient afin d'activer la marche.

L'avancée fut silencieuse à l'approche des grandes portes. Derrière, il découvrit une masse de badauds les attendant. Là-bas aussi le silence était de mise. Le sentiment de participer à une procession funéraire l'emporta sur celui de rentrer dans une cité soumise. En tête de colonne avec le chevalier d'Havroc à ses côtés, ils rentrèrent ainsi les premiers en arguant la bannière royale et celle d'Erac. Derrière suivit celle du régent de Saint-Aimé que son bâtard tenait. Ce n'est qu'en franchissant le pont-levis et les portes qu'il découvrit un homme et une jeune femme côte à côte.

Du haut de son coursier, Thibaud jaugea les différents regards. Si la peur pouvait se lire, certains arboraient des traits de soulagement tandis que d'autres n'exprimaient pas la moindre expression.

-C'est là le bon choix que vous avez fait mes seigneurs, mais il me faut savoir céans s'il reste des hommes en votre cité qui n'ont point le même avis.

Pour la suite, il attendit que l'on vienne lui délivrer symboliquement les clés de la ville.

Pour l'heure, la cité était à eux.
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Renaud d'Erac
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MessageSujet: Re: [Beltrod] A l'aube   Jeu 19 Oct 2017 - 7:46

Les portes s'ouvrirent, attendant que les cavaliers n'entrent. Voila une étrange situation à laquelle, ils ne s'étaient pas attendu. Qui aurait cru qu'une cité de cette taille se rendrait sans combattre. Nul doute que leur détresse, ou leur haine à l'encontre de leur Seigneur devait être de taille. Il fallait dire aussi que ce qu'il se passait à Velteroc ne permettait pas beaucoup d'espoir, tous savaient que les bandits pullulaient, et il y avait fort à parier que les caisses étaient vides. Etienne avait fait partir un message pour Erac la veille, il avaient emportés cinq pigeons pour tenir informé le Duc de ce qu'il se passait, et c'était le troisième qui était partit afin de prévenir que la cité pourrait se rendre. Dès qu'il reçu le premier message expliquant qu'ils étaient entrés au sein du Comté sans rencontrer la moindre résistance et qu'ils pillaient les villages les uns après les autres, Renaud avait prit sa décision, il était temps d'entrer dans le vif du sujet, et l'attente pouvait être préjudiciable. Le ban avait été convoqué bien entendu, et en lisant ce dernier message, il fit partir un premier contingent d'une centaine d'hommes, en marche forcée, vers la cité. Si elle se rendait, alors il faudrait la tenir, ce serait une tête de pont de choix, et une cité fortifiée qui se rend sans combattre, c'était inespéré, il ne fallait pas perdre cela.

Etienne était donc en train d'entrer dans la cité, aux côtés de Thibault, toutefois, il restait suspicieux, une embuscade pouvait être envisageable et que les portes se referment derrière eux, les piégeant. Aussi il n'était accompagné, pour sa part, que d'une dizaine d'hommes d'Erac, en plus de ceux de Sainte-Berthilde. Ils avaient bien remarqué la veille, durant la nuit, du mouvement. Etienne laissa parler Thibault, restant sur ses gardes, prêt à parer à toutes éventualités.
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MessageSujet: Re: [Beltrod] A l'aube   Jeu 19 Oct 2017 - 20:09


Comment dire à ce sire étranger que les hommes qu'il avait face à lui étaient sûrement les plus séditieux de la cité justement...

« Il faudra sans doute du temps à la population pour que toute suspicion ne s'efface, mais les chevaliers, les soldats et les seigneurs qui auraient put vous poser problèmes ont été recensé et écartés cette nuit. Ceux qui ont accepté votre proposition de sauf-conduit ont été mis aux arrêts à la caserne principale le temps que vous mettiez en place l'escorte. Il est possible que certaines part de la population le demande également, mais je doute que les candidats soient nombreux. »

Inutile de parler de ceux qui avaient refusés de déposer les armes et la proposition de sauf-conduit...

Faisant avancer sa monture de quelques pas après avoir répondu avec la plus belle mauvaise grâce du monde, le gouverneur se démarqua seul de sa garde. Sa fille resta flanquée de deux gaillards armés de pied en cape. Souriant assez niaisement à qui voulait bien croiser son regard, elle n'avait pas la moindre idée de la gravité de ce qui pesait sur sa jeune tête.

« Je suis le seigneur Hérold d'Esmont. J'ai été investi des pouvoirs pleins et entiers sur la Cité de Beltrod par Nimmio de Velteroc et j'en ai la charge en son absence. »


Sous les yeux de la foule, il mit pied à terre s'avança jusqu'aux cavales ennemies en prenant garde à ce qu'aucun de ses gestes ne puisse être mal interprété. D'un mouvement ample, il souleva la lourde chaîne qu'il portait au cou. Au bout d'icelle pendait une énorme clef de bronze ouvragée. Que Bhémond soit pendu si cette clef avait la moindre utilité autre que symbolique, mais le blason de la ville était apposé et étiré de toutes les façons possible sur le corps de métal. Ne sachant à qui la remettre, il chercha le regard des deux hommes avant de s'approcher de celui qu'on lui désigna pour lui tendre son dû.

« Je vous remet aujourd'hui les clefs de la ville et l’allégeance de Beltrod. Longue vie au roi Bohémond de la maison Phiiram ! »


Lorsque l'accueil symbolique fut fait, il retourna à sa monture. « Si vous voulez bien nous suivre, nous vous conduirons jusqu'au palais. » Pied à l'étrier, la tête rudoyée de l'homme s'immobilisa après s'être malencontreusement tournée vers l'intérieur de la cité. Une fumée acre et noire s'élevait en deux longues colonnes. « le feu... » murmura-t-il, blême.

D'après les directions, il s'agissait probablement du palais d'un côté et de la caserne de l'autre. Il resta tétanisé de stupeur, ne parvenant qu'à répéter ces deux informations si on le lui demandait.

Les séditieux ne pouvaient penser sacrifier cette ville en la sachant indéfendable... n'est-ce pas ?

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T'sisra Do'ath
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MessageSujet: Re: [Beltrod] A l'aube   Jeu 19 Oct 2017 - 20:09

9e jour de la 2e ennéade de Favrius, 10e année, XIe Cycle.


Les premiers rayons de l’aurore faisaient luire le crâne lustré d’un grand homme qui d’ordinaire ne brillait pas par ce qui s’y trouvait à l’intérieur. Paré comme un soldat doit l’être, il écoutait son père, penché vers ce dernier, puisqu’il  n’entendait déjà plus depuis longtemps que d’une oreille. Un bête accident qui remontait à sa jeunesse. Son père, maréchal ferrant, s’occupait d’un bien bel étalon, quand le petit qui passait à l’arrière la croupe reçu de plein fouet le sabot projeté par l’animal. Et d’ailleurs, tous s’accordent à dire que ce jour, il n’avait pas perdu que l’oreille.

- Dès que l’autre empaffé met le pied en ville, vous sautez dans l’rafiot et vous ramez. Y a clair ? Lui demanda son père, inquiet pour un fils qu’il aimait malgré toutes ses tares.

- C’est qui l’empaffé ?

- Par les cinq, Thibaud ! L’Kelbourgois ! S’exclama-t-il en lui prenant la tête entre les mains.

- J’le croyais Seigneur c’corniaud d’nordien…

- Thibaud de Kelbourg, eh ?

- Mais qu’est-ce j’m’en cogne d’quel patelin y vient… Quand les portes s’ouvrent, on se fait la malle par le canal ?

- Bon sang de bois… Heureusement que t’as plus de bras que d’tête fils. Tu prendras les rames si tu veux vivre. Le conseilla le père en le secouant par les épaules.

Mais voilà qu’on appelait déjà cet âne bâté d’Audoin. L’intéressé se retourna prestement, avisant ses camarades d’un signe de la main. Il allait les rejoindre, pour sûr, mais pas sans une accolade accordée à paternel. Le fils et le père s’étreignirent, et le jeune s’en fût, laissant le vieux là, qui priait déjà les cinq d’accorder protection à sa progéniture.



La voilà. La fumée. Le signal. C’était le moment de flanquer une rouste à ces troufions de nordiens !
Le soldat Audoin était certes un idiot, mais il avait une force qu’aucun des neufs autres gus qui l’accompagnaient ne pouvait espérer avoir un jour. Si tant est que l’affrontement à venir leur laisse encore le temps de la travailler, cette force. Et le bœuf poussa la barge, s’installant aux rames. Les autres, en armures, arc à la main, carquois à la taille et bouclier à ses leurs pieds, se préparaient.

L’embarcation dépassait la cité par l’Ouest, et ses occupant, qui bandaient d’hors et déjà leurs arcs, relâchèrent les cordes. Une poignée de nordiens, qui se trouvait proche de la rive nord, s’effondra sous les traits. Certains gueulaient comme des porcs qu’on égorge, et les rires des agresseurs résonnèrent.

- Enculeurs de chèvres ! Hurla la montagne de muscle. Avale-bourses ! Vos filles n’sont qu’des coureuses de remparts ! S’pèces de corneculs ! Scandait-il en agitant le poing.

Oui, il avait lâché les rames le temps de copieusement invectiver les envahisseurs. L’un des ses comparses lui donna un coup dans l’épaule, tandis que les autres continuaient à tirer des flèches sur ce qu’il pouvait.

- Rame ! Abruti ! Tu veux qu’on y reste ?!

- Oui ! Enfin… Oui je rame ! Indiqua-t-il en obéissant. J’veux pas qu’on crève ici comme des corniauds d’nordiens !

Certains des archers beltrodiens cessèrent l’attaque, voyant que les hommes du nord reculaient et que d’autres cherchaient un moyen de leur faire la peau, alors ils s’emparèrnt des boucliers à leurs pieds. Ceux-là craignaient une volée de flèches et retour, et se préparaient déjà à se protéger. Et pendant ce temps, la barque filait toujours sur l’eau,  et elle filait vite grâce au courant et au musculeux rameur qui transpirait à peine malgré l’effort.
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MessageSujet: Re: [Beltrod] A l'aube   Jeu 19 Oct 2017 - 20:52



Son regard s'invectiva de milles injures lorsqu'il comprit la supercherie. Un feu, puis deux. Quelque chose n'allait pas. Il ne fallait pas être doté d'un brillant sens de la déduction pour le flairer. Alors les derniers mots du seigneur de la cité sonnèrent creux en sa caboche. Soudainement, des flèches jaillirent de nulle part en direction des hommes se trouvant sur la rive, renversant ainsi quelques nordiens de leur monture. Un feu ardent brûla dans ses yeux, comprenant la trahison et la vilainie des beltrodiens. Tout cela n'avait donc été qu'un traquenard, qu'une grossière embuscade montée comme celle des champs pourpres. Avec couardise et démence. Son coursier se cabra sous la cohue générale qui s'était mise à régner. A ses côtés, il vit l'eracien donner ses ordres afin qu'ils s'organisent et préparent la riposte.

Lui, regarda sur ses arrières et la grande porte toujours ouverte. L'écho était parvenu aux hommes qui attendaient encore de rentrer. Derrière encore se tenait les compagnies. Il n'y eut donc point à craindre qu'on leur coupe la retraite. Thibaud fit signe à ses hommes de pourfendre les quatre gardes s'occupant de la porte et donna l'ordre au reste de l'accompagner.

-ESMONT ! Hurla-t-il en direction du seigneur de la cité.

A le voir s'avancer comme il fit, n'importe quel homme se serait plus senti protégé dans l'antre de Tyra elle-même que face à lui. Son épée vint se figer sous la gorge du seigneur. Un geste de plus et celle-ci irait s'enfoncer à l'intérieur.

-Est-ce ainsi que vous recevez les hommes du Roi ? Est-ce de cette manière là que vous souhaitez la perte de votre cité ?

Sa voix, forte et rugueuse, couvrait le vacarme qui sévissait parmi les siens.

-Trouvez moi les hommes qui ont fait ça avant les derniers rayons où je réduirai votre ville en un champ de cadavres ! Ajouta Thibaud en pointant du doigt les feux s'émanant du palais et de la caserne.

Quelques cavaliers partirent sur la trace des canailles qui s'en étaient allés sur le fleuve. Tôt où tard, ces bandits finiraient pendus où tués par ses siens. Le reste des hommes empruntèrent les premières ruelles de la cité afin de s'emparer des séditieux encore présents. La cité serait à eux avec ou sans les beltrodiens, leur sort était entre les mains de leur seigneur.

L'heure de la diplomatie était révolue.
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MessageSujet: Re: [Beltrod] A l'aube   Jeu 19 Oct 2017 - 22:56


La foule hurla, cria, tangua. Le sang du premier garde gicla. Les badauds terrifiés tentaient de fuir en tout sens, disparaissant dans les ruelles, tombants, piétinants, courant en tout sens. Le mouvement de panique ne mit qu'un instant à se généraliser mais les soldats présents réussirent à repousser la meute chaotique dans les artères perpendiculaires.

La voix et le regard du foudre nordien avaient déjà mis à genoux le gouverneur malmené. La lame qui vint se glisser sous sa gorge acheva de percer toute forme de faux semblant. A quelques pas de là, sa fille hurla de terreur sous le spectacle des gardes égorgés tandis qu'une odeur répugnante s'élevait des chausses du noble sire jadis en charge de la ville.

« Je vous en supplie ! Je ne comprends pas ce qui se passe ! Non ! Nous nous rendons en toute bonne fois ! Je ne comprends pas. Je vous le jure ! JE VOUS LE JURE ! »
répéta-t-il frénétiquement, les yeux exorbités et la morve au nez.

A cheval, le lieutenant de la garde, non loin, laissa l'épée au fourreau, tout comme ses hommes et leva les mains bien en évidences.

« Il dit vrai. Nous n'y sommes pour rien! Nous avons eu de nombreux cas d'incendie ces dernières ennéades! Ils sont organisés. Nous pouvons leur lancer la chasse messire. Suivre vos ordres, vous guider ou nous retirer selon votre convenance. Toute la garde est à votre service ! »

Sur ces entre-fait, l'écho d'un cheval au galop se fit entendre dans l'avenue. Plusieurs passants manquèrent de passer sous les sabots de l'animal. L'un d'eux n'y manqua pas. Sur son dos un tout jeune homme en simple tunique. Un page. Lorsqu'il aperçu le lieutenant et le gouverneur, par dessus la cohue, il gueula à s'en rompre la voix

« Le Capitaine !! Le Capitaine est devenu fou ! Il a mis le feu aux archives du palais ! »

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Renaud d'Erac
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MessageSujet: Re: [Beltrod] A l'aube   Ven 20 Oct 2017 - 11:07


Etienne était un homme ambigu, autant il pouvait lâcher sa bride et être cruel et sans pitié, autant il pouvait être calme et patient pour ne pas prendre de risques inutiles. Habile et cruel pouvait le caricaturer. Alors que tout allait bien, la fumée qui se fit à l'horizon le tendit immédiatement, et l'echo que donna le seigneur Hérold d'Esmont le fit tiquer. La volée de flèche qui s'ensuivit sur les hommes proche de la rive termina de le convaincre. La rapidité avec laquelle vous agissez peut vous sauver la vie, Etienne se tourna immédiatement vers ses hommes pour donner des ordres. Ceux-ci furent simples, d'abord prendre la porte qui était ouverte, ordre qu'il annula quand Thilbault, aussi prompt que lui, donna le même. Puis s'élancer dans la foule pour faire de la populace des boucliers humains fut le second, le temps d'analyser la situation et éviter une nouvelle embuscade.

Thibault faisait moins attention à sa protection, il fendit son épée sous la gorge du seigneur de la cité d'un magnifique mouvement calculé. Lui aussi était venu à la même conclusion qu'Etienne, et qu'il s'agissait d'un petit groupe et non d'une embuscade générale. Un autre coup d’œil démontra que les gardes de la ville n'avaient pas sortit leurs armes, tout comme ils n'avaient pas commencé à fermer les portes. Prenant cela pour une preuve de bonne foi, Etienne cria au lieutenant de Beltrod

"Dans ce cas, faites, partez à la chasse de ses traitres, nous vous suivons. Prouvez votre bonne foi, et s'il y a une nouvelle embuscade, tout cela finira dans un bain de sang, et je vous promets que vous ferez parti de ceux qui tomberont"

La porte étant sécurisée, une autre partie de la troupe de cavaliers entra, laissant seulement ceux qui patrouillaient à l'extérieur. lorsque la garde se mit en branle, ils les suivirent, une flamme dans les yeux qui démontrait qu'il n'y aurait aucun quartier.

"Qu'un autre groupe monte vers les archives, que les citadins éteignent ce feu."
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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: [Beltrod] A l'aube   Sam 21 Oct 2017 - 5:58



Comme pour bien faire comprendre qu'il n'hésiterait pas à faire passer ses menaces pour réalité, Thibaud laissa partir le jeune sire d'Erac à la poursuite des scélérats. A la place, une autre besogne l'attendait. Indispensable qui plus est. Devant les regards stupéfaits des badauds, l'empaleur de Berthilde chevaucha jusqu'à la grand-place. Ignorant même si l'eracien s'en était allé droit dans un guet-apens, il fit s'installer ses hommes et donna l'ordre d'aller chercher de force femmes et enfants. Nul mal ne leur serait fait... pour le moment. On leur signala juste que pour leur sécurité, en raison des avaries, il valait mieux rester dans le grand temple de Néera. Sous la clémente protection de la Dame dieu. Même la jeune femme qui avait accompagné le gouverneur d'Esmont y avait été mise. Ainsi fait, les beltrodiens n'auraient plus qu'à se dépêcher pour voir ressortir les leurs.

-Ils aiment le feu. Je vais leur en donner, souffla-t-il en voyant les beltrodiens entrer.

Devant les yeux de ces enfants emplis de peur, il ne cilla point. Ni devant les regards épleurés des femmes qui commençaient à se douter de sa follie. La garde de la ville se serait chargée elle-même de les mettre à l'abri si une moindre menace avait pesé. Au lieu de ça, les envahisseurs du nord s'y était exécuté. Même pour un velterien, la chose était désormais simple à comprendre.

A l'extérieur, la tension était palpable. Une odeur de mort en approche flottait dans les airs. Thibaud la respirait à plein poumon. Les compagnies avaient finalement fait leur entrer dans la ville et l'on craignait déjà qu'ils se laissent aller à quelques joyeusetés afin de se dégourdir les guibolles. Pour ça, l'ordre leur serait transmis. Mais en attendant, Thibaud attendait le retour d'Etienne et des autres gardes beltrodiens partis en chasse. Il alla rejoindre le gouverneur resté sur la place, entouré d'une escorte.

-J'espère que vos hommes trouveront les coupables.

Au loin il voyait le feu s'emparer intégralement du palais, de la caserne et même d'un autre lieu. Pourquoi donc le capitaine s'en était il prit aux archives alors que l'homme s'était évertué à vouloir sauver sa cité en acceptant la reddition ? A tous les coups, lui aussi finirait grillé dans le temple.
__________________________________

L’embarcation des fripouilles dérivait et vite. Profitant du courant fort qui les menait, certains n’avaient même pas besoin de ramer pour accélérer la marche. Une étrange scène se déroula dès lors lorsque des cavaliers d’Argonne se mirent à longer la rive en suivant la barque à la trace. A leur tête pour les mener se trouvait un jeune cadet du nom d’Antoine d’Auzac. Il ne leur fallut guère de temps afin de rattraper les maudits rats qui avaient tiré sur eux. La question qui se posa alors fut de savoir comment l’on pourrait mettre la main sur les canailles.

En de multiples endroits, le bras de la rivière rétrécissait. L’on voyait parfois des rapides avec un fort courant et d’autres fois des passages plus calmes. Choisissant d’attendre l’endroit le plus propice pour agir, Antoine accéléra la cadence afin de les devancer. Lorsqu’ils gagnèrent un passage étroit et tournant, les hommes bandèrent leurs arcs ou armèrent leurs arbalètes.

-Tirez à mon signal.

La barque se rapprocha vite et les hommes furent enfin en vue et à portée de tir.

-Maintenant ! héla-t-il.

Une volée de flèches et de carreaux vinrent percuter l’embarcation. Pas assez pour tuer tous les hommes, mais suffisamment pour trouver quelques failles ici et là afin de tuer deux rameurs. Les archers en remirent une couche sans trouver de réussite avant que le sire d’Auzac ne leur ordonne de poursuivre la course. Ainsi fait, ils recommenceraient à chaque fois que la rivière se ferait plus étroite, jusqu’à l’Eris s’il le fallait.

Avec un peu de chance, la flotte nordienne serait déjà arrivée et n’aurait plus qu’à accueillir ces meurtriers à bras ouverts.  
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Cosimo Tête Pelée
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MessageSujet: Re: [Beltrod] A l'aube   Sam 21 Oct 2017 - 23:51

Le ruban de la route s’était couvert peu après l’aube d’un bosquet de piques. Les trois cents chauffeurs de pâturons avançaient d’un pas vif vers la ville dont on avait annoncé la reddition. La nouvelle avait ravi la piétaille: on ne crèverait pas dans un de ces assauts sanglants dont raffolent les officiers ambitieux. La campagne n’en était qu’à son début et personne n’était pressé de se faire trouer la peau. En tête de la colonne, Cosimo avançait avec sa garde rapprochée. La truelle d’un dieu moqueur était passée sur ces faces rustres et délabrées par les épreuves de plusieurs vies. Des routiers coriaces, tueurs patentés.  

La fumée naissante des incendies et les cris qui provenaient de la rive non loin provoquèrent un flottement dans la troupe. Des traits étaient échangés : les silhouettes de quelques nordiens furent fauchées devant eux. Un sourire carnassier s’étira sur la face de Tête Pelée. De l'entourloupe, un peu d’imprévu, son terrain favori ! Il leva une main osseuse et l’abaissa vers la ville tout en dégainant sa rapière. Les tambours sonnèrent le pas de course, et la colonne prit le petit trot en direction des portes de la ville. Il fallait garder les cuisses de la pucelle bien ouvertes.

Là, ils retrouvèrent les compaings d’Argonne qui s’étaient emparés de la porte en estourbissant les gardes. Le capitaine s’enquit des évènements, et lâcha quelques ordres à ses enseignes. Quelques escouades restèrent au niveau de la porte, piques et arbalètes prêtes à l’emploi. Le reste de la colonne s’enfonça vers la grand-place, larguant des piquets de routiers à chaque carrefour notable. L’odeur de l’incendie et cette agitation soudaine avait échauffé les mercenaires, qui louchaient avec appétit vers les maisons bourgeoises et les jeunes filles qui se dispersaient terrifiées devant eux. Pour l’instant, ils restaient sages. Pour l’instant.

Cosimo arriva enfin sur la grand-place, encadré par ses fidèles double-soldes.  Il n’eut pas de mal à retrouver le connétable,  vers lequel il se dirigea d’un pas leste et alerte :

« - Le bonjour mon seigneur. Mes gars sont dans la place. »

Tête Pelée désigna le gouverneur d’un doigt moqueur :

« - C’est lui l’entourloupeur ? »



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MessageSujet: Re: [Beltrod] A l'aube   Dim 22 Oct 2017 - 0:59


Les menaces étaient loin d'être nécessaires, surtout celles qui visaient personnellement les gardes. Si la cité ne survivrait certainement pas à l'assaut si les osts royaux se décidaient à faire un massacre, en d'autres circonstances, le lieutenant aurait franchement sourit d'entendre un jeune homme entouré de quelques uns de ses hommes, promettre la mort à un soldat adverse juste avant de le suivre en plein cœur d'une ville considérée comme ennemie. Mais hélas, le jour n'était pas à la plaisanterie. Un mot de l'éracien et le lieutenant donnait ses ordres. Quelques mouvements de bras et le groupe de garde se scindaient en deux. L'un restait sur place pour contenir, protéger et disperser la foule, l'autre se rua au galop vers les profondeur de la ville, se séparant à son tour en deux, l'un vers le palais, l'autre vers la caserne.  

Au milieu de la grande cour de la caserne, un véritable brasier rayonnait joyeusement sans même s'approcher des murs. Du bois et une quantité infinie de papier, tous les registres, les archives, les soldes, les rondes, les rapports. Tout ce qui pouvait donné le moindre avantage tactique avait été entassé là. A l'odeur, il y avait également de la barbaque là dedans... Et comme preuve macabre, un corps semblait avoir roulé sans le vouloir quelques mètres devant le feu de joie. Peut-être lorsqu'une poutre utilisé pour la flambée avait cédée ? Mains et pieds liés, un sourire rouge ouvrait sa gorge d'une oreille à l'autre. Une trogne de nordien incendiaire fraîchement sortie des geôles. Les cavaliers arrivèrent juste à temps pour voir déguerpir deux ombres dans un passage vers le quartier des forges. Sans une hésitation, les gardes de Beltrod leur donnèrent la chasse.

Du côté du palais, les choses se faisaient plus confuses. Des cris terrifiés, s'élevaient ça et là. Les hommes, les femmes, les enfants étaient sortis en masse du bâtiment, encombrant la cours. Plusieurs personnes furent violemment repoussés ou heurtés lors de l'arrivée de la cavalerie. Le feu était pourtant visible. Sous le toit de l'aile est du château, une fumée noire montait par la fenêtre. Le premier réflexe du lieutenant fut d'organiser tout le beau monde présent pour former une chaîne et acheminer de l'eau jusque là-haut et maîtriser l'incendie avant qu'il ne se répande. Dans les escaliers menant aux archives en train de flamber, trois gardes baignaient dans leur sang, poignardés par dernière ou dans le creux du cou.

Sur la grand place, le gouverneur, lui, ne pouvait que supplié. A genoux face aux nordiens, il en appelait à leur clémence et à celle de Néera, jetant des coup d’œil affolés au temple.


_______________________


Doucement, Silencieusement, les rames heurtaient la surface en file indienne. Les soldats investissaient la ville. Les archers narguaient l’ennemi qui se tenait sur la rive, l'embarquant en aval grâce à leurs lourds quolibets. Et pendant ce temps, les barges qui avaient été lestées durant la nuit du côté sud de Bertold prenaient le large.

Lorsque la dernière des seize embarquassions dépassa les limites de la ville, Six-doigts se permis de recommencer à respirer. Tout occuper qu'ils étaient par la ville et la diversion de leur barque remplie d'idiots, les nordiens n'avaient personne de suffisamment proche pour donner la charge. Même l'alerte mettrait fatalement un peu de temps à être donnée.

Les barges alourdies, propulsées par deux fois plus de paire de bras qu'il n'était de coutume, glissaient vers l'amont, emportant des hommes qui croisaient doigts et orteils pour l'occasion. La sortie s'était faite sans encombre, mais à quelle point leur avance serait-elle suffisante ?

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MessageSujet: Re: [Beltrod] A l'aube   Dim 22 Oct 2017 - 4:38

9e jour de la 2e ennéade de Favrius, 10e année, XIe Cycle.


La voilà, la riposte. Deux de ses camarades avaient pris des rames en espérant pouvoir gagner en vitesse et s’écarter du danger. Et les bougres auraient mieux fait de s’agripper à des boucliers. Parce que les premières flèches leur percèrent la peau et les suivantes les firent basculer par-dessus bord.

- À la flotte ! Hommes à la flotte !

- Ferme ton claque-merde et rame espèce d’âne bâté !

Audoin ne se fit pas prier pour obéir, quand lui avait eu un coup de chance monstre, ses autres camarades encore en vie s’étaient protégés de quelques traits leurs étant destinés à l’aide des boucliers.
Ils étaient partis à neuf, les voilà sept. Six même. Puisque l’un d’eux bascula par-dessus bord. Évidemment l’embarcation ne fît pas de halte, et le bougre se débrouillerait avec les nordiens qui l’attendaient sur la rive, s’il ne se noyait pas avant. On l’entendit injurier ses compagnons, avant qu’il ne sombre dans les remous du Melian.

Notre soldat au cervelet développé ne quittait plus des yeux deux cavaliers qui les poursuivaient depuis la rive. Il commanda, dans un élan de charisme et ce qu’il prit pour un éclair de génie, aux autres de flécher les bêtes à défaut de toucher les cavaliers.
Sur la centaine de mètres parcourus depuis la riposte nordienne, l’un des six gus parvint à planter son projectile dans un poitrail équin. L’animal s’effondra sous la douleur, et son propriétaire s’écrasa au sol. Une chute de cheval était déjà impressionnante, mais un cheval qui chute à l’était encore plus ! Audoin ne manqua pas de le faire remarquer d’ailleurs.

- Où tu vas ?!

- Beh… À la mer !

- Mais r’garde derrière toi, crénom de nom…

Audoin tourna la tête. Ah oui, dans les cinquante prochain mètres allaient être cocasse. Le lit de la rivière se resserrait un peu. Il tacherait de bien rester au milieu, car à cet endroit, un ancien gué qu’on utilisait pour faire transiter quelques convois et voyageurs, le fond n’était pas ce qu’il était ailleurs. Pour les autres, les archers, c’était synonyme d’ennuis à venir. Il y avait fort à parier que les cavaliers courroucés se rapprocheraient, quitte mener leurs montures dans la flotte, étant donné que le niveau de l’eau n’était pas bien haut si l’on ne s’approchait pas du centre du fleuve. Et les autres cavaliers nordiens qui avaient pris de l'avance avaient bien flairé le coup, car déjà ils les attendaient, hors de portée des flèches.

- Préparez-vous à tirer s’ils se rapprochent, pas avant ! Ne gaspillons pas nos flèches ! Beugla le soldat aux autres, avant de se tourner vers le rameur. Et toi, tu restes bien au centre c’est clair ?! Concentre-toi !

Et niveau munitions, ils commençaient à être justes. Il fallait dire, qu’avec le succès de leur attaque surprise, il n’avaient pas lésiné sur la quantité, emporté par leur triomphalisme. Un triomphalisme qui avait désormais un goût de défaite.

Ce qu’aucun d’eux ne savaient, c’est qu’ils remplissaient leur rôle à la perfection. Ils avaient la volé la vedette aux autres, ceux qui filaient en amont. Et personne de ces seize barges ne devait leurs accorder ne serait-ce qu'une pensée. Puisqu’après tout, s’ils avaient été choisis pour cette mission, c’est parce que tous autant qu’ils étaient, dans leur pauvre barge à filer vers la mer, aucun ne pouvait se vanter d'en rattraper un autre. Ces gars-là étaient des abrutis finis.
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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: [Beltrod] A l'aube   Dim 22 Oct 2017 - 10:36



Une question se posa. Qui et combien de ces hommes se payaient sa poire ? Cette interrogation ne la quitta guère une seule seconde. Et les dieux savent à quel point les secondes semblèrent des heures en cet instant où le palais prenait feu. La présence soudaine du capitaine Cosimo ne manqua pas d’atténuer son trouble lorsque le pauvre ère lui manda quel était le véritable ennemi. Car l’homme qui avait consenti à la reddition était absent, et celui qui se disait gouverneur de la ville n’était qu’une couille molle. Soit le sire d’Esmont jouait la comédie à la perfection et se jouait allégrement d’eux. Soit toutes les messes avaient été dites en son absence et le pauvre homme se retrouvait comme le dernier des cons.

Le grand temple de Néera était désormais plein à en dégueuler. Pour bien faire, on argua que c’était pour la sécurité de la populace. Chez ses hommes par contre, tous connaissaient son mode opératoire et son désintérêt de la religion. Pourtant, Thibaud resta figé sur son coursier, n’ordonnant nullement que l’on mette le feu à l’édifice. Croisant de nouveau le regard du capitaine des lansquenets qui attendait qu’on lui dicte ses actions, Thibaud se fit glacial et impassible.

-Arpentez la cité et éliminez tous les hommes qui s’en viendraient à porter les armes contre vous.

Un cavalier d’Argonne surgit brusquement sur la grand place en bousculant bon nombre de gens. Lorsqu’il fut assez proche pour dévoiler l’objet de sa présence, Thibaud tendit l’oreille et écouta avec attention.

-Des barges ont été aperçues en amont du fleuve, messire ! Une dizaine, peut-être plus, remplies à ras-bord. Devons-nous leur donner la chasse ?

Un simple hochement de tête suffit à faire détaler le cavalier en sens inverse.  

On s’était foutu de sa gueule. Là était l’évidence. Ses yeux croisèrent de nouveau la posture suppliante du gouverneur de la cité. Thibaud fit de nouveau marche vers lui et s’arrêta à quelques pas seulement.

-On va jouer à un petit jeu, messire d’Esmont, cela vous conviendrez ? s’enquit-il en reprenant de suite. Ça s’appelle le « qui perd-perd ». Connaissez-vous ? Non ? Tant mieux. C’est très simple écoutez-moi bien.

Sa voix était presque douce et dénotait franchement avec son attitude brutale. Mais n’était-ce pas là les prémices d’une nouvelle folie de sa part. Tout détruire n’était point dans ses passions. Lorsque cela était nécessaire, il s’y restreignait pour sûr. Mais l’art de la guerre résidait aussi en d’autres subterfuges bien plus malins appelés torture ou peur.

-Si l’un de mes hommes, placé sous la bannière du roi, venait à tomber céans. Deux des vôtres iront le rejoindre dans l’antre de Tyra. Pour deux des miens, je vous en prendrai quatre. Expliqua-t-il comme l’on expliquerait un problème d’arithmétique. Si l’on dépasse la dizaine, et bien les femmes et les enfants feront l’affaire. Car voyez-vous, messire, contrairement à beaucoup d’autres, je ne tue point par obligation, ni par devoir. Son sourire fut glaçant. Vous m’avez compris, n’est-ce pas ? Je ne suis guère un chien de berger protégeant ses brebis. Alors si vous avez des choses à me dire, c’est maintenant ou jamais.
_____________________________________

Antoine d’Auzac aperçut la barque de loin. Cette fois, le fond de la rivière était visible et les cavaliers purent aisément s’y rendre sans risquer d’être emmenés par le courant. D’autres attendirent sur la rive, se tenant prêt à lâcher suffisamment de carreaux et de flèches pour qu’aucuns des lascars ne se risquent à riposter sans devoir s’en prendre une dans le gosier.

Ainsi fait, les volées filèrent dans les airs pour venir s’abattre sur la barque déjà recouverte de projectiles. Les hommes dessus n’eurent d’autre choix que de rester à couvert sous leurs boucliers. Le plan fonctionnait. Les cavaliers restés dans la flotte trépignèrent d’impatience en voyant la barque arriver sur eux. Ce n’était point-là la crème de l’Argonnois, certes, mais les uns comme les autres avaient bon cœur de faire payer chèrement aux scélérats qui s’en étaient pris aux leurs.

Plusieurs flèches filèrent dans leur direction, mettant à mal un cavalier et un cheval qui chutèrent tous deux dans l’eau. Quant aux autres, du fait des volées qui s’envolaient toujours de la berge, ne trouvèrent que le vide. D’Auzac s’empara d’une lance portée par l’un de ses compagnons et l’envoya valdinguer contre l’embarcation. Celle-ci transperça un bouclier déjà bien affaibli et l’homme derrière chuta lourdement comme une vulgaire pierre.

-Gardez les en vie si vous pouvez ! geula-t-il.

Et le contact arriva. Du haut de leurs montures, les argonnois firent valser la barque dans tous les sens. A l’intérieur, les bandits n’eurent d’autres choix que de continuer en dehors pour ne point risquer de trébucher. L’un des siens se fit assaillir par trois hommes et finit noyé dans l’eau. L’attaque aurait pu alors se transformer en échec si les cavaliers restés sur la rive ne les avaient point rejoint pour mettre un terme au massacre. Bilan des courses face à la supériorité en nombre : les beltrodiens étaient le cul dans l’eau.




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MessageSujet: Re: [Beltrod] A l'aube   Dim 22 Oct 2017 - 14:38


Pétrifié face au visage dément du nordien, le gouverneur passa la langue sur sa lèvre éclaté. Son oreille sifflait encore du coup de la veille. Ses yeux se mirent à chercher frénétiquement autour de lui. Ici, il y avait bien plus de soldats nordiens que de beltrodiens armés. Et l'homme qu'il avait devant lui... Il avait ordonné la mort de quatre gardes sans soucier tout en sachant que cela aurait put mettre fin à toute trêve... Et il détenait sa fille. La façade du temple de la DameDieu semblait observer silencieusement les débats qui avaient lieu sur son esplanade. Son regard chauffait le cou du gouverneur, bouseux et en nage.

Un filet de voix aigrelette s'échappa de ses lèvres.

« Le Capitaine... Le Capitaine Maxence du Peyre a utilisé sa garde pour nous contraindre à la reddition. Il nous a menacé, nous et nos familles pour que nous vous ouvrions les portes. Les lieutenants m'ont dit que les hommes qui s'y étaient opposés avaient été exécutés pour mutinerie cette nuit. » Sa voix se raffermissait un peu tandis qu'il se vidait comme une outre percée. « Mon visage. C'est lui qui m'a frappé. Il a fait gardé ma fille et les familles de tous les notables pour être certain que nous ne vous posions pas de problèmes. Il a déterminé l'heure et le lieu ou chacun de nous devrait être ce matin. Je croyais qu'il avait trahis le Duc... Je veux dire... Nimmio. Le félon. Je vous le jure. Je ne comprends pas ce qui est en train de se passer ! Je vous dirais tout ce que vous voulez savoir ! »

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MessageSujet: Re: [Beltrod] A l'aube   Dim 22 Oct 2017 - 15:17

Le capitaine ne se fit pas prier pour appliquer les ordres du connétable. C’était un putain de plaisir de jouer à la maréchaussée pour ces mercenaires normalement craints et méprisés par les autorités. Cosimo s’écarta de l’attroupement autour du gouverneur et se campa devant ses seconds, les mains sur les hanches :

« - Z’avez entendu mon seigneur ! Rassemblez les compaings par patrouilles de vingt et quadrillez-moi cette ville. Dispersez les attroupements, désarmez ceux dont la gueule ne vous revient pas. Ceux qui résistent, vous employez un traitement à base de six pouces d’acier par voie buccale ou anale.  Pas de picorée pour le moment, tenez vos gars en ordre ! »

Il s’arrêta un instant et scruta les bords de la grand-place. Le capitaine avisa une auberge qu’il désigna :

« - A la moindre alerte ou échauffourée, vous envoyez un coureur ici.»

Sur ce, ses subalternes se dispersèrent, laissant une réserve de vingt double-soldes avec Cosimo, la crème de la compagnie. Ils se tiendraient prêt en renfort en cas de coup dur.  Le groupe suivit le capitaine vers l’auberge qu’il avait désignée comme son quartier général. Ils investirent les lieux avec un calme froid. Une belle adresse, un peu bourgeoise. Le patron se tenait coi derrière son comptoir. Cosimo avisa une table et s’y installa comme en terrain conquis. Les bottes sur la table, son immense rapière entre les jambes, il claqua des doigts :

« - Le boire, le manger. »


Après la trotte de la matinée, ils n’étaient pas mécontents de reposer leur séant. C’est que ça donne soif la guerre.  Dans Beltrod, les patrouilles de routiers se déployaient petit à petit, ratissant les venelles et dispersant les badauds.
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MessageSujet: Re: [Beltrod] A l'aube   Mar 24 Oct 2017 - 11:26

Le danger était permanent, que ce soit une embuscade ou non, rien n'était à exclure, tout comme la populace qui pouvait se soulever. Après avoir laissé cinq de ses hommes à la porte pour surveiller le sire de Kelbourg, Etienne talonna sa monture pour qu'elle suive la garde, suivit lui même par ses hommes. La troupe se sépara déjà en deux, mais le sire d'Erac ne souhaitait pas trop disperser ses forces, il décida de ne pas laisser de cavaliers avec ceux qui restèrent sur place. Bien que chevauchant à la suite des garde de la cité, la prudence était mère de sureté, les boucliers sortis tout comme les épées. Etienne prit garde de rester derrière les troupes de Beltrod, prêt à faire demi tour s'il le fallait. Après tout, ils étaient la pour saccager le pays, pas pour tenir une cité. Puis le lieutenant rescinda en deux sa troupe, et la Etienne en fit de même. Pour sa part, il suivit le lieutenant qui se dirigeait vers le palais. Les chevaux se cabraient souvent, le feu et le chaos n'aidant pas au calme. Heureusement, c'était des destriers eraciens, et les habitant du duché, des cavaliers émérites rodés à la monte. Etienne regarda l'officier de Beltrod donner des instruction au peuple afin d'empêcher la propagation du feu, et de tenter d'éteindre celui-ci. Lui même et ses hommes restèrent montés à observer de droite et de gauche, paré à toutes les éventualités. Il fut bien en peine de constater que le lieutenant entrait, il prit dix hommes avec lui, et laissa les autres aux aguets, avant d'emboiter le pas à l'officier. Quand il constata les corps poignardés, il attrapa le bras du lieutenant

"Mais que se passe t il donc par ici ?"

Etienne était un peu perdu et interroger l'officier l'aidait à gagner du temps pour analyser la situation. Il semblait que les forces au sein de la cité ne soient pas en accord.
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MessageSujet: Re: [Beltrod] A l'aube   Mer 25 Oct 2017 - 12:58


" Je n'en sais pas plus que vous..." murmura le Lieutenant en se penchant sur les corps tandis que son second prenait le relais pour acheminer l'eau. La chaleur dégagée par le papier et le bois en train de bruler leur parvenait jusqu'ici depuis l'étage supérieur. Aucun homme bardé de métal ne pouvait aller beaucoup plus loin sans être sûr de finir avec de sacrées marques. Mais sur ces trois victimes, les plaies étaient nettes. " Mais ce hommes étaient parfaitement capable. Celui qui a fait ça était un vétéran... un vétéran duquel ils ne se sont pas méfiés " Il ferma un instant les yeux et souffla en remarquant une empreinte de doigts sur le cou du plus jeune. Firmin. L'imbécile enlevait tout le temps son camail. Il n'en supportait pas encore le poids et la dureté. Il lui ferma les paupière, fit un signe de coupe et se tourna vers l'envoyé d'Erac " Le page de tout a l'heure disait vrai. Croyez-moi. Le responsable est Maxence du Peyre. Et quoi qu'il en soit, il n'est plus là. Vous me permettez de sortir les corps de mes hommes de cette fournaise ? "

En posant de nouveau les yeux sur les cadavres, le lieutenant serra les dents. Le Capitaine avait toujours une bonne raison, même quand on ne la connaissait pas. Il avait fait en sorte que la ville se rende pour éviter un massacre. Tous les gars pensaient qu'il était de leur côté. Tous les dissidents avaient disparus cette nuit. Alors par Néera... Pourquoi ?!

Du côté de la caserne, la chasse à l'homme avait été fructueuse. Trois cavaliers se précipitaient sur la place du temple, deux hommes molestés et empaquetés comme des saucissons sec en travers de leurs selles.

" Messire ! " Gueula l'un des soldats en arrivant, sans trop savoir s'il s'adressait à son gouverneur ou à l'homme qui le menaçait. " On a attrapé ces deux hommes en train de fuir de la caserne. On s'est dit que vous voudriez être là pour les interroger. "

Les deux bougres étaient déjà mal en point... mais sans doute que cela n'était que nécessité pour rattraper ces fuyards.

Au loin un grondement étrange se fit entendre. Une rumeur ne tarderait pas à courir : les ponts de la rive sud venaient de céder.

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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: [Beltrod] A l'aube   Jeu 26 Oct 2017 - 18:21



Quand bien même le velterien lui sembla pitoyable, il n'en ressortit aucune fausse vérité. Adonc, le pauvre homme avait été le couillon de l'histoire que l'on avait sacrifié de bon gré. Afin de sauver quelques hommes d'armes, le chevalier de Peyre avait laissé derrière lui une cité pleine à craquer. Quelle drôle d'idée. Sans doute s'était-il dit qu'en acceptant les conditions de la reddition, les royalistes les auraient respectés de même. Mais que restait-il à respecter de cet accord bafoué après la sournoise attaque de l'entrée et des incendies provoqués. C'eut été comme les prendre pour des suderons. Diantre que non qu'ils n'en étaient point. La chasse à la mauvaise herbe serait débutée céans dans les ruelles de la ville et toutes les âmes suspectes seraient châtiées. La compagnie du capitaine Cosimo s'en chargerait probablement à la perfection.

De son côté, il décida de laisser la populace entassée dans le grand temple. En cas de nouvelle roublardise, le « qui perd-perd » s'imposerait de lui-même et les têtes se mettraient à rouler sur le sol.

-La ville est nôtre, ponctua-t-il. Que des hommes partent annoncer la nouvelle et que d'autres s'en aillent plus au sud battre la campagne. Et que l'on prépare un foutu échafaud sur la Grand-Place ! Il est temps de montrer de quoi sont capables les hommes du nord.

Du nord, un seul était affublé de moult qualificatifs peu reluisant. Thibaud s'en cognait comme d'une guigne. Qu'on le nomme empaleur ou boucher n'avait guère d'importance. Seul le résultat comptait. Et pour y parvenir, toutes les routes étaient bonnes. D'aucuns n'auraient pu acquiescer pareille pensée si ce n'est celui pour qui les règles n'avaient d'importance. Lui ferait chanter les beltrodiens pour savoir tout ce qu'il avait besoin de savoir. Par la suite, il s'en irait reprendre routes et campagne afin de mener à nouveau la terreur sur le Velterien.

-M'sire, m'sire ! Les ponts se sont écroulés.

Il eut un petit sourire narquois.

-Fort bien, les gens de cette ville n'auront guère le temps de rêvasser, ajouta-t-il en lâchant un regard d'indifférence sur la populace restée devant. Et que l'on m'amène les gredins qui se sont mis en tête de nous freiner dans notre élan ! 100 écus à celui qui y parviendra !




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T'sisra Do'ath
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MessageSujet: Re: [Beltrod] A l'aube   Ven 27 Oct 2017 - 2:32

9e jour de la 2e ennéade de Favrius, 10e année, XIe Cycle.


Audoin avait la grâce d’un poisson coincé dans une flaque. Il se débattait et poussait sur ses jambes de toute sa hargne pour s’éloigner des profondeurs. Pataugeant dans une eau qui se teintait de rouge, il voyait ses camarades tomber sous les coups de lances et d’épées. Ils ne se laissaient pas faire les bougres, et lui n’avait pas dit son dernier mot non plus. À hauteur d’un cavalier, cette force de la nature qu’il était empoigna son poing droit de la main gauche, et envoya une frappe digne d’un titan droit dans la tête de l’équidé. La monture s’effondra dans la flotte, entrainant son cavalier avec, avant d’essayer de remettre sur ses quatre pattes.
Ses derniers camarades ragaillardis vociférèrent quelques insultes bien fleuries à l’encontre de leurs adversaires bien trop nombreux, avant d’essuyer de nouveaux assauts. Et à mesure que les secondes et les minutes s’égrainaient, ils se rendirent bien compte qu’aucun d’eux ne verrait le soleil se coucher ce soir. L’un des beltrodiens abaissa même son arme, il se résignait à la reddition, et le nordien qui lui trancha la gorge dans le même temps se fendit d’une grimace. Le cavalier aurait souhaité retenir son geste, mais tant pis. Les regards se tournèrent dès lors vers Audoin, dernier survivant de l’embarcation.

On lui hurlait de se rendre, tout en le tenant à distance en l’encerclant. Car ce type, bien que bête comme ses pieds, restait une force de la nature pour qui tuer ne semblait être qu’une simple formalité. Après tout, ce n’était pas tous les jours qu’on croisait un homme capable d’assommer un cheval d’un seul coup.

Mais voilà, Audoin fatiguait. Il était blessé et démoralisé, lui aussi voyait son sort scellé. Cependant tous ses agresseurs lui beuglaient la même chose, et à force il eut comme une étincelle. Peut-être que s’il se rendait, il pourrait rentrer à Beltrod pour voir on papa ? Peut-être que s’il arrêtait de se battre et suivait docilement les nordiens, il pourrait reprendre sa vie d’avant ? Ses patrouilles quotidiennes lui manquaient déjà terriblement, il adorait la routine, quand tout était toujours pareil, quand il n’y avait pas à réfléchir pour s’extirper d’une situation inhabituelle, quand il pouvait pincer les fesses des putains de l’auberge après son service…
Enfin sa décision était prise, après trois morts et un cheval incapable de mettre une patte devant l’autre. Il leva les mains au ciel, avec un air benêt.

- Je m’rends ! M’tapez pas ! Hurla-t-il en s’agenouillant. J'veux plus m’battre ! Pis j'aime pas ça !

Ainsi se terminait cette fameuse mission « primordiale » que leur avait confiée ce chevalier aux six doigts. Audoin espérait au moins avoir réussi à jouer son rôle. Il n’aimait pas décevoir les gens.
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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: [Beltrod] A l'aube   Dim 29 Oct 2017 - 7:24

HRP:
 




La pluie s'invita sans prévenir à la petite réunion de la grand-place. Les hommes qui s'évertuaient encore à calmer les flammes allaient la bénir sans nul doutance. Pour les autres, les grosses gouttelettes vinrent tremper leurs habits et leurs chausses sans qu'ils n'aient la possibilité d'aller s'abriter. Car pour l'heure, le connétable de Berthilde avait mandé que tous les beltrodiens viennent sur la place afin de venir contempler le spectacle. Jonché sur l'échafaud, la hache à la main, Thibaud contemplait tous les miséreux qui lui faisaient face. « Allez, mangez vous la flotte, choper la goutte et crevez tous bande de trous de cul ! » s'entendit-il prononcer à voix basse tandis que tous les regards étaient braqués sur lui.

La nuit allait bientôt tomber, ce pourquoi quelques torches avaient été allumées en prévision. Pour l'heure, il allait falloir s'exécuter à l'honorable besogne. Connétable le jour et bourreau au crépuscule, il était temps de passer aux choses sérieuses.

On mena des hommes enchaînés sur la grande estrade. La foule était d'habitude excitée à cette simple vision, mais celle-là n'en avait cure. Le silence était glacial. Seuls les impacts de pluie sur les pavés et les toitures égaillèrent la chose. Nullement impressionné par ce manque d'intérêt de la populace, Thibaud s'argua de son plus beau sourire avant de prononcer son discours.

-Gens de Beltrod, voyez ce qui arrive à ceux qui s'opposeront au Roi !

Un premier homme se fit plier les guibolles. Le gus était de bonne taille pourtant et à la vue de son cou, Thibaud se délecta presque de la quantité de sang qui allait en sortir.

-Pour avoir provoqué une embuscade à l'encontre des hommes venus se battre sous le mandat royal, je vous déclare coupable, gueula le bourreau. Tu vas mourir fis de chienne, les tiens te rejoindront bientôt.

Sans lui laisser le temps de répondre ou même de pleurer sa mère, Thibaud fit s'abattre la hache sur le pauvre homme. La tête tomba lourdement et le corps se mit à gicler son lot de sang sur les badauds restés juste en face.

-Mettez moi cette tête sur une pique, ordonna-t-il. AU SUIVANT !
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MessageSujet: Re: [Beltrod] A l'aube   Lun 30 Oct 2017 - 22:58


Floc Floc Floc.

L'eau du ciel venait laver la cendre et le sang des pavés. Bon... une tournure élégante comme celle-ci devrait laisser penser que la terreur et la mort étaient passées par cette bonne ville de Bertholde, mais la vérité était bien moins grandiloquente. Mis à part les monceaux de papiers des archives militaires empêchant les envahisseurs d'avoir une idée du nombre ou de l'identité de ceux qui avaient déguerpis et de la position de leur famille, il n'y avait guère eu de cendres. Et en omettant les quelques couillons pris par le foudre nordien, il n'y avait guère eu de sang.

La ville était au Roi et les bannières apportées par l'ost flottaient sur le donjon avant même la levée d'un nouveau jour.

Cependant, toutes les armes avaient disparues de la caserne. Fondue ou parties à fond de barge ? Qui pouvait bien savoir ? Les écuries de la caserne et du palais ainsi que les colombiers de la ville étaient également théâtre d'une scène de massacre. Au moins les armées des envahisseurs pourraient avoir leur compte de viande pour quelques jours à défaut d'utiliser les animaux pour de plus nobles dessins.

De la file de barges remontant le Melian, les éclaireurs n'avaient pu que constater l'éloignement. Au premier embranchement, elles avaient pris au Sud. Puis plus rien. Ni a l'extérieur, ni à l'intérieur de la ville.

Juste le silence des rares familles endeuillées et le soulagement d'un peuple qui venait d'échapper au massacre.

Si on ne le criait pas encore, tant que les exactions resteraient minimes, on entendrait de plus en plus fort une rumeur gonfler le cœur de Beltrod : Vive le Roi.

FIN

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