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Anorn
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MessageSujet: Une dernière fois   Une dernière fois I_icon_minitimeDim 22 Oct 2017 - 15:30

Palais d’Alëandir,
Septième ennéade de Favriüs,
De la dixième année du onzième cycle.

Naur cherchait sans cesse le contact de Noen. Ce dernier le laissait venir vers lui, sans trop rien dire. Il le regardait seulement, avec ses grands yeux clairs. Comme s’il attendait qu’il arrive enfin mais sans jamais bouger pour qu’ils se rencontrent plus tôt.

- Ils sont tellement adorables, tu ne trouves pas ? Ils sont beaux, ils sont la combinaison parfaite de nous deux. C’est juste… magnifique. Je crois que je n’en voudrai pas d’autres.
- Aldartha me manque horriblement. Jamais je ne leur laisserai l’occasion de vivre ce que j’ai vécu. Jamais je ne voudrai vivre ce qu’ont vécu mes parents. Ils nous suffiront. Ils assureront l’avenir, nous n’avons pas besoin d’en avoir d’autres.
- Je sais.

Et sa main trouva la sienne. Ses doigts se refermèrent sur les siens et elle les porta à sa bouche pour les embrasser. Il la laissa faire sans vraiment la regarder. Il ne pouvait détacher son regard de ses fils. Il fallait à tout prix qu’ils restent ensemble. Parce que sinon, ils finiraient comme lui. Comme son propre jumeau. Il ne voulait pas ça pour eux. Il n’avait jamais voulu ça pour lui. Se levant de son siège, il embrassa le front de sa femme et jeta un dernier regard à ses enfants. Naur avait finalement rejoint Noen et ils discutaient avec entrain. Du moins donnaient-ils cette impression.

- Tout ira bien Anorn. Il ne peut plus rien nous arriver de mal, désormais.
- Tout ira bien quand Aldartha sera avec nous. Quand il sera là pour veiller sur eux aussi. J’ai besoin de le récupérer.

Ses cheveux n’étaient pas attachés, ils voletaient dans son dos au rythme de ses pas. Il avait enfilé un manteau léger, avec lequel il n’aurait pu sortir encore. L’hiver avait laissé dans l’air un fond frais, qui se dissipait de plus en plus à mesure que les jours avançaient. Le mois prochain il aurait certainement disparu. Mais cette épaisseur suffisait pour les couloirs fermés. Arrivé devant la porte des appartements de son frère, il vérifia que ses gardes étaient bien en place et qu’il n’y avait pas de souci particulier. Pas de visites impromptues, pas de curieux qui était passé par là. Parfait. Ouvrant la porte, il la referma aussitôt qu’il fut entré. Régnait dans cette pièce une ambiance lourde et peu agréable. La solitude, l’absence de vie, d’énergie. Son frère était encore alité. On ne l’avait pas encore transporté dans son fauteuil.

- C’est moi, Aldartha.
- Hhhhhhmm…
- Ca va, ça va. Ne t’inquiète pas, je vais m’occuper de toi.

Attrapant sa main, il s’assit sur le rebord de son lit. S’ouvrant au flux, il soulagea les douleurs dans son dos, fit disparaître les tensions dans ses muscles. Enfin, ce qui restait de ses muscles. Il fallait qu’il fasse en sorte qu’ils ne disparaissent pas. Sans ça, il finirait par mourir. Et il emporterait Anorn avec lui. Passant son autre main sur son visage, il dégagea quelques maigres mèches qui barraient son front. Il n’avait plus que la peau sur les os, ses yeux étaient vides la plupart du temps mais quand il voyait son frère, une lueur s’allumait au fond. Sa peau était froide sous ses doigts, ses os étaient beaucoup trop saillant. Il aurait presque pu s’y couper. Quand il descendit le drap sur Aldartha, il dévoila une chemise de nuit qui flottait sur ses os. Cela lui déchirait le coeur de voir combien il était maigre. Combien il devrait être mort. Il s’accrochait pour lui. Il n’eut pas de mal à le soulever pour lui retirer cette chemise. Il attrapa un linge humide qu’il passa avec douceur sur les reliefs de son corps. Il pouvait compter ses côtes à l’oeil, il pouvait distinguer ses vertèbres, il voir la forme de son bassin. Un sanglot naquit dans sa gorge et une larme roula le long de sa joue. Aldartha s’agita.

- Laisse moi t’habiller, on parlera après. S’il-te-plait.

Il le laissa faire, ne résista pas. Il essaya de se tenir quand il lui enfila une chemise et un pantalon, quand passa ses bras sous ses épaules et sous ses genoux. Il le souleva, sans effort, et le posa sur son fauteuil. Il se laissa tomber dans celui d’en face. La tête d’Aldartha s’appuyait sur le dossier, légèrement en arrière. Il avait légèrement baissé les yeux pour capter ceux d’Anorn. Il voulait être là. Se penchant vers lui, il posa une main sur son genoux squelettique.

- On ne peut pas continuer comme ça, Aldartha. Vraiment pas. Il faut qu’on essaye une dernière fois, avant d’abandonner pour de bon. Je ne peux pas, je n’y arrive pas. Ce n’est pas possible de te voir comme ça, tout le temps. De te savoir mourant et de savoir que je te retiens, que je te fais souffrir. Pardonne moi.
- … Uuuuune… Deh’nièh…

Les larmes coulèrent et il porta la main de son frère à sa joue. Fermant les yeux, il profita de sa proximité. Il profita de sa présence. Il restèrent ainsi un bon moment. Avant qu’il ne soit temps de le ramener dans son lit. Encore une fois, sa toilette et son corps décharné. Mais cette fois, il s’allongea à ses côtés. Ses doigts encore entrelacés avec les siens. Ses sanglots n’avaient pas cessés et Aldartha gémissait avec lui. Bientôt il fut pris par le sommeil. Et étrangement, il dormit bien mieux que toutes ces dernières nuits. Etrangement, il se sentit bien. Il se sentit à sa place.
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MessageSujet: Re: Une dernière fois   Une dernière fois I_icon_minitimeDim 4 Fév 2018 - 18:45

Palais d’Alëandir,
Huitième ennéade de Barkios,
De la dixième année du onzième cycle.

Il lui avait donné son accord pour une dernière fois. Et ses paroles, ou plutôt son râle, avait trotté dans la tête d’Anorn pendant les dernières ennéades. Il ne savait que faire, comment le faire. C’était leur dernière chance, après cela il abandonnerait. Ils étaient tous les deux épuisés. Depuis des siècles ils se battaient sans relâche et aujourd’hui, ils devaient passer à autre chose. Peut-être étaient-ce pour ses fils, peut-être qu’il réalisait enfin qu’il y avait d’autres vies. D’autres êtres qui importaient tout autant, si ce n’étaient plus parce qu’ils assureraient l’avenir de leur civilisation. Il était temps que leur combat prenne fin pour laisser la place à un autre. Ou tout simplement pour se reposer, ne commençaient-ils pas à être fatigué ? Il se tournait et se retournait dans son lit, ne trouvant plus le sommeil. Arwain ne dormait plus avec lui, pour l’instant. Bien heureusement, parce qu’elle n’aurait pas dormi cette nuit là. Il entendait parfois ses fils, puis sa femme remuer et parfois leur fredonner un air qu’il connaissait. Puis de nouveau le silence et le noir, uniquement troué par la lumière des deux lunes. S’asseyant à moitié dans son lit, il se versa un verre d’eau et le but à grande gorgée. Il avait étonnamment soif. Se redressant un peu plus dans son lit, il s’adossa au mur et attrapa son focalisateur. Sans vraiment s’en rendre compte, il s’ouvrit au flux. Il sentait sa famille dans la pièce d’à côté, les deux plus jeunes membres qui se reposaient paisiblement et leur mère qui dormait profondément. Elle était fatiguée. Très fatiguée. Alors doucement,il se leva et pénétra dans la pièce où il dormait, veillant à ne tirer personne de son sommeil.

Au milieu de son lit, sa femme était belle. Ses cheveux noir de jais formaient comme une ombre sur son oreiller. Cela lui donnait une aura étrange. Un peu plus sombre que ce qu’elle était vraiment. Ou plutôt, aussi sombre que ce qu’elle était au fond. N’était-elle pas une ancienne moine ? Pouvait-on cesser de l’être ? Elle l’avait certes enfoui aussi profondément qu’elle l’avait pu, mais une telle dévotion ne s’oubliait jamais et disparaissait encore moins. S’avançant doucement vers elle, il la sentit s’éveiller. Alors il posa une main sur sa hanche et une autre sur son épaule. Cette dernière remonta sur son cou et commença à détendre ses muscles en profondeur. L’elfe se laissa aller et elle retomba dans un sommeil léger. Elle savait que c’était lui et qu’il n’était pas nécessaire de s’éveiller. Elle se laissa juste faire, appréciant l’instant. Il baladait ses mains sur son corps, dénouant les nœuds et rétablissant les équilibres. Il finit par poser une main sur sa tête pour l’aider à régénérer plus rapidement. Puis il caressa tendrement ses cheveux, déposa un baiser sur le front de chacun de ses fils et s’éclipsa. Il se tâtait à aller rendre visite à Aldartha mais il renonça. Il préféra regagner son lit, dans lequel il resta jusqu’au lever du jour. Il avait somnolé, de temps à autre, mais n’avait pas vraiment dormi. Il avait fini par penser à Halyalindë, qui avait rendu visite au Pergaën et qui en était revenu transformée. Un prêtre de Tari n’avait pas suffit, un mage de l’esprit non plus. Les deux combinés avaient failli obtenir un résultat mais étaient finalement passé à côté. Il fallait donc sortir l’artillerie lourde, cette fois ci.

Plus tard dans la journée, ce fut décidé. Ils iraient rendre visite au Haut-Prêtre. Lui et Aldartha, tous les deux sur les routes, comme au bon vieux temps. Il fallait certes leur préparer un cortège et cela serait fait. Il devait rencontrer d’abord certaines personnes et caler des dates. Idéalement, il lui fallait un mage de l’esprit, un prêtre de Tari et sa garde privée. Sans compter le fait qu’il devrait laisser au conseil la responsabilité de gérer les affaires qui normalement lui revenaient. Récemment il avait été peu présent et il s’en voulait beaucoup. Mais pour qu’il puisse revenir en force, il fallait qu’il règle son problème avec Aldartha, cela ne pouvait plus durer. C’en devenait épuisant et il n’arrivait plus à gérer, et son jumeau et ses fils.

- Début du mois prochain, j’irai. Je dois encore discuter de certaines choses en conseil, mais je pense que c’est décidé. Il faut que j’arrache le pansement, ça devient trop dur, trop pesant.
- Depuis ce qui s’est passé avec Neraën, je le sens oui. Je n’ai pas mon mot à dire là-dessus. Je te demanderai juste d’être prudent. Si jamais les choses tournent mal… Pense à nous. Nous t’attendons. Et nous t’aimons.

Il n’eut pas le courage de lui répondre et la serra seulement contre lui. Il ne pouvait pas lui promettre une telle chose pour l’instant. Il était beaucoup trop indécis sur la suite des événements. Il avait peur, tout au fond de son coeur. Parce qu’il savait qu’il était peut-être entrain de signer sa fin. Il était peut-être entrain de détruire sa famille. Mais Aldartha avait toujours compté plus que tout. Et jamais il ne pourrait le laisser derrière lui. Jamais il ne pourrait avancer sans lui. Il avait planifié un tournant dans sa vie et c’était effrayant.
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MessageSujet: Re: Une dernière fois   Une dernière fois I_icon_minitimeJeu 19 Avr 2018 - 19:24

Palais d’Alëandir
Première ennéade de Verimios,
De la dixième année du onzième cycle.

Il était temps de préparer ce voyage qu’il n’osait pas faire depuis trop de temps. Il n’osait pas parce qu’il risquait gros. Ils risquaient gros, en fait. Aldartha pourrait bien ne jamais revenir. Mais si c’était pour son plus grand bien ? Il savait bien qu’il ne pouvait pas le maintenir dans cet état encore bien longtemps. C’était un miracle qu’il ne soit pas encore parti et là aussi était une des craintes d’Anorn. Il pouvait un jour être réveillé par un garde parce que son frère s’en était tout simplement allé. S’il lâchait prise, seul, sans avoir essayé une dernière fois, comment pourrait-il s’en remettre ? Il connaissait pertinemment la réponse à cette question. Il avait donné rendez-vous aux gardes dans une pièces non loin des appartements d’Aldartha. Peut-être pourrait-il les entendre, sinon il lui ferait un rapport détaillé de leur conversation. Il était le premier présent, comme toujours. Il détestait être en retard et venait toujours trop à l’avance. Parfois il en profitait pour discuter rapidement avec quelqu’un et d’autres fois pour lire une missive qu’il n’avait pas pu décacheter avant. Cette fois, il se servit simplement à boire et attendit qu’on arrive. Une fois tous les gardes réunis, il prit la parole.

- Je dois d’abord vous remercier pour votre discrétion exemplaire et pour vos loyaux services. J’ai été plus que ravi de travailler tout ce temps avec vous. Je n’ai jamais rien eu à vous reprocher et c’est d’ailleurs pour cela que je vous ai emmené ici, à Alëandir, avec moi. Il n’y a aucune de mes espérances que vous n’ayez pas satisfaite.

Certains lui sourirent, d’autres attendaient simplement la suite. Ils savaient qu’ils n’étaient pas là pour qu’on les félicite à propos de leur travail.

- Si je vous ai choisi en premier lieu pour cette mission, c’est aussi parce que vous étiez parmi les meilleurs guerriers de Quatrième-Saison. Vous l’êtes toujours, à n’en pas douter. Une nouvelle et dernière mission vous attend. Il en sera ensuite fini de celle que vous avez présentement. Je sais que pour la plupart, vous n’avez pas de proches qui vous attendent. Mais ceux pour qui c’est le cas pourront retourner auprès d’eux. Quant aux autres, ils seront libres d’intégrer ma garde personnelle ou de partir.

Des hochements de têtes et quelques regards curieux. Ils se demandaient tous de quoi il retournait. Ils avaient voué leur vie pour cette cause, ils savaient que cette mission pouvait ne jamais se terminer. Et aujourd’hui, on leur en montrait la fin. Pourquoi donc ?

- Il est temps de libérer Aldartha, d’une manière ou d’une autre.

Surprise générale.

- Nous allons à Holimion, c’est sa dernière chance. Si malgré tout cela il ne revient pas parmi nous, alors je pense qu’il serait bien cruel et égoïste de le garder auprès de nous. De plus, sa santé en est à point de non retour. Je le sens décliner considérablement et je ne veux pas de ça pour lui. Si nous ne faisons rien maintenant, nous ne ferons jamais rien. Il va donc falloir préparer le nécessaire pour partir en fin d’ennéade. Le temps est parfait pour voyager, quoi qu’un peu chaud mais au moins il ne gèle pas. Vous savez ce dont il a besoin, je compte sur votre discrétion pour préparer tout cela. Nous partirons tôt dans la matinée, vous avez quatre jours pour regrouper tout ce dont nous avons besoin. Recrutez quelques gardes sans en dévoiler trop, mais je ne vous apprends pas votre métier. Si jamais, je laisserai quelques instructions, des questions ?

Quelques questions d’ordre pratique mais elles ne nécessitaient pas de longues réponses. Quand elles furent réglées, Anorn repris le chemin de ses appartements. Arwain n’y était pas et seul Noen était présent, avec une nourrice. Tendant les bras pour le récupérer, il la libéra pour la soirée. Il savait que c’était une elfe dont sa femme s’était rapprochée dernièrement mais il souhaitait être seul avec elle quand elle rentrerait. Son fils le regardait avec de grands yeux et lui souriait. Anorn faisait de même en retour et s’assit dans son fauteuil, duquel il attrapa un anneaux en bois. Il était orné de quelques breloques, qui scintillaient de différentes couleurs et avaient une différente forme. Il était absorbé par les sons de joie de Noen quand sa femme rentra avec Naur. Son fils s’agita un peu plus et ce fut ce qui lui fit relever la tête.

- J’étais partie passer un instant seule avec Naur ! Je ne pensais pas que tu rentrerais si tôt. Tu as pu parler à la garde d’Aldartha ?
- Ne t’en fais pas, je ne pensais pas renter si tôt non plus. Justement, je leur a parlé. Ils n’avaient pas énormément de questions, ils connaissent leur travail. Je partirai donc bien dans quatre jours, comme je te l’avais annoncé. Enfin, nous allons vers un dénouement.
- Parfait. Je sais que c’est important mais je ne peux m’empêcher de craindre ton non retour.
- Je ne vous ferai pas cela, tu le sais.

Et en même temps, il ne pouvait rien promettre.
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