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 Ce que la marée charrie

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Aymeric de Brochant
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MessageSujet: Ce que la marée charrie   Jeu 26 Oct 2017 - 11:28


4ème jour de la 3ème énéade de Favrius, 10ème année du 11ème cycle.

La troupe avait eu son lot de sel durant la nuit ; au tour des camps ancenois d'en connaître le goût.

À la lueur seule des étoiles, l'équipage de la Louve d'Ydril avait mené son navire jusqu'aux côtes même de l'ancenois. On était partit la veille de Sharas, et les vents favorables les auraient certainement poussé jusqu'au Langecin, si un arrêt particulier n'avait été ordonné par le marquis Aymeric. En effet, Berdes laissé au coin d'un récif, la nef s'était mise à louvoyer plus près encore des côtes à mesure que l'obscurité se saisissait du pays. C'était là une entreprise hasardeuse, mais les Ydrilotes connaissaient leur affaire. Ainsi, à la minuit, on se trouvait à l'extrémité Sud de la baronnie, au mouillage, tapis derrière les falaises.

La marée décrut : on attendait d'elle que cela. Alors que les heures avançaient, la quille de la louve d'Ydril se rapprochait toujours un peu plus du sable, jusqu'à ce qu'au moment propice, on puisse mettre pied à terre sans finir noyé. Dès lors, le débarquement silencieux débuta. On s'employa à descendre les bêtes d'abord, puis les armes, et dans l'obscurité vespérale, la Louve d'Ydril vomit un escadron tout entier.

Il ne restait qu'à attendre le jour ; tapis contre les falaises, on se garda bien d'allumer quelque feu. C'est que le pays était tapis de tours de guets, dressées là dans le dessein même de contrevenir à ce genre de menées. Le jour vint : ça aussi, c'était attendu, et avec lui l'ordre de marche fut donné. L'équipage de la Louve d'Ydril serait scindé en deux, une partie, restée à bord, tâcherait de trouver le meilleur mouillage. Quant aux autres, leur tâche était simple : porter le dégât au village de pêcheur le plus proche. La troupe serramiroise s'embuscaderait alors de manière à frapper les renforts, qui supposait-on, ne tarderaient à faire irruption du château des oliviers.

« Les guetteurs n'ont pas allumé leurs feux d'alarme : eh bien, Loup Noir, si vous alliez leur rendre ce service ? » Avait ainsi dit le zélé lieutenant Heinrich, chef de l'opération, à son auxiliaire ydrilote. On avançait alors gaillardement sur la grève, et à quelques lieues se dessinait la silhouette d'un petit village. Cependant, avant même qu'on ait pu atteindre celui-ci, une troupe déboula sur la plage, aux couleurs de l'ancenois. La discrétion dont avaient fait montre les futurs pillards ne semblait avoir suffi ; il faudrait dès à présent combattre.

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Hannibal Acherbas
Humain
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MessageSujet: Re: Ce que la marée charrie   Mar 31 Oct 2017 - 16:07

Un cinquantaine d'Ancenois se dressait face à eux. Ils chargèrent vite, et ainsi fallait-il prendre des décisions. Les pleutres ! Ils voulaient un combat direct ? Ils l'auraient. Heinrcih et Hannibal n'étaient pas de petits soldats récemment enrôlés, bien au contraire, ils étaient tous deux des vétérans expérimentés dans cet art qu'on s'accordait à appeler la guerre. Un infime partie de l'équipage du Loup Noir étant resté à bord du navire, cela ne le lui laissa point beaucoup d'hommes. Mais peu d'hommes signifiait puis souvent une meilleur coordination et un meilleur commandement. Aussitôt surpris par les Ancenois, aussitôt il ordonna à ses hommes les plus légers de feindre la retraite vers la Louve d'Ydril Un vingtaine de jeunes marins partit donc au pas de course rejoindre la mer qu'ils aimaient tant.
Hannibal et 9 de ses hommes, mieux entraînés et mieux équipés, restèrent ainsi aux côtés des Serramirois, qui quant à eux formaient déjà les rangs sous les ordre d'Heinrich. Hannibal rejoignit ce dernier pour lui expliquer son plan :

-J'ai ordonné à mes hommes de feindre la retraite pour contourner l'ennemi lorsqu'il sera engagé. Ainsi nous couperons leur retraite et nous les taillerons comme il se doit lieutenant !
J'ai confiance en vos hommes, nous allons montrer à ces félons ce que le terme fidélité signifie !


Le maître d'armes sortit découvrit la lame de sa lance. Ancenis ne la connaissait pas encore.
Tant mieux, la première fois est bien souvent la meilleure. Aujourd'hui ils découvriraient le gôut de son acier, ainsi que celui de leur sang coulant de mille part. Il jeta un coup d'oeil à Croesan qui le regardait, l'épée déjà dégainée. Francesco Davatti, le véritable Ydrilpte, était lui aussi prêt à en découdre. Il n'avait connu de réel combat depuis la Meca, cet échange lui permettrait de se dégourdir la patte.

Lorsqu'ils virent les marins qui fuyaient au large, la cavalerie Ancenoise forte d'une trentaine d'hommes se pressa de charger, confiant en leur victoire. C'était sans compter la valve de flèches que les Serramirois leur envoyèrent en guise de bienvenue. Cela ne suffisait pas arrêter les fiers soldats d'Ancenis qui malgré des pertes minimes continuaient de foncer sur les envahisseurs. C'est alors qu'il les vit. Ils étaient dix, en armure de plate, sur leur grands étalon équipées de barde. Ils menaient la charge en avant. Ces chevaliers d'Ancenis. Les yeux de Hannibal crépitèrent d'excitation.
Combien en tuerait-il aujourd'hui ? Combien en ajouterait-il à sa collection ? L'un d'eux s'était pris une flèche qui avait traversait son épaulière, mais ne bronchait pas, il restait concentré pour la charge qu'il devait mener. Ce courage et cette détermination renforça l'enjouement du Loup Noir qui allait devenir fou.

Les lhallebardes Serramiroises étaient déjà parées. Les chevaux s'en rapprochaient dangereusement. Hannibal pointa sa propre lance pour casser la charge avec ses frères d'armes. Et le choc fut brutal. Les deux camps s'ébranlèrent. Et la mêlée débuta. Du bout de sa lance, Hannibal avait toucher un cavalier. Le recherchant dans escarmouche, il trouva un chevalier au flanc percé, qui tentait tant bien que mal de se relever malgré le poids de son armure. Lorsqu'il vit le maître d'armes s'avançait devant lui, il redoubla d'efforts. Trop tard. Le coup de grâce était déjà tombé, venu d'un cimeterre que Hannibal transportait depuis quelques années maintenant. Il retira sa lance zurthane de son armure de plate et fixa le preux cavalier mort comme pour retenir comment il était. Puis il s'engagea dans le combat, faisant tournoyer sa lance de part et d'autres, tranchant, taillant et transperçant tous les ennemis qui lui faisaient face. Et tandis qu'on s'occupait d'anéantir la cavalerie, la seconde charge des fantassins arriva, et on se battit de plus belle.

Le temps passait et les hommes tombaient. La cavalerie Serramiroise jusqu'alors préservée fut utilisée pour prendre les fantassins sur les côtés. Les Ancenois commençaient sérieusement à perdre cette bataille et entèrent une retraite désespérée. Ils retrouvèrent alors les mêmes hommes qu'ils pensaient fuyards et qui leur balancèrent tout type de projectiles : pierres, javelots, coutelas.. Les soldats alors hésitant furent freinés dans leur retraite puis décidèrent de foncer sur les Ydrilotes qui leur barraient la route. Ces derniers cherchèrent à les esquiver mais certains furent alors rattrapés et fauchés par les Ancenois. Néanmoins, le peu d'ennemis restant fut rattrapé et mis hors d'état de nuire par la cavalerie de Serramire peu de temps après. Aucun Ancenois ne put revenir au village. On avait remporté cette petite bataille. Mais encore fallait-il remporter la suivante.

Dans les charniers que formaient les cadavres, Hannibal cherchait ceux qu'il avait envoyés là. Pour être franc, il cherchait par dessus tout ceux des chevaliers qu'il avait éliminé. Ils étaient au nombre de trois aujourd'hui. C'était beaucoup en une fois, rien en somme qui pourrait arranger cette manie, cette folie. Il retrouva le corps du premier tué, celui dont il avait personnellement cassé la charge. Il se baissa pour lui enlever son gantelet de plate, découvrant de ce fait sa main. Et il prit la bague que la macchabée portait à l'index. Puis il fit de même avec les deux autres avant de les ranger dans l'une de ses poches.

C'est alors que Francesco vint lui crier -Nos avons perdous dé bueno garçons aujour dios Hannibal !

-Que Tyra les garde ! Qui sont-ils ?

-Hernando, Rico, Rodrigue, Louca..

La liste continuait. La plupart était de jeunes marins qui venaient à peine de commencer leur aventure avec la Louve d'Ydril. Ils se battaient et travaillaient pour leur famille, pour leur accorder une vie convenable à Ydril, là où la corruption régnait. Hannibal ne put s'empêcher d'espérer qu'Aléandra arrangerait les choses là-bas. Mais en fin de compte, elle était peut-être comme les autres.
Il se rapprocha d'Heinrich et entama la conversation.

-Je veillerai à ce que les familles de mes morts reçoivent leur part, j'espère que cela ne vous gêne aucunement. Bravo à vous et à vos hommes, vous êtes redoutables sur le champ de bataille. La question étant : que faisons-nous désormais lieutenant ?
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Aymeric de Brochant
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MessageSujet: Re: Ce que la marée charrie   Jeu 2 Nov 2017 - 11:20


C'était un plan subtil et fin qu'avait improvisé le Loup Noir, à l'instant même où la chevalerie ancenoise leur était tombé dessus. Une tactique habilement concoctée en un tour de main, qu'il avait glissé au lieutenant Heinrich alors qu'en face, on s'ébaudissait à grand renforts de cris de guerre. Une feinte retorse, singeant la fuite pour exhorter la charge des ennemis, que c'était.

Barberousse, lui, n'avait rien vu de tout cela. Obnubilé par la troupe ancenoise qui leur fonçait dessus, il tourna une oreille distraite aux confidences d'Hannibal, pour uniquement apercevoir, entre deux ordres hurlés à ses soudards, que les braves matelots ydrilotes vantés auparavant prenaient la poudre d'escampette, gagnant la sureté des eaux où ils savaient si bien baguenauder. « Peste soit de la couardise de ces macaques! » avait éructé le lieutenant, tandis qu'en face la chevalerie ancenoise lançait sa charge.

Avec leur nombre et une formation adéquate, on eut aisément brisé celle-ci ; mais les hommes avaient été surpris en ordre de marche et ne surent prendre leur position aussi vite que nécessaire. On décocha à la hâte une volée de flèche, puis le chaos s'ensuivit. Déboulant à travers la grève, les chevaux ancenois enfoncèrent les lignes serramiroise, donnant lieu à une furieuse mêlée.

Le nombre, cependant, fit pencher l'escarmouche en faveur de nos héros du jour. La force de l'impact passée, on sut se ressaisir. La victoire, finalement, tendit les mains aux serramirois quand le lieutenant Heinrich, resté à l'arrière avec des gens d'armes, chargea à son tour dans la mêlée. Déroutée, la troupe locale vit alors revenir dans son dos les même marins qu'elle avait cru apercevoir fuir auparavant. De leurs gaffes, les agrestes matelots poinçonnaient les sergents du haut de leur chevaux tandis qu'ils tentaient de s'enfuir. Alors qu'un chevalier lui demandait grâce, le zélé Heinrich vit non loin de lui Hannibal estourbir lestement un homme d'acier tout vêtu.

Le triste spectacle de la défaite ancenoise devait cependant se prolonger, offrant au bon Barberousse le déplaisir de retrouver ce qu'il avait vu si souvent chez les chauffeurs de pâturons, l'an passé. Un partage singulier s'effectua : tandis que la troupe serramiroise alignait ses captifs et requérait leurs noms, les ydrilotes, eux, s'affairaient à dépouiller les cadavres. Finalement, alors que la soldatesque entreprenait d'enterrer ses morts, Hannibal, vraisemblablement repus de rapine, se porta au devant du lieutenant Heinrich. Une discussion s'ensuivit.

« À vous de me le dire, Loup Noir! Le château des oliviers n'est plus si loin, mais dès lors qu'il ne verront le hommes revenir, le reste de la garnison en abaissera la herse. Je tablais, en vérité, sur la capture d'otages, mais des survivants, rien ne fait figure de monnaie d'échange. Au fils du seigneur, qui menait cette troupe, vous venez d'ôter sa chevalière. » Il comprenait désormais un peu mieux le second surnom du maître d'armes, et maudissait d'avoir un compagnon tant épris de tuerie. « Bah! Ce qui est fait est fait. Rassemblez vos hommes, nous marcherons sur le château dans l'heure. »

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Hannibal Acherbas
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MessageSujet: Re: Ce que la marée charrie   Dim 5 Nov 2017 - 19:42

Les mots que lui adressaient le commandant indiquaient que leur victoire était assurée. Et pourtant, dans son discours, quelques phrases avaient suffi pour faire culpabiliser le Tueur de Chevaliers de sa réputation. Lors du précédent combat, il avait en effet achevé sa victime que Heinrich avait désigné comme étant le fils du seigneur du Château des oliviers. Le maître d'armes en avait oublié l'aspect pratique des chevaliers : la rançon et le chantage. Sans doute car ces derniers le répugnaient. Néanmoins, c'était une partie tout à fait logique et utile de la guerre. D'autant plus lorsque l'on mène la petite guerre, lorsque les batailles sont minimes mais prennent toute leur importance dans la capture de seigneurs et le pillage de places fortes. Soit. Il restait deux chevaliers Ancenois blessés et sous la main des Serramirois. Il n'avait plus qu'à espérer que cela soit suffisant pour que le château se rende.

-À vos ordres Barberousse. Mettons-nous tout de suite en route pour la citadelle.

Les troupes de Hannibal se rassemblèrent. Il n'avait perdu aucun "soldat d'élites" mais quelques matelots. Francesco et Croesan s'étaient tous deux vaillamment battus aux côtés des nordiens, mais Hannibal voyait dans leur regard qu'ils se demandaient ce qu'il faisait là. Ils le sauraient bientôt, quand l'on prendra le château.

La petite armée ne s'attarda plus et voyagea jusqu'au village. Les petites gens n'avaient pas attendu et s'étaient réfugiés au sein de la place forte, comme il se devait en cas d'attaque. Les troupes royalistes se déployèrent devant le château qui dominaient les oliviers de la région. Cette zone plutôt montagneuse n'était pas propice aux cavaliers, qui faisaient d'ailleurs défaut à l'armée d'Ancenis. Il ne devait rester qu'une vingtaine, ou une trentaine tout au plus, de défenseurs. Rien de bien méchant, mais il était préférable de négocier que de faire couler le sang de plus de gens. Autant épargner des vies des deux côtés. Ainsi, Hannibal s'avança le premier pour s'adresser au seigneur local :

"Votre Seigneurie ! Vos soldats se sont courageusement battus ! Mais comme vous pouvez le voir, nous les avons totalement vaincu ! À quoi bon continuer ce massacre, remettez votre reddition et épargnons des morts inutiles. Sans quoi, nous prendrons tout de même le château !"

Il n'avait pas encore parlé des otages dont les deux chevaliers, bien qu'ils ne pourraient remplacer le fils du châtelain. Il fallait les garder en cas de résistance.
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