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 [Franco] Loin des secrets...

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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: [Franco] Loin des secrets...   Jeu 26 Oct 2017 - 21:47

Loin des secrets...





"Le génie garantit les facultés du cœur.
L’homme n’est pas moins immortel que l’âme.
Les grandes pensées viennent de la raison !
La fraternité n’est pas un mythe.
Les enfants qui naissent ne connaissent rien de la vie, pas même la grandeur.
Dans le malheur, les amis augmentent.
Vous qui entrez, laissez tout désespoir.
Bonté, ton nom est homme.
C’est ici que demeure la sagesse des nations."



Hotel des Abeilles, à l'angle du Quai de la Durance et de la rue de Syriac, Diantra
Fin de 1ière énnéade de Favriüs de la 10ième année du XIème cycle



Le retour dans la ville de Diantra n’avait pas été simple pour Niklaus. Non pas que la situation sécuritaire fut délicate : Niklaus avait traversé l’Apreplaine puis le Valblanc en n’y rencontrant que des braves gens. Il ne prit pas le temps de s’arrêter, si ce n’est pour aller saluer la baronne ad intérim des lieux, une amie mais surtout une femme dont le zèle pour l’administration des terres du roi était presque aussi légendaire que celle de sa propre lignée.

Diantra n’était pas très changée. Les choses à vrai dire ne changeaient plus trop dans la ville où les drames se succèdent aux farces. Pour Niklaus qui avait eu la chance de connaître la ville sous les temps les plus fastueux, il n’arrivait plus à raccrocher à ces lieux les souvenirs tant heureux que douloureux qu’il avait pu y vivre. Chaque souvenir, chaque pensée, chaque moment de sa vie à Diantra n’était plus réellement que le prétexte pour contempler les terribles cicatrices de ces dernières années. Il ne s’excluait pas de ce jeu macabre. Lui ne savait pas s’il avait eu un impact plus destructeur que d’autres sur cette ville, sur ces gens, sur ces lieux.

Il avait essayé de préserver un maximum d’âmes. Il avait laissé les flots de réfugiés s’organiser et partir vers les contrées dociles des terres royales alentour. Il avait soutenu les initiatives des bourgeois, de la petite noblesse et de tous ceux qui avaient tenté de ramener un semblant de paix à la ville. Il avait maudit et avait condamné les offenses faites à la ville et au peuple de la part de la Régence, de Langehack, de Velteroc et du Lyrion. Il avait essayé de rester droit et juste.

Et pourtant…

Et pourtant il n’était pas certain que ses pas aient été dans la droite ligne de ses intentions. Il doutait que ses actions, aussi justifiées qu’elles avaient pu être, ne fusse pas elles aussi à la source de malheurs pour cette cité. On ne pouvait vivre dans la morosité de la honte et de l’éternelle remise en question. Lui était un être trop optimiste et trop volontaire pour tomber dans une sorte de remise en question perpétuelle et destructrice. Mais il n’était pas de ceux qui ne se remettent jamais en question. Il admettait que son parcours avait pu être parfois dans l’erreur, il admettait que ses actions aient pu être parfois mauvaise pour ses buts. Ce qu’il détestait le plus dans ces moments d’introspection était qu’il était in fine toujours confronté au fait que s’il s’efforçait à cet exercice, il était parfois le seul à s’y exercer.

Un politicien lui avait dit un jour qu’admettre ses erreurs ou se remettre en question était l’ultime preuve de faiblesse. Niklaus pensait lui que c’était là la différence entre l’homme politique et l’homme d’Etat.

Il était revenu à Diantra car il était le seul intendant des terres royales disposant à la fois d’une certaine reconnaissance -en bien ou en mal- de la part des grands de ce royaume, et d’autre part disposant du respect de tous les barons desdites terres royales. Au final et depuis les champs pourpres, il n’avait jamais réellement quitté cette fonction… Dans une certaine mesure l’on se reposait sur son caractère et sa force morale. Et du moral il en fallait beaucoup pour continuer à agir dans ce panier de crabe de plus en plus mortel.

Aujourd’hui pourtant Niklaus venait voir une personne qu’il connaissait déjà. Il était arrivé depuis deux jours déjà dans la capitale et avait commencé par retrouver son hôtel particulier. Celui de ces ancêtres qui - preuve singulière de sa discrétion - était intact malgré les péripéties de la ville. Il se trouvait dans un quartier ni riche ni pauvre, discret dans ses façades, discret dans son extension, discret dans son affichage. Il était à l’image de cette discrète famille de fonctionnaires royaux, assesseurs efficaces et silencieux d’une administration pluri-centenaire.

L’hôtel des abeilles, nommé ainsi depuis un siècle déjà, s’était étendu autour d’une façade tranquille et d’une cour intérieure grande mais discrète en s’étendant par rachat successif des immeubles alentour. Il ne disposait donc ni de l’unicité architecturale ni de la grandeur de façade des autres hôtels des grands nobles de la ville, ou même de familles semblables. Son jardin central était agréable mais simple, et depuis les rues entourant l’hôtel, on aurait pu croire qu’il s’agissait de bâtiments appartenant à différents bourgeois. Seuls les bourgeois de la ville, la noblesse et les voisins connaissaient réellement l’existence de cet hôtel. Il ne se complaisait ni dans le secret ni dans l’apanage.

Et aujourd’hui l’hôtel recevait le maître de la ville. Ou plutôt le maître de facto et du moment de la ville. Car la ville avait changé de maître si souvent ces dernières années que l’on en perdait le compte.

Niklaus connaissait déjà son interlocuteur. Il avait pour lui ni haine ni sympathie. Leur dernière rencontre n’avait pas été un franc succès, ni un désastre particulier. Il fallait dire qu’à cette époque Niklaus était encore décrit -pour des raisons, avouons-le, éminemment politiques- par beaucoup comme un traître de première et Soltariel cherchait à faire ses preuves diplomatiques. Donc l’un dans l’autres les choses ne pouvaient pas être simple. Aujourd’hui les choses pouvaient l’être plus.

Niklaus était venu pour discuter des manœuvres de Soltariel à Vallancourt et des ordres qu’il avait reçu du nord. Niklaus n’avait aucune confiance dans le sénéchal du Roi, mais il était un homme attaché à suivre les ordres qu’on lui donnait et aux choses bien faites. C’était un légaliste.

L’équipage du duc arriva à l’heure dite, passant la porte cochère avec même une minute d’avance, et Niklaus se trouvait sur le perron de la porte de la cour intérieure en attendant son invité.


“- Votre Altesse, je vous souhaite la bienvenue.”
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Franco di Celini
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MessageSujet: Re: [Franco] Loin des secrets...   Lun 6 Nov 2017 - 13:18


~ On est jamais assez circonspect dans le choix de ses ennemis ~



Franco était circonspect. Il était dans ses habitudes d’être prudent et de se méfier des gens un peu trop ambitieux, mais aujourd’hui il était encore davantage sur ses gardes. Non pas que la personne à laquelle il allait rendre visite lui inspirait de la méfiance, simplement que la situation politique globale était un peu trop complexe et défavorable à son gout.

Lors de la première rencontre de Niklaus et de Franco, le premier venait tout juste d’être déchu du plus haut poste de l’organisation renégate opposée au règne du roi Bohémond. De facto, Franco avait eu tendance à être méfiant à son égard. Mais avec du recul et un peu de renseignement sur les réelles motivations de l’Altenberg, le duc de Soltariel avait rapidement compris que ce n’était pas de lui qu’il devait le plus se méfier. Si les motivations de l’homme avaient pu paraître troubles par le passé, sa volonté de préserver les terres de la couronne était-elle constante. Et si les terres de la couronne s’était vue occupées par nombre de sécessionnistes ces dernières années, elles n’avaient jamais été aussi menacées de leur intégrité qu’aujourd’hui. Niklaus d’Altenberg, aussi compliqué soit-il, était un homme de lettre. Un homme de parole et de politique. Franco avait ce point commun avec lui. Et de son point de vue de soltari, l’ennemi auquel ils seraient bientôt confrontés était bien étranger au monde des lettres et de la politique.

Le baron d’Apreplaine lui avait fixé rendez-vous dans un lieu qu’il ne connaissait guère. Certainement une possession ancestrale de la famille Altenberg. Alors le duc était venu. Même si ce n’était pas dans l’ordre où il avait prévu de faire les choses … Prendre un peu l’air lui ferait du bien. La dernière fois qu’il s’était rendu à Diantra c’était en secret. Cette fois-ci sa visite serait officielle. Officiellement, il venait vérifier le bon déploiement des troupes de Soltariel. Officieusement, il venait ici pour s’enquérir de la situation locale, de la tension dans la ville et pour assister à ce rendez-vous qui s’avérait intéressant en perspective.

Lorsque le duc franchit les portes de la ville, il fut agréablement surpris de constater que les étendards de la couronne avaient repris leur place. Les bannières royales flottaient de-ci de-là. Franco ne pouvait offrir à Bohémond une Diantra telle qu’elle avait été par le passé. Mais au moins la ville était reprise. Le soltari avait assuré à feu Roderik de Wenden n’en avoir rien à faire de se battre pour un tas de cailloux habité par des miséreux. Roderik avait disparu, mais aujourd’hui sa volonté était accomplie. Franco espérait bien que le Nord noterait cette application soigneuse des ordres de la couronne que faisait le duché suderon, une fois de plus …

Le duc et son escorte parvinrent à l’hôtel particulier où Franco avait été convié en quelques minutes à peine depuis l’entrée de la ville. Le quartier était calme, les gens vaquaient à leurs occupations. On aurait presque dit que l’antique ville-capitale s’était désintéressée de tout. D’intéressée de la politique, désintéressée de la noblesse, désintéressée du reste du monde … A moins que ce ne soit le reste du monde qui ne se soit désintéressé de Diantra. Le duc aperçut bien rapidement son hôte qui était présent pour l’accueillir. Si la première fois le soltari avait été plutôt agressif, cette fois-ci sa position serait différente. Il descendit de cheval et, encore lourdement harnaché, s’avança vers l’Altenberg.

- Je vous salue Niklaus. Je suis honoré d’être un invité en votre demeure.

Il l’avait appelé par son prénom. C’était calculé. L’homme était protocolaire, mais Franco espérait bien qu’il saurait comprendre les raisons de son geste. S’ils voulaient être efficaces, Niklaus et Franco devraient travailler dans la confiance. Ce n’était pas le baron d’Apreplaine qui s’entretenait avec le duc de Soltariel. Simplement deux hommes de lettre bienpensants qui se réunissaient pour essayer de trouver une alternative un peu moins obscurantiste à la suite de l’histoire.

- Je crois que nous avons bien des choses à nous dire.

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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: [Franco] Loin des secrets...   Dim 19 Nov 2017 - 16:17

Niklaus nota que le duc s’était assagit depuis leur dernière entrevue. Il fallait dire que la situation avait considérablement évoluée. Par ailleurs ce dernier avait également le droit, par le passé, de se montrer sceptique. Depuis quelques années maintenant l’homme avait été obligé de reproduire le mouvement des terres dont il essayait de sauver l’avenir. Tenter d’éviter les massacres, les famines et la chute inexorable et définitive de la Couronne. Car comme on l’observait depuis maintenant plusieurs années, la Couronne était devenue l’affaire des grands ensembles de la Péninsule, qui au nom de sa défense, s’accaparait in fine bien des passes droites.
 
Au final il paraissait impossible à l’heure actuelle de savoir si la Couronne, au sens de l’institution, existait encore… A tel point que les hommes et les femmes à l’égal de Niklaus, en charge de parties des terres royales, n’entendait ni ne recevait aucun ordre, aucune instruction, de la Couronne. L’on écrivait, et personne ne répondait.
 
Personne sauf, récemment, le Sénéchal, dont les dernières instructions étaient arrivées à Niklaus avec autant de surprise que d’embarras. Comment s’expliquer une telle lettre ? Certainement par des jeux de pouvoirs dont Niklaus n’était à présent ni informé, ni même réellement l’enjeu. Tout cela le dépassait, et dépassait d’autant plus les différents baillis des terres royales, peut-être encore moins introduit que lui.
 
A ce titre il était heureux que le duc de Soltariel ait accepté de venir. Il était heureux également de constater qu’il était visiblement dans de bonnes dispositions et qu’il ne retenait apparemment à Niklaus pas de rancœur.
 
« - L’honneur est mien Franco… Mais je vous en prie entrez… Peut-être souhaitez-vous vous mettre plus à l’aise ou vous reposer avant que nous puissions discuter ? »
 
Il fut fait selon les désirs du duc, et se fut donc soit bien plus tard, soit presque immédiatement que les deux hommes se retrouvèrent dans un salon très simple donnant sur le jardin se trouvant au centre d’une sorte de cloitre formé par les deux ailes suivantes de l’hôtel. Les pièces étaient assez grandes mais l’ensemble était clairement le fruit de la réunion de plusieurs immeubles successivement acquis. L’on sentait que si une unicité de style existait dans la demeure, il ne s’agissait pas d’un bâtiment construit d’un seul tenant initialement.
 
Le petit salon dans lequel les hommes s’étaient retrouvés donnait sur les arbustes à fleurs et quelques arbres du cloitre dont les feuilles n’étaient pas encore totalement écloses. De nombreux bourgeons faisaient œuvre de croissance, mais ils n’étaient pas encore au bout de leurs peines. Une auge coulait à foison dans le centre du petit jardinet, donnant sur un bassin maçonné où des carpes s’ébrouaient tranquillement, prisonnières de cet univers réduit.
 
Un service de boissons chaudes était placé sur une table basse et deux sièges en cuir de vache un peu usés mais très bien entretenus attendait les deux hommes. Un feu crépitait dans l’âtre de la pièce et un deuxième se faisait entendre dans le grand poêle de faïence qui faisait l’angle de la pièce. Sans être surchauffée, la pièce était agréable pour qui sortait d’une longue traversée équestre.
 
Au final une sorte de paix intérieure existait dans ces lieux confortables, bien tenus, et peu ostentateur.
 
« - Franco je vous remercie de m’avoir rejoint. Et je me permets d’entrer directement dans le vif de la conversation. Vous le savez je suis en discussion permanente avec mes collègues et souvent amis des terres royales. Nous formons dans une certaine mesure un groupe assez uni dans l’adversité qui fut la nôtre depuis des années maintenant. Et la raison pour laquelle je vous ai demandé de me rencontrer est que bien que nous ayons pu avoir des moments difficiles, j’ai pour vous un grand respect. J’ai conscience de mes faiblesses et de mes erreurs, et j’avais conscience des faiblesses de mes positions lorsque nous nous sommes vus.
 
Pour autant, si j’ai pu parfois me tromper dans l’effet que j’espérais avoir dans mes décisions, j’ai toujours eu à cœur de défendre les terres royales, leur indépendance des autres domaines, les sujets de Sa Majesté, si nombreux, qui y vivent… J’ai toujours pensé que des terres royales faibles seraient la mort du royaume, car au lieu de devenir le gage de Sa Majesté, elles deviendraient un prix à prendre pour les domaines alentours, permettant une subjugation de la Couronne…
 
Or la guerre se rapproche à nouveau. Car Franco j’ai reçu une lettre du Sénéchal affirmant que l’occupation de Vallancourt par vos troupes était illégale… M. de Fallers et moi-même sommes amis de longue date, et j’ai préféré tenir cette information éloignée de lui avant de vous avoir rencontré car je sais que s’il venait à apprendre telle chose, il risque de prendre les armes contre vos troupes. Ainsi je suis ici avec vous aujourd’hui pour faire la lumière sur ces évènements… »
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