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 Une grande et belle compagnie [Cosimo]

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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Une grande et belle compagnie [Cosimo]   Jeu 2 Nov 2017 - 22:07



2ème jour de la 3ème enneade de favrius. An X du XIème cycle

Si l'ordre avait été donné pour que les compaings de la tête pelée s'en aille camper en dehors de la cité, il était toujours possible d'en trouver quelques-uns flâner dans les ruelles de la cité et autres endroits. Les hommes n'avaient point chômé pour terroriser les beltrodiens. Sur ce point-là, il les appréciait. Car si la ville avait connue jadis des jours heureux, les futurs s'avéreraient bien plus sombres et difficiles. Entre les mains du duc d'Erac, ce dernier aurait tôt fait de faire de Beltrod l'exemple même de sa nouvelle politique envers ses vassaux félons.

Thibaud s'apprêtait à entrer dans une taverne bondée lorsqu'il aperçut des lansquenets sortir en manquant de trébucher. Si les hommes ne semblèrent pas se rendre compte tout d'abord du personnage qu'ils avaient failli percuter, son regard suffit à les faire décuver en quelques secondes.

-Ou est votre capitaine ?

Les deux clanpins se raidirent instantanément en cherchant déjà à recouvrir la parole. Aucuns mots ne sortirent néanmoins de leur bouche au point que l'un des deux eut juste la force de pointer l'intérieur de la taverne du doigt.

-Hors de ma vue.

Ce n'est qu'en ouvrant la porte qu'il vit assit au loin le capitaine des reîtres recrutés par le corbac de Serramire. Si son entrée sembla se passer sans que l'on ne porte un regard dans sa direction, l'attitude des hommes changea du tout au tout lorsqu'il fit face à la tablée des mercenaires.

-Il faut qu'on parle.

Son ton glaçant montra qu'il n'était point là question d'une suggestion, mais bien d'un ordre.
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Cosimo Tête Pelée
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MessageSujet: Re: Une grande et belle compagnie [Cosimo]   Ven 3 Nov 2017 - 10:14


L’Ecu de Beltrod devint en quelques jours le repaire et quartier général de la compagnie. Cosimo avait jeté son dévolu sur cette auberge cossue après la prise de la ville et y prenait ses aises. Si la piétaille campait en dehors des murs, la crème des compaings avait emménagé avec enthousiasme à cette belle adresse bourgeoise de la grand-place de Beltrod. Les clients du lieu déguerpirent sans demander leur reste, l’arrivée de ce peloton de gueules cassés ne présageant rien de bon. L’auberge bourgeoise prit les atours d’un lupanar et d’un cabaret. Les mercenaires venaient y prendre leurs ordres auprès de Cosimo et vidaient au grand malheur du tenancier sa cave bien fournie.  Une foule de routiers ivres se bousculaient entre les tables, jouant aux dés, pinçant les fesses des serveuses. Comme des coqs en pâte, les routiers prenaient goût à ce repos bien mérité après la chevauchée.

Mais ils ne chômaient pas pour autant. Beltrod fut mise en coupe réglée par les chauffeurs, qui exigèrent des corporations et des commerçants une taxe de protection, en nature et en pièces sonnantes et trébuchantes. La corporation des tanneurs avait tenté de se dresser contre ce racket pur et simple, avant de payer sans barguigner lorsqu’on retrouva le cadavre noyé de son maître dans une cuve de tannerie, barbotant dans l’acide. Dans l’arrière-cour de l’auberge, le butin des mercenaires s’entassait sous bonne garde.

Cosimo buvait depuis le petit matin. Il faisait corps avec un confortable fauteuil garni de coussins, et vidait flacon sur flacon en tapant le carton avec sa garde rapprochée : Cuervo le Scylléen, un spadassin madré; Armand de Chaligny,  chevalier diantrais que la ruine de la Guerre Civile avait jeté sur les routes; Otto la Flamberge, nordien mutique; et le trésorier Honoré dit Beaupoil, un étudiant ruiné par le démon du jeu dont les capacités paradoxales pour la comptabilité étaient capitales pour les mercenaires. Ces gais compagnons étaient engagés dans une partie endiablée de Chaar Bârg, un jeu de carte thaari aux règles alambiquées. Armand remporta le pli :

« - T’es à poil Beaupoil, encore une comme ça et j’embarque tes jolies bottes. »

Le pauvre Honoré soupira. Ce qui ne l’empêcha pas de battre les cartes, espérant se refaire. Mais il sentit comme une présence dans son dos. La mine de son capitaine lui fit comprendre qu’il se referait un autre jour. Cosimo, le teint rouge brique, intima à ses lieutenants de débarrasser le plancher. Il fit un grand effort pour se lever et présenter une chaise au connétable :

« - Le bonjour mon seigneur ! Causons, causons.  J’ai ici une excellente piquette pour le parlement. »


D'un ample mouvement du bras, il dégagea de la table des reliefs d'un repas et remplit un bon godet pour le foudre de guerre.
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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: Une grande et belle compagnie [Cosimo]   Ven 3 Nov 2017 - 11:16



Les chauffeurs de pâturons avaient fait du bon travail. Cela était chose sûre. Bien qu’il n’ait pas été à leurs côtés depuis le début des hostilités, les échos provenant de leurs exactions étaient positifs. En passant derrière eux pour finir le boulot, l’insécurité et la terreur avait décuplé dans les campagnes velteriennes. Si cela n’était pas forcément reluisant pour leur image, force était de constater que le trouillomètre avait grimpé de façon exponentielle. Aujourd’hui donc le nord était en force. S’il subsistait néanmoins quelques interrogations quant à leur mission première confiée par le Brochant, il était temps de passer à l’étape supérieure.

Prenant place à la tablée du capitaine, Thibaud déclina tout bonnement son offre et se saisit de sa nouvelle prise de guerre trouvée dans les appartements du gouverneur. Une fois que la pipe fut chargée, le connétable put reprendre et commencer à faire chanter le lansquenet.

-Vous n’êtes pas sans savoir que le gros des troupes arrivera dans les prochains jours. Dit-il en allumant la substance. Avec son lot d’hommes prêts à accomplir moult actes de bravoure, etc… hors nous sommes dans une situation où les velteriens n’ont presque plus d’hommes à envoyer à la mort pour tenir tête au nord. Les seuls qui resteront auront à cœur de sauver l’honneur en nous mettant des bâtons dans les roues. Je ne vous ferais pas de dessin pour vous aider à comprendre ce qu’il en est. Car si nous serons bientôt une armée conventionnelle, ceux d’en face ne le seront pas et profiteront de ce fait pour nous mener la vie dure.

L’herbe à pipe commença à faire son effet. Il n’en avait goûté qu’en de rares occasions. Cela avait l’effet de l’aider à se concentrer et à s’endormir quelques heures par nuit. Bien mieux que la boisson qui obstruait son jugement. Il n’en avait plus bu une seule goûte depuis son départ de Kelbourg.

-Vous serez rattachés sous mes ordres directs et resterez dorénavant à mes côtés. souffla-t-il. Vous accomplirez pour moi ce que les braves seigneurs ne voudront pas par peur de se salir les mains. Est-ce dans vos cordes ?

En terminant, il voulut reprendre un nouveau sujet concernant la besogne qu’il avait demandé au capitaine. Chaque chose en son temps, le macabre attendrait encore un peu.

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Cosimo Tête Pelée
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MessageSujet: Re: Une grande et belle compagnie [Cosimo]   Ven 3 Nov 2017 - 11:50


Cosimo haussa des épaules et se resservit une généreuse rasade de pinard tandis que le connétable chargeait sa bouffarde. Sa soif était dévorante. Il lampa sa boisson à grande goulées en écoutant le seigneur de Kelbourg. Complètement gris, il en était à ce stade de l’ivresse où l’on redevient sobre, ce qui tombait à point. Dans l’auberge, les mercenaires continuaient de vaquer à leurs occupations mais le vacarme s’était fait plus calme : on voyait que le patron était en discussion avec son patron.

Le capitaine ne put s’empêcher d’afficher une moue triste en imaginant l’arrivée de l’ost berthildois. Ça serait probablement la fin de cette situation très profitable : la présence d’autres soldats signifiait celle d’autant de concurrents pour presser la populace comme un beau citron. Le jus giclait à foison ces derniers temps et la troupe y avait pris goût. Que la compagnie soit atomisée au sein d’une large armée serait dur pour le moral des hommes. Et le moral était une denrée précieuse pour les routiers, qui n’avaient souvent que ça à se mettre sous la dent.

On comprend donc que les paroles suivantes du connétable ravirent Cosimo. Tout d’abord parce que la proposition garantissait une place spéciale pour les chauffeurs de pâturons dans les plans de Kelbourg. D’autre part, ces mots étaient flatteurs pour le mercenaire. Le seigneur de Kelbourg lui reconnaissait des qualités d’homme de guerre en dehors du commun de la soldatesque. Que ces qualités soient considérées comme des tares, il s'en tamponnait le coquillard. Les mercenaires n’avaient que du mépris pour ces laboureurs à qui on mettait une vouge entre les mains. Les compaings étaient des professionnels, et ce par toutes les saisons et tous les pays.

Cosimo découvrit ses chicots jaunis dans un large sourire :

« - Baste c’est tout à fait dans mes cordes mon seigneur, les pognes de mes gars sont déjà crasseuses, c’est pas un peu de boue en plus qui nous fera peur. »

Le mercenaire n’oubliait pas que son contrat le liait avant tout au marquis de Serramire, mais ce dernier lui avait laissé les coudées franches pour le début de la campagne :

« - Allez-y sans barguigner, on en a vu des vertes et pas mûres depuis le temps. »


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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: Une grande et belle compagnie [Cosimo]   Ven 3 Nov 2017 - 12:12



L’enthousiasme en toute circonstance du capitaine lui plut. Après tout, tant que l’on payait ces hommes, leur moral était toujours au beau fixe. Qu’adviendrait-il alors de leur motivation lorsqu’il les enverrait accomplir des missions délicates et risquées ? Car si le reître pouvait se targuer d’avoir doublé sa compagnie depuis le départ de Serramire, il était à craindre qu’elle ait à subir de lourdes pertes d’ici la fin de la guerre. D’un certain côté, cela l’arrangeait. Ayant connaissance du devenir des compagnies en période de paix, moins elle serait pourvue d’hommes, mieux ce serait. Cela étant fait, il décida qu’il était désormais temps d’évoquer l’autre motif de sa venue. D’être entouré des hommes de la compagnie sur les tablées d’à côté ne le gêna guère car tous ici étaient au courant de la chose.

-Qu’en est il de la mission que je vous ai demandé d'accomplir avant mon départ de Kelbourg ?

Par mission, il entendait parler des cadavres qui devaient être récupérés le long des routes et dans les villages dévastés. A l’époque, le connétable n’avait point divulgué la raison de cette besogne macabre.

-Avez-vous eu des hommes morts d’un mal invisible à cause de cela ou souffrant de quelques maux ?

Jouer avec les morts était comme jouer avec le feu. L'idée lui plaisait sans lui poser de problèmes d'éthique. Puisque dans une guerre, l'éthique était pour les faibles.
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Cosimo Tête Pelée
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MessageSujet: Re: Une grande et belle compagnie [Cosimo]   Ven 3 Nov 2017 - 14:55


Ah les macchabées ! La tâche confiée par Kelbourg aux mercenaires confirma bien vite à Cosimo qu’ils avaient affaire avec un sacré tordu. Qu’on balance des bêtes crevées par-dessus les murailles passe encore, mais collectionner les cadavres comme des poupées ? Fallait être sacrément dingue. Mais des dingues, Cosimo en avait vu son content, et il savait qu’il valait mieux éviter de les contrarier. Surtout quand on bossait pour eux, et que par-dessus le marché il s’agissait du connétable de Sainte Berthilde. N’empêche, c’était une sale besogne. De jours en jours, la putréfaction des cadavres dégageait une odeur insoutenable, et des nuages de mouches affolaient les bœufs tirant les chariots.

« - Les cadavres c’est pas ce qui manquait sur la route pour Beltrod. J’ai fait charger deux charrettes à en faire craquer les essieux avec ce qui nous tombait sans mal sous la main. »

Cosimo ricana :

« - C’était absolument dégueulasse au bout de quelques jours. Les entrailles de ces silencieux passagers se sont vidées, et avec le sang coagulé ça vous donne une sorte de pâte répugnante. C'était pas une partie de plaisir à charger et décharger.»


Les nouvelles recrues avaient été désignées volontaires pour ce travail immonde. Cosimo pensait que ça leur ferait la bite :

« - Rien de grave, pas mal de vomissures et quelques gars qui tournent de l’œil. Mais pour que votre curieux butin n’achève pas de faire fuir les derniers habitants de Beltrod, j’ai fait creuser une fosse à l’extérieur des remparts. Y a bien six pieds de terre mais ça pue quand même. J’espère que vous en aurez usage rapidement avant qu’ils soient bouffés par les asticots. On peut les déterrer quand vous le voulez.»
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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: Une grande et belle compagnie [Cosimo]   Lun 6 Nov 2017 - 13:35



L'attitude du capitaine concernant la besogne le fit doucement sourire. Forcément, le reître n'avait pas la moindre idée de ses projets. Mais moins il en saurait, mieux ce serait. Il ne valait mieux pas que le mercenaire aille rapporter ses travaux de recherche au sénéchal du Royaume. Ce pourquoi il fit mine de comprendre les désagréments subis par les hommes de la compagnie. Est-ce là dire qu'il en éprouvé la moindre sympathie ? Ô que non. S'il avait mandé au capitaine qu'il récupère les prisonniers des geôles de Kelbourg, cela n'était point pour alimenter la compagnie, mais bien pour y mettre de la bonne chaire bon marché. Que le capitaine se soit alors attaché à ces nouveaux-venus ne le préoccupait guère. Ils étaient et resteraient des prisonniers en sursis.

-Vous avez bien fait, murmura-t-il doucement. Je souhaiterai néanmoins que vous m'ameniez tout homme qui éprouverait le moindre mal à l'avenir.

Il tira une nouvelle bouffée de son herbe.

-Il me faudra m'entretenir avec lui.
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