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 Bataille de Valdrant PV

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Thibaud de Kelbourg
Humain
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MessageSujet: Bataille de Valdrant PV   Lun 6 Nov 2017 - 10:11



PREMIER TOUR

Consignes:
 


Position des PJ:
 

1er jour de la 4ème ennéade de Favrius. An X du XIe cycle



Richard d'Aubery cavalait aux côtés des hommes du régent de Berthilde. En queue de colonne, le devant était réservé aux proches et à la garde personnelle du jeune seigneur. D'Aubery s'amusa à observer les fenêtres closes lorsqu'ils s'engouffrèrent dans le petit village de Valdrant. Les habitant s'étaient terrés dans leurs habitations, craignant assurément qu'on leur réserve le même sort qu'aux velteriens du nord. Point de cela, les ost ne faisaient que passer sans avoir besoin de dévaster les hameaux. La prochaine halte était Parmepeyre, il fallait de facto garder les forces intactes. Aux côtés d'autres seigneurs berthildois, l'humeur était bonne et les hommes s'en allaient à quelques diatribes à l'encontre du manchot de Velteroc. Certains le disaient piètre homme de guerre, d'autres le martelaient de quolibets peu flatteurs. Toujours est-il que le velterien n'avait pas fini de se rendre et que d'autres combats s'annonçaient. Mais Richard constata à quel point il était bon de se laisser à la médisance. La chose cessa néanmoins de le faire sourire lorsque son seigneur fut la cible des commérages. Ignoraient-ils alors qu'il était l'un des vassaux du connétable ? Il laissa traîner une oreille et attendit le moment le plus opportun pour réagir.

-Kelbourg ne nous fait point l'honneur de cavaler à nos côtés, lâcha un sire rustaud.

-Nous ne sommes pas digne de sa présence, je jure. L'homme préfère guerroyer seul dans son coin pour assouvir ses fantasmes morbides.

-D'ailleurs, où est-il, nous ne l'avons plus vu depuis le départ de Beltrod ? Ajouta un autre. D'Aubery, n'auriez-vous point une idée d'où se trouverait votre seigneur ?

Richard les regarda de nouveau d'un air amusé, feignant dans un premier temps de savoir quelque chose.

-Nul ne le sait, mon seigneur, mais il m'est d'avis que lui sait parfaitement où nous sommes ! Plaisanta d'Aubery en donnant l'air de regarder tous les azimuts.

-Ne devriez-vous pas être avec lui et sa compagnie d'Argonnois, messire ? S'enquit le même homme.

-Il m'a demandé d'accompagner les hommes du régent pour se tenir au courant des derniers ragots.

Le silence gagna d'un coup ces hommes qui se mirent à observer les crinières de leurs montures. Tous comprenant assurément que le boucher de Berthilde avait l'œil et l'oreille partout.  


Dernière édition par Thibaud de Kelbourg le Lun 6 Nov 2017 - 12:10, édité 1 fois
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Cosimo Tête Pelée
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MessageSujet: Re: Bataille de Valdrant PV   Lun 6 Nov 2017 - 11:01


Les chauffeurs de pâturons formaient l’arrière-garde de l’ost berthildois. La compagnie progressait d’un bon pas et approchait des premières masures de Valdrant. Le bagage de la compagnie suivait non loin. Cosimo chevauchait à la tête de ses hommes, encadré par ses lieutenants.

Le capitaine était d’une humeur massacrante : il avait bêtement perdu une vingtaine de compaings suite à une embuscade velterienne, dont le fidèle Guido, camarade de dizaines d’aventures et campagnes. Le visage traumatisé de Loyse à son arrivée à Beltrod ne laissait pas de doute sur le devenir des autres mercenaires et leurs suivantes. L’annonce du massacre avait été comme une douche froide pour les chauffeurs de pâturons, qui jusque-là volaient de succès faciles en pillages aisés. Peu importe les années passées à porter la pique, ça vous faisait toujours un sale frisson dans les reins en apprenant que vos poteaux avaient calanchés. Tête Pelée s’était maudit de ne pas avoir veillé à fournir une meilleure escorte au charroi. Il était pris d’une envie formidable de faire payer au premier pauvre gars venu sa méprise. Les habitants de Valdrant faisaient bien de se planquer derrière leurs murs de torchis.

Ces sentiments étaient largement partagés par la troupe, car chacun connaissait de près ou de loin les victimes du massacre. La mort des filles de joie serramiroises laissa notamment plus d’un amant désespéré. Qu’on plante les mercenaires, passent encore, c’était de bonne guerre. Mais leurs compagnes ? Une vraie saloperie. Les compaings avaient un code de déontologie au moins : ils ne tuaient généralement que les garces qu’ils violaient, pour leur épargner le déshonneur. Pour de nombreux routiers, cette guerre était devenue une affaire personnelle. Le bosquet de piques qui allait entrer dans Valdrant avait une mine renfrognée.

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Lothaire de Ronceroc
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MessageSujet: Re: Bataille de Valdrant PV   Lun 6 Nov 2017 - 12:27


L’arrière-garde des Berthildois, composée des levées de Laraus et de Casteldulac, avançait tranquillement vers les premières maisonnées du village de Valdrant. A quelques encablures, le pont se dégorgeait des derniers cavaliers entourant Louis de Saint-Aimé, et accueillerait bientôt d’autres hommes avides de passer à la prochaine étape du pillage. Dédaignant le vieux seigneur de Laraus, qui passait son temps à ruminer et à prendre les gens de haut, Lothaire préféra la compagnie de ses liges, du mystérieux homme à capuche et de son bon Foucart. Ce dernier scruta une masure, voyant par la fenêtre une paire de têtes blondes le regardant avec insistance. Il soupira.

« Vivement qu’on le passe, ce foutu pont. Y a une gamine, à Beltrod, elle m’a r’gardé comme une sorcière qui s’apprête à j’ter un sort ! »

Lothaire ne détourna pas son regard de la route.

« C’est qu’ils doivent les élever jeunes, leurs sorcières, Foucart. »

Le sergent d’arme grogna dans sa barbe.

« Très drôle, vot’ seigneurie. »

La piétaille castelloise avançait en file à travers Valdrant. Ils discutaient, chantonnaient, et spéculaient sur leur prochaine rencontre. Les vieillards apprenaient aux jeunes, et les jeunes s’enorgueillissaient de leurs futurs hauts-faits, ce avant même qu’ils aient eu le temps de lever un seul doigt pour les accomplir. Certains rêvaient de conquête, d’autres pensaient déjà à ce qu’ils avaient laissé derrière eux. Ils étaient grands, petits, maigres, grassouillets, riches, pauvres. Pas une seule tête ne se ressemblait dans cette armée nordienne.

Cependant, tous marchaient, unis sous une même bannière. Celle de leur seigneur et maître, sous l’égide de Bohémond. Unis dans la servitude, ils poursuivaient tous un but commun, sous le regard des dieux.

Ils venaient venger le roy.
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Renaud d'Erac
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MessageSujet: Re: Bataille de Valdrant PV   Lun 6 Nov 2017 - 12:57

L'ost d'Erac semblait bien petit par rapport à celui de Sainte-Berthilde, et que dire donc du cumul avec Aretria et Olyssea. Pourtant, Erac tenait la dragée haute en matière de visibilité, et cela tenait essentiellement au nombre des plus conséquent de panaches sur les casques de la multitude de chevaliers que comptait Erac. en effet, le chevalerie, c'était ce qui représentait le plus le duché, aussi le nombre de Seigneurs, et donc d'armoiries, était conséquent. De la, les tabards et caparaçons faisaient briller l'armée eracienne de mille feux. Renaud s'était portée à l'arrière, s'incorporant au sein de l'ost berthildois, histoire de ne pas déranger l'ordre d'une armée qui devait être habituée à manœuvrer de concert. Comme Renaud ne voulait pas non plus paraitre en retrait, il s'était glissé tout de même avant celui d'Aretria, histoire de paraitre faire partie de l'ost, et non en marge de celui-ci. Et puis, en cas de reconquête, c'était ses hommes qui restaient en garnison, donc autant ne pas être en fer de lance, et voir ses effectifs diminuer grossièrement. L'on racontait même que la personne qui dirigeait l'armée aretane était une femme, chose assez étonnante pour être soulevé, du moins pour une armée nordique.

Le sabotage des ponts avait rendu la traversée plus compliquée, cela aurait vraiment été bien joué de la part de Velteroc pour ralentir l'avancée adverse et se préparer. Toutefois, les mercenaires qui étaient arrivées, avec les recommandations des espions eraciens, avait permis de savoir une chose, c'était que ce cadeau empoisonné venait du sud. Cela soulevait une question à laquelle Renaud n'avait pas de réponses, à savoir la raison de cette action de la part de ses alliés sudistes. Enfin, cela avait demandé un détour assez conséquent, et ralentirait aussi le ravitaillement.

La troupe avait donc cherché un autre endroit pour traverser, et c'était à Valdrant que cela se ferait. La marche s'était déroulé sans soucis, bien que des éclaireurs arpentaient les chemins. Lorsqu'on su qu'il n'y avait rien à craindre de l'autre côté, la traversée débuta. Olyssea avait déjà traversé et c'était au tour de Sainte-Berthilde de le faire. Erac, pour sa part, était en retrait, la boue coulait aux sabots et aux chaussures de la piétaille, rendant plus compliqué la marche et alourdissant et intensifiant la fatigue des troupes. Renaud montait son destrier et se trouvait aux côtés de Robert d'Orfe, son Sénéchal, il décida, accompagné d'une centaine de cavaliers de contourner le village, laissant le gros de ses troupes la traverser de part en part

"Dites moi, Robert, pensez vous que cette guerre va continuer de manière aussi facile ? je ne comprends pas bien pourquoi Ancenis et Hautval ne viennent pas en aide à Velteroc. L'on dirait qu'ils font dorénavant route chacun de leur côté, c'est étonnant"

Les visières des heaumes étaient ouvertes afin de mieux respirer, et discuter plus facilement

"Votre altesse, quand la guerre arrive à votre porte, il est plus aisé de rester chez soit et de se cloitrer, que de risquer vos troupes chez un autre, en laissant vos places fortes moins bien défendue"

"Ce que vous dites est bien vrai, j'ai d'ailleurs laissé un ost plus important à Erac pour nous protéger de Hautval, au cas ou"

La discussion continua un peu, surtout par courtoisie et pour tuer le temps que par réelle affection entre les deux hommes qui ne se connaissaient pas très bien. Le vieux loup qu'était Robert regardait le jeune homme de haut, l'attendant sans aucun doute au tournant en cas d'erreur. C'était aussi pour ça que le Duc avait conservé cette homme à ses côtés, de un pour l'avoir à l’œil, et de deux, parce qu'il essayait de s'entourer de personnes avec plus d'expériences que lui.
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Bataille de Valdrant PV   Mar 7 Nov 2017 - 10:54


Depuis la lisière du bois qui bordait le Mélian en amont du village de Valdrant, des yeux attentifs détaillaient les osts nordiens, tentant d'en mesurer l'ampleur et l'attitude de leurs soldats. Si leur nombre pouvait certes faire frémir, personne n'y semblait particulièrement suspicieux. Les colonnes de soldats ou de cavaliers avançaient en bon ordre, quasiment comme à la parade. Comment en aurait-il été autrement, n'est-ce pas ? Depuis le début de la campagne l'armée velterienne avait été aux abonnées absentes, Beltrod conquise avec autant d'aisance qu'un rustaud culbute une jeune souillon sur un talus, et les alliés traditionnels du Médian brillaient surtout par leur absence. Seule une grosse surprise pourrait désormais venir enrayer cette marche triomphale des coalisés vers Parmepeyre puis Rochenoire.

Hanegard Kastelord comptait bien offrir cette surprise à Sainte-Berthilde et à ses comparses. Au vu de la disproportion des forces en sa défaveur, sans doute s'agirait-il d'un geste désespéré ne pouvant qu'infléchir temporairement le cours de la guerre jusqu'à l'arrivée de nouveaux renforts nordiens, mais son suzerain exigeait de sa part une offensive et il ne lui appartenait pas de remettre en cause les décisions de Nimmio. Pour l'ancien baron d'Alonna, les liens de vassalité et d'hommage-lige ne constituaient pas des serments prêtés à la légère pouvant être rompus au premier revers. Tant que son duc ne violerait pas les engagements que ces serments lui imposaient, Hanegard ne comptait pas plus lui refuser ses services qu'il n'aurait pu les refuser autrefois au roi Trystan d'illustre mémoire. Seul un félon aurait agit ainsi, malheureusement il n'en manquait pas parmi les châtelains du Médian en ces jours sombres.

Se faufilant parmi les buissons, deux hommes le rejoignirent. Le premier se nommait Gaspard de Jüs, vieux guerrier frôlant la cinquantaine mais toujours vaillant au combat. Le second, bien plus jeune, n'était autre qu'Ernst du Bois-Clos qui avait rejoint l'ost après avoir brillamment rempli sa mission d'éclaireur au sud du fleuve. Ernst était resté posté à la lisière du bois depuis de longues heures, comptant les troupes ennemies afin d'identifier le meilleur moment pour lancer l'assaut.


Combien ont déjà traversé le Mélian ?
Bien plus de trois mille, il est difficile d'être précis.

Trois mille... les chiffres donnés par Nimmio avant leur départ de Rochenoire indiquaient un effectif total de quatre milliers de soldats. Donc les bataillons venant d'arriver à Valdrant constituaient la dernière fraction importante de l'ost, les mouvements qui se devinaient au loin à l'Ouest devant être ceux de l'arrière-garde et des convois de ravitaillement. Le plan élaboré l’ennéade précédente paraissait fonctionner admirablement bien et les velteriens allaient pouvoir combattre une partie de l'armée ennemie de manière isolée, annulant quasiment le désavantage numérique dont ils souffraient.

Alors nous attaquons. Ernst, à vous l'aile gauche. Foncez jusqu'au pont sans vous arrêter, puis tenez la position pour empêcher le gros des forces ennemies de repasser le fleuve. Gaspard, à vous l'aile droite, bloquez toute tentative de leur arrière garde pour rejoindre Valdrant. Je chargerai au centre.

Si tout se déroulait comme prévu, les coalisés allaient être amputés d'au moins un quart de leurs forces suite à cette bataille, puis se retrouver isolés de leurs lignes de ravitaillement et de la route de Beltrod par une force ennemie certes inférieure en nombre mais leur barrant fermement le pont. Cela placerait Sainte-Berthilde et ses alliés dans une situation de défense tactique les obligeant soit à un assaut dangereux sur un front trop étroit ne leur permettant pas d'exploiter leur supériorité numérique, soit à l'obligation de trouver rapidement des sources de ravitaillements dans le sud du duché. Bien évidemment, Hanegard savait d'expérience que les meilleurs plans pouvaient capoter à tout instant, toutefois envisager la défaite avant même de commencer la bataille ne pouvant qu'amener à la catastrophe. Leur cause était juste, ils défendaient leurs terres et leur seigneur, voilà tout ce qui comptait à ses yeux en cet instant.

Rejoignez vos hommes, et puissent Cinq veiller sur nous.

L'échiquier était en place, les pièces avançaient.

HRP:
 
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Aurel de Lantenes
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MessageSujet: Re: Bataille de Valdrant PV   Mer 8 Nov 2017 - 20:39


Depuis le rapport qui l'avait informé de la destruction de plusieurs ponts, Aurel était sur ses gardes. Au début, il avait simplement pensé qu'on voulait les empêcher de traverser aussi longtemps que possible. Mais, en trouvant le pont de Valdrant toujours debout, il était devenu suspicieux. Leurs adversaires avaient suffisamment d'avance sur eux. Ils auraient largement eu le temps de s'en charger s'ils l'avaient voulu. Aussi, le Général des armées d'Olyssea changea d'opinion sur la stratégie de leurs opposants : Ils ne souhaitaient pas les empêcher de passer mais plutôt leur faire suivre la route qu'ils avaient choisi pour eux.
Si jusque là il avait utilisé des éclaireurs pour anticiper toute éventuelle embuscade, il les avait rappelé un peu avant d'atteindre le pont puis envoyer prévenir les autres ost de l'éventuelle menace.

-Tu peux m'expliquer pourquoi tu ne leur as pas conseillé de changer de route alors que tu es pratiquement sûr qu'on va essuyer une attaque ?

Loin de lui l'idée de contredire un ordre mais Lambert voulait comprendre qu'elle chandelle son ami d'enfance apercevait pour accepter de jouer ce jeu. Car il savait qu'il ne faisait jamais rien sans raison. Il commettait parfois des erreurs mais cela revêtait presque essentiellement du domaine relationnel. Lorsque des vies étaient sur le plateau, il y réfléchissait plus d'une fois.

-A quoi bon tenter de l'éviter. Mieux vaut s'y attendre et essayer d'en profiter pour identifier précisément nos ennemis et évaluer leur nombre. Avec de la chance, ils attaqueront avant que la fin de la file soit en vue...

Lambert réfléchit une seconde aux paroles de son frère d'armes puis acquiesça. Autant tenter le coup.
D'apparence, Olyssea progressait paisiblement, si ce n'était quelques regards anodins sur les alentours. Il n'y avait plus d'éclaireurs pour ouvrir leur marche, évitant ainsi qu'ils ne croisent ceux de leurs adversaires, dévoilant leur plan. Avec un peu de chances, cela laisserait à penser qu'ils avaient trop confiance en leur force pour craindre une quelconque attaque. Chevaliers et piquiers avançaient en tête, suivis de près par les compagnies sharasiennes. Le terrain était dégagé, leur laissant une certaine visibilité. Sur leurs gardes, ils auraient tôt fait de se préparer à l'assaut, les hommes de lances formant un bloc d'épines, les chevaliers brandissant leur bouclier et les troubles fêtes saisissant leurs armes aussi diverses étaient-elles. Cependant, Aurel n'avait qu'une prière : si on devait les attaquer, que ce soit maintenant, avant que la queue du peloton ne soit en vue ou ait passé le pont car ils seraient leur unique chance de s'en sortir si leurs ennemis parvenaient à leur couper toute retraite.
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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Bataille de Valdrant PV   Jeu 9 Nov 2017 - 2:19



À quoi bon émousser le fer des vaillants sur de la viande fraîche, à gaspiller sans vergogne les réserves d’huiles et de torches sur les masures, alors que ce fût à peine si une tête montra le bout de son nez au passage de la cavalerie. Désertique comme peu d’autres, certains pourrait s’y méprendre, à douter qu’il y ait déjà eu âme qui vaille en ces lieux muets. À décevoir certains qui auraient apprécié au passage « pénétrer » la culture de ces petites gens, par curiosité, j’entends, Louis quant à lui restait indifférent et préférait se concentrer ce que serait les prochains jours à venir. Pourtant, malgré toute sa préparation, toutes ces heures investies à ce moment fatidique que serait d’écourter la vie d’un homme, secrètement le doute persistait en ses moyens. Un homme peut se préparer éternellement à la baise de sa vie, et alors que survient le coït, c’est avec déception qu’il ne parviendra à satisfaire sa compagne que de deux coups de bassins. Heureusement, à la guerre, un seul coup d’épée suffit pour parvenir à nos fins. Là-dessus, Louis se compta chanceux que tuer soit plus aisé que de faire jouir une donzelle.

Enfin, ils étaient là, convoyant au trot et pourtant lourdement, au travers la citée morte.
« La nervosité vous démangerait-elle, votre Excellence? » Taquina l’un des chevaliers à la dextre du régent, à le voir se gratter l’épaule deux fois plutôt qu’une, les doigts cherchant à se faufiler sous les plaques de son rutilant harnois. « C’est plutôt cette fichue cotte qui s’est mise dans l’idée de m’harasser au pire des moments! » Ce à quoi, le même taquin lui répondit sans même prendre considération du plaidoyer de son suzerain : « J’ai belle souvenance aussi, de mes premiers instants avant l’affront. Je suais comme un porcelet et on me dicta que mon haleine talonnait de près la puanteur des fausses à purins. Ma lame n’avait jadis goûté à aucun sang et l’idée de la voir se mouiller aux viscères de mes ennemis me leva le cœur si tant haut, que je dégobilla ma souplette du midi sur les chausses de mon mestre d’arme. Ah, cet âpre sentiment de malaise et de honte! » Dit-il sur un ton de rigolade, le visage jouasse à la simple évocation de cette coquette histoire. « Enfin … J’étais âgé de treize année tout de même, de l’eau a coulé sous les ponts depuis! »

Et c'est ainsi que silencieusement, se noya sous la honte le faon Berthildois.

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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: Bataille de Valdrant PV   Ven 10 Nov 2017 - 7:03



DEUXIÈME TOUR

Consignes 2nd tour:
 



Position des PJ:
 

Thibaud était calme. Ce qui pouvait paraître un poil déconcertant pour tous ceux se trouvant à ses côtés qui remuaient et s'agitaient déjà à l'annonce de la bataille. C'est que l'on avait guetté l'embuscade une bonne partie de la journée, sans même savoir si elle se déroulerait. Les signes, si infimes soient-ils, avaient néanmoins permis au connétable de l'ost berthildois de se prémunir d'une telle action sans pour autant prévenir le reste des seigneurs hormis le sien. Il y avait eu tout d'abord la destruction du pont de Beltrod. Obligés de rebrousser chemin pour trouver un autre passage, celui de Valdrant s'était avéré idéal. Et s'il l'avait jugé idéal du haut de sa carte à l'instant où Louis avait été mis au courant, autant dire que les ouailles de Nimmio avaient également pu flairer l'opportunité sans dire qu'ils l'avaient eux-mêmes prévu. Deuxième signe maintenant : Une putain leur avait rapporté l'attaque sur les lignes de ravitaillement. Cosimo y avait perdu une vingtaine d'hommes et si la jeune femme n'avait signalé le nombre approximatif de velteriens, jamais n'aurait-il pu entrevoir l’ampleur de la stratégie adverse. Ils étaient malins ces velteriens, très malins.

-Messire, l'interpella son aîné, devons-nous donner la charge ?

Toujours aussi calme et silencieux, Thibaud ne se risqua pas un seul instant à dévier son regard pour croiser les yeux de son fils qu'il ne reverrait peut-être plus jamais ouverts.

-Non, pas maintenant.

Surpris par sa réponse, Charles sembla chercher du soutien ailleurs tout en peinant à garder sa monture stable.  

-Mais nos hommes vont mourir, père, il faut y aller.

-Votre capacité de jugement vous aura au moins permis cela; car des hommes vont mourir, c'est inéluctable.

-Mais !

-Fermez votre clapet, Charles. Ne voyez-vous point ces rangées de piques qui s'abaissent en direction des velteriens ? Savez-vous ce que fait un cheval qui se retrouve lancé à pleine vitesse contre une telle arme ? Il s'empale et s'enfonce comme dans du beurre, m'ôtant par ailleurs le plaisir et la joie de le faire moi-même. Mais je n'en tiendrais pas rigueur à nos hommes ni à ceux de Cosimo. Lança-t-il très sérieusement. Attendez mes ordres et tenez-vous prêts ! Ne soyez pas trop impatient de mourir, fils.

Ainsi dit, le connétable et ses hommes attendraient le premier impact pour sortir du couvert boisé. Pour cela, il ne restait plus qu'à attendre les premiers cris d'agonie.


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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Bataille de Valdrant PV   Dim 12 Nov 2017 - 3:54




Si tantôt il était noté au travers la compagnie un peu de gaîté, celle-ci sembla s’être estompée au profit du sérieux. Chaque piochement de sabot contre le pavé de la citée ou des lattes de bois du pont de Valdrant rappelait aux vaillants que les grains s’écoulaient et s’achevaient de tomber dans le sablier ; bientôt serait pour certains l’affrontement de leur vie ; peut-être même un dernier moment à souffler librement en ce monde, abandonnant amis et famille en épousant une longue et douloureuse agonie. Pour d’autres, une occasion supplémentaire pour prostituer leur aventure à quelques croque-notes où autres troubadours preneurs de nouvelles épiques épopées. Louis se sentait bien, mieux qu’à leurs premiers pas en la bourgade ; il se remémorait les copieux enseignements de son mestre d’arme, ceux de ses précepteurs ainsi que ceux de son paternel et, en ceux-ci, tirait la sagesse nécessaire pour ne pas craquer face à ce qui serait pour lui, l’événement le plus sanglant de sa juvénile existence. Qui plus est, autrement que le Roi, nul autre ne pouvait se targuer d’être autant protégé qu’il l’était : autour de lui gravitaient cavaliers lourds ainsi que nombreux chevaliers reconnus pour leur adresse à la défense. Jusqu’à un certain point, couvé comme il l’était, il se demandait s’il allait même être en mesure de rougir son acier.

Puis, se manifesta au loin un vrombissement assourdissant, venant sans vergognes perturber la cadence effrénée des destriers. Alors, à l’unisson, une flopée de têtes se retourna pour tenter de déceler la provenance de ce son porteur de mauvaises nouvelles. Les cors sonnaient l’alerte et à distance, se faisaient aller les différentes bannières des maisons formant les différentes unités qui convoyaient dans leur ombre.

« Votre Excellence! Une embuscade, nous sommes attaqués! » Tonna l’un des cavaliers lourds qui chevauchait à sa dextre.
« Fot-en-cul de Thibaud … Il avait donc raison depuis le tout début. Rien ne semble lui échapper, tudieux! Ordonnez l’arrêt total du convoi, nous nous devons de cavaler à rebrousse-poil! » Répliqua Louis, l’air franchement sûr de lui, alors qu’il libéra de ses ganses son heaume qui pendouillait aux flancs de son étalon. Ainsi, ce fût en talonnant sauvagement sa monture, que sorti du troupeau l’homme de main du Régent, afin d’hurler les ordres à suivre au convoi, tout en faisant entonner leurs propres cors afin de prévenir les troupes qui ouvraient le chemin devant eux.
« NOUS SOMMES ATTAQUÉS! FAITES DEMI-TOUR! » Hurla le chevalier, pratiquement à s’en faire crever les cordes vocales. Grand bien ce fût, lorsque tous s’exécutèrent comme s’ils avaient attendu ce moment précis depuis des lustres. Le convoi se scinda au niveau du pont, car il était pour le moins impossible de se retourner à même celui-ci, engendrant de ce fait même une latence qui échappa au contrôle des cavaliers lourds. Or, le hennissement des destriers, le froissement métallique de chacun des harnois, les ordres hurlés et le vrombissement des cors confirmaient plus que jamais ce que certains redoutaient et ce que d’autres trépignaient d’impatience à vivre. En ce premier jour de la quatrième ennéade de ce mois de Favrius : le sol se gorgerait de sang à en faire rougir la verdure par les racines.

Spoiler:
 



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Lothaire de Ronceroc
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MessageSujet: Re: Bataille de Valdrant PV   Lun 13 Nov 2017 - 10:09


L’ost avançait calmement dans Valdrant, dépassant les premières maisons isolées pour se diriger vers le centre du village. Une légère rumeur avait envahi le peloton, qui s’était prêté presque tout entier au jeu des blagues et des ragots pour adoucir la traversée monotone. Foucart, du haut de son cheval, tourna la tête pour cracher un dense glaviot au sol, contre une pierre poussiéreuse. Relevant le chef, il se concentra à nouveau sur le chemin à suivre… cependant, il la tourna à nouveau bien vite. Car il avait vu quelque chose. Une masse informe. Ses yeux se rivèrent sur les bois.

« Monseigneur... »

Lothaire soupira.

« Qu’y a-t-il encore, Foucart ? »

Le sergent d’arme posa la main sur le pommeau de son fauchon, et usa de l’autre pour montrer l’orée du bois de l’est.

« A senestre ! Des hordes sortent, messire ! »

Le seigneur Lothaire tourna alors son regard avec sérieux vers la situation. Ce qu’il y vit ne le secoua guère plus que de raison, néanmoins, à l’intérieur il jurait en sept langues. Il donna l’ordre à la colonne de s’arrêter, et tourna son cheval vers le levant. Voyant cela, les troupiers qui firent de même sentir tout le poids de la surprise et du malaise les envahir. A l’est se massaient des cavaliers. Beaucoup de cavaliers. Dans les cœurs des hommes, le choc était tel un bélier fracassant une porte. Laisser entrer le moindre courant d’air en leur forteresse intérieure était comme l’empoisonner, et la corrompre bien avant le début de la bataille. Aussi, Lothaire choisit de fermer la porte hermétiquement.

Il regarda son brave sergent.

« Foucart, faites maintenir la discipline dans les rangs. Je veux pouvoir diriger un ost, pas une foule. Que les vougiers forment deux belles lignes. Les autres resteront derrière. Nous maintiendrons les chevaliers derrière les lignes, c’est plus prudent. »

Soudain, surgi de nulle part, Vosker Akerthan, le seigneur de Laraus, dirigea son cheval vers Lothaire en lui lançant un regard méprisant.

« Ha, car vous croyez que je vais rester ici à me tourner les phalanges pendant que toute la gloire passe à la piétaille ? Vous parlez peut-être pour Casteldulac, mais pas pour Laraus ! Je refuse de rester en arrière. »

Le sieur de Ronceroc sourit à demi. Ce vieux fou n’avait eu rien d’agréable durant toute la traversée. Et son amertume commençait à agacer Lothaire. Pourtant, il n’en fit rien, et préféra lui donner un bref signe de tête.

« Faites à votre guise, seigneur. Je ne puis commander vos hommes à votre place. »

Vosker ricana bruyamment.

« Je vous laisse la piétaille ! Mes chevaliers chargeront le flanc quand ils seront au contact ! Par Valdrant ! Ya ! »

Il éperonna son cheval pour aller rallier ses hommes derrière lui, et leur expliquer sa ‘stratégie’. Lothaire secoua la tête doucement, avant de se tourner vers ses propres hommes-liges.

« Voilà longtemps que les Castelois n’ont pas versé le sang. Qu’il ne soit pas dit en ce jour que nous sommes des lâches. »

L’un des lourds cavaliers leva bien haut la bannière de gueules pleins, et tonna avec vigueur et énergie le cri de guerre de la famille :

« Rouge sang ! »

Le cri se fraya un chemin entre les chevaux et les hommes. Ce furent d’abord les chevaliers, ensuite les piétons qui le reprirent. Peu à peu, courage et inspiration revenaient, face à l’adversité. Face aux cavaliers du Médian, ils seraient prêts. Au rythme des directives de Foucart et de Lothaire, les levées berthildoises se mirent en mouvement pour se préparer au choc de la charge.


Dernière édition par Lothaire de Ronceroc le Mer 15 Nov 2017 - 9:51, édité 1 fois
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Bataille de Valdrant PV   Lun 13 Nov 2017 - 19:14


Soudainement, les bois se mirent à vomir des velteriens par centaines, horde hurlante vociférant sa soif de sang. Cela ne manque pas de grandiloquence comme mise en bouche, non ? Certes la notion de vomissement manque de l'élégance raffinée dont raffolent les poètes modernes, mais nous parlons d'une bataille et pas d'un thé entre dames de la haute société. Bref, gardons notre volonté de dégobiller sur l'ennemi lors de cette charge absolument épique bien qu'un peu désorganisée par la difficulté de former les rangs lorsque vos soldats sortent du couvert des arbres. Très loin d'une parade en bonne et due forme, les velteriens se regroupaient au fur et à mesure derrière leurs cornettes, talonnant leurs montures pour rattraper les têtes de colonne. Assez rapidement il apparut que les assaillants se divisaient en trois groupes selon une formation assez classiquement enseignée dans quasiment tous les manuels de tactique militaire, à savoir deux ailes légères entourant un centre plus fort.

Dans le village de Valdrant, les troupes ennemies s'agitaient et s'organisaient en hâte pour réceptionner la charge de cavalerie qui les menaçait en raccourcissant rapidement la distance. Fanions et bannières s'agitaient, les estafettes couraient en tout sens pour porter les ordres des commandants et déjà des groupes de piquiers se mettaient en position, prêts à étriper les cavaliers trop fougueux qui viendraient les défier. Mais en réalité seule une partie des troupes velteriennes était réellement constituées de cavaliers capables de se battre à dos de cheval, les autres n'étant que des soldats du rang sachant à peu près se tenir en selle. Toute la stratégie velterienne se basant sur leur capacité à lancer une attaque éclair pour isoler et détruire un tronçon de l'ost ennemi, des ordres stricts avaient été donnés afin que les détails de ce plan n'apparaissent que le plus tard possible aux berthildois. Si les stratèges adverses pensaient affronter une charge de cavalerie, ils allaient vite déchanter.


L'infanterie, pied à terre, rugit Hanegard en faisant signe à un écuyer de souffler du cor à s'en faire péter la jugulaire. Un son long et puissant retentit sur le champ de bataille, comme la plainte nostalgique d'un titan depuis longtemps oublié.

Sur tout le centre de la ligne de front, les velteriens sautèrent à bas de leurs montures qu'ils renvoyèrent en arrière d'une tape sur la croupe. Hanegard aurait-il commandé des troupes de miliciens que l'ensemble de son ost serait d'ailleurs devenu un vaste bazar, fort heureusement les troupes rassemblées à Rochenoire constituaient le noyau dur du Médian et leur discipline longuement acquise par des années de conflits permettait cette manœuvre osée. Pour autant, le nombre de chevaux créa un chaos certain parmi leurs rangs. Le délai restait acceptable dans la mesure ou une charge à pied les menant depuis le bois jusqu'à Valdrant se serait révélée encore plus longue et largement plus épuisante, mais cela faisait néanmoins enrager Hanegard en voyant que chaque minute perdue laissait plus de temps à l'adversaire pour se regrouper et préparer des positions défensives solides.


Foncez, foncez, hurla Hanegard aux deux groupes d'ailes qui eux n'avaient pas mis pied à terre et continuaient leur charge au grand galop.

A sa gauche, il vit Ernst du Bois-Clos foncer avec ses chevaliers de Velteroc et ses arbalétriers beltrodois en direction du pont pour bloquer le passage aux troupes situés sur la rive sud, tandis qu'à sa droite Gaspard de Jüs menait les siens dans la plaine à la sortie du village pour retenir l'arrière-garde qui s'avançait au loin. Mais ni Ernst ni Gaspard ne chargèrent sur les solides bataillons de piquiers situés à Valdrant. En effet, l'ancien baron d'Alonna ne comptait pas sacrifier stupidement sa cavalerie en lui ordonnant de foncer sur des rangées bien serrées de piquiers dans une sorte de suicide collectif. Briser la piétaille adverse serait le travail de son infanterie, les fameux "loups blancs" dont les lourdes haches pouvaient rompre ou fendre les piques les plus solides.

Bien qu'ayant appris avec le temps l'art du combat à cheval, Hanegard demeurait un fantassin dans l'âme, estimant qu'un véritable guerrier devait se battre et mourir les pieds fermement ancrés dans le sol. Cela l'avait amené à choisir de mener le combat en première ligne aux cotés des loups blancs, malgré les conseils de prudence de ses capitaines qui lui faisaient valoir que ce choix serait risqué si la bataille tournait mal car les fantassins ne disposeraient pas d'une mobilité suffisante pour se replier efficacement. Mais Hanegard était resté inflexible. Sans doute fallait-il y voir là les restes de son héritage wandrais, rude région où la cavalerie n'existait qu'à l'état embryonnaire dans le meilleur des cas et où les chefs de clans ne restaient pas peureusement blottis derrière leurs guerriers.

La plupart des bataillons d'infanterie s'étaient enfin reconstitués tandis que leurs chevaux, désormais sans cavaliers, tournaient en rond ou broutaient paisiblement à l'arrière dans les champs entre Valdrant et le bois. Hanegard brandit son espadon en direction des groupes de piquiers ennemis d'où montaient bravades et injures.


La garde velterienne avec moi ! Enfoncez ces merdeux !

HRP:
 
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Cosimo Tête Pelée
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MessageSujet: Re: Bataille de Valdrant PV   Lun 13 Nov 2017 - 19:59



« - Par la Damefoutre ! Ma cuirasse ! », jura Cosimo en descendant de son roncin.

Les tambours de la compagnie se mirent à rouler bruyamment. Les sergents talochaient leurs hommes pour former le carré. Pour de nombreuses recrues, ça allait être leur première expérience au combat. Les compaings employaient de bonnes vieilles méthodes pour rassurer ceux-là. D’abord quelques rasades généreuses d’eau de vie, ça vous fortifiait les sangs et le moral. Et plus sensiblement, les nouveaux étaient cadrés par des serre-files de vétérans à l’arrière et l’avant du carré.  

Un jeune valet rendu nerveux par l’approche du combat  achevait de cingler la lourde cuirasse du capitaine :

« - Plus vite bordel, t’as du beurre sur les doigts ? »


Tête Pelée désigna le toit des chaumières les plus proches à Cuervo, le lieutenant en charge des gens de traits :

« - Tu me fous tes gars là-haut, et que ça tiraille vaillamment. »

Les arbalétriers s'exécutèrent, et se mirent à grouiller sur les toits, rechargeant leurs arbalètes. Dans toute cette agitation, on avait fouetté les bœufs pour que le bagage parvienne à l’intérieur de Valdrant. Tête Pelée reporta son attention sur le carré des piquiers, où il prit position au centre :

« - Je veux qu’une putain de pomme puisse pas passer entre ces piques !»

Intercalés dans les premiers rangs, les double-soldes apprêtaient leurs hallebardes et leurs immenses flamberges. L'adversaire avait démonté, et le capitaine constata avec un certain déplaisir que la compagnie allait subir le gros de l'assaut. Il dégaina sa lourde rapière et se frappa le torse :

« - Trouez-moi ces fils de putes ! A la contrecharge !»

Les mercenaires rugirent à l'unisson, et baissèrent leurs piques d'un seul élan. Les tambours battaient frénétiquement. Une coulée de sueur froide passa dans le dos de Cosimo.
HRP:
 
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Renaud d'Erac
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MessageSujet: Re: Bataille de Valdrant PV   Mer 15 Nov 2017 - 7:40


Fier et orgueilleux sur sa monture, Renaud continuait de deviser avec Robert, prompt à la mesquinerie, et à la critique contre son adversaire. Il détestait la guerre pour de multiples raisons, comme par exemple, en vrac, le manque d'hygiène et de confort. Son lit lui manquait, et courir les routes n'était pas ce qu'il préférait, du moins pour ce motif qu'était la guerre, et la proximité avec toute la foule que représentait son ost, rempli d'hommes qui n'avait apparemment pas vu un savon depuis des lustres. Le Duc, malgré sa déchéance Ithri'Vaan, n'avait jamais perdu la propreté de vue. L'odeur pestilentielle l'insupportait au plus haut point. Cette guerre était pourtant une nécessitait pour lui, s'il désirait briller et être digne de son titre

"Pensez vous, cher Robert, que cette campagne sera terminée avant la fin de ce mois ? il n'y a aucune résistance, les citadins ouvrent même les portes de leurs cités sans même essayer de les défendre"

Renaud avait été éduqué comme il le fallait, mais étant troisième dans la file d'héritage, il avait quelques lacunes. Parmi celle-ci, la stratégie militaire en était une, c'était pourquoi il essayait de s'entourer avec sagesse, et d'écouter les conseils prodigués par des hommes plus instruits que lui dans cet art. Robert, de l'ancienne génération, et cachant bien son sentiment, ne manquait pas de s'irriter devant la désinvolture de son Seigneur

"Votre Altesse, je conçois que l'état actuel du comté n'est plus ce qu'il était lorsqu'il a défait l'ost royal, mais nous ne devons pas les sous-estimer. Ils ont prouvé qu'il savait se battre, et nous devrons déployer tout notre savoir, et nos compétences martiales pour les défaire"

A peine Robert avait il terminé sa diatribe que le son caractéristique d'un cor retentit au loin. La troupe, dirigée par Renaud s'immobilisa. Presque aussitôt, avant même que leur Duc ne réagisse, prit de court, le professionnalisme éprouvé des chevaliers eraciens se mit en marche. La garde ducale s'avança pour entourer son Seigneur et le protéger. Renaud ne devait pas montrer ses lacunes, même s'il les connaissait, il devait décider. Il rapprocha sa monture de celle de Robert afin de ne pas être entendu de ses hommes

"Que fait on Robert, nous rejoignons l'ost, puis nous accélérons la cadence pour faire la jonction avec les berthildois ?"

Robert avait vu pas mal de monde vu son âge, et des jeunes sots, imbus de leur personne et se perdant dans la médiocrité, ce n'était pas ce qu'il manquait, surtout quand on se complaisait dans les légendes chevaleresques du duché. Il savait donc, malgré quelques réserves, reconnaitre que son Duc était assez sage pour écouter les conseils avisés. Il savait aussi ce qu'il se passait, si l'on montrait de l'incompétence ou encore une ligne de commandement défectueuse, sur le moral des troupes. L'on compris toutefois rapidement ce qu'il se passait, lorsque la troupe de cavaliers qui était sortit de la foret fut visible. Les eraciens avaient péché d'orgueil, et sachant une troupe devant eux, et une autre derrière, ils ne s'étaient pas inquiété. Cela pourrait leur couter cher puisque l'ost velterien s'était divisé en trois, et qu'une parti de celui-ci se dirigeait droit sur eux, au triple galop. Il n'était donc plus temps de deviser

"Nous n'avons pas le temps, faites ordonner la contrecharge, votre altesse"

Ordinairement, il aurait parlé plus doucement, pour justement ne pas usurper l'autorité qui devait venir de Renaud, mais la il y avait urgence. Il avait donc parlé plus fort, afin d'être entendu des cavaliers les plus proches, tout en ne donnant pas l'impression de leur donner un ordre, pour laisser Renaud le faire. Ce dernier, bien que perturbé, réagit avec célérité

"Chevaliers, avec moi, pour ERAC"

Entrainé à chaque instant, l'élite d'Erac se mit en mouvement, garde rapproché du Duc ainsi que chevaliers ayant mérités de chevaucher avec lui ce jour, ils éperonnèrent leurs montures pour se lancer à la rencontre de l'adversaire. Se faisant ils baissèrent leurs visières et chargèrent, épées au clair. Ce fut un vrai défilé de couleur qui se jeta dans la mêlée, toutefois, leurs réaction, tardive vu l'effet de surprise, laissa l'avantage d'être à pleine vitesse pour leurs adversaires. La lutte serait acharnée en attendant l'infanterie et les renforts.

A l'arrière, l'on avait vu également la charge, et l'on se préparait, le reste de la chevalerie, restée avec le gros des troupes se précipita au secours de leur Duc. De même les lignes d'infanterie se mettaient en formation, sous les cris et vocifération de leurs officiers. Les piquiers devant, puisque c'était de la cavalerie et en avant.


Dernière édition par Renaud d'Erac le Mer 15 Nov 2017 - 22:05, édité 2 fois
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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: Bataille de Valdrant PV   Mer 15 Nov 2017 - 10:52



TROISIÈME TOUR

Consignes 3e tour:
 


Zones de combat:
 

A la lisière du bois, les hommes sous le commandement de Thibaud analysaient ce qui était en train de se dérouler. Les velteriens avaient scindé leur effectif en trois corps, laissant les cavaliers sur leurs deux ailes avec un corps principal et plus nombreux. C’était celui du centre qui l’intéressa et l’interloqua le plus. Combien étaient-ils ? Plusieurs centaines assurément. Assez pour mettre à mal les défenses improvisées des compaings de Cosimo et des lanciers berthildois. S’il s’était amusé à croire que les chevaux iraient s’empaler sur les lignes, force était maintenant de constater qu’il n’en serait rien.

Ces velteriens qui arrivèrent sur leurs lignes n’avaient rien de communs. Semblant agir comme un seul homme, leur maîtrise et leur rigueur ne put dire qu’une seule chose. Là-bas seraient fauchées les troupes d’élite du manchot. Comment les appelait-on déjà ? Les loups-blancs. Véritables guerriers nés, capables de tenir dans les pires conditions. C’était pour cette raison qu’on leur confiait généralement la protection comtale. Ô oui, le manchot du médian savait s’entourer, mais avait peut-être commis une erreur en envoyant son élite frapper au plein cœur de l’ennemi.

Quid d’eux alors ? Le moment du départ n’avait pas encore été sonné. Le boucher de Kelbourg attendit que les velteriens s’en aillent au corps à corps en leur laissant profiter de leur effet de surprise. De son côté, certains de ses hommes trépignaient toujours d’impatience, ne comprenant pas pourquoi on les laissait agir ainsi. Car il y avait dans cette inaction une tension insoutenable qui s’était emparé d’eux. Son fils en premier semblait subir le sort plus que quiconque. Alors sans même dire mot, ni ordre, Thibaud agita les rênes de son destrier afin de sortir du couvert boisé.

-Il est temps d’aller chasser, mes seigneurs.

Au nord retenti aussi les premiers échos de la charge velterienne contre celle d’Erac. Les carreaux se mirent à assombrir le ciel, mais Thibaud n’en tint aucunement compte. Que le jeune d’Erac fasse ses armes était la seule chose qui le préoccupa. Pensant ainsi à une élocution qu’il avait entendu en de maintes reprises : « ça lui fera la bite ».
HRP:
 
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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Bataille de Valdrant PV   Jeu 16 Nov 2017 - 19:36



Effectifs velteriens avant le début des combats :
 


Groupe 11 : centre de l'attaque velterienne

Charger une rangée de piques demande une paire de couilles blindée au mogarium par les meilleurs artisans dawis de Thanor, tant le spectacle de ces pointes tranchantes comme des rasoirs et prêtes à pénétrer votre tendre bedaine peut faire flancher les moins courageux. Il était même arrivé dans certaines batailles que deux bataillons de piquiers restent face à face à s'injurier sans oser s'affronter au contact malgré les exhortations de leurs commandants respectifs. Mais les loups blancs de Velteroc ne comptaient pas perdre leur réputation ce jour-là et ne ralentirent pas leur avancée.

Les premiers sangs avaient déjà été versés par les arbalétriers. D'une part ceux des chauffeurs de pâturons qui avaient fort intelligemment pris position sur les toits, d'autre part ceux des ailes velterienne qui assaisonnaient à leur manière les troupes ennemis tenant Valdrant. Mais il faut plus que quelques carreaux pour stopper une charge ou briser un carré, et les deux infanteries rentrèrent en contact en hurlant à la fois de peur et de folie. Au centre de la ligne, Hanegard abattit son espadon sur les rangées de piques, visant non pas leurs porteurs mais bien les hampes de bois qui se fracturèrent ou à tout le moins s'abaissèrent vers le sol sous le poids de sa propre lame.

Tout autour de lui, des manieurs de hache agissaient de même, cherchant à éloigner la menace des piques avec plus ou moins de succès pour permettre à leurs camarades d'arriver au corps-à-corps. La méthode ne manquait pas de succès, mais les piques ne constituaient que la première défense des rudes compaings de Cosimo, car hallebardes et flamberges pouvaient rapidement prendre le relais. Frappant à dextre et à senestre avec une furie dont il ne se serait plus cru capable, Hanegard tentait de percer les rangs ennemis mais chaque tête ou membre coupé se voyait vite remplacée par de la chair neuve.


Argh !

Une hallebarde avait réussi à passer sous sa garde et à lui déchirer la cotte de mailles en entaillant profondément son flanc gauche. Immédiatement, des mains amies le saisirent et le tirèrent en arrière pour empêcher l'habile mercenaire de profiter plus avant de son avantage en se payant la tête du chef adverse. En voilà un en tout cas qui n'aurait pas volé sa double solde s'il survivait jusqu'au soir.

Portant la main à sa blessure et la ramenant ensanglantée, Hanegard vit que l'infanterie berthildoise se trouvait elle aussi aux prises avec les loups blancs, mais que le véritable danger venait d'un groupe de chevaliers qui pouvait les charger par le côté sud. Reconnaissant le tabard de l'homme qui dirigeait ce groupe, Hanegard réagit par instinct en le provoquant à haute voix :


Akerthan, fils de catin borgne ! Viens m'affronter ou que tous sachent que le seigneur de Laraus n'est qu'un couard !

Dans un rugissement de rage, Vosker talonna sa monture et chargea l'impudent qui osait mettre son courage en doute. Malgré la douleur qui lui tiraillait le flanc, Hanegard ne put retenir un sourire de triomphe : en acceptant son duel, le sire de Laraus allait faire perdre de précieuses minutes à ses chevaliers qui ne pouvaient pas charger avec leur seigneur au beau milieu du chemin. Parier sur l'orgueil de la noblesse et sur son stupide point d'honneur constituait une ruse certes pas très digne mais des plus efficaces.

HRP :
 


Groupe 12 - aile droite de l'attaque velterienne

Arc-bouté sur l'encolure de sa monture, Gaspard de Jüs visa le chevalier eracien qui se trouvait face à lui. Tels des monstres de métal surmontés d'étendards multicolores, les deux groupes de cavalerie se chargèrent dans la plaine au nord de Valdrant avec autant d'ardeur que des amants depuis trop longtemps séparés. La violence du choc fut à la hauteur de la vitesse qu'ils avaient réussi à atteindre, aucun obstacle ne pouvant ralentir les montures. Tous ceux qui ont vécu ces moments juste avant l'impact vous diront qu'ils apparaissent comme irréels, comme si l'on quittait son corps pour observer avec un total détachement l'approche du chaos.

La lance de Gaspard se brisa net sur le bouclier ennemi, tandis que son propre écu déviait l'attaque le visant. Dégainant son épée, le vieux chevalier profita de se retrouver au contact de l'eracien pour abattre sa lame sur le casque surmonté d'un magnifique cimier. Métal et chair se déchirèrent sous l'impact, mais déjà Gaspard se cherchait un autre adversaire, sa longue expérience lui ayant appris que le coup mortel venait toujours de l'ennemi qu'on n'a pas vu venir. Tout autour de lui se dansait un ballet mortel forgeant le courage des cœurs... ou les brisant à jamais dans le moule de la lâcheté. L'avantage portait en faveur des velteriens qui avaient réussi à enfoncer un coin de chair et de métal au milieu du groupe adverse. Mais si la chevalerie eracienne encaissait difficilement l'assaut, nul n'y donnait signe de débandade. Espéraient-ils donc recevoir du secours pour se sortir de cette mauvaise passe ?

Se retrouvant momentanément séparé du gros des combats, Gaspard en profita pour relever sa visière et balayer du regard le champ de bataille. Tandis que les chevaliers velteriens engageaient leurs adversaires eraciens, les arbalétriers n'étaient pas restés pas inactifs et arrosaient copieusement les mercenaires regroupés en carrés à l'entrée du village pour affaiblir leur résistance alors que les loups blancs les engageaient au contact. Tout semblait se dérouler selon les plans prévus à Rochenoire.

Tout ?

Lorsque le regard de Gaspard se porta au nord-ouest, son visage buriné pâlit d'un coup. Là où il s'attendait à ne voir que des chariots en désordre se tenaient des rangées de fantassins se regroupant en hâte pour venir se mêler aux combats. Encore trop loin pour les menacer immédiatement, cette seconde partie de l'armée ennemie ne pourrait toutefois être stoppée par les forces dont disposait Gaspard. La cruelle vérité se fit alors jour en lui : les estimations des effectifs adverses fournies par les espions de Nimmio se révélaient largement en-deçà de la réalité.


Une arrière garde, ça ? Putain de merde, toutes les armées du nord sont venus !

HRP :
 


Groupe 13 - aile gauche de l'attaque velterienne

Tandis qu'au centre les loups blancs mettaient pied-à-terre, Ernst du Bois-Clos avait continué sa chevauchée en direction de son objectif : le pont sur le Mélian, seul passage permettant aux troupes déjà engagées sur la rive sud de venir porter secours à leurs camarades. Les vougiers berthildois et les piquiers mercenaires qui formaient leurs rangs dans le village de Valdrant ne pouvaient pas s'interposer et le bloquer, mais des cavaliers apparaissaient déjà sur le pont et Ernst frémit en reconnaissant leurs étendards.

Le régent de Sainte-Berthilde et ses égides ! La vaillance même ! Ils sont pour nous, mes amis !

Les velteriens disposait d'un léger avantage sur leurs redoutables adversaires dont les épaisses armures faisaient la renommée à travers toute la Péninsule. Ils arriveraient lancés à pleine vitesse tandis que les berthildois n'auraient pas encore pu correctement prendre leur élan à la sortie du pont. En arrière des cavaliers, les arbalétriers beltrodois commençaient à arroser de traits les troupes situées dans Valdrant, mais seule l'épaisse masse métallique des égides attirait le regard d'Ernst.

Pour nos terres et nos familles ! Chargez !

Abaissant sa lance, le jeune homme talonna son cheval et visa un cavalier à l'armure richement ornée, oublieux de toute autre considération que survivre au choc. Les deux groupes se heurtèrent dans un fracas de fin du monde, les hennissements de douleurs des chevaux blessés ou des hommes percés par les lourdes lances se mêlant au froissement du métal sur le métal. Ernst abandonna sa lance plantée dans le torse de son premier adversaire qui tomba au sol tout en crachant un geyser de sang par les ventaux de son heaume, puis tira son épée et chercha du regard l'étendard du régent. S'il arrivait à se frayer un chemin dans la mêlée et à tuer Louis de Saint-Aimé, toute l'aile sud berthildoise pouvait se débander.

Un observateur attentif qui n'aurait pas été pris par la folie des combats aurait sans doute remarqué qu'Ernst n'avait pas chargé au nom de Nimmio. Les velteriens ne combattaient plus pour le duc dément de Rochenoire mais pour la survie de ceux qui leur étaient chers.


HRP :
 

Résumé des actions velteriennes durant ce post :
 
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Cosimo Tête Pelée
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MessageSujet: Re: Bataille de Valdrant PV   Dim 19 Nov 2017 - 13:28

Le choc fut rude mais le carré tint bon. De sa place, Cosimo ne percevait pas grand-chose à travers les boisseaux de piques qui obstruaient sa vue. Le vacarme de la mêlée était en revanche effroyable : le bruit des hampes qui se rompent, le fracas de l’acier contre l’acier, et les vociférations des combattants. Puis insidieusement l’odeur du sang qui se mêlait à celle de la boue grasse, et enfin celle de la merde dont se vidaient sans distinction les vivants et les morts. Arc-boutés les uns sur les autres, les piquiers poussaient de l’avant. Le capitaine beuglait ses encouragements aux files qui montaient petit à petit à l’assaut, remplaçant leurs camarades tombés sous les coups des loups blancs. A son côté, les jeunes tambours battaient à rompre les peaux. Cette mélopée brutale donnait du cœur au ventre.

« - Place ! Place ! »


Cosimo reconnu Armand, qui remontait les rangs en se tenant le front. Il pissait le raisiné, salement amoché. Les yeux injectés de sang, il se laissa bander le front par un valet pendant qu’il faisait son rapport :

« - On est mal tombés Tête Pelée…on a le droit à la crème de l’ennemi,  les loups blancs... Et je crois avoir vu Kastelord dans les premiers rangs, mais un gars l'a amoché. On tient mais l’ambiance est morose. »

Bordel de merde. Il était hors de question de lâcher pied maintenant : les compaings tenait tout le flanc de la bataille principale, et si ils cédaient c’est l’ensemble de l’ost qui se ferait tourner. Et si la compagnie lâchait pied au premier choc lors de sa première bataille, ça serait mauvais pour les affaires. Son instinct de troupier lui hurlait pourtant de dégager au plus vite. Et Cosimo était conscient que ce sentiment devait être partagé par plus d’un. Mais le capitaine triompha du caporal. Il fallait tenir. Que la compagnie trempe sa réputation dans le sang versé. La mêlée ferait le tri entre les véritables soldats et les recrues juste bonnes à voler des poules. Il fallait tenir. Cosimo se pencha sur Armand :

« - On bouge pas d’un pouce. Si on lâche aujourd’hui, tout est foutu, tu me saisis ? Allez-y avec les dents et écorchez-moi ces enflures.»

Son lieutenant acquiesça, une lueur fataliste dans les yeux. Il comprenait. Et Armand remonta les rangs pour se jeter à nouveau dans la presse.

« - Place ! Place ! »


HRP:
 
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Aliénor de Wenden
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MessageSujet: Re: Bataille de Valdrant PV   Lun 20 Nov 2017 - 20:07



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Les forces arétanes avaient marché sans discontinuer à la suite de l'ost d'Erac dans ces contrées jusque là inconnues pour la jeune nordienne. Il était peu commun qu'une jeune noble ait eu la chance de pouvoir voyager au-delà des terres de ses ancêtres avant d'avoir convolé en justes noces. Ainsi, Aliénor n'avait pas eu l'occasion de voir grand chose d'autre du royaume que les terres de sa famille et de ses alliers. Elle espérait qu'avec la régence, cet état changerait et qu'elle serait amenée à peut être enfin voyager. Accompagnée du seigneur Arnaud de Stern qui avait finalement hérité du sénéchalat en même temps que leur fiançailles avaient été annoncées, elle écoutait ses conseils avisés et tâchait de mettre tant bien que mal, de l'eau dans son vin pour ne pas trop s'exaspérer de ses penchants sexistes, dignes d'un bon guerrier de chez eux.

Alors qu'ils étaient en grande conversation sur les avantages et les inconvénient du maniement de l'arc (Arnaud préférait de loin l'épée à cet instrument qu'il ne jugeait que de peu d'utilité à l'occasion d'une charge notamment, ce à quoi Aliénor ne pouvait que lui donner raison tout en objectant que c'était un outil quand même sacrément utile à l'occasion dans certaines batailles lorsque les archers étaient correctement utilisés) un de leurs éclaireurs revint à eux pour leur donner des nouvelles du reste des troupes de l'armée nordienne et d'Erac.

- Mes Seigneurs, en amont, les forces d'Erac ont rencontré les forces Velteriennes. L'un et l'autre ont donné la charge et se sont entrechoqués. Nous attendons vos ordres.

Arnaud et Aliénor se regardèrent un instant. Elle lui sourit pour l'inviter à lui donner son avis, ce qu'il mourait d'envie de faire, elle le voyait bien. Même si elle tenait à rester maîtresse des choses, elle savait bien qu'elle allait devoir réussir à laisser également de la place à son sénéchal. Un homme ne saurait aisément se contenter d'être le mari d'une femme. Il aurait vite besoin d'exister par un autre moyen. Trouver un bon équilibre leur demanderait du temps mais ils avaient toute la vie pour apprendre à vivre en bonne intelligence l'un avec l'autre. Elle remarquait également que de son côté, Arnaud faisait également des efforts et l'en remerciait intérieurement en faisant de même.

- Je ne saurais que trop suggérer que nous divisions nos forces ma dame. Nos troupes à pied sont lentes à manœuvrer. Le combat entre Erac et les forces veltériennes va permettre à nos troupes de les rejoindre. Laissons les cheminer à bon train et envoyons notre cavalerie renforcer les lignes du duc d'Erac.

- Je ne peux qu'acquiescer à vos propositions sénéchal. Faisons cela. Je vous laisserai le soin de guider nos troupes à pied. Je pars mener l'assaut avec nos cavaliers.

- C'est là une bien dangereuse manœuvre, si vous veniez à être blessée... Vous devriez rester en retrait ma dame.

- Jamais je n'enverrai mes hommes là où moi, je ne peux aller. S'ils prennent des risques pour leur vie alors je me dois d'en faire autant. Quel genre de seigneurs serions-nous pour demander à nos gens de faire des sacrifices que nous ne serions pas prêts nous-mêmes à accepter ?

- Nous serions des seigneurs responsables Aliénor.

- Cela fera l'objet d'un autre débat entre nous lorsque nous nous retrouverons. Dit-elle en souriant malicieuse.

Elle fit alors sonner la corne qui désignait aux cavaliers qu'un ordre allait leur être donné spécifiquement. Elle se détâcha de la troupe et, accompagnée de ses hommes, elle galopa jusqu'aux troupes d'Erac qui étaient un peu plus loin en amont, aux prises avec les troupes velteriennes qui leur résistaient. Elle prit le parti avec les vassaux qui l'accompagnait de prendre les forces ennemies de court en les attaquant sur le flan. Ainsi elles se sentiraient submergées par la masse qui leur arrivaient dessus (sans compter que les troupes arétanes étaient fort réputées pour les prouesses de leurs guerriers à cheval. Elle espérait en soit que la charge fasse son effet). Alors que les troupes d'Erac furent enfin en vues. Aliénor ralentit pour permettre aux chevaux de reprendre leur souffle un instant et donna la charge :

- Eliminons cette vermine arétane qui occupe indûment les terres royales. Chargez !

Elle élança alors dans un mouvement de bassin et de rennes sa belle monture blanche qui faisait déjà la renommée de la guerrière du nord et fonça sur le flan de ses ennemis avec une rage et une force qu'elle n'avait pas eu l'occasion d'utiliser lors de la défense d'Arétria-la-ville. Elle voulait en découdre enfin avec ces impertinents qui osaient voler les terres du Roi et pensaient pouvoir le faire en toute impunité alors que ses plus fidèles serviteurs avaient dû montrer patte blanche pour acquérir un minimum de confiance. Son frère en faisait partie et y avait laissé sa vie. Elle voulait faire cela en sa mémoire.

Alors que le choc se faisait incessamment, prenant de court les troupes ennemies. Aliénor avait été rejointe par ses meilleurs cavaliers. Même si le but de la manoeuvre était de faire couler le plus de sang ennemi possible, le tout était de rester en vie et également de protéger leur régente. Elle leur faisait confiance pour cela alors que son épée peu à peu se gorgeait de sang, répandant ainsi aux côtés des hommes d'Erac un peu plus de pourpre sur les pâturages verts du Médian.

Alors qu’il manoeuvrait les troupes à pied, un éclaireur revint vers Arnaud de Stern pour le prévenir que les troupes ennemies disposaient d’un contingent d’arbalétriers et que la régente s’apprêtait à rendre ses hommes assez vulnérables. Arnaud pas plus étonné que cela - peste soit le côté têtu de sa fiancée - ordonna aux archers de se mettre en position pour viser les arbalétriers adverses, restés en retrait. Dès qu’ils furent assez proches, ils mirent en joue les troupes ennemies et déchochèrent leurs flèches. Ce fut comme un nuage foncé qui s’éleva au ciel pour retomber sur les arbalétriers ennemis et protéger ainsi les troupes montés.

Lors qu’ils furent assez prêt, il ordonna à ses hommes à pied de charger à leur tour aux côtés des hommes d’Erac. Le tout donnait un joyeux bordel. Pour sa part et au contraire de ses habitudes, Arnaud resta en retrait avec quelques généraux afin de pouvoir éventuellement sonner la fin de la bataille - la retraite ne semblait pas être une véritable option vu combien ils dépassaient en nombre les troupes ennemies.

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Renaud d'Erac
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MessageSujet: Re: Bataille de Valdrant PV   Mar 21 Nov 2017 - 10:59


Le temps était trop court pour sortir les lances, c'était donc l'épée au clair que la chevalerie eracienne alla au contact avec celle de Velteroc. Le choc fut des plus violent entre les deux cavaleries. La vitesse était pour Velteroc, et plusieurs cavaliers d'Erac vidèrent leurs étriers pour aller mordre la poussière au sol. Les lances adverses craquèrent sur les plastrons, les heaumes et les boucliers. Ensuite ce fut la cohue, les chevaux, les uns contre les autres, cherchant à pousser les autres. Les épées taillaient de droite et de gauche. Renaud avait vite été dépassé par sa garde et il s'était retrouvé à l'arrière quand le choc eut lieu. Le bruit assourdissant, puis les cris, de rage, de peur, ou d'agonie montèrent à ses oreilles en même temps que les cliquetis des lames et des boucliers. Il fut épargné par le choc, se trouvant en retrait, mais les cavaliers velteriens avaient percé la ligne et ils s'était engouffrés loin dans la mêlée. Se battre à l'entrainement, avec une lance contre des mannequins, ou une épée émoussée était une chose, la brutalité de la guerre, et la lutte pour sa vie en était une autre. Ceci était la première bataille réelle pour Renaud, et pour sur qu'il allait être mis à rude épreuve. Epée et bouclier en main, il laissait sa monture, entrainée, faire ce qu'il fallait. Lui même cherchait une cible, un peu hébété par la situation. Il faillit même y passer quand un soldat ennemi leva son épée contre lui, sans qu'il le voit au début. Prit de court au dernier moment, un pur réflexe lui permit de mettre sa lame en travers de celle de son ennemi pour éviter un coup sur sa tête. La violence qu'il ressentit dans son avant bras fut impressionnant, et il baissa sa garde, engourdit. Il regardait avec frayeur le chevalier qui allait mettre fin à ses jours, et se pissa dessus, quand ce dernier chuta de sa monture. Un chevalier eracien, arrivé sur le flanc, l'avait pourfendu, sauvant son suzerain sans même s'en rendre compte vu l'ampleur du combat. C'était d'ailleurs une chance que l'intensité soit telle, que personne ne se rendit compte de l'hésitation de leur Duc. Le premier choc passé, les chevaliers d'Erac montrèrent de quoi ils étaient fait, et ça tombait des deux côtés. Renaud se ressaisit, sachant qu'il devait montrer l'exemple, et qu'il serait jaugé. Il se mit en devoir d'avancer et de faire ce que l'on attendait de lui, à savoir haranguer ses troupes et se montrer. son entrainement avait été des meilleurs vu sa position, même en temps que troisième fils, et il n'était pas l'heure de déshonorer son nom, et sa patrie, Erac étant un Duché martial malgré sa position centrale.

La cavalerie étant restée avec le gros des troupes arriva à ce moment, prenant de flanc ce qu'ils pouvaient, et la mêlée devint tellement compacte, qu'il aurait été hasardeux de parier pour savoir qui prenait l'avantage. Puis ce fut aux fantassins de s'approcher, lanciers devants et archers juste derrière, arcs longs prêts à décocher dès qu'ils seraient à portée des arbalétriers adverses. En effet, tirer sur les cavaliers auraient été préjudiciable pour les deux camps vu leurs proximités, ce serait aux lanciers de faire la différence.

Puis alors que les fantassins regardaient les arbalétriers adverses, heureux que leurs archers tirent les premiers, vu leur portée, s'attendaient à se prendre des carreaux, ils furent dépassés par la cavalerie aretane qui chargea dans la mêlée.



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Aurel de Lantenes
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MessageSujet: Re: Bataille de Valdrant PV   Mar 21 Nov 2017 - 20:16


Alerté par Lambert, Aurel avait tourné son regard vers la forêt à l'Est du village qu'ils venaient de traverser pour découvrir ce qu'ils attendaient depuis un moment déjà. Ils savaient qu'ils seraient attaqués tandis que la rivière divisait leurs forces mais il ne pouvait deviner à quelles fins. Aussitôt, l'officier ordonna que l'on stoppe leur marche et renvoya quelques hommes en éclaireurs dans toutes les directions afin de s'assurer qu'on ne les prendrait pas en traître tandis qu'ils feraient demi-tour.
Pendant que l'ost de Louis s'organisait pour faire aller prêter main forte aux troupes assaillies avant que le pont ne soit barré, le Général olyséen observa le début des combats. Le but de cette embuscade n'était pas de les faire plier tandis que les renforts peinaient à passer le fleuve mais plus simplement de réduire leur nombre. Leurs ennemis devaient être moins puissants qu'eux pour échafauder une telle stratégie. Elle aurait pu fonctionner mais, déjà, l'arrière des troupes arrivaient sur les assaillants qui se retrouvaient divisés en de multiples petits groupes tandis qu'une partie de Sainte Berthilde achevait de traverser le pont.

S'il avait eu des archers, Aurel les aurait envoyé sur les rives du fleuve pour harceler le détachement ennemi qui faisait face à Louis. Malheureusement, il ne pouvait que remettre ses troupes en marche en sens inverse, ses chevaliers et lui entreprenant de dépasser les compagnies piétonnes de Sharas par le flanc Est. Ils ne pourraient certainement pas participer à la riposte mais il leur rester une carte à jouer. Pour cela, ils devaient se mettre en position et se tenir prêt à traverser dès que possible.
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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Bataille de Valdrant PV   Mer 22 Nov 2017 - 6:31



Nul cauchemars ne saurait égaler la scène d’horreur qui se dressait devant lui. Un fracassement titanesque perturba le bon déroulement de la mobilisation des Égides Berthildois : le combat était engagé. Sans plus attendre, il tira de son fourreau son glaive et intima aux siens la charge afin de porter main fortes à ceux qui d’ores et déjà avaient la gueule bien gavée d’acier. En toute hâte, un contingent se mobilisa autour du Régent afin de l’escorter à travers la mêlée. Non seulement ceux-ci se devaient d’assurer leur propre protection, celles de leurs voisins, mais aussi celle du Marquis. Or, la tâche n’allait pas être simple car d’autres cavaliers arrivèrent au triple galop afin de poursuivre leur massacre. L’expérience ô combien renommée des égides ne valait pour l’instant que peu, car la surprise et la force à laquelle se sont introduits les Velteriens prévalait sur leur adresse au combat.

Au travers le cataclysme qu’avait engendré l’impact des cavaliers, il y eut tout de même affrontement monté. De gauche à droite s’échangeaient les coups de glaive au travers les hurlements de souffrances mélangés à ceux de la souffrance. Et Louis, alors qu’il avait cheminé jusqu’à cet ultime instant, en entretenant tant de doutes à savoir s’il serait en mesure d’occire, n’eut pas temps de réfléchir à la question lorsqu’il dû pour se défendre, transpercer la viande d’un des cavaliers ennemi. La verdure des champs prit tout à coup une toute autre teinte, lorsque se dévida de leurs liquides les pauvres âmes qui ne surent mener à bien l’issue du combat. Pour Louis, la chose lui parut plus éprouvante qu’aucun autre entrainement ; les coups fusaient de parts et d’autres, aucuns repaires auditif n’était envisageable au travers ce boucan infernal et, pour terminer, tous les coups portés l’étaient dans l’unique but de tuer.

Heureusement, que se fût grâce à son entraînement rigoureux ou à sa lourde défense d’égide, Louis s’en sortait jusqu’à maintenant indemne, n’eut été de quelques coups porté contre les épaisses murailles de fer que constituaient son harnois. Peu à peu, les égides du Berthildois commençaient à prendre le dessus sur cette attaque d'opportunité.

Pourtant, à travers la mêlée, un cavalier se détacha du lot. Suffisamment rapide pour percer les lignes et suffisamment agile pour ne pas s’empêtrer au travers les corps et autres rixes. « Monseigneur! » S’écria tardivement l’un de ses proches camarades, avant que ne s’écrase brutalement une lance à l’omoplate dextre du marquis. Louée soit la DameDieu, à deux doigt d’être oblitéré, la pointe de l’arme de joute s’égraina contre les mailles de sa cote et glissa, laissant le jeune homme indemne mais tout de même contraint à un vol plané dès plus inquiétant.

À son atterrissage forcé, son heaume en fût même délogé de son chef, laissant le jeune marquis complètement déboussolé contre le sol poisseux. Ses esprits à peine retrouvés, c’est in extrémis qu’il s’esquiva d’un coup de lame –du même chevalier qui lui avait forcé à bouffer les orties par les trous de nez. Alors plus de champ de bataille, plus d’alliés ni d’ennemis, il n’y avait en tête que cet homme qui était prêt à tout pour délivrer son peuple de l’oppression, prêt à abattre l’un des piliers fort de cet invasion titanesque.



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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: Bataille de Valdrant PV   Mer 22 Nov 2017 - 9:52



QUATRIÈME TOUR

Consignes 4e tour:
 


Zones de combat:
 

Lorsqu’on vit une masse informe métallique dégueuler du bois, les hommes au centre de la mêlée comprirent de quoi il allait en retourner. Alors quand le sol se mit à trembler sous l’impact des foulées équines, il n’y eut plus fort à parier de la violence qui s’apprêtait à s’abattre. En tête de cette marée destructrice, Thibaud songeait déjà au meilleur point d’impact en tâchant de distinguer les compaings de Cosimo, des loups-blancs. Forts de leurs piques, il s’aperçut que les chauffeurs de pâturons tenaient l’ennemi à distance en quelques endroits. Le flanc des loups-blancs s’offrit dès lors à lui comme une putain ouvrant les cuisses. Il n’était plus qu’une question de secondes avant que les cavaliers berthildois aillent à leur encontre. Dire qu’il lui resta une once d’humanité en cet instant se serait avéré complètement faux. Seule l’envie de tuer prit l’ascendant, faisant bientôt de lui le seul animal carnassier du champ de bataille. Ceux qui ne l’avaient point encore vu à l’œuvre seraient probablement surpris de voir ce dont un homme pouvait être capable. Car si certains s’évertuaient à exceller pour les choses de bien, d’autres comme lui ne vivaient que pour infliger le mal.

C’est ce même mal qui s’abattit sur le premier loup-blanc lorsqu’il reçut en plein visage son bec de corbin. Arme légère et facilement manœuvrable, il en usa plus que de raison sur les premières rangées. Les autres berthildois laissèrent tomber au sol leurs lances lorsque ces dernières firent leur travail et s’armèrent de leurs épées. L’on eut dit des hommes allant faucher les blés au début des moissons à tel point le métal siffla dans l’air. Pour rester dans la métaphore campagnarde, Thibaud laboura les velteriens ayant eu le malheur de tomber au sol suite à la charge. Les sabots de son cheval éclatèrent dès lors bon nombre de corps, de bras, de jambes et de visages. C’eut été comme marcher sur des tomates bien juteuses. Adonc le sang d’un pauvre ère lui gicla à la face et l’aveugla quelques secondes. Obligé de retirer son heaume pour recouvrir la vue, un loup-blanc en profita pour le tirer au sol. Chose qu’il fit en se laissant tomber de tout son poids sur son assaillant, qui finit écrasé et asphyxié.

Ce n’est qu’en se relevant qu’il découvrit l’ampleur de la tuerie qui se déroulait. Tout autour de lui, les hommes mourraient, soit plantés par les piques des compaings, soit tailladés par les lames. Lui-même se jeta dans le tas, dague dans une main et bec de corbin dans l’autre. Se battant plus comme un malfrat sans honneur que comme un chevalier, ses coups rapides et fourbes trouvèrent aisément leurs buts bien que l’adversaire ait été bien plus redoutable que de simples hommes d’armes. Où était leur capitaine d’ailleurs ? Car si le mental de ces hommes était fait en acier trempé, il était fort à parier que celui-ci se briserait une fois leur meneur à terre.


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Hanegard Kastelord
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MessageSujet: Re: Bataille de Valdrant PV   Mer 22 Nov 2017 - 20:09


Groupe 11 : centre de l'attaque velterienne

Sa main poisseuse de sang crispée sur la garde son épée, Hanegard regarda presque avec détachement la charge furieuse du seigneur de Laraus. L'espace d'un instant, il ressentit l'envie de se laisser embrocher là, sur ce champ de bataille, et d'en finir avec cette folie dans laquelle son suzerain l'avait plongé. A quoi bon continuer tout cela ? Qu'ils vainquent ou soient défaits, le Médian tomberait fatalement sous les coups de boutoirs du Nord et tant d'années d'efforts seraient réduites à néant. La Ligue ne resterait dans l'Histoire que comme une utopie pleine de bons sentiments mais inapte à assurer la stabilité politique requise. Au final, la force des armes resterait la seule loi appliquée en Péninsule.

Mais l'instinct du guerrier se révéla plus fort que ses idées noires, et à la dernière seconde le châtelain sauta prestement de côté tout en jetant sa lame dans les jambes du cheval de son adversaire. Cavalier et monture tombèrent lourdement au sol, Vosker se retrouvant bloqué sous le poids de son cheval qui roulait des yeux fous tout en agitant frénétiquement ses pattes profondément entaillées par l'épée d'Hanegard. Dégainant la miséricorde qu'il portait à la ceinture, ce dernier releva la visière du vaincu et lui plongea la lame en pleine tête, clôturant ce duel avec la brutale efficacité qu'on lui reconnaissait à Serramire du temps de Merwyn Séraphin.

Péniblement, Hanegard récupéra son épée et la brandit vers les chevaliers adverses, tandis que plusieurs loups-blancs l'entouraient pour installer en vitesse une ligne de piquiers.


Qui d'autre en veut ?

Apparemment personne, la mort de Vosker ayant douché les ardeurs de ses séides. En Péninsule comme dans les Wandres, un duel entre deux capitaines était considéré par bien des soldats comme le jugement des dieux et mieux valait éviter d'intervenir immédiatement. Malgré la douleur de sa blessure, l'ancien baron d'Alonna s'autorisa un sourire en voyant que son flanc gauche tiendrait bon tandis que ses loups blancs continuaient à tailler vigoureusement dans les rangs des carrés de piquiers, fauchant les âmes avec la vigueur du moissonneur. Peut-être allaient-ils réussir à vaincre l'ennemi, finalement ?

Mais c'est sur son flanc droit que s'abattit alors la catastrophe.

Ce fut d'abord comme un roulement de tonnerre lointain, avant que le coin des maisons ne se mettent à dégueuler des hordes de cavaliers caparaçonnés qui s'abattirent telle la tempête sur les loups blancs pris de court. Aucune infanterie, aussi vaillante soit-elle, ne pouvait résister à une charge de cette violence et en un instant le cours de la bataille pour le village de Valdrant changea. D'assaillants, les loups blancs devinrent assaillis, de chasseurs ils devinrent proie, de dieux de la guerre ils devinrent victimes expiatoires.


HRP :
 


Groupe 12 - aile droite de l'attaque velterienne

Toute l'horreur de la situation apparut à Gaspard en voyant la cavalerie arétrane se jeter dans la bataille tandis que d'interminables colonnes de fantassins avançaient à vive allure pour dégager les eraciens fortement ébranlés par le premier assaut, le tout sous un déluge de flèches qui fit tomber plusieurs hommes à côté de lui. Maudissant les rapports d'espions reçus à Rochenoire selon lesquels "l'ennemi alignait 4000 hommes tout au plus", Gaspard comprit qu'ils se trouvaient aux prises avec une armée au moins du double de ces estimations. L'arrière-garde dont il devait s'occuper constituait en réalité la seconde partie d'un ost d'une puissance qui n'avait plus été vue en Péninsule depuis des années.

Ironiquement, le nombre des ennemis empêchait les velteriens de se retrouver brutalement noyés car les troupes nordiennes se gênaient entre elles et seule une partie pouvait les engager directement tandis que le reste tentait des manœuvres de contournement. Pour autant la situation devenait désespérée et Gaspard donna le seul ordre cohérent face à l’anéantissement imminent qui les guettait.


Repli ! Repli ! Vers le bois ! Restez groupés !

La charge de la cavalerie berthildoise sortie de son embuscade pour enfoncer les loups blancs au centre passa presque inaperçue tant la pression imposée par eraciens et arétrans se trouvait forte sur l'aile droite. Chevaliers de Velteroc et arbalétriers beltrodois ne luttaient plus pour vaincre mais simplement pour briser l'étau qui les compressait comme la mâchoire d'un immense prédateur. S'ils arrivaient à atteindre la lisière du bois sans avoir été acculés au fleuve, peut-être certains d'entre eux pourraient-ils fuir.

Se ruant à l'assaut, le vieux chevalier décapita d'un large coup de sa flamberge un arétran avant d'engager le combat avec un deuxième qu'il transperça de part en part. De nombreux chevaliers gisaient morts au sol et les survivants se battaient avec l'énergie du désespoir tout en reculant peu à peu, tandis que les arbalétriers tiraient quasiment au contact sur l'infanterie ennemie et devaient parfois dégainer leurs courtes épées pour se protéger eux-mêmes. Les deux camps encaissaient de lourdes pertes mais les velteriens ne disposaient d'aucune réserve apte à venir les renforcer.


HRP :
 


Groupe 13 - aile gauche de l'attaque velterienne

L'avantage de la surprise se dissipait rapidement et les égides constituaient une muraille de plus en plus impénétrable aux lances velteriennes, rappelant aux assaillants que la réputation des chevaliers de Sainte-Berthilde ne provenait pas uniquement des chants des bardes. Masses d'acier et de chair, les deux groupes se trouvaient entremêlés à la sortie du pont dans un chaos apocalyptique où il devenait malaisé de distinguer l'ami de l'ennemi. Le sang recouvrait les tabards, les étendards se brisaient et tombaient au sol, les hurlements des blessés et l'infecte odeur de merde des intestins qui se vidaient emplissaient l'atmosphère comme si un dieu dément avait orchestré toute cette scène.

Malheureusement, si la bravoure des velteriens égalait celle de leurs adversaires, la force du nombre à elle seule faisait lentement pencher la balance en faveur des égides. Les cavaliers imprudemment avancés trop profondément dans les lignes adverses tombaient l'un après l'autre, la place manquait pour lancer de nouvelles charges et il apparaissait comme évident que les égides allaient finir par réussir à forcer les lignes velteriennes. Ordre fut donné aux arbalétriers de viser les masses compactes d'infanterie situées au sud du pont et qui avançaient pour se mêler au combat des égides, dans l'espoir que la pluie de carreaux acérés les obligeraient à se protéger derrière leurs boucliers et ralentirait ainsi quelque peu leur avance.


Nous ne les retiendrons plus très longtemps ! hurla l'un des lieutenants d'Ernst.

Mais le jeune homme n'écoutait pas, focalisé sur la seule cible digne d'intérêt à ses yeux : le régent de Sainte-Berthilde, dont la mort pouvait jeter le désarroi parmi tout l'ost nordien. Les veines emplies d'un feu brûlant, mélange de peur et d'espoir, Ernst évita habilement les cavaliers entourant Louis de Saint-Aimé et le frappa de sa lance en plein omoplate, l'envoyant s'effondrer au sol dans un fracas métallique et sous les acclamations des velteriens qui avaient pu entrapercevoir la scène.

Il en fallait hélas plus pour percer les lourdes armures dont s'équipaient les égides. Sautant à bas de son cheval sans se soucier des ennemis qui déjà refermaient le cercle autour de lui, Ernst du Bois-Clos dégaina son épée et frappa violemment en direction de la tête découverte du régent qui n'esquiva qu'à la toute dernière seconde. La lame du velterien s’enfonça dans le sol en frôlant le cuir chevelu de Louis, lui coupant au passage quelques mèches de cheveux.


Sang et gloire ! rugit Ernst en levant de nouveau son arme pour porter le coup fatal.

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Cosimo Tête Pelée
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MessageSujet: Re: Bataille de Valdrant PV   Mer 22 Nov 2017 - 23:50

Les haches des loups blancs labouraient le carré qui ployait sous la violence de l’assaut. Chacun était désormais engagé dans cette boucherie. Et le doute assaillait les mercenaires autant que l’acier velterien. Le flottement qui précède la déroute s’était emparé des combattants, épuisés par cette lutte féroce contre de tels adversaires. La mêlée avait lieu à quelques pas de Cosimo, qui s’apprêtait à vendre chèrement sa peau au côté de ses hommes. Fuir à présent ne rimerait qu’à se faire massacrer comme du bétail. Serrant fermement son poignard, il appela à ses côtés Armand et Otto.

Le grondement de la charge  des chevaliers de Sainte Berthilde fut une délivrance. Les trognes moroses des compaings se couvrirent d’un sourire mauvais. Du renfort !

« - C’est pas trop tôt », ricana jaune le capitaine en contemplant le gamin qui se vidait de ses entrailles d'un air effaré à côté de lui, criant pour sa mère. Il ne fallait surtout pas laisser passer cette minute dorée. Couvrant les vagissements du blessé, Cosimo se tourna vers les tambours :

« - A la charge ! »


Les deux gamins se déchainèrent sur la peau de leur instrument. Les compaings lâchèrent un hululement funeste en se ruant de l’avant dans un dernier effort. Par grappes, les arbalétriers dégagèrent des toits, à court de munitions, et se jetèrent dans la presse avec leurs camarades. Tête Pelée mena l’assaut au centre, encadré par ses  deux fidèles lieutenants. Et ils se mirent à la besogne comme de bons artisans. La mala guerra, comme on disait à Scylla. Au centre du carré, l’affrontement entre les Loups blancs et les compaings dégénéra en une empoignade sanglante où chacun était pressé de toute part, sans espace pour armer ses coups, où on jouait du poignard et des poings. Les piques s’entrechoquaient sinistrement au-dessus des combattants, se faufilant dans le moindre espace pour frapper à l’aveugle.

Le trio se mit à la sale besogne. Le brave Otto crocheta la jambe d’un loup blanc, et Armand lui cloua aussitôt un bras dans la glaise de son court tronçon de pique, lui écrasant l’autre de sa botte. Avant que le chevalier puisse reprendre ses esprits, Cosimo était à califourchon sur lui, fouillant la visière de son heaume à coup de poignard jusqu’à ce qu’une écume sanglante s’en échappe. Pour ces mercenaires qui ne pouvaient espérer que d’autres batailles avant une retraite lointaine et peu assurée, il n’était pas question d’honneur chevaleresque ou de prouesses solitaires.

Le morion du capitaine dévia le coup de hache destiné à lui fendre le crâne. Le choc lui fit voir mille chandelles et il se mordit profondément la langue. Armand repoussa le fieffé joueur de hache d’une violente détente de sa pique, pendant qu’Otto remettait Cosimo sur pied. Ce dernier cracha un long filet de sang et s’essuya la bouche en jurant. Les trois compaings grognèrent à l’unisson et plongèrent à nouveau dans la mêlée, la rage au ventre : il fallait en finir, et vite. Qu'on puisse encore appeler une compagnie ce qu'il resterait de survivants.

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Renaud d'Erac
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MessageSujet: Re: Bataille de Valdrant PV   Ven 24 Nov 2017 - 10:32


Renaud frappait de droite et de gauche, portant la mort la ou son épée mordrait. La guerre était une chose bien étrange, malsaine du point de vue du Duc qui ne comprenait pas comment l'on pouvait y prendre du plaisir. Pour sa part, il ne se battait plus pour son duché, ni pour son prestige, et encore moins pour la gloire. Il se débattait comme un beau diable pour la simple et bonne raison qu'il aimait la vie, et que mourir comme un con en ce lieu merdique n'était pas envisageable. La peur l'avait étreint, mais il essayait de profiter de ce sentiment pour aiguiser ses sens et sa soif de vivre. Le mêlée était telle, que personne ne se rendrait compte de l'hésitation de leur Seigneur. C'était une chance vu les attentes des Seigneurs d'un duché martial et enfermé dans le carcan de la chevalerie qui avait tellement d'attente vis à vis de leur suzerain. A la fin, vu le flot d'hémoglobine qui aurait recouvert l'armure de Renaud, l'on dirait qu'il avait fait sa part, et que son baptême était une réussite. Une réussite, quel beau mot qui ne voulait rien dire, alors qu'il cherchait à rester à l'arrière, couvert par sa garde, ne frappant que ceux qui pouvait menacer sa vie, et évitant de mettre inutilement sa vie en péril. La chevalerie eracienne qui avait encaissé le premier choc aurait pu imploser vu la férocité adverse, et seul deux raisons permirent de garder la cohésion. La première était le fait que les renforts n'étaient pas loin, et l'on attendait d'ailleurs avec impatience leur arrivée, qui sembla durer des heures. La seconde était que le premier choc fut encaissé par l'élite de la chevalerie eracienne.

De leur côté, les archers longs commencèrent à tirer sur les arbalétriers dès qu'ils furent à portée, en effet décocher leurs flèches au sein de la masse compacte de chevaliers n'étant pas une option, les traits ne différenciant pas les ennemis des amis. Lorsque l'infanterie fut mise en place, les tambours imprimèrent le rythme, succédant aux cors qui avaient sonné le ralliement. Les troupes se mirent alors en marche rapide pour aller aider les cavaliers, ils reçurent une grêle de carreaux, les trous furent comblés au fur et à mesure que les hommes tombaient, fauchés par le tir nourrit que les velteriens faisaient pleuvoir sur eux. L'échange de flèches et de carreaux s'amenuisa quand tout ce beau monde arriva au contact. L'arrivée des troupes aretanes réchauffa aussi les cœurs et maintint le moral au beau fixe, alors qu'on se préparait à un massacre, et que l'on commençait à penser aux rançons que l'on pourrait se faire. Certains étaient spécialisés la dedans, et apprenaient par cœur les armoiries, ainsi que les situations économiques des chevaliers, afin de connaitre les meilleurs coups à faire pour remplir leurs caisses.

Lorsque les fantassins arrivèrent au contact, la situation ne fut pas aussi simple que cela aurait pu être. L'avantage d'un piquier sur un cavalier était indéniable, sauf lorsque les cavaliers amis faisaient partit du lot. Il n'était alors pas possible de former une ligne compacte pour repousser les montures. L'hésitation sur la manière de procéder se fit alors jour. Renaud tenta de faire sortir sa cavalerie pour laisser le champ libre aux piétons, mais la proximité était trop forte entre les hommes qui s'écharpaient allègrement n'avaient aucun moyen de rompre le combat. Les piquiers commencèrent alors à se faufiler, cherchant à se mettre à l’abri des carreaux, et à faire pencher la balance à leur avantage.

Et puis soudain, ce fut la débandade, l'ennemi rompait le combat et battait en retraite. Renaud, tout en n'appréciant pas la guerre, avait apprit la stratégie, la tactique, et à garder son sang froid. Et même si cette première avait ébranlé certaines certitudes chez lui, et que ce n'était pas son sujet de prédilection, son cerveau fonctionnait toujours

"Ou se trouve Sire Robert ?"

Des cris succédèrent la demande, cherchant ou se trouvait l’intéressé. Celui-ci rejoint rapidement son Seigneur, alors que les chevaliers poursuivaient les fuyards

"Votre altesse ?"

"Il ne faut pas poursuivre l'ennemi, je crains aussi une autre embuscade dans la foret qui nous attende, et je ne souhaite pas tomber dedans comme le premier des imbéciles"

Peut être qu'l n'y avait pas d'embuscade prévue, mais Renaud préférait les laisser s'enfuir et préserver ses troupes, bien plus nombreuses avec la coalition, que de se faire massacrer sur un coup de tête

"De même, notre groupe est trop fatigué, les montures sont fourbues, reformer la ligne d'infanterie, et divisez la en deux, la première en direction du bois pour éviter toute mauvaise surprise, la seconde pour aller appuyer le centre. De même, que le groupe de cavaliers d'Ernest charge le centre avant de ressortir, en attendant mes instructions"

Le groupe de Renaud, composé de cent chevaliers, enfin moins dorénavant, devait récupérer, ce qui n'était pas le cas des trois cents qui avaient mené la seconde charge, et qui était bien plus fraiche

"Que l'on cherche dame Aliénor, ou les capitaines aretans pour les remercier, et leur demander de se coordonner avec nous pour la suite"

Robert transmis les ordres de son Duc, et les cors sonnèrent pour annoncer les mouvement demandés. Une vingtaine de chevaliers continuèrent malgré tout de courir derrière les fuyards, n'écoutant pas les ordres, trop absorbés par la gloire et les promesses de rançons.



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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Bataille de Valdrant PV   Mer 29 Nov 2017 - 3:47




La pagaille. Qu’importe le talent, l’expérience ou le courage des hommes, une fois que s’entonnait la goualante du champ de bataille, alors que s’accordaient hurlements douloureux, ordres impétueux ou cris de guerre, plus rien ne s’entendait à l’ordre. De tous bords tous côtés les hommes se démenaient afin de repousser l’ennemi, les chevaux galopaient dans tous les sens –pour la plupart meurtris à maints endroits- et que dire du sol, rouge comme un fond de tonneau de vinasse, s’y accumulant cadavres et corps mutilés. Au travers la mêlée, quand bien même que commençait les Égides Berthildois à reprendre le dessus, ils perdirent leur but initial, leur raison d’être et ce pourquoi ils arboraient ce surnom : Louis avait disparu dans la mêlée. Heureusement pour eux, à leur insu, l’héritier des Saint-Aimé persistait.

Ainsi, le coup lancé par Ernst frôla de justesse le visage du Régent, si bien qu’il fit là, belle démonstration du coupant de sa lame, alors qu’il lui priva de quelques cheveux au passage. Plus agile qu’il l’eut cru, Louis n’eut point temps de retrouver sa contenance, que d’ores et déjà il se devait de parer d’autres coups, iceux insufflé d’une colère et d’une hargne sans commune mesure. Louis alors, comprit que l’homme devant lui n’avait que faire de perdre la vie, du moment qu’il emportait avec lui celle du Marquis. D’une roulade boueuse, Louis creusa une distance suffisante pour se redresser et ainsi, pouvoir donner un peu de fil à retordre à l’envahisseur. Les coups s’échangèrent, des coups qui emportèrent même parfois la lame du jeune Saint-Aimé, tant la force de son ennemi surplombait la sienne. Par obligation, des pas de reculs se devaient d’être fait, jusqu’à ce que Louis se bute conte le dos d’un de ses comparses tout aussi lourdement harnaché qu’il l’était. À peine avait-il constaté de qui il s’agissait, qu’Ernst lança une attaque frontale sur Louis, qui esquiva au dernier moment, mais qui laissa la clavicule de son comparse bien à l’évidence. Celle-ci accueillie d’ailleurs froidement la lame d’Ernst, qui s’y enfonça comme dans un bloc de beure, entre deux plaques de son armure, tirant au fait même un hurlement d’horreur de la pauvre victime. Triste sort pour l’égide, tous en conviendront, mais il y aura d’autres moment pour le pleurer. Sur l’heure, le faon Berthildois profita du moment pour se ruer sur Ernst, venant faire s’abattre de tout son poids sa lame contre la sienne, de sorte à la lui faire lâcher prise.

Le coup porta ses fruits, mais l’homme n’avait dit son dernier mot et répondit d’un coup de poing –aussi bien dire un coup de massue- directement à la tempe de Louis qui, sonné à l’instar de son vol plané de tantôt, lâcha lui aussi son acier. Ainsi, désarmés tous deux, c’est en bêtes féroces qu’ils se combattirent à main nus, comme le firent jadis les premiers hommes. Après un moment à s’échanger d’aussi douloureuses politesses et à se gaver la bidoche d’acier, Louis se rendit à l’évidence que ses chances s’amoindrissaient. Il était au sol, complètement poisseux et le visage sanguinolent, le souffle court et le moral frôlant dangereusement le zéro. Lui qui s’imagina la guerre comme étant possible d’être proprement faite, honorable et juste, était loin de se douter à quel point plus rien n’importait, une fois qu’on envisageait notre prochain respire comme étant le dernier. Alors, Ernst s’approcha, prêt à porter le coup le plus conséquent de l’histoire de cette guerre … Il retira son heaume puis le prit entre ses dix doigts tremblotants d’excitations, leva les bras dans les airs afin de faire s’abattre la guillotine sur Louis, puis … Se retrouva à son tour virevoltant dans les airs, alors que lâchement Louis venait de profiter du terrain boueux pour lui administrer un croc-en-jambe improvisé. Sans perdre une seconde, Louis roula puis s’empara d’une lame perdue, afin d’y introduire la pointe entre deux maillons faible de l’armure d’Ernst.

Ses hommes avaient vaincus, lui également, mais y avait échappé de peu.


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