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 Un dragon ne fait pas le printemps... [Ouvert]

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Morek Tête-de-fer
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MessageSujet: Un dragon ne fait pas le printemps... [Ouvert]   Mar 7 Nov 2017 - 22:26


Un dragon ne fait pas le printemps...






Le Dragon couché : le ciel vide, la terre lourde, les nuées troubles ; soleil et lune étouffant leur lumière : le peuple porte le sceau d’un hiver qu’on n’explique pas.

Le Dragon bouge : le brouillard aussitôt crève et le jour croît. Une rosée nourrissante remplit la faim. On s’extasie comme à l’orée d’un printemps inespérable.

Le Dragon s’ébroue et prend son vol : à Lui l’horizon rouge, sa bannière ; le vent en avant-garde et la pluie drue pour escorte. Riez d’espoir sous la crépitation de son fouet lancinant : l’éclair.



Début du Mois de Favriüs de la 10ième année du XIème Cycle

Kirgan, Cité des Rois, Salle du Trône & abords



Rien ni personne ne pouvait rivaliser de grandeur avec le nord de la nanie. Peu de lieux pouvaient également rivaliser en dangerosité. L’emprise nanique sur ces territoires n’avais jamais été totale autant que la mémoire naine s’en souvenait, c’est à dire depuis des temps immémorables. Ces lieux de perdition étaient pourtant l’objectif très concret de l’expédition que mettaient au point le premier cercle des nains du royaume.

La visite du roi à Thanor n’avait été qu’un prélude à cette décision. Outre les outrages politiciens du conseil de Thanor, outre les problématiques bien réelles liées à la démographie nanique, outre les différents projets techniques que l’on avait pu évoquer, restait la réalité d’une menace draconique sur le royaume. Car c’était de cela et de rien d’autre que l’on avait discuté en comité plus réduit. Le roi, son fils, quelques conseillers dont la taciturne Voix de Thanor.

Le retour vers le nord du royaume et vers la capitale retrouvée de ce dernier avait été une décision rapide et facile de ce début de printemps. Car si le grand Roi pouvait trouver à Thanor un luxe digne de sa condition, il ne reflétait en rien la richesse réelle du royaume dans sa globalité ou même les difficultés dans lesquelles le royaume se trouvait.

Les deux métropoles de ce royaume Lante et Thanor, étaient des bulles de richesse et d’organisation qui étaient au final des dignes représentantes de ce que le royaume avait pu être, mais toutes aussi puissantes et orgueilleuses que ces deux cités puissent-être, elles ne pouvaient camoufler éternellement la décadence qu’ils devaient maintenant parvenir à contrer.

Et c’était bien là l’objectif de chacun des dawis disposant d’une responsabilité dans ce royaume. Il s’agissait ni plus ni moins que le devoir impérieux que leur dictait leur honneur. Chacun était conscient de cette mission qui relevait presque autant de la quête sacrée que du sacerdoce.

Morek était en cette soirée de printemps accoudé à une fenêtre de la cité de Kirgan. Si l’on pouvait réellement appeler cela une cité. Naturellement les affaires avaient repris et l’on pouvait voir que la passion des nains pouvait faire bouger les montagnes. Les ruines ressortaient de leurs cendres avec modestie. Même l’industrie naine ne pouvait espérer obtenir des résultats spectaculaires en peu de temps. Car le temps était l’essence des empires. Kirgan ne s’était pas faite en un jour, elle ne se reconstruirait pas non plus en un jour.

Et pour reconstruire, il fallait la paix et la sécurité. La paix d’abord avec le reste du royaume. Cela avait eut du succès puisque l’on avait remis à leur place les nains de l’Est qui comme d’habitude s’étaient montré moins prompts à serrer les rangs que leurs compatriotes septentrionaux, méridionaux ou occidentaux. Almis avait été vaincue, on avait placé les lieux sous surveillances et l’on veillait à ce que l’ordre des choses reviennent dans la cité rebelle. Le royaume serait uni sous un régime bienveillant, équilibré mais n’admettant pas la trahison ou le déshonneur.

La sécurité maintenant était à garantir. Et cela passait impérativement par trouver des informations sur ce dragon noir qui avait fait tant parler de lui lors de l’assaut sur Almis. Cet ennemi invisible était aussi inquiétant qu’il était inconnu.

Car si l’on résumait les informations que l’on avait sur la bête, il s’agissait ni plus ni moins que d’une simple vision commune aux assaillants d’Almis.

Morek avait échafaudé plusieurs théories et la plus inquiétante était que ce dernier soit en fait l’instigateur ou la puissance néfaste derrière les assauts de gobelins ou de certaines hordes de nains des montagnes passés du côté de la folie. Qu’une puissance étrangère soit la source d’une certaine forme d’organisation derrière ces ennemis des bordures était inquiétant. Car l’histoire et le bon sens commandaient à Morek et à ses pairs de se méfier de sous-estimer cet ennemi ailé.

Et pour mieux connaître son ennemi il fallait l’étudier. Morek était arrivé à Kirgan deux ennéades après le retour du Grand Roi dans sa capitale. Et en cette froide matinée de Favrius il se rendait dans la salle du trône pour y discuter les derniers préparatifs et décider une fois pour toute qui viendrait dans cette périlleuse aventure en territoire ennemi.

Son arrivée dans la salle du trône fut remarquée car à son habitude il fit part de peu de diplomatie, entrant dès qu’on lui en avait donné l’autorisation sans réellement faire attention à l’étiquette. Il était un nain tout entier conduit par la logique et par une profonde envie d’être efficace dans tout ce qui était nainement possible. A ce titre il ne s’offusquait que peu de trop de diplomatie. Il préférait être direct.

Il s’avança donc jusqu’au grand roi et  avec une révérence qui fut aussi courte que polie, il dit un simple.

“- Grand Roi… Je viens de Thanor comme nous en avions discuté pour parler avec vous de l’expédition de reconnaissance que nous devons mener au grand nord… Oui… Au grand nord…. Il nous paraissait clair que ceux de notre royaume les plus à même de venir à bout de cette mission devait s’en charger. Ni moi ni vous sommes des dirigeants de palais… Me voilà donc.”
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Hardrek Poing-de-Fer
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MessageSujet: Re: Un dragon ne fait pas le printemps... [Ouvert]   Jeu 9 Nov 2017 - 13:01

Hardrek appréciait Morek. Bien que vivant la moitié du temps dans un univers de chiffres, de rouages, de bras de torsion et de capacités logistiques, la Voix de Thanor constituait l'un des nains les plus fiables qui puisse se rencontrer dans tout le Zagazorn. S'il vous affirmait être en mesure d'accomplir quelque chose, nul doute qu'il ait soigneusement étudié les probabilités en amont ainsi qu'échafauder un plan B (voire un plan C) dans le cas où le plan A échouerait. Les poè-tes affirment que le hasard met du piment dans la vie, Morek était plutôt du genre à clouer le hasard au fond d'un cachot avant d'entreprendre une action importante. Au vu de l'importance politique de Thanor, mieux valait que la cité portuaire soit dirigée par des dawis comme lui que par des marchands avides et peu scrupuleux.

Ce jour-là, peu de dawis se trouvaient présents dans la salle du trône à Kirgan, et les participants à ce conseil restreint étaient tous au courant de la volonté du roi d'en apprendre plus sur le lézard volant ayant fait parler de lui lors du siège d'Almis. Ce sac à main sur pattes ne devait pas être étranger à l'agitation des tribus gobelines, ni à l'apparition de Garmin ou tout du moins d'un prisonnier clamant l'être. Si le Zagazorn se trouvait enfin en paix intérieure, il fallait désormais assurer la sécurité des frontières nord et pour cela en chasser le reptile. Si cette chasse pouvait aboutir à une belle décapitation afin que le crâne du grand ver orne la salle du trône, cela serait joindre l'utile à l'agréable.

Une expédition allait donc partir pour le nord afin d'identifier où nichait l'intrus écailleux. Le voyage serait rude, compliqué, dangereux, bref la prudence indiquait qu'il ne fallait y envoyer que des dawis sacrifiables tout en gardant bien au chaud les chefs dont la survie s'avérait une nécessité politique. Bien évidemment, aucun connaisseur de la race des frères de barbe ne s'étonnera dès lors de voir Morek se proposer comme participant à l'expédition, ni le roi frapper du poing sur son accoudoir et s'enthousiasmer :


Par ma barbe, mon ami, vous avez bien raison ! Il faudra de rudes cognards pour un tel voyage, point de pisse-lait ! J'en serai moi aussi !

Aussitôt un brouhaha s'éleva parmi les conseillers royaux qui avaient fort à faire avec ce suzerain trop portés à foncer droit sur le danger dès qu'il se présentait. La technique dite du "on serre les dents et on charge" constituait l'une des préférée d'Hardrek, au grand effroi de ses gardes qui avaient souvent bien du mal à lui expliquer l'importance d'être prudent. Cette fois cependant, l'unanimité réprobatrice réussit à infléchir le rude guerrier devenu roi, l'amenant à finalement accepter de n'être qu'un spectateur lointain de l'expédition. Un peu bougon, Hardrek laissa les autres participants à l'expédition se présenter.
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Skjald Tranche-Tête
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MessageSujet: Re: Un dragon ne fait pas le printemps... [Ouvert]   Mar 14 Nov 2017 - 21:18

Les nains étaient occupés à régler les problèmes dont ils sont ou étaient victimes, on essayait de rebâtir les villes perdues lors du voile. Cette épreuve à laquelle notre peuple est confronté, sera-t-il seulement à la hauteur de la surmonter ? Seul le temps nous montrera si nous sommes les dignes enfants de Mogar, mais pour l’heure tout porte à croire que c’est bel et bien le cas… Du moins en partie puisque beaucoup ont reniés notre père, mais c’est une autre question.

La démographie n’était pas au plus beau fixe pour notre peuple et il fallait admettre que je n’aidais pas vraiment à ce sujet. Le combat, la chasse étaient des choses qui m’intéressaient bien plus que la fondation d’une famille, du moins pour le moment. J’étais consciente que si je voulais revoir renaître mon clan des cendres, il était nécessaire d’avoir des enfants… Et probablement de nouveaux membres car je n’allais certainement pas pouvoir repeupler tout mon clan à moi seule.

Trêve de bavardage sur des sujets si insignifiants ! On m’avait proposée de rejoindre une expédition pour traquer un dragon qui avait fait son apparition, comme si l’épreuve du Voile n’avait pas suffit. Maintenant on avait un dragon aux fesses, mais c’était également l’occasion de se noyer dans la gloire. On n’avait pas tout les jours l’occasion de pourfendre un dragon et de pouvoir s’en vanter. Imaginez le prestige de notre peuple lorsque le monde apprendra que nous avons tués un dragon ? Ils comprendront enfin à quel point leur espèce est inférieure et misérable. Pendant qu’ils s’entre-tuent, pleurnichent et complotent, nous, nous combattons des êtres majestueux… Presque divin même !

Je rejoignis la cité de Kirgan qui avait été détruite, mais elle reprenait lentement la vie. L’un des grands travaux pour notre peuple pour surmonter l’épreuve. La cité avait perdu l’éclat qu’elle avait dans le passé, mais elle allait renaître de ses cendres pour devenir encore plus belle qu’elle ne l’était dans le passé et notre peuple se dépasserait encore ! Mais pour pouvoir reconstruire cette cité, il fallait garantir la sécurité de nos terres. Imaginez que ce fichu tas de viande volant nous emmerde jour et nuit ?  Détruire nos infrastructures, tuer nos frères et sœurs…

J’entrais dans la salle du trône lorsqu’on m’y autorisa enfin, fichu garde… Je portais toujours mon armure, il n’était pas question que je présente face au roi en robe ! Une bonne guerrière se présentera toujours en armure ! Du moins je crois, bon soi… Je fais une révérence en guise de respect, je me voyais mal y aller comme la dernière des paysannes humaines…  


Mon Grand Roi… Je suis Skjald du clan Tranche-Tête et une fière guerrière naine. C’est un honneur de pouvoir participer à cette quête, le nord ne m’est pas totalement inconnu. Je m’y suis souvent amusé en traquant des créatures. Je pense qu’il est temps de montrer à cette créature et au reste du monde que celui qui emmerde notre peuple perds la tête !

Je le fixais, avant de me déplacer pour laisser la place aux autres volontaires de se présenter pour cette noble quête. J’avais hâte de tuer cette créature et d’utiliser sa tête en guise de décoration murale ! Si nous savons tuer cette créature, nous saurons tous tuer !
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Haldin Barbedrue
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MessageSujet: Re: Un dragon ne fait pas le printemps... [Ouvert]   Dim 10 Déc 2017 - 7:41



10° Année - XIe Cycle
Favriüs•Printemps
Quelque part en Zagazorn...

Cela faisait un certain temps que nous ne t'avions plus vu, fils de Mogar, enfant de la montagne, poursuivant des forces septentrionales...
Pourtant tu es bien là, tu es présent, tu es un des socles de la société dawi, ta société. Haldin Barbedrue, Maître Éleveur des Terres de l'Ouest, les grandes pompes sont là, mais tu ne t'y fies guère. Un nain est ce qu'il fait, et non ce qu'il dit, c'est ce que tu te plais à répéter aux plus jeunes lorsqu'autour d'un feu, de tes contes ils s'amusent.
Tes – bonnes – actions sont quotidiennes et depuis ce grand foyer thanorite tu œuvres plus qu'à la reconstruite d'un monde, tu t'essoufles au maintien de l'équilibre que vous avez recalibré, vous détenteurs du roc, progéniture blessée.
Tu es las, non de ton vécu mais dû à vivre, ainsi les jours à défiler sont si longs que tu ne les comptes plus, par peur de devenir fou à lier...
Tu conçois la mornitude de ta vie, comme le restant de tes jours, et cela t'effraie.
Rester à Thanor et voir partir ton ami de toujours, au danger, certes, mais à l'aventure aussi, te rendrais fou de rage, et de déception. Car tu savais que l'ingénieur en Chef, la Voix de Thanor, ne partait pas à Kirgan pour une visite de courtoisie. Il partait, sans toi, pisteurs d'écailles qu'ils seraient lui et les plus braves...

Tu ne pouvais t'y résoudre, car toi aussi avais vu ce dragon, toi aussi voulais le traquer, voulais sa peau, l'éloigner de votre peuple, cependant, Morek avait insisté pour que tu restes tranquillement, au chaud. Il fallait que tu restes, maintenir à flot le navire, qui heureusement glissait toutes voiles dehors vers un horizon plus serein. C'était en effet pour la paix et la sécurité de tous que vous vous organisiez. Mais il fallait bien qu'un d'entre vous reste s'occuper des affaires courantes et du bon fonctionnement des rouages...

Et mon poing dans ta gueule ? –, vieux con...

C'est sur ces beaux mots de ta part, que Morek était parti en Terre du Nord, vous ne vous étiez plus parlé jusqu'au jour de son départ, et encore l'au revoir avait été des plus brefs.

Orgueil restauré tu reçus enfin, trois ennéades plus tard, une lettre, à laquelle tu répondis ainsi.


À Thanor,
Le soixante-quinze de ce mois-ci,

Mon cher ami,

Je lis et j'entends tes paroles, qui sont également miennes : je suis desolé.
Je puis te dire d'emblée, que si tu es un vieux con, je ne suis guère loin derrière toi, je crois même t'avoir dépassé, je suis bien loin devant, tu ne me le feras pas dire...

Cependant...

Comment t'expliquer cette chose, qui me tiraille, me tenaille, les armes de la vieillesse ennemie sont la réduction du futur et les lacunes en promesses d'avenir...

Comment... En si peu de temps je peux me rendre utile... Tel est mon questionnement... Car si l'avenir se profile, implacable, il est de surcroît, loin d'être limpide... Encore plus trouble devant l'apparition du danger ailé et réptilien, j'entends bien.

Comprends aussi que je ne pouvais rester ici les bras croisés devant les affres qui me tortureraient, te sachant toi au vif, et moi reclus aux besognes de gestions qui ne sont plus de mon plein gré appréciables...

Ainsi ai-je décidé en lisant tes mots que je devais accepter ton invitation – et celle du Roi – avec joie et reconnaissance. Avec honte aussi, celle de t'avoir mal jugé... J'ai vraiment cru que tu voulais te débarrasser de moi, que je reste ici plus par nécessité ou commodité, que par peur de me voir blessé ou dans l'attente de l'aval de notre cher Roi Hardrek... Ainsi les choses sont dites.

J'arrive, copains.



Tu avais laissé une personne de ton choix te représenter en Conseil de Thanor, ainsi ton neveu Athbor doucement s'accoutumait aux affres de ton métier, qu'un jour il devrait à ta placer officier. Après tout, tu ne serais pas Maître Éleveur pendant le restant de tes jours... Il te fallait marcher, courrir, voler...
Tandis que le corbeau filait dans les airs, tu avais déjà commencé à faire tes peu encombrants bagages – de quoi te vêtir chaudement, de quoi te défendre jusqu'à Kirgan. Le reste te serait fourni par tes camarades dawis, pourvu qu'ils ne soient pas trop loin, te disais-tu en chevauchant frénétiquement, pourvu que tu arrives à temps...


10° Année - XIe Cycle
Favriüs•Printemps
Dernier jour du mois
Vallée du Kirgion

Eh eh mais qui voici !

C'était toi, armé de tout ton courage, Grommtrommi enfin réjoui, comme un enfant devant sa friandise. Tu étais arrivé la veille au soir à Kirgan, ville en ruine, que dis-je capitale de vos souvenirs, et ce que t'y vis, t'effraya encore une fois. Cependant la joie que dénotait ta sensibilité, avait eu raison de ton cœur, les habitants riaient, jouissaient de la reconstruction de leur ville bienheureuse... En effet la joie y était, la foi aussi, et toute l'effervescence qui découlait du peuple dawi, investissant ces terres comme au temps des pionniers, te rassura, Kirgan n'était pas morte, juste blessée, quoique bientôt sortirait elle de sa convalescence et brillerait elle par sa fougue renaissante.
Visiter les recoins de ladite capitale fût néanmoins relégué à plus tard, car en effet cherchais-tu plutôt à rejoindre tes camarades qui s'étaient déjà mis en route un jour avant ton arrivée. Le Grand-Roi qui lui demeurait en la fière cité renaissante, te souhaitant bon courage, te promit abreuvement digne de ce nom, dès vôtre espéré retour. Tu te fis quelque peu accompagner par l'ancien guerrier devenu suzerain ; à mi-chemin il te laissa continuer seul, à peine plus loin que Kirgan tu talonnas ta monture à lui en faire péter les flancs, encore plus tonique que toi, elle fila à travers monts.

Tu étais fier de pouvoir servir, et comme à ton habitude, force est de pouvoir constater, tes prunelles irradiaient d'un feu jeune, vigoureux, que le vent portait vers l'inconnu. Pour l'heure il te porta enfin jusqu'à tes compagnons qui n'étaient en fin de compte qu'à un jour de Kirgan, foulant encore la vallée du Kirgion en direction des hauteurs, en direction du Septentrion. Bientôt commenceraient les sentiers escarpés. L'ascension vertigineuse​. L'épique aventure.
En chevauchant à leurs côtés, tu leur expliqua ce qui t'avait motivé à venir, ta fougue de vieux fou, ta crainte de croupir. Cependant tous savaient que tu avais fait ton caca nerveux et que, trop en manque de tes boutades et soucieux de mourir en rogne contre toi, Morek t'avait via corbeau, invité à les rejoindre, avec l'accord d'Hardrek bien-sûr, qui lui pour le coup ne pouvait s'offrir en pâture comme vous le faisiez tous, mais qui comprenait ce qui t'y poussait... Car si les terres rocailleuses et printanières qui s'étalaient derrière vous étaient contrôlées par vos forces, devant, plus haut, tout n'était que danger, lieu de perdition qu'hélas vous ne fréquentiez plus depuis des lustres...

Plus tard, en prenant place devant un feu de camp troglodyte – c'était dans une crevasse que vous aviez bâché vos couches – tu fus mis au courant des détails de votre expédition. Aujourd'hui serait votre dernière nuit en terrain conquis, demain le feu serait à bannir sauf lieu stratégique, demain les mires seraient à manier constamment contre le danger, scrutant les moindres recoins et vis-à-vis.
Vous étiez une bonne vingtaine, plutôt une trentaine en comptant les bêtes qui vous accompagnaient, et tout était prévu pour que chaque membre ai un rôle défini : tous étaient guerriers aguerris, nonobstant lui s'occupait des repas, elle des animaux de bât, tandis que l'autre ouvrait la marche, jusqu'à Jeanine la chèvre qui serait là en cas de coup dur... Et même si dans le profond de ses yeux elle connaissait son sort, c'est avec une certaine fierté qu'elle vous suivait sans rechigner.
Lorsque tu demanda ce soir-là au groupe pourquoi les préparatifs avaient tant duré, ils te demandèrent à juste titre si tu n'étais pas un elfe par hasard, car qui connaissait ta race, savait son rythme réfléchi et cauteleux. Tout avait été prit en considération, les vents, la pluie, la lune, la nourriture, la date de ruth des bêtes sauvages, le poids des équipements puis leur qualité maintes fois testées, la discrétion des accoutrements, tout et rien avait été étudié puis contrôlé : car qui connaissait Morek, n'aurait pu croire qu'icelui prenne à la légère une aventure de cette envergure.

Si le Roi avait dû rester à Kirgan, Thanor se voyait privée de deux figures emblématiques politiques et sociales, trop importantes pour être offertes en pâture aux Berserker de Mogar et aux dangers que recelaient les Hautes-Terres que vous vous apprêtiez à franchir. Cependant vous faisiez lui et toi partie de l'aventure, ainsi que d'autres frères et sœurs Dawi, et pour bien faire, nul doute qu'il fallait revenir. Et pour cela, des préparatifs minutieux devaient avoir lieu, incontestablement...


10° Année - XIe Cycle
Barkios•Printemps
À l'orée du Septentrion...

... un petit groupe s'imisce. Comme si le destin avait voulu ouvrir un nouveau chapitre ; c'est le premier jour de Barkios printanier qui vous accueille en terre étrangère. Dans l'air se fait déjà sentir le froid de la neige hautaine, qui pour alimenter la férocité des lieux, jamais ne fondait... Pour l'heure elle ne faisait que plisser vos fronts par son éclat lointain, plus tard elle vous refroidirait les pieds, qui posés sur son lit blanc, pouvait trahir jusqu'à vôtre présence...

Jusqu'à ce que tu siffles, et qu'il te réponde, personne ne remarqua vôtre majestueux compagnon. Car ce n'était pas Opium ton galioth qui bêlait, ou Skjald qui chantait, mais bien Zytoû l'aigle géant qui en criant piquait droit sur vous. Avait-il, déjà, repéré quelque chose ?


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Brynhild Odomar
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MessageSujet: Re: Un dragon ne fait pas le printemps... [Ouvert]   Lun 25 Déc 2017 - 16:55




Peu de choses séparaient le courage et la témérité. Le courageux savait que son acte serait empli de risque périlleux. Mais le téméraire faisait fi du danger et fonçait tête baissée vers l’honneur et la force.
Brynhild avait été téméraire, cherchant la bagarre et la réussite guerrière. Mais son expérience et son âge avançant, elle avait comprit que comprendre le risque était bien plus important que tout le reste. Le risque de périr pour le bien commun était plus honorable que celui de son simple honneur. Car il était bien plus facile de voir son nom disparaitre dans les méandre de l’histoire que d’y participer.
Ainsi lorsque la rumeur d’un dragon se répandit, tel une trainée de poudre, à travers le Zagazorn, il fut décidé par le conseil familiale que la Louve devrait s’y rendre avec une troupe composé de vétéran et de dawis en pleine force de l’âge. Ses récents exploits militaires, remarqué par le roi lui même, avaient accru la popularité de la naine au sein de son propre clan, mais aussi renforcé ses positions pour l’acquisition du siège de Thane au décès de son père.

C’est ainsi qu’elle prit la route avec une quinzaine de nains de son clan, prêt à en découdre avec le cracheur de feu. Mais la patience était de mise. Il fallait avant tout qu’ils fassent route vers Kirgan afin de présenter leur respect au Roi Hardrek, mais aussi qu’il explicite la demande de leur quête. Sans doute plusieurs autres nains avaient prit les devant pour aller demander des troupes pour terrasser la créature qui dévastait les Terres du Nord.
Le temps pressait. S’ils ne se hâtaient pas vers Kirgan, l’expédition se déroulerait sans leur appuie.
Mais surtout, la naine trépignait d’impatience de voir cette créature cracheuse de feu. Elle avait été bercé par les contes que lui lisait sa mère, et plus souvent par sa nourrice, qui parlait de ce monstre.
Une entitée ailée, produisant un sifflement strident à chacun de ses battements d’ailes, crachant du feu sur ses ennemies, et si avide de richesse et d’or. Aucune créature vivante n’avait eu autant soif d’or que celle-ci.
Le mythe parlait d’un moyen de le tuer en lui arrachant une écaille et en plantant son arme au plus profond de sa chair. Mais c’était une quête difficile et périlleuse. Deux mots qui avaient toujours fait frémir la naine de plaisir.

Il y avait plus d’une semaine de marche pour se rendre à Kirgan, lieux de stature du pouvoir. Ce n’était certes pas la première fois qu’elle s’y rendait, mais au commande d’un bataillon de dawis, oui.
La troupe avançait d’un bon pas vers leur destination, gagnant un jour sur leur trajet. L’arrivée sur Kirgan était comme d’habitude, impressionnante. Non seulement sa part de décripitude et la beauté ancienne de l’art nainique.
Poussant les lourdes portes de la salle du trône dans un crissement faible, la naine pénétra auprès du roi. Il y avait quelques mois qu’elle ne l’avait vu. Ils avaient combattu ensemble durant son tour du Zagazorn.


"Mon roi, j’ai ouie dire qu’une quête se prépare pour dénicher un dragon de sa tanière. Est-ce vrai? Car j’ai avec moi une quinzaine de dawis dans la force de l’âge prêt à en découdre avec ce serpent cracheur de feu!"
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Hardrek Poing-de-Fer
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MessageSujet: Re: Un dragon ne fait pas le printemps... [Ouvert]   Dim 31 Déc 2017 - 12:26


HRP:
 

2ème ennéade du mois de Barkios, 10ème année du XIème cycle

Rester à Kirgan ne voulait pas pour autant dire rester inactif, et le Grand-Roi du Zagazorn comptait bien s'occuper lui aussi du problème que posait à son royaume la gente draconique. Si l'expédition qui s'était enfoncée au loin dans les monts du Septentrion réussissait à découvrir l'antre du grand ver, encore faudrait-il trouver un moyen de s'en débarrasser. Conscient qu'aucun bras dawi n'aurait la force de trancher la robuste armure d'écailles du monstre, Hardrek avait ordonné aux meilleurs ingénieurs de Thanor de travailler à la résolution de cet épineux problème. Le cahier des charges fonctionnel édicté par le souverain s'avérait assez simple : "mise à disposition d'une arme apte à blesser significativement un dragon et transportable à dos de dawis en terrain accidenté". Voilà, débrouillez-vous avec cela, messieurs les spécialistes en armements !

Une caravane en provenance de Thanor était arrivée la veille avec le résultat des recherches afin de le présenter l'arme au roi et aux principaux Thanes présent à Kirgan. Les ingénieurs de la cité portuaire venaient de finir la mise en place du champ de tir après une nuit fiévreuse de travail ponctuée de coups de marteau et de jurons. Situé au bas d'une falaise, le champ se trouvait occupé par une baliste assez massive mais qui présentait surtout la particularité de pointer son carreau vers les hauteurs grâce à un réseau de câbles et de roues dentées faisant penser au rêve d'un horloger fou pris de hoquet après une nuit d'ivresse. L'ingénieur en charge du projet et qui dirigeait le groupe des dawis de Thanor ouvrit grand son gueuloir et commença ses explications d'un air docte probablement moult fois répété devant un miroir.


Votre Majesté, honorables Thanes, voici l'arme demandée. Il s'agit d'une baliste reconfigurée en position semi-verticale afin de viser des cibles aériennes. Comme vous le constaterez, des engrenages permettant d'ajuster la hausse et offrent également un débattement latéral apte à suivre le mouvement de l'ennemi. Les bras de torsions ainsi que le système d'ancrage de la glissière de tir ont été renforcées par des plaques de métal permettant une amélioration de la poussée au déclenchement de plus du triple.
Plus 312% de poussée, 35° à 75° de hausse, débattement latéral de 20° sur emplacement fixe, marmonna l'assistante de l'ingénieur qui devait avoir été formée à l'école Morek.
Les principaux éléments peuvent se désemboîter afin de permettre le transport de l'arme. Les projectiles sont des carreaux de balistes standards sur lesquels des quadruples ailettes directionnelles permettent une meilleure stabilité en vol. Afin de faciliter la visée, nous avons également installé des marqueurs d'échelles à côté du levier de déclenchement, cela afin de permettre aux artilleurs de jauger la perte d'altitude due à la courbe de tir.

Le Grand-Roi et les Thanes approuvèrent d'un hochement de tête les explications qu'ils n'avaient pas forcément entièrement comprises, mais l'essentiel à leurs yeux demeurait le résultat.

Et comment s'appelle cette arme ? demanda le Thane des Boucliers d’Airain.
Euh... nous n'avons pas réfléchi à un nom officiel...
Il s'agit de la baliste Thanor modèle 34 version 85, interrompit doctement son assistante en redressant la caboche.
T-34/85 ? Non, jamais un nom comme celui-là ne fera sérieux pour une arme. Il nous faut un nom apte à éveiller la fierté martiale, un nom qui réchauffe les cœurs et rassure chaque dawi sur la supériorité de notre armement. Utiliser un acronyme, par exemple ? Que pensez vous de la Baliste d'Interdiction du Territoire aux Ennemis Sauriens ? Ce serait superbe d'ordonner en pleine bataille à nos cognars "Armez vos B...."

Le silence se fit dans l'assistance.

Non, hein ?
Non, confirma sèchement le roi tandis que quelques queutars venus de la cité pour assister à la démonstration pouffaient dans leurs barbes naissantes.

Se grattant le renifloir pour retenir sa propre hilarité, l'ingénieur en chef vint se positionner à côté de la baliste et vérifia les réglages de tir que son équipe avait paramétrés afin de viser le mur de briques installé au bord de la falaise et sur lequel se trouvait grossièrement peint la silhouette d'un dragon. Un dernier coup de manivelle pour orienter la visée au mieux puis le poilu se saisit du levier d'armement.


Prêt ? Feu !

D'un geste, il abattit le levier et le massif carreau jaillit vers les hauteurs, comme vomi par un titan. L'impact sur le mur fut d'une rare violence et l'obstacle éclata littéralement, envoyant valser en l'air des briques dans toutes les directions, certaines retombant en bas de la falaise non loin des spectateurs qui reculèrent précipitamment de quelques pas. Lorsque la poussière soulevée par le mortier se fut dissipée, les dawis purent constater que le mur présentait un trou massif par où ils auraient pu passer tout entier. Il suffisait d'imaginer les dégâts que cela pouvait occasionner en situation réelle, fusse face à une créature aussi bien protégée que celle à laquelle tous pensaient en cet instant.

Magnifique. Je ne sais pas si cette baliste peut tuer un dragon, dans tous les cas elle peut lui passer l'envie de rester sur nos terres. Lancez immédiatement la construction d'une dizaine d'unités.

Tournant les talons, le Grand-Roi reprit la direction de Fort Garmin. Pour un peu, il espérait presque que ce maudit dragon viendrait faire un tour du côté de sa capitale. La seule image du grand ver se faisant transformer en porc-épic par ces merveilles de technique lui ravissait l'esprit.
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Morek Tête-de-fer
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MessageSujet: Re: Un dragon ne fait pas le printemps... [Ouvert]   Lun 8 Jan 2018 - 21:05


Morek resta perdu dans ses pensées durant l’essentiel du voyage qui les avait mené jusqu’aux portes du septentrion. Cet état général caractérisé par son pesant silence n’était pas réellement un cadeau pour les autres, mais était loin d’être une surprise. Il avait pris avec lui beaucoup d’équipement qu’il portait sur son dos. Il n’était pas du genre à se plaindre beaucoup, encore moins à ménager ses efforts. Et par conséquent l’ingénieur chef et Voix de Thanor se taisait et contemplait les montagnes que pour en dresser la carte mentale et estimer par triangulation la hauteur des cimes, comparant ses estimations avec les cartes qu’il avait en mémoire. Lui n’avait pas ramené de carte. Il avait ramené un petit précis de navigation qu’il avait conçu en avance de phase du voyage.

Mais son esprit passait moins de temps à penser aux montagnes ou au dragon qu’aux très importantes et très ennuyeuses affaires qu’il avait géré à Thanor avant de partir. Il fallait dire les suites de la déchéance d’Olfar Veine-de-Bronze provoquait des retournements importants dans la société Thanorite et il fallait parfois que l’arbitre en chef soit présent pour apaiser les tensions.

Il pensait également à Kirgan et à l’avancée des travaux qu’il avait vu lors de son passage, avant le départ.  La ville n’avait que peu changé, et les travaux n’avançaient pas à la vitesse espérée. Il n’avait pas eu le temps de se préoccuper du pourquoi, mais il avait noté cette observation dans un coin de son immense mémoire. Sans aucun doute les chefs de chantier prétendraient qu’ils étaient dans les temps. Cette sorte d’ingénieurs nains avaient la fâcheuse tendance à être particulièrement optimistes dans leurs prédictions puis particulièrement de mauvaise foi dans leurs bilans. Morek attribuait cela à leur éducation et à leur fonds de commerce. Produire des plans pour des monuments et des bâtiments puis assurer leur exécution était la tâche assurant la plus grande pérennité dans le temps de leur nom. On passait chaque jour devant un monument, et on conservait pour l’éternité l’essentiel des bâtiments. Ainsi les noms de leurs contributeurs restaient. Faire un théorème, calculer le rendement d’une forge, découvrir un procédé industriel, voilà des tâches de bien des ingénieurs nains bien plus voués à l’anonymat. Et la chose publique avait ceci de négatif qu’elle pervertissait parfois l’âme des dawis.

Ainsi Morek n’en voulait pas particulièrement à ses chers architectes d’avoir à nouveau été trop optimistes sur le temps et sur le coût des travaux de Kirgan, mais il les attendrait au tournant néanmoins pour recadrer le projet. Ainsi allait la vie, ainsi allait les choses. Un bon chef était là pour féliciter quand les choses étaient bien faites, mais pour trancher, arbitrer et recadrer lorsque les choses dérivaient. Tant que les choses étaient faites avec justice et en respectant l’honneur de chacun, les dawis ne mouftaient que peu.

Le petit groupe de reconnaissance avançait lentement et à l’arrivée des premières neiges les choses commencèrent à devenir plus complexe. Morek attendrait encore un peu avant de proposer de porter au pied des sortes de grands mécanismes d’invention Thanorite permettant d’avancer plus aisément sur la couche de neige ou de glace. Ces mécanismes se laçaient aux bottes et permettaient de favoriser la répartition de la masse sur la couche de neige par un très simple mécanisme faisant ressortir de fines tiges de fer tressées lorsque le pied du nain s’approchait de la surface neigeuse.

Autre invention dans un tout autre domaine, il se demandait comment avait bien pu évoluer les avant projets de baliste antidragon dont il avait pu voir quelques ébauches à son départ. Si les dates avaient été respectées, la baliste spéciale devant servir à pourfendre le dragon devaient maintenant être en cours de test.

L’arrivée au bout d’un col de hauteur conséquente, qui marquait l’entrée dans des terres encore moins bien cartographiées que celles qu’ils venaient de parcourir marqua également l’appel aux cieux d’Haldin. Ce dernier venait d’appeler son fidèle allié des cimes qui visiblement avait fait tout ou partie du chemin avec eux. Morek fit défiler dans sa mémoire les images de leur voyage qu’il n’avait pas décidé d’oublier, et il ne trouva pas trace du volatile. Ce dernier n’était pas le dernier né des discrets de toute manière, encore moins le moins doué pour ce qui était de voir à distance. Qu’il ait pu rester à distance sans perdre le contact visuel n’était guère étonnant.

Restait que le volatile ne s’était pas approché que pour répondre à l’appel de son ami. Ce dernier semblait avoir trouvé des indices pour le groupe. Tout du moins son impatience à vouloir pointer une direction au petit groupe était claire. Il fit plusieurs aller et retour pointant en direction d’une montagne proche, de taille moyennement élevée et sur laquelle visiblement se trouvait des ruines au sommet.

Morek sortit de son sac décidément bien chargé un ustensile permettant de mieux apprécier la chose visuellement en grossissant fortement la vue. Il se servit de l’outil pour déterminer la distance et l’élévation. Il ressortit un petit cahier de sa besace.


« - Il s’agit des ruines de fort Kheluz sans aucun doute. Une des forteresses perdues du nord. Oui… Du Nord… D’après les écrits de Narag l’Ancien cela concorde. Il devrait y avoir un accès sous-terrain, ce qui nous permettrait d’éviter l’ascension périlleuse par le côté. Oui… Le côté. Qu’en dites-vous ? »
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Haldin Barbedrue
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MessageSujet: Re: Un dragon ne fait pas le printemps... [Ouvert]   Dim 14 Jan 2018 - 15:42





- Il s’agit des ruines de fort Kheluz sans aucun doute. Une des forteresses perdues du nord. Oui… Du Nord… D’après les écrits de Narag l’Ancien cela concorde. Il devrait y avoir un accès sous-terrain, ce qui nous permettrait d’éviter l’ascension périlleuse par le côté. Oui… Le côté. Qu’en dites-vous ? »

Et vous dîtes, « allons-y ». Il était impératif pour vous tous de trouver la menace qui pesait sur votre peuple, et de l'exterminer. Il était indiscutable pour vous de voir se faire les choses, à la façon du vil et de l'irréel ; n'étiez vous donc pas un peuple digne du savoir et du vouloir que votre race allait léguant depuis des lustres. Vous étiez des combattants, et que ce soit face aux forts que ce soit face aux faibles, vous étiez sans préférences, vous y alliez courageux, coûte que coûte, soutenir vôtre front. Il fallait à vrai dire être fous pour traquer un dragon, lorsque celui-ci n'était apparut qu'une seule fois, à un seul groupe de personnes. Mais il semblait y avoir autre chose, de plus inquiétant, de plus... Macabre.

C'est en retraçant à vous tous dans vos mémoires et dans les récits de Narag l'Ancien, l'endroit où se trouvait l'accès à la ruine en question, que vos pas se firent diligemment menés devant cette faille. Il vous fallut une demie journée afin d'entrevoir... Une faille énorme qui de vos pieds jusqu'aux hauteurs indicibles fendait le roc lisse que présentait cette surface. L'endroit semblait oublié depuis bien trop longtemps.

Il fallait savoir qu'ainsi toi et les tiens étaient en trainant d'économiser plusieurs jours de marche en optant pour cet itinéraire-ci. Mais, il pouvait être mortel. L'autre pouvait l'être tout autant d'ailleurs. Que pouvait-il ne pas l'être ?
Non sans un dernier regard en arrière vers les lumières du soir, vous vous fondîtent dans le noir des galeries. Sans oublier qu'au loin l'aigle et compagnon de votre corps d'expédition, tournait incessamment, désireux sans doute de vous revoir, sans doute vous reverrait-il ?

Pardis qu'ils étaient sombres ces tunnels, bien plus que de coutume pour des nyctalopes tels que vous, alors vos yeux se firent plus perçants, plus précis dans l'obscurité maîtresse. Vos souffles quant à eux se firent plus saccadés tandis que vous progressiez doucement vers ce qui vous mènerait aux ruines du fort Kheluz.
Tu marchais comme à ton habitude aux côtés de Morek, peut-être cela te rassurait ? –, lorsqu'enfin un élément perturbateur vint immédiatement cesser vôtre progression. Une odeur, c'était une odeur fétide, que ni toi ni les tiens semblaient ignorer, ni méconnaître.

Car ton bide aux remontées acides par tant d'alcool de manioc ingéré, ne pouvait supporter plus longtemps ces putrides relents, tu te vidas d'une seule traite sur les chausses d'un de tes compagnons.
Deux autres gaillards voulurent t'imiter, lorsque tu les interrompit intimant au silence. Ils vomirent en silence.

Avançons prudemment. Prononçais-tu alors, inquiet.

En plus des vomis, devant vous, plus loin, gisaient des dizaines de carcasses de... De quoi étaient-ce, au juste, ces carcasses ? Vous ne tarderiez à le savoir. Plus que quelques mètres...


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Morek Tête-de-fer
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MessageSujet: Re: Un dragon ne fait pas le printemps... [Ouvert]   Jeu 18 Jan 2018 - 23:39

Le froid et la difficulté devaient attendre le groupe alors qu’il s’approchait de l’imposante montagne sur laquelle l’antique fortification était édifiée. En effet la marche devint de plus en plus complexe, comme si les éléments ligués contre la cohorte avaient décidé de placer un dernier effort contre le groupe avant qu’il ne passe dans des souterrains où le vent et la neige n’auraient plus d’influence. Morek quant à lui détermina qu’il fut logique que le vent progresse tandis qu’ils entraient dans la partie la plus abrupte du relief de la vallée. La forme générale des lieux, combinée à la direction actuelle du vent de nord-nord-est conférait à la vallée à la forme d’entonnoir un risque élevé de rafales dans son extrémité ouest. Le flux d’air dont on pouvait sans trop y réfléchir déterminer qu’il devait contourner le flanc de la montagne -surtout en se rappelant que le massif d’Atkât, ou ‘silence’ en dawi qui démarrait immédiatement après le flanc ouest de la montagne ajoutait à cet effet – pour ensuite se retrouver libéré une fois passé le col de Shathûr.

L’ouverture dans la montagne se trouvait précisément à l’endroit ou ne l’attendait pas Morek. Le plan qu’il avait prit la peine de retenir était donc faux. Il ne fit aucun commentaire. Et à l’entrée dans le souterrain, se contenta d’examiner les vestiges de ce qui avait été une porte d’entrée. Elle était de bonne facture, mais Thanor avait fait mieux. Au moins était-il rassurant que l’état de l’art des ingénieurs dawi avait progressé depuis les temps glorieux de la construction de fort Kheluz. Morek retirait toujours une certaine fierté à contempler d’anciens monuments, mais n’avait aucune sorte d’attrait pour les ruines. Lui aimait les choses fonctionnelles. Visiter une ruine pour un ingénieur de sa trempe était aussi amusant que de procéder à une autopsie. C’était naturellement intéressant, mais il n’en tirait aucunement la satisfaction de faire vivre quelque chose. L’Histoire n’avait d’intérêt pour Morek que pour trouver le moyen de la dépasser. En cela il était bien moins conservateur que la plupart de ses comparses. Il avait appris à éviter de faire des bourdes en public. De fait il ne s’engagea pas sur le chemin glissant de critiquer à haute voix l’ingénieur qui avait stupidement conçu cette porte d’entrée.

« - Nous sommes sur le bon chemin. » se contenta d’affirmer le dawi de sa voix comme d’habitude monocorde. Il prit le temps de déchausser les mécanismes de marche sur terrain neigeux. Il proposa que chacun garde dans son paquetage ces prodigieux instrument. D’une part cela lui ôterait un peu de poids de son dos, d’autre part s’il était séparé, leur chance de survie serait augmentée s’ils avaient ces outils pour progresser dans le blizzard, coupé des autres.

Morek sortit de son sac sa très chère arbalète automatique, la plaçant en bandoulière, ainsi qu’un bâton télescopique qu’il utilisa pour s’appuyer dans sa marche. Il sortit également une sorte de petit ustensile qui vint se clipser dans son casque. Il s’agissait d’une lampe assez puissante basée sur la combustion d’une huile produite par un minuscule champignon. Il ne l’utiliserait que s’il devait chercher à éclairer une zone en grand détail, pour mieux voir que ce que leur vision dans le noir normale permettait en temps normal. Morek sortit de sa besace son cahier habituel et nota quelques éléments incompréhensibles pour un dawi normal mais qui lui permettrait en temps voulu de corriger avec une précision diabolique les plans qu’il avait consulté sur l’entrée des ruines.

Morek constata froidement qu’une sorte de nomenclature de guidage existait dans les galeries. Les inscriptions éparses étaient plus modernes que la construction initiale, certainement placée là après la débâcle par des troupes en mouvement cherchant à se repérer dans le fort en ruine. Ce travail préparatoire aiderait Morek et ses amis en ce jour. Morek fit un signe rapide décidant de la direction à suivre. Il n’était pas réellement autoritaire en temps normal, mais lorsqu’il était à la décision, il n’était pas du genre à enrober dans moultes paroles et grands discours ses décisions. Autant les décisions sur la marche globale seraient prises par le groupe en consensus, autant lorsqu’il était guide, il n’allait pas demander leur avis aux autres en permanence.
Haldin et Morek ouvrirent plus ou moins la route. En cela la chose n’était pas inhabituelle. Bien que Morek fusse de loin le benjamin du duo, ils n’en étaient pas à leur première expédition. C’était néanmoins de loin la plus risquée de toutes celles qu’ils avaient entreprises jusqu’alors.

Morek ressentit bientôt comme les autres que quelque chose n’allait pas. Il fallut plusieurs minutes de marche pour analyser que c’était un problème olfactif. Morek, qui avait principalement prêté l’attention à l’architecture des galeries, émergea de ses pensées pour constater que ses collègues avaient été atteint d’une nausée telle qu’ils commencèrent à rendre leurs tripes. Il fallait bien avouer que la pestilence était terrible à bien y réfléchir. L’odeur en tout cas ne lui était pas inconnue, Morek lui connaissait cette odeur étrange et prenant au corps. De son air détaché et presque insolent il ne regarda même pas Haldin rendre leur déjeuner sur les bottes de Morek.

« - Avançons prudemment. » Ajouta Haldin. Recommandation inutile pour Morek mais qui aurait pu être pertinente pour les autres. Morek posa un doigt sur le sol avec la froideur métallique d’un automate. Il approcha son doigt de son nez. Son opinion était faite. Mais la nouvelle était encore plus inquiétante. Il serra un peu plus son baton dans sa main…

Morek fit un tour circulaire vers le ciel de la caverne, passant au crible de son regard chaque mètre carré de l’obscurité, cherchant à se constituer une image mentale du lieu. Il referait l’exercice dans quelques secondes. L’avantage de ne presque rien oublier, il arriverait instantanément à voir si quelque chose avait bougé… Même un prédateur très silencieux et habilement camouflé n’échapperait pas au crible.

Morek se reconcentra sur ses amis tandis qu’un des leurs lui tirait la manche pour attirer son attention à une pile de cadavre qui pourissait à quelques mètres. Morek replia son bâton et leva le cran de sûreté de son arbalète avant de la remettre en bandoulière. Tout en réalisant cette opération d’une main, il s’approcha de la pile de carcasses. Il enleva consciencieusement ses gros gants de voyage et passa un gant en cuir moins épais. Morek s’approcha avec lenteur et entreprit de constater l’odeur des carcasses. Ses peurs se confirmait. Si les carcasses sentaient la charogne, ce n’était pas de là que venait l’odeur. Et la probabilité que cela soit les vestiges d’une ancienne huile de coupe naine était négligeable. A sa connaissance Thanor avait été les premiers à utiliser cette substance…

L’esprit de Morek se mit à travailler à toute vitesse. S’il avait raison ils avaient peu de temps… Morek confirma qu’il s’agissait de carcasses de Kerka… Certainement une harde avait-elle tenté de passer la nuit dans la caverne. Mal leur en avait pris. A la surprise de tous, Morek s’approcha d’une des colonnes soutenant le plafond et posa son oreille contre non sans avoir au préalable placé un doigt devant sa bouche pour intimer un silence encore plus profond à ses contemporains.

Il adressa un regard que l’on pourrait qualifier d’inquiet à Haldin, ce qui n’était pas du genre de Morek. Il échangea avec lui quelques signes. Ils étaient certainement arrivés dans un lieu de ponte de Kroak. Morek, en tapotant sur la pierre, avait entendu les petites horreurs dans leurs œufs. Vu les carcasses, certains avaient déjà éclos… Morek s’approcha du groupe. Il n’avait qu’une seule lampe… Avec un murmure qui était presque inaudible, Morek parla au groupe qui avait fait le cercle.


« - Nous sommes dans un lieu de ponte Kroak… Oui… Kroak… Cette odeur est celle d’une femelle qui a marqué ses œufs. Cette odeur est toxique, je vais vous donner de l’huile d’Erin… Mettez en sous le nez avant que les vapeurs ne fassent effet… Des larves Kroak doivent circuler ici, il faut revenir à la lumière au plus vite. »

Morek, qui fouillait dans son grand sac, s’arrêta dans son mouvement. Son esprit toujours occupé à faire deux choses à la fois l’avertissait d’une urgence. En baissant la tête vers son sac il avait scruté sans y penser le fond de la pièce et l’image était différente de son souvenir précédent. Une pierre se trouvait à une trentaine de mètre et n’y était pas précédemment. Morek leva la tête précipitamment tout en attrapant son arbalète. Un frisson lui parcouru l’échine, signe que l’adrénaline montait dans son sang.

« - Quelque chose a bougé… Préparez vous… »
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Haldin Barbedrue
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MessageSujet: Re: Un dragon ne fait pas le printemps... [Ouvert]   Sam 20 Jan 2018 - 10:09




C'est un des plus jeunes qui vous accompagnait qui tira sur la manche de Morek, apercevant devant vous ce tas mortuaire qui vous faisait maintenant face. Vous vous approchates finalement, sans piper mot des soudaines carcasses . Il s'agissait d'un amoncellement de corps inertes, corps de Kerks désarticulés, et une odeur qui peut-être était celle qui t'avait tordu les boyaux. Ou peut-être pas.

Il y avait parmi vous nombre de vétérans et autres dawis des plus instruits, des plus perspicaces, des plus... Logiques. Ainsi suivant ce sens dont il s'était approprié dès ses premiers jours, Morek réagit avant tous, en examinant le lieu du crime, point par point. Tandis que toi, paré à l'instinct animal et vieux nain que tu es, tu pestais contre ce tas de charogne en décomposition. Qui avait bien pu faire ça ? Et pourquoi ? Il y en avait il d'autres, peut-être, de Kerks ? Morek savait-il ce qui ce tissait derrière tout cela ?

De même que tes homologues tu sortis ton arme comme pour te rassurer ou échauffer tes muscles, mais surtout, parce que le danger s'en venait vous rendre visite, indubitablement. Si ces armés de crocs et de griffes ne faisaient peur à aucun d'entre vous, vous étiez néanmoins soulagés de ne pas devoir les affronter, vu que tout gisait là, si... Inoffensif.

Tu étais encore tout nauséeux et ton nez bouché te faisait renifler fortement. Lorsque Morek posa une oreille contre le roc à la recherche d'indices, tu fis une grimace d'excuse en ravalant cette morve épaisse qui te bouchait la caverne nasale, en faisant un bruit de succion phénoménal.

Enfin le silence se fit un instant, des plus profonds, des plus... Inquiétants. Ton ami s'écarta soudain de la colonne et tu compris lorsqu'il te fit quelque signe révélateur, qu'une bête dont apparemment vous redoutiez la rencontre, était hélas parmi vous, du moins non loin.
De plus, ce qui t'avais mis rapidement la puce à l'oreille, était ce regard empreint de maligne inquiétude que ton compère lança à ton égard ; il t'avait vu boycotter son huile, que tu avais adroitement caché dans tes couches. Et les vapeurs toxiques dans tout cela ?

En cercle rapidement vous vous concertates. Bigre, vous étiez là où il ne fallait pas être. Ne laissant pas de place aux erreurs aussi infimes soient-elles, tenez donc comme ce détail que Morek, encore une fois ne laissa s'échapper. À ce caillou taquin, d'autres suivirent, laissant croire que derrière ce jeu de roc et de lumière, quelque chose perçait la roche, qui volait par éclats. Des petits cris se firent entendre. Étaient-ce des cris inoffensifs de nouveau-né, ou plutôt des sales bestioles criant famine ?

Je vais vous accorder un peu de... Temps. À la revoyure !

Peu t'importait à toi le danger car tes jours te semblaient comptés ; tu hurla comme la jeunesse folle qui faisait ton caractère, disons-le indomptable, t'empara de la lumière que tenait ton ami, et tu fila droit devant vers...

L'éclosion.

C'était bien un lieu de ponte auquel tu faisais face, et à laquelle tu assistas coi une bonne fraction de secondes. Devant toi sortaient du mur des larves abjectes, à qui tu asséna aussitôt écloses, une lumière ennemie. À cela tu ajoutas des coups de hache bien placés te protégeant de ton radieux bouclier.
De tes amis tu ne te soucia plus guère, sans savoir cependant que sur eux s'en venait la mère en furie. Puis toi écorchant encore et encore ces monstrueux insectes que seraient ces corps amorphes, omis ton existence en surinant dare-dare.


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Morek Tête-de-fer
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MessageSujet: Re: Un dragon ne fait pas le printemps... [Ouvert]   Dim 25 Fév 2018 - 22:58



Dans un monde meilleur les Dieux auraient peut-être eu plus de considération pour les pauvres âmes peinant à subsister dans un monde qui n’était déjà pas simple rien que pour y trouver son pain quotidien. Si certains cherchaient clairement bien plus les ennuis que d’autres, Morek trouvait qu’il y avait une certaine ironie à ce que le destin place des obstacles d’une nature toujours plus contraignante sur la route des braves. Et ce jour était de ceux où visiblement le destin était taquin.

La créature qui se tenait à présent devant Morek et le petit groupe de guerriers nains n’était pas de celle dont on pouvait dire qu’elle apportait réellement un gain esthétique à la création. Bien au contraire on pouvait affirmer avec une certaine conviction qu’aucune civilisation pouvant prétendre à trouver quelque chose beau n’aurait classé cette bête sous cette catégorie.

Mais le problème auquel était confronté Morek et ses compagnons allait bien au-delà d’un souci d’esthétisme ou de la question de savoir si la création avait eu un souci de beauté ou d’utilité. Ces questions attendraient un moment plus propice à la contemplation et à la philosophie. Là le problème était de mettre hors d’état de nuire la mère visiblement bien énervée. Il fallait dire que la symphonie de bruits assez dégoutants de hachage de petits insectes dont Haldin avait décidé de se faire le compositeur et interprète n’avait rien pour plaire à la source de la progéniture.

La mère émit un cri strident. De ceux qui glacent le sang et ne semble pouvoir être émise par une créature capable d’autre chose que de tuer. Il s’agissait véritablement d’un cri de prédateur sans noblesse. Morek ne réfléchit pas une seule seconde et ajusta son arbalète pour lancer trois jets vers l’immonde créature. Les flèches d’un acier parfaitement acéré se fichèrent dans plusieurs des flagelles de la chose, mais ne firent visiblement aucun dégât d’importance à l’insecte. Tout au plus était-elle à présent un peu limité dans le mouvement de ces appendices.

Morek vit l’un des nains se battre avec courage avec l’un de ses appendices. La situation n’était tactiquement pas à leur avantage. Morek réfléchissait à toute vitesse pour chercher une forme de plan pouvant leur permettre d’éviter le pire. Il avait trois idées à l’esprit, toutes ayant tout de même le désavantage de les mettre en danger pour tenter de les sauver. Il se décida sur une tactique n’ayant pas nécessairement une chance absolue de réussir, mais la plus probablement utile.

Il fit signe aux nains de se reculer tout en faisant face à la mère dont les coups acérés venaient faire tinter les boucliers ou les haches des fiers guerriers. Morek utilisa le rempart provisoire qu’offrait les nains pour déposer avec une vitesse impressionnante son sac, l’ouvrir et chercher d’une main sur un objet. Il s’agissait d’une petite lampe du même acabit que ce qu’Haldin lui avait arraché des mains. Il remit son sac sur le dos, non sans en avoir prélevé une petite ampoule d’un liquide jaune qui plaça dans sa poche.
Il hurla à tous :


“- Préparez-vous à fermer les yeux.”


Sans réfléchir, il tapa du pied sur la lampe, la cassant en plusieurs morceaux. Un en particulier attira son attention. Il le récupéra immédiatement et entreprit de le dévisser à toute vitesse. Il sentit les deux hémisphères jouer sous ses doigts, il était arrivé au bout du filet hélicoïdal.


“- Fermez les yeux.”

Il ouvrit la sphère et laissa tomber sur le sol la poudre qu’elle contenait. Cette dernière n’atteindra pas le sol mais au contraire se transforma en un torrent de lumière si fort que même les paupières des nains ne furent pas suffisantes pour la contenir. Pendant quelques instant les nains eurent l’impression qu’ils avaient regardé le soleil les yeux pleins ouverts tant la lumière avait été forte. La lueur retomba progressivement. Les yeux plissés, Morek jeta un oeil.

“- C’est bon. Rouvrez les yeux. Et maintenant : filons !”

Sur le sol un amas lumineux continuait d’envoyer une lumière impressionnante bien que supportable. Les créatures s’étaient toutes arrêtées et grouillaient sans réellement avoir de but, aveuglées qu’elles étaient. Une course à perdre haleine se lança et Morek les guida vers un grand escalier. Il dut attraper son vieil ami par le bras, ce dernier ayant visiblement envie de continuer à faire leur fête aux immondes créatures.
Les marches furent montées quatre à quatre. Ils arrivèrent enfin dans la cour du fort tant recherché. Le vent soufflait fort au dehors, mais ils étaient protégés dans le renfoncement que représentait la cour. De toute manière aucun des nains ne serait trouvé à regretter les souterrains. Morek vérifia à nouveau que tout le monde était arrivé sans dommage.

“- Au rapport !”, fit-il d’un air décidé.

Tout le monde allait bien, sauf un des nains qui visiblement ne se sentait pas bien. Morek regarda la naine en question. Son visage était d’une pâleur de mauvais augure. Morek s’approcha rapidement, Haldin à ses côtés.
La naine tomba à genoux puis sur le côté. Elle eut un toussotement et des tâches rouges vinrent moucheter la neige devant elle. Morek se refusa à jurer, mais il n’en pensait pas moins. Il analysa rapidement la neine et ne vit rien dans l’armure qui ne semblait en désordre. Un filet de sang néanmoins coulait entre deux plaques au-dessus du bassin. Cela ne dit rien qui vaille au nain.

D’un geste sûr et précis, il défit une des plaques de l’armure avec précaution. Sous l’armure, environ à trois centimètres au-dessous de la dernière cote, un trou béant et circulaire d’une dizaine de centimètre était visible. Morek s’écarta d’un geste vif du corps tout en repoussant les autres nains trop à proximité, leur faisant comprendre silencieusement que le danger habitait ce cadavre… Il récupéra son arbalète. La naine entre temps avait rendu l’âme. Avec la froideur implacable qui le caractérisait, Morek mit en joue le corps et attendit environ une minute. Finalement, avec un bruit horrible on vit la base de la gorge bouger et un trou s’ouvrir sur l’extérieur, défigurant la pauvre naine. Un des bébés sortit pour se rendre compte que l’extérieur était froid et lumineux, mais avait qu’il ne puisse regagner la cavité qu’il s’était aménagé des entrailles de la naine, un carreau de Morek l’avait traversé de part en part, achevant ainsi cette triste bataille.


“- Prenons quelques instants pour honorer la mémoire de notre sœur…”,
proposa Morek de sa voix monocorde. “Nous verrons comment l’incinérer ou l’enterrer après…”

Après quoi ils jetteraient un oeil par-delà les fortifications du fort. Dans les grandes vallées qui commençaient après, connues pour être le début des terres infestées par les gobelins, il espérait bien trouver un indice sur la présence du dragon noir. Espérant ainsi que tout ce chemin n’aurait pas été vain.

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Haldin Barbedrue
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MessageSujet: Re: Un dragon ne fait pas le printemps... [Ouvert]   Ven 2 Mar 2018 - 10:28








Ton impétueuse folie un instant se dissipa. Tu redevins Haldin le dawi sensible et comblé que tu étais. Le un tant soit peu responsable membre du Haut-Conseil thanorite qui se devait de survivre pour le bien de tous. Ton travail était assurément couronné de succès alors que le Zagazorn se voyait renaître de ses cendres. Quant à ta passion de l'élevage, dévouée à vôtre patrie, elle était très chère et bénéfique à cette dernière. Or ton acte avait été des plus braves, mais il était tout ce que l'on pouvait qualifier d'irréfléchi. Il fallait laisser leur rôle aux aventuriers de ce monde ! Ou peut-être bien fallait-il laissera à la jeunesse l'opportunité de s'enrichir d'expériences, tout en l'épaulant au simple besoin. Tu étais hélas bien assez vieux pour conseiller plus jeune barbe que toi, mais trop vieux pour te sentir dans l'adversité pousser des ailes.

Ainsi étais-tu fait malgré tout ; les stigmates de ta longue vie commençaient à laisser sur ta chair et ton essence vitale, de sacrées traces, nébuleuses à souhait. Dire que tu étais sénile était bien trop pour ces petits égarements qui étaient tiens, mais tu commençais indubitablement à flancher.

Enfin, tu te vis devant toutes ces petites créatures à terre, littéralement disloquées. Tu avais bien œuvré à leur destruction mais il te fallait vite rejoindre les tiens, car au loin déjà entendais-tu la mère en furie ! Morek et les autres étaient en danger ! Et toi là, les bras ballants reprenant encore ton souffle. Tu courrus à leur rencontre, cependant toi qui ne doutais pas sur l'instinct de survie tellement méthodique de ton meilleur ami, tu te dépêcha.

Le cerveau de Morek comme la meilleure création de l'ultime architecte.
Le tiens en ébullition comme une marmite trop pleine débordante de son saumâtre bouillon.
C'est en effet après l'éclair que l'intelligence avait créé, que tu arrivas sur les tiens au détour de cette roche grouillante de petits cauchemars ambulants. Avec ta lampe tu pris les devants quand tacitement ton réactif collègue te le suggéra. Tandis que tous commençaient à prendre preste jambe à leur cou, Morek embrasa le couloir par lequel vous fuyiez, d'une ultime déflagration de lumière.
Lorsque vous arrivates enfin dehors, vous fûtes beaucoup trop heureux de vôtre, si frissonnante fuite. Cependant, Morek fût alerté par le pire.
À une vitesse phénoménale la scène déguerpit devant vos yeux ahuris. Guère plus qu'une douzaine de battements cardiaques, qu'une de vos sœurs naine refroidissait à jamais en ces travers enneigés.

Vous lui fîtes honorable sépulture et dès lors tu fus pris de mutisme. Lorsque le vent cessa enfin de menacer vôtre abri, vous reprîtes route de montagne, que l'aigle indiquait, volontaire. Trop volontaire. Le rapace n'était-il pas un peu pressé...

Tu gardas ce mutisme, jalousement, tout au long de la suite de vôtre périple.

À vous l'inconnu... Et les longues heures de marches.


♠♠♠

Elle essaye de nous dire quelque chose.

L'aigle géant semblait tracer dans les cieux une ligne imaginaire qu'il ne voulait dépasser. Depuis deux jours. Les yeux plissés malgré ta main, tu suivis le manège de ton compagnon, plusieurs secondes, avant qu'il ne s'en aille définitivement par là où vous étiez venus. Adonc elle fuyait !

Tous comprirent que l'aigle ne pouvait continuer, tu osas cependant emmettre une hypothèse. Tu n'avais guère lâché trois mots depuis la mort de vôtre sœur dawi, et ce depuis les quelques jours qui vous avaient mené jusque là.


Ma p'tite Zytoû, ça lui ressemble pas tout ça. Mmh... Nous devons redoubler de prudence. Que quinzes barbes légères aillent éclairer en cette direction. Je resterais ici avec les autres, on sécurise le périmètre. Enfin tu parlais. Et tu avais le cran d'ordonner.

Plus loin les nains volontaires, vécurent ainsi leur reconnaissance.


Par les couilles internes de Mamie Patte-Folle...

Les plus tant fiers guerriers que ça, sur leur garde et que tout semblait alerter, s'approchèrent du jeune dawi d'une pâleur divinement décomposante. Cela faisait maintenant trois heures qu'ils crapahutaient sur un chemin de crête, en quête de danger. Ils interrogèrent leur compagnon. Il balbutiait.

« Hissez vous don' sul'rocher » dit en s'étouffant le Patte-Folle.

Ce qu'ils firent.
« Gloups... »

Aussitôt de retour ils ne savaient comment expliquer, décrire ce qu'ils avaient vu. Tu hurlas, pestas contre eux. Morek te cloua le bec tapageur d'un regard furibond.[/i]

Allons allons ne nous enervons pas... Mais crachez donc le morceau jeunes barbes !

Vos regards pesaient sur les éclaireurs. Qui avaient enfin retrouvé leur souffle.

« Nu, Strol Bin Ut Kantuz Grobi » expliquèrent-ils. « À cet instant, marchaient vers eux une centaine de gobelins », en contrebas du Zorn ou plateau qu'ils surplombaient.

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Morek Tête-de-fer
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MessageSujet: Re: Un dragon ne fait pas le printemps... [Ouvert]   Mer 7 Mar 2018 - 21:13

Haldin ne disait pas grand-chose. Morek non plus. Le silence entourait à présent l’équipage des neiges. Perdre un des siens était toujours une grande tristesse, ou une grande contrariété. Morek lui n’était pas de ceux qui étaient prompt à la mélancolie, la nostalgie, ou la tristesse. Il avait de toute manière le souvenir clair et précis de tous les moments passé en compagnie de celle qu’ils avaient perdu. Il avait déjà rédigé et mémorisé le mot qu’il coucherait sur vélin pour le clan de la dawi. Il avait prélevé des phrases provenant de plusieurs textes de grands auteurs Thanorites, avait remplacé par des synonymes une partie des mots et réarrangé leur ordre. Il avait fini par quelques phrases plus gentilles, de celles que sa chère et tendre moitié aurait écrites.

Le mutisme de son compagnon n’était pas inquiétant. Morek et Haldin en avaient vu d’autres. Mais il savait par expérience qu’il ne fallait pas déranger Haldin en ces moments introspectifs. De toute manière Morek n’était pas naturellement très prolixe. Les autres croiraient peut-être qu’il pensait à la dawi mais il réfléchissait surtout à la mise en forme de sa théorie lui étant venu lors de la séance d’élection du grand Roi, à savoir de l’équivalence de comportement des forces en jeu dans un corps solides et l’écoulement des liquides. Il passait en revue tous les exemples de dommages qu’il avait vus lors de sa longue vie d’ingénieur et tentait de réaliser mentalement une visualisation de ce qu’il pourrait appeler une coulée de force…

Son esprit analytique était capable d’une grande capacité d’imagination dans les trois dimensions, mais il n’était tout de même pas capable d’appliquer son raisonnement sur un édifice. Il réfléchissait aux petits modèles de métal qu’il avait bricolé durant les années tandis que l’équipée descendait doucement le flanc de la montagne. En effet depuis le sommet du fort ils avaient tracé l’itinéraire qu’ils avaient décidé de suivre en direction de fumées visiblement provoquée par autre chose qu’un simple feu de camp. Cela devait sans nul doute être par là-bas que le dragon avait élu domicile.

Arriva finalement que le lendemain, après un bivouac peu agréable dans un monceau de neige, on se sépara pour organiser une reconnaissance. Cette dernière arriva avec de mauvaises nouvelles. Il y avait des gobelins, beaucoup de gobelins dans le secteur. Certains marchaient vers eux. Morek accueillit la nouvelle avec un certain mécontentement. Sans nul doute touchaient-ils au but. Car selon toute probabilité le dragon noir se trouvait là. Son influence néfaste était particulièrement écrue sur les créatures les plus simples et lorsqu’une de ces créatures ailées décidaient de venir mettre le brin dans les montagnes naines, c’était en s’appuyant sur ces auxiliaires idiots.

Les nains en général avaient pour les gobelins une haine tenace. Mais Morek était, parmi les longues barbes, l’un des plus féroces antagonistes de cette race. Ils étaient catégorisé comme nuisibles. Et les nuisibles, on les éradiquait. Et avec Morek, les ambitions étaient toujours aux proportions industrielles. Mais il n’était pas encore raisonnable d’allouer de telles ressources à l’éradication des gobelins.

Apprendre que des gobelins leur fonçaient dessus n’était néanmoins pas nécessairement une bonne nouvelle.


« - La probabilité que ces gobelins connaissent notre position est faible. Je pense que nous ferions mieux de les contourner et de nous concentrer sur la recherche du nid de dragon. Oui… De dragon. L’autre possibilité serait de les massacrer et d’en capturer un pour le faire parler… Oui… Le faire parler. S’il nous confirme que le massif dans lequel nous entrons est le nid gobelin et draconique, alors nous saurons à quoi nous en tenir. »
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Haldin Barbedrue
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MessageSujet: Re: Un dragon ne fait pas le printemps... [Ouvert]   Ven 9 Mar 2018 - 13:35





Il serait en effet plus judicieux de contourner par ce chemin-là, dis-tu étant pour une fois un tant soit peu sensé, et en écrasant ton doigt trapu d'éleveur, sur une carte. Mais... Les massacrer reste une idée des plus réjouissantes mon frère... Tu vins contredire ton premier argument, car bien-sûr tu n'étais pas le vieux thanorite loufoque pour rien. «  Alors... ? » demandèrent tes yeux. Ton interrogation pesa quelques instants sur leurs épaules avant qu'une jeune barbe ne réplique.
Disons don'qu'nous sommes armés jusqu'aux dents voui, et que nous détestons ces viles vertes souillures... À n'en point douter, et tant que faire ce peu nous pourrions profiter d'éliminer un peu de cette vermine qui foule les terres de nos ancêtres. Nos Terres. Il chercha au fond de vos regards quelque chose à saisir, fouillant à tâtons vôtre raison. Étiez-vous complètement fous ou bien ? Il ne voulait pas mourir en héro ! Inutilement de surcroît ! Car s'il mourait de la sorte en ce jour choisi, à part crever du gobelin il n'aurait aucun mérite, ni celui de mourir en combattant pour son peuple ni même de le sauver, ce dit peuple... Or c'est ce dont il était question, ni plus ni moins ; défendre et sauver son peuple de la menace ailée. La mission n'était pas non plus de trancher de la viande avariée en risquant de perdre un autre membre de votre fratrie naine ! Elle était plus délicate que cela, cette mission que tous avaient accepté en connaissance de cause ! Vous étiez en reconnaissance car vous deviez non seulement retrouver ce menaçant dragon, mais aussi bien analyser la bestiole, sans toutefois vous faire repérer ! Cela restait une mission on ne peut plus dangereuse pour ne pas dire une folle entreprise. Et puis... Vous n'étiez guère nombreux. Si d'un côté cela représentait un atout, se mouvoir aussi vite et dans la plus grande discrétion ; n'être qu'une cinquantaine face à grand nombre de grobis, sans bien-sûr oublier leur piaf...

Tu ne pouvais t'y résoudre ! L'idée semblait bonne ! Et faire cracher à un gobelin, l'emplacement du nid reptilien... L'idée semblait géniale ! D'une pierre deux coups et vous reviendriez sains et saufs ! Alors tu voulus encore argumenter ! Pour sûr allait-il falloir encore une fois hacher menu comme chair à pâté, ces engeances de vos deux !

Oui mais... Commençais-tu.
Grommtrommi ! Hurla presque ton homologue, interrompant violemment ton intervention. Avec tout le respect que je vous dois, je refuse de courir un tel risque !
C'est pour ton peupl...
Non ! Si nous mourrons embusqués, au peuple il ne sera fait que de peine, par la perte ! C'est pour désaltérer cette rage assoiffante ! C'est pour faire peser une vengeance qui dans vot'sang trépigne ! Et dans le miens ! Et dans celui de nous tous ! Même si l'idée de capturer une de ces créatures semble bonne, prudence doit être de mise.

Il disait bien vrai... Quels risques inconsidérés fallait-il éviter pour mener à bien vôtre entreprise, tu te mis, réfléchissant à tout cela, à enfin comprendre. Et la sagesse après tout, pour en être le digne possesseur, il s'agissait parfois d'accepter celle d'autrui.

Allons don' , je vois que tous approuvent ton bon sens, Thorek Cœur-Tonnerre ... Tu manquais terriblement de discernement. Terriblement. Était-ce peut-être l'altitude, maintenant que la vieillesse usait ton corps et tes organes ?


Vous vous élançates sur un petit sentier qui semblait selon la carte, passer au-dessus d'un travers bien broussailleux.
Après quelques heures de marche vous traversâtes enfin le col, sortant à découvert sur un petit plat.


Chhh... Je crois avoir entendu quelque chose...

Ce fût la voix de Volgrim le Borgne qui stoppa net vôtre avancée. D'une main levée il appuya vôtre arrêt tandis que lui s'avançait vers une pierre plate qui ressortait d'un dense fourré de résineux. Sous le talus que Gilbator foula, quelques petites pierres sans doute glissèrent dans la dense forêt de pins à ses pieds. Puis il disparut,  comme happé par l'obscurité régnante sous le couvert des arbres. Et c'est dire, s'ils étaient denses.

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Morek Tête-de-fer
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MessageSujet: Re: Un dragon ne fait pas le printemps... [Ouvert]   Lun 9 Avr 2018 - 23:46



Il y eut un mouvement de silence parmi les compagnons. Des débats aussi… Morek ne participa pas plus que cela. Lui de toute manière avait pris sa décision. Il laissa le temps à son ami et allié du conseil d’expliquer les choses aux petits jeunes. Quitte à ce qu’il aille avec eux en reconnaissance. N’empêche que Morek n’était absolument pas favorable à une confrontation gobeline, et la Tête-de-fer faisait honneur à son nom de clan, il serait difficile de le faire changer d’avis. Pour ça… Il avait la tête dure !

Il n’en vint pas moins que la chose devait nécessiter une certaine forme d’improvisation. Trouver le dragon était la priorité. Et l’augmentation en densité de l’engeance gobeline était la preuve qu’ils touchaient communément au but. Le moment était mal venu d’avoir les haches qui démangeaient. On ne protègerait pas le Zagazorn en se laissant tuer aux mains des gobelins sans réfléchir un tant soit peu aux conséquences de ses actes. Morek avait bien l’intention de laisser encore bien des traces dans l’histoire naine. Il n’était pas là pour mourir d’un coup d’éclat apportant une gloire fugace. Lui ne se voyait pas comme la hache du Zagazorn, mais comme la petite fuite d’eau régulière, capable de percer une roche en deux. La patience avait ses vertus intrinsèques.

Les compagnons finirent par décider de ne pas capturer de gobelins. Morek ne trouva rien à redire. Il était d’accord. Il n’avait pas le commandement de cette expédition. Sa fonction lui donnait peut-être plus d’influence que les autres, mais il ne présidait pas totalement aux destinées de l’expédition. A ce titre il se rangea à l’avis de la communauté, qui en l’occurrence était le sien, et ils firent chemin vers d’autres lieux. C’est dans une vallée bien plus boisée que vint un autre coup du sort. Alors qu’ils s’approchaient d’un bois, un des leurs disparus après qu’un nain fit remarquer qu’un bruit s’était fait entendre.

Aux aguets, Morek écouta également et sortit son arbalète, par acquis de conscience.

Le bois était à son avis très silencieux. Il fit l’analyse rapide des lieux d’un point de vue tactique. Vingt-trois arbres devant eux, seize sur l’arrière. Le col devait avoir quatre cent mètres de large, les deux dévers sur les déclivités est et ouest devait avoir une pente de dix-huit pour cent et vingt-trois pour cent respectivement. L’aval du col devant eux était incertain, derrière Morek avait estimé la déclivité à dix-sept pour cent. Le plan mental de la zone se formait dans la tête du nain qui commençait à réfléchir sur comment protéger la troupe en cas de coup dur. Il laissait aux autres le soin de s’inquiéter pour leur ami disparu, son esprit analytique s’occuperait de ce problème distinct dans un instant. D’abord sécuriser le périmètre

La pierre plate était d’un air quelconque : une surface de rocaille en galet. Le reste d’une roche sédimentaire déplacée dans les hauteurs par un mouvement géologique quelconque. Cette roche devait être la raison la plus probable de la chute et de la disparition du nain, mais le bruit entendu par l’autre nain était une coïncidence dont Morek n’était pas friand. Restait donc que la théorie du piège était possible.

Un arbre de cause de la chute s’établit dans son esprit pour classer par grandes catégories de possibilités les raisons de la chute de leur camarade. Piège, effet du terrain, attaque d’un prédateur, maladresse, étaient les quatre branches possibles immédiatement envisageables. Trois d’entre elles nécessiteraient peut-être un repli vers un lieu plus sûr. Dans deux cas le repli vers l’amont semblait le plus favorable, dans un cas vers l’aval, dans le dernier cas, le plus probable, avancer serait la meilleure démarche.

Déployant silencieusement son arme tout en rangeant dans un coin de son esprit son arbre de cause, son esprit procédural passa à la suite des évènements. Les actions immédiates de protection avaient été prises : l’arme était au poing. La définition claire des acteurs de l’action était réalisée : le groupe et la position des gens étaient dans son esprit. La description du problème avait été réalisée : la scène de chute était rangée dans sa mémoire avec clarté. La prise en compte d’action immédiates pour circonscrire une croissance trop importante du problème avait été réalisée : il avait analysé le terrain. L’analyse des causes du problème avait débuté mais des éléments manquaient. La mise en place d’actions correctives pouvait débuter…

On s’avancerait donc prudemment vers les lieux du problème.
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Haldin Barbedrue
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MessageSujet: Re: Un dragon ne fait pas le printemps... [Ouvert]   Ven 15 Juin 2018 - 13:28



11° Année - XIe Cycle
Karfias•Été


Qui étais-tu, pourquoi étais-tu... Non !
Retenu prisonnier. Il y en avait d'autres avec toi. Guère nombreux. Vraiment guère nombreux. Combien étiez-vous au juste, au début de l'expédition ? L'expédition ! Mais oui ! Où en était donc cette reconnaissance menée par de courageux vétérans dawis, portés dans les Hautes-Terre à la recherche d'informations ? De traces d'un dragon...

Qu'en était-il de vous, fiers acteurs de l'histoire de vôtre race ! Vous étiez partis en effet nombreux et il comptait parmis vous de grands nains, que leur demeure et leurs gens regrettaient.

Voilà plusieurs enneades que vos pas et vôtre avancée se voyait perturbée, par l'horreur, la violence, et la mort. De fait, le jour où vous decidates de contourner un groupe armé de gobelins, et sur la disparition d'un de vos camarades, vous tombâtes dans une embuscade.

Une embuscade !

Cling, clang, clung, les tiens avaient croisé les fers contre l'ennemi, mais il vous avaient déjà de par trop acculé pour qu'aucun de vous puisse penser s'en sortir. Les tours ingénieux de feux incandescents que Morek déchaînait, les coups de hache, de masses de marteau d'arbalète, jeunes guerriers et vieilles barbes aussi féroces... Rien, non rien ne put arrêter le soudain massacre, rappellant tragiquement trop les effusions de sang très peu lointaines dans vos esprit endoloris. Dun Eyr avait fait peser sur vous semblait-il une bien tragique malédiction...

Tes cris et ton courage alors que de votre expédition ne restait qu'une triste, frêle poignée de dawis... Et puis le noir.

Le vide. Sidéral.

Un temps tu t'oublias, ignorant même ta simple existence. Ton corps dormait, tout autant que ton âme.

Tu ouvris un jour, ou une nuit, tes yeux aux paupières drôlement lourdes. Il faisait froid, beaucoup trop froid. Étrangement froid.

Lorsque tu essayas de bouger quelque peu ton corps, tu crus être dans celui d'un inconnu, ainsi au moindres tentatives de mouvement de ta part...

...une douleur. Sidérale. Et toi doublement prisonnier dans ce corps anchylosé. Encore une fois étrangement anchylosé...

Possiblement, la drogue devenait familière à ton corps, ainsi tu pus en ce moment retrouver brièvement tes esprits. Cependant ils étaient encore tout fragiles de leur soudaines résurgences.

Dans un cachot des plus étranges, comme une chambre beaucoup trop propre, mais trop vide, glacial puis sinistre par les lanières qui retenaient vos membres – éternels prisonniers –, gisaient quatre de tes homologues, et toi. Nonobstant ils semblaient paisibles, pire, conservés. Contrairement à toi horrifié, tu tentas le simple cris et il te vint un glaire à la bouche, que tu extirpas. A la bouffée d'air suivante tu te dis que ça sentait le grobi à plein pif, masquant jusqu'à l'odeur de vos excréments.

Mais il y avait autre chose.

Un odeur, ou plutôt une présence, que tu sentis indéchiffrable, comme une frémissante rosée sur ta peau.

Tu compris et fut certain de toi. Vous étiez enfin et rapidement arrivés, au nid du dragon. Pour y séjourner, dans une inexplicable dormance. Soudain la porte s'ouvrit laissant à tes yeux la force vive d'une pourtant chiche lumière. Aveuglé, on t'assena une brave baffe, pour mieux te faire ingérer quelque substance bien dosée, et déjà sombrais tu... Encore... Et Toujours. Dans des rêves. Était-ce les tiens ? Les vôtres ? Plus tôt tu avais reconnu Morek et Skjald que toi pareillement alités.

Vos corps flétris, reposaient là depuis maintenant plus d'un mois et déjà l'été bien entamé doucement s'en rentrait dans son antre... Puis qu'en était-il de vos esprits ? Qu'en était-il de vos chances de survie, car cela n'augurait rien de plaisant, plutôt voués à quelque triste sort que vous étiez...

Les vôtres viendraient-ils ? Et quand ? Et quand...


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