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 Une fraîche rencontre [Terminé]

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Folie
Humain
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MessageSujet: Une fraîche rencontre [Terminé]   Jeu 9 Nov 2017 - 1:51

- Xeme année du XIe Cycle
Mois de Favriüs, premier mois de printemps.




Folie avait suivi sa proie une bonne partie de la journée, attendant le meilleur moment pour attaquer.
L'homme qu'elle suivait était grand, brun, avec une mâchoire carrée qui faisaient se retourner beaucoup de femmes sur son passage. Il était niai dans sa façon de draguer et n'en ratait pas une. Au bout d'une heure à peine, elle l'avait trouvé détestable et absolument obscène. C'est donc doublement motivée qu'elle se concentra sur sa tâche, savourant déjà son succès.

Mais sa filature n'avait rien de particulièrement agréable. La jeune homme prétentieux allait de boutique en boutique, apparemment il recherchait une dentelle particulière. Et Folie, elle, ne sentait plus ses pieds tellement il faisait froid. Ses petits doigts gelés la désarmaient totalement, ils étaient comme paralysés. Et elle s'inquiétait de sa capacité à agir fermement lorsque l'occasion se présenterait. Mais elle ne pouvait que suivre, restant dehors à surveiller les allées et venues.
La petite rouquine vit une ouverture lorsque le dandy s'arrêta à une roulotte pour prendre un verre de vin chaud, mais l'occasion ne se présenta pas, et elle ne pu que le regarder en l'enviant. Son petit nez rougit par la fraîcheur s’enivrant de l'odeur douceâtre.

Beaucoup plus tard, quand il entra dans une taverne, elle senti sa chance venir. Elle fit retomber sa capuche, lissa ses jupes, lâcha ses cheveux et tenta de refaire circuler un peu de sang dans ses joues. Elle entra. La taverne était des plus banales, ni médiocre, ni bonne, mais elle avait l'air honnête.
Folie jeta un regard sur la pièce, repéra sa proie qui semblait avoir retrouvé des amis. Et, rapidement, elle se faufila à une place prêt du feu, complètement gelée. Elle se retint de ne pas mettre ses mains devant les flammes pour éviter la douleur et l'engourdissement que cela entraînerait, mais elle du se faire violence. Elle prit un grog de lait chaud, miel et rhum. Et c'est tout en le savourant égoïstement qu'elle surveilla sa victime du coin des yeux. L'auberge était plutôt pleine même si les clients ne se marchaient pas dessus. Il y avait un couple d'amoureux, plusieurs tablés d'hommes, et quelques personnes solitaires comme elle, dont un homme balafré qui la dévisagea un peu trop à son gout.

C'était lui faciliter la tache. Son gibier s'était rapidement enivré, ses comparses aussi, ils parlaient forts, étaient remuants. Tandis que les sensations aux mains de la prédatrice étaient revenues à la normale.
Elle se rapprocha doucement comme pour aller remettre son verre au comptoir avant de partir, jetant un regard innocent à la table du groupe. Cela ne manqua pas, l'un d'eux tenta un rapprochement, lui fit un salut qui se voulait celui d'un gentil homme. Elle se décala légèrement pour être à coté de sa proie. Un soubresaut alcoolisé coupa le premier élan de son cavaleur pour finalement laisser sortir : “Ela ! Jolie demoiselle ! Je n'peux te laisser partir sans un autre verre ! Il faut se réchauffer par ce froid et avec l'printemps.”
Apparemment, il était fier de la “subtilité” de son invitation salace, et les autres pouffèrent tandis que le jeune homme aux grosses joues rouges semblait sur de son coup.

Folie feignit la timidité, elle baissa les yeux, coupa sa respiration pour rougir. Elle se contenta de dire “Je ne suis venue que me réchauffer quelques minutes messires, malgré les braises j'avais froid dans la forge de mon père.”
Les hommes gloussèrent en échangeant des propos lubriques, mais le mot forgeron avait toujours la capacité de calmer les jeunes idiots qui voulaient éviter d'être frapper aussi durement que l'enclume. C'était le moment opportun, chacun se regardait pour se rassurer et se donner bonne figure, ne voulant pas montrer aux autres leur petit malaise.
Folie fit glisser discrètement de sa manche une petite fiole, la dé-bouchonnant d'un geste précis, le petit morceau de liège rejoignant la paille au sol. Elle fit un mouvement comme pour remettre une mèche de cheveux en place, et laissa tomber le contenu de la petite bouteille dans le verre de sa proie. La fiole retourna dans sa manche.
Elle fit mine de partir, bousculant un peu le grand brun qu'elle avait suivit toute la journée: “Tu es sure que tu ne peux pas rester ?” dit t'il avec un grand sourire chaleureux mais vicieux. Elle fit non de la tête et fit comme si elle partait précipitamment, glissant une feuille de papier dans sa poche, l'emblème de son commanditaire qui voulait que l'acte soit signé.

Tout c'était passé à la perfection. Elle remit son verre sur le comptoir, remercia l'aubergiste, et sorti par une petite porte à l'arrière qui menait sur une ruelle plus petite que celle de l'entrée principale.

Folie sourit, heureuse d'avoir accomplie sa tâche.
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Arthur
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MessageSujet: Re: Une fraîche rencontre [Terminé]   Dim 12 Nov 2017 - 0:53

Cela faisait un mois qu'il avait débarqué dans la région, et si, pour ce qu'il en entendait, la rumeur et les histoires au sujet du dragon blanc ne s'était pas totalement éteinte après qu'il ait disparu, aucune ne semblait évoquer un humain l'accompagnant. Les marins avaient pu parler, mais personne n'avait donné assez de crédit, ou d'échos à leurs histoires, aussi s'était-il remit à circuler en compagnie de Monarth, sans crainte.
Si les premières ennéades, pourtant cruciales, avaient été plutôt mal accueillit et vécut, jusque dans ses rapports avec ces gens essentiels à ces projets, sans sérénité, sur la défensive, son attitude avait totalement changé quand il put retrouver les grands espaces et ses deux compagnons, et les choses étaient allées en s'améliorant depuis, si bien qu'il arpentait les rues avec plus de légèreté.

Ce jour-là, il était tout d'abord venu vendre ses peaux et se réapprovisionner en herbes pour ses infusions, quoiqu'il n'en ressente plus autant les effets qu'à l'époque où il s'était mit à en utiliser pour parer à certains soucis, il y avait prit goût, d'autant que c'était l'occasion à chaque fois d'échanger quelques mots avec la « Dame de Kementari », à laquelle il continuait depuis sa découverte de la boutique, d'accorder l'exclusivité de ses besoins en la matière, quand il était dans la région.
Il se rendit ensuite dans la bibliothèque où il passait, à chacune de ses visites, plusieurs heures, le nez dans des ouvrages ou des parchemins contenant une partie qu'il considérait infime, du savoir et de la mémoire nisétienne, sauvé de la destruction.
Un jour, lorsque Zéphyr sera en mesure de rendre la chose plus simple pour lui, il visiterait les vestiges de la civilisation nisétienne, dont il se considérait désormais plus proche que de la Péninsule... Mais il fallait d'abord se rendre en Anaëh, voir ce que les éternels habitants de ces bois avaient pu découvrir et écrire sur les dragons et les individus qui se liaient à certains d'entre eux. Non pas qu'il en ait besoin, mais il se sentait un héritier légitime de ces connaissances, descendant à sa manière, des anciens dragonniers.
Il avait également fait parvenir un message à la Maîtresse des Forges... Si il avait l'intention, à terme, d'être en mesure d'entretenir et de fabriquer lui-même son propre équipement de vol, il lui faudrait du temps, et l'opportunité – qu'il ne repousserait pas quand elle se présenterait – de voler avec Zéphyr viendrait trop vite pour qu'il apprenne et expérimente de lui-même, aussi en était-il venu à la décision de revenir, un mois après leur rencontre, vers la Princesse Marchande.

C'est donc après une journée plutôt chargée, comme chacune de ses visites en ville, puisqu'il voulait en réduire le nombre autant que possible, qu'il s'arrêta dans une taverne pour se reposer avant de reprendre probablement la route vers sa plage. Mais une vision changea ces plans.

La jeune fille était entrée, peu de temps après un homme qui ne semblait pas avoir attendu ce moment de la journée pour commencer à se mettre dans un état d'ébriété avancé, ayant rejoint des compagnons de beuverie, semblait-il. Son visage le frappa, mais il lui fallut du temps pour comprendre pourquoi... De vieux souvenirs, qui suscitèrent la curiosité d'un Monarth revenu à proximité, et qui profita de l'opportunité offerte par un nouvel arrivant pour pénétrer l'endroit, attirant quelques regards avant de se poser sur la table du dragonnier.
Ces souvenirs semblaient appartenir à une autre vie, un autre homme... C'était un étranger, non seulement pour le dräke qui n'avait pas eu souvent l'occasion d'en apercevoir des fragments, tant il semblait qu'Arthur ait tourné la page et le dos à ce passé, mais étranger, ce jeune homme, revenu des tréfonds de son esprit l'était également pour le dragonnier.

Tant de choses me séparent de ce jeune homme... Il a beau porté mon visage, imité ma voix et avoir mon nom, il n'est qu'à la moitié la moins intéressante de son existence, il est loin d'avoir connu les bouleversements qui le façonneront, pour le meilleur comme pour le pire.

En tout cas, ce visage lui rappelait beaucoup celui d'une autre femme qu'il avait connu en ce temps-là... Cymoril, si sa mémoire ne se trompait pas, son premier véritable amour, une passion qui s'épanouit les mois que durèrent un voyage dont il ne se souvenait plus la raison, en Ithri'Vaan, accueillit avec d'autant plus d'enthousiasme qu'il venait d'être contraint à un mariage forcé avec une femme qui le dégoûtait. Se pouvait-il qu'elle ait quelques liens de parentés ?

Un instant, leurs regards se croisèrent alors qu'il s'était perdu dans ses pensées et souvenirs, mais ce qui se passa ensuite, ce qui n'échappa aux regards attentifs des deux compagnons le ramena brusquement à l'instant présent. Quelque chose dans son attitude, elle avait volontairement provoqué l'attention que lui porta le groupe d'hommes ? Il vit la fiole... Ou bien était-ce Monarth ? Qu'importe, l'un ou l'autre vit la fiole, mais c'est bien l'esprit du dragonnier qui y donna du sens. Elle avait manœuvré avec une précision et une discrétion remarquable, il devait le reconnaître, et elle avait versé quelque chose dans le verre de l'homme qui l'avait précédé de peu.... Elle le suivait quand elle était entrée, elle l'avait suivi et venait de l'empoisonner...
Il aurait pu condamner l'acte, mais lui revint le visage de Cymoril, et l'envie de savoir si il existait vraiment un lien entre les deux domina le reste qui ne le regardait pas, après tout... Il ignorait la vie de cette jeune fille, ce qui la poussait à faire cela, moins encore celle de l'homme et ce qu'il avait fait pour qu'on désire le tuer.

Quand elle sortit, il lui emboita le pas, sans toutefois prendre la porte de derrière... Inutile de se presser, elle semblait fatiguer par ce qui avait dû être une longue traque dans le froid – pour elle – et maintenant qu'elle avait accompli son travail, elle ne filerait pas. Il ouvrit la porte et laissa Monarth prendre les devants pour la retrouver, et emprunta un autre chemin... Il devait la surprendre, mais pas la brusquer... Elle était douée et pouvait essayer de le tuer pour réagir à ce qu'elle percevrait comme une agression. Tout ce qu'il avait à faire pour obtenir sa réponse, c'était de la devancer et de prononcer un nom... Ce qu'il put faire, aidé par un dräke qui gardait un œil sur la jeune fille, et c'est ainsi qu'il l'interpella doucement à un croisement de rue, appuyé contre un mur, les bras croisés.

« J'ignore ce que ce pauvre bougre avait fait, mais ça reste du grand art... Quoique, je me demande ce qu'en penserait Cymoril. »

Si elle connaissait ce nom, son expression la trahirait, autrement, il n'aurait qu'à s'excuser après être probablement passé pour un imbécile, ce dont il se moquait.
Et pendant ce temps, Monarth décrivait une trajectoire qui le conduirait immanquablement à son perchoir... euh, l'épaule de son compagnon humain. Il ne voulait pas rater la suite, qu'elle soit ce qu'il pensait ou non, il y avait des choses à découvrir ou l'occasion de se moquer d'Arthur... L'une ou l'autre des possibilités le satisferaient tout aussi bien !
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Folie
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MessageSujet: Re: Une fraîche rencontre [Terminé]   Mer 15 Nov 2017 - 22:18



Folie sentait l'appel de son lit. Chaud, douillé, tranquille....
Ses paupières s'étaient alourdies par le froid de sa longue traque. La chaleur et l'alcool avaient étourdis ses sens à présent qu'elle avait relâché son attention.
Mais avant de rentrer, elle devait manger quelque chose, sinon la faim allait la réveiller pendant la nuit, à coup sur. Cela faisait des heures qu'elle n'avait rien avaler à part le grog.
C'est alors qu'elle se tâtait entre le jambonneau de l'auberge du bouton d'or et la soupe chaude du coq pleureur qu'elle fut prise au dépourvue.

Elle ne l'avait pas reconnu, trop absorbée par ses pensées. Pourtant elle aurait du le reconnaître ce sale petit fouineur avec sa cicatrice qui lui barrait le visage, ou au moins se méfier d'un homme adossait à un mur au milieu de rues quasi désertes ! Elle était furieuse contre elle même.
Elle fit un pas en arrière, sorti un petit poignard et se mit en garde, tout en laissant échapper une expression de trouble sur son visage. Ce nom... ça lui disait quelque chose mais... Mais qu'est ce qu'il lui voulait ce type ?
Il l'avait suivit, c'était certain, cela faisait déjà un petit moment qu'elle avait quitté les lieux de son empoisonnement. Il fallait être tordu ou vouloir quelque chose de bien précis pour la traquer aussi longtemps. Pourquoi ne l'avait t'elle pas perçu ? Au fur et à mesure qu'elle analysait les éléments, elle se méfiait davantage, et sa posture le laisser paraître.
Ca n'avait pas l'air d'être en rapport avec sa mission, il semblait vouloir autre chose...
Elle le fusilla du regard, avec un air de petit chat sauvage.

Elle se recula davantage lorsque le reptile fit son apparition. Elle écarquilla les yeux, obnubilée par la petite créature pendant quelques secondes. Elles s’observèrent toutes les deux.
Folie se fit violence, et retourna son regard sur son compagnon humain.

“Vous voulez quoi ?
Cymoril ? c'est qui ? une maquerelle ? J'en ai plus, mais si vous voulez on peut s'arranger, par contre je suis chère.”
à chaque souffle un petit nuage de condensation s'envolait dans le froid.
Tout en parlant elle creusait dans ses souvenirs. Ce prénom lui semblait important, un peu comme le nom d'une déesse oubliée, quelque chose dont elle aurait vraiment dû se souvenir. Quelque chose de plus ancien que la terre, quelque chose de fort. Elle était troublée, elle faisait tout pour le cacher, mais ce n'était pas la meilleure menteuse.
Elle détailla son traqueur. Il était grand et avait le physique et l'attitude d'un guerrier, l'épée au coté, elle était clairement tombée sur un os. Ça allait être difficile de lui fausser compagnie s'il décidait de la garder. Il avait quelque chose de séduisant, mais il était un peu vieux pour elle, et surtout, surtout ses agissements étaient suspects.

Mais rien dans son attitude ne présageait une attaque ou une agression physique.
Elle lui fit un petit sourire de connivence suite à l'invitation qu'elle lui avait faite, baissa légèrement son arme comme si elle était prête à un accord.
Si c'était son but, au moins c'était simple bien que fâcheux. Si ce n'était pas ça, c'était encore bien plus inquiétant.
.


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Arthur
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MessageSujet: Re: Une fraîche rencontre [Terminé]   Jeu 16 Nov 2017 - 11:28

On dirait que tu t’es trompé.
Non, je ne crois pas.


Monarth ne se fiait qu’à des signes physiques grossiers, il voyait la méfiance et l’attitude défensive, comprenait qu’en l’état, elle pouvait être menaçante et prête à bondir comme un fauve et adoptait naturellement une attitude similaire, Arthur sentant, même à travers le cuir rembourré, le jeu de tension des pattes arrières prêtes à le faire bondir, bien qu’il ait balayé immédiatement cette idée et observation, comme toujours, il s’intéressait également aux pensées de surface, comme les appelait Arthur, les idées qui vont et viennent, fugitives et légères, mais également les intentions immédiates qui s’essoufflent tout autant ou persistent pour devenir des désirs inaccessibles, qu’il captait comme on attrape des papillons avec un filet, c’était sa force, car c’était un mécanisme mû par un instinct de survie particulièrement affûté, mais aussi sa faiblesse que complétait l’attention aux détails et l’expérience des humains de son compagnon.
Ce trouble qui ne dura qu’un instant infime, avant de céder sa place à cette attitude défensive, c’était ce détail que le dräke n’avait pas perçu, mais aussi précisément ce que cherchait Arthur. Il en disait long, davantage encore à cause de la fatigue, du froid, de la surprise, et des autres idées qu’il avait certainement interrompu. Elle connaissait ce nom… Ce pouvait bien entendu être une coïncidence, mais ça pouvait tout aussi bien ne pas l’être. L’autre conclusion qu’il tirait de ce trouble personnel, c’était que si elle avait effectivement connu, d’une façon ou d’une autre, une Cimoryl, cela remontait à loin et n’était pas marquant... Ce nom semblait avoir eu sur elle le même effet que ce visage sur sa propre mémoire.
Il écarta pour l’heure ces idées, il avait un temps d’avance, si il ne se trompait pas, et pourrait donc se servir de ce qu’il avait lui-même retrouvé pour l’aiguiller… Si ça ne donnait rien, il admettrait peut-être son erreur et s’excuserait…

Elle est troublée, même moi, je peux le sentir maintenant.

Et aux idées qui accompagnaient cette pensée, il se passait quelque chose dans le crâne de cette jeune fille. Il poussa donc sa chance, et durant ce qui sembla un long moment dans les méandres de son propre esprit, il ne s’était pas écoulé tant de temps.

« Une maquerelle ? Non, quelle horreur ! » Son souvenir avait beau être lointain, faussé par le poids des années autant que par l’influence des sentiments qu’il avait pu éprouver pour elle à l’époque, peu de chose s’éloignait d’elle que cela. « Cimoryl était une joaillière itinérante avec un esprit d’aventure que j’ai connu il y a une vingtaine d’années. » Et après une courte pause, il enchaina doucement. « Range ce poignard, je te prie, jeune fille, tu n’en auras pas besoin et tu fais peur à mon compagnon. » Il n’était pas autoritaire, ce qui aurait tendu davantage la chatte effrayée qu’elle semblait être sur le moment, et pour accompagner son propos, il détacha doucement le fourreau et son épée qu’il posa contre le mur.

Tu es sûr de ton coup ?

Elle est fatiguée, troublée, engourdie par le froid et n’a pas l’avantage de la surprise… Dans ces conditions, je crains davantage ses réactions imprévisibles que ses compétences de tueuse. Et crois-moi, mon couteau de chasse ou mes poings seront plus utile qu’une épée qui me condamnerait avant d’être sortie du fourreau
.

Et cette dernière idée, Monarth voulait bien la croire, et il se détendit lui-même, apaisé par les idées rassurantes de l’humain, quoique toujours vigilant.

« Tu lui ressembles, ton visage tout au moins, suffisamment pour que j’en vienne à me demander si tu es sa fille. »

Bon, elle risquait de continuer d’avoir une mauvaise interprétation de ses intentions, d’autant qu’elle semblait avoir connu la vie dans un bordel et qu’il n’avait pas refusé une invitation dont il se moquait, considérant l’indifférence qu’il témoignait à la proposition comme une réponse en soit, mais ça n’était pas le cas pour elle. Il dissiperait les choses après, quand elle aurait rangé cette arme et qu’il ne percevrait plus la tension d’un Monarth qui, bien que confiant, restait concentré sur la menace que constituait encore la jeune fille.
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Folie
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MessageSujet: Re: Une fraîche rencontre [Terminé]   Jeu 16 Nov 2017 - 14:01



Elle pouvait s'enfuir, elle avait fait deux pas en arrière et il n'avait pas fait mine de se rapprocher, c'était suffisant pour tourner les talons et faire demi tour.
Mais la créature... elle pouvait la suivre, l'espionner, la traquer, comme elle l'avait déjà fait. Elle ne connaissait les drakes que de réputation, ils n'étaient pas décrit comme dangereux, voire même un peu froussards, mais concrètement, s'il décidait de s'en prendre à elle elle ne savait pas trop comment cela tournerait. Elle n'aurait même pas su ou frapper; la gorge, le thorax, les yeux ? De toute façon, Folie n'avait pas trop envie de s'attaquer au petit reptile, elle le trouvait joli, tout ce qui avait des ailes lui était sympathique, elle les enviait mais restreindre leur liberté aurait été un sacrilège à ses yeux.
Mieux valait en finir maintenant que de se retourner constamment les prochains jours. Il fallait à tout prix éviter qu'il soit tenter de la suivre jusqu'à chez elle et la surprenne pendant qu'elle dormait. Oui, mieux valait régler cette affaire tant que le fer était chaud, comprendre le but de cette rencontre.

Elle ne vit aucun intérêt chez l'homme par rapport à sa proposition, elle en fut soulagée, mais comme prévu, d'autant plus inquiète. Elle ne comprenait pas trop ce qu'il lui voulait.
Il continuait de lui parler de cette Cymoril, elle n'aurait su dire si les images qui lui venaient étaient des souvenirs ou l'expression de son imagination, peut-être de rêves.
Lorsqu'il parla d'artisanat de bijoux, elle porta une main libre à sa poitrine, pensant tout de suite au seul vestige d'une vie passée. Mais le cadran solaire n'était pas là, elle avait cassé la lanière de cuir trois jours avant, et l'avait laissé prés de sa paillasse. Elle fit mine de refermer sa cape contre le froid pour donner un autre sens à son geste. Elle n'avait pas tellement envie de révéler ses secrets.



Pas besoin de son arme... facile à dire ! Il devait faire deux fois sa taille et son poids et il avait un compagnon avec des griffes et des dents (aussi petites soient elles). Il était une arme à lui tout seul face à à une jeune fille, si elle abaissait sa lame il pouvait faire ce qu'il voulait d'elle. Elle n'était pas idiote, c'était un homme d'armes, il en avait vu, beaucoup plus qu'elle. C'était un homme dangereux.
Plus il essayait de l’apaiser, plus elle était méfiante. Son ton paternaliste l'agaça.
Elle l'observa détacher son épée et la poser contre la pierre froide de la rue. Le petit reptile sembla lui aussi s'appaiser, ses ailes semblaient se détendre et ses griffes se relâcher.

Elle prit sur elle, de toute façon, avec ou sans épée, avec ou sans poignard, elle avait peu de chance de prendre le dessus s'ils en venaient à se battre, autant éviter la confrontation et le risque de blessure. Elle rangea son poignard aussi vite qu'il était apparu.

Elle fut prise de cour quant à sa supposition de filiation. Décidément, il était bizarre. Personne ne l'avait interrogé sur ses origines, à par Lio, personne de se soucier des origines d'un petit rat des rues à Thaar. Et elle même essayait de refouler ces questions. L'idée même d'être la fille de quelqu'un lui paraissait étrange. D'ailleurs l'idée de ressembler à une femme qui avait vécu il a vingt ans encore plus. Peut-être qu'il était un peu taré, et voyait chez d'autres les traits d'une femmes perdues.

Elle le dévisagea un bref instant, se demandant ce qu'elle pouvait répondre à tout ça et surtout comment désamorcer une situation à risque.
“Ecoutez, j'ai froid et j'ai faim. Alors soit vous passez votre chemin et moi le mien, soit vous m'offrez un repas chaud dans un endroit peuplé ou nous pourrons continuer cette conversation. Si vous voulez plus, je mangerais d'abord et vous prendrez une chambre après. Il y a une auberge au bout de la ruelle.”

Les hommes qui voulaient passer du temps avec une prostituée ou une femme légère n'y allaient généralement pas par quatre chemin, surtout s'ils voyaient une ouverture. C'est pourquoi elle doutait que ses intentions aillent dans ce sens. Elle connaissait suffisamment les hommes, du moins concernant leur faim, c'était d'ailleurs ce qu'elle connaissait le mieux d'eux. Mais elle le trouvait vraiment étrange, ses questions, cette rencontre, tout ça était inhabituel. Mieux valait l'attirer dans un endroit moins désert et se faire offrir un repas, plutôt que de discutailler dans un rue sombre, déserte, et froide.



Dernière édition par Folie le Jeu 22 Mar 2018 - 1:21, édité 2 fois
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Arthur
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MessageSujet: Re: Une fraîche rencontre [Terminé]   Mar 21 Nov 2017 - 10:11

Etait-il autant sur la défensive lorsqu’il était pris lui-même au dépourvu ? Cette jeune fille devait avoir eu une vie difficile pour ne considérer que comme une menace – quel que soit la forme qu’elle prendrait - le fait d’être abordé par un homme inconnu. Elle survivait dans cette jungle qu’était Thaar, particulièrement pour une jeune fille, mais semblait le faire avec une certaine réussite, bien qu’elle ait dû en venir à certain extrême pour y parvenir.

Il soupira, un peu ennuyé quand elle émit une nouvelle fois sa suggestion, comme si il était inconcevable pour elle qu’un homme ait d’autres choses à l’esprit. Ça ne l’intéressait pas, quand bien même il n’avait plus touché de femmes depuis longtemps, il n’en ressentait pas le besoin, et la seule possibilité qu’elle put être la fille de son ancienne amante acheva de le refroidir… D’autres hommes y auraient certainement vu un intérêt et une raison supplémentaire, lui y voyait une insulte faite à celle qui avait, à l’époque, embellit une existence qui prenait des contours hideux.

« Je t’offrirais un repas chaud pour m’excuser et nous repartirons chacun de notre côté… Mais tu peux aussi passer ton chemin, si tu préfères. » Ce faisant, il récupéra et rattacha son épée à sa ceinture. « Tu es libre, jeune fille, j’étais curieux, j’ai eu ma réponse, je crois, je n’insisterais pas davantage si tu ne le souhaites pas. » Et il se mit à marcher, sans se soucier qu’elle le suive ou non, la tête de Monarth la suivant tandis qu’elle disparaissait dans le dos de son compagnon.

Tu renonces ?
Je ne lui forcerais pas la main. Elle est sur la défensive, elle ne voit qu’une ou deux menaces, ça n’en vaut pas la peine.


Elle aurait été rongé par l’inquiétude et la crainte de ce qu’il pouvait bien vouloir faire d’elle, ça n’aurait pas été intéressant, pire encore, cela aurait pu paraître comme une torture pour elle, ce qui était bien loin de ses intentions, ou du prix qu’il consentait à payer pour obtenir des réponses. Elle avait réveillé un fantôme du passé, il en avait peut-être fait de même, cela en resterait probablement là.

« Mais de ce que j’ai vu, tu pourrais y trouver un intérêt également. » Si il avait été de face, il aurait probablement prit un air entendu. Il savait, ou tout du moins, devinait, et il venait de lui suggérer que son trouble ne lui avait pas échappé. Mais le dernier mot, si l’on peut dire, revint à Monarth, qui décida de calmer les inquiétudes de la gamine, même si il était toujours délicat, davantage encore avec des humains tendus, de prévoir les réactions à ses interactions franches et perceptibles.

Il diffusa, se mêlant aux idées de surface, une impression douce et rassurante de tranquillité, et un message plus clair que les impressions pour un esprit humain. Il ne masquait nullement son « geste », alors qu’il aurait pu le faire, il ne voulait pas qu’elle pense qu’il tentait de la manipuler.

Je ne te suivrais pas, même si il me le demandait, ce qu’il ne fera pas. Nous ne voulions pas te faire peur… Tu l’as troublé et il voulait savoir.

De sa propre initiative, comme pour donner un coup de main à ces deux humains troublés, en quête de réponses, il s’empara d’une image qui flottait désormais à la surface, pareille à un portrait vieilli et abîmée par le poids des années qu’il avait passé dans les profondeurs de sa mémoire… Il se contenta d’un visage, ne voulant pas troubler la jeune fille avec tout ce qui, dans l’esprit de son compagnon s’y rattachait et qui aurait été autant d’impression étrangère brouillant le message. Et c’est ce qu’il glissa, avec la subtilité d’un dräke passé maître en la matière, à l’esprit de la jeune fille… Pour elle, se serait une impression fugitive, qu’elle saurait être étrangère, un visage qui lui apparaitrait, sans toutefois être aussi net qu’il l’aurait voulu, mais avec un tel matériau de base, impossible de faire mieux, sans pour autant qu’il s’y accroche.
C’était peut-être naïf de sa part que de croire qu’il pouvait résoudre la situation ainsi, mais cela pourrait tout aussi bien désamorcer la tension en montrant, concrètement, qu’il n’y avait pas là de mauvais tour. Qu’elle veuille les suivre ou repartir de son côté, il n’avait qu’à cœur de laisser derrière eux un esprit plus serein.

Tout ceci ne dura qu’un instant, le temps d’un pas, peut-être deux, et le dräke, après l’avoir longuement fixé, revint vers l’avant.
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Folie
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MessageSujet: Re: Une fraîche rencontre [Terminé]   Ven 24 Nov 2017 - 18:03



Les rues de Thaar étaient une mécanique, un roulement perpétuel, les mêmes besoins, les mêmes demandes; manger, dormir, acheter, baiser, voler, tuer, vendre, escroquer. C'était toujours les mêmes types de personnes pour les mêmes actes à répétition. Que ce soit les matelots qui reviennent sur la terre ferme après des mois en mers, ou les marchands qui veulent faire la différence qu'ils achètent ou vendent broutilles ou le corps et la vie d'un homme, jusqu'aux truands, ils faisaient tous partis d'une catégorie et agissaient de manière prévisible. La jalousie des êtres pensants et leur violence n'avaient plus de secret, la banalité de la vie et la misère des rues n'avaient plus rien de mystérieux pour Folie.
Et pourtant, ce type, elle avait du mal à le cerner, incapable de le mettre dans une catégorie. Il était étrange et elle ne comprenait pas son but, cela la rendait particulièrement méfiante.
Il n'avait pas l'air riche, mais il parlait et se comportait... en guerrier ? Pas seulement, c'était certain... En seigneur ? Non plus... En marin ? Vraiment pas ! Et certainement pas en marchand ! Il avait une certaine noblesse et beaucoup des caractéristiques d'un mercenaire, sauf peut-être le langage et l'absence du coté bourru et intéressé. En tout cas, une chose était sure, il n'était pas de Thaar.

C'est donc soulagée qu'elle l'entendit dire qu'il partait et n'insistait pas. Elle faisait déjà un pas en arrière ne le quittant pas des yeux même s'il lui avait déjà tourné le dos, lorsqu'il reprit la parole.

Ce qu'il avait vu ? Un intérêt ?
Il avait vu quoi ? Une vague ressemblance ? D'une part on ne ressemblait pas forcément à un membre de sa famille et d'autre part de parfaits inconnus pouvaient se ressembler, alors se fier à des souvenirs d'il y a vingt ans ! Qu'elle chance avait t'il de retrouver l'enfant de quelqu'un juste par ressemblance ?
Parce qu'elle avait sourcillé à un nom ? Les prénoms il n'y avait rien de plus commun, même si celui-ci n'était pas dans toutes les bouches...

Alors qu'elle se demandait si à défaut de ne pas être tordu il n'était pas tout simplement plus fou qu'elle, elle se senti un peu rassurée, sans trop savoir pourquoi. Mais avec l'intuition d'un... message ?
Elle eu un petit bruit de gorge de surprise lorsque ce dernier s'intensifia au point d'être presque des mots. Peut-être pas vraiment des mots tels qu'on les perçoit ordinairement, mais une idée claire tout au moins. Intuitivement, elle sut que c'était le reptile, qui, lui, la fixait toujours de ses grands yeux étranges.
Pour sur il avait de bonnes capacités de persuasion ! Elle était de plus en plus convaincu qu'ils ne voulaient rien de plus qu'une conversation et peut-être quelques éclaircissements sur la première impression étonnante que l'homme avait, semblait t'il, eu en la voyant. Elle ne pensait pas qu'il trouverait ce qu'il cherchait, et elle n'avait pas grand chose à dire qu'il ait raison ou tord.

Une image se présenta à elle, encore le Drake !
Le visage était plutôt flou, comme toujours avec les souvenirs, mais les cheveux et les yeux étaient assez nets et semblaient se superposer aux siens.
Les cheveux étaient plus clairs là où les siens étaient plus vifs, ils étaient légèrement ondulés là où les siens étaient quasiment raides. Quant aux yeux, ils étaient effectivement vairons, ce qui était plutôt rare il fallait le reconnaître. Mais si les deux yeux bleus se ressemblaient, là où Folie en avait un vert émeraude, le souvenir présentait un œil couleur noisette-dorée.
C'est vrai qu'il y avait une ressemblance troublante, et pas seulement vague. Pourtant il y avait aussi des différences qui la frappèrent. Un regard bien plus chaleureux que le reflet de Folie ne l'avaient jamais été. Le visage du souvenir était plus fin, plus longiligne, il avait quelque chose de plus féminin. Une impression bienveillante qui lui sembla familière mais qui donna à la jeune fille un fort sentiment de divergence.

C'était probablement l'instant le plus étrange de sa vie. De la magie elle en avait vu un peu, on ne vivait pas à Thaar sans voir certaines choses. Mais c'était la première fois qu'elle en ressentait les effets directement sur elle, et la communication télépathique avait quelque chose d'intime, bien qu'elle ne l'ai expérimenté que quelques secondes, ça avait suffit à la troubler. Une part d'elle lui disait qu'elle aurait dû se méfier et s'indigner de ce contact contraint, mais en réalité, sa curiosité était piqué au vif. La petite créature la fascinait.

Elle les suivit, petit brin de folie dans sa vie de survivante farouche. Après tout, elle n'avait rien de mieux à faire et elle avait faim. En arrivant à leur hauteur, le ton léger, l'air de rien, elle dit :
“ Vous me faites pas peur, vous êtes juste bizarre. Faut pas suivre les gens comme ça et leur parler dans une ruelle sombre, ça va mal finir ! Et sinon il s'appelle comment votre compagnon avec des ailes ? Vous préférez la jambonneau ou une soupe aux huîtres ? Je crois que je pourrais manger les deux....”

Elle les surveillait toujours du coin des yeux l'air de rien, mais son corps avait perdu sa tension, ses épaules étaient relâchées, et son ventre criait à présent famine.


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MessageSujet: Re: Une fraîche rencontre [Terminé]   Jeu 7 Déc 2017 - 18:00

« Est-ce que ça a mal fini ? » Tels furent les premiers mots qu'il offrit à cette soudaine effervescence. Ça n'était pas une vraie question, une simple observation qui invalidait le conseil qu'elle semblait avoir voulu lui donner. « Et sois honnête quelques instants... Y aurait-il eu une bonne manière et un bon endroit pour t'aborder ? Je ne peux que le supposer, mais tu n'aurais pas été à l'aise, sur la défensive, que je te parle ici, en m'invitant à ta table dans une taverne ou bien même en t'invitant par le biais d'une lettre, à supposer que tu saches lire... Dans tous les cas, je te prive de l'initiative et du contrôle de la situation, ce que tu n'aurais pas apprécier, n'est-ce pas ? » Il ponctua la chose par un sourire amusé, tout en poursuivant sa route vers la porte de la taverne la plus proche, qu'elle avait indiqué. Et il conclut sans la regarder ni attendre de réponse, une nouvelle fois par un « Mon choix était donc le bon. »

Alors qu'il se rapprochait de la porte, et qu'il n'avait pas encore offert de réponses aux autres questions, à dessein, qui s'étaient enchaînées, il reprit la parole.

« Sache que tu es libre, de venir ou de partir à ta guise, de parler ou de te taire et apprécier un repas offert... Néanmoins, ça sera du donnant-donnant. Je ne satisferais ta curiosité que si tu satisfais la mienne, avec la vérité ou avec des mensonges, c'est à toi de voir. » Il s'arrêta sur le pas de la porte et jeta un œil sur elle, avec un lueur joueuse dans le regard. « D'accord ? » Et là-dessus, il ouvrit et pénétra dans la salle, attirant quelques regards dont les visages trahirent plusieurs sentiments quand ils passèrent de l'homme au dräke, puis à la jeune femme qui l'accompagnait.
Que pensaient-ils alors qu'ils retournaient à leurs gamelles ? C'était sans importance, il ne s'intéressait pas aux regards qu'on portait, aux jugements qu'on pouvait faire sur son attitude... Il était un individu à part auquel ils attribueraient, comme elle, des idées semblables aux leurs, avec l'arrogante certitude que c'était ainsi que fonctionnait tous les hommes.

Ils s'installèrent, le dräke se décrochant de son épaule pour se poser sur la table, regardant autour, sans conviction, avant d'en revenir, tout comme son compagnon, à la jeune fille. « Bon... Faisons les choses en bonne et due forme... Je suis Arthur, et mon compagnon s'appelle Monarth. » Sans la poser formellement, il invitait d'un regard la jeune fille à faire de même, sans attendre la serveuse et l'opportunité de se dérober pour commander.

Il ignorait l'intégralité du petit tour du dräke, tout en l'ayant perçu, désormais plus conscient de son esprit qu'il ne l'avait été des années plus tôt, s'agiter et s'activer à quelque chose qui concernait la jeune femme de son souvenir. Peut-être n'était-ce pas tant ses mots que le dräke qui était à l'origine de sa décision...
Mais pour le moment, le dräke demeurait silencieux, simple observateur d'une scène qu'il avait contribué à permettre, curieux de ce que cette rencontre pourrait éveiller de plus au sujet de cet humain qu'il ne connaissait pas, reposant dans les souvenirs de son compagnon.


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MessageSujet: Re: Une fraîche rencontre [Terminé]   Sam 9 Déc 2017 - 1:14




Il lui rappelait un peu Lio, cette tentative de la faire s'interroger et se remettre en question. Ce petit coté donneur de leçon qui l'agaçait tant mais qui la faisait sourire tant la réponse était tortueuse, à calculer les possibilités et leurs résultats. Oui, il lui rappelait son maître espion. Folie ressentit une éphémère nostalgie, un léger sourire sur les lèvres. Elle acquiesça de la tête. Oui, dans tous les cas, elle se serait méfiée.
Son coté tranquille à ne vouloir que discuter l'hérissait plus que tout le reste.
Elle n'était pas convaincu que son choix été le BON, encore aurait t'il fallut qu'il y en ai un effectivement. Mais elle ne se fatigua pas à le contredire, préférant les observer ; “Peut-être.” Répondit t'elle seulement, l'air tranquille -l'air seulement-.
“Venez.” rajouta la jeune femme en se dirigeant vers le Coq pleureur, l'auberge la plus proche. Autant aller dans un endroit fréquenté le plus tôt possible.

Avant de pénétrer dans le bâtiment qui imbibait déjà la rue de sa bonne odeur de cuisine, son étrange compagnon remit les choses au clair. Il semblait vouloir l’apaiser toujours, la rassurer sur sa liberté de mouvement, mais aussi lui rappeler qu'il n'y avait pas d'informations sans échanges. Il semblait avoir remarqué qu'elle n'était pas une grande bavarde, apparemment ses silences et sa langue de bois n'allaient pas la couvrir aussi commodément que d'habitude.

* Tu veux jouer ? Et bien jouons. *
Elle fit un signe de tête affirmatif avec un petit sourire espiègle. Ils échangèrent un regard qui en disait davantage que les mots, et elle dû s'avouer qu'il lui était sympathique. Elle jeta un regard au drake, qui semblait lui aussi sceller l'accord de ses deux fentes oculaires.
Folie se méfiait toujours autant, mais malgré elle, elle les aimait bien. Et elle était beaucoup plus curieuse de connaitre leur histoire que sa raison ne l'aurait souhaité.

Il entra, et elle le suivit. Ce n'était pas une auberge de luxe, mais elle était propre et possédait clairement une touche féminine. Elle avait quelque chose de chaleureux, et les odeurs étaient à tomber. La petite rouquine ne regretta pas son choix, gouttant déjà les odeurs du bout de la langue.

L'étranger choisi une table un peu isolée, loin des conversations un peu vive de l'assemblée. Il n'y avait que des matelots et des artisans, lui sembla t'il. Aucun n'avait vraiment l'air éméché, c'était une auberge plutôt calme où on se retrouvait rapidement dehors si on faisait du grabuge.

Il faisait une chaleur étouffante, il y avait deux cheminées, le lieu de service réunissant deux salles rattachées.
Folie enleva sa cape, découvrant ainsi son plastron de cuir, et quittant son apparence de simple jeune femme pour un aspect plus martial.
A peine était t'elle assise qu'il se présenta, lui et son compagnon, le regard légèrement soutenu.
“Bonjour Monarth.” dit t'elle sans quitter des yeux le petit reptile, laissant filtrer sa fascination pour la créature. Elle lui présenta amicalement sa main, paume vers le haut. Elle avait envie de le toucher, mais n'osait pas. Sans regarder celui qui se présentait comme Arthur, un doux sourire à l'égard du drake, elle répondit à sa question muette.

“Vous pouvez m'appeler Lily”.

Se fut le moment que choisie la patronne pour se présenter avec deux bols de soupe d’huîtres, spécialité de la maison et plat obligatoire à l'heure du dîner.
“Alors ma petite Folie, toujours en vadrouille ? Tu t'es décidée à travailler en équipe où c'est un client ?” dit la brave femme à l'air avenant, un sourire plaqué sur le visage.
C'était le soucis lorsque l'on fréquentait souvent les mêmes endroits depuis des années et qu'on passait sa vie dans les mêmes rues et les mêmes établissements.
“Merci Linette. Juste là pour manger ta bonne cuisine. Tu rajouteras du pain, des tranches de lard et un pichet de bière.”
L'adorable tenancière acquiesça d'un air maternel, prit la commande et s'éloigna.

Folie jeta un regard d'excuse à Arthur.
“ Ce n'était pas vraiment un mensonge, je n'ai pas vraiment de nom. On en donne pas aux gamins perdus dans mon genre. Cela répond déjà en parti à vos interrogations non ? Je n'ai pas grand chose à vous dire, si j'ai eu une mère et un vrai prénom, je n'en garde aucun souvenir. Alors un nom de famille...”
Au fur et à mesure, sa voix s'était montrée un peu plus détachée et désabusée.
“Vous n'êtes pas de Thaar, de la Péninsule non ?
C'était qui pour vous cette... Cymoril ? Si vous l'avez connu il y a vingt ans, vous auriez dû savoir si elle avait une fille, non ? Parce que je doute avoir beaucoup moins.”


Elle n'avait pas voulu mentir sur son nom, comme elle l'avait dit, ce n'était pas vraiment un mensonge. A vrai dire, elle n'avait pas eu envie de se montrer sous l'idée de folle devant lui, tout simplement. Elle ne savait pourquoi, mais elle ne souhaitait pas qu'il la voit comme instable. Et s'il savait réellement quelque chose ? Et si pour la première fois elle tenait une piste ? Elle n'avait pas cherché, elle n'avait pas posé de questions, mais si sa mère n'avait pas été une simple prostituée comme elle l'avait toujours cru ?
Elle remit ses cheveux en arrière, signe de son anxiété.

Maintenant qu'ils étaient face à face, à la lumière, elle le trouva un peu plus jeune qu'elle ne l'avait cru au premier abord, mais il semblait un peu lasse, ce qui avait dû la tromper. La cicatrice sur son visage sembla elle aussi un peu atténuée, les ombres lui avaient donné un air plus marqué. La couleur verte de ses yeux était plus vive encore. Les traits qui avaient été un peu flous dans l'obscurité de la ruelle étaient plus nets, assis il la dominait moins, bref, il avait l'air un peu plus commun et moins menaçant. Mais il gardait ce petit quelque chose de noble, ou du moins pas d'origine humble. Mais c'était surtout son compagnon ailé qui attirait le regard de la jeune fille.

Elle entama son repas, le savourant visiblement. Elle se détendit réellement cette fois-ci. Jetant des coups d’œil félin à l'un et à l'autre, interrogatifs pour l'homme, amicaux pour le reptile.


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MessageSujet: Re: Une fraîche rencontre [Terminé]   Dim 7 Jan 2018 - 14:38

L'endroit qu'elle avait choisit lui était inconnu, ce qui n'avait rien de surprenant, si il s'était établi dans la région, il passait désormais le plus clair de son temps en dehors des murs de la cité et ne souffrait nullement de cet isolement volontaire. Mais par certains aspects, la chaleur et la convivialité, le bruit et la rumeur des discussions autant que les brusqueries de quelques joueurs offrant à la salle quelques indices des rebondissements de leurs parties, qu'on ne trouve nulle part ailleurs qu'en ces lieux lui manquaient. Il avait beau être né noble, ce qu'il fut autant que ce qu'il était désormais l'amenait souvent à fréquenter ces lieux aussi sûrement qu'une cour gravitant autour d'un trône, et quoiqu'il put trouver un certain plaisir à jouer parmi des hommes et femmes de haute naissance, ça n'était jamais aussi chaleureux qu'une taverne, ou bien un banquet donné par quelques petits seigneurs de provinces, ce qui revenait presque au même.

Attablés, il s'était présenté et avait constaté la fascination qu’exerçait le dräke sur la jeune fille. Oh, elle n'était pas la première, les esprits les plus jeunes, les plus ouverts, l'étaient tous. Il pouvait avoir cet effet autant que son contraire, certains se méfiant d'une créature étrange, et d'autant plus hostile à mesure qu'elle faisait montre d'une intelligence jugée malveillante.
Elle se présenta à son tour, et la tenancière arriva avec deux bols dont l'odeur n'inspira pas confiance au lézard, justement... Contrairement à Itarillë, il n'était pas follement attiré par ce que la mer pouvait rejeter dans les mains et les filets des humains, et plus généralement, la cuisine elle-même... C'est que le petit reptile n'avait pas la même perception du goût et des odeurs que ces bipèdes dépourvus d'écailles !

Arthur écouta, un sourire aimable et chaleureux, autant la manière dont elle s'était présentée que la manière dont on l'appela – il n'ajouta rien à la commande, et sortit de sa poche le reste du fruit soigneusement emballé de sa filature, dont il en coupa des morceaux, machinalement, sous le regard ambre dans lequel on pouvait deviner la gourmandise – suivit d'excuse pourtant inutile, même si il appréciait qu'elle voulut être sincère. Il écouta, sans émettre ni suggérer le moindre jugement. Avec cette explication, il perdait pour de bon l'occasion d'avoir des nouvelles de cette femme dont le souvenir avait resurgit en même temps que la jeune fille était apparue.
Une nouvelle question lui vint, mais c'était au tour de la jeune fille, et il perçut quelque chose... Comme un espoir ou un vœu, quelque chose en rapport avec ses origines... Etait-il la première personne qui puisse susciter en elle l'idée-même d'un début de piste concernant ses origines ? Il peinait à le croire, mais décida qu'il serait lui aussi tout à fait honnête, quoiqu'il n'ait pas grand chose à lui apporter... A moins que...

Une idée vint, qu'il préféra écarter, et il décida de répondre pour achever de la mettre hors de portée d'un esprit bien trop fertile à son goût.

« Je ne suis pas de Thaar, effectivement, mais bien de la Péninsule, d'Erac, pour être tout à fait exact. » Un jour, cela ne serait plus si évident. « Pour être tout à fait honnête avec toi, elle fut une amie et une amante que j'ai rencontré et fréquenté il y a une vingtaine d'années quand mes devoirs m'amenèrent dans cette région pour la première fois. » Il creusa autant que possible dans sa mémoire, mais n'en tira que des brides de ce qui dut être des souvenirs très clairs et précis, des impressions et des informations collectés avec soin par son esprit et son sens de l'observation. « Elle n'avait pas de fille à l'époque, et je ne crois pas qu'elle aurait su me le cacher, ou qu'elle ait pu le vouloir. » Mais quel crédit offrir à la vague lueur d'un souvenir de jeune homme peut-être trop fier et arrogant pour croire pouvoir être trompé, et amoureux, vraiment amoureux, pour la première fois de sa vie ? « Si tu es effectivement ce que je crois que tu es, tu as dû naître après que nos chemins ne se soit séparé... Et je regrette de ne pas avoir davantage à t'offrir, nous ne nous sommes jamais revus, et mes devoirs et la distance m'ont tenu éloigné même de l'idée de la contacter jusqu'à ce qu'elle ne soit qu'un souvenir. » Il y avait une note de regret, mais peut-être était-ce davantage pour la jeune fille que pour lui-même.
Il craignait d'avoir fait naître une chose qu'il ne pouvait nourrir convenablement.

« Pour en revenir à toi, Lily... Pourquoi Linette t'a t-elle appelé Folie ? » Il s'était emparé du nom et le manipulait déjà comme si il lui était familier. « Tu me sembles saine d'esprit, autant qu'on peut l'être ici bas, moins que certains, certes, mais davantage que bien d'autres. »
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MessageSujet: Re: Une fraîche rencontre [Terminé]   Mer 10 Jan 2018 - 20:04



Folie observait le duo tout en engouffrant sa pitance. La nourriture avait une importance centrale pour elle, elle n'avait pas toujours mangé à sa faim. Et bien qu'elle se débrouille plutôt bien en ce moment, elle avait toujours peur de manquer, et appréciait la moindre bouchée. Surtout quand c'était aussi bon !
Linette apporta la bière, le pain et le lard. La petite rouquine lui sourit et servit deux verres, poliment tout en écoutant la réponse de l'étrange Arthur. Elle coupa des morceaux de pain encore chaud, qu'elle fit tremper dans le reste de soupe au fond de son bol, ça en faisait plus.

Erac ? Aucune idée de là où c'était. Elle aurait bien voulu en savoir plus sur la région, elle était curieuse du monde. Mais bon... le deal c'était une question, une réponse. Déjà qu'elle avait posé deux questions, et qu'il était suffisamment brave pour ne pas lui en faire la remarque et y répondre...

Son visage généralement neutre laissa un petit sourire malicieux s’épanouir lorsqu'il lui avoua que la femme qu'elle lui rappelait été une ancienne amante, c'est vrai que pour le coup il était honnête.
Il semblait avoir du mal à se rappeler, elle le laissa se plonger dans ses souvenirs. Elle faillit faire une remarque moqueuse alors qu'il tentait de se persuader que celle qu'il avait connu ne lui aurait pas menti. Folie avait grandit dans un bordel et n'avait pas une image très poétique de l'amour ou de la sincérité entre un homme et une femme, ou plutôt, elle mettait même en doute leur existence. Les vivants aimaient bien la compagnie, voilà tout. Mais elle se retint. Elle trouvait ça touchant, cette tentative d'avoir des nouvelles vingts ans après. Peut-être qu’inconsciemment, depuis qu'il était à Thaar, il songeait à cette femme disparue ? La jeune femme se sentit compatissante, mais ça l'agaça qu'il parle comme s'il était certain qu'elle était la fille de cette Cymoril. Elle était curieuse de ses origines, mais l'idée de “parents” ou d'une certaine forme de possessivité parentale, ça ne lui convenait pas. C'était quelque peu contradictoire mais humain.

Elle fronça un peu les sourcils à la question suivante. Elle n'avait aucune envie de répondre. La jeune femme évita le regard de l'homme, prit son verre de bière et parue lointaine.
“Ce n'est pas très intéressant. Des fois je dis des trucs qui n'ont pas de sens sans m'en rendre compte, je peux agir sans vraiment l'avoir décidé. Rarement mais parfois je pique des crises de colère. Ça et mes yeux étranges, les gens pensent que je suis folle. Mais comme vous dites, y en a des biens pires que moi, et ce n'est que de temps en temps. On se fait vite une réputation dans un bordel et dans les rues... Alors voilà, Folie... ”

La jeune rousse enchaîna rapidement sur la question suivante pour ne pas s'attarder sur le sujet précédent : “Votre amie était du genre à abandonner un enfant ? Parce que si ce n'est pas le cas, elle doit être morte. Et si elle ne l'était pas, pensez vous qu'elle aurait envie d'avoir une fille comme moi ?”
Son visage n'exprimait rien, sa voix était neutre.
C'était là que l'histoire coincée. Arthur avait eut l'air choqué plus tôt dans la rue lorsqu'elle lui avait demandé si Cymoril était une prostituée. Du coup, si c'était une femme convenable, comment son enfant aurait pu se retrouver seule dans une maison close ? Folie vivait et avait grandit dans les bas-fonds, elle n'avait jamais imaginé avoir une mère correcte. Et pour être honnête, l'idée ne lui plaisait pas. Ça aurait voulu dire qu'elle aurait pu avoir une vie ordinaire, tout ce à quoi elle aspirait. Ça rendait sa vie d'autant plus injuste et absurde.

Ses yeux se posèrent sur le petit reptile. Il était vraiment magnifique. La lumière se reflétait sur ses écailles en douce vagues selon ses mouvements. Il la regarda, se sentant observé. Il était parfait, une magnifique création de la nature. Parfaitement proportionné, des ailes incroyables qui lui permettaient de s'élever là où elle ne le pourrait jamais, une queue pour s'équilibrer et fendre les airs, des griffes et des dents pour la survie, et un regard d'ambre qui trahissait une intelligence subtile. Que n'aurait t'elle pas donné pour cette vivacité et cette liberté ?


Dernière édition par Folie le Jeu 22 Mar 2018 - 1:24, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Une fraîche rencontre [Terminé]   Mer 31 Jan 2018 - 9:48

Pour autant qu’il put en juger de la réponse qu’elle accorda à sa propre question, ce surnom ne reposait sur rien… Peut-être parce qu’elle lui paraissait en ce moment tout à fait saine d’esprit, ignorant ce que donnait ses excès de colère, peut-être parce que ce qu’elle décrivait était la manière dont il voyait le comportement de tant d’individus que cela semblait être la norme plutôt qu’un extrême.
Il n’était pas convaincu, non par qu’il doute de son honnêteté, tout en supposant la réserve qu’elle y mettait forcément – rien d’anormal, pour une personne qu’on dit sujette à la folie de ne pas forcément qu’un étranger la considère à travers un tel prisme – mais par ce qui avait poussé les gens à l’affubler d’un tel nom. Mais au vue de la précipitation qu’elle eut à enchainer, il comprit qu’elle ne souhaiterait certainement pas insister là-dessus.

Quand elle prit son tour, la question qu’elle posa exigea un effort de sa part, rassembler ce qu’il savait, écarter ce qui tenait de la vision biaisée d’un jeune homme éprit, se contenter des faits qu’il avait recueilli vingt ans plus tôt et laissé se dégrader dans un recoin de sa mémoire… C’était loin d’être un exercice évident. Une évidence en ressortie néanmoins, suffisante pour faire une déduction qui ait du sens.

« J’ignore ce que tu entends par « une fille comme toi », pour l’heure, je sais de toi que tu es une survivante qui a été contrainte de se louer de bien des manières, et que pour au moins l’une d’elle, tu as été suffisamment bien formée pour être compétente. » Bon, c’était une manière assez brute de résumer la chose, mais il n’y avait pas de jugement de sa part dans l’intonation. Pour dire vrai, il n’y aurait aucun reproche à faire… Elle avait fait ce que sa survie avait exigé ou imposé, et même si la chose pouvait paraître dégradante pour certains, le fait qu’elle soit encore là, qu’elle ait développé certains talents plus valorisant, c’était un triomphe aussi frappant que sa survie.

« Quant à ta véritable question… Je n’en sais rien, j’étais jeune et éprit, mon jugement de cette personne aujourd’hui ne vaut plus grand-chose. Néanmoins, je crois me souvenir qu’elle était issue d’une famille riche, suffisamment pour qu’une bâtarde, ce que tu es sûrement, soit un souci. Peut-être t’a-t-elle abandonné pour te sauver la vie, ne pouvant faire autrement... »

Il n’en savait rien, et ne pouvait qu’émettre une hypothèse possible… Les bâtards, on les utilisait ou on les éliminait, mais si on en avait connaissance, on les ignorait rarement. Elle avait pu s’éloigner en prétextant un voyage pour qu’on ne s’aperçoive pas de sa grossesse et avait confié l’enfant en remettant son destin entre les mains de quelqu’un d’autre.
Quant au père… Il était si commun pour un homme de courir la gueuse, comme on dit, et de laisser çà et là des rejetons sans vouloir s’embarrasser de la gêne qu’ils représenteraient en les reconnaissant, sans même parler de les légitimer si il devait avoir un peu de sang aristocrate, qu’elle n’aurait pas pu se reposer sur lui pour assurer à sa fille à naître un avenir décent.
Pourtant, l’histoire qui se dessinait ne l’apitoyait pas plus que cela, la vie qu’elle aurait eu aurait pu être meilleure, certes, mais également pire ou trop courte pour qu’elle en ait conscience. Qu’elle soit en vie, avec un caractère suffisamment fort pour survivre à ce qu’elle avait enduré et vouloir encore davantage, pouvait être considéré comme une chance en soit.

« Tu ne devrais pas tant l’envier… Le Ciel est une tentation empoisonnée pour ceux qui n’ont pas les ailes pour s’y épanouir mais le désire pourtant. » Il n’avait pas eu besoin du dräke pour deviner, ce qu’il commençait à cerner, et l’intense regard et l’envie qu’il y trouvait qu’elle portait au lézard, il le connaissait suffisamment. Bien sûr, elle ne désirait sûrement pas le ciel mais ce qu’il représentait.

« Si tu devais retrouver au moins un de tes deux parents, que ferais-tu ? » C’était sa question. Elle pouvait tout aussi bien s’en réjouir que les maudire, les deux semblaient tous aussi légitime après tout.

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MessageSujet: Re: Une fraîche rencontre [Terminé]   Jeu 22 Fév 2018 - 23:18



Elle eut un petit sourire ironique et amer au mot “compétente”, quelle étrange description pour ce qu'il croyait savoir d'elle !

Alors qu'il dressait le portrait de la personne qu'il pensait qu'elle était, elle fit un mouvement d'épaule blasé, une petite grimace et leva légèrement les yeux au ciel, pour plonger son museau dans la soupe plus profondément encore.
Qu'il devait paraître sage et tolérant devant ceux qui, comme lui, étaient indulgents et biens pensants !
Elle, ça l'irritait. Elle avait bien conscience que sa réaction était celle d'une enfant ayant grandit dans la brutalité de la rue, incapable d'indulgence, voyant le mal partout, défaitiste. Mais elle n'en ressentait que plus l’affront de ce discourt qui se voulait ouvert, là où elle n'avait pas le temps ni le luxe pour ce genre choses.
Pour être si exalté par la déchéance humaine, c'est qu'il devait avoir beaucoup plus de bonheur dans sa vie qu'elle n'en avait jamais connu. Il lui paru plus étranger encore.
Ha ! Les bien pensants !
Depuis la mort de Lio, elle n'avait pas eut de conversation aussi civilisée, et la concernant réellement, avec tant de douceur. Elle se tortilla un peu sur sa chaise, mal à l'aise. Si elle envisageait qu'il n'attendait rien de plus d'elle, la bienveillance c'était l'inconnu.
Elle préférait être agacée, lui trouver un calme mou, que d'admettre que cette gentillesse pouvait l'atteindre autrement.

“Une famille riche” ? “batarde” ?!
Si elle avait accepté le fait d'avoir été abandonné par de pauvres gens stupides et miséreux, l'idée d'avoir été laissé dans le fossé par des gens qui ne manquaient de rien la révulsait. L'injustice en était plus grande.
Qu'il n'espère pas l'attendrir, il y avait longtemps que son jugement sur les mauvais parents était fait et bouclé.

Elle tenta de se consoler en proposant un bout de viande au lézard ailé, qui laissa son regard glisser de sa main à son visage plusieurs fois, une expression interrogative. Si l'on pouvait dire d'une créature non humanoïde qu'elle était “expressive”, en tout cas Folie en était persuadée en cet instant. La petite rouquine lui sourit, un vrai sourire, pas de l'un de ceux qu'elle dessinait à peine sur ses lèvres un bref instant. Celui d'une petite fille, les yeux brillants. Oubliant quelques secondes tout le reste, admirant toujours le petit être sauvage.
Elle jeta un regard noir à son compagnon humain lorsqu'il la sermonna sur les rêves impossibles. Elle trouva ça rabaissant, son visage redevint froid. Qu'en savait t'il ? Ce n'était pas parce qu'elle n'était personne qu'elle ne parviendrait pas à s'élever ! En tout cas, c'est ainsi qu'elle le prit, serrant les lèvres et se mordant la joue intérieure pour ne pas l'envoyer promener. En fait, elle lui en voulait surtout d'avoir percé à jour son envie et du lui gâcher son bref instant de rêve, qui étaient si rares... Et plus encore qu'il lui dise ce qu'elle devait penser ou envier. Son coté protecteur paternaliste l'énervait vraiment.

“La musique, vous l'entendez ?” demanda t'elle levant le visage pour mieux écouter la symphonie ardente et violente. Il n'y avait aucune musique, seule, elle, l'entendait. A l'expression de l'homme elle le comprit.
“Hum... laissez tombé....”
Ha ! Il avait posé une question juste avant, vite, détourner son attention de ce bref incident.
“Vous en avez de ces questions vous ! J'y ai jamais pensé. J'ai déjà imaginé apprendre quelque chose sur mes origines, vaguement... de là à avoir un parent en face de moi...
S'ils ont de l'argent comme vous semblez le penser, je crois que c'est un peu tout ce qui pourrait m’intéresser... Du reste, les tuer peut-être ? Histoire de mettre les compteurs à 0 ? Bref, rien à dire. Pourquoi je m’intéresserais à des gens que je n’intéresse pas ?
Si votre Cymoril est réellement ma mère et qu'elle est vivante, vous devriez lui souhaiter de ne jamais me croiser, elle ne s'en portera que mieux.”
Son ton n'était pas particulièrement agressif, et ne montrait pas la moindre colère, les paroles étaient même étranges de la bouche d'une si jeune fille au visage angélique et à la voix douce.

Folie sentait l'amertume monter en elle avec cette conversation, même si elle n'en montrait rien. Elle n'avait jamais réalisé qu'elle en voulait tant à ceux qui pourraient prétendre à son enfantement. A la vérité, ce qui serait l'idéal pour elle, c'est qu'un jour elle apprenne un peu de son histoire, qu'elle n'ai pas de surprise, et que ses parents soient morts. En clair, mieux valait que la fameuse Cymoril ne soit pas sa mère. C'est donc, mauvaise, dans l'idée de refroidir l'étrange guerrier face à elle qu'elle prit son tour d'une voix neutre, le regard vif :
“Vous me dites que cette femme merveilleuse me ressemblait, je dois bien admettre que nous sommes rousses et avons les yeux vairons toutes les deux. Vous me dites aussi que vous l'avez connu il y a une vingtaine d'années, que vous étiez amants.
Hors, quand j'y réfléchi... contrairement à moi, elle avait un œil marron, là où le mien est vert. Mon père ou mon grand père paternel avait donc les yeux verts, les votre sont magnifiques d'ailleurs, et je dois avoir un peu moins d'un vingtaine d'années... A votre place, je me ferais du soucis faute de réfléchir avant de parler. Parce que, comme vous l'avez charmant dit, j'ai de bonnes compétences... ”


Elle n'y croyait pas, pas plus qu'elle pensait être la fille de la fameuse amoureuse d’antan, elle voulait seulement qu'il admette qu'il s'était trompé et oublier tout ça, revenir à son quotidien de survivante qui n'avait pas le temps de réfléchir à toutes ces choses douloureuses.
Sans le regarder, le laissant digérer ce qu'elle venait de dire, elle s'empressa de finir son repas rapidement dans l'intention de prendre congé.


Dernière édition par Folie le Jeu 22 Mar 2018 - 1:25, édité 2 fois
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Arthur
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MessageSujet: Re: Une fraîche rencontre [Terminé]   Ven 23 Fév 2018 - 14:54

Quel sens avait-elle pu trouver dans ces mots qui suscitent une telle hostilité ? Il ne lui sembla le comprendre qu'après coup, et dû admettre qu'il avait été idiot. Mais le mal était fait, et si il devait la revoir un jour, et si elle gardait quelques souvenirs de ces échanges, peut-être prendrait-elle conscience qu'il parlait du Ciel, sans métaphore aucune. Mais sur l'instant, il observait la jeune fille en proie à une colère grandissante, qu'elle parvenait tout juste à contenir, il eut au moins la présence d'esprit de ne pas ajouter d'huile sur le feu.

Il ne sut pas quoi penser, mais il n'était pas tout à fait surprit, mais déçu de retrouver ces idées... Mais peut-être était-ce en l'état la seule manière dont elle envisageait la plupart de ses rapports, enfermé dans cette idée de survie, tuer ou être tuée. Et quoi qu'il put penser de tout ça, il ne fit pas de remarques. En l'état, il n'en sortirait rien de bon, aussi demeura-t-il ici encore dans le silence d'un observateur.
Mais ce qui suivit... Il ne pouvait pas rester silencieux, cette gamine méritait un vilain petit tour pour lui servir de leçon de prudence, même si il ne doutait pas qu'elle en ait à revendre.

« Du souci ? » Il afficha un sourire amusé, mais il était sur ses gardes, prêt à réagir, car il ignorait la réaction qu'elle aurait à ce qui suivrait. « Quand je te surprendrais dans ton sommeil, dans ta chambre, nous aurons l'occasion de trancher cette question de souci et de compétence... » Bien sûr, il n'allait pas la poursuivre, mais il devait se montrer suffisamment convainquant pour qu'elle le pense au moins quelques jours.

« Allez, file... Et inutile de faire des détours, il ne se laisse pas prendre par ces petits tours. » En désignant Monarth qui eut une pensée incrédule à l'adresse de son compagnon qui du y répondre avec la garantie qu'aucun mal ne serait fait à cette jeune fille, qu'il n'aurait même pas à étendre ses ailes... Du moment qu'elle y croyait ou qu'un doute s’immisçait, qu'il fasse ou non n'avait aucune importance.

Il la laissa partir, et termina tranquillement son repas sous les yeux interrogateurs du dräke.

Elle pourrait essayer de te surprendre.

Possible, nous serons vigilants, et une fois dans les plaines, en dehors des murs de la ville, il n'y aura plus à s'en faire.


Il aurait pu rester silencieux, ne pas se perdre dans des menaces factices, mais elle l'avait fatigué et la menace lui sembla de trop. Elle était intéressante mais sa vision était trop étroite, sur son passé autant que sur ce qui paraissait être son présent, excluant les possibles pour ne garder ce qui lui convenait.Il confia à la gérante un mot à l'attention de la jeune fille, à lui remettre la prochaine fois qu'elle passerait dans le coin.

Spoiler:
 

Et là-dessus, quitta la ville le soir-même pour retrouver sa plage.
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Folie
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MessageSujet: Re: Une fraîche rencontre [Terminé]   Ven 23 Fév 2018 - 16:35



Le changement d'attitude de l'homme ne lui échappa pas même s'il était imperceptible. Ses muscles se tendirent légèrement, prêt à réagir, comme un animal prêt à bondir mais gardant l'air tranquille. Elle le prit comme un compliment.

“Ho oui venez dans ma chambre sir chevalier, vous me découvrirez bien des talents” dit elle en transformant son attitude et jouant sur l’ambiguïté des propos de l'homme face à elle. Folie rejeta ses cheveux en arrière, l'air coquette et lascive, les gestes pleins de charme. Puis se releva avec une féminité dont elle n'avait pas fait montre jusque là, faisant illusion quelques secondes d'être une femme. Ce n'était plus la même personne, ni plus la gamine, ni plus le petit animal sauvage méfiant, ni le petit rat des rues assassin, mais bien la jeune fille qui avait eut une éducation pointilleuse et de qualité pour plaire aux hommes, celle d'une courtisane. La vision fugace disparut aussitôt qu'elle était apparue, l'attitude de la petite redevenant sèche bien que féline, son visage froid n'ayant plus la lumière gourmande et érotique qu'une seconde plus tot il avait affiché. De la main elle écarta sa cape qu'elle venait de remettre, prit trois pièces dans la bourse de son ceinturon où était clairement accroché son poignard. Elle avait caressé fugitivement celui ci du bout des doigts au passage, affirmant ainsi qu'elle était prête.
“Je ne veux rien de vous.” elle jeta les pièces sur la table.

Il lui faisait peur, non pas par sa menace, mais par cette ombre du passé et sa bienveillance précédente. Son avertissement était presque rassurant en comparaison, bien qu'elle douta avoir sa chance face à un mercenaire aguerri.
Elle en avait mal au ventre, l'idée qu'elle avait elle même évoqué lui donnait la nausée. Elle n'y croyait pas, pourtant la concordance des éléments lui faisait éprouvé une grande frayeur.

La rouquine jeta un regard désolé au petit reptile, c'est sur lui qu'elle aurait du poser ses questions. Dans cette affaire, il était le seul élément à avoir un réel intérêt.
Puis, c'est rapidement qu'elle quitta l'auberge sans un mot.
Sentant l'angoisse monter, dans la rue elle se précipita dans l'ombre la plus proche et la plus intense, essayant de calmer son mal être et ses tremblements. C'était idiot ! C'était personne ! Une rencontre absurde, rien de plus !
Une fois qu'elle eut reprit son sang-froid, elle constata avec dégoût que sa tanière et son lit chaud qu'elle désirait tant lui étaient refusés cette nuit, et quelques autres surement. Si elle pouvait semer un homme, la petite créature lui était bien trop inconnue pour qu'elle prenne le risque que son repère soit découvert. C'est donc de rues en ruelles, de toits en terrasses, qu'elle passa les prochaines heures, perdus dans ses pensées et des angoisses qu'elle avait prit l'habitude de refouler facilement jusque là. Elle finit par rejoindre un vieux grenier où elle se roula en boule à même le plancher sous une toile poussiéreuse.

Et si elle avait gâché la seule occasion qu'elle n'ai jamais eut de retrouver ses racines ?

Et alors ? Quelle importance ! Ses racines, c'était Thaar, voilà tout. Cette ville, qu'elle détestait tant, c'était la seule mère qu'elle aurait jamais.

Elle s'endormit, étrangement triste.

*

Les jours suivants, elle se fit discrète, au cas où. Faisant quelques missions rapides, juste de quoi manger. Elle utilisa les réseaux de vieux mendiants et des gamins livrés à eux même pour rechercher la présence du fameux Arthur. Elle apprit trois jours plus tard qu'on l'avait vu quitter la cité. Elle en fut à la fois soulagée et déçue. Malgré tout, elle l'aimait bien.
Lorsque bien plus tard elle repassa par la taverne, on lui donna un mot. Elle en fut surprise.
Folie fronça légèrement les sourcils en lisant.
Non, sa menace n'avait pas été sérieuse ce soir là. Décidément, ils n'étaient pas fait pour se comprendre, une part d'eux était peut-être trop semblable pour cela.

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