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 Quand le chat part... [Kelbourg family PV]

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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Quand le chat part... [Kelbourg family PV]   Ven 24 Nov 2017 - 11:50



Elle est où Jeanne ?

Quatrième jour de la cinquième ennéade de Favrius. An X du XIe cycle



Aux échos des menées nordiennes s'ajoutèrent très vite nombre de récits et légendes racontant les frasques des héros. L'on disait que le duc Renaud avait si joli minois que les pucelles velteriennes se laissaient prendre sans résistance. Fadaise que ceci, ou du moins c'était ce que Jeanne tâchait de se dire pour ne point tomber comme toutes les autres greluches. C'est qu'à Villeroy, les racontars masculins toujours très fins, avaient fait place aux discussions passionnées des demoiselles et autres dames. Un vent de fraîcheur avait ainsi donc soufflé sur la cité, les laissant respirer et se défaire de l'emprise patriarcale. Il y avait du bon finalement dans cette guerre, s'était amusé à croire sa soeur Catherine. Elle n'était point de cet avis et se faisait déjà du souci pour son frère et celui qui était le bâtard de son père. Le jeune Hector lui avait fait bonne impression lorsqu'il s'en était venu à Villeroy avant le grand départ. Il était tout ce que Frédérique aurait put devenir s'il n'avait pas suivi la voie paternelle. Elle se revoyait encore assister à cet horrible spectacle. Ce sentiment de malaise ne l'avait plus quitté depuis. Dans la nuit lui arrivait-elle même d'entendre de nouveau les cris d'agonie de son défunt frère. Le cauchemar atteignait alors son paroxysme lorsque les yeux fous de son géniteur se braquaient sur elle. A ce moment-là quittait elle, forcée, son sommeil pour se retrouver en grosse suée perdue dans l'immense chambrée. Alors sa soeur venait à elle et tâchait de la rassurer jusqu'à ce qu'elle cède place de nouveau à la fatigue.

Très souvent, Jeanne se demanda s'il ne valait mieux pas que son père meurt pour la délivrer de toutes ses terreurs. Il ne lui suffisait que de voir les visages de sa soeur et de sa mère pour comprendre qu'elles aussi pensaient de même. Mais nulles nouvelles de cet acabit ne leur parvint jamais, hormis celles concernant les hommes, frères et pères, d'autres dames et demoiselles. Les pleurs remplacèrent bien vite les premières joies de la délivrance masculine. Dès lors, tous nobles argonnois, apprit qu'il avait au moins perdu un proche où au moins une connaissance. Point de quoi décimer tous les mâles du pays, mais assez pour leur faire comprendre que la guerre était bien là et qu'elle ne pardonnerait point. Jeanne ne compta même plus le nombre d'amies qu'elle alla consoler tout en craignant le pire pour les siens. Pour les autres qui craignaient la nouvelle de la mort, elle se laissait le droit de les rassurer en leur mentant sans malveillance.

-Ils sont avec mon père, que peuvent-ils leur arriver ?

Lorsque l'on savait quelle valeur avait l'être humain pour son père, l'on ne pouvait que comprendre qu'aucuns des hommes partis ne seraient à l'abri de servir de vulgaire appât. Au moins le subterfuge fonctionna pour toutes celles qui ne connaissaient même pas le quart de tout ce qu'elle savait sur lui. Adonc, la dernière Kelbourg avait prise l'habitude d'emmener ces dames en ballade pour les changer de l'atmosphère devenue étouffante de la ville. Plusieurs fois dans l'ennéade, cinq ou six demoiselles, franchissaient donc les remparts pour tenter de noyer leur chagrin. Si le bois d'Argonne parut être une évidence comme destination, elle même n'ignorait pas qu'une mauvaise rencontre pouvait se faire. Car sans les chasses régulières de son frère et de ses hommes, le bois s'était mis à pulluler de sangliers et d'autres joyeusetés à cornes et bois. Dans tous les cas, leurs coursiers seraient assez rapides pour les ramener en sécurité. Du moins, c'était ce qu'elle essayait de croire puisque nul retour en catastrophe n'avait eu déjà lieu.

-Je prie Néera et les saints, pour que mon bel Armand revienne et prenne ma main, déclara la douce et belle Ombeline, en entrant à la lisière du bois. Nos enfants seront magnifiques.

-Sauf si ton Armand revenait privé de ses bourses, ironisa son amie Charlotte en moquant sans gêne cette naïveté assumée. C'est que les velteriens se seraient apparemment mis à châtrer nos hommes pour s'éviter que leur descendance ne revienne les punir une énième fois.

Les rires de toutes les demoiselles se perdirent sous le couvert boisé. C'est que l'on avait point ri depuis un certain temps, alors la pression descendit jusu'à ce que toutes les jeunes dames se sentent bien.

-Et toi Jeanne, existe-t-il un homme parti guerroyer que tu souhaiterais voir revenir t'épouser ?
S'enquit Ombeline, toujours aux allures de princesse naïve.

La question la mit mal à l'aise. Tout d'abord parce qu'elle n'aimait pas prendre la parole par timidité, mais aussi parce que la réponse ne serait point la plus joyeuse qui soit.

-Mon cœur ne m'appartient pas, il sera probablement vendu au plus offrant lorsque les hommes seront revenus et que mon père m'aura trouvé un bon parti.

-Pauvre Catherine, ajouta Charlotte, l'on dit que son union sera faite au retour du seigneur de Laraus. Pour avoir vu cet homme en de quelques occasions, je dois dire qu'il m'a donné l'impression d'être un chien sans manière aucune. Puisse-tu ne point connaître le même sort, Jeanne.

Au même moment, du bruit se fit entendre à l'arrière d'un buisson. Les chevaux se mirent à hennir et Jeanne craignit qu'un cerf ou un sanglier vienne à leur encontre. Ce n'est qu'en faisant tourner bride à sa monture, qu'elle se rendit compte que plusieurs hommes leur coupaient toute potentielle retraite. Par Néera, ce n'était point un animal qui les guettait, mais bien des bandits de grands chemins. A ses côtés, les demoiselles semblaient céder à la panique et Ombeline ne sut maintenir les rênes de son cheval. Ce pourquoi la jeune blondinette tomba le cul par terre et se mit à crier de douleur.

-Laissez nous passer !

A peine eut-elle le temps de finir son ordre qu'elle vit d'autres bandits sortir des buissons, des arcs ou des fourches à la main. Plus menaçants que jamais, l'un d'entre eux feigna de lui donner un coup de lance, ce qui fit cabrer sa jument au point qu'elle dut elle aussi se retrouver au sol dans un nuage de poussière. La douleur l'empêcha de se relever pour courir à grandes foulées pour quérir de l'aide à Villeroy. Mais lorsqu'elle recouvrit un tant soit peu ses esprits, elle vit ses autres amies menacées par les armes.

-Savez-vous qui je suis ? Hurla-t-elle, comme si son identité allait pouvoir la sortir de cette fâcheuse entreprise.

L'un des bandits arriva à son niveau et la regarda en souriant. Elle vit qu'il lui manquait quelques dents.

-Je suis...

Le pied d'une lance la percuta en pleine tempe. Le coup fut si violent qu'elle perdit connaissance de suite et se laissa de nouveau sombrer en plein cauchemar.
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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: Quand le chat part... [Kelbourg family PV]   Ven 24 Nov 2017 - 21:14



Sixième jour de la cinquième ennéade, an X du XIe cycle



Ces courbes étaient bien trop voluptueuses pour n'appartenir qu'à un seul homme. C'était là ce que Henri se disait pour justifier son acte. Car en se dégorgeant d'une grande partie de ses nobles, la cité de Kelbourg s'était bientôt vu devenir la capitale des infidèles. Et cette recrudescence de tromperie n'en était point restée là puisque le nombre d'hommes avait sacrément diminué par rapport à celui des dames. Autant avouer de suite que Henri batifolait comme un jeune puceau en découverte de sa sexualité. Qu'il trompe ainsi son épouse sans scrupules ne le préoccupa guère, car telle était les choses de la vie. Adonc la bâtardise argonnoise serait en pleine expansion dans les prochains mois. Dès lors que les époux partis guerroyer s'en reviendraient en apprenant leur fausse paternité, il y aurait probablement à craindre quelques crimes vengeurs entre eux et les amants. La chose le fit frémir en regardant de nouveau la belle dame couchée à ses côtés. Les premières lueurs du jours la rendait encore plus belle qu'aux lueurs des bougies. Même en ayant l'alcool en moins, sa beauté n'aurait su avoir de rivales. Que cette charmante demoiselle ait été ainsi la femme d'un seul homme eut, à son humble avis, été un crime fait envers l'humanité. Mais lorsqu'on connaissait le nom de cet époux, il eut été préférable de pardonner un tel crime.

-Il est temps pour vous de regagner votre chambrée ma dame, murmura-t-il à l'oreille de la charmante.

Cette dernière se retourna en affichant un minois emplit de fatigue.

-Me jetteriez-vous à la porte dès lors que je vous ai suffisamment comblée ?  

-Là n'est point la question. Personne ne doit vous savoir à mes côtés, encore moins si ces dites-personnes sont des proches de votre époux Renaud. Ce dernier serait capable de m'ôter la vie en découvrant que son prochain fils est un bâtard.

La moquerie fit glousser la belle Louisa, qui s'attela aussitôt à remettre ses habits. Mais l'entreprise fut stoppée net lorsqu'on vint marteler assidument à sa porte. Saisi de panique alors qu'il était sensé être le seul maître des lieux. Le simple fait qu'on le voit ainsi avec la femme du sire de Castillon le mettait en un sale état.

-Qu'est-ce donc ? grogna-t-il en mimant le réveillé brutal.

-Une urgence, messire, reprit une voix grave et rauque. Un émissaire de Villeroy pour vous, de la part de dame Hélène.

Une urgence ? Que voulait donc la mégère de son frère ? Qu'elle prenne un malin plaisir à emmerder Thibaud était une chose, mais qu'elle s’attelle céans à lui en était une autre. Les femmes finiraient par avoir sa mort, cela était sûr. Henri dut à son tour sortir du confort nuptial pour enfiler la première chemise et braie venue.

-A ce soir ma dame, assura-t-il.

Pour l'heure, l'émissaire de Villeroy l'attendait dans la grande salle. Ce dernier lui sembla d'ailleurs bien blême. Etait-ce sa course qui l'avait ainsi épuisé ou la nouvelle qu'il apportait ?

-Que me vaut le plaisir de votre venue si soudaine ? Est-ce que la dame de Villeroy se porte bien ?

L'émissaire, pâle comme un mort, afficha une mine bien sceptique, révélant d'ores-et-déjà qu'il n'apprécierait guère ce qu'il s'apprêtait à entendre.

-Votre nièce, messire; la jeune demoiselle Jeanne, a disparue elle et d'autres lors d'une ballade. Elles n'en sont jamais revenues...

Indéniablement, la nouvelle était bien mauvaise. Assez pour le bouleverser et le faire frisonner. Car ce n'était point la disparition de sa nièce qui l'inquiéta, mais bien plus la réaction de son frère lorsqu'il apprendrait à son tour la nouvelle.

-Où étaient-elles ?

-En promenade dans le bois d'Argonne.

-Etes-vous partis à leur recherche ?

-Dame Hélène y a envoyé ses gardes personnels, mais ils n'ont rien trouvé. Cela pourrait être l'action de bandits pullulant dans les bois depuis le départ de l'ost.

-A-t-elle reçue une demande de rançon ?

-Que nenni, messire, dame Hélène demande votre aide pour régler cette affaire dans les plus brefs délais avant que messire Thibaud en soit mit au courant.

Se débiner maintenant eut été perçu comme un acte de cruauté assumé. Ce pourquoi il n'en fit rien en acquiesçant à la requête. Car la cruauté n'était point l'un de ses vices contrairement à son aîné.  Pour lui, seule la réflexion et l'intelligence, sauraient régler ce genre d'affaire. Il comprit ainsi pour quelle raison sa belle soeur l'avait mandé lui et non un autre.
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