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 l'art et la manière de s'incruster dans la vie d'un dieu (pv Haldren )

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Hyène Ahët'kha
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MessageSujet: l'art et la manière de s'incruster dans la vie d'un dieu (pv Haldren )   Sam 2 Déc 2017 - 11:34

Suite à son entretien avec son nouveau barra, Hyène dut faire ses bagages pour Abysséa. Elle ignorait si ce fut son comportement qui lui valut cette fichue mission dans ce trou perdu en ruine. Elle avait démontré son talent et récolté pour toute récompense, ce tas de caillou informe régit par un taré qui nourrissait on ne sait quel projet tordu...

De forte méchante humeur, elle pestait sur la route, abreuvant d'un flot constant d'insultes Tal'Darak, Haldren et l'environnement qui lui déplaisait grandement.
L'odeur y était insoutenable et le décor n'était composé que de flaques vaseuses et deux trois bouquets de buissons dégarnis. L'ensemble était en fait, plus ou moins semblable à la calvitie d'un vieux pustuleux en décomposition.
La tombée du jour n'en était pas moins romantique. Le ciel se teintait d'ocre, d'orange et d'or mais la brume pestilentielle des marais le parait d'un voile verdâtre.

A cours d'idée, elle redressa la tête et s'aperçut que les vestiges de la cité se profilaient non loin.
Par prudence, elle examina avec attention les alentours et repéra un vague sentier presque effacé qui menait aux restes d'une maison.
A défaut d'être cosy, elle avait pour elle ses quatre murs et le sol de l'étage supérieur pour abriter la sombre des intempéries. Elle y installa son campement, et, à la faveur de la nuit, le laissa sous bonne garde et se dirigea vers la ville.

Elle se glissa comme une ombre entre les habitations mais ne croisa pas âme qui vive. Certaines d'entre elles étaient illuminées de l'intérieur suggérant toutefois un peu de vie qui ronronnait au coin du feu.
Le silence rendait l’atmosphère pesante mais soudain, comme un écho, de faibles chuchotis à peine perceptibles parvinrent à ses oreilles. Elle bondit dans une rue annexe et se tapie dans les ténèbres.
Elle patienta longtemps, mais les murmures ne se tarirent point. Elle sortit de sa cachette et décida d'en trouver la source mais impossible de percevoir d'où il provenait. Elle se rapprocha du cœur de la ville avec le sentiment d'être aveugle, les sons s'intensifiaient sans avoir ni sens, ni provenance et absorbaient ceux du réel.
Au dernier coin de rue, elle avait faillit tomber nez à nez avec une patrouille ; Elle ne l'avait pas entendu venir dans ce brouhaha constant et n'avait dû son salut, qu'à la lueur des torches qui avait projeté les ombres des gardes au sol.
Le crâne bourdonnant, le cœur serré et la désagréable impression d'être observée et suivie, elle arriva finalement aux murailles qui ceignaient la demeure du seigneur des lieux. Elle en longea les pierres et trouva l'entrée. Cette dernière était malheureusement gardées par des soldats somnolents.
Elle fit plusieurs fois le tour des remparts, y découvrit quelques failles où elle aurait pu s'infiltrer mais celles-ci étaient surmontées de guetteurs spécialement assignés à leur surveillance.
Elle s'assit alors dans un coin face à l'une d'elle et nota chaque relève avec application jusqu'au levé du jour avant de filer dans son antre.

Elle fut accueillie par son sac soigneusement déchiqueté, par sa gourde percée et par l'emballage des vivres survivantes au voyage en morceaux éparpillés au vent,
"saleté de chat..." grogna-t-elle rageuse en assénant un coup de pied à l’intéressé.
Il bondit sur ses pattes avec un couinement outré et alla se coucher dans un autre coin.
Elle devait donc précipiter son infiltration sinon elle mourrait de faim et de soif.

Elle se lista toutes les données qu'elle avait récoltée :
Les défenses n'étaient pas vraiment bien organisées à cause de gardes pas vraiment disciplinés.
Elle avait également surpris une conversation entre deux sentinelles qui décrivait l'une à l'autre, le déroulement d'un combat qui avait eu lieu la veille dans l’arène de la ville.
Et enfin, grâce à son ex compagnon mafieux du Puy, elle avait ouïe dire qu'une organisation similaire en roue libre semait le désordre en Ithri Vaan et impliquerait apparemment d'une manière ou d'une autre l'Archimage Baenfere.
Elle se coucha, la tête posée sur les flancs de Tanieth et, n'ayant pas dormi depuis la veille, finit par s'assoupir, bercée par la respiration régulière du fauve.

Elle se réveilla en milieu de nuit et passa à l'action. Elle avait perdu beaucoup de temps mais tant pis.

Elle connaissait à peu près les parcours des patrouilles de la ville et pu aisément les éviter. Elle parvint sans encombre à l'une des trouées des remparts et patienta. La dernière relève avant le jour, arriva et discuta quelques minutes avec les gardes en faction, distrayant suffisamment leur attention pour permettre à Hyène et son félin de se faufiler discrètement dans l'enceinte du château.

Une ombre apparu soudainement devant elle. La sombre se mit immédiatement en garde et bondit, arme à la main. Elle passa au travers sans rencontrer la moindre résistance. Tanieth n'avait pas bougé et la regardait avec incompréhension. Il se passa plusieurs fois la même situation sans que son compagnon ne réagisse et elle réalisa qu'elle était victime d'illusions.
Puis, sans crier gare, le fern démarra en trombe, une douce odeur de pain en préparation pour la journée flotta jusqu'aux narines de la drow et elle comprit. Fort heureusement, ils ne croisèrent personne et Tanieth s'arrêta finalement devant le soupirail qui laissait passer l'effluve si alléchante. Elle le planta là sachant pertinemment qu'il ne bougerait pas tant qu'il n'aurait pas mangé ce qui sentait si bon.

Elle assomma proprement le garde de la porte dérobée réservée à la circulation des domestiques et pénétra dans le bâtiment en quête des cuisines qu'elle dégota rapidement, les parties utilisables de la bâtisse n'étant pas foule. Le plateau déjeuné destiné à Haldren était posé sur une des tables, l'autre étant occupée par un couple d'esclaves aux pratiques peu catholiques. La fille assise sur son partenaire dos à l'entrée réduisait assez le champ de vision de son compagnon pour que Hyène s'empare librement du plateau, d'une bouteille d'alcool nanique et d'une miche de pain qu'elle enfourna goulûment dans sa bouche.

"chhhhuuuuuut on t'entend jusqu'au donjon, tu vas réveiller notre Dieu," gloussa l'esclave mâle en plein effort.

-hmm merci- jubila Hyène en son for intérieur. Il venait de donner l'endroit où nichait l'oiseau qu'elle devait livrer.
Fidèle à l’ego de son locataire, elle dominait, de sa masse immense, tout le château et ses alentours. L'entrée était protégé par quatre gardiens qui, contrairement à leurs camarades, semblaient aux aguets. Chargée comme elle était, elle ne pouvait pas s'en débarrassée discrètement. Tanieth pourrait peut-être faire diversion.
Elle alla chercher son tigre là où elle l'avait laissé mais ne l'y trouva pas.  Elle lâcha un chapelet de jurons et retourna en vue de la porte du donjon. Elle réfléchit intensément au moyen d'entrer sans attirer l'attention et décida de se trouver un uniforme d'esclave.

Un ramdam de tous les diables retentit soudain. Sa route fut coupée par un chaton en panique poursuivit par un sanglier à l'aura ténébreuse et un bataillon de guerrier qui entraînèrent les quatre sentinelles dans leur sillage.
La sombre soupira, sa bestiole avait dû sentir la bête et se mettre en chasse. Sauf que visiblement le cochon s'était vu plus puissant que le jeune minou élémental. Mais bon ! La voie était libre maintenant...

Elle gravit les marches pendant une éternité, ignorant les visions impalpables qui désormais pullulaient, et déboucha dans la chambre d'Haldren. Ce dernier, impassible était assis au centre de la pièce et semblait dormir. Elle referma doucement la porte pour étouffer le raffut d'en bas et frôla les murs pour s'approcher du bureau. Elle y déposa le plateau et farfouilla dans la paperasse et les tiroirs sans trouver grand chose d’intéressant au premier abord. Elle trouva des références à la guilde d'assassin d'Ithri Vaan confirmant ses théories quant au rôle de sa cible dans cette affaire.

La porte explosa alors dans une gerbe de feu. Des éclats de bois incandescents volèrent dans la pièce et enflammèrent différents éléments. Des foyers ardents se déclarèrent un peu partout et la chambre si calme la seconde d'avant sombra dans le chaos. Tanieth patina un instant, toutes griffes dehors, sur le tapis de l'entrée, le réduisant en lambeaux. Il parvint finalement à démarrer, bondit par dessus un Archimage dérangé dans sa transe, éjecta par mégarde à la tête d'Haldren, l'un des jolis cailloux qui ornait le cercle au sol et finit sa course, réfugié comme un lâche derrière sa maîtresse. Le sanglier, lui, ne semblait pas oser franchir le seuil.

Ce fern décidément... Il s'attirait des ennuis tout seul et venait chouiner ensuite dans les pattes de Hyène pour être protégé...
Elle vomit précipitement son scénario tout préparé, d'une traite, dans l'espoir de détourner l'attention de l'Archimage du désastre.

" BonjourMessire, JeVousAiApportéLePetitDéjeunéDansL'EspoirDeM'entretenirAvecVousDeDifférentsSujets. J'ai cru comprendre que vous aviez un lien avec la guilde criminelle d'Ithri Vaan d'où je viens, qui tombe en disgrâce depuis peu.
J'étais venu vous implorer de faire quelque chose pour redresser cette glorieuse entreprise. Mais cela dit, j'ai remarqué que vos hommes sont des incompétents. Je suis une ancienne Sargtlin des Ur'thalrss du 2eme Ost et j'ai donc une grande expérience dans l'armée. Je suis maintenant ici pour vous proposer mes services afin de gérer et d'entraîner vos hommes pour en faire des soldats dignes de ce nom à même de protéger un dieu de votre envergure. Leur niveau sera en adéquation avec votre Toute-Puissance et vous fera honneur. Vous n'avez là qu'un ramassis d'incapables indisciplinés qui ternissent votre image divine, je peux changer ça.
De plus, je pourrais alimenter vos arènes en esclave en dirigeant régulièrement des convois de chasseurs pour vous en trouver.
C'est un rêve pour moi de servir le Maître du chaos, mon amour le plus ardent, mon vœux le plus cher et mon désir le plus fou. Ô Divinité des divinités, prenez-moi sous votre aile céleste et trinquez avec moi pour sceller notre association
."

Trop nerveuse pour réfléchir, elle innova dans l'art de trinquer : elle s'empara de la bouteille d'alcool, y but une grosse goulée et la lui tendit d'une main un peu plus branlante que ce qu'elle aurait souhaité, guettant sa réaction.
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Haldren Umbarion
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MessageSujet: Re: l'art et la manière de s'incruster dans la vie d'un dieu (pv Haldren )   Sam 2 Déc 2017 - 19:37


"Il" planait dans l'éther, bien loin des vulgaires besoins régissant la vie des mortels. Tout autour de lui, les flux de magie dansaient une folle sarabande sans cesse renouvelée, constituant des figures improbables ou des animaux fabuleux avant de se séparer comme des amants rassasiés de plaisir. Une aube dorée éclairait la scène, et pourtant "il" ne ressentait nullement la chaleur des premiers rayons réchauffer sa peau. Une brise légère faisait voleter des particules d'énergie tout autour de lui et pourtant "il" ne profitait pas de la douce caresse du vent dans ses cheveux. Des vagues furieuses venaient se fracasser sur la falaise à ses pieds et pourtant "il" n'entendait nulle musique marine retentir à ses oreilles. "Il" se souvenait vaguement avoir autrefois été guidé par des émotions telles que la faim ou la fatigue, mais "il" n'arrivait pas à retrouver les sensations qu'elles impliquaient. Son corps n'existait plus qu'en guise d'ancrage dans la réalité, comme si son esprit n'osait pas encore franchir le précipice et admettre que l'ultime transcendance se trouvait à sa portée.

Amusé (mais qu'était-ce véritablement que l'amusement ?), "il" laissa les prières de ses fidèles l'atteindre, partageant leurs espoirs et leurs peurs face aux menaces que le monde dressait à leur encontre. Un filament de foi lui semblant plus intéressant que les autres et apte à briser son ennui éternel, "il" s'en saisit et vit un guerrier drow debout dans l'arène d'Abyssea au-dessus du corps décapité de son adversaire. Le vainqueur glorifiait à grands cris le Chaos pour l'avoir mené à la victoire et "il" laissa une fraction de son pouvoir jaillir pour aller emplir d'une douce chaleur réconfortante ce vaillant fidèle qui avait si bien combattu. Puis, comme un ornithologue reposant un spécimen dont l'étude ne lui apporterait plus rien, "il" reprit sa méditation dans cet espace où le temps n'existait que pour séparer l'instant présent de l'instant présent qui lui succéderait.

Mais soudain, "il" sentit un trouble le gagner. Quelque chose ne se déroulait pas comme il fallait, une intrusion venait perturber l'équilibre comme un grain de sable enraye une subtile mécanique d'horlogerie. "Il" tenta d'ignorer ce flux parasite, "il" tenta... "il"...

Brutalement, les yeux d'Haldren s'ouvrirent dans ses appartements privés d'Abyssea, au beau milieu d'un chaos qui en d'autres circonstances aurait pu s'apparenter à un hymne à sa gloire. A la porte se trouvait Groboubou 2, dont l’héroïque prédécesseur avait été détruit par le maléfique Porte-la-Peste lors de l'invasion d'Oësgard quelques années auparavant. Conscient de l'interdiction d'entrer dans les appartements du maître, le sanglier d'ombre grattait le sol de son sabot massif et grognait comme une forge dawi tout en fusillant du regard une paire d'intrus pour le moins inattendue. De l'autre côté de la pièce, une fort jolie drow déblatérait un discours aussi décousu qu'incompréhensible tandis qu'un jeune fern se cachait derrière elle en couinant de peur. Plus grave encore, le superbe tapis qui décorait l'entrée se trouvait réduit à l'état de charpie à moitié brûlée.


SILENCE !

Ce n'était pas qu'un simple mot, l'ordre mental avait giclé avec la violence d'un ouragan, coupant net la parole à la drow et réduisant au mutisme le fern qui cessa de feuler à l'attention du sanglier. D'une poussée télékinésique, l'archimage referma la porte pour éviter que les gardes en faction plus bas dans la tour ne viennent les déranger. Contrairement aux grandes cérémonies, il ne portait pas son imposant masque d'or et désapprouvait que trop de personnes puissent voir ses traits. Plusieurs des prêtres dans la haute hiérarchie du Chaos connaissaient ou à tout le moins devinaient son identité, mais la jeune drow ne faisait même pas partie du culte.

Je devrais vous tuer pour avoir ainsi interrompu ma méditation et violé le secret de mes appartements. Sans même parler d'avoir carbonisé mon tapis, abîmé le cercle du rituel et but cul sec cet alcool qui coûte affreusement cher. C'est presque remarquable, vous avez réussi à causer un maximum de catastrophes en un minimum de temps.

Cela avait été dit d'un ton froid, totalement neutre, comme si l'archimage millénaire constatait la présence de nuages dans le ciel. Nul besoin d'être un grand psychologue pour deviner que le seigneur d'Abyssea se trouvait présentement de fort méchante humeur. Peut-être Hyène dut-elle de ne pas se retrouver réduite en morceaux façon puzzle au calme qui s'emparait d'Haldren durant ses transes et dont les effets ne s'étaient pas encore totalement estompées suite à son retour dans le plan principal de réalité. Ou peut-être tout simplement était-ce la curiosité de savoir ce qui amenait un couple aussi improbable à forcer sa porte, le culot ayant toujours reçu les bonnes grâces d'Haldren.

Vous avez cinq secondes pour me donner une raison valable de ne pas vous jeter par la fenêtre.

HRP:
 
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Hyène Ahët'kha
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MessageSujet: Re: l'art et la manière de s'incruster dans la vie d'un dieu (pv Haldren )   Mar 5 Déc 2017 - 0:13

Il est dur de la feuille ou simplement sujet aux réveils brumeux du commun des mortels ?
Hyène s'exécuta toutefois humblement en priant pour que son fern reste tranquille pendant toute la durée de son entretien.

"dieu tout puissant... sachez que ces saccages sont vraiment regrettables et que je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour les réparer. Si vous voulez de l'or, je vous en donne. Si vous souhaitez du temps de ma vie, je vous en offre. Si vous désirez ma dévotion, je me convertis.

Je suis là pour vous offrir mes services. J'ai une très grande expérience de l'armée et je puis vous dire que m'infiltrer jusqu'ici fut d'une facilité déconcertante qui ne sied guère à votre grandeur. Vous ne méritez pas pareil ramassi d'incapables. Votre armée devrait être crainte et admirée dans tous les pays.
Je sais qu'un dieu n'a pas grand chose à craindre des êtres comme nous, mais croyez bien que plus votre armée sera fière et sublimée, plus vous aurez de nouveaux dévots.

Les gens faibles poursuivent les plus forts afin d'obtenir leur protection. Montrez leur qu'il n'y a pas plus puissant que vous et vos fidèles, pour que ces mouches viennent y coller leurs ailes comme sur du miel. Ils vendraient tous leur âme pour obtenir un bout de ce pouvoir et se battront tous pour obtenir vos faveurs ainsi que le droit d'intégrer votre armée
".

Pendant ce temps, Tanieth, s'ennuyait de patte ferme.
Hyène trop occupée à garder un œil sur les incendies et à déblatérer ses foutaises, ne vit pas l'ombre blanche qui passait en catimini derrière Haldren. Le chaton se rendit à pas feutrés au seuil de la pièce pour y narguer le sanglier. À coups de patte rapide sur le groin, il s'amusait à rendre fou le demon qui, en présence de son maître n'osait agir de son propre chef.

"Les spectacles  de vos arènes n'en seront que plus intéressants car les combattants ne seront non pas mûs par le désespoir, mais  animés par le désir le plus ardent de rejoindre vos rangs. Vous serez assuré que le vainqueur ne sera pas qu'un pleutre désespéré qui a survécu parce qu'il était plus chanceux que les autres ou plus désireux de vivre que les autres, mais un réel partisans.
Les couards sont doués pour survivre mais ils ne valent rien et retournent leur veste en un rien de temps.
C'est le cas pour la plupart de vos gagnants, ils ne sont pas fidèles, ils ont été contraints. Et de ce fait, ils ralentissent l'extension du Chaos. Ce sont des poids morts indignes de votre bienveillance qui vous tourneront le dos dès qu'ils trouveront plus profitable ailleurs.

Laissez moi dresser vos recrues pour les transformer en véritables soldats. Laissez moi faire de cet œuf naissant, un dragon à l'image de votre pouvoir.
Prenez moi sous votre aile, enseignez moi les arcanes de votre magie et en échange j'instruirais vos croyants pour en faire des gardiens du Chaos aptes à le défendre. Je pourrais ainsi aller vendre du rêve aux hérétiques avec un bataillon clinquant pour qu'ils viennent d'eux même combattre dans vos arènes après avoir vu une femme comme moi qui incarne leur fantasme les plus profond diriger à la baguette des guerriers rutilants qui eux séduiront les femmes avec leur corps aux muscles huileux
."

En arrière plan, le jeune fauve poussait les limites de la tolérance de sa victime encore plus loin en s'essayant des sorts de feu. Il ouvrait grand la gueule qui rayonnait intensément pendant un cours instant avant de crépiter de pauvres étincelles. C'est ainsi que les souffrances du malheureux tapis furent abrégées et, que pour tout souvenir ne subsista que des cendres balayées par le souffle des autres brasiers.
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Haldren Umbarion
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MessageSujet: Re: l'art et la manière de s'incruster dans la vie d'un dieu (pv Haldren )   Mar 5 Déc 2017 - 9:50

Un petit sourire amusé naquit sur les lèvres d'Haldren. A tout le moins, la jeune drow avait la langue bien pendue et une incroyable capacité à flatter son interlocuteur. Des paroles mielleuses succédaient aux compliments les plus outranciers, mais l'ensemble sonnait faux. Une simple adepte désireuse de lui plaire n'aurait jamais forcé ainsi la porte de ses appartements, seule une personne bien plus décidée et intelligente pouvait oser prendre de tels risques. S'agissait-il d'une espionne ou juste d'une ambitieuse désireuse de suivre le sillage du vaisseau-amiral à l'approche de la tempête ? Cela importait peu, dans un cas comme dans l'autre l'intruse pouvait lui être utile.

De l'or, du temps, de la dévotion, tout cela je pourrais l'obtenir aisément. C'est votre foi qui m'intéresse, pas juste de vagues prières marmonnées à la va-vite et aussitôt oubliées. Mais vous doutez encore de ma nature, n'est-ce pas ? Vous savez qui je suis, ou plutôt qui j'étais, et vous ne croyez pas en ma divinité.

L'archimage s'approcha lentement d'Hyène, la fixant au plus profond de ses prunelles. Sa dernière phrase lui avait donné un indice sur ses attentes : la jeune drow venait peut-être à Abyssea sur ordre, mais Haldren doutait que sa demande d'apprendre la magie à ses côtés lui ait été dictée par qui que ce soit. La soif de pouvoir pouvait devenir une fontaine dont il tiendrait le robinet, apte à transformer la jeune drow en un fidèle soutien de ses projets.

Qu'est-ce que la divinité, ma jeune disciple ? Avoir vaincu la mort ? Non. Disposer d'un culte à sa gloire ? Non. Percer les secrets les plus enfouis des arts arcaniques ? Non.

Saisissant la tête de Hyène entre ses mains, Haldren s'approcha et colla son front au sien tout en déverrouillant le cœur de son pouvoir.

Être un Dieu, c'est pouvoir faire de sa volonté... la réalité.

Un flash lumineux empli la pièce, les aveuglant momentanément. Lorsqu'il se dissipa, les deux drows et les deux créatures se trouvaient en haut d'une montagne au pied de laquelle les ruines d'une immense cité s'étendaient sur plusieurs kilomètres. D'épais nuages noirâtres dominaient la scène, déchirés par de violents éclairs qui les parcouraient. Un vent glacial soufflait à leurs oreilles tandis qu'une pluie fine s'abattait sur eux, les faisant frissonner. Tanieth revint se blottir en couinant derrière les jambes de sa maîtresse tandis que même le féroce Groboubou scrutait les cieux d'un œil inquiet et grognait pour exprimer son malaise.

Une illusion, il s'agissait forcément d'une simple illusion. Ou peut-être pas ?

Plusieurs courants de pensée existent au sein des spécialistes de la manipulation mentale, sans jamais avoir réussi à se départager formellement. Certains affirment qu'une illusion reste une création immatérielle ne pouvant pas réellement affecter sa cible, d'autres (plus rares) sont persuadés que l'esprit peut impacter le corps s'il se convint que l'illusion n'en est pas une. "Croire dans une illusion, c'est la rendre réelle" expliquait l'ancien Ditronw Da're aux jeunes mages de l'immatériel du temps où il habitait encore au Puy d'Elda. Hyène se trouvait-elle victime d'un sortilège particulièrement élaboré, ou bien la volonté du Dieu d'Abyssea l'avait-elle emmené dans un endroit qu'aucun autre mortel de Miradelphia ne contemplerait jamais ?


Voici l'ancienne capitale du royaume d'Ääl, expliqua Haldren en désignant les ruines. Ils dominaient ce plan d'existence bien avant que Miradelphia n'existe et vénéraient eux aussi le Dieu du Chaos qu'ils nommaient Argaroth, le Dévoreur, le Destructeur des mondes, l'Entropie triomphante. Au final, ils s’autodétruisirent dans une guerre apocalyptique lorsque leurs armements devinrent assez puissants pour raser une civilisation entière en l'espace de quelques secondes. Il ne reste sur cette planète que de rares formes de vie primitives ayant survécus au plus profond des océans, mais un jour elles seront la base d'une nouvelle civilisation qui proliférera et édifiera ses propres cités sur les ruines de celles des Ääls.

Haldren fit signe à ses trois compagnons de le suivre, empruntant un étroit sentier qui descendait vers la plaine et les ruines. Bien que vêtu uniquement d'un pagne, le Dieu ne semblait pas affecté par le vent violent qui faisait voleter sa longue chevelure d'ivoire ni par la pluie glaciale qui ruisselait sur son corps. Hyène, Tanieth et Groboubou furent bien obligés de le suivre, ne disposant d'aucun autre guide dans ce monde inconnu.

Suis-je Argaroth ? Certes pas, mais j'incarne la même force primordiale, l'une de celles à l'origine des univers, qu'il s'agisse de Miradelphia, du royaume des Ääls ou des milliers d'autres mondes parsemant l'univers. Les dieux du culte pentien représentent eux aussi l'incarnation de ces forces, d'une certaine façon ils sont tout autant indispensables à Miradelphia que je le suis devenu.

Le chemin était à peine assez large pour un homme adulte, mais Haldren le descendait sans difficulté, se retournant parfois pour continuer ses explications. A l'arrière, Groboubou peinait et prenait du retard sur le groupe tant il lui fallait prendre de précautions pour ne pas dégringoler en bas de la falaise.

L'entropie, le chaos, la force de destruction constituent plusieurs facettes d'un même élément indissociable de la création. ils en permettent l'évolution et évitent de se figer pour l'éternité dans le confort d'une situation acquise. Évoluer ou mourir, telle est la leçon enseignée par le Chaos. Figer une situation revient à figer l'univers tout entier, les Veilleurs qui étaient là avant même que le temps n'existe ne le permettraient pas.

Le Dieu fit une pause à un endroit où la corniche s'élargissait un peu, laissant les autres le rejoindre.

Me vénérer, ma jeune disciple, c'est vénérer l'évolution. Peu de mes adeptes comprennent réellement cette leçon mais peut-être en seras-tu capable.
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Hyène Ahët'kha
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MessageSujet: Re: l'art et la manière de s'incruster dans la vie d'un dieu (pv Haldren )   Mar 5 Déc 2017 - 16:52

La première étape du plan était accomplie. Le contact était établi avec succès et elle était toujours en un seul morceau. De plus, en l'appelant "disciple", il semblait déjà avoir accepté l'idée de la garder auprès de lui, c'était beaucoup trop facile. Elle n'avait plus qu'à obtenir sa confiance et elle ferait partie intégrante de tous ses plans.

Il souhaitait obtenir sa foi ? très bien, faire semblant ne la dérangeait pas. Entrer dans un nouveau rôle jusqu'à oublier sa réelle identité était le fondement de son entrainement d'assassin. Tout du moins tant qu'elle gardait à l'esprit la raison de sa présence ici.

Hyène désirait apprendre la magie pour accroître encore et encore sa force et ainsi dépasser en puissance n'importe qui. Elle savait que ce pouvoir pouvait servir ses aptitudes au combat rapproché mais ça n'était qu'un artifice superficiel. Aujourd'hui, elle se servirait de ce prétexte pour suivre chacun des pas de sa cible et remplir sa mission.

Happée par le regard hypnotique d'Haldren, elle ne broncha pas lorsqu'il s'approcha d'elle et se saisit de sa tête.
Un éclat soudain envahit la pièce et l'éblouie. Des points lumineux dansaient devant ses yeux mais le vent et la pluie qui lui cinglèrent la peau l'informèrent qu'ils avaient changé de lieu.
La panique lui souleva l'estomac le temps de retrouver ses sens. L'avait-il tuée ? Non, il était impossible qu'il fasse ce temps là dans l'au-delà sinon il faudrait à tout prix qu'elle ressuscite mais elle doutait que Teiweon l'y autorise.

En recouvrant la vue une poignée de seconde plus tard, elle réalisa qu'Haldren était toujours à ses côtés, bon point. Elle prêta alors attention à ce qui l'entourait et fut estomaquée. Cela ne ressemblait à rien de connu sur Miradelphia, elle n'en avait certes pas arpenté toutes les terres, mais elle n'avait jamais entendu parlé de cet endroit. C'était donc une illusion... Puissante sans aucun doute mais fictive. FICTIVE ! Oui... cela devait en être ainsi ! Les dieux ne s'incarnaient pas sur terre auprès des fidèles. Rassurée quant à la nature de son compagnon, elle lui emboîta le pas, avide d'obtenir pareils pouvoirs.

Hyène avait toujours eu une faculté d'adaptation très développée mais comme son Fern, elle n'appréciait l'eau que modérément, elle recherchait la chaleur de cet élément pour délasser ses muscles non pour la transir jusqu'aux os. Son humeur prit la couleur du ciel et elle se renferma en suivant son guide. Tanieth ne cessait de s'ébrouer derrière elle, l'inondant de gouttelettes glaciales qui l'énervaient au plus haut point.
-Pourquoi ce prétentieux avait-il choisit une illusion avec un temps pourri.- ronchonna-t-elle.

En bon cancre qu'elle était, elle s'égara dans les explications du Sombre. Elle s'était pourtant promis que si l'occasion d'apprendre la magie se présentait, elle se montrerait assidue.
Son nouveau mentor s'arrêta sur une large corniche, aussi dût-elle recentrer son attention sur la scène pour ne pas lui rentrer dedans.

Peu de mes adeptes comprennent réellement cette leçon mais peut-être en seras-tu capable.

eeeuh keuwah ? Chaos, évolution, vénération... gnaaaah ??? Son esprit se mit à pédaler férocement pour lui éviter de passer pour une imbécile.
Elle s'accroupit à côté de Tanieth et le caressa pensivement. Avec un ronronnement sonore, il appuya sa grosse tête contre la poitrine de sa maîtresses. La chaleur qu'il émettait l'apaisa et elle retrouva l'usage des mots :

"Les dieux nous ont rendu immortels pour nous permettre d'initier des changements radicaux sur la face du monde.
Le monde s'est figé dans une harmonie pour éviter les guerres et la désolation en centralisant le pouvoir dans des dynasties bloquées dans leurs traditions et empêchant le Renouveau.
Évoluer nous a permit de survivre à l'exil de notre race sur une terre hostile, il est donc de notre devoir de montrer notre reconnaissance en répondant aux attentes divines.
Depuis ma naissance je m'y efforce, je suis entrée dans l'armée pour bousculer les autres races, j'ai suivis une formation d'assassin pour faire circuler le pouvoir entre différentes mains.
Je vis pour le changement. Je suis un outil au service de l'évolution
".

Elle se tut, très fière de sa dissertation. Étrangement, mis à part être redevable aux dieux et servir leurs desseins, elle pensait chacun des mots qu'elle avait prononcé et son regard brillait d'une lueur nouvelle. Elle s'était trouvée une place dans les rouages de l'univers, elle avait enfin un rôle à part entière dans l'écoulement du temps.
Le soulagement déferla en elle avec la puissance d'un raz-de-marée et brisa les murs qu'elle avait construit pour enfermer ses sentiments emportant ses doutes avec eux.
Elle qui était si solide une seconde auparavant frissonna de froid, usée par la pluie glaciale. Hésitante, elle s'approcha doucement d'Haldren pour appuyer son front sur son torse. Elle avait besoin, dans cet instant de faiblesse, d'un dieu qui veillerait sur elle.

"Maître, protégez moi..." murmura-t-elle tout contre lui, la voix fêlée, les yeux embués et implorants levés vers ceux de l'archimage.
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Haldren Umbarion
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MessageSujet: Re: l'art et la manière de s'incruster dans la vie d'un dieu (pv Haldren )   Lun 11 Déc 2017 - 10:13


Croyait-elle vraiment en ce qu'elle disait ? Croyait-elle vraiment en lui ? Haldren regretta l'espace d'un instant de ne pas pouvoir lire les pensées de ses interlocuteurs sans forcer la porte de leurs esprits. Méthode très efficace mais s'apparentant à un viol mental et dont les conséquences amenaient rarement à une saine et constructive relation dans la durée. Il lui suffisait de se souvenir de la réaction de sa très chère fille, son adorable Amshet, pour prendre conscience de la haine que pouvait générer à son encontre une telle intrusion. Tout en caressant tendrement les cheveux de la drow blottie dans ses bras, l'archimage décida qu'il pouvait la croire sincère... tout du moins en partie.

Viens, mettons-nous à l'abri.

Guidant sa jeune disciple jusqu'en ville, Haldren ouvrit la porte d'un ancien temple où ils se réfugièrent tout les quatre pour s'abriter de la pluie qui tambourinait sur les tuiles du toit. Groboubou et Tanieth se mirent aussitôt à flairer les recoins de l'endroit comme pour marquer leurs territoires, tout en évitant soigneusement de s'affronter en présence de leurs maîtres respectifs. Mais aux regards furibonds que se jetaient les deux bestioles, nul besoin d'être prophète pour deviner qu'ils n'en avaient pas fini entre eux.

Haldren et Hyène s'installèrent sur une terrasse couverte dominant la place principale de la cité. Face à eux se dressait la statue de ce qui devait probablement être la représentation d'Argaroth selon les Ääls. On devinait encore qu'il s'agissait d'une sorte de monstre mi-homme mi-taureau, bien que la tête soit en partie arrachée par les effets du temps et les violents orages qui s'abattaient sur ce monde désolé.


J'aime bien venir ici, parfois. Cela m'amuse de me dire qu'autrefois les Ääls se croyaient invulnérables... si seulement ils pouvaient constater leur déchéance. Quelle ironie du destin !

Se retournant, l'archimage fit face à sa compagne.

Puisque tel est ton souhait, tu vas entrer à mon service. Le jour tu entraîneras mes adeptes aux techniques de combat que t'ont appris tes maîtres au Puy. La nuit tu partageras ma couche. Si tes services sont satisfaisants, je verrai à te former aux arcanes de la magie.

Certes des doutes subsistaient sur les réelles motivations de la drow et Haldren n'ignorait pas qu'elle pouvait peut-être agir comme espionne sur l'ordre d'un tiers afin d'obtenir des renseignements sur les motivations du seigneur d'Abyssea. Mais dans l'immédiat il avait plus à gagner qu'à perdre en la gardant auprès de lui : plaisir charnel et mise à disposition de véritables guerriers au sein du culte. Le temps dévoilerait probablement mieux la personnalité complexe d'Hyène. Quant à sa promesse de la former aux arts magiques, cela dépendrait avant tout de sa réceptivité aux arcanes.

Oh, et je te conseille d'apprendre à ton fern à bien se tenir. Si je le retrouve en train de pisser dans mes appartements ou de brûler mes tapisseries, il finira en pâte pour mon sanglier, est-ce clair ?

Le drow claqua dans ses doigts, de nouveau un flash lumineux les éblouit... et ils se retrouvèrent à Abyssea, dans les appartements d'Haldren.
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MessageSujet: Re: l'art et la manière de s'incruster dans la vie d'un dieu (pv Haldren )   

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