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 Quand Killen s'en mêle

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Halyalindë
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MessageSujet: Quand Killen s'en mêle   Dim 3 Déc 2017 - 17:10

<< Deux demi-sang
Un Aigle à Ardamir >>


Printemps - 5e jour de la 1ere ennéade de Barkios
10e année du XIe Cycle


- Vous devez y penser !
- Je... je ne peux pas, Heru. J'ai à peine commencé mon apprentissage.
- Je sais que vous avez grandi au temple Hiriel. Ce que je demande aujourd'hui, c'est ni plus ni moins que d'agir en prêtre.

Les yeux du jeune initié affrontèrent ceux du Seigneur Limier, n'arrivant pas à cacher le trouble que lui inspiraient ces paroles. Ce n'était pas la première fois que Killen venait le voir au sanctuaire pour lui demander de ses nouvelles ou au contraire lui en donner de ses anciens frères d'armes ou de la Protectrice... enfin l'ex-protectrice. C'était surement le lapsus que l'officier faisait le plus souvent.

Du temps ou il était Limier, bien qu'il ait un respect immense pour le guerrier qu'il était, jamais Hiel n'aurait put penser que son supérieur se soucierait un jour de lui comme ça. Mais au fil des ennéades, il avait peu à peu compris ce que les Limiers les plus âgés voulaient dirent lorsqu'ils parlaient de la loyauté de leur supérieur. Qu'il ait rendu les armes ne changeait rien visiblement, l'homme professionnel et silencieux qu'était Killen s'inquiétait de sa santé et de son bien-être comme de celui de chacune des personne dont il lui donnait des nouvelles depuis deux ans.

Presque deux ans... Cela lui semblait si proche. Et pourtant il voyait la vie sous un autre jour à présent. Bien que Vaëlie lui ait longtemps interdit de s'occuper de vétérans, il avait doucement trouver ses marques et apporter soutien et réconfort à ses frères lui apportait une joie réelle. C'était pou protéger tout cela qu'il était devenu Limier. Il pensait alors passer sa vie à combattre des créatures monstrueuses et à effaroucher les Noss les plus gaillardes, mais la guerre... Non. La guerre était finie. D'autres que lui avaient payer le prix de sa survie et il n'avait pu en aider aucun. Alors aujourd'hui, il aidait ses pairs. Tous. Sans distinction.

Il ferma les yeux, tentant de chasser des dizaines d'années d'admirations pour pouvoir articuler sa réponse.

- Je suis désolé, Heru. Ma place est auprès de mon mentor et des frères et sœurs ayant besoin de moi au Sanctuaire.

Rouvrant les paupières, le regard paisible de Hiriel ne dura pas bien longtemps. Le visage de l'officier était plus sombre... mais cette lueur dans ses yeux... L'initié en resta figé.

- Je vous le demande comme un service personnel, Hiriel. Si je pouvais le faire moi-même je le ferai, mais ce n'est pas le cas. Je ne vous demande pas d'outrepasser l'avi de l'Arbitre Vaëlie, mais si elle vous en donne la possibilité... Si un autre prêtre s'en occupe, il ne comprendra pas. Vous étiez là, vous." Il sembla hésiter un instant... hésiter... Cela lui ressemblait si peu. " Ce que vous n'avez pas put faire à l'époque, vous pouvez le faire aujourd'hui. "

Le dos du Seigneur Limier s'était légèrement affaissé en avant en une humble prière. Son visage balafré ne semblaient pas accuser le poids de ce qu'Hiriel avait cru décelé. Les bras le long du corps, Killen ployait devant lui...

- J'y réfléchirai... " s'entendit répondre le jeune homme.


Dernière édition par Halyalindë Yasairava le Mar 23 Jan 2018 - 22:11, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Quand Killen s'en mêle   Lun 18 Déc 2017 - 2:49


Printemps - 5e jour de la 3e ennéade de Barkios
10e année du XIe Cycle


Cela faisait des ennéades que Linandil avait quitté Ardamir, renvoyant Halya à son morne quotidien entre les quatre murs du cloître. Après son coup d'éclat lors des jours d'Arcamenel, elle avait continué à s'entrainer chaque matin, dans sa chambre ou dans la cour, avec ou sans les mélodie d'une certaine compagne. Elle était d'ailleurs heureuse de voir que sa participation aux entrainements semblait avoir redonner un peu de cœur à Meriadim bien qu'elle soit encore loin de pouvoir sortir du cloître.

Elle même supportait de moins en moins de rester confinée dans un espace si restreint. Avec le retour de la chaleur, elle dormait à la belle étoile de plus en plus souvent, parfois réveillée par les rires discret de certains pensionnaires qui la trouvaient roulée dans sa couverture sur l'herbe grasse en descendant prendre leur petit déjeuné. Le comportement improbable de l'ancienne militaire, redevenu léger au fil des ennéade, semblait bousculé les habitudes et insuffler ce grain de folie qui manquait terriblement à ces gens sur le déclin. Elle passait aussi de longue heure à discuter avec ces gens qu'elle avait apprit à connaître, refusant toujours de parler plus que nécessaire à ses soigneurs, détestant leur regard analytiques.

Paradoxalement, Halya ne savait toujours pas exactement ce qu'elle allait faire mais cela ne l'angoissait plus. Elle avait le temps de se poser la question, de se perdre en route et de profiter de ce qui viendrait. Bien sûr, agir pour le bien de tous les elfes lui semblait toujours aussi important mais après tout, elle faisait parti de ce peuple pour lequel elle s'était toujours battu alors elle pouvait bien profiter aussi de la douceur et de la bienveillance qu'elle accordait aux autres, non?

Elle avait continué à écrire de nombreuses lettres à Sandriel et même quelques unes à l'académie pour remercier Lomion. Celles qu'elle rédigeaient à l'intension de Fenris par contre, n'étaient plus envoyées depuis qu'elle avait reçu cette étrange lettre lui disant qu'il ne recevait aucune de ses missives. A la place, elle les gardaient empilées sur son bureau. Le tas était bien trop haut pour être honnête à présent...

Mois il restait de jours avant la date fatidique, plus Halya trépignait. Elle se demandait qui on lui attacherait aux basques et même si on lui attacherait quelqu'un. La forêt lui manquait. L'odeur de musque, de cuivre, de sève, d'humus et de terre humide. Le cœur battant à grands coups sourds jusque dans ses tempes lorsqu'elle courrait lors d'une chasse. Le vent charriant milles odeurs qu'elle ne percevait qu'à peine. Le bruyant silence des étendues sauvages. La solitude lui manquait autant que la présence des personnes qu'elle aimait. Dans ce cloitre, tout finissait par devenir un aggloméra d'instants grisâtres, ni reposant ni difficiles, ni agréables ni terrifiants.

Dans ce non temps, elle avait fini par déterminé que la première chose qu'elle ferait en sortant, après la plus longue course à pied de sa vie, serait une visite en Alëandir, non seulement pour le mariage de sa cousine, mais également pour une visite bien particulière à l'Académie. Après elle récupèrerait les affaires que l'intendant du Palais avait fait déposées chez son père pour emménager dans les quartiers occupés par les Eraisonniens. Là, elle prendrait le temps d'observer et de réfléchir.

Le temps n'était plus à la crise. Ils avaient repris Eraison et chassé les drows au delà d'Ellyrion. Maintenant il était temps de ramener cette paix pour laquelle tant de personnes avaient souffert au coeur d'Anaëh. La souffrance était profondément encrée dans cette ville, dans cette région même, et elle ne voulait pas que cela se perpétue. Comment ? Elle n'en savait rien, mais elle trouverait. En attendant, elle pourrait transmettre une part de son savoir. Maître d'arme... Pour un temps cela serait peut-être suffisant. Et après... Après elle verrait bien.

La grande question à laquelle elle voulait répondre pour l'instant était claire : Peut-on également soigner avec le fil d'une épée ?
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MessageSujet: Re: Quand Killen s'en mêle   Mar 23 Jan 2018 - 22:08


Printemps - 1er jour de la 6e ennéade de Barkios
10e année du XIe Cycle


Halya se redressa et épongea son front d'un revers de manche. Le soleil tamisé par les feuilles d'un vert de plus en plus profond et de moins en moins criblé de fleurs réchauffait agréablement l’atmosphère de ces derniers jours. Elle croisa le regard souriant de Hiel qui venait d'interrompre la cession mais se contenta de féliciter son adversaire. Quelques discussions à bâton rompu et les sept instructeurs voyaient partir leurs derniers élèves du jour. Halya se retrouva prise à parti par l'un de ses nouveaux camarades dans une dispute goguenarde et ils finirent par rentrer dans la grande salle qui tenait lieu de sanctuaire collégial pour les prêtres dévolus à ce quartier rempli à craqué d'Eraisonniens, entraînant la belle Fadwen et ses protestations gaillardes.

Dix jours qu'elle était sortie du Cloître et seulement trois qu'elle travaillait avec eux. A force de discuter avec de vieux amis vétérans retirés du service actif de gré ou de force, une idée avait germée dans l'esprit d'Halya. Idée que Hiel s'était empressé de proposé à sa communauté de prêtre et qui avait eu le mérite d'être acceptée... Pourvu que des volontaires se montrent. Le lendemain, ils étaient cinq a avoir répondu à l'appel. Eraisonniens et Ardamiris. Pour la troisième fois, ces anciens militaires en pleine reconversion avaient donc abrégé leur journée de travail pour venir se retrouver à la Collégiale et briser la glace qui s'était figée entre militaire et civile, Eraisonniens et Ardamiris, belliqueux et pacifistes.

Situé dans les racines, à la périphérie de la ville et encaissée dans un ancien entrepôt reconverti en habitation lors de l'arrivée massive des réfugiés des années plus tôt, le lieu n'était pas idéal mais ils n'en étaient qu'au début. Peu d'habitants étaient au courant de leur initiative et parmi eux, les concernés n'étaient pas légions.

Le but de cette fine équipe était simple. En plus de partager leur expériences entre eux pour ne pas en rester prisonniers, les vétérans acceptaient également de parler de la guerre à ceux qui l’avaient subit depuis l’arrière sans se douter de la réalité du front. Ils donnaient également des leçons à tous ceux qui éprouvaient le besoin de savoir se battre, par peur ou par colère. L'armée étant sur-occupée n'avait rien trouvé à y redire pourvu que les armes ne soient pas distribuées à tous. Les prêtres s'en trouvaient aussi plus que ravis, voyant une occasion de plus de ne pas laisser la haine et la soif de vengeance s’enkyster dans les cœurs à l'abri des regards. Les trois premières rencontres avaient surtout servie d'exutoire pour les uns et d'histoire effrayante pour les autres, mais de l'avis de plus d'un prêtre c'était un début prometteur.

Leur simple profil hétéroclite avait libérer quelques paroles et même déjà donné lieu à des débats houleux entre eux et avec leurs visiteurs. Chacun avait son opinion, ses fêlures et une vision des choses souvent arrêtée. Le plus important restait que malgré tout cela, tous étaient convaincus qu'il fallait trouver un moyen d'arrêter la spirale de la peur et de la violence. Cela faisait donc trois jours que l'ancienne protectrice avait revêtue officiellement le titre de Maître d'arme bien qu'elle n'ai encore exercé qu’une poignée d’heure, passant ses journées à renouer avec la forêt qui lui avait tant manqué.

L’ambiance bonne enfant d'une caserne en temps de paix avait  rattrapé les instructeurs. Comme les deux soirs précédents, chacun s'attardait et une fois de plus, les prêtres montrèrent qu'ils n'étaient pas les derniers quand il s'agissait d'ouvrir une bouteille de Leöras. Deux fidèles se retrouvèrent malgré eux à trinquer avec les joyeux lurons. Les rires allaient aussi bon train que les anecdotes. Ce soir, c'était les débuts de reconversion des uns et des autres qui servaient de prétexte pour toute sorte de récits rocambolesques.

Halya, loin de l'introspection qu'elle avait connue au cloître, profitait pleinement du moment. Dans la journée ou dans la demeure familiale vide, elle se félicitait de ce nouveau départ, remerciant Arcamenel et Kÿria. Elle pouvait enfin profiter de joies simples sans la pression d’obligations énormes. Elle prenait parti au jour le jour et traitait les problèmes au gré de ses possibilités, heureuse de pouvoir réellement rendre service au lieu de devoir calculer les pertes acceptables du haut d’une tour d’ivoire. L'ombre qu'Estiam avait implantée dans un coin reculé de son esprit était toujours là, mais elle avait le temps. Dans la Collégiale, elle croisait des personnes hautes en couleur et c’est ce dont elle avait besoin après tant de mois de grisaille.

- Et je n'avais jamais vu quelqu'un f...
- Par Kÿria ! Tait toi !

Denial bâillonna son voisin de gauche de la main avant qu'il ne dévoile son noir secret, redoublant les rires de ses comparses. A l'extérieur, le jour tombait doucement. Quelques badauds attardés levaient un sourcil en passant près de la collégial surpris par des éclats parfois tonitruants. Malgré tout, l'endroit ne tarderait pas à se vider. Certains pour rejoindre leur famille, d'autres par habitude, faim, ou encore pour éviter d'assister au désagréable spectacle d'un bon moment qui s'effiloche. Halya faisait partie de ces derniers.

Partant dans la même direction que la jeune Löss et le fameux Hiel qui tentait désespérément d'oublier tout le passif qui existait entre lui et l'ancienne Protectrice, Halya rentrait tout simplement à la demeure de ses parents, projetée des siècles en arrière.  Son père étant absent pour raison diplomatiques, elle avait jugé judicieux de rester loger là-bas au lieu de trouver tout de suite un nouveau point de chute. Sur le chemin, les discussions au sujet des premiers essaie de Löss dans le travail du cuir continuaient à aller bon train. Tout en défaisant la coiffure lâche dont elle avait du prendre l'habitude pour dompter ses cheveux longs, l'ancienne militaire réagissait avec amusement aux commentaires du grand échalas en habit d'Initié de Kÿria et de la jeune femme aux longs cheveux blanc et au visage à demi brûlé.

Suivant le tracé sinueux des sentiers des Racines, les trois compères arrivèrent au croisement où la rouquine devraient les abandonner. S'arrêtant à l'angle végétal qui protégeait la façade du tout venant pour parler encore un peu, Löss fronça les sourcils.

-C'était quoi ça ?


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