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 [Chiard]Même le bois pourri flotte

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Cécilie de Missède
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MessageSujet: [Chiard]Même le bois pourri flotte   Dim 3 Déc 2017 - 20:39


Printemps - 6e jour 4e ennéade de Favrius
10e année XIe Cycle

- ça nous fera du bien à tous les deux.
- Je ne suis pas sûre que...
- Mais si. Vous devez vous détendre. Vous disiez vous-même que vous n'étiez pas ben disposée ces derniers temps. Il est temps de prendre un peu de temps pour penser à autre chose.

Dans l'idée, Renard avait parfaitement raison et Cécilie le reconnaissait elle-même. C'était l'une des dernières choses qu'elle avait dite à Ernest. Mais là ou elle était nettement mois sûre, c'était pour l'activité que son cher oncle avait choisi.

- L'air de la mer n'est-il pas vivifiant ? souffla la voix rayonnante de l'ancien capitaine.

Au moins lui, il était particulièrement jouasse. Mener sa nièce sur le port du côté des pontons commerciaux pour profiter de l'ambiance d'aventure et de l'air iodé. Ici, on entendait des langues étranges venues de l'Est et derrière l'air marin sautaient au nez des odeurs toutes plus exotiques les unes que les autres venues du Nord, de Nelen, de Thaar, d'Ydril ou d'où savait-elle encore. Des odeurs d'épice, de bois ou de sucre, de poisson et de métal. Mais même l'odeur des gens semblait différente. Parfums, huiles et sueur de voyage s'entremêlaient de quai en quai.

- Tout a fait. tenta-t-elle de répondre avec autant d’engouement que possible malgré la légère nausée qui ne la quittait pas et le mal de dos qui ne passait toujours pas.
- Quand votre sœur me rend visite, nous venons souvent ici. Elle raffole des chipirons. Dommage que nous soyons là un peu trop tard pour le marché aux poissons. Je suis sûr que cela vous aurait plus aussi, curieuse comme vous êtes.

Peu à peu, la légèreté de Renard faisait son office, déridant la Comtesse et lui arrachant même ça et là quelques rires. Arrivés au bout du front de mer, ils s'assirent sur un banc de bois face à l'océan. Après s'être absenté un instant, Renard revint avec un petit pochon de fruits confits au miel. " Tout frais descendu d'un navire Ysien." claironna-t-il en le déposant dans la paume de sa nièce. L'atmosphère encore très fraiche du début de journée, qui connaissait encore parfois de légères gelées dans la région, leur blanchissait la peau et rougissait leur nez et leurs joues. Emmitouflés dans des pelisses fourrées, ils discutèrent comme ce ne leur était pas arrivé depuis fort longtemps. Non de politique ou de problèmes familiaux, mais de voyages et de souvenir de marin. Lorsqu'ils étaient seuls, Renard était l'une des rares personnes à traiter encore Cécilie comme la jeune femme qu'elle était un an auparavant. La chose était déroutante, mais en l’occurrence plus que bienvenue. De temps à autres, le rire tonitruant de l'ancien capitaine faisait sursauter quelques passants et couvrait les quelques éclats de rire qu'il arrachait à la dame.
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Hannibal Acherbas
Humain
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MessageSujet: Re: [Chiard]Même le bois pourri flotte   Lun 12 Mar 2018 - 2:04

Même le bois pourri flotte, tout comme un vieux navire, tant qu'il n'est pas troué. Il se sentait comme du bois pourri, rejeté et pourtant utile. Les gens ne savaient-ils pas que même le bois mouillé pouvait allumer un feu ?

Les gens ne savaient rien à vrai dire. A mesure qu'il les regardait, grouillant d'activité dans le port de Chiard, Hannibal maudissait leur pensées, probablement occupées à leur petites affaires, leurs bons sentiments ou encore à leur petits plaisirs. Tous des lâches incapable de faire ce qui doit être fait, incapables d'oublier leur personne pour se rappeler qu'une cause bien plus grande, bien plus commune les lier tous. Les idées noires, le temps grisâtre, toutes les conditions étaient réunies pour faire du Loup Noir ce qu'il préférait être : une machine accomplissant avec ferveur la justice. Sous sa peau de loup, il commençait sacrément à se les geler sur les quais. Il avait amarré à "l'Ydril du Nord" pour deux raisons : réapprovisionner son navire et rencontrer Cécilie de Missède.

Le Tueur de Chevaliers n'avait pas oublié l'invitation de la Dame de Beaurivages à la revoir, lors du bal de Soltariel, il avait fait son heureuse rencontre. Elle, l'Aveugle musicienne, l'inspirait au-délà de l’inimaginable. Mais où la trouver ? Dans le château ? Dans une maison de nobles à boire le thé ? Ou dans la rue ? Maudissant cette imprécision, le "Chevalier Noir se mit à vagabonder partout. Ainsi vêtu de sa cape comme à son habitude, de sa taille et de sa carrure d'ours plutôt que de loup, il dominait la foule de presque deux têtes. Chiard, cette ville qui voulait rivaliser avec Ydril-même. Cela lui rappelait son enfance, lorsque les Merilas et Acherbas venaient rendre visite aux Rendrie, cette noble famille qui avait tant fait pour eux. Il prit un moment pour se recueillir devant l'hôtel particulier de ses parents. Désormais en ruines. Délabré, la porte d'entrée défoncée, seuls les murs tenaient encore debout. Il hésitait à y pénétrer mais son esprit se dit que cela lui causerait plus de tort que de bien.

Décidé à retrouver la Comtesse, il continua son chemin. Après avoir cherché partout là où il le pouvait, il revint sur ses pas, démotivé. S'arrêtant au bord de l'eau, il se posa pour méditer. La ville de Chiard possédait une atmosphère...mystérieuse. Elle était à la fois envoûtante et repoussante, comme si sa surface se composait de sucreries, de joie et de prospérité, mais qu'en profondeur se tapissait une chose bien plus sombre. Ce sentiment particulier, Hannibal l'éprouvait avec tout. Un sixième que lui avait appris son maître, bien que parfois il aurait préféré l'oublier. Parfois, il valait mieux ne pas deviner ce qui se tramait chez chaque personne, chaque lieu, chaque action... L'innocence avait pour valeur de rendre le monde plus beau, mais pour défaut de rendre l'innocent plus..Sot.

Et ce fut à ce moment-là qu'il entendit un rire bien plus fort que les autres. Accompagné d'un autre, plus discret et plus féminin. Il tourna la tête découvrant ainsi Cécilie de Missède et le Loup Blond assis sur banc. Un sourire se dessina aussitôt sur ses lèvres, comme un réflexe, mais il ne fit point long feu. Le Loup Noir se rappela quelle terrible nouvelle il devait annoncer à la Dame de Missède. Prenant son courage à deux mains, il se leva et arriva doucementa aux pieds des deux parents. Interrompant leur conversation, il déclara :

-Sire, votre Grandeur..Pardonnez-moi de vous déranger de la sorte. Je vous ai vu au loin et je n'ai pu résister à l'envie de venir à votre rencontre.

En vérité, les derniers mots étaient plus adressés à la Comtesse pour qui il s'agenouilla afin de lui baiser la main.
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