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 L'art de mettre quelqu'un à la porte selon les Soltarii - PNJ

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Tibéria de Soltariel
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MessageSujet: L'art de mettre quelqu'un à la porte selon les Soltarii - PNJ   Mar 5 Déc 2017 - 2:07


À Beronia le soleil se couchait sur le domaine et les derniers rayons du jour illuminaient la chambre de la duchesse d’une lumière enveloppante. Tibéria vivait au domaine depuis quelques ennéades et commençait à prendre du mieux. Elle avait repris un peu de poids et elle affichait cet air épanoui qu’ont les femmes enceintes. Les nausées ne l’affectaient plus autant, mais les matins étaient encore difficiles. Elle espérait pouvoir rentrer à Soltariel bientôt pour reprendre plus officiellement ses activités, car l’éloignement ne l’empêchait pas de penser à ses responsabilités ni ne la gardait de ses nombreuses inquiétudes. Tibéria prit donc certaines décisions. Franco n’était pas là, pas plus que l’armée de conseillers et têtes bien pensantes qui gravitaient constamment autour d’elle. Dans l’intimité de sa demeure, elle pouvait réfléchir. En fait, loin des distractions incessantes de la cour, elle pouvait prendre le recul nécessaire pour bien analyser la situation actuelle et repenser à certaines conversations qu’elle avait eu récemment. D’un côté, il y avait Altiom d’Ydril et ses acolytes de Naélis qui venait réclamer quelque chose auquel il disait avoir droit. Ses appuis étaient tous étrangers. Or, Tibéria était curieuse de connaître l’opinion de la noblesse d’Ydril sur le retour de l’exilé. Peut-être que le jugement final ne viendra pas de la duchesse…

En attendant, il y avait plus urgent. Elle savait que les combats au nord étaient bien avancés et qu’ils entraient dans la phase finale. Après, tout portait à croire qu’il irait jusqu’à Diantra pour boucler la boucle et reprendre ce qui appartient au roi. Or, Soltariel s’y trouvait déjà avec Missède et, jusqu’à preuve du contraire, ces derniers sont encore des traîtres. La couronne n’a jamais voulu les entendre. Ces guerriers du nord gonflés d’orgueil et assoiffés de violence ne prendront pas le temps de réfléchir à la situation. Ils verront Missède toujours à Diantra et Soltariel avec eux ne les chassant pas comme ils le devraient. Ils feront de Soltariel des traitres par associations, un jugement pernicieux et rendu sans procès. Tibéria ne pouvait se permettre une telle méprise. Elle avait entendu parler de ce qui se passait dans le médian et des actes de barbarie qui marqueront sans doute cette terre pour les années à venir. La duchesse craignait qu’un tel saccage n’arrive à Soltariel. Non, elle devait agir. Tibéria saisit donc une plume et un morceau de parchemin. Assise à la coiffeuse de sa chambre entre sa brosse à cheveux, ses huiles parfumées et ses fars, la duchesse s’apprêtait à faire quelque chose qui la rebutait au plus haut point, mais qui s’avérait être un mal nécessaire qu’elle espérait être la prémisse d’un dénouement plus heureux heureux.


Kÿrianos, première ennéade de Barkios,
Xe année du XIe Cycle

Par la présente missive, moi, Tibéria de Soltariel, duchesse de Soltariel, ordonne le départ des troupes Soltarii de Diantra, incluant nos civiles. Par la même occasion, je demande à ce que tous les ressortissants de Missède soient également évacués de la ville et renvoyés sur la route en direction de leur terre le plus pacifiquement possible. Ceci est pour le bien de tous, eux compris.

Cet ordre doit vous sembler incongru après que nous vous ayons demandé de collaborer avec eux dans la pacification du territoire, mais il nous faut nous rendre à l’évidence, pour la couronne, Missède et Langehack sont toujours des traîtres. Ce faisant, une étroite collaboration avec eux risque fortement d’entacher notre réputation. Pire encore, elle pourrait attirer sur nos terres les affres de la guerre. Nous pourrions quitter Diantra en les laissant derrière, mais nous serions alors accusés d’avoir laissé la capitale aux mains de l’ennemi. Je dois donc agir dans l’intérêt de tous, y compris de Missède. Ils doivent être évacués au plus vite.

Au regard des derniers rapports que j’ai reçus de la ville, Diantra semble assez stable pour parvenir à s’administrer sans un appui armé. Dans l’immédiat, j’estime donc notre mission accomplie. Vous trouverez jointe à cette lettre une deuxième missive scellée qui devra être remise aux chefs des armées royales qui passeront les portes de la capitale. Ils y trouveront toutes les explications nécessaires. Je vous demande de sélectionner dix hommes qui resteront à Diantra pour accueillir les troupes et remettre cette missive. Qu’ils aient en tête que cette mission pourrait s’avérer plus dangereuse qu’il n’y paraît.

Que les Cinqs vous gardent.

Tibéria de Soltariel, Duchesse de Soltariel.




Elle apposa le sceau de Soltariel au bas du parchemin avant d’en prendre un deuxième. Cette fois, sa plume resta dans les airs un peu plus longtemps alors qu’elle réfléchissait à la formulation des mots qu’elle s’apprêtait à écrire. Quand elle fut à peu près certaine de la façon de s’y prendre, elle commença à écrire. Une heure après, toutes les lettres étaient cachetées et prêtent à être envoyés. Tibéria doutait encore de sa décision, mais elle ne voulait pas reculer. «  Franco ne sera pas content… mais je crois pouvoir lui faire entendre mon point. Je préfère encore savoir mes soldats ici en cas de problèmes... »

Elle quitta la chambre armée de ses lettres qu’elle remit à un cavalier qui attendait à l’entrée de la demeure. Bientôt, il partit en direction de Diantra.


Arkuisa, première ennéade de Barkios
Xe année du XIe Cycle

Un cavalier solitaire arborant les armoiries de Soltariel se présenta aux portes de Diantra les vêtements couverts de poussière et l’air épuisé de celui qui, pressé par le temps, avait peu dormis. Un soldat Soltarii qui montait la garde s’approcha pour l’accueillir heureux de voir un compatriote. « Longue route, n’est-ce pas? » Lança-t-il d’un ton joyeux. « Certes, mais je n’ai pas de temps à perdre en bavardage, je dois remettre une missive en main propre à votre chef. » Sachant à quel point les Soltarii sont volubiles par nature, entendre l’un d’eux dire qu’il n’avait pas le temps pour ça ne voulait dire qu’une chose : l’heure est grave.

« Très bien, suivez-moi. » Souffla le garde déçu de ne pas pouvoir entendre en exclusivité les derniers échos du duché. C’est qu’il ne serait pas celui que tout le monde écouterait le soir venu au moment où l’on s’échangeait les anecdotes du jour autour du feu. Celui avec les nouvelles les plus récentes devenait automatiquement celui qui officiait les discussions, mais aussi le premier à donner ou recevoir les coups quand les esprits s’échauffaient, car ça ne manquait jamais d’arriver. Le soldat conduisit le messager jusqu’au quartier général des Soltarii où il fut accueilli par un homme de belle taille qui ne cacha pas sa préoccupation face à l’arrivée du coursier. Normalement, les échanges se faisaient par la voie des airs, un moyen rapide, mais pas toujours sur. Pour plus de certitude, on prenait un cavalier, mais c’était évidemment plus long. En général, les messagers se contentaient de remettre les lettres au premier homme en uniforme qui croisait leur route avant d’aller remplir leur mission officieuse : déverser un flot de ragots dans une foule d’oreilles attentives. Parfois, ils demandaient à voir un gradé et plus celui-ci était élevé, plus la situation était sérieuse. Donc, avant même qu’un mot ne soit échangé ou la lettre ouverte, il savait que c’était important. Le nouveau venu tendit la missive d’un air grave. L’autre la prit et brisa le cachet sans attendre. Dès les premiers mots, il haussa un sourcil interrogateur, rapidement suivi par le second dans la surprise la plus totale. Les mots couchés sur ce parchemin trahissaient une grande inquiétude et le désir de ne prendre aucune chance, mais ce qui le troublait vraiment est que, cette fois, l’ordre ne venait pas du duc, mais de la duchesse. Pourquoi le second défaisait-il l’ordre du premier? Il ne souhaitait pas particulièrement s’immiscer dans la chambre à coucher du couple, mais il y avait quelque chose de pas net. Dans l’immédiat toutefois, il devait suivre les ordres. Il était aussi au fait des rumeurs qui venaient du nord et il ne tenait pas particulièrement à être présent quand les armées royales arriveront, pas si Missède s’y trouve également.

« Faites circuler l’ordre, Soltariel quitte Diantra. Rassemblez les ouvriers afin que tout le monde soit prêt à partir dès l’aube demain. J’ai aussi besoin d’hommes armés avec moi. Nous avons également l’ordre d’évacuer Missède. » Il replia la lettre et la glissa dans une sacoche de cuir accrochée à sa ceinture. « Je suppose que les Missèdois ne savent pas encore qu’ils doivent partir? » Il pinça les lèvres, l’air grave et très conscient de tous les yeux posés sur lui. « Non… Et nous allons tenter d’y aller le plus cordialement possible. Après tout, ils viennent du sud, eux aussi. Ce ne sont pas des barbares… »

Personne ne souhaitait user de la force, mais ils étaient tous prêts et capables de le faire. Ils espéraient simplement que ces hommes seraient raisonnables et accepteraient de partir pour leur propre sécurité. Eux aussi devaient avoir entendu les rumeurs qui circulaient et, tout comme Soltariel, ils n’étaient pas en force pour accueillir une armée venue du nord qui risquait d’être nettement moins cordiale que les Soltarii. Il n’avait eu aucun problème à travailler avec eux. Ils avaient mis beaucoup d’énergie à essayer de réparer leurs erreurs, mais il n’était pas le juge dans cette histoire. Aux yeux de bien des gens, cet effort de coopération pourrait être mal perçu même si l’objectif était de rendre une ville potable au roi. Ils ne pouvaient pas non plus faire de miracles. Une délégation d’hommes armés se présenta donc au camp missèdois, étincelant dans leurs uniformes écarlates, épée au fourreau et air grave sur le visage. « Je dois m’entretenir avec votre chef, c’est urgent. »

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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: L'art de mettre quelqu'un à la porte selon les Soltarii - PNJ   Mer 6 Déc 2017 - 2:00


L'odeur du houblon flottait avec légèreté dans la tente de commandement. En ce début d'après-midi paisible, deux hommes d'importance avaient décidé de s'accorder une courte pose dans la course de fond que représentait le maintien et la réorganisation de la Cité : Nans d'Orso, Capitaine de la Salamandre chargé de l'ensemble des opérations Missèdoises - dont la rutilante crinière grisonnante était clairsemée sur le dessus pour ne pas faire concurrence au printemps tardif, et Ulric de Havreval éminent Vertueux de la 3e section de la Garde de la Bibliothèque aux épaules aussi large que son menton glabre.

Quelques rires s'échappaient de la grande tente, faisant sourire les hommes alentours tandis que les deux têtes du camps partageaient des souvenir de combats, de jouvencelles et de moments plus gênant à la cours. Après avoir longtemps respecté le mot d'ordre que constituait la sobriété, leur camaraderie et la tranquillité des derniers jours leur avait fait retrouvé la fougue goguenarde de leurs années d'écuyers. Malheureusement, ils n'avaient qu'à peine tremper les lèvres dans leur première pinte quand l'un des gardes du camps vint frapper au poteau qui soutenait l’habitacle de toile.

-Messire. Le Capitaine Bonasoli est là.
-Et bien qu'il entre ! Lança Ulric en reposant sa boisson pour aller déterrer une troisième chopine dans le coffre du fond. Du moins c'est ce qu'il tenta de faire puisque la voix gênée du grand dadet qui venait de leur annoncer leur partenaire du mois passé poursuivit.
-Il est en arme et accompagné. Il a dit que c'était urgent... et si vous voulez mon avis, il n'avait pas l'air de rire.

Nans et Ulric échangèrent un regard soudain sérieux. Loin d'être en armure de parade, ils portaient tout deux des vêtements souples et pratiques renforcés de cuir sur lesquels ils avaient chacun un tabar portant l'emblème de leur corps d'armée. Une salamandre enflammée pour le Capitaine, une salamandre sur un livre ouvert et ombragée d'un arc pour le Vertueux aux cheveux noirs. Heureusement, leur maintien et la propreté de l'accoutrement simple pourrait faire l'affaire. C'était dans des moment comme ceux-là qu'on appréciait de ne pas avoir fait de tâche sur son tabar lavé de frais en mangeant son déjeuné.

D'un commun accord, ils récupérèrent et ajustèrent leurs ceinturons d'arme. Une épée, et une miséricorde chacun. Puis, tandis que le vertueux bandait son arc et le posait sur la table près de son carquois, l'autre ordonna au garde de le débarrasser de la cruche de cervoise qu'on leur avait trouvé par un heureux mystère ainsi que des chopes avant d'aller prévenir Obélias et les lieutenants de l'arrivée des Soltaris en précisant que ce n'était qu'une rencontre de routine. En un instant les deux hommes sortaient accueillir en personne leurs hôtes feignant la décontraction de circonstance entre camarades faisant front commun depuis une centaine de jours.

-Capitaine ! Lança Ulric avec dans son salut la gaillarde bienséance dont il savait faire preuve. Quelque chose me dit que ce n'est pas un bon vent qui vous amène aujourd'hui. J'espère qu'il n'y a rien de grave en ville.
-Venez, nous serons plus confortable pour discuter à l'intérieur. Proposa à son tour le Capitaine d'Orso en tendant le bras vers le chemin menant à la tente de commandement à travers le campement militaire.

Au besoin ils insistèrent, proposant même de rejoindre les Soltari dans leur propres quartiers si s'aventurer dans le Camp Missèdois ne leur semblait pas une bonne chose en ce jour radieux. Ce ne fut qu'une fois entre gens de bonne compagnie qu'ils s'autorisèrent à trancher dans le vif du sujet.

-Alors dites-nous, Capitaine. Que nous vaut une visite si austère ?
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Tibéria de Soltariel
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MessageSujet: Re: L'art de mettre quelqu'un à la porte selon les Soltarii - PNJ   Jeu 7 Déc 2017 - 19:07

Marcus avait cet air sévère qu’ont les gens qui doivent annoncer une mauvaise nouvelle, mais qui n’ont pas du tout envie de le faire. La lettre lui était tombée dans les mains amenant avec elle la responsabilité d’exécuter les ordres qu’elle contenait. En tant que soldat, il était habitué d’obéir. En fait, s’il devait dresser la liste de toutes les devoirs d’un soldat, le premier point serait probablement à propos de l’obéissance. Cette fois, ça lui faisait quelque chose. Comme un poids dans l’estomac avec un arrière-goût de regret dans la bouche à l’idée de décevoir quelqu’un. En tant qu’homme, il avait appris à apprécier chacun des Missèdois. Il avait vu de ses yeux leur dévouement. Ils avaient partagé de petites victoires ainsi que des défaites décevantes. Ils avaient mis la main à la pâte ensemble et s’étaient même prêtés à une mise en scène pour amuser les enfants. Ajoutons à cela toutes les soirées qu’ils avaient passées ensemble à boire et à se plumer l’un et l’autre en jouant aux cartes. Marcus avait d’ailleurs perdu lors de leur dernière soirée et il se demandait s’il ne pourrait jamais récupérer ses pertes en faisant une dernière partie de cartes. « Non, ce n’est pas un bon vent qui m’amène, mais tout est calme en ville, je vous l’assure. »

Se rendre au cœur du camp missèdois avec ce qu’il avait à annoncer n’était peut-être pas la meilleure idée, mais Marcus n’était pas un lâche et il espérait qu’Ulric allait l’écouter sans faire de scène. Ce n’est qu’à l’intérieur de la tente que le Soltarii soupira longuement comme s’il retenait son souffle depuis le moment où il s’était présenté au camp. « Un messager vient d’arriver en apportant une missive de Soltariel. Cette lettre, je l’ai ici avec moi. Elle se résume en deux points, dont l’un qui risque de changer certaines choses. Croyez-moi, je ne le fais pas de gaieté de cœur, mais voilà, j’ai reçu des ordres auquel je dois obéir. » Il inspira profondément avant de se lancer. « Premièrement, nous avons reçu l’ordre d’évacuer la ville. Dès l’aube demain nous allons nous mettre en route. Nos ouvriers font également partie du voyage. Seule une dizaine d’hommes seront autorisés à rester. Leur mission sera de remettre une lettre aux représentants du nord qui viendront. Ils vont venir, nous le savons. Le symbolisme de Diantra est beaucoup trop fort pour qu’ils passent à côté. Mes hommes devront également envoyer un message à Soltariel pour prévenir de la reprise officielle de la ville. Cela m’amène au deuxième point de la missive que j’ai reçue, non seulement Soltariel doit évacuer, mais Missède également. La duchesse Tibéria de Soltariel souhaite voir la ville libérée de toute présence militaire capable d’opposer une résistance. Je suis donc devant vous pour vous demander de reprendre la route pour Missède. Honnêtement, je préférais être venu prendre un coup avec vous et me faire plumer aux cartes une fois de plus plutôt que d’être le porteur de telles nouvelles… »

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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: L'art de mettre quelqu'un à la porte selon les Soltarii - PNJ   Jeu 7 Déc 2017 - 20:41


Si Ulric avait envisagé un grand nombre de possibilité, celle là n'avait été qu'en bas de la liste. Arcam savait que s'ils avaient pariés, Bonasoli aurait pu se refaire avec facilité !

- Bigre...

On avait connu le Vertueux plus éloquent. Le Capitaine d'Orso avait croisé les bras en dévisageant leur hôte, juste devant lui, mais il suffisait de le connaitre un peu pour se rendre compte qu'il n'était pas en colère mais plutôt en train de réfléchir avec intensité à toutes les implications de cette nouvelle et à tout ce que cela demanderait de faire. Ulric passa la main sur son magnifique menton et  jeta un œil à toute la paperasse entassée autour de la carte de la cité qui trônait en maître sur la table de la tente depuis plus d'un mois. Contrairement à son aîné, il était un homme de tête plus charismatique que stratégique. S'il exécutait les ordre et inspirait les troupes, le revers qu'il venait de prendre le laissait un peu désemparé sur le moment. Mais une chose lui paraissait certaine.

- Je comprends que vous n'ayez pas la choix, mais au delà de toute considération personnelle, nous ne pourrons partir demain. Pour les même raisons qui vous pousse à le faire d'ailleurs. Nous ne pouvons pas aller contre les ordres de notre Comtesse pour les beaux yeux de la votre sous peine d'être jugés pour traitrise, désertion ou que sais-je encore. Au mieux nous pourrions partir. Cela fait... voyons...
- A la fin de la prochaine ennéade. " Trancha le Capitaine d'une voix paisible. " Trois jours de voyage jusqu'à Missède. Une journée au mieux pour avoir une réponse. Trois encore de retour. Quatre jours pour remballer, organiser quelques gardes civiles et rassembler nos civiles. Au bas mot.

Dans le silence, l'homme jeta un regard aux figures disposées sur la carte, l’œil sévère.

- Le quartier ouest devrait pouvoir s'auto-gérer s'ils se défendent bien mais pour le reste, votre départ comme le notre revient à jeter une pièce en l'air en attendant qu'elle retombe sur la tranche...
- Vous disiez avoir l'ordre sur vous. Puis-je le voir ? Cela nous donnera peut-être quelques angles arrondis pour l'annoncer à Missède...
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Tibéria de Soltariel
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MessageSujet: Re: L'art de mettre quelqu'un à la porte selon les Soltarii - PNJ   Lun 11 Déc 2017 - 18:29


Marcus était toujours tendu, mais la réaction initiale des Missèdois s’avéra nettement moins tendue qu’il ne se l’était imaginée en se rendant au camp. La situation n’était pas encore réglée, bien au contraire, mais il savait maintenant qu’ils pouvaient discuter. Quand les deux partis acceptaient de discuter tranquillement, c’était un pas dans la bonne direction. « Je comprends pour le délai. Nous n’avons pas eu d’instructions claires à ce sujet c’est pourquoi j’ai demandé à ce qu’on lève le camp dès demain. Toutefois, je ne peux pas non plus vraiment partir tant que vous serez là… J’ai des comptes à rendre. Je peux faire partir les hommes en deux vagues. La première sera composée des ouvriers avec une partie des soldats et sera dirigée par mon second. » Il se tourna vers le jeune homme. « Tu crois pouvoir t’en sortir sans trop de difficultés ? » Il acquiesça d’un signe de la tête. « Non, pas de problèmes. » Il se retourna vers Ulric. « La deuxième vague partira en même temps que vous et sera dirigée par mes propres soins, si évidemment tout se passe bien. »

Naturellement, c’était facile dit ainsi, mais rien n’était assuré encore. Les Missèdois risquaient des représailles s’ils abandonnaient la ville ainsi et Marcus le savait. Toutefois, la lettre lui laissait croire que ces hommes avaient peut-être des conséquences bien plus graves à craindre qu’un jugement pour désertion. Le Soltarii fouilla dans sa sacoche de cuir et en sortit la missive frappée du sceau du duché et la tendit au Missèdois. « Les mots vont vous paraître durs, mais la duchesse soulève un point important. La situation de Langehack n’a jamais été clarifiée officiellement par la couronne. Ce sont des discussions qui sont bien au-dessus de vous et moi, mais qui ont de gros impacts. Comment le nord perçoit-il votre présence ici ? Soyons honnêtes, ils savent déjà que vous êtes ici. Nous avons régulièrement des nouvelles qui nous viennent de la guerre et je suis à peu près certain qu’ils ont envoyé des gens pour voir l’état des lieux et avertir leurs hommes de ce qu’ils risquent de trouver en arrivant ici. On n’a pas non plus l’uniforme le plus discret de la Péninsule et quand tu vois quelques centaines d’hommes qui se promènent vêtues de rouge et d’or, les gens savent que les Soltarii sont là aussi. Nous ne pouvons pas changer ce fait, mais nous pouvons faire en sorte de ne plus être là quand ils viendront. Que vous soyez à l’intérieur ou à l’extérieur de la ville ne changera rien. Vous risquez de vous faire massacrer. Regardez ce qu’ils font au Médian ! Ils ne se contentent pas d’aller cueillir le traitre, ils rasent tout sur leur passage ! Votre présence pourrait bien les motiver à descendre plus au sud et à s’en prendre à Missède puis à tout le Langehack. C’est un scénario alarmiste, j’en conviens, mais vu la situation actuelle, mieux vaut se préparer au pire. Au moment où l’on se parle, je suis certain que la duchesse a écrit à la comtesse. » Là-dessus, il prenait une chance. Marcus n’en avait pas la moindre idée, mais Tibéria ne pouvait quand même pas avoir décidé d’une telle chose sans parler de son plan à quelqu’un. Sinon, ce n’est pas du nord que viendront les problèmes. « Et avec un peu de chance, un ordre officiel viendra de votre côté… »
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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: L'art de mettre quelqu'un à la porte selon les Soltarii - PNJ   Jeu 14 Déc 2017 - 17:31


Tout en écoutant le Capitaine Soltari lui expliqué ce qu'ils risquaient en restant là, Ulric commença à lire la lettre. Tout cela ne lui disait rien qui vaille. Quelque chose le gênait aux entournures sans qu'il n'arrive à savoir quoi. Il passa le papier à son comparse en passant une main sur son menton.

- ça n'a pas de sens. Ancenis est sous contrôle Nordien. Si la Comtesse avait véritablement peur pour Missède, elle ne nous aurait pas ordonné de rester ici... Surtout en l'absence du Comte. Elle n'a aucune notion de stratégie militaire.

Nans se racla la gorge, lisant et relisant les mots de la duchesse suderonne. Contrairement a Ulric qui avait l'air embêter, lui semblait carrément révulsé. Ses mâchoires s'étaient tendues au fur et à mesure de la lecture. Ainsi le pragmatique et sérieux Capitaine d'Orso envoya d'un mouvement énervé la lettre sur la table pour se retourner vers le suderon.

- Dites. Quitte à nous cornaquer comme des morveux pour nous bouter de Diantra, vous pourriez au moins nous épargner le batelage. Votre bachelette nous prend un peu pour des nèfles. Un peu de franchise !

Le jeune Vertueux regarda le capitaine avec cette même sorte d'étonnement penaud qui prend aux tripes quand votre père vous traite d'imbécile.

- Que vous quittiez la ville pour vous protéger des rumeurs et des instincts belliqueux du nord, soit. Ou même quérir notre départ. Je le conçoit. Mais ajouter que c'est pour le bien de Missède ? Vous entendez le non sens ? Notre Comtesse nous a assurée que la couronne était au courant de notre présence et qu'elle l'approuvait. Alors ne comptez pas sur moi pour adoucir vos demandes a moins que vous nous fournissiez les véritables raisons de cette fuite soudaine. Avez-vous des informations qui nous échappent ? Et que contient cette lettre à remettre aux officiers royaux ?

Ulric en resta comme deux ronds de flancs. Nans ne pensait tout de même pas que leur camarade soltari essayait de les entubé ?!

- Nans... Vous ne pensez pas...

- Non. C'est vous qui êtes incapable de penser, corne-cul." gronda l'officier mécontent.

Bon sang de merdaille ! Ce qu'il pouvait détester la politique !
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Tibéria de Soltariel
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MessageSujet: Re: L'art de mettre quelqu'un à la porte selon les Soltarii - PNJ   Ven 15 Déc 2017 - 1:52


«  Ce n’est pas parce qu’Ancenis est contrôlé par la couronne que vous n’avez rien à craindre en restant ici. À ce que je sache, les terres royales n’ont plus d’armée donc il n’y a personne pour venir nous dire : messieurs, vous n’avez rien à faire ici, dégagez! Il n’y a pas non plus de nobles en ville, aucun gouverneur mandaté par la couronne ne s’est présenté pour en prendre le contrôle. Où sont-ils donc? Pourquoi personne ne s’est déplacé jusqu’à Diantra? Je ne pourrais pas l’expliquer, mais je trouve ça douteux, pas vous? Surtout que voilà plusieurs ennéades qu’ils auraient pu le faire… » Naturellement, il y avait toujours quelqu’un pour mettre en doute l’honnêteté des paroles de quelqu’un. Marcus ne cacha même pas son agacement et leva les yeux au ciel. Même son second semblait terriblement ennuyé qu’on puisse faire une telle insinuation. Malheureusement pour Marcus, les Soltarii avaient une réputation qui les précédait et qui n’était pas tellement glorieuse pour eux. Toutefois, il serait injuste d’en faire une norme, surtout que dans cette situation, Marcus montrait patte blanche. « Rien dans cette lettre ne nous ordonne de prendre la ville et, honnêtement, Diantra c’est votre responsabilité, pas la nôtre. L’un des points particulièrement litigieux dans cette histoire était la possession de terre appartenant au roi. Or, Diantra n’a jamais été officiellement rendue. Comme je l’ai dit, aucun gouverneur de la couronne n’est venu. Vous avez les clefs de la ville, vous en avez donc le contrôle… Le contrôle de la capitale du royaume, rien de moins. Ruinée et déchirée par les soulèvements, mais Diantra reste officiellement la capitale. Les terres royales ne font rien, car elles ne peuvent rien faire, mais il y a toute une armée qui se bat au nom du roi qui s’en vient dans cette direction qui espère conclure cette guerre en venant à Diantra. Ça nous laisse donc devant deux options possibles : soit les gens du nord seront effectivement très heureux de vous voir ici, soit ils vont vous accuser de vouloir accaparer la capitale pour vous. Sachant qu’il n’y a aucun représentant de la couronne pour vous appuyer dans vos démarches…"

Marcus n’aimait pas non plus la politique, mais il en savait assez pour dire que la situation de Missède ne pouvait pas être aussi simple, pas après ce qui a été fait. « Honnêtement, je ne sais pas quoi vous dire de plus. Si on avait vraiment voulu vous prendre Diantra, vu le nombre que nous sommes, nous l’aurions fait depuis longtemps, mais ça ne nous intéresse pas. Je suis ici pour vous transmettre les ordres que j’ai reçus. Je le dis humblement, peut-être que nous nous trompons, mais… Aucun représentant de la couronne ne c’est présenté ici, personne n’a officiellement reconnu vos efforts et cela me laisse croire que nous avons peut-être raison aussi. Il faut garder en tête qu’il y a probablement une partie de l’histoire que nous n’avons pas, une discussion qui a eu lieu à Soltariel entre la duchesse et l’un de ses rapaces d’ambassadeur installés au palais autant pour épier nos faits et gestes que pour profiter des hivers cléments du sud. Pourquoi un revirement aussi soudain sinon? » Marcus haussa les épaules, visiblement à bout d’arguments. S’il ne parvenait pas à convaincre les Missèdois avec ça, il ne pourrait rien faire de plus. « Alors, qu’est-ce que l’on fait maintenant? »
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MessageSujet: Re: L'art de mettre quelqu'un à la porte selon les Soltarii - PNJ   Lun 18 Déc 2017 - 15:06


Certes, le militaire n'avait pas tort. Il y avait dans la lettre de la duchesse un empressement bien difficile à s'expliquer. Un empressement qui montrait au mieux qu'elle disposait de plus d'informations qu'elle ne le disait et au pire qu'il suffisait de quelques mots pour l'effaroucher. Étant donné la tempête de merde au travers laquelle elle était passée peu après son accession au titre de duchesse, Nans aurait plutôt opté pour la première option. Il souffla, toujours aussi agacé mais serra les mâchoires pour ne pas répliquer vertement. L'autre avait beau marquer des points, son impression de se faire gentiment enroulé dans du velours avant de se faire expédier chez bobonne était toujours identique.

- On attend la réponse de Missède. Partez ou restez, moi j'ai une lettre à envoyer.


Tandis que le Capitaine d'Orso se détournait pour prendre de quoi écrire, Ulric ne put s'empêcher de secouer légèrement la tête, désapprobateur. Il ferait également son rapport dans la journée pour ce que ça changerait, mais en attendant, il repoussa la toile de la tente en faisant signe à leurs invités de le suivre à l'extérieur de l'antre du vieil ours.

- Ne faites pas trop attention à son franc parlé. Il ne met jamais les formes mais notre Comtesse est au courant de son tempérament. Elle sait faire preuve de nuance. Dans quelques heures il sera calmé et nos hiérarchies respectives auront réglées le problème d'ici l'ennéade prochaine. Inutile de nous chercher des poux alors qu'on a le même but ici.

Le Vertueux ne soutenait absolument pas la réaction épidermique de son confrère et n'en faisait aucun mystère. Quand il fut arrivé aux limites du camps et que la conversation avec les Suderons se fut épuisée, il tendit la main au Capitaine Bonasoli avec sa chaleur habituelle, qu'importe l'état d'esprit dans lequel semblait être ce dernier.

- Si vous ne partez pas avec la première vagues, passez donc un de ces soirs. On a dénicher un tonnelet qui pourrait bien vous plaire.
________________


Printemps - 2e jour de la 2e ennéade de Barkios
10e année du XIe Cycle


En sortant de son casernement de bon matin, portée par l'honnête envie de se déchargé du surplus de liquide qui l’oppressait, Lucien s'arrêta net, les mains déjà en train de s’affairer sur les boutons de son pantalon. A quelques pas devant lui, un énorme cheval noir était couché sur le flanc, raide mort. Aucune trace d'arme, de coup... ni d'un malheureux coincé sous son poids. Non. Il était juste là. Harnaché pour le voyage. L'écume aux lèvres. La robe luisante de sueur.

Bordel... il fallait être timbré pour pousser son canasson à courir jusqu'à la mort...

Non loin, dans la tente de commandement, deux messagers, un Vertueux et un Capitaine fronçaient outrageusement les sourcils. Ils voulaient être fixés, ils l'étaient... et les Soltaris n'allaient pas aimer ça. Quelques minutes plus tard, les deux énergumènes, épée au côté mais dépourvus d'armures, frappaient au linteau de l'écurie

- Capitaine ! On a reçu des nouvelles ! Vous auriez quelques instants ? Gueula Ulric, impitoyable destructeur du sommeil de ceux qui avaient du rester debout durant la nuit.

Avec la missive leur expliquant la situation, ils avaient reçu une lettre marqué du sceau comtal adressée aux officiers Missèdois et Soltaris présents à Diantra ainsi qu'une copie des prises de contacts rares que Missède avait eu avec la cour royale depuis le début de l'hiver.
Aux officiers de Missède et de Soltariel aujourd'hui à Diantra
Dixième année du XIe Cycle
écrit le 9e jour de la 1ere ennéade de Barkios
de l'Abbaye des Espérine en Beaurivages


Messieurs,

Une missive vient d'être envoyée de ma part en Soltariel pour régler pacifiquement le différent qui nous occupe. Pour l'heure j'ordonne à mes gens de tenir leurs positions et de continuer la mission pour laquelle ils ont été mandatés à Diantra : maintenir au possible la paix et l'ordre dans la Capitale en attendant les forces royales.

Si les Soltaris lèvent les armes, mes hommes ont l'ordre de se replier en Edelys sans effusion de sang, mais les conséquences exactes de cet acte de guerre ont été communiqués à la duchesse avec plusieurs documents qui pourraient changer sa vision des choses. Je vous prie donc d'attendre ses prochains ordres avant de passer à l'action.

Je déplore la tension que ma décision peut raviver entre les murs de Diantra, mais en l'état je ne puis en prendre une autre. L'honneur me dicte de tenir les résolutions qui furent les nôtres jusqu'au bout et la tête haute. Laisser d'autres personnes achever notre œuvre est une erreur que Langehack et ses vassaux ont fait trop de fois.

Je prie Néera de vous donner autant de clair-voyance que de compassion.
Puisse-t-elle vous garder du mal quoi qu'il advienne.
Comtesse Cécilie de Missède

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MessageSujet: Re: L'art de mettre quelqu'un à la porte selon les Soltarii - PNJ   Mer 20 Déc 2017 - 18:21


Marcus ne se sentait pas tellement visé par l’attitude du Missèdois, car il comprenait parfaitement sa réaction. Compte tenu des circonstances, lui aussi aurait été méfiant. Il était surtout heureux de voir Ulric assez ouvert d’esprit pour ne pas simplement lui sauter à la gorge et terminer la discussion dans un bain de sang. Il n’avait gagné qu’un peu de temps en attendant la lettre qui viendrait de Missède et que la réponse irait dans le bon sens. Néanmoins, il savait qu’il devait trouver une autre solution dans le cas contraire et, comme il venait de le dire, il commençait à être sérieusement à court d’arguments et malgré sa bonne volonté, la prise des armes sera peut-être inévitable. « Non, je dois être dans les derniers à partir donc nous aurons tout le temps de nous revoir et d’apprécier ce tonnelet. L’un de ces jours, je vous rendrais la pareille en vous faisant goûter un alcool fabriqué dans un petit village près de l’endroit où j’ai grandi. C’est très local comme boisson, donc difficile à obtenir pour ceux qui ne savent pas où aller, mais c’est délicieux. Comme c’est fort, il faut faire attention pour ne pas se retrouver sous la table avec la jolie fille du coin ! »

En toute honnêteté, Marcus recommença à respirer normalement qu’au moment où ils furent sortis du camp des Missèdois. « Je suppose que c’est arrangé, non ? » Demanda son second, un sourire dans la voix. « Nous avons gagné du temps, rien de plus. Préparez-vous pour le départ, j’ai encore des choses à faire de mon côté. »

Dès le lendemain, un premier contingent d’environ 500 Soltarii prenait la route en direction du duché. Ils étaient tous impatients d’enfin rentrer à la maison.

++++++++

Quelques jours plus tard, alors que le matin se levait à peine sur Diantra et que ceux qui restaient des Soltarii dormaient profondément à l’exception des sentinelles qui ne se faisaient que somnoler en position debout, une voix tonitruante vint les tirer de leur sommeil. Dans le quartier des palefreniers, Marcus Bonasoli bondit de son lit comme si quelqu’un venait de le marquer au fer rouge. Il sortit de ses quartiers temporaires et faillit percuter le Missèdois qui se tenait sous le linteau. Il faut dire qu’il marchait avec un œil fermé et l’autre seulement à moitié ouvert. Le monde autour de lui n’était que des formes floues et mouvantes. Ulric aurait très bien pu n’être qu’un montant de porte. « Que me vaut l’honneur d’une visite aussi… matinale. » Son esprit commençait à énumérer toutes les raisons qui pouvaient amener le Missèdois aussi tôt dans la journée et ça allait de la révolte civile à l’envie de prendre un petit déjeuner ensemble en passant par l’arrivée des nouvelles tant attendues de Missède. Naturellement, la dernière option était la bonne.

Marcus prit la lettre et l’ouvrit sans attendre. Il la lut en silence. « Foutre ! Désolé, mais… foutre ! » Le Soltari se frotta vigoureusement le visage dans l’espoir de se réveiller un peu plus. Le chaume noir sur ses joues le démangeait affreusement, il n’avait que très peu dormi durant la nuit et voilà le genre de nouvelle qu’on lui apportait. Heureusement, le capitaine était un homme plein de ressources capables de trouver des solutions à des problèmes qui semblaient en apparence sans issues. Il espérait maintenant qu’Ulric soit aussi imaginatif qu’il pouvait l’être. « J’ai une idée… mais je dois vérifier quelque chose avant. » Il baissa les yeux alors qu’il sentait un courant d’air remonter sournoisement ses cuisses. « Et mettre un pantalon. » Marcus ne portait qu’une tunique qui cachait, heureusement, l’essentiel, mais qui dévoilait ses jambes velues. « Vous m’accompagnez ? Pas pour mettre le pantalon, mais pour le truc que j’ai à vérifier. Si j’ai raison, je crois que je tiens là la solution à tous nos problèmes. À condition d’être un peu ouvert d’esprit… »

Quelques minutes plus tard, Marcus remontait la route sud de Diantra en scrutant ses rebords à la recherche de quelque chose de très précis. Il avait eu le temps d’enfiler ses pantalons et ses bottes, mais avait gardé sa tunique dans laquelle il avait dormi. Avec ses cheveux en bataille et sa barbe de deux jours, il avait l’air plus l’air d’un pirate sur le point de faire un mauvais coup qu’un respectable capitaine de l’armée Soltari. Ils étaient à une quinzaine de minutes des murs de la ville et légèrement en hauteur. Ils avaient donc une belle vue sur la ville et ses alentours. « Les gens ne pensent pas nécessairement qu’une ville ne s’arrête pas à ses murs. » Commença-t-il dans un début d’explication. « En fait, il y a un territoire tout autour qui doit assurer en totalité ou en partie la subsistance des gens qui y vivent. Comment fait-on pour délimiter ces territoires ? Il y a des cartes, bien sûr, mais sur le terrain, pour le commun des mortels qui voyagent sur ces routes, il y a des bornes. On en trouve en quantité à Soltariel. On sait donc quand on quitte une seigneurie et qu’on entre sur une autre. On sait qui contrôle quoi et ça limite les chicanes de territoire bien qu’il y aura toujours quelqu’un pour dire que la borne a été déplacée ou peu importe. Il existe toujours des cartes si anciennes qu’elles se désagrègent au toucher, mais les frontières bougent sans arrêt à cause des luttes d’influence et tout ça. »

C’est à cet instant qu’il la vit, une borne en pierre s’élevant à peine au-dessus des herbes hautes. Les intempéries l’avaient érodée et s’il y avait jadis eu une inscription, elle était effacée depuis longtemps, mais Marcus était pratiquement certain que ce petit monument de pierre indiquait l’arrivée ou le départ des terres de Diantra. « Ah ! Voilà ce que je cherchais. Ne bouge pas ! » En trois enjambées, le Soltari avait dépassé la borne. Il se retourna vers le Missèdois, un sourire aux lèvres. « Au moment où je te parle, tu es à Diantra et moi… moi je suis sur la terre de quelqu’un d’autre. » Il haussa les épaules. « J’ai reçu comme ordre d’évacuer les Missèdois de Diantra et de les renvoyer sur la route vers Missède. En déplaçant le camp de l’autre côté de cette borne, vous n’êtes plus à Diantra et vous êtes techniquement sur la route qui mène chez vous. L’ordre ne dit pas vous tenir par la main jusqu’à ce que vous soyez rentré… Et vous, vous avez ordre de maintenir la paix et l’ordre dans la capitale royale. D’ici, ça fait quinze minutes de marche jusqu’à la ville. Ce n’est pas comme si vous étiez aux pieds des remparts, mais c’est une distance tout à fait acceptable, nous voyons bien la ville d’ici en plus d’avoir une vue dégagée des alentours. Je dois également évacuer la ville, je propose donc d’installer mes hommes probablement quelque part là-bas pour voir ce qui se passe depuis la route du nord. Donc si on voit quelque chose, il sera possible de vous en avertir rapidement. J’avoue très franchement que c’est tiré par les cheveux et c’est une interprétation très textuelle des ordres que j’ai reçus, mais c’est une façon de gagner du temps, encore. Je m’attends à ce qu’il y ait des ordres qui nous arrivent de Soltariel, mais en faisant cela, techniquement nous remplissons tous nos ordres respectifs sans prendre les armes donc sans affecter les relations entre nous et sans ruiner nos efforts de paix en ville. Donc, que penses-tu de l’idée d’un homme qui a dormi à peu près trois heures et qui est le point de perdre complètement la tête s’il ne trouve pas quelque chose pour se raser d’ici peu ? » Sur ce, il se gratta vigoureusement la mâchoire.

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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: L'art de mettre quelqu'un à la porte selon les Soltarii - PNJ   Sam 23 Déc 2017 - 12:34

En haut de la colline, Ulric resta comme deux ronds de flanc, observant son comparse d'un air bête. Dans son regard vide, on pouvait voir passer chaque étape de la réalisation qu'il était en train de faire. Cela avait l'air encore plus difficile que l'histoire du pantalon. non.... Si ? Nooooon... Bordel...

Il se passa une main sur se visage... et éclata d'un rire tonitruant.

" Capitaine vous êtes un furet ! Un génie de gredin rusé complètement fou ! "

Une borne... Il fallait avoir l'idée. Et pourtant elle était étrangement bonne et permettait d'obéir littéralement à leurs hiérarchie respective. Le jeune homme se voyait déjà en train d'expliquer à Nans qu'ils devaient déplacer leur camp de 400 mètre vers le sud. ça allait être sportif ! Pourtant l'idée l'avait ragaillardie en un instant.

" Je marche ! et avec autant de plaisir que de reconnaissance ! " brailla-t-il en secouant vigoureusement la main du pauvre insomniaque. " Vous devriez dormir moins souvent ! "

Après une virile bourrade sur l'épaule, le Vertueux se dressa de toute sa hauteur, mains sur les hanches, pour regarder au loin. Son regard retrouva un instant le brillant concentré qu'il était capable de montré dans l'exercice de ses fonctions. En coupant un seul bosquet ils auraient une vue dégagé des routes et des portes. Niveau surveillance, l'endroit était parfait. A cheval, ils pourraient couvrir la distance les séparant de la ville en quelques minutes en cas de problème. Il pourrait demander à la Bibliothèque de lui envoyer quelques cavales supplémentaires sans avoir a fournir de trop lourdes explications à la Comtesse.

Il croisa les bras, un sourire satisfait sur les lèvres, avant de se tourner de nouveau vers le Soltari. Nans pouvait bien attendre encore un peu.

" Et si on allait vous trouver un coin à vous aussi ? "

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