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 Une saison nouvelle...

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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Une saison nouvelle...    Jeu 7 Déc 2017 - 22:50

Une saison nouvelle


"Le jour naît couronné d’une aube fraîche et tendre ;
Le soir est plein d’amour ; la nuit, on croit entendre,
A travers l’ombre immense et sous le ciel béni,
Quelque chose d’heureux chanter dans l’infini."


Hotel des Abeilles, à l'angle du Quai de la Durance et de la rue de Syriac, Diantra
Fin de 1ière énnéade de Barkios de la 10ième année du XIème cycle


Les cloches de Diantra n’avaient pas sonné aussi clair qu’en cette matinée de printemps depuis une éternité. Tout du moins était-ce là le sentiment d’optimisme qui habitait Niklaus d’Altenberg…

Niklaus s’était réveillé tôt et avait déjà eu le temps de se rendre à trois rendez-vous avant que les cloches ne commencent l’appel aux fidèles. Lui était passé à la cathédrale bien avant le lever du sommeil. Il était un homme matinal. Extrêmement matinal parfois… La déesse protégeant la cité lui avait rendu son fils, par la grâce de son initiée sur cette Terre. Et pour cela Niklaus retournait à intervalle régulier à la cathédrale.

Lui aimait les matines. Il aimait l’atmosphère nocturne particulièrement ésotérique. Il aimait le calme et la lenteur de cet office des vigiles où les prières étaient plus lentes, l’introspection plus profonde, et le public plus calme. La cathédrale de nuit était un vaisseau fendant les ténèbres et l’obscurité y était telle dans des nuits sans lunes que l’on ne pouvait voir du cœur le fond du transept. A la lumière des quelques candélabres qui illuminaient l’autel, les peu de fidèles matinaux réunis psalmodiaient avec les moines courageux qui avaient contré le sommeil pour servir leur déesse.

Niklaus aimait sortir de la cathédrale vers les six heures du matin en cette saison. Le jour pointait à l’horizon et une couleur d’un rose délicat se frayait un chemin jusqu’à la moitié du ciel, l’autre moitié restant encore dans l’obscurité. Il bravait alors le froid du matin et l’humidité ambiante pour se rendre jusqu’à la maison faisant face directement à la cathédrale. Il s’agissait d’une boulangerie qui dans les années faste avait été assez huppée et où les petits nobles et grands bourgeois de la ville avaient aimé se rendre à toutes les heures de la journée. Loin de la taverne mais également loin de l’hôtel luxueux, la salle de l’étage du bâtiment à colombage accueillait les passants aux bourses correctement garnies pour leur offrir le déjeuner avec vue sur l’édifice religieux. C’est là que Niklaus commençait ses journées Diantraises. Le lieu était propre, mais plus aucun faste dans les assiettes. La clientèle était encore sélectionnée, mais moins par niveau de richesse que par simple honnêteté. Dans ces heures plus dures, il s'agissait surtout du repère social des honnêtes gens...

Lui était connu de presque tous. Outre ses péripéties récentes, la noblesse des terres royales avait de tout temps entretenu des liens particuliers avec Diantra et sa société, surtout la moyenne société. Historiquement la noblesse très administrative des terres royales était une sorte d’intercesseur et de catalyseur d’une bourgeoisie urbaine de commerce encore naissante et d’un grand nombre d’artisans dont ils étaient clients ou fournisseurs. Les Altenberg n’étant pas historiquement les moins industrieux et entreprenants, ils s’étaient créés une sorte d’aura dans cette société intermédiaire cherchant encore sa place entre les paysans et les nobles. Il voyait comme sa mission de continuer cette œuvre.

Niklaus aimait cet endroit. Les poutres apparentes étaient une marque d’ancienneté et de travail bien fait. L’odeur de fournil qui régnait et la propreté parfaite des lieux complétaient le tableau. Les choses étaient décidément bien agréables en ce début de printemps. Il semblait que les choses pouvaient peut être enfin revenir dans l'ordre. Le fond avait été touché. La ville saignée à blanc ne pouvait que commencer. Il n'envisageait pas que les choses puissent aller moins bien. Après la douleur et les difficultés des dernières années, pour la première fois, il ressentait à Diantra une sorte de poussée d’optimisme. Et c’est en contemplant le morceau de pain sur lequel un peu de confiture, met presque disparu des murs de la cité, avait été disposé qu’on avait amené à Niklaus et à ses deux gardes du corps qu’il observa le soleil commencer à projet ses rayons sur la facade imposante de la cathédrale.

Niklaus n’avait jamais autant d’espoir dans l’humanité qu’en contemplant cet édifice faisant face au soleil. Ce monument donnait plus que jamais l’image de ce que la race humaine savait réaliser lorsqu’elle savait maintenir la paix interne au royaume. Il prit son temps pour manger son déjeuner matinal. Il fut abordé par deux personnes qui le saluèrent et entreprirent un peu de conversation. Il accueillit également à sa table un homme d’une certaine importance, Jean de Clairsaint, héritier d’une vieille famille de Diantra et qui dernièrement était parmi les favoris pour devenir le grand maitre de la corporation des marchands des terres royales. L'homme était de passage. Il était établi entre Vallancourt et l'Apreplaine mais comme Niklaus se rendait souvent dans l'antique ville défigurée. Ils avaient en commun l'attachement à un rétablissement de la cité. L’homme était de la branche cadette d’un comté disparu du Langecin. Si ses titres de noblesse n’étaient plus rattachés à des terres, comme pour Niklaus, il était devenu un commerçant très puissant. Son fils Yohann l’accompagnait.

Niklaus n’était pas un ami de l’homme, qui aurait pu être son père, mais les deux familles se respectaient. Il était en revanche ami avec le fils et la fille, avec lesquels il avait eu bien des contacts dans l’enfance et avec lesquels il était en correspondance. Rares étaient les fois où Niklaus ne voyait Yohann en venant à Diantra. Car le fils continuait de vivre à l'année à Diantra. Ils avaient leurs adresses d’auberges ou bien souvent ils se retrouvaient autour d’un ou plusieurs verres. Mais ce matin la réunion était plus sérieuse. Il s’agissait de politique et de commerce… Niklaus avait fort à faire avec les inquiétudes et rumeurs qu'un départ imminent de Soltaar de la capitale était possible et de nombreuses personnes le sollicitaient pour des conseils dernièrement.

La haute bourgeoisie et la petite noblesse de Diantra, qui maintenant se comptait en dizaines d'individus au lieu des milliers précédents, essayaient de s’organiser pour suppléer au départ du Soltaar. Les choses allaient dans le bon sens, la ville étant au Roi, les questions ne se posaient plus trop. Les corporations se réorganisaient en dehors de la cité et ‘élisaient’ leurs maitres –si l’on pouvait parler d’élection-. Ces dernières essayaient aussi de mettre main à la pâte. Deux conseils avaient été ouverts par quartier non encore en ruine (un pour la cathédrale, un pour le quartier ouest où était situé l'hôtel des Altenbergs). Ces conseils servaient aux nobles locaux et aux bourgeois pour tenter assurer la sécurité par des milices. L’aide autant dans la connaissance de ces problématiques qu’en termes de logistique et de finances des terres royales étaient également une des clés du succès, d'où l'implication de Niklaus. Le réseau de Niklaus était également mis directement à profit.

C’est en sortant de la boulangerie qu’il entendit les cloches sonner le réveil des fidèles. Peut-être ce son étouffé et harmonieux du métal était-il dans une certaine mesure le symbole d’un véritable nouveau départ pour cette ville. Diantra avait été le joyau des terres royales. Il espérait bien que la splendeur passé des lieux reviendrait rapidement. Mais au moins les cendres avaient-elles été pour la plupart chassées. Restait les portes béantes et nombre de ruines. Une partie des gens s’étant réfugiées en Apreplaine et au Valblanc reviendrait certainement un jour. La plaie démographie Diantraise ne se refermerait pas avant des années certainement, mais au moins aucune catastrophe n’était arrivée. Sans sauver la cité, on avait sauvé les sujets de Diantra. Et au moins cela était heureux.

Niklaus était passé à l’hôtel de Maredebourg avant de rentrer à son hôtel. Cet orgueilleux bâtiment était occupé par Christophe de Lançais, un homme d’un âge canonique, ancien contrôleur général de finances royales, ancien grand argentier. Il avait prétendu à la chancellerie avant le Voile mais le destin en avait voulu autrement. L’homme avait été parmi les professeurs du jeune Niklaus lors de ses années à Diantra où il avait fait son éducation. Il fallait dire que de Lançais était un parent éloigné par sa mère. L’homme avait une fortune absolument considérable et des propriétés un peu partout dans les terres royales. Mais surtout c’était un homme influant et écouté à Diantra et le chef du conseil du quartier de la cathédrale. Sans héritier direct, Niklaus était a priori l’un des seuls parents qui lui restait. Niklaus l’aimait bien. Ils avaient en commun une certaine forme de froideur comptable mixée à une chaleur humaine. Ils discutèrent un peu de la situation Diantraise et Niklaus lui fit part de problèmes rencontrés par de Clairsaint.

Niklaus rentra sur le coup des dix heures à son hôtel. A cheval dans les rues de Diantra, le claquement du fer des chevaux sur les pavés pouvait venir à bout des nerfs de n’importe quel homme. Et si Niklaus était de bonne composition, il arriva chez lui avec un fond d’énervement. Tout cela pour entendre crier au dehors de sa cour, de l’autre côté de la porte cochère et des grilles… Le cri semblait être celui d’une dame. Il fit signe qu’on ouvre la porte puis la grille et sortit avec ses deux gardes du corps, la main non loin du pommeau.


Dernière édition par Niklaus d'Altenberg le Sam 30 Déc 2017 - 11:30, édité 1 fois (Raison : Modif de contexte après discussion avec staff.)
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Aleanne Vale
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MessageSujet: Re: Une saison nouvelle...    Ven 8 Déc 2017 - 16:39

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Après plusieurs jours de réflexion, elle avait décidé. Elle voulait quitter Sybrondil. Non pas que cette ville soit ennuyeuse, mais Aleanne avait envie de découvrir autre chose. Elle qui y était née, qui y avait grandi, auprès de parents qui n’était pas biologiquement les siens. Elle a vraiment réfléchi longtemps avant de se décider, car finalement, elle devait tout à cette ville. Mais il était temps pour elle de prendre un nouveau départ.
En faisant ce choix, elle savait qu’elle quitterai les lieux pour une durée encore indéterminée; elle quitterai également ses parents. Bien qu’assez solidement formée à son métier, elle voyait cette perspective comme un petit déchirement, auquel elle se sentait prête.
En effet, les contrats d’espionnage se faisant de plus en plus rare à Sybrondil, elle avait décidé de partir, à la recherche d’une activité plus dense. Elle ne s’est pas fixée de limite dans la durée de son voyage, peut-être trouverai t-elle un employeur fiable très rapidement, ou bien cela prendra plus de temps. En tout les cas, c’est armée d’une grande motivation qu’elle partait de son cocon, prête à découvrir d’autres territoires, d’autres villes, d’autres personnes.


Un matin encore frais de Barkios, elle avait donc quitté la ville, à pied, vers sa première destination, Diantra.
Deux ans auparavant, elle avait évidemment entendu parler de cette insurrection dont Diantra avait fait l’objet. L’on racontait que la ville était à feu et à sang, que la capitale n’était plus que ruines. Elle ne savait pas vraiment à quoi s’attendre en allant là bas.

Elle avait obtenu sans mal des informations sur l’itinéraire le plus rapide pour s’y rendre. Elle se dirigea en direction du Nord, en direction du fleuve Garnaad, et surtout de la route commerciale qui passe à proximité.
Une campagne vallonnée s’étendait tout autour. Cette campagne si proche de chez elle, mais qu’elle n’avait jamais vue. Des vallons verdoyants, entrecoupés de champs d’arbres fruitiers sur lesquels les premières fleurs avaient fait leur apparition. Au loin s’étendait le massif du Bétis, au pied duquel s’étirait inlassablement cette artère fluviale, qui constituait son premier objectif.
Elle n’eût alors pas longtemps à attendre pour se mêler à une caravane, qui prenait la direction de Diantra.
Au fil de la progression et à l’approche de la capitale, les reliefs s’aplanissaient. Les vents provenant de l’Eris se faisaient sentir, d’où la végétation relativement sèche qui défilaient à côté d’eux.

Finalement, après quelques jours, Aleanne et ses compères arrivèrent enfin à destination.
Le château, juché sur les hauteurs, dominait toute la ville. Tous les bâtiments et habitations s’étendaient autour sur une surface impressionnante.
A son entrée dans l’enceinte de la cité, Aleanne fut très surprise dans un premier temps par l’état général des infrastructures et des rues. Non pas qu’elle n’ait pas été prévenue des évènements passés, mais le voir de ses propres yeux est toujours plus impressionnant. Nombre d’habitations étaient toujours en ruines, des déchets jonchaient le sol ça et là, certaines rues étaient carrément impraticables. Assises au sol, contre des murs encore debouts, plusieurs personnes faisaient la manche à son passage, cherchant à rassembler quelques écus.

Face à cette pauvreté, Aleanne était songeuse, elle imaginait la splendeur que devait être cette ville auparavant. C’est presque déçue et prise de pitié qu’elle arpentait ces rues.
Au fil de sa progression, elle découvrait d’autres quartiers, qui semblaient plus épargnés par la destruction. Quelques belles demeurent étaient intactes, elles paraissaient cependant vides, certainement propriétés de riches familles ayant quitté la ville.
Quelques commerces avaient même réouverts leurs portes, un meunier ici, une taverne là.
Après toute cette marche accumulée et les jambes un peu lourdes, elle décida de s’octroyer une pause dans un des établissement ouverts.
C’était une petite taverne sans charme, dont une partie de la salle était fermée au public, car partiellement détruite. Le comptoir et quelques tables subsistaient de l’autre côté. Un client était assis sur une petite table du fond, certainement un habitué des lieux. Et le tenancier était là, dans une concentration extrême, il astiquait ses ustensiles.

- « Bonjour mon cher ! » Lança Aleanne en s’approchant. « Avez vous un peu de bière, pour une voyageuse de passage ? »
- « Sûre ! j’ai été livré ce matin », répondit l’homme.

C’était un homme d’âge mûr, le crâne dégarni, avec quelques cheveux sporadiques. Assez petit, il cachait son embonpoint derrière le comptoir.
Il lui servit une chope en bois emplie du liquide brûnatre. Les cinq écus qu’Aleanne avait sorti de sa bourse changèrent de main.

- « D’où venez vous, ma petite dame ? » demanda l’homme.
- « Du comté de Sybrondil, je voyage à travers la Péninsule. » Aleanne ne voulait pas trop s’étendre sur ce sujet, elle renchérit immédiatement : « Je vois que votre salle est vide, les affaires sont-elles difficiles ? »
- « Ne m’en parlez pas, je n’ai ré-ouvert que depuis début Favriüs, mais j’ai peu de clients.  La plupart ont quitté la ville au moment du soulèvement. Moi je suis né ici, alors je n’ai pas voulu partir. C’était très dur pendant un long moment, puis j’ai décidé de ré-ouvrir pour faire vivre ma famille, mais c’est encore compliqué. »

Ils discutèrent encore quelques minutes de la situation actuelle de la capitale.
Aleanne replongea alors dans le dédale des rues, revigorée. Désormais en milieu de matinée, les passants affluaient un peu plus dans les rues, certains à pied, d’autres à cheval, et Aleanne notait encore la présence de nombreux miséreux.

Alors qu’elle marchait dans une rue relativement propre, elle remarqua certains bâtiment intacts et de belle architecture.
Tandis qu’elle allait s’en approcher, un individu arriva derrière elle et lui étreignit le cou pour l’amener au sol. Aleanne poussa alors des cris, plus de surprise que de peur, elle n’avait pas vu arriver cet individu. Alors au sol, l’homme tenta de l’immobiliser et approcha sa main de la bourse qu’Aleanne portait autour de la taille. Elle traitait de tous les noms cet homme qui était au dessus d’elle et qui l’agressait. Elle se débattait à coups de genoux et de poings qui firent mouche.
N’arrivant pas a retirer le pochon de cuir qu’il convoitait, et prit sous les coups, l’homme finit par se relever rapidement et détala comme un lièvre dans une rue adjacente.


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Dernière édition par Aleanne Vale le Jeu 1 Fév 2018 - 18:04, édité 1 fois
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Une saison nouvelle...    Mer 10 Jan 2018 - 23:35

Alors qu’il s’approchait de l’angle du bâtiment, un homme en fuite arriva nez à nez avec Niklaus. Il fuyait visiblement le cri d’alarme qui avait été donné. Niklaus s’interposa à la course de l’homme mais ne fut pas assez rapide pour arriver à le bloquer. Il dut faire un demi-tour rapide pour tenter de se jeter sur l’homme et tenter de le plaquer au sol. Il arriva à lui attraper les hanches de ses deux bras. L’homme trébucha, tomba au sol, et Niklaus avec lui, le museau dans la crasse de la rue. L’homme donna un vif coup de pied en visant la figure de Niklaus pour qu’il le lâche. Il fit presque mouche et Niklaus ayant de toute manière mal pris prise, il parvint à se libérer de l’étreinte de Niklaus. L’homme se releva et dégaina une dague, visiblement pour se défendre de son assaillant. Cela aurait pu être la fin de Niklaus mais le malandrin se rendit compte en relevant la tête que l’épée au clair des deux gardes du corps de Niklaus se trouvait à quelques centimètres de son visage.

Il lâcha son arme avec un grognement de rage. Niklaus se releva, crasseux et le visage quelque peu en sang. Rien de chevaleresque ou de digne dans cette scène urbaine assez vulgaire au final. Il passa sa main sur le visage deux ou trois fois d’un geste énervé. Il fit signe au premier garde du corps de garder le prisonnier sage, et fit signe au second garde du corps de le suivre vers la rue où l’incident avait très certainement dû débuter.

Toujours dans ses atours bons pour la lessive, il se retrouva face à une jeune femme au milieu de la rue qui sans aucun doute sortait de se faire attaquer par l’homme. Elle aussi semblait avoir été porté à terre par la personne. Sans aucun doute néanmoins avait-elle su se défendre face aux assauts peu glorieux du voleur. Peut-être était-ce là une nouvelle en ville ? Ou une dame que l’homme avait décidé être – avec erreur- une cible facile ?

Dans tous les cas la situation avait nécessité une intervention. Niklaus n’était pas très content de l’homme. Il entendrait parler de cette journée. Tentative de vol, voie de fait sur un noble, de surcroit baron. Il aurait de la chance s’il n’était pas prestement pendu, surtout par les temps qui courraient. Niklaus gratifia la dame d’un sourire.


« - Ma Dame ? Tout va bien ? Le voleur ne vous a pas fait de mal ? »

Il laissa la jeune femme répondre, et s’étant assuré avec son garde du corps qu’il n’y avait rien d’autre de suspect dans la rue, décida de retourner vers son hôtel. D’autant que les badauds commençaient à affluer, et Niklaus n’aimait pas être la cible de toutes les attentions. Inutile de faire de vagues, d’autant que la plèbe en ce moment n’avait pas beaucoup de patience ni pour les voleurs, ni pour la lenteur judiciaire.

« - Voulez-vous me suivre s’il vous plait ? »

L’ordre qu’avait donné Niklaus à la jeune dame était très doux, c’était une question réthorique dite avec ce qu’il fallait de douceur pour ne pas brusquer la jeune dame et faire montre de la politesse liée à son rang, mais il y avait également ce qu’il fallait de clarté dans le ton pour faire comprendre que cette invitation ne souffrait pas réellement de réponse négative.

L’autre rue s’était maintenant un peu plus remplie. Particulièrement avec quelques autres gardes du corps, domestiques ou encore vigiles de l’hôtel des Abeilles qui étaient accourus pour voir ce qu’il était advenu dans la rue et en particulier prêter main forte à leur maitre. Le retour de Niklaus, accompagné de la jeune femme et de son garde fut visiblement un soulagement pour l’attroupement qui s’était formé autour du prisonnier. Quelques-uns des badauds de la rue, et quelques voisins également, étaient de sortie et firent des signes amicaux à Niklaus, qui s’il n’était pas connu de tous personnellement, l’était au moins de réputation. Et plutôt de bonne réputation.

Il remercia les quelques personnes qui s’enquirent de sa santé, il fit quelques sourires et accepta de prendre quelques mains de personnes. Lui n’aimait guère les effusions, même s’il s’agissait là de quelque chose de sympathique. Il jouissait sur les terres de l’Apreplaine d’une popularité qui le dotait du même genre d’accueil. C’était naturellement agréable de savoir que sa réputation le précédait, mais il n’aimait pas le peu d’humilité que cette image conférait.

Il fit signe à ses gens que l’on rentrerait immédiatement à l’hôtel. Il remercia plus personnellement son voisin d’en face, un commerçant qui était sorti avec l’évidente intention de venir l’aider également. Puis l’on rentra dans la cour de l’hôtel, le prisonnier précédent la marche. L’hôtel des Abeilles était une construction solide. Il était amusant de constater que la façade donnant sur la rue, qui n’avait jamais été remaniée, donnait toujours l’impression qu’il s’agissait d’un pâté de bâtiment en colombage typique du quartier. La cour intérieure, une fois les deux portes cochères passées, était en réalité totalement remaniée et disposait d’une grande unité architecturale. La façade du corps de bâtiment donnant sur rue était un grand mur de colombage très bien réalisé percé de fenêtres à intervalles réguliers. Plusieurs sculptures en bois dans les colombages rappelaient un style ancien, preuve que la chose n’était pas née de la dernière pluie. Les deux façades de droite et de gauche ainsi que l’entrée principale, juste en face, étaient toutes trois dans un style plus moderne, en pierre de taille pour l’essentiel. Un palier de quelques marches marquait la différence avec une petite terrasse, pour marquer la différence entre les lieux où les montures et carrosses pouvaient circuler et les lieux réservés aux personnes.  

Deux immenses portes s’ouvraient dans la façade de droite, au travers l’on pouvait voir qu’il s’agissait des écuries et des remises. Les montures de Niklaus et de ses hommes étaient déjà en train d’être brossées tandis que le petit groupe arriva face à la porte principale de l’hôtel. Un homme d’une quarantaine d’année bien tassée et longiforme attendait à la porte. Il était habillé d’une grande tunique bicolore et portait en bas d’un pantalon en pont proche de ses deux jambes filiformes. Il salua profondément le baron. L’homme semblait être l’intendant des lieux.


« - Votre Honneur… Tout va bien ?

- Bien merci Elias, répondit le baron. Cette dame s’était faite attaquée par ce malandrin. Soyez assez aimable pour la conduire au petit salon et lui faire proposer par Mme Salmers des vêtements frais le temps qu’on nettoiera ses atours. Veuillez également faire prévenir la milice pour qu’ils viennent ramasser cet imbécile… J’écrirai une note à son endroit pour M. de Malmart. Est-ce toujours lui l’échevin de la ville ?

- Oui Votre Honneur… Et il sera fait selon vos ordres.

- Merci. Je monte me changer. »

Une dame d’un certain âge arriva dans l’entrée alors que le baron venait de disparaitre dans les escaliers. La dame aux cheveux blancs était très en chair et avait un air extrêmement sympathique. Elle arriva a eux avec un petit trot en battant des mains d’un air affolé.

«  - Ohlalalalala ! J’ai tout entendu… De Fontenois ! Où est M. Altenberg ?

- A l’étage Mme Salmers… Rassurez-vous…

- Par la déesse… Où va cette ville… Attaquer un baron en pleine rue ?

- Son honneur a en réalité arrêté le malotru qui a tenté de détrousser cette damoiselle. »

Le regard de la dame tomba sur Aleanne. Ces deux mains se joignirent sous son cou d’un air désolé, ses sourcils se froissant au passage.

« - Oh… Pauvre amie… Quelle misère, quelle misère, quelle misère…

- Mme Salmers, quand vous aurez fini de psalmodier, cette dame demande votre attention. M. le baron souhaite qu’elle soit aidée et rendue présentable pour pouvoir discuter au salon. Il doit être en train de se laver lui-même. Peut-être pourriez vous conduire cette demoiselle dans votre salle d’eau et lui trouver du linge propre ? Peut-être à l’une des filles ?

- Mais bien sûr… Où avais-je la tête ? »

Elle attrapa le poignet d’Aleanne et très gentiment lui montra le chemin.

« - Venez, venez… Je vais m’occuper de vous… »

Ils parcoururent quelques escaliers et quelques couloirs. Pendant ce temps là la dame n’arrêta pas de professer des grandes phrases tantôt horrifiées, tantôt excitée. Tout y passa : l’état de la sécurité de Diantra, le fait que les journées reprenaient de la longueur, la difficulté de trouver des ingrédients dignes de ce nom en ville, l’état des fortifications, les portes de la ville qui étaient explosées et ouvertes, les incendies, le bonheur de savoir que le quartier avait été épargné. Visiblement la dame était prolixe.

Elles arrivèrent dans une salle d’eau. La dame versa de l’eau qui se trouvait à cuire sur de grands poêles en faïence dans une grande bassine et mélangea avec de l’eau visiblement plus fraiche. Elle abandonna la dame en lui demandant ses affaires nécessitant d’être nettoyées de la crasse de la rue dans laquelle l’homme l’avait jeté. Diantra était mal nettoyée et tomber dans la rue était une mauvaise nouvelle pour chacun.

Elle revint quelques minutes plus tard avec des vêtements très semblables à ceux que portaient Aleanne quelques minutes auparavant. Elle expliqua qu’une bonne s’occupait de laver les siens et que lorsqu’Aleanne aura fini, elle pourrait aller au bout du couloir, descendre les escaliers et prendre la porte d’en face. Là se trouvait le petit salon…
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Aleanne Vale
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MessageSujet: Re: Une saison nouvelle...    Lun 22 Jan 2018 - 11:10

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Alors que l’étreinte se relâchait sur son corps, Aleanne se releva agilement pour se lancer à la poursuite de son agresseur. Sauf que celui-ci était déjà assez loin. Elle estima que c’était peine perdue. Elle savait de toute façon qu’elle ne s’était pas faite voler d’argent. Le souffle court, elle vérifia quand même que l’intégralité de son matériel était à sa place.

Bien que cette rue n’était pas la plus sale de la ville, ses vêtements étaient désormais largement souillés par le sol sur lequel elle avait été plaquée. Elle n’était pas blessée, c’était bien le principal. Juste un peu secouée, comme un enfant a qui l’on apprends une terrible nouvelle.
Aleanne s’épousseta et mit quelques secondes à reprendre ses esprits. Quelques heures à peine après son arrivée à Diantra, elle était désormais plantée en plein milieu d’une rue, salie par un inconnu dont elle ignorait les motivations.
Elle était à ce moment là mitigée entre la surprise, le ridicule, et la colère. Qui était donc cette personne ? Un déséquilibré ? Ou bien le sbire d’une personne ayant de plus grandes intentions ?

Elle fit un rapide tour d’horizon, de nombreuses paires d’yeux avaient fait leur apparition suite au barouf né de cette scène de rue. Personne n’était réellement venu lui porter secours. Etant nouvelle et inconnue ici, les riverains étaient certainement méfiants et gardaient leur distance, tels des prédateurs encerclant une proie.
C’est alors qu’un individu déboucha de l’angle de rue pour se retrouver face à Aleanne, qui n’avait quasiment pas bougé depuis qu’elle s’était relevée. L’homme était jeune, grand et paraissait assez solide. Bien qu’également salis, ses vêtements paraissaient de bonne facture. Il ne présentait manifestement aucune hostilité et s’approcha en esquissant un sourire.

L’homme s’enquit de l’état de santé d’Aleanne, qui répondit timidement. La voix et la prestance de son interlocuteur l’avait mise en confiance. Elle ne savait pas du tout à qui elle avait affaire, mais son inquiétude diminuait, tellement sa voix était rassérénante. Il l’invita ensuite à le suivre dans la rue adjacente, d’où il était arrivé.
Elle le suivit à quelques pas de distance, pour arriver dans cette rue, où une certaine effervescence était née. Plusieurs petits groupes de personnes étaient ça et là. Elle reconnut son agresseur maintenu au sol par deux hommes relativement costauds. Elle eu envie de s’en approcher mais se contraint de suivre son premier interlocuteur. Autour, certaines personnes regardaient et discutaient. D’autres lançaient des gestes dans sa direction. Des signes de mains, des salutations, étaient adressés à l’homme qui l’accompagnait.
Elle suivait cette scène légèrement en recul, en ayant l’impression de ne pas être à sa place, de faire tâche dans le décor. Soit; il lui avait demandé de le suivre, elle s’exécutait. En tout cas, toutes ces sollicitations pouvaient laisser présager de la notoriété et du rang de son accompagnateur.

Ils s’approchèrent ensuite d’une grande porte qui donnait sur cette rue, tel un géant gardien des lieux. Les deux costauds et le voleur pénétrèrent dans l’enceinte. Aleanne suivit la petite troupe et ferma la marche.
La grande cour intérieure était propre et entretenue, elle mettait en valeur tous les bâtiments qui en formaient le pourtour. De belles façades claires et rythmées par des ouvertures bien proportionnées, rendaient ce lieu respectable.
Quelques personnes traversaient la cour de long en large, occupés qu’ils étaient à leur tâche. Il régnait ici l’atmosphère d’un petit village paisible, qui contrastait nettement avec l’ambiance du reste de la ville.
Plusieurs personnes descendirent alors des escaliers en face desquels ils étaient arrêtés.
Un échange s’engagea entre les personnes présentes, et son hôte quitta les lieux pour aller se changer.
Aleanne fut ensuite prise en charge par Mme Salmers, une petite dame forte, vraisemblablement sous les ordre du baron « M. Altenberg ».
Alors qu’elle entra dans le bâtiment avec la dame, Aleanne fut saisie par la noblesse des lieux, notamment par la richesse et la beauté de ses intérieurs. Toute excitée, son accompagnatrice courait presque dans les couloirs.

« Vous savez madame.., ne vous inquiétez pas inutilement, je ne suis pas blessée… » tenta timidement Aleanne.

Mme Salmers renchérit sur l’insécurité actuelle des rues de Diantra, qu’elles qualifiaient de vivier de petits délinquants.
Elle paraissait en tout cas heureuse de vivre, et heureuse de servir le baron. Paradoxalement à sa corpulence, cette dame respirait le dynamisme, et n’hésitait pas à se plier en quatre pour les visiteurs.

Au fil de sa discussion avec la dame, Aleanne se demanda si elle avait pris la bonne décision de quitter Sybrondil et de partir seule dans ce dédale de rues « malfamées ».
Elle eut aussi une pensée furtive pour son agresseur, qui avait aussi été transporté dans la cour. Elle se demandait bien quel sort lui serai réservé.

« Merci beaucoup pour votre générosité Mme Salmers, je vais me changer », tandis qu’elle recevait du linge propre.

« C’est normal ma pauvre petite, rejoignez le petit salon lorsque vous avez terminé, c’est au bout du couloir, là bas, prenez votre temps. »

« Très bien, merci encore. » termina Aleanne.

Alors qu’elle entendait les petits pas frénétiques de Mme Salmers dans le couloir, elle se retrouvait enfin seule, après toute cette animation. Petit moment de calme, après l'agitation de cette scène saugrenue.
Elle se changea tranquillement dans la salle d’eau, et revêtit des vêtements semblables aux siens, mais propres.
Elle se doutait alors que le baron souhaitait la rencontrer pour savoir d’une part qui elle était, et aussi ce qui s’était exactement passé.

Diantra était finalement une ville surprenante, où l’on passait d’un pauvre pouilleux de rue à la noblesse en quelques secondes. Elle se dit que c’était finalement ce qu’elle était venue chercher, un peu d’action, et des rencontres.
Elle était alors excitée à la perspective de pouvoir échanger quelques mots avec le baron.

Aleanne quitta la salle d’eau et se dirigea vers la porte du petit salon, où elle frappa trois fois de manière assez franche…


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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Une saison nouvelle...    Lun 22 Jan 2018 - 22:34


« - Entrez ! » fit une voix étouffée par la taille de la porte après que furent portés les trois coups sur la porte du petit salon.

La porte, en chêne massif, était d’une dureté rare mais n’était pas d’une grande épaisseur. L’intérieur de la porte néanmoins était capitonné par une sorte de grand revêtement en cuir clouté dans lequel devait se trouver une quelconque bourre. En effet une porte de cette faible épaisseur n’aurait jamais pu étouffer à ce point la voix de Niklaus d’Altenberg. Le grand homme se trouvait assis dans un grand fauteuil donnant sur une fenêtre qui donnait elle-même sur une sorte de cloître accueillant un jardinet de ville bien entretenu.

Le petit salon était une pièce devant faire environ trois mètres sur quatre et accueillant plusieurs grands fauteuils de bois et de cuir. Dans une petite cheminée crépitait un feu de bois aux petites dimensions. Le siège du baron tournait le dos à la porte et il s’était penché sur le côté du fauteuil pour laisser apparaître sa tête de derrière le dossier. Lorsqu’il reconnu la nouvelle arrivante, il se leva rapidement de son fauteuil pour l’accueillir avec les bonnes manières d’un homme élevé selon l’étiquette de la cour de Diantra. Il était dans des vêtements d’une simplicité presque paysanne. Une tunique de lin blanc proche du corps pour le haut, un pantalon noir en bas. Avec lui se trouvait le fameux Elias de Fontenois que l’on avait pu voir préalablement.


« - Nous n’avons pas eu le temps de faire les présentations. Niklaus d’Altenberg… Et voici Elias de Fontenois… Et vous êtes ? »

Tout en lui priant de faire les présentations, il fit un signe à la dame en direction d’un des fauteuils.

« - Je vous en prie asseyez-vous. De Fontenois pouvez-vous servir une tasse supplémentaire à cette dame ? Elle va pouvoir nous raconter son histoire. Pourquoi cet homme vous a-t-il attaqué ? En avait-il après votre argent ou autre chose ? Le connaissez-vous ? Je suis sincèrement navré de vous brusquer avec ces questions mais la garde va venir le prélever dans quelques minutes, et s’il s’agit d’autre chose que d’un crime crapuleux, je dois le savoir pour pouvoir expliquer les choses au capitaine. »

Une tasse de tisane et des biscuits firent miraculeusement leur apparition devant la jeune femme, posés par le fameux de Fontenois.
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Aleanne Vale
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MessageSujet: Re: Une saison nouvelle...    Jeu 25 Jan 2018 - 22:31

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Après autorisation, Aleanne poussa le colosse de chêne et s’immisça dans l’entrebâillement avec la furtivité qui la caractérise.  

Ce petit salon portait bien son nom. Elle s’attendait à un « petit salon »  plus spacieux, plus « grandiose ». Elle s’en était faite une image biaisée par les grands bâtiments et espaces parcourus jusqu’alors.

Le baron était assis au centre de la pièce, il se leva à son entrée.
Il se présenta comme M. d’Altenberg, et présenta également un dénommé Elias, qu’Aleanne avait déjà aperçu dans la cour.

« Je m’appelle Aleanne Vale, votre honneur » répondit-elle en retour d’une petite voix, en souriant.

Pendant qu’elle prenait place dans un fauteuil après y avoir été invité, Aleanne observait M. d’Altenberg donner ses instructions à son intendant.
Elle pris alors quelques secondes pour regarder autour d’elle. Cette pièce ne dépassait pas quelques mètre carrés. Les murs étaient en pierre apparentes relativement bien entretenues. Le plafond, assez haut, laissait apparaitre des solives en bois naturel à intervalles réguliers.
La pièce comportait deux fenêtres donnant sur un espace vert très coquet. Par ces ouvertures pénétraient une luminosité adéquate, notamment en ce mois de Barkios.
Aleanne s’est immédiatement bien sentie dans ce salon, où il faisait bien chaud, grâce au petit âtre qui diffusait une chaleur constante. Juste à côté, un panier d’osier contenait de petites bûches dont le sort était bientôt scellé.
De plus, le fauteuil sur lequel Aleanne était assise était relativement confortable. Le bois pour la solidité, et le cuir rembourré pour le confort.
Après réflexion, c’était un lieu rendu chaleureux par son espace réduit et son agencement.

Le baron lui demanda ensuite d’expliquer le déroulé des faits de ce début de journée. Effectivement, de nombreuses interrogations de posaient, et il était normal de réclamer un éclaircissement.
Elle dût néanmoins démarrer son récit par un petit historique.

« Pour vous expliquer la situation votre honneur, je suis originaire de Sybrondil, et je suis arrivée tôt ce matin à Diantra, après plusieurs jours de voyage. C’est la première fois que je viens ici. Je ne connais personne et… en théorie, personne ne me connait non plus. Cet individu qui m’a agressé donc, je ne le connais pas, son visage ne m’est pas du tout familier. En fait, un peu plus tôt, je me suis arrêtée dans une taverne non loin d’ici. Puis je suis ressortie et j’ai marché dans les rues, jusqu’à ce que ce fou s’approche de moi par derrière et me fasse tomber au sol. Je pense que sa volonté était simplement de voler mon argent, au vu de sa façon de procéder.  Je pense que c’est plutôt clair, son intention n’était pas de me tuer, et si sa mission était de me suivre et d’obtenir des informations sur moi, je ne pense pas que sa méthode eût été appropriée. »

Pendant son explication, M. De Fontenois avait déposé sur la table basse une tasse de tisane et quelques biscuits.
Aleanne en but une gorgée avant de reprendre :

« En tout cas, j’ai un sentiment vraiment mitigé sur la ville de Diantra, et l’on ressent l’insécurité, surtout après cet évènement. Puis-je vous poser une question votre honneur ? Pourquoi êtes vous venu à ma rencontre à ce moment là ? En tout cas, je vous en remercie, car personne n’a bougé un pouce dans la rue. Savez vous quel sort vous réservez à cet homme ? »

Aleanne opta alors pour un biscuit au hasard, serra sa tasse des deux mains, et s’adossa dans son fauteuil.


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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Une saison nouvelle...    Mer 31 Jan 2018 - 23:01

Le baron n’interrompit pas la dame. Bien au contraire il laissa la jeune femme expliquer d’une traite son histoire. Les circonstances qui l’avaient amené jusqu’à la capitale n’étaient pas des plus claires. Visiblement il s’agissait d’une personne ayant décidé de s’extraire du carcan que devait représenter ses contrées d’origine et qui avait décidé de venir tenter sa chance plus au nord. Elle n’était ni la première ni la dernière. Mais qu’une femme se lance dans une telle aventure était déjà une preuve sensible d’une certaine forme de témérité. Dans un monde ou le sexe fort faisait tout ce qui était nécessaire pour rappeler sa supériorité, prendre la route pour une femme seule revenait à un risque énorme. Sans aucun doute savait-elle se défendre.
 
Niklaus était retourné se rasseoir. Il ne touchait pas à sa tasse. Cette histoire n’était pas de celles qui s’inventaient. Quelle déception devait exister dans l’esprit de cette dame… L’aura de l’ancienne capitale attirait encore, et pourtant cette dernière n’avait plus grand-chose à envier à ce qu’elle avait pu être. Il porta ses mains avec une précision inattendue jusqu’à la tasse, dans un geste précis et calme. Il ne répondit pas immédiatement. Il contemplait dans une certaine mesure la tristesse de la situation, et le fait que le reste des sujets de Sa Majesté n’était pas nécessairement informé de l’état des lieux ici-bas. C’était normal mais toujours un peu inattendu. Quelle propension tout de même pour l’homme de s’imaginer le centre du monde…
 
Niklaus eut un sourire un peu pâle. De ceux d’une personne optimiste ayant vu bien trop d’horreurs…
 
« - Je vois… Malheureusement dame Vale, je ne sais à quoi vous vous attendiez à Diantra, mais la ville n’est plus que l’ombre d’elle-même. Si les choses sont bien moins catastrophiques qu’elles ne l’étaient il y a quelques mois encore, plus rien ne ressemble à la capitale royale qui m’a accueilli dans ma jeunesse. Et je ne suis pas bien vieux… »
 
Il eut un regard par la fenêtre.
 
« - Bien des malheurs se sont abattus sur le royaume. J’ai quitté la ville il y a quelques années pour les champs pourpres avec l’armée royale. Malgré les nuages qui s’étaient amoncelés, la capitale était encore intacte. Comme cette époque me parait lointaine… Et pourtant elle est toute proche… »
 
Il planta ses yeux d’un gris d’acier dans ceux de la jeune femme. 
 
« - La noblesse attend des Sujets de Sa Majesté l’obéissance en échange de la protection… Si nous ne vous protégeons plus, à quoi servirions nous ? Peut-être est-ce là une vision antique de notre rôle, mais elle est largement partagée dans les terres royales où prospère un sens du devoir très aigu. Je ne laisse pas les gens se faire égorger dans ma rue. Il faut que les ruffians sachent que la capitale n’est plus leur jouet. Les troupes du sud tentent de rappeler l’ordre, nous avons tous notre rôle à jouer pour aider cet effort. Moi le premier. »
 
Il reposa la tasse sans un seul bruit. 
 
« - Je ne sais quel sort lui sera réservé. Je ne rends pas la justice dans ces lieux… L’homme sera remis à la troupe… Etant donné la situation, selon toute probabilité, il sera soit envoyé aux galères soit pendu… Les temps ne sont pas à la mansuétude… Je suis le premier à le regretter. De la justice expéditive naît l'incompréhension et de cette dernière naît le doute, puis la révolte. »
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Aleanne Vale
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MessageSujet: Re: Une saison nouvelle...    Sam 3 Fév 2018 - 20:43

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La tisane était bonne, un doux goût d’agrumes, dont le sucre tapissait gracieusement les muqueuses.
Pendant qu’elle se sustentait, elle observait M. d’Altenberg se déplacer sans un bruit dans la pièce, pour finalement se rasseoir.
Elle l’écouta alors attentivement, tel un jeune premier pendu aux lèvres de son mentor.
Il parlait toujours de cette voix douce et rassurante, toujours bienveillante.
Il paraissait être quelqu’un de doux, il mettait en confiance. Il dégageait aussi une autorité naturelle, de par son physique d’une part, mais également son calme. Aleanne pensa que c’était le genre de personne  qui savait donner des ordres suffisamment fermes pour qu’ils soient respectés, mais sur la bonne intonation, pour qu’il ne heurtent pas. Ses différents domestiques devaient l’apprécier.

Le baron lui tint alors un discours très lucide sur la situation actuelle, et elle le sentait très investit et concerné. Il donnait presque l’impression d’être le seul à se préoccuper de ces problèmes, comme un capitaine dont tous les ouailles avaient quitté le navire en déroute.

« Je partage cet avis votre honneur, il est le devoir de chaque citoyen de tenter de faire régner l’ordre, à son échelle. C’est une condition nécéssaire pour retrouver la qualité de vie qui régnait ici auparavant. »

Aleanne se rendit compte après sa phrase qu’elle parlait comme une connaisseuse invétérée de la capitale. Soit. Elle le pensait de toute façon.
Elle décida ensuite de clarifier un peu sa situation, et l’objet de sa présence.

« Comme je vous le disait, je viens de Sybrondil. J’y suis née et j’y ai grandie. Je n’ai jamais quitté cette ville. Alors Diantra… J’en ai entendu parler évidemment, mais quel crédit accorder aux rumeurs qui circulaient à l’époque du soulèvement ? Cela m’importait peu en réalité. Puis quelques temps après, j’ai décidé de quitter Sybrondil pour rencontrer de nouvelles personnes et trouver du travail.  Je me suis alors dit que c’était l’occasion de venir à Diantra, dans un premier temps. .. Je ne sais cependant pas ce que me réserve l’avenir proche, rester ici ou bien continuer mon chemin.»

Elle reposa sa tasse désormais vide, puis sauta du coq à l’âne.

« Concernant cet individu, il est peut-être possible de le faire parler, et selon ses motivations, lui infliger une peine minimale. Je pense que c’est un simple petit voleur opportuniste. Enfin je propose cela, mais comme vous l’avez dit, la justice ne nous appartient pas.  Non, elle ne m’appartient pas du tout…»


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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Une saison nouvelle...    Jeu 8 Fév 2018 - 22:17

Le baron n’était pas de ceux qui s’offusquaient de grand-chose. Il avait cette mesure des vieilles familles où l’on apprenait à écouter et comprendre. Il n’aimait pas couper la parole. Il n’aimait pas non plus parler sans écouter, sans savoir. Il conserva son regard calme et pesé sur la dame, ne la dévisageant pas impoliment mais conservant son attention sur elle avec un intérêt poli. Peut-être y avait-il quelque chose d’un peu artificiel dans son comportement, quelque chose pouvant se confondre avec un rempart d’émotion. Peu de choses transcrivait du baron dont l’éducation provenant d’un autre temps était de ceux qui avaient fait de la discrétion de ses pensées un mode de vie. A tel point que beaucoup avaient fini par trouver dans l’attitude calme, détachée et technicienne de l’homme un manque de caractère et de convictions. Et pourtant…

Niklaus fut étonné de l’utilisation du terme de ‘citoyen’. Voilà un terme qui était bien plus en vogue dans le nord ou dans l’est, mais très peu dans ce royaume ou chacun était un sujet d’un autre. Sauf une certaine personne l’existence même était il y avait quelques mois encore un sujet de débat. Que les choses changeaient tout de même… Dans l’ancien monde, la capitale encore intacte, cette conversation n’aurait certainement jamais eu lieu…

Il était excitant et inquiétant à la fois de constater ces changements et de travailler à leur maitrise. En ayant cette pensée Niklaus eut un vertige intérieur passager.

Oui… Ce que les choses changeaient.

La jeune personne se demandait si elle devait rester ici ou passer son chemin. Niklaus aurait aimer lui dire de rester… Il aurait aimé lui parler des petites échoppes de cette ville où des artisans installés depuis des centaines d’années vendaient leur art, de ses grandes avenues pavées où des palefrois aux mesures gigantesques soutenaient des grands hommes venus rendre hommage au pouvoir de hommes, de ses marchés ouverts à des foules chamarrées et bruyantes qui convergeaient vers la capitale, de ses quais de fleuve où le flux continu de barges et de haleurs rendait les poules d’eau folles. Il aurait aimé lui parler de ces tavernes ou l’inconnu peut espérer boire des boissons venant de tout le continent, des ors du palais où le cristal des chandeliers reflétait les robes extraordinaires des dames nobles venues de tous les horizons, de la cathédrale où le silence se reflétait dans des vitraux aux couleurs les plus exotiques, de ces religieux qui trouvaient une joie de vivre nouvelle dans l’aide qu’ils pouvaient procurer aux quelques miséreux encore restant, de ces théâtres de rue où des saltymbanques venant de toute la Péninsule répétaient des histoires millénaires dont on ne se lassait jamais, de ces bruits de foule et de joie lors des grandes fêtes religieuses se mêlant aux fêtes populaires. Il aurait aimé parler de cette capitale des hommes qui reflétait la grandeur du Couronne dont la stabilité et la justesse promettait à tous ceux qui respectait la Loi un millénaire supplémentaire de vie à l’humanité.

Mais cet âge était passé. Une régence maladroite et incapable d’organiser une réponse cohérente au mécontentement de grands du royaume. L’orgueil de ceux voyant dans la Couronne un joyau que l’on pouvait dérober. L’incompétence crasse des hommes comme lui qui n’avait pas trouvé le moyen de faire tomber la balance d’un côté ou de l’autre. Lui qui avait essayé de protéger les terres de la Couronne de la destruction finale alors que la défaite et la couardise de la régence avait fait écrouler ce qui restait de Diantra. On pouvait évidemment l’accuser de la couardise de ne pas avoir fait face plus tôt à l’égo du Médian, de ne pas avoir fait face plus fermement aux mensonges du Langehack, de ne pas avoir stigmatisé l’absence de résistance de ses collègues, de ne pas avoir cru à la survie du roi.

Tout cela et bien d’autres choses… Il avait fini ses pensées alors que la jeune dame ramenait la conversation au sujet du voleur.


« - Oubliez-le dame Vale… Il a fait ses choix comme vous avez fait les vôtres. Sa vie ne m’appartient pas, pas plus qu’à vous. Ce qu’il adviendra de lui est sa croix à porter… Nous ne pouvons pas sauver toutes les âmes. Le plus important est que nous en sauvions le plus possible, et à bon escient. Diantra retrouvera peut-être des forces à l’été. Peut-être alors cette ville pourra à nouveau acceuillir comme elle avait su le faire. Peut-être pas avec autant d’opportunité que par le passé, mais au moins avec beaucoup d’espoir en l’avenir. Quelle est votre profession ? »
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Aleanne Vale
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MessageSujet: Re: Une saison nouvelle...    Lun 12 Fév 2018 - 9:06

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Aleanne écouta attentivement la réponse du baron.
Celui-ci termina son oral par la question qu'elle redoutait légèrement. Elle ne souhaita pas mentir sur sa profession. La notoriété du baron ainsi que sa gentillesse ne prédisposait pas la jeune femme à mentir. L'honnêteté et la sincérité primaient dans ce genre d'entrevue.

De nature méfiante, elle ne pouvait anticiper la réaction du baron en apprenant qu'elle était une espionne. Elle avait quand même calculé que le hasard de leur rencontre ne faisait aucune ambiguïté. Le baron ne pouvait pas croire qu'elle était ici "en service".

"J'ai reçu une formation d'espionnage votre honneur. C'est mon père qui m'a dispensé tout cet enseignement."
Elle eût une furtive pensée pour Elron, avant de se reconcentrer sur son récit.
"Je me suis exercée dès mon plus jeune âge dans les rues de Sybrondil. J'ai réalisé quelques missions au profit de marchands et de quelques personnalités de la ville. Puis j'ai décidé de partir comme je vous l'ai dit précédemment."

Aleanne décida de ne pas tenter de se justifier sur sa profession. Elle ne voulait pas attirer inutilement de méfiance de la part du baron.

Cette nouvelle avait aiguisé l'attention de M. d'Altenberg qui écoutait attentivement et calmement, sans détourner le regard.
Aleanne sentit un moment propice et tenta sa chance :

"Je suis donc prête à accepter toute mission d'infiltration ou de recueil de renseignements. Comme je vois que vous vous y intéressez votre honneur, je peux peut-être me permettre de vous demander si vous disposez de contacts pouvant être intéressés par de tels services? Ou bien puis-je éventuellement mettre mes compétences à votre profit ?"

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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Une saison nouvelle...    Lun 26 Fév 2018 - 23:27


Le baron eut un sourire alors que la dame expliquait sans se départir quel métier sa famille avait cru bon lui inculquer. Le sourire n’était pas moqueur, loin de là, mais un peu touché par la direction que prenait la discussion. Cela avait quelque chose de surréaliste dans sa simplicité. Niklaus était étonné de pouvoir encore tenir ce genre de discussion. Lui était passé par un nombre importants de fonctions. Lui qui, tout en étant encore fort jeune, disposait au final de bien du recul sur la vie, trouvait la situation cocasse.

Lui était attaché à la Loi. Il n’était pas non plus un naïf, il ne croyait pas aux anges sur cette terre. Des espions, il en avait… Des barbouzes, il en connaissait. Après tout ces personnes étaient également des outils pouvant servir la Loi. Faire respecter la Loi et l’Ordre n’était pas nécessairement un travail pouvant admettre que la Morale soit respectée en tous temps et en tous lieux.  L’espionnage n’était pas sa tasse de thé, mais il admettait que c’était un mal nécessaire.

Il voulait bien croire que cette personne savait y faire en espionnage. Elle avait pour elle une sorte de discrétion dans sa carure et on lui donnait sans aucun doute la Déesse sans confession. Il gardait une forme de retenue néanmoins face aux propos de la jeune femme. Il était difficile pour lui d’imaginer recruter une telle personne pour ses services. Il marchait sur des oeufs en ce moment. Son mandat n’était pas d’une clarté absolue, sans compter que plusieurs épées étaient toujours au dessus de sa tête. Embarquer une jeune personne dans ses ennuis n’était pas vraiment la chose à faire.

Il eut un soupir aimable.


“- Vous auriez frappé à ma porte quelques mois plus tôt, j’aurais certainement été le premier à vous offrir de mener des enquêtes pour mon compte. Les temps ont bien changé. En revanche je puis vous donner quelques conseils. Je vous conseille tout d’abord de ne pas faire mention de votre métier comme vous venez de le faire. Dans bien des endroits, l’acte d’espionnage est considéré comme un crime, même s’il est fait à titre privé. Je vous conseille de présenter les choses sous la forme d’une enquêtrice. Après tout mener enquête n’est pas illégal…”

Il eut un sourire un peu effacé.

“- A vrai dire je pense que Soltariel est au jour d’aujourdhui le lieu le plus propice à requérir vos services. La guerre civile continue de faire rage au Médian. Les terres royales, si elle ne sont pas dans un état économique rutilant, ne présente plus aucune intrigue politique. Tout au plus mes collègues et moi-même attendons de voir quand les nordistes tenteront de finir de noyauter la royauter et le centre de la Péninsule en nommant à nos places quelques uns de leurs sbires.”

Il avait dit cela sans aucune aigreur, avec le pragmatisme caractéristique des membres terres royales.

“- L’Ydril est actuellement la terre des intrigues du peu d’information que j’en ai. Des étrangers y mènent une guerre dont les tenants et les aboutissants ne me sont pas encore totalement parvenus. Il faut dire que mes contacts avec le sud sont moins fréquents dernièrement.”

Il eut un sourire supplémentaire.

“- Je suis désolé de ne pouvoir vous aider plus. Certainement devez vous être très déçue de l’état de Diantra et de vos perspectives dans cette cité… A la rigueur une tâche que je pourrai envisager de vous charger serait de tenter de mener l’enquête pour moi sur ce qu’il se passe à Merval… La chancellerie ne répond plus à nos appels depuis la disparition du chancelier. J’ai bien peur de ce qu’il se passe chez M. le Régent. Plus personne ne répond à mes missives. De manière plus générale, il m’est bien difficile de savoir si quelqu’un n’a jamais prêté attention à nous autres là bas. Mais tout de même ce silence est bizarre… ”
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Aleanne Vale
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MessageSujet: Re: Une saison nouvelle...    Ven 2 Mar 2018 - 20:41

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Elle avait tenté sa chance, après tout, sa rencontre avec M. d’Altenberg s’était bien déroulée, et elle ne regretta pas sa demande.
Celui ci fût très calme dans sa réponse, il ne jugea point la situation d’Aleanne, et lui légua même quelques conseils, notamment une discrétion accrue lorsque la situation dévie sur sa qualité d’espionne. En effet, elle savait qu’il n’était jamais bon de divulguer ce genre de choses à des personnes inconnues. Elle s’était ici permise de le dire, car elle avait senti que cela ne poserai pas de problème, mais il est vrai que c’était risqué.

Elle appris ensuite que le contexte politique et sécuritaire du sud de la Péninsule pouvait promettre quelques missions pour un espion en vadrouille. Notamment aux alentours d duché de Soltariel ou du comté d’Ydril. En effet, la capitale péninsulaire n’offrait aucune perspective, cela était établi.

Le baron se plaignit ensuite de n’avoir plus de nouvelles de la chancellerie à Merval, ses divers courriers étant restés sans réponses.

Aleanne écoutait attentivement l’ensemble des orientations données par M. d’Altenberg, et commençait d’ores et déjà à visualiser la suite de son périple. Elle gratifia le baron d’un sourire très sincère, puis enchaîna :

"Je vous remercie grandement pour vos recommandations votre honneur, je pense alors poursuivre mon exploration de Diantra, puis me diriger vers une des destinations que vous avez évoqué. Celles ci seront certainement plus porteuses qu’ici même."

Elle poursuivit :

"Je suis en tout cas très honorée d’avoir pu faire votre connaissance, même si celle-ci n’était pas du tout envisagée. Votre gentillesse et l’attention que vous m’avez porté depuis l’agression m’ont vraiment fait chaud au coeur."

Aleanne n’était jamais vraiment à l’aise dans les milieux nobles, elle le savait. Cependant, elle était tombé là sur un individu chaleureux et réellement bienveillant, en tout cas pour ce qu’elle en a vu. De plus, l’intimité du petit salon dans lequel elle fût reçue avait permis de briser la glace naturellement.
Elle était honnêtement honorée d’avoir rencontré le baron et se préparait à le quitter sans plus tarder, enjouée à l’idée de découvrir d’autres endroits et d’autres personnes, de ce monde qu’elle ne connaissait que trop peu…


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