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 Une femme ? Certes, il y en a une! [ Aliénor ]

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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Une femme ? Certes, il y en a une! [ Aliénor ]   Lun 18 Déc 2017 - 23:59





Devant Rochenoire en lui faisant affront, s’était érigé en un clin d’œil suffisamment d’habitations de fortunes pour qu’elles en forment, à l’unisson, un petit village où grouillaient jours et nuits la bleusaille. Se reléguant à tour de rôle, les grivetons donnaient illusion que le campement souffrait d’insomnie chronique et aigue, tant le silence manquait. Pour ce qu’on pouvait y voir, peu importait la provenance des gaillards qui œuvraient pour le bien du siège : tous connaissaient leurs tâches et leur roulement de travail. Les chefs blistères manœuvraient leurs engins avec acharnement, comme si chaque boulet lancé serait la goutte qui ferait déborder le vase. Les queux alimentaient leurs feux et ne les laissaient jamais crever, question que les rations militaires puissent rouler autant nuitamment que de jour. Quant à la soldatesque, eh bien … Disons qu’ils restaient sur le qui-vive, prêts à bondir corps et âme dans la première brèche qui serait créée dans les épaisses murailles de Rochenoire. « Qu’elle écarte les cuisses, qu’on y entre ! » Hurlèrent en s’égosillant quelques fanfarons, prêt à en découdre.

Quelques jours s’écoulèrent, qu’encore Rochenoire n’avait cédée. Vaillamment, elle tenait bon et malgré les éclats qui bondirent des murailles suite à l’impact des boulets, les colonnades de fumées provoquées par les flambées de poix, la panique dans les nombreuses bourgades, rien ne laissait sous-entendre que Rochenoire serait conquise dans les jours qui venaient. Alors, le campement s’installa, tandis que flotta dans la tête de nombreux, la possibilité que le siège s’allonge sur plusieurs ennéades. Certains endroits de repos furent installés, reclus du front où se relayaient la piétaille. D’autres installations furent améliorées, espacées et agrandies, afin de permettre un brin de confort à ceux qui souffraient de le leur longes et éprouvantes journées. Toujours plus à l’écart, un centre de soin veillait, afin de recruter les souffreteux, les teints maladifs et autres malchanceux atteint d’une affliction ou d’une autre.

Quant à Louis, après qu’il se soit débarrassé des tâches qui l’incombaient, appréciait le moment où il se permettait de piéter dans le bivouac. Se mêler aux soudards, à la menuaille et à la piétaille lui plaisait outre-mesure, c’était là pour lui le moment où il pouvait remettre pieds sur terres et constater et à fortiori apprécier le dévouement de ses gens à cette noble cause. Les ennéades défilaient et pourtant, tous continuaient à ingérer leur maigre pitance, à accumuler les ampoules sur les doigts, à force d’abattre les arbres, à rouler des rochers vers les engins de guerre, à affiler le fil de leur lame, à polir leur harnois … Leur vaillance tenait le coup et la perdition ne s’était pas emparée du campement. Car oui! S’il était une chose qu’il fallait se préserver, c’était l’ennui que pouvait subir les hommes! Du ravitaillement, des contrats oraux pourraient débouler et de ce fait, permettre aux clampins accès à de l’alcool et même, à d’autres liquides moins recommandables. Et que dire des femmes, aussi rares soient-elles, qui se manifestaient au travers ce troupeau de taureaux aux couilles démesurément pleines? Elles étaient mieux de s’en tenir loin, que oui!

Parlant de femmes, c’est durant sa sortie à la pénombre, que Louis décida de piéter jusqu’au coin Arétan. Là, il y trouva à peu près les mêmes qu’à son campement, excepté qu’aucuns n’hurlaient leur envie de conquérir le con de Rochenoire, de lui retirer les jarretelles pour la prendre sauvagement, ou pis encore, de la baiser jusqu’à la moelle. Bref, si de fortune les hommes qu’il y dénicha désiraient emprunter le sinueux chemin de la galanterie, une longueur d’avance leur était accordée par leurs confrères Berthildois!

À son approche, alors que deux guerriers faisaient au bout d’une branche, calciner un bout de saucisson, ils abaissèrent leur chef en direction de Louis sans se redresser, comme l’auraient fait la majorité de la soldatesque. Pouvait-il leur en tenir rigueur, alors qu’il avait vaguement connaissance des reproches qu’ils entretenaient à son propos ? Peu lui importait, au final, du moment qu’ils levaient l’acier quand on leur demandait et qu’ils ne jappaient guère en retour. Du bout des doigts, il introduisit sa main entre les deux pans d’une tente, large, haute et imposante : celle d’Aliénor de Wenden. Sans imposer sa personne, il s’annonça lui-même, afin de ne pas surprendre celle qu’il était venu quérir.
« Madame la Comtesse serait-elle disposée à recevoir son Suzerain ? » Questionna Louis, alors qu’aucun autre en ce monde, n’en aurait fait autant vu le rapport de vassalité entre eux deux. Il patienta, quelques secondes du moins, puis s’introduisit dans la tente lorsqu’on lui donna la permission. Plus que le Marquis, Louis était aussi un homme respectueux et honorable au point de ne pas chercher à surprendre, surtout lorsqu’il était question de la gente féminine.

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Aliénor de Wenden
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MessageSujet: Re: Une femme ? Certes, il y en a une! [ Aliénor ]   Jeu 21 Déc 2017 - 16:19


Si jusqu'à maintenant la campagne s'était montrée intéressante notamment avec la bataille de Velteroc, le temps se faisait désormais long à Rochenoire. Le siège d'une cité n'était vraiment pas une partie de plaisir mais plus d'ennui. Les hommes tâchaient durant la journée de s'occuper du mieux qu'ils le pouvaient. Une véritable vie s'était alors tissée au sein du campement arétan. Certains qui avaient appris, cousaient les vêtements déchirés pour les autres, d'autres préparaient les repas. Il y avait également ceux qui fabriquaient des armes. Les archers s'entrainaient. Les plus expérimentés préparaient les plus jeunes aux batailles à venir en les formant, en leur montrant à se battre. Les pères prenaient soin de leur fils. D'autres, plus roublards allaient piller les environs et revenaient les bras chargés de divers objets ou de nourritures. Les membres de l'ordre du Calice quant à eux, priaient ou aidaient les plus faibles. Ils s'occupaient des blessés de la bataille de Velteroc, enterraient les morts. Ils invitaient également les autres soldats à se joindre à eux pour des veillées et autres. Ils étaient l'âme spirituelle du campement.

Aliénor restait souvent dans sa tente, sans doute histoire de faire un peu oublier sa présence. Elle en profitait pour traiter les difficultés que Walther rencontrait en Arétria et de celles rencontrées par son intendant à Wenden et Karlsburg. La jeune femme lisait beaucoup aussi les rapports de ses espions, les grands traités de stratégie militaire. Elle se joignait également aux veillées organisées par l'ordre car elle considérait que c'était en quelque sorte son devoir. Elle évitait en général de trop être de sortie le soir afin de laisser ses hommes s'épancher comme ils le souhaitaient et comme ils en avaient tant l'habitude, dans les beuveries et autres vulgarités. Certaines fois, elle se joignait à eux sous leur invitation. Les plus expérimentés racontaient alors leurs périples de guerre, les hommes faisaient remonter également leurs doléances afin d'y trouver une réponse de la part de leur seigneur. Aussi étonnant que cela puisse être, elle sentait qu'elle commençait, à être bien tolérée et surtout bien considérée. Elle ne serait jamais un de leur compagnon à part entière, comme le fut Roderik mais ils la respectaient beaucoup et cela se sentait. Ils étaient désormais liés par le sang de leurs ennemis communs. Beaucoup trouvaient aussi que c'était courageux de se mêler ainsi à la bataille sans peur et sans crainte, comme n'importe quel homme et de ne jamais se plaindre.

Elle venait d'ailleurs de participer à une veillée de l'ordre et avait à peine eu le temps de se changer pour revêtir des habits plus confortables (à savoir sa tenue de chasse. Elle n'avait emmené que quelques robes uniquement réservées aux grandes occasions qu'ils auraient peut être à vivre et où elle devrait alors reprendre l'apparence d'une dame. La guerre faisant, elle s'était dit qu'il serait plus facile de s'intégrer à ses hommes en faisant quelques peu oublier qu'elle était une femme.) qu'on s'annonça auprès d'elle. Elle redressa immédiatement la tête lorsqu'elle reconnu la voix. Louis de Saint-Aimé venait ainsi lui rendre visite à une heure tardive. Elle finit de brosser ses cheveux dénattés avant d'accepter qu'il entre. Elle se leva alors à son entrée, les cheveux longs, lâchés le long de son épaule gauche. Elle le regarda avec intérêt. Il avait l'air en meilleure mine qu'à leur dernière rencontre où elle s'était quelque peu inquiétée. Elle lui sourit alors avec politesse, tout en faisant la révérence d'usage.

- Monseigneur, voici une bien étonnante surprise en cette heure tardive. Se passe-t-il quelque chose d'à ce point si grave ?

Aliénor interrogea le jeune régent du regard, elle était assez inquiète à l'idée qu'il se passe quelque chose d'important. Elle n'avait pas pris la peine de relever qu'il l'avait appelée Comtesse alors que ce titre ne lui était pas dévolu. Toutefois elle n'avait pas vraiment envie de le contrarier en insistant de manière trop poussée sur les formes. Tant que Karl n'était pas assez âgé pour s'en offusquer, pourquoi faire des histoires pour si peu ?
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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Une femme ? Certes, il y en a une! [ Aliénor ]   Sam 23 Déc 2017 - 14:40





Quant au faon, son panache n’avait rien de bien reluisant. Certes, ce petit côté fangeux qui lui collait au derme le vieillissait un iota, même qu’en vertu de son titre de chef de guerre la chose n’était pas pour lui nuire, mais peu semblaient à même de reconnaître l’actuel Louis avec celui d’antan. Sa chevelure était maintenant bien poisseuse, à l’instar d’un jus de moufette bien frais une odeur aigre de sueur lui collait à la peau et pour finir, que s’eut été son harnachement militaire ou ses défroques quotidiennes, ceux-là, usées et malmenées, en disaient long sur son implication. Qu’à cela ne tienne, en son regard persistait cette étincelle de bienveillance, cette aura bienfaitrice qui inspirait à son prochain la confiance en lui. Fier et droit il l’était toujours, et qu’importe ce qu’en disait son imbuvable mine, Louis demeurait homme de parole et de confidence. Ainsi, il se présenta à elle comme la guerre l’avait changé, sans ambages ni artifices.

Pouvait-il à ce moment affirmer qu’elle semblait plus dame qu’à leur dernier entretient ? Plutôt, oui. Enfin, elle s’était départie du maquillage sanguin qui zébrait cette fois-là son faciès et cela n’était pas pour déplaire au faon. Point qu’il n’aima constater la véracité de ses allégations du passé, à la voir prendre part à la guerre pleinement, mais le profil de son visage décrassé s’en voyait sitôt embelli par son joli nez. Au final, peu lui importait, car non seulement son cœur battait la chamade pour une autre, mais il venait s’enquérir des nouvelles de sa vassale dont on disait, en avait surpris plus d’un. Ainsi, Louis pénétra complétement et fit signe à sa vassale de reprendre ses aises en s’asseyant là où elle devait être avant son annonce. Le cours de la conversation se voulait suffisamment badine, qu’elle n’ait à se tenir à l’égal de Louis en s’adressant à lui. Qui plus est, depuis leur prime rencontre, tous deux n’en étaient plus là. Certes, ils se témoignaient tous deux le respect induit par le rang qu’était le leur, néanmoins ils en étaient à ce point intime, qu’ils pouvaient désormais se permettre quelques écarts de comportement, à savoir une certaine amitié.


« Ah, j’ai bien conscience que ma venue inopinée peut en laisser plus d’un perplexe, mais je vous rassure : je n’entends pas vous planter une épine dans le pied en vous rapportant une nouvelle qui saurait vous indisposer en cette fraîche nuitée. À dire vrai, je ne me sentais guère d’humeur babillarde et espérait que vous puissiez éclairer mes lanternes. Au travers les haies de soldatesque, un qu’en-dira-t-on à votre sujet circule et, je préférais venir moi-même m’enquérir de la véracité d’icelui. » Affirma le cervidé, tout en désignant silencieusement l’une des assises en face de sa vassale. Là sûrement demandait-il permission pour s’y asseoir, faisant simple usage de bienséance même s’il sût la réponse avant de demander.  

« Alors, alors! Il appert que par tans, vous perdrez votre patronyme au profit des Stern? »

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Aliénor de Wenden
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MessageSujet: Re: Une femme ? Certes, il y en a une! [ Aliénor ]   Ven 12 Jan 2018 - 14:50


Aliénor était terriblement intriguée par les propos de son régent. Elle tourna le siège qui se trouvait devant sa coiffeuse où elle se brossait les cheveux quelques secondes plus tôt et s'assit avec la grâce et l'élégance que requérait son rang.

Lorsque, visiblement impatient comme l'une des vieilles commères de Wenden qu'elle connaissait bien mais qu'au final, elle avait appris à prendre en affection, Louis de Saint-Aimé lui demanda s'il était vrai qu'elle s'était engagée dans la voie du mariage, Aliénor ne put retenir un petit rire. La pression, le stresse et l'inquiétude descendirent pour laisser place à une franche discussion entre amis.

- Ce que vous avez ouïe dire est vrai en effet, j'ai finalement accepté la demande (ou plutôt l'exigence faiblement déguisée) d'Arnoul de Stern de me voir épouser son petit-fils Arnaud de Stern. Néanmoins j'y ai apposé mes conditions et notamment celle d'une filiation matrilinéaire donc point de perte de mon patronyme, bien au contraire, il perdurera fort heureusement.

Aliénor sourit et croisa ses mains sur ses genoux. A vrai dire, une rumeur lui était parvenue aux oreilles également au sujet de son régent. Une rumeur qui avait fini de décider la jeune femme à finalement prendre ce chemin de l'engagement pourtant tant redouté.

- A ce que l'on m'a dit, vous n'êtes pas en reste de votre côté. Il semblerait que vous soyez en négociations afin de lier votre famille à celle du Marquis de Brochant.

Elle n'avait pu parvenir à totalement déguiser la petite pointe de tristesse qui avait modifié quelque peu l'intonation habituelle de sa voix. Toutefois, la différence était peu audible pour des personnes qui connaîtraient peu Aliénor. Elle ne doutait pas que ce choix avantageux pour son régent le satisferait le plus haut point. A vrai dire, à ce niveau dans la noblesse, lorsqu'il était question de mariage, les sentiments avaient peu de place et tout au plus pouvait-on espérer développer une relation amicale avec son/sa future épouse. C'était là la tristesse d'être bien né. Parfois elle enviait ses personnes qui rencontraient le grand amour et s'abandonner à une vie de bonheur malgré les difficultés financières. Elle se demandait comment ces personnes percevaient les gens comme elle, qui ont grandit dans un château, dans la richesse et l'abondance mais qui à côté de cela, ne pouvaient rien choisir de leur vie. Ni ce qu'ils allaient en faire, ni auprès de qui.
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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Une femme ? Certes, il y en a une! [ Aliénor ]   Lun 15 Jan 2018 - 17:30




Il se souvint d’elle, lorsque nouvellement arrivée à Cantharel, elle s’était livrée à lui aux devants d’une réconfortante flambée. À l’époque –cela lui sembla si lointain désormais …-, il vit en elle une force naturelle qui hélas, se montra cloisonnée et dont les barreaux puisaient leur rigidité de son inexpérience. C’est que son saut dans la politique fût exécuté non guère de la rive, mais d’un tremplin par cent fois trop élevé. Contre toutes attentes, elle s’immergeât d’un plongeon sans accrocs, écopant au passage seulement que de quelques soucis mineurs. Notamment, celui de devenir joueuse involontaire d’un jeu de pouvoir et ayant un Seigneur bien vétusté, mais non moins crapuleux, comme imminent adversaire. À cette brimade, l’acariâtre Stern excellait et, qui plus est, se complaisait à piéger ses victimes de sorte à manipuler les occases qui s’offraient à ses opposants. À l’instar d’un collet à loup, l’Arétane s’était fait prendre et n’avait en son sens, d’autres choix que de se faire dévorer. Or, il appert suite à sa prime réponse, qu’elle avait fait montre de résilience et avait puisé suffisamment de courage pour se sortir de l’embarras. La belle régente, louve qu’elle était devenue, préférai se ronger la patte et se sortir amputée d’une béquille, plutôt que de se voir passer le collier au cou et ceci, était tout à son honneur. Certes, le mariage était désormais une certitude, mais au moins elle saurait au travers cette âpre alliance préserver ce qui à ses yeux était de plus cher : sa lignée.

« Ah! Il me plait d’odir de telles nouvelles! Moi qui me rongeais les sangs à propos de cette houleuse épreuve, me voilà bellement rassuré! Non point que j’eus douté de vos compétences, mais au vu de votre situation précaire, j’appréhendais de vous que vous procédiez à un sacrifice. Sachant que vous avez su faire prévaloir vos intérêts alors que vous étiez acculée au pied du mur, je me réjouis d’avoir autant cru en vous. Non seulement étiez-vous jusqu’aux genoux dans la mouscaille, vu votre boiteuse régence fraîchement acquise, mais vous étiez mêmement contrainte à gérer les supposées ordalies de vos obligés de la gente masculine! Cela mon amie, n’est pas mince affaire et cela mérite d’être porté à votre honneur. » Louis lui réserva l’un de ses plus avenants sourire, acquiesçant maintes fois en guise de respect.

Et si le cerf se plut à soulever un sujet impertinent à la guerre, qui se voulait à la limite du badinage, le tout lui retomba en pleine figure, un peu comme un crachouilla renvoyé à l’expéditeur par cause d’une bourrasque inopinée ! Le sujet pour l’heure se montrait non seulement fort épineux, mais n’avait également jamais été soulevé.

« Ma bonne amie, vous avez ou bien de jolies esgourdes pour être au courant d’une telle nouvelle, ou de très bons informateurs. » Dit-il, non sans un sourire un peu plus pincé.

« Je ne vous apprends certainement rien en vous livrant qu’il est de mon devoir d’assurer la pérennité de ma lignée. De ceci, il m’est donc primordial de m’associer à une famille qui soit non seulement profitable pour les Saint-Aimé, mais aussi pour mes gens auxquels je voue désormais l’entièreté de mes journées. Là, c’est ainsi que sont éduqués tous sang bleu destinés à régner et qu’importe le prix, tous devons s’y plier. » Évidemment qu’il ne lui apprenait rien. S’il était une femme à même de comprendre ceci, c’était bien elle. Ce qu’elle ne se doutait guère en revanche, c’était la forte propension de son Suzerain à préférer dicter ses actions en adéquation avec ses sentiments et ses valeurs, plutôt qu’avec la raison.

« Mais disons que s’il me faut avec vous être totalement franc, les pourparlers n’ont pas atteints leur climax. Ils en sont même au point mort. La guerre oblige à mettre sur glace cette possibilité … » Étrangement, pour une fois, il resta évasif sur le sujet. Le tout cachait peut-être anguille sous roche.


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Aliénor de Wenden
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MessageSujet: Re: Une femme ? Certes, il y en a une! [ Aliénor ]   Sam 27 Jan 2018 - 15:59


Aliénor reçu avec plaisir les félicitations de son régent sans toutefois y donner plus de crédit. A vrai dire, c'était plus son égo que la femme qu'il flattait là et Aliénor n'aimait pas les flatteries. Elle était une femme entière et pleine de caractère, l'égo n'y avait donc pas une grande place.

Après avoir remercié poliment son seigneur, elle constata avec plaisir que sa petite supercherie avait marché. Si la jeune femme était novice d'expérience, elle était pourtant rompue à l'exercice de la politique pour ne l'avoir que trop vue à l'oeuvre. Elle se doutait que s'il la laissait s'engager auprès du seigneur de Stern, c'était qu'il n'était pas très intéressé par la perspective d'un mariage avec sa vassale la plus puissante. Chose étrange d'autant plus que la stabilité politique du marquisat aurait été garantie, les Wenden s'étant opposés farouchement à l'octroie de la régence par le père de l'actuel régent. C'était d'ailleurs suite à cette affaire que, touché par la fervente loyauté envers le Roi que l'on proposa à Roderik de prendre le poste de Chancelier du Royaume. Ne pas s'intéresser à une telle aubaine voulait donc dire beaucoup. Aliénor avait donc pensé que le régent visait plus haut et quel était son plus grand atout ? Aymeric de Brochant, le Sénéchal du Royaume lui-même. Proche allié de Louis, il n'avait pas hésité à se joindre à son voisin afin de marcher sur le médian. Aymeric était désormais un homme puissant maintenant que le régent du Royaume était isolé par la maladie. Il était parfaitement logique que Louis souhaitait pérenniser une telle alliance. Elle ne pesait donc plus grand chose dans la balance de l'échiquier politique du régent. Toutefois en l'écoutant, elle comprit. Il y avait anguille sous roche. S'il était logique que la guerre mette un point d'arrêt à des négociations en vue d'un mariage, que Louis ne se montre qu'à peine désolé de cette affaire ne faisait que lui mettre la puce à l'oreille. Il y avait autre chose...

Aliénor repensa alors à Walther qui à son grand étonnement, avait su prendre une partie de son coeur. Toutefois pas assez pour qu'elle ne mette en péril tout ce qu'elle possédait malheureusement - ou en tout cas ce que l'on avait placé dans ses mains -. Elle repensa à ses sentiments, qu'elle aurait été capable si sa raison n'avait pas repris le dessus, d'envoyer balader tout le monde pour épouser celui qu'elle aimait. C'était donc cela. Louis de Saint Aimé était amoureux d'une autre femme encore - une sacré chanceuse -. Il n'y avait plus rien à dire, plus rien à faire.

Ainsi elle laissa un moment de silence s'installer avant de se lever et d'aller vers une petite table, comme si ranger ce qu'il y avait dessus était désormais plus important. Elle tournait ainsi le dos à son régent et dit d'une voix plutôt éteinte par la tristesse. Elle aurait aimé avoir eu tort dans ses intuitions et avoir une chance d'elle aussi compter aux yeux de celui qu'elle avait pu commencer à considérer comme son ami. Toutefois son insignifiance totale lui explosait à la figure et c'était ce qui était le plus douloureux à ses yeux.

- Oh je suis sûre que vous y arriverez Louis, vous êtes le genre d'homme à obtenir ce qu'il souhaite vraiment.

Tout comme il le fit avant elle, elle laissa le doute planer sur l'objet relatif à ses paroles et d'une voix totalement égale, légèrement affectée par les sanglots qui commençaient à monter à ses yeux se contenta.

- Merci pour votre visite monseigneur, je ne manquerai pas de transmettre vos félicitations au seigneur de Stern. Je vous souhaite une bonne nuit.

Elle attendit qu'il parte tout en crispant ses mains sur la table, comme si elle souhaitait au fond s'empêcher de le garder près d'elle. De toute façon, que pourrait-elle faire?
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MessageSujet: Re: Une femme ? Certes, il y en a une! [ Aliénor ]   Lun 29 Jan 2018 - 23:51




La guerre fit elle de même pour elle qu’elle fit pour lui ? Avait-elle changée à ce point qu’elle en perdit son aisance à la discussion, son sourire et même son charme naturel qu’il sut apprécier silencieusement lors de leur dernier entretient à Cantharel ? Louis n’en crut un traître mot, elle ne s’était pas salie les mains avec suffisance pour que cela la marque au fer rouge et fasse d’elle une tout autre femme. La voir se rembrunir de la sorte en lui tournant le dos, sans doutances de sorte à lui masquer les émotions de son faciès, lui donna presque l’envie de se dresser pour venir la rejoindre. Simplement, la barrière tenue solidement entre eux deux, cette clôture robuste et laborieusement déracinable qui se dressait en roc entre un Suzerain et sa vassale, le ramena à la réalité ; et si d’autres soucis qui ne le concernaient en rien l’affligeaient ?

« Pourtant, chaque jour qui passe, je continue de courir après ce qui m’est de plus chère, ne sachant mettre la main dessus. Est-ce là la belle image de moi qu’ont mes sujets ? Car il vous faut dès lors vous défaire de cette illusion ; je suis comme tous les autres, prompt aux grandes ambitions sans y arriver à tous coups. » Il employa pour le coup un ton un peu plus doux et moins enclin à la bonne humeur, la voyant valser vers une humeur moins propice aux rodomontades.

Ses frêles épaules se secouaient, sa voix s’étranglait et plus qu’une simple balade vers cet exutoire de table, Louis devina que la peine qui la tenaillait venait d’ouvrir les vannes de son chagrin. Point aussi silencieux qu’une ombre, mais tout aussi discrète, il divorça de son assise pour conquérir les quelques pas qui les séparaient. Là, prudemment, sa paluche se posa contre son épaule recroquevillée, cherchant à l’inciter à la confesse, même s’il avait belle idée de la nature de son abattement.


« Mon amie, ma pauvre amie, dites-moi, que vous arrive-t-il ? » Une voix chuchotée à peine, toujours en essayant de garder cette distance innocente et candide entre eux deux, comme s’il désirait ne pas souffler sur ce feu de paille qui venait de s’embraser sous ses yeux et plutôt, de l’éteindre dare-dare. C’est qu’en dépit de la situation dans laquelle il se tenait, Louis était pour la cause, fort bien inexpérimenté. Pour preuve, avant son séjour aux Trois-Murs, fort était à parier qu’il n’aurait pas su accomplir le dixième de ce qu’il fit en compagnie d’Aliénor. Une parole mal interprétée l’aurait gêné, un regard mal placé l’aurait fait rougir et, l’effleurement d’une caresse lui aurait fait bander le jonc! C’était alors peu dire que la mignonne était veinarde d’avoir pour elle le régent en de si bonnes dispositions : prompt aux consolations et même, aux rapprochements innofensifs –que la Damedieu soit miséricordieuse envers lui,  s’il fallait que la veuve noire le surprenne aux bras d’une autre!- .

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Aliénor de Wenden
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MessageSujet: Re: Une femme ? Certes, il y en a une! [ Aliénor ]   Mar 30 Jan 2018 - 11:43


A son corps défendant, Aliénor ne sut retenir les larmes qui coulaient déjà le long de ses joues hâlées. La fatigue la tenaillait certes, mais ce n'était pas elle qui était à l'origine de son malheur, c'était une toute autre chose. Une chose qu'elle n'avait compris que très récemment, lors de la réunion qui eut lieu à l'issue de la bataille de Velteroc. Cette même réunion où Louis de Saint-Aimé était apparu très affaibli mais d'un courage et d'une vaillance qui forçaient l'admiration. Elle s'était montrée terriblement inquiète pour celui qui avait si rapidement pris la place d'ami dans son cœur. Une seule soirée durant laquelle ils étaient entrés dans la confession, celle là même qui existe entre deux amis proches alors qu'ils venaient à peine de se rencontrer. Celle-ci où tout avait commencé et où le simple contact entre leurs mains avait fait naître depuis, un sentiment qui n'avait jamais cessé depuis lors, de croître à son corps défendant et ni la distance, ni ses fiançailles n'en avaient eu raison. Aucun mot ne sut franchir les frontières de ses lèvres à cette occasion car non seulement, le duc d'Erac lui avait coupé l'herbe sous le pied en s'enquérant de la santé du régent mais également à cause de sa vassalité, de la présence d'Arnaud et de tout ce qui s'opposait à la naissance d'un quelconque sentiment amoureux entre eux. Malgré toutes ces bonnes raisons qui auraient intimé au plus sain des esprits de fuir loin et d'étouffer un sentiment si propice à détruire tout ce qui se trouvait sur son passage. C'est à ce moment-là, oui à celui-ci même, qu'Aliénor comprit qu'elle ne voyait pas Louis de Saint-Aimé comme son seigneur mais qu'il régnait sans même le savoir, sur une toute autre terre. Une terre bien plus précieuse que celles qu'il pouvait posséder déjà. Une terre dont elle ne savait pas ce qu'il ferait et qu'en un seul mot, un seul geste, il pouvait en faire une zone de désolation et cette seule pensée lui faisait peur.

Elle lui avait laissé la possibilité de partir et de les laisser dans cet état de lien formel entre un régent et son vassal mais elle avait souhaité, presque prié au fond d'elle-même qu'il reste près d'elle, qu'il fasse un geste vers elle, un geste qui ferait sauter cette barrière. Elle l'entendit se lever et les quelques pas qu'il fit vers elle pour réduire la distance avaient résonné dans son cœur comme les gong d'une cloche dans le lieu le plus sacré qu'il soit sur terre. Le touché de sa main sur son épaule pourtant couverte la fit naître un frisson tout le long de son dos et lui donna la chair de poule. Peu à peu, une douce chaleur se répandit par ce simple contact et réchauffa son cœur qu'elle avait senti se briser à l'idée que ce qu'elle désirait de plus cher au monde, ne soit accordé à une autre.

Elle ne fit pas vraiment attention aux mots qu'il prononça tant son esprit était bien loin ailleurs. Seul le son de sa voix réussit à percer, une voix douce qui lui chuchotait des mots à l'oreille et qui la pénétra au plus profond de son âme. C'est alors qu'elle sut avec certitude ce qu'elle devait faire malgré son manque d'expérience.

Aliénor redressa alors sa tête et se retourna, faisant face alors à l'objet de ses plus douces pensées. Elle plongea ses yeux verts et flamboyants, légèrement brunis par les larmes, dans ceux d'un bleu incandescent et remplis d'inquiétude qu'il lui lançait. Jamais elle n'avait été aussi proche d'un homme autre que son frère et jamais elle ne s'était sentie aussi à l'aise face à une telle proximité. Leurs corps étaient presque collés l'un à l'autre, il suffisait d'un pas pour retirer cette barrière remplie d'air qu'il restait entre eux, cette seule barrière que leur rang leur imposait d'avoir. Son cœur battait à tout rompre et ses tempes résonnaient comme des tambours lors d'une bataille. Elle se sentait nerveuse intérieurement, comme si elle avait le tract. Il fallait avouer que jamais elle n'avait vécu ce genre de situation auparavant mais c'était avec lui qu'elle voulait vivre cette nouvelle aventure et avec lui seul.

Ainsi, après un bref instant silencieux pendant lequel les dernières hésitations qu'elle pouvait avoir s'exprimaient encore, elle mit un point final à ce débat intérieur qui polluait son esprit et prit sa décision. Elle rompit finalement l'air qui les séparait et d'un geste à la fois rapide mais d'une douceur qu'elle ne se connaissait pas et qui l'étonna elle-même, colla ainsi son corps mince et souple contre celui musclé et solide du régent et déposa sur ces lèvres jusque là inconnues, celles douces et chaudes de cette femme amoureuse qui par ce geste scella leurs deux corps en un baiser doux et tendre. Ce tout premier témoignage de cet amour nouveau reflétait l'ensemble des sentiments que jusqu'à maintenant, son coeur avait contenu en silence, timide. Alors qu'une douce chaleur se communiquait entre ces deux corps qui ne se connaissaient pas et profitant de l'effet de surprise qu'elle avait créé ainsi, elle déposa d'un geste léger sa main sur la joue rugueuse par la barbe naissante et creusée par la dureté de la campagne qu'il avait lui-même engagée de son régent. Ses doigts caressaient avec amour la peau éprouvée par la guerre mais donc le contact était tellement agréable du fait des sentiments qu'elle éprouvait. Sa robe était tellement ajustée qu'il pouvait sentir contre lui la moindre de ses formes, juger de la moindre de ses courbures si seulement il se laissait aller à découvrir de ses mains, ce jeune corps encore jamais touché. De son côté, elle sentait contre elle ce corps tant désiré que ses mains, si on le leur permettait, avaient hâte de caresser, parcourir, découvrir.

Jamais encore elle n'avait eu un tel geste envers un homme, ni même un garçon. A Wenden, elle était considéré comme un petit animal farouche et sauvage qui jouait les grandes dames. Bien des garçons auraient pourtant souhaité bénéficier d'un tel cadeau que celui de connaître la sensation du toucher des lèvres d'Aliénor mais elle n'avait encore jamais permis à quiconque de bénéficier d'un tel présent de sa part.

Elle avait beau être inexpérimentée, elle n'avait pas hésité dans ses gestes ni dans le contact que provoquaient ses lèvres sur celles de l'être aimé. Pas qu'elle soit sûre de ce qu'elle faisait mais elle était certaine qu'était venu le moment pour lui de comprendre, de savoir ce qu'elle ressentait. Une femme plus expérimentée aurait fait baigner ses lèvres d'une passion contre laquelle sa proie n'aurait pu que céder à ses instincts les plus primitifs mais ce n'était pas tant l'envie qu'elle voulait provoquer. Non, bien loin de là, c'était le cœur du régent du marquisat qu'elle voulait ravir et dont elle partait à la conquête. Même si ce dernier pouvait éventuellement battre pour une autre, elle espérait pouvoir y avoir sa place, une place qui pourrait faire toute la différence et rallier ce cœur tant désiré à elle. Un coeur qui au fond de lui-même se savait en sécurité dans un amour aussi pur et profond que celui du tout premier amour d'une vie. Toutefois, si ce baiser n'en était pas profondément baigné, il n'était pas dépourvu de passion, au contraire, elle en avait doté une touche légère, venant ainsi relever la profondeur des sentiments qu'elle éprouvait pour cet homme que jusqu'à maintenant, elle avait toujours appelé son régent ou son ami mais qu'elle souhaitait ardemment appeler par bien d'autres noms désormais.

Si elle ne connaissait pas sa rivale, Louis connaissait désormais suffisamment sa vassale pour savoir quel genre de femme elle était, combien elle pouvait être loyale et fidèle, combien elle pouvait comprendre les préoccupations qu'il avait pour sa sœur et combien elle pouvait comprendre qu'ils soient proches. S'il s'était renseigné sur elle, et elle ne doutait pas que c'était ce qu'il avait fait avant qu'elle ne pénètre en son château, il connaissait sa bonté mais également sa ténacité, son courage, son intégrité et son sens inné de la famille. Durant la campagne il avait pu voir son intelligence et son sens de l'abnégation en supportant les mêmes efforts et les mêmes difficultés que ses hommes dont elle avait su gagner le respect. Maintenant elle lui laissait voir enfin son âme, celle de la véritable Aliénor et non plus la régente ou l'amie, la femme, l'amoureuse. Elle ne pouvait désormais que souhaiter que cette femme soit accueillie et non rejetée. Pour la première fois de sa vie, Aliénor se montrait vulnérable, soumise à la décision d'une personne qui pouvait en un mot, en un geste, en une parole, faire d'elle la femme la plus heureuse ou faire son malheur en brisant ce coeur qui aimait pour la première fois avec une sincérité et une force des plus touchantes. Pour la première fois, elle se livrait toute entière, corps et âme à une autre personne. Pour la première fois, elle ouvrait d'un tendre et doux premier baiser, une porte qui jusque là était restée inexorablement scellée.
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MessageSujet: Re: Une femme ? Certes, il y en a une! [ Aliénor ]   Mar 30 Jan 2018 - 16:28




Pour une fois, sa bienveillance l’avait-elle portée en des contrées indésirables ? Sa paluche avait bel et bien atterrie contre l’une de ses frêles épaules, mais dans le but unique de lui faire fidèle témoignage de son empathie. À défaut de bien des mâles de son entourage, Louis était de ceux dont la sensibilité s’épanouissait en compagnie de la gente féminine. Déjà, chouiner en général savait souventefois attiser sa miséricorde ou sa pitié, alors lorsqu’une damoiselle –gracieuse et admirable de surcroît- se voyait minée de chagrin, c’était d’une évidence certaine que le preux se donnerait devoir d’aller faire trouvaille de son trouble. Ainsi près d’elle, il attendit, patiemment et respectueusement qu’elle lui livre les maux qui molestait son pauvre cœur de jouvencelle.

Et il attendit, les lèvres soudées dans un silence des plus pieux … Jusqu’à ce qu’elle se retourne pour soutenir son regard de ses yeux gorgés d’eaux et rougis de détresse. S’il crut sa présence bienfaitrice pour le mal qui ponçait la bonne humeur de sa vassale, il était loin de se douter que d’une œillade, elle allait le plonger jusqu’au nez d’un certain malaise. Sans accord ni consensus, elle lui fit écouter l’arpège de ses sentiments véritables en défiant l’espace qui les séparait, rapprochant leurs deux corps d’un pas vers l’avant. Sitôt fait, les épaules larges et carrées du marquis-régent se crispèrent, appréhendant là où elle désirait en venir. Et il n’eut pas longtemps à attendre, car avant même de s’en rendre compte, elle s’était hissée sur la pointe de ses pieds pour venir baiser ses lèvres des siennes, poussant sa témérité jusqu’à parcourir de l’une de ses mitaines, sa joue garnie de sombres poils.

Tétanisé par sa déclaration silencieuse, Louis resta tendu qu’il l’était lorsqu’elle s’était approchée. Pourtant, si pour la belle le moment lui parut ponctué de passion et d’attachement, il n’en était rien du cervidé qui dut pour le coup, user de ses bois en coupant court à cette étreinte d’un geste soudainement bien sec. Son regard s’effaroucha, ses sourcils se froncèrent et d’un geste empreint d’hostilité, il la fit s’éloigner de lui en se saisissant de ses deux épaules de ses deux larges pattes. Son cœur était d’or, mais surtout, appartenait à une autre. C’est pour cette exacte raison qu’il ne sut s’exprimer dans la ouate, faisant de son avis un tranchant létal duquel nuls sous-entendus n’étaient envisageables.


« Je ne vous aime pas, Aliénor. » Il en était revenu à la vouvoyer, sur le coup. Cette barrière qu’elle avait franchie se devait d’être consolidée, quoi qu’il lui en coûte.

« J’ai d’ores et déjà offert mon cœur à une autre et quoi qu’il advienne, elle seule peut en disposer à sa convenance. » Louis marqua une pause, très brève toutefois, sachant que ce feu de paille qui la ravageait tantôt s’en verrait d’autant plus ravivé par l’huile de ses paroles.

« Plus jamais vous ne me ferez d’avance, Aliénor. Vous êtes ma vassale et seule votre soumission m’importe. » Il la relâchait et s’assurait qu’elle avait bien comprit, les yeux plongés dans les siens.

Louis était certes un piètre comédien, cela était de notoriété publique, mais pour cette fois, il dut s’harnacher de son plus mauvais rôle, usant de paroles et d’un ton de voix desquels il exécrait profondément la nature. Au fond de lui, il venait de broyer définitivement le cœur de son alliée et pour les jours en venir, il savait que son propre reflet lui lèverait le cœur. Louis était bon et empreint de nombres de belles valeurs, mais par-dessus tout, sa fidélité était de fer.


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MessageSujet: Re: Une femme ? Certes, il y en a une! [ Aliénor ]   Mar 6 Fév 2018 - 16:45


« Je ne vous aime pas, Aliénor. » Ces paroles sèches alliées à son mouvement de distance ne firent qu'horrifier la belle rousse qui tenta de reculer. C'était sans compter sur sa coiffeuse qu'elle percuta, ce qui n'eut pour d'autre effet que de faire tomber la vasque qui s'y trouvait. Le contact avec le sol de cet objet fragile n'eut d'autre effet que de la briser dans un ramdam qui aurait attiré plus d'une oreille.

Elle sentit son coeur malheureux se briser en miettes éparses sur lesquelles le Saint-Aimé piétinait de plus en plus à mesure qu'il continuait son discours. Ses pieds se dérobaient au sol et elle crut bien qu'elle allait s'évanouir tant cette souffrance, une souffrance nouvelle mais équivalente à celle qu'elle ressentit par la perte de son frère, lui tenaillait les entrailles. Plus il ajoutait de mots et plus elle sentait son cœur se disloquer. Ce qu'elle avait pris du fait de son manque d'expérience en la matière, pour des gestes plus qu'amicaux n'en étaient finalement pas.

Elle n'entendit ainsi que de manière très lointaine les autres paroles de son interlocuteur avant d'être ramenée à elle par ces mots. Elle prononça de manière presque inaudible tant le ton de sa voix était altéré par le couperet qui venait de s'abattre sur un organe qui quelques secondes auparavant battait la chamade.

- Je ne voulais pas vous faire offense... Je...

Elle sentit alors ses genoux lâcher sous la pression et d'un geste se déroba à la situation, voulant partir, quitter cet endroit, courir de tout son souffle pour être partout ailleurs sauf en ces lieux. C'est alors qu'arrivée à la sortie de sa tente elle entendit ces mots qui la réveillèrent comme si on venait de lui jeter un sceau d'eau froide en pleine poire :

« Plus jamais vous ne me ferez d’avance, Aliénor. Vous êtes ma vassale et seule votre soumission m’importe. »

A ces mots elle s'arrêta net. Resta un instant dans le silence. La légère brise qui s'était levée faisait danser les battants de l'entrée de sa tente de sorte qu'elle vit qu'alertés par le fracas provoqué par la vasque de toilette qui s'était brisée, ses hommes avaient commencé à s'amasser devant sa tente. Pris par la curiosité de ce qu'il se disait, ils étaient restés pour assister au spectacle. D'ici quelques heures, les faits seraient relatés dans tout le campement et auraient déjà commencé à être entendus dans les autres. Aliénor les regarda un instant et fixa l'un d'entre eux du regard. Il ressemblait à Roderik, trait pour trait. Son teint était blafard comme ceux de ses compagnons de guerre mais elle reconnaîtrait ses cheveux de geais parmi tous. Ses cheveux longs en bataille, poisseux par le sang des ennemis qui avait séché mais qu'il n'avait pas réussi à retirer. La barbe drue qui ne pouvait être entretenue soigneusement lui donnait un air de vieil homme. Elle sentit son coeur battre à nouveau, battre d'espoir, battre de vie. Il la regardait à la fois d'un air affectueux mais surtout et plus que tout d'un air déçu. Qui était cette femme mielleuse qu'elle devenait depuis qu'il les avait laissés ? A quoi elle jouait en se laissant ainsi emporter par ses sentiments ? Elle ne se reconnaissait plus d'un coup et cette vision l'effrayait. Elle sait que Roderik n'approuverait pas son comportement s'il était là et elle se devait de reprendre les choses en main. A commencer par elle-même.

Aliénor prit alors une grande bouffée d'air et se retourna vers son régent. Aliénor était comme physiquement métamorphosée. Alors qu'un peu plus tôt elle était plutôt voutée, la jeune femme se tenait maintenant bien droite, son port altier était digne de celui d'une renne et ses yeux brillaient d'une nouvelle lueur. Non pas de colère ni de rage mais de la détermination.

- Je ne suis pas encore votre vassale, Louis de Saint-Aimé car si vous êtes régent, vous n'êtes point encore fait marquis. Si Cléophas vous a accordé la régence ce ne fut que du bout des lèvres en y soumettant la condition que vous vous montriez fidèle à notre bien aimé Roi dont votre père a indûment occupé les terres - c'est autant plus singulier que vous entreprenez une guerre pour en châtier d'autres pour les mêmes méfaits - et que vos vassaux ne voient point d'inconvénient à vous laisser ce rôle. D'autres que vous pourraient parfaitement le remplir, ne l'oubliez pas. Pour ma part, je ne perds pas de vue que mon frère était opposé à cette occupation sans foi ni loi, basée sur un mensonge de ces terres par votre ancêtre, que les cinq le garde et si je soutiendrai toujours mon Roi et mes gens, jamais je n’engagerai le nom de mon neveux auprès d’un seigneur qui ose s'adresser à moi comme au dernier de ses sujets. Si je peux accepter éventuellement la colère de Louis, je ne suis pas en mesure d'accepter en revanche celle d'un régent envers qui Arétria et sa régente se sont toujours montrés loyaux au point de faire couler leur sang. Si Arétria vous importe si peu et que seule sa soumission vous intéresse alors votre cause est déjà perdue Louis de Saint-Aimé. La nature ne m'a peut être pas pourvue d'attributs masculins, j'ai néanmoins assez de tripes pour m'opposer à ce foutu ramassis de conneries que vous nous servez depuis bien trop longtemps avec votre père. Je ne vous retiendrai pas plus longtemps, allez donc pleurer dans les jupons de celle que vous courtisez puisqu'elle bénéficie de plus de respect de votre part que vos vassaux.

La belle rousse ouvrit alors l'un des pans de la tente, signe qu'elle donnait congé à son visiteur, tout en dévoilant une foule compacte qui s'était amassée en entendant les propos de la jeune régente. Elle ne voyait plus dans l'assemblée l'image de Roderik mais tous avaient des mines à la fois surprises mais immensément fières d'être arétanes.
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MessageSujet: Re: Une femme ? Certes, il y en a une! [ Aliénor ]   Lun 12 Fév 2018 - 17:11




De tous les sangs bleu de la péninsule, peu était à parier qu’un autre que Louis, ait été doté d’une empathie aussi prononcée que la sienne. Les souffrances de ses pairs l’accablaient outre mesure et c’était à chaque fois, un continuel combat pour ne pas en voir ses décisions altérées par ces souffrances partagées. De cette qualité devenue défaut pour sa position de régent et éventuellement de marquis, c’est avec une particulière attention qu’il s’affairait à ne pas provoquer lui-même ces douleurs. Pourtant, n’ayant eu temps de réfléchir un seul instant, il avait agi et devait maintenant en payer le prix. D’une approche plus que rêche, allant même jusqu’à lui tenir des propos coupants –qu’il n’aurait en aucune occasion prononcé-, Louis s’était assuré de faire mourir dans l’œuf les sentiments de la rouquine.

Était-il touché d’être cible d’une si sincère et profonde affection ? Assurément, mais son cœur à lui, appartenait à une autre, empoisonné d’un amour si passionnel et brûlant, qu’il lui était dès lors impossible de ressentir la moindre affection pour une autre, ni même de faire persister l’espoir, s’il avait lieu d’être. Pour le peu qu’il connaissait d’elle, son doigt à anel était prisonnier d’un engrenage auquel elle n’avait désormais plus de pouvoir, mais contrairement à lui, assumait son devoir en tant que noble d’épouser un parti profitable. Pourtant, maintenant qu’il la savait prompte à aimer, il ne pouvait lui souhaiter autrement que de vivre ce qu’il vivait actuellement avec l’Arachnide Alonnaise.

La voir se détourner, resserrer la mâchoire pour faire la rétention de potentielles larmes, pour en revenir le visage rosit non pas de chagrin, mais d’une rage sourde, lui tordit les entrailles dix fois plus que les mots qu’elle lui réserva. Car tout ce discours encouragé par la colère, avait été commandité par nul autre que lui. Lui aurait-elle simplement dévoilé sa flamme en mots, plutôt qu’en geste, qu’il aurait su trouver la manière juste de la repousser. Mais la violence qu’il fit preuve en son égard, lui octroya les premières loges à ce qui semblait être l’exutoire d’un cœur broyé et émietté.

Pour autant que les propos lui semblaient cinglants, prompts à attirer la sympathie de cet inopportun auditoire, elle s’était engagée sur un terrain glissant. Et tandis qu’elle redorait l’image d’elle face à ses sujets, Louis aurait su traîner cette même réputation dans la boue. Point sa vassale, disait-elle! Évidemment qu’elle ne l’était guère, Louis régnait au nom du Roi, mais il n’en restait pas moins son devoir que de lui obéir. La notion de régence ne devait pourtant guère lui échapper, puisqu’elle-même en vivait une. Quant à la mention de feu son frère, qui fit soulever terre et mer pour ne pas voir Louis succéder à son père ; oublia-t-elle seulement que cette place de Comte qu’obtint son frère jadis, naquit de cette même usurpation du trône marquisal ? Que Godefroy lui avait offert cet illustre titre et qu’autrement, n’eut été de lui, jamais ce dernier n’aurait été élevé si hautement ? Si la place de Louis ne tenait qu’au bon vouloir du Roi, il en était autant d’elle, qui obtint sa place du mariage de son frère, qui lui était issu d’un usurpateur.

Aussi elle semblait pour le coup, bien adroite à l’interprétation! Leur électrisant échange ne datait que de peu et de cela, le souvenir d’avoir roulé dans la boue le peuple Arétan lui échappait ; seule sa régente l’avait été et malgré cela, elle sentie l’entièreté de son peuple souillé. Grand bien lui fasse, si elle devait se servir des siens comme d’une égide à sa peine! Mais la vérité seule, était que Louis considérait chacun de ses vassaux comme ses propres gens, ceci malgré l’avis d’iceux à son sujet.

Quant à ses bijoux de famille, Louis aurait eu la chance d’en vérifier l’absence, mais en manqua l’occasion de peu. La popularité de l’Arétanne était-elle si hautement estimée des siens ? Leur fallait-il qu’une seule petite bataille, où les morts se comptaient sur les doigts, pour qu’iceux en oublient leurs plus illustres préjugés à ce sujet ? Louis détenait à ce sujet quelques réserves, mais cela l’importait peu ; du moment qu’iceux la suivaient, rechignant ou non, cela importait peu.

D’une harangue de même acabit, le cerf aurait sût lui assener quelques coups de bois et plutôt que d’aggraver la blessure qu’il avait ouvert à son cœur, préféra la laisser saigner lentement. Si elle crut attiser chez lui une colère quelconque, seule la pitié entretenait la lueur au fond ses yeux. Un regret amer d’avoir embrumé de la sorte la si prometteuse régente…


« Votre rancœur me navre profondément. Vous avez l’esprit embrumé par la peine, ainsi je ne peux vous tenir rigueur de ces propos à moitié déshabillés. Du repos, cela est tout ce dont je peux vous conseiller pour la suite. Vous en avez bien besoin. » Même la gueule gavée de ses propos salés, Louis s’était affairé à rester poli, sans lui rendre la pareille qu’elle méritait devant ceux qui étaient siens.

Vint le temps de quitter, sans autres ambages, empruntant le sentier dégagé des curieux spectateurs. Leur relation en avait pris un sale coup, cela était peu dire. Il souhaita tout de même que le temps sache panser cette profonde meurtrissure, car pour rien au monde il n’avait souhaité que se meure cette amitié.



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MessageSujet: Re: Une femme ? Certes, il y en a une! [ Aliénor ]   Jeu 15 Fév 2018 - 16:20


"Restes fière et droite" se disait-elle. "Ne flanches pas"

Telles étaient les paroles réconfortantes qu'Aliénor tâchait de s'inculquer à elle-même afin de sortir sans trop de dommages de cette histoire. Elle regarda, le coeur déchiré par la souffrance, émietté, au sol et piétiné, le jeune cervidé quitter les lieux. Le spectacle était ainsi terminé. Aliénor alors se relâcha pendant que ses hommes commençaient à se disperser et s'attendait à rester seule avec sa peine alors que ses hommes se dispersaient.

C'était sans compter sur un homme, un qui plus que les autres étaient concernés par les évènements du soir. Un homme dont elle avait presque même oublié l'existence depuis ces derniers instants. Un homme avec qui malheureusement elle avait été forcée de se lier à son corps défendant : Arnaud de Stern.

Alors que tout le monde s'en allait lui seul, tel un saumon remontant de la rivière, allait d'un pas allant dans l'autre sens et pénétra vivement la tente de la régente déjà bien affligée. Elle eut à peine le temps de se retourner vers lui qu'une fulgurante baffe lancée à pleine force et à plein élan heurta sa joue. Le coup fut d'une telle violence qu'elle en tomba à terre, ne pouvant retenir au passage un cri de douleur intense. Aliénor se tenait la joue meurtrie dont la brûlure due à l'intensité commençait à monter.

- Comment avez-vous osé, sale petite sotte, me faire à ce point offense !

Aliénor préféra alors ne rien dire et laisser passer l'orage. Comme tous les animaux en situation de panique elle préférait utiliser le moyen de défense le plus efficace : faire la morte. Rester au sol. Ne rien dire. Ne pas bouger.

- Que vous le vouliez où non vous serez ma femme sitôt rentrés dans nos contrées sans quoi c'est la guerre civile que vous récolterez pour votre si cher Comté. Et j'entends bien que vous teniez votre rôle à la perfection ! Contentez-vous donc de faire montre de votre beauté et surtout de vous taire !

Aliénor n'en pouvait plus, elle était à bout de forces et pourtant, elle se releva quand même péniblement. Elle redressa de nouveau la tête. Sa joue bien rougie par le coup, saignait et présentait une entaille due à la bague portant le sceau des Stern qu'Arnaud ne quittait plus depuis que son grand-père la lui avait offerte afin de faire de lui le digne héritier qu'il espérait qu'il devienne un jour. Elle était rouge de colère et était visiblement à bout de nerf. Décidément, cette soirée qui avait pourtant paisiblement commencée se terminerait dans le sang et les larmes. Qui aurait pu le prédire ?

- Hey bien après tout, faites-la dont votre guerre civile à laquelle vous tenez tant ! Je prendrai un plaisir non dissimuler à vous botter les fesses et à rabaisser votre grand caquet de Stern. A peine m'avait-on annoncé la mort de mon frère que vous étiez là avec votre satané grand-père à baver sur ma régence et à me menacer si jamais je n'allais pas dans le sens que vous le désiriez. Ne vous êtes-vous pas d'ailleurs pris déjà pour le maître des lieux lorsque nous avons oeuvré pour la défense d'Arétria-la-ville assiégée ! Allez-y Arnaud ! Je vous attends ! Car quoi qu'il en soit en ce qui me concerne, jamais je ne consentirait à épouser un homme présentant autant de lâcheté pour oser frapper une femme, quoi qu'elle lui eut fait. Vous qui vous prétendez être un grand guerrier auriez-vous donc perdu les minuscules noix qui vous servent d'attributs en vous prétendant en droit de frapper le représentant de votre seigneur ? Je vous ai certes offensé, je le concède. Sans doute même personnellement blessé et j'en suis désolée mais ne me faites pas insulte de vous prétendre courroucé alors que vous m'avez vous-même fait un odieux chantage. Alors vous savez quoi Arnaud, votre mariage, vous n'avez cas vous le mettre bien profondément où je le pense car ce ne sera sans aucun doute pas avec moi que vous convolerez. J'aurais peut être perdu ma régence, peut être même mes terres dans le pire des cas mais au moins j'aurais toujours pour moi mon intégrité et surtout ma liberté !

Sur ces mots, elle sortit de sa propre tente, laissant Arnaud de Stern seul au beau milieu de ce champs en ruines qu'ils avaient semé avec son grand-père. Elle se dirigea alors vers le près qui servait d'écuries pour y sceller sa monture et chevaucher une bonne partie de la nuit. Jusqu'où ? Seule sa monture le savait car tout ce qui importait à Aliénor en ce moment était d'être seule avec ses larmes, ses fiançailles ainsi rompues, une guerre civile qui pointait le bout de son nez et comme seule compagnie son coeur brisé.
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