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 De Thaar à Naelis, où on prend la mer... [Libre]

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Arthur
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MessageSujet: De Thaar à Naelis, où on prend la mer... [Libre]   Lun 25 Déc 2017 - 10:59

Première ennéade de Barkios de l'an 10


Arthur était en route vers le port, tirant sa vieille monture, que les éprouvant voyages avaient probablement contribué à accentuer la fatigue qui la gagnait désormais, chargée des nouvelles grandes sacoches de cuir d'hanglyosi contenant les différentes fournitures et tenues dont il avait fait l'acquisition et qu'il ne portait pas lui-même ainsi que d'un sac de toile plus massif que lourd, contenant le prototype qu'il avait récupéré quelques jours plus tôt auprès de la Maîtresse des Forges. Tout avait été réuni pour permettre un voyage qui devenait de plus en plus pressant, malgré le silence et le flou que laissait encore l'érudite d'Alëandir.

Lui-même aurait encore pu attendre, mais Zéphyr n'était pas de cet avis, et le jeune dragon, si il n'avait pas encore sa taille d'adulte, avait affirmé sa personnalité et ses préférences... Si il avait fait d'abord preuve d'une tolérance docile dans sa première année, dépendant de l'humain pour se nourrir, et si il avait relativement bien vécu la suite, à l'exception du voyage passé dans la cale d'un navire et apprécié la découverte d'un nouveau ciel, leur vie sédentaire, même d'un mois, contraire à ses instincts, avait éprouvé sa patience et sa tolérance, si bien que lorsqu'il perçut et comprit que les préparatifs touchaient au but, il avait accentué la pression sur l'esprit de son dragonnier. Et si Arthur céda cette fois, n'y trouvant rien à redire, il savait cet instant d'une grande importance pour la suite.

C'est ainsi qu'il se retrouva là, dans les premiers jours du second mois du Printemps, se dirigeant vers le port et vers les véritables prémices de son nouveau voyage, aussi prêt qu'il pouvait l'être, la tête pleine des enseignements de son compagnon sang-mêlé qu'il devait retrouver directement sur place, lui-même ayant a achevé ses propres préparatifs. Ils s'étaient séparés après une longue soirée passée auprès de la famille qui avait généreusement accueillit et abrité ses fournitures durant le mois et demi écoulé, et pour les remercier, il leur avait offert un véritable festin – relativement à ce qu'ils avaient l'habitude – à base de mets et boissons raffinés, auquel il ajouta une somme supérieure à ce qu'ils auraient pu obtenir en louant la petite pièce qu'il avait utilisé, tant pour la générosité que pour l'honnêteté dont ils avaient fait preuve à son égard. Il avait fait ses adieux un peu plus tôt, alors qu'il se mettait en route. Il n'oublierait pas, et ils méritaient de partager sa propre fortune, dont il n'aurait pas nécessairement l'usage, il avait économisé ou réduit ce qu'il avait prélevé de la dotation de son mécène – puisque c'était là la relation qu'ils entretenaient - en vendant le fruit de sa chasse ou en le fournissant comme matière première, aussi pouvait-il se permettre ce genre de gestes.

De l'artère qu'il parcourait, il vit bientôt se détacher du couloir irrégulier dessiné par les façades des maisons et des enseignes les étendues d'Olienne et les galères aux voiles colorées se perdre dans son immensité, et à mesure qu'il avançait, il aperçut les quais qui semblaient grouiller autant qu'à leur habitude, signe de la bonne santé du principal organe de cette grande cité. Il lui faudrait faire attention, car au milieu des petits marchands soucieux de mettre la main sur quelques marchandises, les filles faciles venus alléger les marins des deniers tout juste acquis se cacherait certainement quelques voleurs... Contre cela, il avait sa propre expérience et sa propre attention ainsi que le support aérien de son dräke qui se laissait porter par les vents quelques mètres au-dessus de sa tête. Il devait faire d'autant plus attention qu'au contraire des autres fois, où il avait des airs de vagabonds, il portait cette fois des vêtements légers quoiqu'assez résistant pour le travail et les activités manuelles, vert olive – des teintes qu'il affectionnait depuis des années – taillé à la mode la plus commune à Thaar et dont l'état trahissait le fait qu'ils étaient neufs. Bien sûr, il portait aussi ses attribut guerrier, une ceinture comportant de nombreuses petites poches et sacoches, une épée et un couteau de chasse, soutenu par un baudrier, le tout du même cuir que le reste, ainsi qu'une bourse – qui ne contenait néanmoins qu'un maigre pécule, mais faisait office de diversion.

Quand il fut au port, c'était peu de temps avant le départ, il ne souhaitait pas s'éterniser là, et c'est d'abord Monarth repérant Itarillë qui lui signifia la présence à proximité de son compagnon... Mais il n'était pas seul, et sa compagnie fut une demi-surprise. La Dame Blanche de Thaar en personne, accompagnée d'une maigre escorte dont le principal élément était le colossal hybride... Ryltar, si il ne se trompait pas, une brute féroce et marquée de nombreuses cicatrices, et un combattant redoutable, une fois passée la dissuasion que sa vue représentait. Il n'avait pas l'intention de s'en mêler, tandis que son regard croisait un instant celui de la Princesse Marchande, il la salua d'un discret mouvement de tête. Un jour, ils rediscuteraient, mais il avait aperçu son mécène, ce qui était une autre surprise en soit, et ne souhaitait pas créer plus d'incompréhension et de doute que ne laissait déjà la seule présence d'un personnage aussi éminent. Il observa les deux sang-mêlés dont la relation et la proximité suggéraient une intimité forte, mais n'en fut qu'à moitié surprise. Elle pouvait trouver en lui un écho à sa propre condition, l'un et l'autre étant aussi marqué par le sang des éternels sylvains qu'elle ne trouverait certainement pas chez celui qu'elle se choisirait pour époux et allié, un jour.
Il salua son mécène, confia sa monture à un marin venu la récupérer, en lui disant de déposer l'ensemble de sa charge là où il pourrait dormir. Il apprit qu'ils allaient naviguer ensemble, et si il fut surprit, il ne laissa aucunement penser qu'il trouvait la découverte gênante, même si c'était le cas, puisqu'il était fort probable que son dragon ne reste pas en retrait tout le voyage, même si il ne durait que quelques jours. Mais il écarta ce souci alors qu'approchait son compagnon.

Ses adieux fait, Eärnil vint saluer poliment le notable thaari, sans toutefois montrer la moindre volonté d'expliquer ou de s'étendre sur sa relation avec la Princesse Marchande, il lui donna simplement un petit message cacheté avec le corbeau des Lythandas. Il était de toute façon depuis quelques années un visage connu dans son entourage, parce qu'aussi marqué qu'elle et parce que possédant un dräke, aussi ne jugea t-il pas utile de s'expliquer, et il invita Arthur à faire de même, tout juste assez haut pour que Faeron l'entende lui-même.

« Faeron et Milynéa s’expliqueront si nécessaire, mais pour l'heure, honore tes engagements envers lui, je ferais de même pour les miens. »

Message à Faeron:
 

La Dame Blanche était aussi réputée pour son honnêteté, pour le meilleur comme pour le pire, accordant un statut quasi-sacré aux accords et aux contrats qu'elle concluait, qu'elle était connu pour les relations qu'elle entretenait déjà avec l'Anaëh. Un simple raisonnement suffirait à comprendre qu'elle possédait certainement déjà certainement ce que Faeron convoitait à cet instant, et par conséquent, pas d'intérêt à détourner à son profit une telle aventure, surtout pour des sommes aussi dérisoires, néanmoins, l'invitation servait d'autres buts, l'homme était une personnalité montante, et son père était déjà un partenaire commercial important qui alimentait depuis longtemps les ébénistes et autres sculpteurs sur bois qu'elle avait intégré à son réseau depuis plusieurs décennies, de plus, c'était un sang-mêlé, quoique bien trop marqué par son ascendance humaine à son goût, et il pouvait devenir un précieux allié, pour peu qu'elle cultive avec soin cette relation... Et ce Faeron avait tout autant d'intérêt à s'assurer les amitiés d'une des plus puissantes personnalités de Thaar, sinon davantage. A peu de choses près, ce sont les mots qu'offrit Eärnil à Arthur pour l'assurer que son expédition autant que la présence de la Dame Blanche ne lui nuirait pas.

Finalement à bord, les deux hommes restèrent sur le pont, observant tant l'agitation à bord – Eärnil le fit avec une dose de nostalgie – que sur les quais jusqu'au moment où où le navire les quitta enfin, mais au soulagement d'un départ qui représentait tout, l'esprit du dragonnier fut attiré par la proximité de plus en plus importante de sa seconde moitié.

A Thaar, la rumeur se propagea et gagna en ampleur à mesure qu'il survolait, indifférent à la réaction qu'il provoquait sur les créatures qui grouillaient et s'agitait dans les rues étroites et dans les grands axes où, l'espace de quelques instants, régna un silence rapidement balayer par des cris divers, dont le sens ne l'intéressait pas.
Il flotta au-dessus de la ville, portée par des vents amenés par la mer, mais qui ne semblaient lui opposer aucune résistance jusqu'à parvenir au port qui semblait devoir suivre la même évolution que la ville, sinon que le silence stupéfait dura davantage quand il se posa comme il put sur le toit d'un bâtiment, non loin du quai d'où était parti son compagnon humain. Il accorda un regard à la masse sous lui, une attention plus particulière à la femme semblable à Eärnil, dont l'image se trouvait dans les esprits de Monarth et d'Itarillë, avant d'en revenir à la mer, et au navire qui s'éloignait.
Alors que le silence commençait à muer vers une agitation qui l'ennuyait, il décida que le navire était suffisamment éloigné pour qu'il puisse continuer, et il décolla sans peine, une puissante impulsion qui secoua le bâtiment précédant des battements d'ailes qui l'amenèrent au-dessus du port, décrivant un dernier cercle pour observer la vue de la ville qui, depuis ces hauteurs n'étaient plus gâchés par les êtres qui y vivaient, et il s'en éloigna pour rattraper le navire.

Quand le dragon blanc apparut, d'abord haut dans le ciel avant de piquer et de se rétablir avec une aisance remarquable, ses ailes effleurant les eaux, attirant à lui les créatures marines et l'attention de l'équipage stupéfait, Arthur ne voulut pas faire l'effort de feindre la moindre surprise. Que ce Faeron le voit, que ces hommes le voient et se mettent à supposer et à croire, il n'offrirait néanmoins aucune réponse, ou seulement celle qu'un esprit pourrait déduire du silence.
Le dragon resta un moment, s'éloignant mais toujours en vue, bien après que le capitaine ait recadré son équipage malgré la fascinante apparition. Et il finit par repartir vers les terres, en chasse... Il réapparaîtrait plus tard, et là, les hommes sauraient que ça n'étaient pas un heureux hasard.

Il lui faudrait disparaître très vite une fois arrivé à Naelis, il ne pouvait pas encore se permettre d'être pour tous, ce qu'il savait devenir. Bientôt... Mais pas encore... En Anaëh arriverait un homme qui désire, et d'Anaëh sortirait un dragonnier qui sera, il en était convaincu...

Quand tu voleras avec moi, tu le deviendras.


[Libre à ceux qui veulent de réagir sur l'apparition du dragon à Thaar sur ce sujet]
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Faeron Savarius
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MessageSujet: Re: De Thaar à Naelis, où on prend la mer... [Libre]   Sam 13 Jan 2018 - 1:56

Faeron s’était levé avec une certaine forme d’enthousiasme en cette matinée de printemps. Un souffle chaud provenait de la mer et passait les fenêtres ouvertes de sa chambre. Contrairement à son habitude il avait longtemps dormi. Il devait être environ dix heures du matin mais aujourd’hui il n’avait aucun rendez-vous, aucune obligation. Il n’était pas de ces princes disposant d’un harem permettant à toute occasion de claquer dans les doigts pour voir apparaitre de belles créatures dans sa couche. Lui aimait se fixer – pour quelques temps seulement – avec des partenaires relativement stables. Parfois était-ce avec des gens de son niveau social, parfois nullement. Ses humeurs étaient changeantes et il aimait se surprendre et surprendre les autres. Il était un homme aux multiples facettes et cultivait une image particulière, oscillant entre une objectivité glaciale et une jovialité communicative, entre une arrogance consommée et une humilité surprenante.

Depuis qu’il s’était séparé avec fracas de la fille d’un marchand bien vu de Thaar il avait eu quelques passades pour finir avec un homme de la mi-trentaine artiste peintre. Il était cultivé, amusant et réalisait de belles toiles. C’était toujours cela de pris. Mais cela ne durerait pas. Une dame d’un certain âge qu’il avait eu à diner l’autre jour lui avait fait grande impression, il songeait à lui faire la cour, preuve que le concubin actuel n’était pas suffisamment à son goût pour envisager d’y rester longuement. Ils mangèrent encore le déjeuner ensemble avant des adieux sans grandiloquence.

Faeron passa le début d’après-midi à préparer l’affrètement de son navire personnel. Bien qu’il eût des passagers, hors de question cette fois ci de traverser sur un navire de commerce standard. Ces gens auraient un goût du luxe Thaari, tant mieux pour eux. Des couchettes supplémentaires furent préparées à l’avant du navire, loin des appartements de Faeron mais pas dans les quartiers de l’équipage pour autant.

Le navire fut chargé principalement de documents et d’effets commerciaux tels que des gravures ou des étendards représentant le symbole de la famille Savarius ou de certain de ses commerces. L’idée générale étant certainement de donner une visibilité au comptoir Savarius à Naëlis. Faeron fut sur le quai faisant face au navire lorsque ses passagers arrivèrent, suivi par une étrange rencontre.  En effet ce fut nulle autre que la Princesse Marchande Milynéa qui fit son apparition.

L’un des compagnons du chevalier errant échangea quelques paroles avec la dame blanche. Faeron se contenta pour sa part de saluer de loin avant de monter sur le navire et d’observer la scène nonchalamment depuis le pont. Il entendit les quelques mots de l’elfe ou semi-elfe à son endroit. Lui ne comprenait pas bien la scène et de toute manière ne cherchait pas à la comprendre. La discrétion faisait aussi partie du savoir vivre et des affaires d’un armateur et financier. Lui avait une relation de travail avec la Princesse, sans plus. Feu son père avait des relations plus cordiales, lui n’avait pas réellement cherché à les entretenir pour le moment, d’une part car il n’avait pas le même style de direction que son père, d’autre part parce qu’il n’était pas réellement en bons termes avec la plupart des princes marchands et ne cherchait pas à se faire une ennemie de plus.

Il parcouru le mot qu’on lui avait donné avec rapidité. Il ne put s’empêcher de sourire à la lecture du document. Faeron était d’une nature relativement expansive. A Thaar on le connaissait. Entre les fêtes, le palais aux jardins suspendus construit par-dessus la mer dans le port, ses descentes dans les différents quartiers de la ville et le fait que le nom de feu sa mère était déjà connu, on ne pouvait pas le rater. A cela s’ajouter qu’il avait un penchant pour la mise en scène et que les chantiers navals et les quais employaient nombre de petits artisans et ouvrier de base. Son nom était loin d’être inconnu, son visage non plus. Lui surjouait son rôle presque autant que la dame blanche était discrète.

Il avait d’autant moins d’intérêt à ce que la dame blanche soit en bise bille avec lui que leurs commerces étaient liés. Le réseau de boutiques de cette dernière faisait usage de ses lignes commerciales pour faire passer œuvres d’art et autres marchandises dont Faeron ignorait même l’existence. Ses réseaux allaient loin au-delà de l’Ithri’Vaan. Cela ne le regardait pas. Mais le contraste était étonnant. Elle faisait partie des meubles de Thaar, vieille famille, vieil argent. Lui était issu d’un mariage entre un elfe issu d’un drame s’étant fait lui-même et une vieille famille Thaari en faillite, sa fortune était presque aussi récente que lui. Lui était aussi extraverti qu’elle était discrète. Le plus étonnant au final était que leurs styles commerciaux étaient en revanche proches. En cela ils se retrouvaient et l’on pouvait expliquer pourquoi leurs intérêts pouvaient converger commercialement. Faeron était reconnu pour être un marchand honnête, elle l’était tout autant.

Faeron nota l’invitation dans un coin de son esprit. Il était déjà plus ou moins de facto un prince marchand, il était temps d’assumer une certaine touche de politique Thaari supplémentaire et d’aller rencontrer celles et ceux qui assumaient déjà la fonction. La politique Thaari ne pouvaient après tout se résumer à un échange entre lui et la maitresse des forges.

Il froissa le morceau de papier et le jeta à la mer. On verrait cela au retour.

C’est d’un air détaché que Faeron regarda le dragon blanc passer dans le ciel de Thaar. Lui n’était pas nécessairement un grand émotif et bien que la scène soit intéressante, elle n’avait pas d’impact concret pour le moment. Faeron fut un hôte discret durant la traversé, se mêlant avec ses passagers que si ces derniers étaient prêts à converser avec lui sur le pont. Il ne posa jamais de questions indiscrètes et se contenta de suivre le flux de conversation de ses invités à bord. Il était très doué pour cela. Quand bien même aurait-il vu le compagnon ailé d’Arthur, il serait resté discret et n’aurait pas posé de question, ni aurait été concupiscant. Les reptiles ailés étaient en dehors de sa zone d’expertise commerciale de toute manière…
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