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 Miroir du premier jour | Estiam & Lómion

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Lómion Ineinior
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MessageSujet: Miroir du premier jour | Estiam & Lómion   Mar 26 Déc 2017 - 18:47

L’Harmalaica recevait aujourd’hui des suppliques peu ordinaires. Théâtre des évènements surprenants du Voile dont il était l’acteur et le témoin à la fois, l’Estel imposait sur le petit elfe sa présence. Ses racines couraient au-delà du simple cadre du jardin pour s’étendre dans toute l’œuvre et y faire chanter ses vers peu communs. Mais Lómion y restait sourd. Cela n’empêchait pas le Doyen de se réfugier dans une contemplation béate de ce Fils que les légendes chantaient.

Bien souvent, dans l’obscurité d’un bureau ou d’un laboratoire de l’Académie, l’archimage confiait ses craintes, ses prières et ses moments d’errance à la Mère. Mais aujourd’hui, il avait senti le besoin de poser ses yeux sur ce poumon au cœur d’Alëandir, se savoir observé par des vies cent fois plus longues que la sienne et de les admirer à son tour, pour leur rendre hommage. Dans sa solitude apparente, avec le brouillard matinal comme seul voile de pudeur, il s’était livré à Ir Iarwin à haute voix et non dans le seul secret de son cœur. Mais surtout, il écouta. Il écouta ce que la forêt avait à lui dire, par le biais de ses oreilles d’elfes. Le bruissement de la brise dans les feuilles, l’odeur de l’écorce ragaillardie par la saison de la renaissance… tout lui rappelait ses jeunes années, la main faisant encore son nid, creusée dans les rides de celle de son père. Puis sa rencontre avec Uinèn, les ballades, main dans la main, sur les remparts de la Cité Blanche, mince séparation entre sa civilisation et la celle de l’Ornedhel. Et enfin celles partagées avec Estiam, la main à présent posée sur son épaule, en protecteur. Lómion avait été tout cela à la fois, et même plus, en une vie. Sans perdre de vue la Mère, il avait vécu une vie d’elfe taillé dans la même pierre blanche que les murs de la Cité. Et le temple à ciel ouvert de L’Ainée des Cinq était là pour le lui rappeler.
Le doyen s’arracha à son introspection dans le calme alcyonien de l’Harmalaica et retrouva le bonheur de se dégourdir les jambes sur les pavés. Il esquiva l’Académie qui, pour une fois, n’était pas l’objet de ses préoccupations. Il se dirigea vers la petite maison étriquée contre les remparts qu’occupait en ce moment l’être le plus cher à ses yeux. Uinèn le serra chaleureusement dans ses bras, comme pour rattraper le temps qu’ils avaient passé séparés, malgré qu’ils se soient revus plusieurs fois depuis lors. Ses lèvres avaient toujours le même goût ; celui de l’amour sincère et véritable, réciproque, même à travers les obstacles et la distance. Aucun des deux ne parlaient, car aucun mot n’était nécessaire à leur compréhension : leur étreinte leur était naturellement suffisante.

Lómion passa les ennéades suivantes entre l’Académie, où il mettait tout son cœur dans l’ouvrage de sa vie, dispensant des conseils à chacun de ses élèves, et la maison de sa bien-aimée femme des forêts. Ses visites étaient pour lui comme une bouffée d’air après un temps trop long sous les eaux. Rien n’avait changé depuis le premier jour de leur amour, mais les longues toises entre eux leur pesaient. Chaque jour, ils se faisaient la promesse de revenir le lendemain et chaque jour le doyen tenait son engagement. Il savait que sa vie ne pouvait appartenir qu’à lui et chaque jour il bénissait l’Amant pour cela.

Mais une autre absence leur pesait : celle de leur fils, né de l’union des Cités et des Noss. Jusqu’au jour où les couloirs de l’Académie livrèrent leurs secrets, comme ils savaient si bien le faire.
Le doyen passait distraitement, l’éternel sourire de son visage rayonnant pour chaque élève, lorsque les mots d’une conversation échappée à la volée entre deux acades ne le fassent sursauter. Il était question de son fils, qui accomplissait des merveilles en montrant des trésors de magie devant des chercheurs totalement médusés. Sur son bureau apparurent les rapports de nouveaux objets de recherches, à l’Est, sur les berges d’Uraal, où un mage semblait défier les lois d’Elenmar. Le Doyen fit vite le lien, qui prit la forme d’un nouveau sourire sur son visage, qui se teinta d’une ride rieuse. Uinèn aussi avait son lot d’informations, puisqu’il semblait que le mystérieux personnage s’évertuait à convertir les Noss à sa cause. On le présentait comme le favori de Mëlien, l’Inconstance.

Un désir brûlant montait dans les entrailles de l’archimage, désir qu’il ne pouvait accomplir sans laisser une Académie sans protection pendant plusieurs semaines si ce n’était pas plusieurs mois. Mais l’aurore du premier jour du second mois de printemps eu raison de ses réticences. Celebrand et les autres Enchanteurs étaient tout à fait à mêmes de le remplacer pendant une période. Non sans craintes ni appréhension, mais avec la certitude d’agir en père, Lómion reprit la route pour sortir de sa Cité chérie et affronter les risques de l’aventure. Uinèn l’accompagnait, évidemment, heureuse de retrouver les Chants de l’Anaëh. Ils n’avaient ni armes ni boussoles mais partaient confiants, en parents et en amants.




L’œuvre offrait ses plus belles couleurs pour qui savait les admirer. La renaissance après l’hiver venait à point nommé et était d’autant plus important que l’hiver avait été rude. Les fleurs et les bourgeons avaient éclos pour devenir de magnifiques plantes et des branches majestueuses qui écrasaient les deux elfes par leur beauté et leur omniprésence. L’une chevelure d’or, l’autre cheveux ébènes, ils avançaient main dans la main sur de minces sentiers tracés par des animaux. L’un avait les oreilles emplies des Chants Inaudibles et l’autre écoutait les murmures des Flux d’Elenmar. Et chacun contemplait à la fois ces trésors intérieurs et ce qu’Anaëh leur offrait de plus beau en paysage. Uinèn s’était sentie pousser des ailes dès leur départ et menait leur duo vers cette note si particulière dans la Symphonie qu’elle était la seule à entendre. Lui suivait docilement et pensivement, s’abandonnant totalement dans sa confiance pour son aimée. Lómion ne pouvait que supposer qu’ils allaient vers Uraal, la flore allait en désépaississant, mais rien n’était moins sûr. Pourtant, après plusieurs jours de marche, il lui sembla entendre un nouveau murmure, lointain, très lointain, comme une vague s’entêtant à rejoindre la plage depuis le large. Il lorsqu’il approchait, ce murmure enflait, jusqu’à ce qu’une certitude le cueille. Son fils n’était plus loin.
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MessageSujet: Re: Miroir du premier jour | Estiam & Lómion   Mar 26 Déc 2017 - 20:38


Arkuisa de la première ennéade de Bàrkios
Dixième année du Onzième Cycle


Les anneaux des Wagyls tournent autour de vous, la feinte lumière que dégage l’eau graciée qui fait leur corps donnant à la scène une impression d’irréel plus profond encore. Perchés sur les restes encore debout de l’ancien corps du Tréant d’Uraal, Melima, Huondil, Ilweran et toi vous affairiez à faciliter les premières heures de son héritier en ce monde. Revenu en des lieux plus paisibles, le Chant de Tòchi retrouve la beauté que lui connaissaient autrefois les Cal’ëar, au grand bonheur de la shaman et mage de vie, dont les paumes n’ont que trop peu quitté l’écorce de l’arbrisseau depuis les trois derniers jours. Heureusement encore pouvait-elle compter sur les élixirs d’Huondil non seulement pour nourrir la jeune créature et lui faciliter la tâche, mais aussi pour la détendre elle, quand l’angoisse devenait trop forte. Les prochaines années seraient difficiles pour les Cal’ëar, leur tâche de gardiens prenant une toute autre ampleur quand ce qu’ils gardaient se trouvait soudainement devenir si fragile… et malgré tout, elle avait été la première à te promettre le soutien des siens lorsque tu partirais en direction de l’Annon. C’était là une preuve de sa reconnaissance, et une grande preuve de sa confiance en les siens, ni plus ni moins. Ce ne sont pas quelques guerriers en moins qui feraient que le clan s’écroule.

- Il me faut de la sève de saule.

La rotation de tes bras se coupe un instant de quelques gestes parasites, et l’un des serpents d’eau s’écarte pour ouvrir un espace dans la sphère. C’est la magie d’Ilweran qui conduirait le guérisseur jusqu’à la rive, en traçant devant lui une véritable patinoire, dont la finesse de la glace rendait l’elfe de l’Indilòtëa bien heureux de sa fine stature. Voilà plusieurs jours que cela durait, et voilà plusieurs ennéades que tu connaissais des événements comme celui-ci, mais tu n’en restais pas moins fasciné par la force de vie que pouvait transporter l’Inconstante à travers son élément. C’était là l’une des grandes différences entre votre magie à vous, sorciers et celle des Dieux, des Ëalas, et même celle dont tu fais usage en ce moment, en tant que garant de la volonté de Mëlien. En comparaison à la leur, votre magie est limitée. Votre magie obéit à des règles qu’ils semblent capables d’allègrement transgresser, eux dont l’essence est capable de s’adapter… de modeler même peut-être, toutes les Voies pour faire de chacune ce qu’elle n’est pas. Ainsi parfois l’eau qu’a touché Mëlien guérit les blessures et les esprits, ou au contraire les détruit.

- C’en est assez pour aujourd’hui. Tu es épuisée Melima. Il faut que tu dormes. Tu le vois par toi-même, Tòchi est en pleine forme.
- Je le sais bien, mais j’ose imaginer que tu peux comprendre ce que je ressens.
- Je comprends, mais ne t’inquiètes pas plus que de raison. C’est à toi la première que revient la tâche de veiller sur lui, mais tu risques bien de ne plus te trouver en mesure de remplir ton rôle si tu t’y tues.

De retour sur la plage en compagnie de la Mage de Vie, tu pris silencieusement mot avec Huondil pour lui confier la demoiselle à bout de forces, qu’il s’occupe d’elle et la pousse à dormir. Toi, tu t’occuperais de vous trouver un repas digne de ce nom.



~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~



- Par là Lucëya, viens !

Les fins doigts de la tisseuse se nouèrent autour de ceux de son Amant et son pas s’accéléra. Cette mélodie, elle ne la connaissait que trop bien. Les quelques variations nouvelles, les subtiles ornementations qui l’avaient décoré au fur et à mesure que l’expérience l’avait marqué, elles ne suffiraient jamais à la tromper, pas même après qu’une éternité s’en soit accumulé. Son fils, sa chair et son sang était proche. Enfin, enfin depuis de trop longs siècles, elle aurait à nouveau l’occasion d’avoir avec elle et au même moment les deux hommes de sa vie. Enfin, pour le temps que cela durerait, ils pourraient être une famille.

- Dépêches-toi !

Ses doigts glissèrent d’entre ceux de celui qu’elle aime, et avec une agilité féline, elle s’élança entre les branches. Qui aurait pu lui en vouloir ? Qui aurait pu le lui reprocher ? Voilà bien longtemps qu’elle s’était elle-même privée des profondeurs de la forêt pour être près de son bien-aimé, et autant de temps qu’elle n’avait pas revu son enfant. Le cœur gros, au moins n’en perdait-elle pas la raison, car jamais dans ses jeux d’acrobate ne quitta-t-elle la vue de celui qu’elle guide. Elle lui força à presser le pas cependant, lui qui ne devait pas avoir couru depuis bien longtemps, et à vrai dire, elle s’en amusa plus que de raison. Elle était jeune à nouveau. Elle revenait à l’insouciance de son tricentenaire. Au temps où elle fut à la fois la mère et la fille.




~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~



Le Printemps est riche en ce qu’il apporte de ressources après des hivers comparativement frugaux. Les fleurs, les fruits, les racines et les tubercules, c’est durant cette saison qu’ils sont non pas en plus grand nombre, mais en plus grande diversité. C’est pendant l’été qu’explose la production de baies et de drupes, et que les plus gros légumes s’engraissent sous la surface du sol, mais tu apprécies en ce début de printemps, de trouver encore quelques-unes de ces essences ne supportant pas la chaleur étouffante de l’été Lëandrin. Deux fées de pierre à tes côtés portaient chacune leur lot de victuailles. Soulevée par le cortège minéral de l’une se trouvait la carcasse d’un tentapatte récemment abattu, tandis que sur le plateau de l’autre trônait la juste quantité de fruits, légumes et aromates nécessaire à accommoder la cuisson du petit mammifère.

Seulement, rejoindre ceux à qui tu avais promis ce repas ne fut plus qu’une motivation secondaire lorsque parvinrent à tes oreilles l’harmonie parfaite de deux mélodies que tu n’aurais jamais espéré entendre conjointes. Il ne s’agirait que d’un détour de quelques minutes tout au plus.

- Ammë ! sans que le produit de ta magie ne s’étiole, preuve du peu de failles de ta concentration, tu te laissais aller à prendre l’impromptue visiteuse dans tes bras Je te pensais dans la Cité avec… Atar… jamais tu n’aurais imaginé qu’il s’éloigne non seulement autant des murs de Pierre, mais en plus des sentiers tracés à travers la forêt Qu’est-ce que… toi ? Ici ?

Tu inclus ton père à l’étreinte, le serre contre toi plus fort que de raison, et profite simplement de l’instant, du noyau de ta famille au complet comme il l’a si rarement été, avant de te trouver forcer de briser ce moment d’union.

- Je suis désolé de devoir vous presser comme ça, mais j’étais en compagnie d’un guérisseur Indilótëa et de la Shaman des Cal’ëar avant de vous rencontrer. Louée soit La Mère, j’ai réussi à libérer Tòchi de son mal, mais il est encore fragile et sa Gardienne s’épuise à l’aider à se renforcer. Il faudrait que le repas soit prêt avant qu'elle ne se réveille. Tu leur fais signe de la direction que tu empruntes Suivez-moi, ils ne sont pas bien loin.

Et dernier parmi vous, constatant la proximité entre ces deux elfes et toi, Ilweran quitta le couvert de la canopée pour venir refermer le convoi, moitié voletant, moitié sautillant, cherchant à attirer l'attention de tes parents.


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Dernière édition par Estiam Faerin le Mar 2 Jan 2018 - 20:50, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Miroir du premier jour | Estiam & Lómion   Mar 26 Déc 2017 - 21:49

«– Par là Lucëya, viens ! »

Les doigts de la douce Ornehel se glissent entre ceux du Doyen et l’entraînent dans une course effrénée contre le temps. Ils se sont joués du temps pendant leur périple, et voilà que la précipitation les prend de vitesse. Ils vont revoir leur fils bientôt, car cette certitude remplit leurs oreilles avec force. Ils ne souhaitent plus n’être qu’eux deux, ils veulent à présent retrouver la troisième pierre de leur famille, celle qui tient en équilibre sur les deux autres pour former un solide cairn. Alors Uinèn court, et Lómion court avec elle.
Cela faisait bien longtemps que ses jambes n’avaient pas offert le plaisir de la course à celui qu’elles portaient. Non pas qu’il ne puisse pas le faire par manque de condition, non. Mais la course avait quelque chose d’infantilisant qu’il n’avait jamais avoué au grand jour. Avec Kyrïa et son aimée pour seules témointes, il s’en livre à cœur joie, retrouvant un instant l’euphorie de ses premiers centenaires.

Elle arrive la première dans la petite clairière, loin des sentiers battus. Uinèn le lâche pour rejoindre une autre étreinte, celle de son fils. Le Doyen regarde un instant ces deux Souffles se lier, renouer les liens à jamais entrelacés. L’étonnement d’Estiam n’avait rien de surprenant. Cela faisait plusieurs jours qu’il s’apprêtait à le revoir, mais pour le jeune mage, voir apparaître sa mère, puis son père loin des pierres blanches d’Alëandir devait avoir le goût de l’impromptu, voire de l’impossible.
Enfin, il le vit. Ce n’était plus le fougueux élève en quête de savoir exotique, ni le chercheur impétueux de ses plus jeunes années qu’il avait devant lui. En vérité, Estiam n’avait plus grand-chose de l’enfant qu’il était encore, même une fois ses cinq siècles révolus. Lómion avait gardé l’image du jeune elfe farouche, et voilà qu’il faisait face à une réalité toute autre. En bien des points qu’aucun elfe non-père ne pouvait ne serait-ce qu’envisager, ou qu’aucun citadin non-mage ne pouvait comprendre, son fils avait changé.

Le père et la mère rejoignirent leur fils dans une étreinte passionnée. Nul Taledhels, ni aucun Ornedhels ne devrait connaître autant l’éloignement de leurs êtres proches, tant ils étaient rares. Pourtant, les choix que chacun avaient faits les trouvaient là, à partager une chaleureuse embrassade, sous la canopée de leurs Frères Sauvages, après de longues années d’absence. L’archimage savoura d’autant plus ce moment d’intimité.

Estiam n’avait prononcé aucun autres mots que ceux de la surprise, et Lómion en avait fait autant. Pourtant vint le moment de mettre fin à ce contact si désiré. Leur jeune sang-mélé leur demande de le suivre, narrant quelque exploit inconnu pour les oreilles non initiées aux secrets de l’Anaëh que sont celles du Doyen.

«– Nous te suivons, onya. »

Et le fils prend la tête de leur petit convoi pour leur montrer le chemin. Alors qu’ils avançaient dans l’épaisse forêt des terres d’Alëandir, le doyen remarqua le petit être qui fermait la marche. L’émotion aidant, il n’avait pas remarqué la force avec laquelle ce petit animal ailé piqué par la curiosité s’exprimait dans le langage d’Elenmar. Il poussa un petit soupir d’etonnement alors que sa main s’approchait de ce Fils du Grand Sage.

«– Inwìn’löke… » dit-il dans la langue des Immortels, alors que dans son esprit s’engage un jeu avec le dragon-fae, un jeu où les mots n’ont pas de sens.
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MessageSujet: Re: Miroir du premier jour | Estiam & Lómion   Mer 27 Déc 2017 - 12:15

Une œillade curieuse, un couinement timide, un intérêt enfantin pour celui qui semble s’intéresser à lui. Celui-là aussi est sensible, particulièrement sensible, et cela apparaît comme une véritable évidence à l’enfant d’Elenmàr. Sans que la procession ne s’arrête, au fur et à mesure de vos pas, Ilweran s’amuse à faire démonstration de ce qu’il a acquis de maîtrise sur les éléments dans le peu de temps d’apprentissage qu’il a eu. Les quelques flammèches qu’il est capable de cracher et de rediriger, son impressionnant pouvoir sur les petits cailloux, mais surtout, son contrôle loin d’être ridicule sur l’humidité ambiante. Il s’est ouvert aux deux autres bien vite que toi, mais en reflet à son instructeur, le dragon-fae présente une notable prédilection pour l’eau.

- Qui va là ?

Le ton tranchant d’Huondil provoqua un violent sursaut chez ton compagnon ailé, qui sans demander son reste abandonnera ses jeux pour trouver protection auprès de toi. Tu souris, ta paume trouvant la paume du reptile pour lui partager un peu de rassurante chaleur. Un jour peut-être il se ferait aux éclats de voix autres que les tiens. Ce jour-là lui et toi aurez probablement tous les deux encore beaucoup grandi.

- Ce n’est rien Huondil. Ce n’est que moi. Je reviens avec de quoi manger.
- Et eux alors ? le regard du guérisseur fait de rapides allées et venues entre les trois visages avant que ses yeux ne s’écarquillent Non… sérieusement ?
- Voici Uinèn, ma mère, et Lòmion, mon père.

Le soigneur termine d’appliquer un onguent à l’odeur étouffante sur le cou et sur la poitrine de votre sœur endormie avant de se lever en direction du petit convoi. De respectueuses salutations sont adressées à celle des Lin’Serindë, dont les tatouages laissent aisément savoir l’importance du rôle au sein de son propre clan, mais la trace et l’odeur laissées par celui du Chapitre Blanc plaisent beaucoup moins. Huondil observe, presque anxieusement, apparemment à la limite de se demander s’il s’agissait là d’un piège quelconque, d’une quelconque illusion. Certes, les traits de Ruthwentë étaient criants d’un double héritage, mais de là à ce que le Sang Taledhel ne sont si… proéminent.

- Huondil, assez !

L’ordre ne souffre pas d’objection, particulièrement lorsque l’on se trouve dans le cas de ton confrère suspicieux, sachant exactement de quoi tu es capable. L’Ornedhel s’incline face à Lòmion, presque à contrecœur, son esprit ayant déjà commencé la démarche de déconstruction de ta légitimité en tant que choisi de Mëlien. Un demi-sang aussi proche des Cités… comment pouvais-tu être assez en touche avec la forêt pour avoir reçu cette bénédiction ? Ferais-tu à l’image des Citadins preuve de faiblesse au dernier moment ? Comment compter sur toi alors qu’en ton sein coulait le sang des événements d’Eteniril ? Et pourtant, à l’instant il lui paraissait impossible de retirer la confiance placée en toi. C’étaient du plus profond de tes tripes que tu avais craché ton idéologie, et c’était avec la même verve que tu avais affronté Tòchi. Pouvait-on réellement si soudainement remettre en question celui qui achevait de faire le tour d’Anaëh pour Anaëh ? Seul le futur le dirait.

- Vous devriez prendre place quelque part pendant que je prépare le repas.

Aux deux fées de pierre, sur quelques moulinets du poignet s’ajoutèrent une d’eau et une de flammes, cuisinières improvisées. Débarrasser une proie de son pelage, en nettoyer l’intérieur et l’extérieur de la carcasse, plusieurs fois remercier la forêt pour ce présent, soumettre la chair au jugement des flammes, disposer fruits, légumes et aromates au cours de la cuisson, voilà des choses qui t’étaient bien coutume. Tu en as passé de longs siècles à l’extérieur, en solitaire, avec l’Art pour seule compagne. Pour autant que ton père puisse se refuser au travers de ses discours à parler de la magie en tant qu’outil, c’est en partie ce qu’elle est et a été pour toi. Comme une seconde paire de bras. Comme plusieurs paires de mains supplémentaires, t’autorisant pas seulement à survivre, mais à vivre dans l’environnement hostile que pouvait se prouver être l’Anaëh… ou l’Aduram. Particulièrement pour un solitaire, et il n’y avait à tes yeux rien de moins noble à cela qu’à n’importe quoi d’autre. Un membre supplémentaire, une arme, un vaisseau de science, un Art, une conception du monde, la magie était tout à la fois sans être plus l’un que l’autre. Seul le sorcier choisit la parcelle qu’il en exploitera.

Si ses voies aériennes n’étaient pas inondées des odeurs des pommades que lui avait passé Huondil, on aurait pu imaginer que c’est l’arrivée du repas qui réveilla Melima, car ce n’est que quand tu commenças à te rapprocher d’eux, plat bien en main – tes propres mains – qu’elle ne commença à rouvrir les yeux. Quelque part entre deux mondes, toujours victime de la fatigue, l’Ornedhelle se contenta de poser mollement les yeux sur les nouveaux venus et de constater votre air de famille sans plus poser de question. Elle ne prononcerait probablement pas un seul mot avant quelques dizaines de minutes, si ce n’est quelques heures. Huondil par contre, nourrissait si ce n’était pas particulièrement envers toi, une certaine méfiance envers ton père. L’Indilótëa garde encore un souvenir amère du jour où les Citadins accueillirent parmi eux le Sombre qui permit aux événements de l’empoisonnement d’Uraal d’avoir lieu, et c’est une méfiance toute particulière qu’ils vouent aux Lëandrins, les plus grands coupables de tous.

- Je n’aurais pas imaginé que l’Appel soit entendu jusqu’au sein des murs de Pierre.

Et c’était autant une attestation de sa surprise qu’une attaque envers les décideurs d’entre les Citadins, qui avaient choisi de ne pas y répondre.

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MessageSujet: Re: Miroir du premier jour | Estiam & Lómion   Jeu 28 Déc 2017 - 10:39

Devant deux paires d’yeux à la fois étonnés et amusé, le petit dragon-fae se joue des éléments à la manière de son maître pour satisfaire leur regard. Il virevolte dans l’air en même temps qu’ils marchent, faisant preuve de la même dextérité dans cette élément de part ses ailes que dans les autres par sa magie, que l’on devinait tout de même fraichement acquise. Le parallèle avec Estiam était plus qu’évident, et son père se mit à apprécier l’animal avec la même tendresse qu’il avait accompagné les premiers pas d’arcaniste de son fils. L’eau est déjà son élément de prédilection, comme il en avait été de même pour le jeune acade qu’était alors le hérault de Mëlien.

Lómion se laissa porter par la bienfaisance de cette forêt, aux dangers écartés par la seule présence d’Uinèn. Son regard se perdit autour de lui, comme il l’avait fait maintes fois en quelques jours. L’Inwìn’löke continuait sa danse aérienne, improvisée pour gagner le cœur des parents de son protecteur, qu’il avait déjà conquit.
Puis une voix retentit à travers la sylve, tranchant nette la féérie du moment. Le reptile volant file trouver refuge dans les bras rassurants de son maître, alors qu’un Ornedhel, la peau tannée par la vie extérieure, se place en travers du chemin.
L’elfe nouvellement arrivé offre ses respects à sa femme mais réserve au Doyen qu’un air crispé, témoin du peu d’estime que le Taledhel lui inspire. Là où dans les cités, la simple vue de son visage ou de la bague de Caranthir à son doigt suffirait à être reconnu et estimé, ici les apparences ne sont rien de plus que des écrans de fumée. Ici, il n’est Doyen de rien et Archimage que dans ses mots. Lómion sourit à cet état de fait, nouveau lui aussi, le mettant dans une position pour le moins délicate avec celui qui accompagne son fils.

Mais l’ordre d’Estiam claque, n’admettant pas qu’on le discute, et l’elfe des bois s’incline roidement devant l’archimage, révérence que ce dernier rend bien. Cette bataille là se solde par une trêve cordiale, mais nul doute qu’elle reviendrait avec plus de hargne lorsque les autres Noss auront connaissance de la présence d’un elfe-caché-par-les-murailles en dehors de celles-ci.
A l’invitation du fils, le père et la mère s’asseyent, offrant à leurs habits la douce sensation de la terre battue. Et, paradoxalement, Lómion apprécia ce contact si naturel, le ramenant un peu plus à ses jeunes siècles.

Le Doyen regardait le mage, aux manifestations de son pouvoir si particulières, à l’œuvre. Il n’ignorait en rien les réflexions de son fils sur l’usage des flux pour cette action banale qu’est la cuisine ; ses œillades discrètes et sans doute involontaires le confirment. Lui-même bien loin des préoccupations quotidiennes des Noss, il ne pouvait désapprouver ces thaumaturges qui mettaient leurs bons services au profit de la communauté. Lui aussi le faisait, en quelque sorte, mais d’une manière bien différente qui ici, ne valait peut-être pas le même respect.
Une seconde elfe se lève, les yeux embués par le sommeil et darde sur le Taledhel son regard encore assoupi mais qui ne manque pas de percer à jour les traits criants que les Cités ont laissé sur son visage. Sa pique file droit dans le cœur du Doyen. Savaient-ils que sur cette rive où ils ont tant perdu, la vie de celui dont il porte encore l’héritage s’est terminée ? Pensaient-ils seulement que les Cités avaient combattu et perdu autant de Souffle ce jour maudit entre tous ? Non, bien sûr. Mais il fallait bien reconnaître le tort des citadins, qui, bien souvent, n’avaient eu que dédain pour un peuple qu’ils croient moins civilisés qu’eux ; les crimes d’Eteniril sont encore frais dans les mémoires.
Mais dans la réponse de l’archimage, il n’y a nulle colère et aucun ressentiment. Sa femme avait depuis bien longtemps su faire taire les murmures d’inimité que l’on crie des deux côtés des murs de pierre.

«– Je suis bien peiné d’y être resté sourd, inkáno*. Mais je suis à la fois fier de voir certains de mes Frères y répondre, et fier d’être resté pour les autres. »

Traduction:
 
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MessageSujet: Re: Miroir du premier jour | Estiam & Lómion   Jeu 28 Déc 2017 - 20:44

Surprise de la part des Ornedhels devant le calme avec lequel l’Archimage du Chapitre Blanc géra la question. Satisfaction de sa compagne habituée au charismatique flegme l’ayant conquise il y a presque un Cycle de cela. Egal étonnement de la part du fils quand en ces mots son père accepta sans plus broncher que grondent les prémices de batailles à venir dans un futur proche. Plus étonné encore qu’il ne s’insurge pas devant l’évidence de ta place au cœur des conflits, mais après tout, ne t’avait-il pas laissé partir autrefois ? D’abord lorsque tu t’étais décidé, sur un coup de tête, à partir en quête de l’origine des Drows, puis lorsque tu avais regagné la forêt à la recherche de ton clan de naissance sans avoir la moindre idée d’où se trouvaient les nomades de la Lin’Serindë, et plus récemment encore, lorsque tu t’étais engagé parmi les mages rassemblés par Anorndellon pour aider à la reprise d’Eraïson. Lòmion s’est toujours moins battu pour te retenir toi que la majorité des autres élèves de l’Académie. Oui, Lòmion en tant que digne père était toujours terrifié de te voir partir, car adulte accompli ou pas, tu restais sa progéniture, mais probablement étais-tu l’une des rares personnes en qui il mettait assez de confiance pour accepter de les voir côtoyer le danger. Et puis… il faut dire que ton adolescence lui avait laissé tout loisir de constater que c’était toujours avec une incontenable fougue que tu réagissais. S’il n’avait pas travaillé à construire cette confiance en toi et cette sérénité… alors certainement, la culpabilité née de votre amour vous aurait tous les deux tué à petit feu.

- Ni Lòmion ni moi ne sommes de ceux qui ont leur rôle à jouer au premier rang dans ces conditions. La tisserande dépose une douce bise sur la joue de son compagnon L’un comme l’autre avons bien plus de valeur dans notre érudition que dans notre force, et bien que ça ne soit pas bien apparent depuis l’extérieur des murs, le rôle de Lucëya devant la Mère est d’une importance légitime. Elle tourne le regard vers toi, un sourire franc et fier au visage L’Anaëh aurait perdu de bien précieux enfants si des professeurs d’exception n’avaient pas été là pour les protéger d’eux-mêmes.

Tu sers les plats, approximativement partagés selon ce que tu sais de l’appétit de chacun, et tu ne peux que laisser échapper un feint rire en réponse aux allusions d’Uinèn. Les souvenirs. Les bons souvenirs et les mauvais souvenirs. Il y en avait tant des uns comme des autres qui ressurgissaient à ces quelques mots, et pourtant, c’est dans une bonne humeur presque béate que tu les accueillais tous. Que ceux crachant sans cesse leur venin sur la Dissonance d’Aduram te prennent en exemple et comprennent, que la colère de la soi-disant forêt maudite n’est pas que rage aveugle et injustifiée.

- Et même si je suis bien peinée que ce soit nécessaire, je suis heureuse qu’en plus de notre érudition, certains possèdent la force de faire ce qu’il faut pour l’œuvre et pour nous. Ton père et moi mentirions si nous disions que tout cela ne nous effraie pas, mais ce serait un plus grand mensonge encore de dire que nous n’avons pas toujours étés fiers de toi. Elle jette un œil à ses convives, et glousse un instant, les doigts sur la bouche, en constatant le léger flottement provoqué chez eux Mais désolée de l’incartade… il faut croire qu’il y a des choses qu’une mère n’a jamais le sentiment d’avoir assez dites.
- Ne vous en excusez pas la demoiselle intervient mollement, piochant de ses doigts quelques morceaux de racines de son plat il faut bien avouer que votre fils est pour le moins… ses yeux se tournèrent vers le jeune tréant encore incapable de se déplacer seul, perché sur le cadavre de son ancien corps impressionnant.

Ce n’est pas l’envie qui manqua à Huondil de s’accrocher à ses mots et à les décorer de sa propre intervention, mais lorsque l’on savait qu’effrayant était le premier des adjectifs à lui être venus en tête, les raisons de silence devenaient beaucoup moins obscures. Beaucoup des accords gagnés des suites du dernier Conseil tenaient de sentiments partagés entre la peur et la confiance en la présence d’un mage aussi puissant que celui qui venait de vaincre Tòchi après une décennie de folle colère.
Des deux compliments il n’y a cependant que celui de ta mère qui trouve résonnance en ton cœur ; fondamental changement lorsque l’on sait à quel point il y a quelques temps encore de cela tu te battais pour obtenir la reconnaissance de tes pairs, celle qui t’offrirait le sentiment d’appartenance que tu recherchais avec tant d’ardeur.

- Impressionner sauve beaucoup de vies. Les plus belles batailles sont celles que l’on n’a pas eu à livrer. Tu souris, posant les yeux sur la première personne que tu aies entendu prononcer ces mots : ton père J’y pensais d’ailleurs père, as-tu déjà eu l’occasion d’échanger avec les Mortels ? Les temps avance, et l’Anaëh vers eux. De tous tu devrais être l’un des mieux placés pour leur enseigner le respect de la forêt.
- Un sourd ? Enseigner le respect de l’œuvre ? Commen est-ce que…
- À des sourds. À quoi bon entendre si c’est pour enseigner à des élèves privés d’ouïe, sinon à baser nos raisonnements sur des concepts qu’ils ne comprendront jamais ? Je sais qu’ils seront très peu ceux parmi les clans à ne pas m’appeler fou parce que je veux tenter cette expérience, mais au moins ceux-là ne justifieront pas l’hostilité que l’on rencontrera certainement chez les hommes.

Tu aurais aussi aimer demander son aide à Lòmion pour la destruction de Yutar, lui faire miroiter la victoire quasi sans casualités alliées que ses talents auraient pu vous offrir, mais il est un fascinant paradoxe chez ton père surprotecteur, en ce que sa haine pour la guerre est justifiée par les mêmes morts que son honneur lui pousse à accepter plutôt que de faire de sa magie une arme.

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MessageSujet: Re: Miroir du premier jour | Estiam & Lómion   Mar 2 Jan 2018 - 20:42

Lómion cacha sa confusion derrière un sourire engageant. Malgré la proximité de ces elfes avec ceux des Cités, l’archimage ne pouvait que constater le monde qui séparait ces deux ethnies, pourtant deux visages d’un seul et même peuple. Force était de constater que même Uinèn a ses côtés pour lui enseigner les mœurs ornedhels, il en ignorait encore beaucoup. Suffisamment pour conduire à de telles méprises. Alors que le Doyen associait au mot ‘Appel’ ce qui résulta du Voile, lorsque les Citadins appelés par les Chants de la Mère se sont mis à sortir des murs de pierre et que la Nature abattait ces murailles, son fils lui donnait un sens beaucoup plus personnel. Ainsi ses derniers doutes s’envolaient quant à l’entreprise d’Estiam. C’était bien une œuvre guerrière que menait son fils à travers l’Anaëh, et l’Appel recouvrait ici un sens inédit. Les clans Noss s’unifiait dans le but de repousser les frontières de l’œuvre.
L’heure n’était pas aux jugements, aux remontrances ou aux conseils. Le discours du thaumaturge, fort de son autorité et du soutien des deux Noss en présence, ne devait pas souffrir de contestation. Pourtant, lorsque les oreilles des autres elfes se seront éloignées, Lómion se promit une discussion avec son fils, ne serait que pour comprendre ses motivations profondes. Mais l’heure n’était pas à cela ; l’heure était à la réjouissance.

Uinèn exprima tout haut ce qu’il n’avait pas dit mais qu’il pensait fort. Comme souvent, le franc-parler teinté d’affection de la tisserande lui tira un nouveau sourire, qui vint être ponctué d’un baiser sur sa joue. La main du Doyen chercha le creux des reins de son aimée. Un échange de simples gestes qui suffisait à traduire un amour puissant renforcé par des siècles de complicité. Elle exprimait toute sa force de conviction d’elfe des bois, tandis qu’elle rendait dignement hommage au Citadin et son érudition.

Tandis qu’Estiam servait des mets, dont l’odeur laisser présager le goût qu’ils auraient, les yeux de l’Archimage se tournèrent vers le cadavre de l’étrange bête du Lac Infini, souche sur laquelle trône le bourgeon de sa renaissance. La puissance de ce secret d’Anaëh qui lui est dévoilé est impressionnante, mais pas tant que les ressources de magie qu’il avait fallu développer pour le vaincre et le relever. Estiam avait changé, oui, mais le changement le plus important devait résider dans le Cœur qui pend à son oreille, point de convergence des Flux que le fils du doyen a appris à manier depuis son adolescence. Ses capacités, plus rien ne les réfrène aujourd’hui, et le thaumaturge peut laisser son talent être emporté au plus loin par le temps, qui joue à son avantage désormais.

Les mots qui, des années auparavant, se sont retrouvées dans sur les lèvres du père sont à présent prononcés comme une sentence irrévocable par le fils. « Les plus belles batailles sont celles que l’on n’a pas eu à livrer ». Estiam avait donc intégré cette sagesse que les siècles lui avait enseignée ?
Pourtant, son discours se poursuit vers un cap que personne d’autre que lui n’avait anticipé. Le guérisseur des Noss se place instinctivement dans l’opposition d’une proposition qu’il juge folle, avec un protagoniste des Cités prenant une part trop importante, mais l’argumentation d’Estiam ne manque pas de pertinence. Lómion ne cacha pas sa surprise, ni son indécision. Une main vint se creuser dans la sienne et il la serra, ne quittant plus le héraut de Mëlien des yeux. Sa proposition est tout ce qu’il y a de plus sérieux. Mais comment pouvait-on envisager d’enseigner à des mortels, que les Dieux et le temps avait tout fait pour éloigner des sylvestres ? Comment pouvait-on refuser une main qui se tendait, si l’autre alternative n’était que la crainte d’une nouvelle guerre ?

Le dilemme faisait rage et le silence était pesant.

«– J’y réfléchirai, onya. Je ne peux te donner ma réponse ce soir, elle ne serait pas assez méditée. Aussi, laisse-moi le temps de la réflexion, s’il te plait. Nous en reparlerons. »

La main d’Uinèn étreignit un peu plus la sienne, comme pour agréer ses paroles. Ce n’était pas un refus obtus, ni une acceptation naïve. Le doyen prenait le temps pour se faire les idées.
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MessageSujet: Re: Miroir du premier jour | Estiam & Lómion   Mar 2 Jan 2018 - 23:42

Tu n’en attendais pas moins du penseur. Lòmion comme tu l’as connu n’avait jamais été de ceux à prendre une décision sur un coup de tête, ou sous l’influx des passions… du moins, il ne l’avait à ta mémoire jamais fait à un autre moment qu’au jour où il choisit d’accepter de s’unir à ta mère.

- Je vois. Tu souris, amusé par une situation bien trop prévisible Ne t’inquiètes pas papa. Le temps ne presse pas. Pas encore.

Tu termines d’engloutir le reste de ton repas d’une traite, gardant tout de même ta place auprès d’invités pour certains encore loin d’en avoir fini avec le leur. Partager en cinq plutôt qu’en trois n’aura donc fait de malheureux que toi. Peut-être était-ce la déception de ne pas être repus, ou alors l’excitation de te retrouver devant tes deux parents à la fois, mais tu sentais l’atmosphère comme flottant entre deux eaux, incapable de réellement se poser vers une impression tangible. Tu ne pouvais pas expliquer ce que tu ressentais, et à voir l’air concerné qui se peignait sur son visage, Ilweran ne serait pas d’une grande aide dans ta psychanalyse cette fois.
Huondil lui était visiblement tendu, et ne s’en cachait pas. La présence aussi proche d’un Citadin de haut rang comme Lomion, le fait qu’une figure aussi importante que celle de la Gardienne du langage des Araignées puisse le défendre, le fait que le Hérault de Mëlien se trouve être un puissant élémentaliste, fils de deux figures chacune profondément emblématiques de leurs faces respectives du peuple elfique… tout cela avait quelque chose d’irréel à ses yeux. D’à la fois profondément logique et complètement burlesque. Mais surtout, il constatait maintenant que si tu t’adressais aux clans dans ta quête d’alliés, tu n’avais pas pour autant abandonné ton héritage de Pierre, et c’est cela qui le gênait. Ferais-tu pleinement confiance aux clans lorsque viendrait le temps d’instruire, ou te retournerais-tu complètement vers les Taledhels cette fois.
Melima, elle, ne s’embarrassais pas de tant de questions. Tu avais libéré le Tréant d’Uraal de sa prison de folie, alors quoi que puisse être la folle décision que tu prenais, elle était en état de te faire confiance… à condition que rien ne l’empêche de continuer de prendre soin de la jeune bouture de Tòchi. Parce que si elle ne parlait pas beaucoup, c’était bien que son esprit était entièrement occupé par le bien-être de la créature… ou du moins…

- Lómion, si vous devez prendre une décision, une fois que nous aurons terminé le repas, il y a une chose importante que je dois vous montrer.

Appréhendant probablement plus la suite que ton père, qui lui n’avait pas la moindre idée de ce dont il s’agissait, tu adresses un regard concerné à la gardienne, avant de jeter à nouveau l’œil sur ton père.

- Même si vous ne faites qu’accepter un rôle d’enseignant devant des sourds – en imaginant que vous l’acceptiez bien sûr – je pense qu’il est des choses que tout elfe se doit de savoir avant de prendre une décision pour l’œuvre. Si cela ne vous dérange pas, j’aimerais vous permettre, ne serait-ce que pour une minute, d’écouter.

Tu souris, Uinèn sourit. C’est une chose qu’il avait toujours été presque impensable pour vous de partager avec lui, mais libéré de la corruption, le pouvoir de Tòchi, s’il est déjà assez fort, devrait vous l’autoriser, pour quelques secondes au moins et quelques secondes des Chants étaient déjà une éternité d’histoires.

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MessageSujet: Re: Miroir du premier jour | Estiam & Lómion   Jeu 4 Jan 2018 - 11:02

Papa. Un mot que ses oreilles n’avaient pas entendu depuis fort longtemps. Mais il résonnait aujourd’hui avec toute la force de l’amour que le Doyen portait à la chair de sa chair, comme si les décennies d’absence étaient oubliées. La pudeur le retint de reprendre les deux êtres aimés dans ses bras pour une nouvelle étreinte, tant ces occasions étaient rares et qu’il fallait en profiter.

Personne ne s’offusqua à ce que l’on diffère la décision d’enseigner ou non aux mortels. Chacun avat compris que l’on ne prend pas une telle décision à la légère, et chacun retourne à son repas. Les mets aux saveurs exquises dont le palais du Taledhel était encore étranger furent vite engloutis avec appétit et la sylve retrouva un silence tout relatif, troublé par le bruit du vent entre les branches et du déplacement des animaux tout autour d’eux. Lómion n’était pas inquiet, au milieu d’une flore et d’une faune sauvage dont la plupart des citadins ne font que goûter du bout de la langue durant leur longue existence, mais il admirait le calme de ses frères des bois qu’aucun mur ne séparait des bêtes.
Estiam fut le premier à finir la nourriture qu’il avait lui-même préparé. Le repas terminé, il n’y eut pas de mots pour remercier le mage de ses talents de cuisiniers mais les yeux parlaient pour eux.

Alors que l’archimage allait prendre la main de son aimée et celle de son fils pour s’écarter des oreilles ornedhelles, la réaction de la shamane l’en dissuada. Sa voix était à l’image de la forêt ; tendre et calme ici, on devinait aisément avec quelle colère elle pouvait traiter ses ennemis. Mais n’était-ce pas une particularité de chaque elfe des bois ?
Lómion croisa le regard de son fils, le regard de celui qui sait ce qui va arriver et qui ne fait rien pour l’en empêcher.

«– Si cela ne vous dérange pas, j’aimerais vous permettre, ne serait-ce que pour une minute, d’écouter. »

A son regard interrogatif, Uinèn répondit par un sourire, en écho de celui de leur fils. Lui proposait-on d’Ecouter les Chants d’Anaëh ?

«– Ce serait plus qu’un grand honneur que tu me ferai, inkáno. »

Il attendit que tout le monde ait bien terminé pour se lever, n’offensant ainsi aucunement la politesse, emportant avec lui la main d’Uinèn. Ses pas le conduisirent sur la berge du Lac Infini, d’où les deux amants purent apprécier la vue du Tréant renaissant.

«– Est-ce aussi beau que l’on le dis si bien, Almaya ?
Ca l’est plus encore, Lucëya »
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MessageSujet: Re: Miroir du premier jour | Estiam & Lómion   Jeu 4 Jan 2018 - 16:18

Les dernières bouchées furent englouties avec un entrain bien différent des premières, ton père impatient de satisfaire à sa curiosité, ta mère se hâtant de savoir quelle serait la réaction de Lômion face aux Chants, Melima se demandant si cela allait changer quoi que ce soit à sa décision, et Huondil se questionnant quant à ce que cela changerait dans sa personne. Qu’il garde ou perde à nouveau l’ouïe, un elfe n’est plus le même après avoir entendu pour la première fois.

Tous debout sur les berges, face à la dépouille de l’ancien corps du Tréant, attendaient ton signal pour se jeter à l’eau. Tu passas le premier, glissant quelques mètres sur la surface avant de te retourner vers le reste de la troupe, les invitant à faire de même. Melima prit rapidement le pli, et trouva aisément son équilibre sur les courants d’eau. Ta mère ne tarda pas à en faire de même, Huondil à sa suite, tandis que la chose fut beaucoup moins instinctive chez ton père, qui sembla quelques instants se perdre dans ce que tu penses avoir été des complexes calculs de physique et de grandes considérations magiques avant de s’atteler à trouver une position qui lui permettrait de supporter le mouvement. Négligeant se contretemps, le voyage jusqu’aux lieux du rituel ne dura pas bien longtemps.
Uinèn se contenta d’aller s’asseoir quelque part en recul, s’assurant de ne pas gêner.
Melima entreprit d’éveiller la toute jeune bouture, reprenant ses soins par la même occasion.
Huondil invita Lòmion à s’approcher, avant de lui tendre une fiole d’un liquide jaunâtre fluorescent.

- Bois tout. C’est un liant. Ça empêchera que ton esprit ne se perde.

C’est la Shaman des Cal’ëar par la suite qui invita l’Archimage à l’approcher, le tempérant de ses gestes mesurés, partagés entre l’accueil et les soins prodigués.

- Donne-moi ta main la Guide Spirituelle prit délicatement la main de Lòmion dans la sienne et la porta vers le cœur de l’arbre Ferme les yeux maintenant. Elle se tourna ensuite vers vous Uinèn, Estiam pour prononcer les mots que tu attendais Venez, partagez-lui votre mémoire.

La Shaman se laissa emporter dans une longue litanie, dont la puissance te vrillait les tympans, tant à travers le tissu de l’éther que dans son impact sur la Symphonie. Tòchi entendait son appel, Tòchi y répondait, et avec une énergie que l’on n’attendrait pas d’une si jeune créature, il vous prit avec lui. Les tiges de son ancien corps glissèrent autour de vos chevilles, de vos mollets, de vos poignets et de vos bras. Sans que cela ne soit réellement le cas, leurs racines semblèrent s’enfoncer dans les pores de votre peau, et alors, il vous fut donné de partager pour quelques temps vos souvenirs, vos sentiments, et votre mémoire avec celle du Tréant du Lac Infini.

Des mélodies d’Alëandir, à la fois entre et en dehors des murs. Des mélodies d’Eteniril, de Daranovar, d’Holimion ou d’Ardamir. Des mélodies des forêts de toute l’Anaëh. Des mélodies contant l’amour, la joie, la tristesse, l’ambition, l’abandon, l’indécision et la volonté. Des mélodies contant bien plus de vies que simplement les vôtres. Des mélodies contant des morts et des naissances, des amitiés et des guerres, avec l’étranger comme au sein d’un même peuple. Des mélodies qui vous contaient vous au sein d’un tout plus grand que l’imagination du Sourd ne saurait l’entrevoir. Des mélodies suivant les déboires et les joies d’une histoire d’amour interdite et de l’enfant qui en est né, suivant l’inébranlable conviction d’une mère en l’amour du père qu’elle ne côtoyait pas ; suivant l’enfant ayant trouvé foyer dans sa détresse ; suivant péniblement le père se protégeant du vide en son cœur entre quatre murs.
Des mélodies contant la vérité des uns, des autres et du monde. Des mélodies qui par instant se firent pesant silence, qui par instant se firent ballades, qui par instant se firent dissonances. Terribles Dissonances, mais Dissonances intelligibles. Des mélodies qui révèlent bien plus que des mots. Des mélodies qui révèlent bien plus que les savoirs gardés par les elfes. Voilà ce qu’il avait été donné à ton père d’entendre.

Les lianes se retirèrent, Ilweran interloqué dardant de sa langue bifide en direction de Lòmion, comme si son odeur avait pu être d’une quelconque indication sur les raisons de son actuel déséquilibre. Tòchi l’avait lâché, la puissance des Chants s’était énormément estompée, ne lui laissant plus que quelques frissons et murmures là où jouait précédemment un véritable orchestre, mais il entendait toujours. Pour combien de temps ? Personne n’aurait pu le dire, mais il entendait toujours.

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MessageSujet: Re: Miroir du premier jour | Estiam & Lómion   Sam 6 Jan 2018 - 12:33

Lómion appréhendait le moment qui viendrait car à coup sûr, il ne serai plus de même lorsqu’il marchera sur cette rive en sens inverse. Uinèn serra sa main un peu plus fort et lui sourit. Un baiser fugace vint ponctuer cet échange et elle s’en fut, prenant la suite de son fils que les Flux emmenaient loin de la berge sans qu’il n’ait eu besoin de plonger. Les courants lui obéissaient, emmenant ses invités avec la même force et la même douceur que lui-même était parti.
Le doyen se retrouva vite seul au bord de l’eau, redoutant le moment où il poserait un pied mal-assuré sur le Lac Infini. Mais il avait tout confiance dans la magie de son fils qui, il était bien obligé de le reconnaitre, la maniait avec une dextérité qui forçait l’admiration.

Alors il fit un pas.

L’équilibre était précaire, mais après un moment, il le trouva. L’archimage ne put s’empêcher de s’appuyer sur la magie d’Estiam, comme sur la béquille assure le pas du plus âgé des elfes. Puis il se laissa porter jusqu’à l’immense cadavre du Tréant, qu’habitait désormais le bourgeon. Il ferma les yeux un moment, profitant de la douceur des Voix d’Elenmar à son encontre. Il posa une main sur l’écorce rugueuse.

«– Bois tout. C’est un liant. Ça empêchera que ton esprit ne se perde.

On lui tendit une fiole, au contenu d’un étrange jaune fluorescent, qu’il s’empressa de boire. Le goût était sucré à faire trembler son palais mais il avala tout, comme le guérisseur lui demandait.
Les Ornedhels se posaient en professeurs, alors il les écouta et leur obéit.

Ses yeux se fermèrent.

Une main guida la sienne pour la poser sur l’Arbre.

Un Chant se leva, aux tonalités puissantes. Lómion sentit alors le pouvoir de la shaman se déployer dans le Flux, mêlant sa voix à ses expressions ethériques. Sa longue litanie appelait Tòchi et bientôt, il y répondit. Une brise se leva, faisant voler ses cheveux bruns.

Des branches vinrent s’enrouler autour de leurs membres. Ils n’étaient pas prisonniers. Ils étaient invités.

Alors le Chant du Tréant commença.

C’était un être ethérique autant que physique, à l’existence immémoriale, qui s’était fait mémoire de l’Anaëh. Il partagea d’abord au Doyen sa Magie, dans un langage qu’il comprenait mieux que tous les autres. Puis les Voix d’Elenmar laissèrent place timidement à autre chose. Une mélodie se leva dans l’air, emplissant les oreilles de chacun. Ses notes étaient singulières et pourtant exotiques. Il n’existait aucun équivalent de la Symphonie des Arbres. Et de fait ; c’était la plus belle chose qu’il lui était donné d’entendre.
Les notes se firent tantôt une harmonie lancinante, tantôt une mélopée exaltante, puis un air tranquille et une complainte douloureuse. Car du Chant maintenant, Lómion saisissait le Sens. Tout cela n’était pas juste une rengaine pour que les oreilles des initiés puissent apprécier la Beauté de l’œuvre. La Symphonie était un langage. Il saisissait les joies d’un Eroboas d’Holimion, les peines d’un Chêne Ardamiri, les espoirs d’un bouquet de Dreatite de Daranovar. Parfois, le Chant Dissonant de l’Aduram venait à effleurer ses sens puis était emporté par la gaité d’un Orme Lëandrin. C’était toute la vie d’Anaëh qui était donné d’entendre à l’Archimage du Chapitre Blanc.

Puis le Chant se fit un bruissement et le bruissement, un murmure. Et dans ses oreilles ne résonnait plus que les susurrements de Tòchi.

Lómion ne rouvrit pas les yeux tout de suite, se laissant bercer par l’expérience déroutante qu’est l’Entente. Elle était toujours là mais s’en allait, en lui laissant un sentiment de tristesse. Chaque jour le poussait un peu plus loin dans les arcanes qu’Elenmar lui avait donné, mais ce Secret d’Anaëh était resté fermé de son cœur tout ce temps.
Toujours dans l’obscurité de ses paupières closes, le doyen s’approcha du Tréant pour lui rendre un simple mot. Bien peu, en définitive, que tout ce que le Bête lui avait offert, mais tout ce que lui avait à lui donner en retour :

«– Merci. »

Et il rouvrit les yeux, laissant l’éblouissante lumière du printemps le déstabiliser un moment. Puis il adressa un regard reconnaissant à la shaman, à son fils, au guérisseur, et ses lèvres formèrent silencieusement le même mot qu’il avait eu pour le Tréant.

Puis ils rentrèrent sur la berge, Lómion partageant l’intensité de ce moment avec Uinèn dans une étreinte de leurs mains.

Alors que leurs empreintes marquaient la terre dans le sens du retour, ils croisèrent la route d’un Chêne. Lómion s’agenouilla devant lui, laissant Uinèn à ses yeux attendris.

«– Alors c’est ainsi que tu Chantes, Petit Frère ? »

Il toucha le tronc de l’arbre alors que les dernières notes de la douce mélopée se figeaient puis disparaissaient, ne laissant plus que leur écho dans la tête du Taledhel.
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MessageSujet: Re: Miroir du premier jour | Estiam & Lómion   Dim 7 Jan 2018 - 2:11

Le cœur d’Uinèn battait. Ton cœur battait. À l’unisson vos valves marquaient l’excitation qui vous animait depuis que vos mains s’étaient jointes à celle de Lòmion durant le rituel. Huondil restait silencieux, Melima s’effaçait, car entre eux se trouvait une famille dont les histoires s’étaient profondément entremêlées, une famille pour laquelle les uns n’avaient plus le moindre secret pour les autres… si ce ne sont quelques rares parts du temps passé par le patriarche entre les murs, là où la Sylve eut du mal à lui imposer son influence. L’Harmalaica était un puissant sanctuaire.
Le cœur d’Uinèn battait. Ton cœur battait. Maintenant il était en mesure de comprendre ce qu’elle savait déjà, et d’accepter ce qu’elle-même avait eu du mal à entendre autrefois. Maintenant seulement Lòmion serait capable d’entendre la pleine mesure de l’influence qu’a eu l’Aduram sur ton Souffle plutôt que seulement d’en conjecturer les implications selon des mesures établies par les Taledhels au cours des Cycles, devant des occurrences dont ils ne pouvaient comprendre ni la logique ni la portée. Certainement Lòmion serait aussi effrayé… voir plus encore qu’elle, lui dont la confiance en le tracé dessiné par les Porte-Voix de la Mère était moins absolue que la sienne, devant l’affection que porte son fils à la Dissonance, mais au moins était-il armé pour ne pas y trouver un vain désespoir. L’Aduram ne te tuerait pas. Tu vivrais. L’Aduram ne te pousserait pas non plus à détruire sans raison. Pas tant que ton esprit restait fort, et que par cette force tu réussissais à exploiter celle soufflée par l’Inconstante dans l’Ancien Linoïn.

- Lucëya les mains d’Uinèn prirent doucement l’une de celle de son amant Je… tu dois avoir autant de questions que tu n’as eu de réponses. Tu sais, il y a des choses qu’Estiam a toujours eu du mal à partager avec toi. D’une paume dans le dos, elle poussait doucement le père vers le fils Tu devrais aller lui parler. Seul à seul.

 Tu observes tes parents un sourire attendri au visage. Combien de fois as-tu eu l’occasion de les voir ainsi heureux ensemble en presque un Cycle ? Combien de fois as-tu eu l’occasion de les voir ensemble tout court ? Et pourtant, que tu te trouves avec l’un ou l’autre, le second n’avait jamais semblé être très loin. Leur manière de parler l’un de l’autre, la certitude que tu avais de leur amour à ton égard… l’affection d’un parent pour son enfant était décidément un immense pouvoir.
Quelques dizaines de secondes suffirent à ce que lui et toi trouviez le confort de l’intimité, et par la même occasion, à ce que sans plus attendre, tes bras ne viennent l’enserrer. C’est une complexe gymnastique qu’une étreinte entre un père et un fils, lorsque l’âge adulte a fait du plus jeune le plus imposant des deux, car si c’est bien ta stature qui enveloppe la sienne, c’est d’entre vous deux bien lui le roc sur lequel tu t’appuies.

Le favori de Mëlien, choisi par l’Ëala car ayant depuis longtemps embrassé ses valeurs. Un survivant d’Aduram, dont le corps et l’esprit ont réussi par deux fois à vaincre devant les épreuves de la forêt maudite. Un grand Maître élémentaliste, parmi les plus puissants que ne connaisse l’Anaëh actuelle, et probablement tout Miradelphia. Un homme de science, ayant donné une grande part de sa vie à l’étude de la vie dont sa magie est le miroir. Un voyageur, mené tout autour du continent par son insatiable curiosité. Un guerrier, prêt à verser son sang pour sauvegarder son foyer.
Tu n’en restes pas moins le fils d’un elfe. Le fils d’un père sans qui rien de tout cela ne t’aurait été possible.

- J’ai enfin fini par trouver ma voie Papa.

Tu as enfin fini par trouver une mission pour laquelle ta personne entière, et non pas seulement une fraction de toi, était nécessaire.

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MessageSujet: Re: Miroir du premier jour | Estiam & Lómion   Dim 7 Jan 2018 - 16:02

Ses bras vinrent enserrer le corps de son fils, que la Mère avait doté d’une paume de plus que le doyen. Les cœurs battaient à l’unisson. Le silence de leur intimité en disait plus que les mots dans leur embrassade. Ils s’étreignirent comme au Premier Jour.
Il faut être père pour comprendre la richesse que constitue un fils. Il faut être père pour connaître les joies, les douleurs, les déceptions et les attentes, les bonheurs simples et la fierté. Il faut être père pour vivre la peine de la séparation et l’allégresse des retrouvailles. Il a fallu un fils pour que le professeur apprenne le plus de son élève.

«– J’ai enfin fini par trouver ma voie, Papa. »

L’Archimage perçut alors toute la portée du cadeau que son fils et ses compagnons lui avaient offert. En ayant entendu la Symphonie, le Taledhel serait en mesure de comprendre ce qui animait son fils. Ses désirs et ses ambitions pour l’Anaëh prenaient dans cet orchestre sylvestre tout leur sens.

«– Je t’écoute, onya »

Il y aurait un moment pour parler. Plus tard. L’heure était aux confidences, pas au débat.
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MessageSujet: Re: Miroir du premier jour | Estiam & Lómion   Dim 7 Jan 2018 - 19:03

Il t’écoute, mais que dire de plus ? Que dire de plus que ce que les Chants lui auront appris il y a quelques instants à peine ? Rien de plus, juste la même chose avec tes propres mots, ton propre verbe et les approximations qu’entraîne une langue aussi inexacte que la vôtre. Il mérite ta confession, et au moins grâce à ce qu’il savait déjà comprendrait-il.

- Les racines de l’Estel continuent de s’étendre. Tu entames doucement à son oreille Elles ont déjà commencé à se glisser sous les terres mortelles, là où l’Anaëh était aux premiers Cycles. L’Œuvre aura besoin qu’on la protège cette fois. J’ai passé ma vie à essayer de faire mes preuves ataryo, voilà mon occasion. Pas devant les elfes, mais devant La Mère. Tu resserres encore un peu plus ton étreinte Et je sais comme l’Aduram est dangereuse, mais s’il te plaît, j’ai été tellement de personnes différentes en une seule vie, j’ai besoin que tu me croies quand je te dis que la Dissonance leur aura donné une raison de coexister. J'avais besoin de sa résilience.

Ce sont des mots dans lesquels tu crois dur comme fer, ceux avec lesquels tu aurais aimé pouvoir te définir bien avant.

- Je marche avec Mëlien ataryo.

Et comme elle tu as choisi de faire de ton existence un constant voyage, une constante évolution au gré des temps et des lieux. Aujourd’hui tu voyages arme en main. Demain tu voyageras la plume entre les doigts, jusqu’à ce que tu te trouves obligé de faire une arme de la pointe à encre.



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MessageSujet: Re: Miroir du premier jour | Estiam & Lómion   Dim 7 Jan 2018 - 20:22

«– Les racines de l’Estel s’étendent… dit-il dans un murmure. Oui, je l’ai senti… »

Un tressaillement vint accueillir cette évidence qu’il venait de comprendre. Rien de bien surprenant, en vérité. Il ne pouvait pas en être autrement. Mais poser ainsi de tels mots sur ce qui n’avait été qu’une sensation diffuse, apporter des vérités tranchées sur ce qui n’est que nuance…

«– Tu vois un père ravi, Estiam. Un père ravi qui voit son fils se faire une place auprès de la Mère. Mais, s’il-te-plait onya, n’apporte pas la guerre où il n’y a que les effets du temps. N’apporte pas le trouble où tout est paisible. Tu me parles d’Aduram et de Dissonance. J’ai entendu, onya. J’ai entendu le Chant vicié du Linoïn. Ne laisse pas la Dissonance devenir ta raison de vivre. »

L’enseignement des Cités fait de Mëlien la Folle, l’Inconstance. Elle apporte avec elle le changement, se fait l’ennemie de la Pierre. Qu’Estiam s’en fasse le héraut n’étonnait nullement l’archimage, mais il ne pouvait nier en avoir peur. La sagesse populaire ne dit-elle pas que l’avenir se construit ? Quel avenir y a-t-il à celui qui ne sait être l’eau calme du lac, mais qui se fait le torrent tumultueux ?

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MessageSujet: Re: Miroir du premier jour | Estiam & Lómion   Dim 7 Jan 2018 - 21:41

- Je ne vis ni pour ni par la Dissonance, si c’était le cas, je ne serais jamais sorti d’Aduram. Je l’ai acceptée en tant que part des Chants d’Anaëh, voilà tout. Apprendre de la Dissonance est difficile, mais ses enseignements sont précieux. Tu desserres l’étreinte pour que vos visages puissent se faire face, et que ton sourire puisse venir le rassurer Le Chant d’Aduram n’est pas vicié, il est juste… tumultueux.

Erratique, toujours changeant, à l’image de celle qui en a tracé la partition. Le Chant de l’Aduram est la somme de Voix survivantes défendant bec et ongle leur espace. Il est un complexe contrepoint plutôt qu’une harmonie, car c’est l’un après l’autre dans un éternel cycle d’offrandes et de larcins que vivent ses habitants. Le chaos régissant l’Anaëh dans l’ombre, la loi du plus fort, opposant entre eux proies et prédateurs, ils étaient poussés là-bas à leur paroxysme… mais au moins, la vie n’y avait pas disparu, et n’y serait certainement plus jamais menacée.

- Et même si je sais que ça ne te rassurera pas entièrement… je ne cherche pas la guerre. Là où je la livre, c’est qu’elle m’a été déclarée, pas le contraire. Tu fermes les yeux, affichant un grand sérieux Mais tant qu’elle est une éventualité, je m’y prépare. Nous ne sommes plus en position de nier l’héritage de la Dame Sauvage, pas après toutes les catastrophes que ce parti-pris a provoqué.

S’adapter. C’était aujourd’hui ton maître-mot, pourvu que tu te trouves en position de prononcer le moindre mot.

- Je me dois de toujours essayer de faire ce qu’il y a de mieux. Idéal ou pas.


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MessageSujet: Re: Miroir du premier jour | Estiam & Lómion   Mer 10 Jan 2018 - 7:15

«– Tu es allé dans l'Aduram ? »

Comment avait-il pu écouter le Chant de Celle-Qui-Fut-Le-Linoïn sans s'y rendre ? Bien sûr, ses pas l'avaient mené là bas. Il ne pouvait en être autrement.
Accepter la différence d'Aduram, l'accepter en l'intégrant à Anaëh... Voilà qui était courageux. Lomion retrouvait bien là l'esprit d'Estiam.

Rassuré, aucun père nepouvait l'être en entendant cela dans la bouche d'un fils. Alors il sourit. Il sourit, non parce qu'il encourageait, ou même approuvait la campagne de son fils, mais parce que de lui, il n'aurait pu attendre autre chose.

«– Tu marches avec Mëlien... Oui... Et tu es venu conquérir les coeurs des Noss pour ta cause. »

Les deux elfes se faisaient face dans leur étreinte. Le doyen aurait bien dit à son fils de ne pas oublier qui il était, ne pas se perdre quand il chercherait à défendre sa cause... Il aurait bien fait milles conseils que les parents disent à leurs enfants quand le temps est venu pour eux de se séparer. Mais Estiam semblait tellement convaincu que ses pas le mènerait là où il se sentirait à sa place, que laisser la Mère guider sa route lui sembla un bien meilleur enseignement à donner à son fils aujourd'hui. Et un enseignement à tirer pour le père.

«– Melonya...* »

Tradocs':
 
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MessageSujet: Re: Miroir du premier jour | Estiam & Lómion   Ven 19 Jan 2018 - 19:06

Tu n’en demandais pas plus. Tu n’avais pas besoin de plus. Tu n’avais pas besoin qu’il te soutienne, ou même qu’il ne fasse qu’acquiescer. Par La Mère ! Tu n’avais pas même besoin qu’il te comprenne. Il te fallait juste que son amour ne te soit retiré, et tu serais heureux. Que le chemin sur que tu aies emprunté le pousse à faire les cents pas à se demander s’il te reverrait un jour, que le fait que tu le saches inquiet te pince le cœur et agite tes nuits, ce n’était que des sacrifices parmi tant d’autres à faire. Mais vous pourriez en accommoder, parce qu’à l’instant vous veniez de prouver que la confiance entre vous était assez grande pour que quoi que l’un et l’autre fassent ou pensent, rien ne pourrait jamais briser le lien filial, tant dans sa dimension physique qu’affective, qui vous unissait.

C’est paradoxalement sur cette preuve d’union que tu terminais de séparer votre étreinte, baissant respectueusement la tête face à lui quelques secondes après que tu aies reculé d’un pas. Tu aurais aimé pouvoir profiter plus longtemps et à cœur reposé, mais ta mission était encore loin d’être accomplie, et tout le temps que tu perdrais maintenant, c’en était que tu ne pourrais plus te permettre de perdre plus tard… La route te rappelle, mais au moins tu avais la chance de pouvoir la tracer avec elle, et avec lui pendant quelques temps. Ton père et ta mère ne disparaîtraient pas au prochain croisement. Tu comptais bien t’endormir dans l’idée de les voir au réveil.

C’est un peu en retrait d’Huondil et Melima que tu installais en compagnie d’Uinèn, avec le plus grand des soins, un savant tissage de fines branches qui lui servirait de lit conjugal pour la nuitée. Le mot d’ordre était de ne pas blesser, de tordre sans jamais briser, que les traces de votre passage disparaissent en même temps que vous. Tu prendrais congé d’eux dès que le sommeil commencerait à te guetter, pour t’installer toi dans le creux d’un mangle proche.

- Lucëya Uinèn murmure dans le cou de son compagnon, le pouce caressant lascivement le creux de ses pectoraux Il va falloir que je retourne à Alëandir. J’aimerais faire un cadeau à notre fils avant qu’il ne pose le pied sur les terres mortelles… et pour ça il faut que j’aille récupérer quelque chose là-bas. Elle pose une bise à la commissure des lèvres du mage Je sais comme tu te faisais une joie de voir du pays alors… ça ne te dérangerait pas de juste faire un saut ?


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