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 Le soleil se lève sur le Vatna. [ Khernal ]

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Velkyn Xaran
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MessageSujet: Le soleil se lève sur le Vatna. [ Khernal ]   Sam 6 Jan 2018 - 7:22








En ce troisième jour de la troisième ennéade du mois de Barkios,




Aux devants du parvis du temple de Kiel, seront placardées en décoration les épaves de ceux qui tentèrent de soulever un vent de félonie et de forfaiture envers leur maître. En effet, le maître laniste Driel Zal’O’Dak s’est pieusement rendu jusqu’au domaine de la tourmenteuse Déesse et a demandé punition pour ces pauvres bêtes. Ainsi, jusqu’à ce que les asticots leur sortent par les oreilles et les narines, les esclaves dûment punis seront piqués en épouvantail, car ceci est la volonté  de la maîtresse des souffrances.

Faisant suite à une lourde rixe entre deux membres de la Dotkha, un combat public aura lieu dans l’arène jouxtant les quartiers d’entraînement de l’armée sombre. Ce combat à outrance sera dénudé de toute règlementation et lèvera sur le clan du gagnant toute honte reliée à leur dernière altercation. Cette mise à mort volontaire et pourtant aléatoire, se déroulera sous la prochaine ennéade. Quiconque désire coucher sur vélin une quelconque gageure en pièces trébuchante et sonnante est la bienvenue.    

Enfin, de nombreuses âmes eurent échos du retour d’une imminente personnalité de l’Elda, à savoir le Haut-Prêtre et héraut d’Uriz, Velkyn Xaran. En outre, son retour serait de nature définitive et prompte à la réintégration de ses importantes fonctions. Aucune cérémonie ou évènement d’envergure n’est à prévoir pour à ce jour afin de souligner sa nouvelle présence.





Cinq jours plus tard.




Le jour de son retour, une drache des plus torrentielles –et d’autant plus rarissime- balaya les stériles steppes d’un bout à l’autre, n’épargnant guère sous son passage l’auguste Volcan qui même par-delà ses entrailles, détrempèrent ceux qui vivaient aux premiers niveaux. Visiblement fraîchement débarqué de cette surface bondée de flotte, c’est sans hésitation aucune que le vétéran de guerre se départit de ses guenilles superflues et d’autant plus appesanties par l’eau. Ainsi, il se rendit là où il vivait réellement, là où le plus clair de ses journées se déroulaient, là où son existence prenait un sens : au sanctuaire d’Uriz. Comme un paon cherchant à dominer ses semblables par la grandiloquence de son plumage, c’est le poitrail mit à nu et départi de toute pudeur qu’il gravit les nombreuses marches du parvis. Tout là-haut, comme s’ils attendirent sa venue depuis un moment déjà, c’est sans surprise que s’inclinèrent bien bas les premières vigies armées. Enfin, il conquit le grand hall, où s’étaient rameutés les imminents visages du sombre culte.

Agenouillés devant leur maître incontesté, les recrues et juvéniles disciples léchaient pratiquement le marbre du sol, les yeux calquant le regard de chiens battus. Un seul genou ployé, les prêtres eux, patientèrent la venue de leur guide, mais cette fois, le chef légèrement incliné d’avant, avec déférence et respect. Plus haut encore, se tint crânement face à l’arrivée de son immédiat supérieur, le Grand Prêtre qui durant sa longue absence, fit office de second et remplaçant de surcroît. Sa patte postée contre le pommeau de son acier, fit montre du respect qu’il avait envers Velkyn. Pourtant, lorsque l’asocial drow ficha ses mires d’un carmin brillant dans les siennes, il se demanda si en quelque part, cette pose incluait la possibilité qu’il puisse tirer séance tenante son arme, afin de prolonger sa vaine élévation. Après tout, cette journée marqua le retour du Haut-Prêtre, mais également la déchéance de son Second qui dès maintenant, retrouvait ses anciennes bottines. S’il n’en fit rien, il lit tout de même en son regard, la profondeur de ses intentions meurtrières.

D’entre eux, certains se seraient attendus à obtenir de lui quelques mots cordiaux afin sans doutes, de souligner son arrivée. Or, il n’en fit rien et honora ses habitudes glaciales et distantes envers ceux qu’il considérait comme le siens. Plutôt, il examina ceux qui léchaient le sol du regard, comme on en ferait autant à du bétail sans valeur. La chose faite, c’est sans masquer un faciès dégoûté qu’il s’approcha de son second pour lui indiquer de suivre son ombre. Certaines choses se devaient d’être dites.


« Il fait bon retourner à la maison, mais l’air me semble nauséabond. Saurais-tu m’expliquer pourquoi ? » Allant droit au but, une fois que tous deux avaient rejoint l’un des salons attenant à la grande salle.
« C’est le souffre, Velkyn. L’odeur du Vatna t’aurait-elle échappée ? »
« Un arôme d’empyreume aussi cuisante ne peut être oubliée, tu le sais que trop bien. » À cette réplique, le grand prêtre resta muet, comme si ces tournures de phrases badines ne l’amusaient guère.
« Non, en vérité, c’est que je me suis absenté, mais que je ne m’étais pas départi de mes yeux ici. Ce qu’on m’a dit à ton sujet ne me donnait que peu de raisons pour prolonger mon absence. »
« Ah? Que t’a-t-on narré à mon sujet? »
« Que tes recrues –et j’ai bien vu- étaient aussi molles que des escargots, qu’aucuns esclave n’a été sacrifié ou même utilisé afin de satisfaire le goût du sang de notre très saint père, qu’en de rares occasions seulement des rixes publiques ont eu lieux et finalement, que tu t’es assis sur tes lauriers à t’astiquer la pine comme un fot-en-cul de profiteur. » Lança-t-il de but en blanc, sans ambages ni détours. Glacial, son ton était coupant à souhait et faisait preuve d’un calme sans pareil, malgré la gravité de ses propos.
« On t’a bien informé. Enfin, presque. Et même si c’était vrai, que pourrais-tu y faire ? »
« Tu verras. » Lui promit Velkyn, une main glissant en même temps que celle de son comparse, sur leurs armes respectives.

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Velkyn Xaran
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MessageSujet: Re: Le soleil se lève sur le Vatna. [ Khernal ]   Mar 9 Jan 2018 - 13:24





Voilà. C’était inévitable. L’homme qu’on crut revenu de son périple, tempéré et adouci, se voyait arder de nouveau à pleins feux. Pour cause, le Grand-Prêtre sembla avoir perdu toute vergogne, car il lui dépeint sans gêne s’être enfoncé dans le farniente. A priori, ses prérogatives l’avaient plongé dans l’oisiveté et l’avaient rendu aussi paresseux que feu le Prince Marchand, Vel’Do’Hel. Tout cela évidemment, ne plut guère au Haut-Prêtre, car il considérait jusqu’à maintenant, le Grand-Prêtre comme l’un des seuls veinards à pouvoir se targuer posséder la confiance de son maître. C’est vrai, ce peuple félon avait cette manie à ne jamais octroyer la moindre partielle de confiance à quiconque, souvent même pas à leurs propres parents. C’était pour le peu qu’on sache, l’une des premières doctrines Drow.

Aussi certain que le soleil se lèverait sur les arides steppes, le combat entre les deux maetro de la guerre éclata dans un vacarme des moins discrets. Rugissements, frottement d’acier et inspirés de véhémentes insultes, voilà le spectacle livré, interprété avec cœur et trippes pour les ouailles du Maître Dieu. Leurs glaives ne virent point le jour, tant la tension s’était accentuée précipitament. Non, plutôt, tous assistèrent à un combat de larron, eux deux possédant une arme blanche au poing, profitant de chaque lancée pour laisser sa trace. On savait l’extension d’Uriz fort enclin aux prouesses martiales, mais le Grand-Prêtre ne laissait pas d’avantage sa place en la matière. Même, jusqu’à présent, quiconque aurait osé lever un pari se serait vu angoissé à outrance, à se ronger les sangs de peur de perdre le pactole, tant l’affrontement semblait serré. Néanmoins, l’un d’eux souriait, soit d’assurance, soit d’amusement : Velkyn.

« Allez! Profite de tes derniers instants pour te défouler, laisser ta marque contre mon corps, car tantôt cette tâche se verra fortement complexifiée! » Gueula Velkyn, faisant échos au travers les hauts-plafonds de la maison d’Uriz. S’il eut été blasphématoire de procéder à une telle bataille dans les sanctuaires humains, ici, tous s’imaginèrent leur père créateur trépigner d’amusement à les voir se quereller si férocement. Les coups s’échangèrent, de même que les insultes qui continuaient de fuser de parts et d’autres. Jusqu’à ce que l’affrontement trouve sa fin, ou plutôt son dénouement. Esquivant de peu l’une des estocs, Velkyn glissa sur son genou pour s’approcher suffisamment de son homologue, de lui saisir le poignet fort, de le lui retourner au dos et finalement, de couper les cordes qui retenaient sa mitaine à son avant-bras. Une giclée monumentale éclaboussa le duo, lorsque s’en virent sectionnées les vaines de son poignet ainsi que l’ensemble de ses muscles. Comme un ver de terre ou pis, un asticot esseulé, le Grand-Prêtre se tortilla contre le pavé de l’église, étouffant ses cris en se mordant la langue si vigoureusement, qu’elle s’en vit tôt saignée comme si elle avait embrassé une sangsue. Aussitôt, quelques novices se précipitèrent vers lui, ceux-ci aussitôt bloqués par ce mur effrayant et imposant à la fois que forma Velkyn.

« Vous êtes encore jeune pour rejoindre Teweion. Encore, faut-il qu’elle vous accepte. Je vous le dis, touchez ne serait-ce qu’à un doigt de cet homme, et je veillerai personnellement à ce que vous soyez à jamais répudiés. Plutôt, attachez-le moi et veillez à ce qu’il reste vivant. Quant à vous deux, vous partirez séance tenante porter ce message à quiconque est en mesure d’user de ses esgourdes : Tous sont invités à se masser aux devants de la place publique, afin qu’au grand jour soit nettoyé le Temple d’Uriz de ses impuretés. Vous le ferez, et le ferez prestement. Me suis-je bien fait comprendre ? » S’était-il exprimé, le visage déformé par l’effort physique de son dernier affrontement, ainsi que la giclée sanguine qui lui zébrait le visage de manière abstraite.


Deux heures plus tard.



Pour la cause, on avait libéré une estrade usuellement utilisée à la vente d’animaux et d’esclaves –souventefois les deux en même temps-, afin que puisse s’adresser au peuple le représentant d’Uriz. On ne s’y étonna guère, il avait arboré ses plus beaux habits, c’est-à-dire un pantalon ample et tout aussi sombre que le charbon et … C’est tout. Voilà à quoi on le reconnaissait, jouvenceaux comme vieillards, ses tatouages religieux et ses scarifications faites de la guerre et de ses innombrables affrontements l’avaient façonné et c’est ainsi qu’il aimait se présenter. Car là où les mots ne savaient atteindre le peuple sombre, les actions et les faits, paraient d’eux-même.

« Uriz, votre Père Créateur s’est vu trahi par ses fils imminents. Oui! Ceux qui en mon absence avaient l’obligeance, non le devoir, d’honorer ce dernier en préservant nos ancestrales valeurs, se sont bien joués de lui. Car à peine avais-je quitté pour entretenir notre Vengeance Éternelle, que d’ores et déjà se prélassaient dans l’oisiveté ces hypocrites de simulacre Drow. Voilà pourquoi devant-vous, je vais palier à maintes années de congés sacrificiels. » Sous un drap, attaché des pieds jusqu’au cou, on avait bâillonné le Grand-Prêtre qui se tortillait comme un saucisson sur une vaste tablée. Suintant de son propre sang, vu la main dextre manquante, l’imposant bonhomme était retenu par quatre sbires plus musclés qu’une montagne –de vrais perles parmi les elfes noirs-.

« Ces traîtres, car oui, c’est ce qu’ils sont, ont traîné notre foi dans la boue et ont fait de notre Sanctuaire pour Uriz notre Créateur, une véritable porcherie! Et les porcs, se doivent d’aller à l’abattoir. Ce soir, je me ferai boucher pour vous, car nul autre n’est plus excité à l’idée d’apprêter ce genre d’homme pour le grand départ. » Velkyn sourit, puis serra les dents nerveusement lorsqu’il pénétra l’une de ses courtes lames et affilée à souhait, au niveau de la gorge du Drow. Comme une poularde, il en fit glisser le coupant le long de sa peau, esquivant les os que présentaient sa cage thoracique et s’assurant qu’il n’endommage jamais les organes. Ah, évidemment, notre pourceau chercha à hurler, à se débattre, mais c’était en vain, car le quatuor de bœuf le maintenait et, sa propre main entre ses dents l’empêchait de pousser la moindre plainte nette. Il continua, toujours et sans arrêt, à ouvrir en deux le corps flambant nu de ce traître elfe, jusqu’à ce que deux personnes viennent assister le Haut-Prêtre, eux deux munis d’un fil d’acier qu’ils déroulèrent de sorte à tortiller autours des boyaux du pauvre hère. La victime désira bien s’évanouir, et il réussit tant la douleur lui était vive, mais seulement après avoir été victime de vigoureuses baffes au visage, de sorte à ce qu’il ne trouve le doux confort de Morphée si aisément.

Après un moment, à jouer dans cette abondante et coulante marre sanguine, Velkyn s’exclamât : « Qu’on le pende par les tripes! »

C’est ainsi que la peluche ouverte sur le long se fit suspendre à un mât dressé pour l’occasion. Le nounours retenu et par ses tripes et par d’abondants fils ferrés entortillés de parts et d’autres, se balançait de quelques degrés d’un côté, puis de l’autre, fébrilement retenu par les cordages atypique.

« Ici gît le maître traite de notre Créateur. Soyez assurés que ceux qui suivaient son sillage, se verront octroyés le même sort. »


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Khernal Baenfere
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MessageSujet: Re: Le soleil se lève sur le Vatna. [ Khernal ]   Dim 14 Jan 2018 - 14:18

Parmi ceux que l’indignation devant l’oisiveté des grands du Puy qui, à force de rester vissés sur leurs sièges, développaient des colonies de champignons au moins aussi importantes que celles des cavernes edéennes, nombre étaient des adeptes du culte d’Uriz. Peu de recrues, certes, mais des prêtres en grand nombre, leur Braise ardente de voir à nouveau le Puy écraser les peuples impies de Miradelphia. Quand le vent de la révolte prit un nom, un visage et une forme, ils furent parmi les premiers à croire en ce renouveau de l’esprit du Père des Batailles.
Ils actaient dans l’ombre, échappant aux maintes oreilles qui prêtaient leur bouche à Malag’eyl et ses sous-fifres, des espions qui n’étaient heureusement pas tous aussi incompétents que ceux qui leur donnaient des ordres. Aussi, si ils venaient confier leur fureur guerrière dans les plus profondes abysses du Puy d’Elda, ce n’était pas pour se faire connaître, mais bien pour rendre hommage au Destructeur. Uriz leur avait appris la valeur du sang, Teiweon leur avait enseigné le goût de la vengeance. Aussi, ils attendaient leur heure prochaine.

Oirna Linthre, le grand brasier éternel, n’était plus qu’un simple tas informe de braises rougeoyantes. Le Haut-Prêtre d’Uriz avait quitté la cité sombre pour l’Ithri’Vaan où, disait-on, il laissait sa Flamme se tarir peu à peu au contact des doebens ramollis. Il avait ainsi laissé à ses ouailles tout le loisir de tomber dans le marasme. Le temps où le feu du Grand Brasier léchait les hautes parois du temple et faisait trembler de terreur les inaptes promis au Créateur était révolu et peu chérissaient l’ambition d’y revenir.

Mais un jour vit, quand le soleil se leva sur le Vatna, le Porte-Flamme d’Uriz revenir marcher sur les dalles du Grand Temple. Un genou contre le sol, les prêtres fervents d’un nouvel ordre virent passer celui qui, par son absence et son désœuvrement, avait permit ces atrocités au nom du Père. Il se planta devant sa seconde main qui, tout ce temps, avait eu toute sa confiance pour mener le culte à Nelen. Mais quand les deux drows se toisèrent, le regard qu’ils échangèrent n’avait rien de celui que deux alliés échangent lorsqu’ils se retrouvent. On devinait aisément que le Grand-Prêtre aspirait à surpasser sa condition, à faire valoir l’ordalie de Tewyn à son avantage. Mais, comble de sa faiblesse, il n’en fit rien.
Les Daedhels s’en allèrent discuter, le subordonné suivant son supérieur, et l’on put croire que le premier allait tirer un poignard pour enfoncer la lame dans le cœur du dernier et le déshonneur dans le sien, mais encore une fois, il n’agit pas. Il y fut bien forcé, cependant, lorsque le Haut-Prêtre tira de son fourreau sa propre arme et engagea un combat à ravir les prêtres du Père des Bataille. Le combat dura longtemps, entre deux virtuoses des fers. Velkyn ne lâchait de terrain que celui qu’il voulait pour effectuer une passe exceptionnelle, à quoi le Grand-Prêtre répondait avec une hargne qu’on lui connaissait mal. Pourtant, entre les éclats de lames d’un combat qui semblait ne vouloir donner aucun vainqueur, le Haut-Prêtre affichait un sourire. Sans difficulté apparente, ses coups se firent plus forts, plus précis, et leur rapidité mortelle eut bientôt raison de son sous-fifre, qui s’écroula en gigotant dans le sang de sa dextre coupée.

Impressionnant dans sa force et dans son autorité, Velkyn ordonna qu’on rassemble le peuple eldéen au devant du temple. Tous lui obéirent, forts de la détermination nouvelle qu’Uriz marchait avec lui.

Tout Elda avait été convié à voir le sort que la Voix du Créateur allait réserver à son second déchu. Une partie impressionnante répondit à son appel, formant une cohue de laquelle s’élevaient milles rumeurs sur les évènements prochains, et au moins autant sur le retour du Haut-Prêtre. Parmi la foule, les adeptes de la cause de la rébellion prenaient une place spéciale. Avec eux, deux prêtres avaient assisté à l’opprobre du Grand-Prêtre.

« – Son sang ne sera pas facilement versé pour Uriz. C’est tout de même une des meilleurs lames de tout Elda. avança le premier.
Imbécile. souffla l’autre. As-tu vu comment il l’a vaincu ? Ce n’était pas un combat. C’était une exécution. Il doit aller avec nous.
Son nom a été promis au Père des Bataille ! Il doit mourir à présent.
Kl’eril… Il a lavé ses fautes dans le sang. Nous avons promis à Uriz d’éteindre à jamais les Braises des incapables qui font péricliter notre race. Mais vois-tu ? Il a attiré le regard du Créateur. Nul n’avait vu d’aussi bon combattant depuis Tebirahc Zaurahel. Regarde la carcasse de cet Og'Elend. C’est lui qui a été tué pour notre Serment. »

Naquit alors dans le cœur des rebelles l’envie de joindre ce drow à leur rang, lui qui s’était attiré les faveurs d’Uriz.
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Le soleil se lève sur le Vatna. [ Khernal ]   Mer 17 Jan 2018 - 16:25


Lorsque la cohorte avait franchie les murs d'Elda, les gardes auraient pariés qu'ils s'arrêteraient au quartier doeb. Il fleurait de leur accoutrement un écœurant parfum doeben et leur peau avait été éclaircie ou brunie par un soleil trop fort. Pourtant c'est sans une hésitation que les cavaliers passèrent dans le Labyrinthe, se défaisant sans peine de trois demi-sang non esclaves qui restèrent là ou étaient leur place. A l'intérieur, ces étrangers attiraient quelques regards, autant par leur étrangeté que par leur nombre, mais le fait que les trois personnes en tête de peloton étaient vêtues à l'eldéenne et arboraient des symboles sacrés adoucissait la bizarrerie de la scène. De plus, les esprits semblaient tourner vers un tout autre problème. Une Tension invisible courait dans l'air. Un goût de sang poisseux avant une bataille féroce.

Plus ils s'enfonçaient dans les entrailles du Vatna, plus l'agitation était perceptible, même pour ces étranges. Des voix basses. Des pas inhabituellement rapides. Des têtes baissées. Des fronts anxieux. Des pintes que l'on trinque en pleine journée. La haute femme aux épaules robustes la plus attentive à ces détails chevauchait en tête entre une prêtresse de Natha portant un bambin emmailloté au point de ne laisser qu'une petite main blanche apparaitre et un un drow trop fluet pour être un véritable guerrier qui arborait sur le front un bijou en forme d’Ouroboros. Arrivée aux portes des Profondeurs, la soldate en armure noire mis pied à terre et l'homme au maintient hautain fit de même sur un signe d'elle, laissant le reste de la lente procession composée de cinq esclaves elfes, cinq esclaves demi-sang et autant de cavalier en armure, poursuivre le long de la longue avenue.

Disparaissant de l'intérêt de la populace en se glissant de rue en rue, les deux compères silencieux suivirent les courants et les crieurs pour se retrouver sur une place bondée. Accroché à un poteau et branlant faiblement sous son propre poids, le corps affaissé d'un vieil homme au visage vaguement familier fit froncer les sourcils de la voyageuse. En tendant l'oreille, elle ne put que percevoir un titre associé avec anxiété à ce visage déformé par la douleur : le Grand Prêtre d'Uriz. Par les dieux, c'était quoi ce bordel ?!

Debout sur l'estrade, le profile torse nu d'un homme à la musculature impressionnante et aux multiples tatouages sacrés semblait donné la cadence, les bras couverts de sang. Un visage qu'elle reconnu cette fois-ci. Ce n'était clairement pas le moment de l'interrompre. Après s'être signée en bonne croyante face à ce sacrifice divin, elle se tourna aussi rapidement que possible sans trop attirer l'attention, de peur que son armure portant la griffe de la Maîtresse des Forges et la tiare guerrière d'acier noir qui luisait entre ses longues mèches blanches n'attire trop d'yeux sur elle. Sans ce presser, consciente que trop de rapidité pourrait lui être fatale, elle suivit les badauds qui circulaient lentement. L'homme qui l'avait accompagné jusque là n'était plus en vue, perdu dans la foule agglutinée devant ce spectacle détonnant. Pas à pas, elle et son visage dépourvu de défaut disparurent à leur tour dans la foule, regagnant le chemin dont elle n'aurait finalement pas du s'écarter.
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Haldren Umbarion
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MessageSujet: Re: Le soleil se lève sur le Vatna. [ Khernal ]   Jeu 18 Jan 2018 - 9:13


Quelques jours plus tard... durant la nuit.

Les silhouettes tapies dans l'ombre ne se souciaient guère de la beauté poétique des antonymes ayant servi à les introduire. Leurs yeux perçants se trouvaient fixés avec une grande attention sur la place au milieu de laquelle trônait l'ignoble potence soutenant le cadavre de l'ancien Grand-Prêtre. "Pendu par la tripaille", le mot courrait dans tout le Puy et la sublime férocité de cette exécution ne manquait pas de faire réagir favorablement les fidèles d'Uriz. Après les revers militaires sur le front, et alors que le pouvoir central en Elda semblait anormalement inerte, voir un drow comme le Haut-Prêtre d'Uriz apte à prendre des initiatives aussi brutales qu'efficaces ne pouvait manquer de susciter une légitime admiration.

A cette heure nocturne, l'activité de la place se trouvait réduite au minimum, et seuls deux gardes du temple veillaient encore au bas de la potence laissée là en guise d'exemple. Les silhouettes qui les observaient à une distance prudente attendaient un moment de calme, certes bien conscientes que la place ne serait jamais totalement vide mais préférant éviter d'agir au moment où le quartier des temples tout proche bruisserait de vie. Le silence qui peu à peu était tombé sur la zone fit comprendre à leur chef que l'heure d'agir venait de sonner : aucun prêtre en vue, aucune patrouille en maraude.


On fonce dès que le sort de paralysie agira, murmura un des inconnus à l'oreille de ses comparses tout en sortant quelque chose de sous sa cape.

Quittons temporairement ces mystérieux comploteurs pour prendre le point de vue d'un vulgaire doeb qui vaquait à ses affaires sans rien demander à personne. Marchant d'un pas tranquille tout en soupesant la bourse bien remplie qu'il venait d'obtenir en échange d'une cargaison de contrebande, notre doeb lambda fantasmait déjà sur la nuit de stupre qu'il se promettait dans un des bordels de la cité. Jetant un regard distrait à la potence, il remarqua avec un certain amusement que les deux gardes en faction ne bougeaient pas plus que des statues. Quel travail de merde, pensa le doeb, en se disant que faire le piquet comme un con n'aurait vraiment pas été un plan de carrière acceptable à ses yeux.

Mais soudain, trois silhouettes jaillirent des ombres et se jetèrent sur les gardes qui ne firent même pas un geste pour les en empêcher. Des garrots d'étrangleurs jaillirent et s'enroulèrent autour de leurs cous en glissant par-dessus le gorgerin d'acier. Stupéfait, le doeb vit les gardes s'effondrer raides morts tandis que les silhouettes tranchaient le nœud d'acier et de tripaille retenant le cadavre du Grand-Prêtre. Avec une rapidité qui démontrait qu'aucune improvisation ne se trouvaient à l'oeuvre, deux des inconnus roulèrent le corps dans une couverture tandis que leur comparse clouait quelques chose à la potence, puis tous trois soulevèrent leur fardeau et repartirent pesamment par là où ils étaient venus.

La scène n'avait pas duré plus d'une minute et déjà plusieurs drows s'approchaient, dévorés par la curiosité. Le premier regard que tous portèrent furent pour l'écriteau cloué à la potence, un simple parchemin sur lequel se trouvait écrit en lettres de sang :


"Justice pour le martyr d'Uriz !"

Le martyr d'Uriz ? Cela voulait-il dire le martyr tombé au nom d'Uriz, ou le martyr tombé à cause d'Uriz ? La phrase manquait de clarté -volontairement, qui sait ?- et les spéculations commençaient à aller bon train sur l'identité des mystérieux meurtriers. La facilité avec laquelle ils étaient venus à bout des gardes du temple laissait à penser qu'il s'agissait d'assassins professionnels. Des membres de la Dothka peut-être ? A moins qu'ils n'aient été aidé par un mage dans leurs sombres machinations... le C'nros serait-il aussi de la partie ? Qui d'autre oserait braver le courroux du terrifiant Velkyn Xaran ? Beaucoup de questions se posaient dont l'absence de réponse risquait de fortement déplaire en haut lieu.

Tandis que l'alerte était donné dans le temple d'Uriz, quelques drows plus vaillants ou plus curieux que les autres s'enfoncèrent dans la cavité par où avaient disparu les inconnus. Mais rapidement ils perdirent toute trace, le sol rocheux ne gardant pas d'empreinte de pas. Un groupe de mendiants qu'ils trouvèrent un peu plus loin dans la galerie jura que personne n'était passé par là depuis le début de la soirée. Un mystère de plus dans une affaire qui en regroupaient déjà trop, même si la parole des mendiants ne vaut pas grand chose en Elda et qu'ils pouvaient avoir été achetés pour quelques piécettes.


~~~~~

Loin de là, les quatre mystérieux assaillants sortirent d'un portail magique en portant toujours leur lourd fardeau, la sueur ruisselant sur leurs visage sous l'effort. Quatre ? Oui, car aux trois inconnus portant le corps du Grand-Prêtre s'ajoutait une quatrième silhouette qui semblait commander l'ensemble du groupe. et qui souleva un pan de la couverture pour contempler son butin.

Tu n'auras pas servi à grand chose de ton vivant... peut-être te montreras-tu plus utile dans la mort ? demanda Haldren d'un ton narquois au cadavre qui le fixait de regard désormais vide de toute flamme.
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Velkyn Xaran
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MessageSujet: Re: Le soleil se lève sur le Vatna. [ Khernal ]   Lun 22 Jan 2018 - 15:12




Ainsi s’écoulèrent les journées où pendouillaient avec légèreté le pantin suspendu par les tripes. Depuis le très coloré sacrifice, tous ou pratiquement eurent bien le temps d’examiner toutes les facettes de cette statue de chair. Et si certains soutenaient aveuglément les actes et paroles de l’illustre Haut-Prêtre, d’autres ne pouvaient affirmer en faire autant. C’est que le glaive d’Uriz s’était fait allé ailleurs et ce, peut-être trop longuement  pour que son souvenir soit pleinement préservé. Qu’à cela ne tienne, le principal concerné s’était mis en tête de leur rafraîchir la mémoire et c’est ce qu’il fit en faisant du Grand-Prêtre l’exemple même à ne pas suivre.

« Qu’allons-nous faire des corps ? » Questionna l’un des prêtres envers Velkyn, qui torchait son visage parsemé de sueur et de sang.
« Débarrasses-toi en simplement, mais hâte toi. » D’une réponse concise, venant s’asperger la bouille d’une peu de flotte pour aider à sa toilette.
« Et le corps volé? »
« Quoi, le corps? »
« Euh … Ne devrait-on point tenter de trouver qui a fait main mise dessus ? »
« Peu importe. Ce corps n’a que peu de valeur, j’allais moi-même le donner aux animaux dans une journée ou deux. Plutôt, voit avec la Dotkha, si je ne pourrais pas m’entretenir avec eux. Il me semble que nos vigies se sont faites neutralisées un peu trop aisément … »

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