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 Une bonne chose

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Aymeric de Brochant
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MessageSujet: Une bonne chose   Dim 7 Jan - 14:18


4ème jour de la 4ème énéade de Barkios, 10ème année du 11ème cycle.


Il avait fallu près d'une heure au marquis pour faire l'inspection de son campement, et autant pour gagner le suivant. Contournant le lac de Chrystabel par l'arrière - passer devant l'eut exposé aux tirs ennemis -, Aymeric s'était ainsi rendu au Sud de la cité, en compagnie de quelques cavaliers. Les hommes, pourtant, allaient au pas ; c'est que parmi eux se trouvait le vieux Duc d'Erac, Léandre, qui avait fêté ses soixante berges l'an passé, jouissant de l'hospitalité hautvaloise. Si la vie à la cour de Blanche avait été plus généreuse que celle, initiale, passée dans les donjons velterien, ceux-ci avaient prélevé leur du à la santé du vieil homme, déjà esquinté par les années. Par conséquent, le on ménageait, depuis sa libération le mois passé.

C'est qu'Aymeric avait entrevu l'aubaine de faire d'un pareil homme son débiteur. Léandre était un des rares seigneurs du pays à descendre immédiatement des vieilles lignées. Quoique cadet, son père avait été duc lui-même, son père avant lui, et ce jusqu'à la l'établissement même de la royauté des Phiiram en Péninsule. C'était là autre chose que ces maisons opportunistes qui avaient fleuri dans la déchéance de leurs anciens suzerains pour s'en approprier les terres, et dont Aymeric était le parfait exemple. Or, s'il avait joui du trépas des Séraphin, le marquis n'en révérait pas moins le haut lignage, et cela valait pour le reste des maisons du Royaume autant que pour son Nord natal. Adonc, il avait mis à l'emploi les énéades de chevauchée pour s'attirer sinon les faveurs du vieux duc Léandre, au moins sa sympathie.

S'il avait tenté d'entrer dans les bonnes grâces de Léandre, Aymeric ne se faisait pour autant d'illusions quant à la nature du réel dépositaire du pouvoir ducal. C'était même la raison pour laquelle il avançait en ce moment au pas vers le camp eraçon. Car depuis sa capture aux mains du Boucher du Médian, le vieux duc avait laissé son fief en proie aux querelles de succession larvées. Son ainé avait été assassiné, enherbé durant un des banquets qu'il affectionnait tant. Harold, à son tour, n'avait échappé que de peu au poison velterien, pour mieux finir estourbi peu de temps après - d'un mal inconnu qui trahissait une main humaine ou divine, selon que l'on croie ou non aux miracles. Ces deux morts successives avaient fait l'heur du benjamin, le jeune Renaud.

Si la suite des évènements avait achevé de le dépeindre comme un ambitieux aux yeux d'Aymeric, celui-ci s'était pourtant résolu d'en faire un allié. C'est qu'avec la fin imminente de la Ligue et de Velteroc, Erac était promise à retrouver ses lauriers d'antan ; ou du moins, c'était là une possibilité. Cette possibilité, Aymeric désirait la réaliser. Il éprouvait une certaine empathie pour le jeune Renaud, dont la situation lui évoquait la sienne, il y a quelques années de cela ; cependant, c'était la perspective de se rendre redevable un homme puissant plus que le sentimentalisme qui animait le marquis. Il pressentait d'ors et déjà les défis que lui réserverait la prochaine guerre - celle qui se jouerait dans les palais de Diantra, et où les épées ne lui seraient d'aucun secours.

Adonc, notre bon sénéchal de sa Majesté le Roy pénétra dans le campement des armées eraçones alors que la matinée touchait à son terme. Envoyant un cavalier avant lui, il traversa les allées entre les nombreuses tentes pour gagner la plus imposante d'entre elle, où devait certainement le jeune duc Renaud. « Place pour le Sénéchal du Roy! Place pour le Duc Léandre! », gueulait-on à tue-tête, désireux d'être entendus par le camp tout entier. C'était là un soucis d'étiquette : Aymeric, fort de sa charge, s'invitait chez autrui - un duc, qui plus est - sans y avoir été convié. Autant le faire bruyamment : il éviterait ainsi d'ajouter à l'impolitesse une gêne profonde en surprenant le jeune Renaud sur sa chaise percée.

Les Cinq étant généreux, ils firent que le jeune duc ne s'y trouvait pas occupé (ou à quoique ce soit d'autre qui fut embarrassant) quand Aymeric fit irruption sous sa tente. « Altesse, je vous salue! » Il s'inclina nonchalamment. « Il me tarde de m'entretenir avec vous, seigneur, mais avant cela, je gage que vous aurez beaucoup de choses à vous dire. » « De très bonnes choses », pensa le marquis, alors qu'il s'effaçait pour céder le place au vieux duc Léandre.

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Renaud d'Erac
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MessageSujet: Re: Une bonne chose   Mer 10 Jan - 13:28


Depuis l'arrivée devant Christabel de l'ost berthildois, auquel Erac s'était rattaché, Renaud tournait en rond dans sa tente comme un lion en cage. La guerre ne l'attirait pas comme cela aurait dû l'être vu son statut, encore plus pour un duché aussi tourné sur la chevalerie que l'était le sien. Diriger les hommes l'indifférait totalement, si ce n'est qu'il attendait d'eux une obéissance aveugle et sans faille. A la demande de Robert, il faisait des apparitions afin de se montrer à la piétaille, et à la basse chevalerie, mais cela ne l'intéressait pas. Il réunissait par contre les plus grands Seigneurs d'Erac régulièrement, étant très affable avec eux, cela afin d'assoir son autorité. Il était toutefois assez sage pour écouter les conseils, tout en étudiant ce qu'on lui disait, afin d'enrichir ses connaissances, et de prendre les bonnes décisions. L'on ne lui reprocherait donc pas de ne pas écouter ses pairs, ni d'être obtus.

Le campement d'Erac était une suite de tentes d'autant de couleur qu'il en existe, ainsi qu'une succession d'emblèmes indiquant les familles auxquelles appartenaient les chevaliers réunis sous le commandement du Duc. Pas très loin, il y avait toujours l'offense qui lui avait été faite, enfin à sa famille et son duché, à portée de vue, à savoir les osts de Hautval et d'Ancenis. Une réponse évasive lui avait été retourné à sa demande d'audience, le marquis de Serramire étant des plus occupé. Il était malheureusement vrai que tout cet attroupement requerrait beaucoup de temps afin de veiller à la discipline, à l'intendance, et à endiguer immédiatement tout risque de maladie ou d'émeute. Ce fut au bout de cinq longues journées qu'un émissaire arriva en courant, essoufflé par sa course effrénée, afin d'aviser le Duc que le Seigneur de Serramire était entré dans le campement eracien, et qu'il se dirigeait vers sa tente. Renaud s'activa alors frénétiquement pour tout préparer. Les ordres fusèrent pour qu'une collation soit préparée dans les plus brefs délais, et l'on rangea avec célérité le peu de désordre qu'il y avait. Renaud se tenait assit, enfermé dans sa protection, un corselet qui était recouvert d'une cotte d'arme aux armoirie d'Erac, à savoir deux tours, un serpent et un aigle. Il dissimulait du mieux possible l'excitation qui était la sienne, rongé par l'attente.

Quand Aymeric entra dans sa tente, Renaud s'était paré du masque de la noblesse. Il se leva doucement, le saluant en retour. Il remarqua immédiatement la présence de son paternel aux côtés du Sénéchal du Royaume. Malgré tout le talent pour la comédie que la noblesse exige, un sourire sincère s'afficha sur ses lèvres à la vue de celui qu'il avait idolâtrait dans son enfance, et qui avait encore tout son amour

"Excellence, c'est un plaisir de vous recevoir. Pardonnez la modestie de ma tente."

Renaud du se retenir de ne pas retomber sur sa chaise quand il avisa l'état dans lequel Léandre se trouvait. Il était terriblement amoindrit. Ratatiné sur lui même, alors qu'auparavant, il était si droit, si fier, et la tête basse, l'air las, et vu sa façon de plisser les yeux, avec beaucoup de difficultés à y voir quelque chose. Aymeric eut la délicatesse de s'effacer afin de laisser les retrouvailles père - fils. Renaud s'avança et il prit Léandre dans ses bras, l'attirant dans un coin de la tente. Il retint des larmes, de joie en retrouvant son père vivant, de rage à l'encontre de ses ravisseurs, et de tristesse devant la condition dans laquelle il retrouvait celui qu'il avait placé sur un piédestal. Ils échangèrent quelques mots incompréhensibles pour le Marquis, puis Renaud appela, laissant Léandre entre les mains d'un de ses serviteurs. Il ordonna qu'on le traite avec tous les égards, et qu'il le verrait plus tard.

Dos au Marquis, le Duc d'Erac se recomposa un masque, souffla doucement, essayant de ne pas être vu par Aymeric, puis, il se retourna pour faire face à son invité, même si celui-ci était venu de son propre gré, et non sur invitation. Suspicieux, toujours un brin paranoïaque, Renaud se demanda si le fait de lui rendre son père était désintéressé ou non, mais cela pourrait trouver une réponse plus tard. Pour le moment, il devait endosser son rôle de Duc, et le tenir avec brio. C'est que le Marquis n'était pas de la génération de Louis et Renaud, et que les deux jouvenceaux qu'ils étaient ne devaient pas lui faire peur, lui, l'homme mur, qui avait bataillé pour prendre la tête du Marquisat, et qui semblait très à l'aise dans son rôle. Il ne serait pas évident pour le dernier de la fratrie d'Erac d'être à la hauteur de la longue et vieille lignée qui était la sienne. C'est qu'il avait encore beaucoup à apprendre, et Renaud ne voulait pas se faire dévorer tout cru par les "anciens", ceux qui étaient rompus aux joutes politiques que la noblesse exigeait

"Je ne saurais assez vous remercier de m'avoir ramener mon père sain et sauf, votre excellence."

Voila qu'il était maintenant redevable envers cet homme. Alors certes aujourd'hui, ils étaient alliés, mais Renaud ne savait pas ce qu'il en serait demain, quand la guerre serait terminée. Ce qu'il détestait la faiblesse dans laquelle son duché se trouvait. Il ne manquerait pas de faire tous les efforts pour qu'Erac retrouve sa splendeur d'antan, voir même plus. Il appela, et les serviteurs amenèrent la collation qui avait été préparé, ainsi qu'une seconde chaise qui fut placée aux côtés de la sienne

"Je vous en pris, prenez place. Vous avez fait de moi votre débiteur, comment pourrais je vous retourner un cadeau aussi précieux que celui que vous m'avez fait ?"

Tout cela était très protocolaire bien entendu, du moins pour le moment.

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Aymeric de Brochant
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MessageSujet: Re: Une bonne chose   Dim 14 Jan - 18:56


Méditant sur l'agrément d'une étreinte faite en harnoi plain, Aymeric observa les retrouvailles entre le jeune et le vieux duc d'Erac, debout dans la pénombre de la tente. Il s'était attendu à ce que Renaud garde son père à ses côtés durant la discussion, cependant, le vieux Léandre fut bientôt congédié ailleurs ; la chose en disait long sur la détention du pouvoir dans l'Eraçon. La vénérable aussitôt renvoyé, on s'intéressa de nouveau à Aymeric, resté jusque là coi dans le coin de la pièce.

« Vous ne le pouvez, seigneur, je le crains, s'entendit répondre le marquis alors qu'il s'asseyait face à son hôte, voila près de dix ans que feu mon père a gagné le séjour aqueux. » La chose avait été lancée avec légèreté, le sourire presque aux lèvres. C'est qu'Aymeric avait depuis longtemps fait son deuil ; l'anecdote, du reste, constituait l’accroche d'un discours déjà rôdé, répété de nombreuse foi depuis la libération de Léandre. « Tari s'empara de lui alors qu'il ferraillait au nom du Roy, afin de chasser Merwyn le Fol de Serramire. Il est mort en brave, ce jour là ; je crains que son seul regret aurait été de savoir son sacrifice si mal récompensé. »

« Quelle ironie... » Le marquis sembla un instant se perdre dans la contemplation de son verre, reprenant sa tirade avec distance, comme s'il ne s'adressait qu'à lui-même : « Mon père avait brisé son serment envers le duc avec l'espoir de racheter les fautes de ce dernier auprès de la Couronne... Peu de temps après, celle-ci flétrissait le duché et le soumettait à un bailli venu de l'étranger. » Il vida sa coupe d'une traite, la reposant avec fracas. « Mais enfin, vous connaissez vous aussi tout cela! Trystan usurpant vos terres au nom de votre cousine Astéride, Aetius prenant les armes contre votre père, quand le duché aurait du lui revenir légitimement... La Couronne n'a guère été tendre avec son plus chevaleresque vassal! »

À bien y réfléchir, l'histoire récente des duchés d'Erac et de Serramire montrait nombre de ressemblances. « Et pourtant, nous voila tout-deux, brette au poing, prêts à servir notre bonne Majesté le Roy. N'est-ce pas bel et bon ? » En évoquant cela, le marquis ne put s'empêcher de penser à l'ineffable Cléophas, qui depuis son apparition à la cour du Roy, du temps d'Aetius, avait louvoyé auprès du pouvoir et en avait tiré d'immenses bénéfices, tout cela sans jamais tirer l'épée. Assurément, les suderons avaient là une habileté supérieure ; Aymeric l'avait à nouveau constaté en gagnant le pays hautvalois, qui avait plié le genou non devant son duc légitime, mais bien devant sa Majesté le Roy. « Je redoute qu'un jour, d'aucuns désirent à nouveau faire profit de ma naïveté et ne tirent parti de ma loyauté. Et vous ? Ne le redoutez vous aussi ? »

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Renaud d'Erac
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MessageSujet: Re: Une bonne chose   Mer 17 Jan - 14:11

L'ironie fut la première réponse que le marquis fit au Duc d'Erac. Renaud lui renvoya son sourire de circonstance sur la plaisanterie qu'Aymeric venait de faire concernant son paternel. Puis vint le récit de la fin du duché de Serramire, devenu marquisat, histoire certes moins joyeuse. Il était étonnant de noter la corrélation entre l'histoire des terres nordiques et celle d'Erac, passée et actuelle. En effet un usurpateur s'était emparé du trône d'Erac, et les relations entre la couronne, celui-ci étant devenu ni plus ni moins que le Roy en titre, et le Duché avaient été des plus houleuses, allant jusqu'à la guerre entre Léandre et Aetius, le régent de l'époque. Quand Aymeric demanda à Renaud s'il s'inquiétait que l'on profite de sa naïveté, il se demanda si c'était la un test, afin de voir la réaction du jeune seigneur. Il fallait jouer avec les mots, mais ne pas non plus fermer les portes, le jeu auquel s'adonnait le Marquis étant très subtil. Celui-ci saurait il être un allié, ou serait il un détracteur qui irait à l'encontre des hauts seigneurs pour faire valoir ses ambitions

"Ma foi vous avez raison, ce tragique passage de l'histoire eracienne n'est pas glorieuse pour ma famille. Ni la suite malheureusement, quand, lorsque enfin la mère régente de Bohémond avait enfin reconnu la légitimité de mon père sur le Duché, mes frères se mirent en devoir que de mettre des bâtons dans les roues de son Duc légitime. Je vois également de fortes similitudes entre nos deux terres, la couronne n'ayant pas été des plus conciliantes, ni reconnaissance, avec ses Seigneurs."

Le Royauté avait même été méprisante à l'encontre de ses bons et loyaux sujets

"Peut être que ce passé semblable rapprochera Serramire et Erac, qui sauront forger un futur en commun, main dans la main"

Toujours à la recherche de soutiens, en attendant ensuite de trier ceux qui seraient sincères, Renaud ne voulait repousser personne, et profiter de l'aubaine d'un tel rassemblement de nobles pour tisser des liens avec ses homologues. Malgré cela, la dernière allusion d'Aymeric devait avoir une réponse, surtout vu les circonstances actuelles, et Renaud espérait réussir à formuler son idée sans froisser son interlocuteur, à trouver les mots qui ne sonneraient pas comme de la sédition, ce qu'ils n'étaient pas d'ailleurs

"La cause de sa Majesté est bonne et juste, et je suis des plus heureux d'apporter la modeste contribution d'Erac afin qu'il retrouve la splendeur qui doit être la sienne. Croiser le fer à vos côtés, héro d'Amblère, et de la guerre passée contre les drows me ravis également.

J'éprouve, par contre, plus de réserve à l'encontre de sa régence. J'espère lourdement me tromper, et que les dernières décisions prisent ne soient que transitoires. Toutefois, le serment de Hautval envers sa Majesté, sans mon assentiment, et allant à l'exact opposé des promesses qui m'ont été faites m'ouvrent quelques interrogations. Je prie pour qu'elles ne soient que transitoires, et que le vasselage me soit transféré à la fin du conflit. Pour vous répondre, j'ai cette crainte que vous venez d'énoncer, et malheureusement, elle est déjà d'actualité. Qu'en pensez vous, vous qui êtes le Sénéchal de sa Majesté Bohémond, peut être avez vous des informations qui ne m'ont pas été donné"


Renaud n'avait pas dit qu'il n'avait eu aucune réponse à sa requête écrite. Parler du silence de la régence pouvait aussi dire que le Duc avait été écarté. Après tout, il n'aurait pas beaucoup de forces à mettre en travers de la couronne si celle-ci décidait de lui mettre en travers, surtout une fois son unité retrouvée.
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Aymeric de Brochant
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MessageSujet: Re: Une bonne chose   Sam 20 Jan - 18:08


« Ce que j'en pense ? » Aymeric se demande un instant si ses considérations sur l'état de dégénérescence dont pâtissait la régence depuis la mort d'Aetius, et à fortiori l'abâtardissement de la lignée royale, intéresseraient vraiment le jeune Renaud. Eût-il le loisir de répandre son fiel sur ses contemporains, le marquis n'aurait épargné grand monde. Or, le duc Renaud semblait être un homme de consensus, prompt au dialogue, même avec ses ennemis. N'avait-il pas plié l'échine alors que son ainé bafouait leur famille entière et s'acoquinait avec l'ennemi ? N'avait-il pas gentiment demandé à la geôlière de son propre père de lui restituer celui-ci en échange de son pardon ? N'avait-il pas humblement pétitionné auprès du Mervalois pour qu'on lui redonne ce qui était légitimement sien ?

Soit par prudence, soit par couardise, Renaud d'Erac semblait être du genre à tendre la deuxième joue. Ses flagorneries éclaboussèrent le marquis tel des embruns légers ; celui-ci ne s'attarda cependant guère dessus, certain qu'il ne s'agissait pas là des premiers boniments sortis de la bouche de son hôte. « Je pense que sa Majesté le Roy est mal conseillée, répondit-il poliment. Un honnête homme n'aurait abandonné la cité de notre Sire, ni renoncé à chasser les félons du Royaume. Dès lors qu'aujourd'hui, le Nord corrige enfin ces erreurs, il me semble juste que sa Majesté place un peu plus sa confiance en nous. »

Même pour un ingénu, ces allusions demeureraient assurément transparentes. Aymeric, cependant, par soucis de clarté, se racla aussitôt la gorge, désireux de s'expliquer au mieux, reprenant sa diatribe la voix pleine de morgue : « Laissez moi être un peu plus clair, Renaud : Cléophas est une sangsue nuisible qui séquestre notre Roy depuis deux ans, tandis qu'une bande de pédérastes suderons le regardent sans rien faire. Ces pleutres, tout autant que Nimmio, sont responsables de la décadence du Royaume, et dussé-je parvenir jusqu'à Diantra, soyez bien certain que je mettrais un terme à cela. » Que penserait le duc de ce 'subtil' changement de ton ? « M'y aiderez vous ? »

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Renaud d'Erac
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MessageSujet: Re: Une bonne chose   Jeu 25 Jan - 13:04

Renaud était tout ouïe devant le Marquis, attendant les mots que celui-ci trouverait pour justifier l'injustice qui était commise à l'encontre d'Erac. La moindre des choses que l'on puisse dire, c'est qu'il ne fut pas déçu, mais des plus surpris, lorsqu'il entendit la réponse des plus acerbes qui sortit de la bouche d'Aymeric, et en total contradiction avec ce à quoi il s'attendait. Le sang de Renaud bouillonna intérieurement, se demandant si c'était un test, ou s'il avait en face de lui quelqu'un de censé, et qui osait dire ouvertement ce qu'il pensait.

"Et bien, voila un discours bien tranché qui ne laisse guère de doutes sur vos pensées. Venant de la part du Sénéchal du Roy, nommé par son régent, je dois avouer que je suis surpris...agréablement. Je n'aurais jamais imaginé que vous ayez tant de griefs à l'encontre de celle-ci. Moi qui désespérais de trouver quelqu'un d'engagé, et qui ne soit pas servile envers la régence, me voila servis"

N'y pouvant plus, Renaud énonça pour la première fois ce qui l'agaçait, ne s'emportant pas, gardant ce ton, calme, mais duquel transparaissait ouvertement une hostilité certaine, non pas à l'encontre du Marquis, mais de la régence

"La Royauté est tombée à son plus bas, de mon avis, et elle a certes besoin d'être appuyé par ses puissants pour retrouver sa force, mais pour cela, encore faut il la libérer du joug de ceux qui ont su profiter de la situation pour l'étouffer. Le Régent m'a trompé, il m'a regardé dans les yeux en me disant qu'il me rendrait mes terres, et à peine mes troupes lancées pour aider sa Majesté, qu'il me soutire l'un de mes vassaux de juré. S'il se moque des Ducs de sa Majesté, alors qu'en est il des autres sujets ? Je l'ai en travers de la gorge, je vous l'assure, et je compte bien faire valoir mes droits.

Quand à vous aider, si vous voulez rendre ses lettres de noblesse à la Royauté, alors je vous suis tout acquis. Pourtant, je m'interroge, qu'attendez vous donc de moi ? alors que je suis isolé, et que ceux qui devraient être sous mon commandement, sont sous le votre. En quoi est ce que je pourrais vous être utile ? n'êtes vous pas le Sénéchal ? et le suzerain du marquisat le plus puissant du Royaume ? n'avez vous pas les armées en main, et la puissance pour dicter votre volonté ?"


Renaud s'interrogeait sincèrement. Il avait l'impression depuis le début qu'on le trainait comme un boulet, et qu'aucune considération pour son titre ne lui était rendue. Peut être que son jeune âge jouait, mais cela l'exaspérait. Il devait trouver un moyen de s'imposer parmi l'élite, et d'être reconnu d'elle.
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Aymeric de Brochant
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MessageSujet: Re: Une bonne chose   Dim 28 Jan - 13:45


Un rictus vint déformer le visage du marquis à l'écoute de la louange que lui faisait son hôte. Ce dernier semblait persuadé que la force demeurait malgré l'épreuve du temps, et qu'Aymeric, désormais à la tête d'une coterie populeuse, pouvait prétendre à l'hégémonie dans le Royaume. Le marquis, cependant, ne doutait pas un instant de la fragilité de sa force apparente. L'Histoire ne cessait de le ressasser, Amblère le lui avait rappelé : la guerre pouvait unifier les hommes sous sa bannière un jour, et une fois la paix venu, les dresser face à lui dans quelque salle du trône. Gagner la guerre, en vérité, était encore le plus simple.

Aymeric regardait son commensal : celui-ci avait louvoyé tout du long de la discussion, évitant de répondre aux questions du marquis. Premier parmi les braves à s'être emparés de l'étendard royal, Renaud était aussi un de ceux qui avaient le plus à retirer. À l'instar du régent de Sainte-Berthilde, le jeune duc d'Erac y jouait là rien de moins que l'avenir de ses fiefs et de son titre. Mais le marquis pouvait-il seulement l'en blâmer ? Ne leur était il semblable en tout point, sinon les dix années qui les séparaient ? Lui qui avait redoublé d'ambition pour faire la grandeur de ses terres ne pouvait reprocher à d'autre de désirer la même chose ; au contraire, il les y encourageait et souhaitait les aider. C'est que le marquis n'était pas un naïf ; avisant ces jeunes seigneurs aspirant à la grandeur, il s'était résolu à s'en faire des alliés plutôt que des rivaux.

« Si fait, j'ai tout cela. Mais Arsinoé n'avait-elle la même chose ? Forte de la puissance que lui avait légué son époux, elle en négligea l'amitié de ses voisins, certaines de pouvoir les mater si d'aventure ceux-ci se défiaient d'elle. La suite... » Portant son verre aux lèvres, le marquis vida la coupe. « Le Royaume ne manque pas d'ennemis, Renaud, et je n'entends pas porter le glaive éternellement pour éteindre des incendies allumés par quelque sycophante dans l'entourage du Roy. Vous l'avez dit vous-même : en campagne, je suis fort, certes ; mais à la cour, je ne suis rien. C'est précisément là où vous pouvez m'aider, Renaud, et où en retour, je vous aiderai aussi à retrouver ce qui vous revient de droit. »


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Renaud d'Erac
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MessageSujet: Re: Une bonne chose   Mar 30 Jan - 12:36


Renaud n'aimait pas la guerre, et ses mots pouvaient être perçus de deux manières. Ou l'on voyait la force brute et le potentiel de guerre, ou l'on pouvait distinguer le spectre d'une possible guerre, qui permettait d'être dans une position avantageuse pour négocier. C'était à la seconde que Renaud faisait référence, mais il voulait voir la réaction du Marquis, et laquelle il choisirait. Il fut donc soulagé, lorsque Aymeric expliqua que la force n'était pas tout, et que c'était à la cour, et par la politique, que le futur se jouerait. Se pouvait il donc qu'il venait de se trouver un allié de poids, quelqu'un qui lui proposait son aide pour récupérer ce qui lui était dû. Renaud n'était pas dupe non plus, et le Marquis lui énonçait d'ailleurs clairement qu'il s'agissait d'un partenariat, et que ce n'était pas à sens unique. Au moins il avait l’honnêteté de le dire ouvertement, et c'était un marché des plus équitable. De toute façon Renaud avait besoin d'alliés, seul il n'arriverait pas à grand chose

"La force et la supériorité écrasante contre un adversaire unique fait la différence, mais contre une coalition, l'on est alors bien peu de choses. Arsinoé s'est montrée incompétente à gérer ses vassaux, c'est bien dommage pour elle, et pour la Royaume. Je constate que vous ne semblez pas vouloir renouveler ses erreurs. Uni, nous serons plus forte, il n'y a aucun doute la dessus."

Royaliste, le Duc l'était, mais il y avait diverses manière d'être loyal à la monarchie, et même si l'on mettait en avant son Roy, l'on appréciait pas forcément son entourage. Renaud regardait son interlocuteur droit dans les yeux, essayant de la jauger sur ses bonnes intentions, et sur les éventuelles non-dit qu'il garderait pour lui. Mais le temps n'était pas à la suspicion, même s'il faudrait garder un œil vigilant sur la suite, mais bien à l'entente, et non feinte

"Si vous m'aidez dans ma quête de justice concernant la légitimité d'Erac sur ses terres de jurés, je deviendrais alors votre débiteur, alors plutôt que de vous êtres juste redevable, et d'attendre de payer ma dette en retour, je préfère une alliance réciproque et active, profitable à nos deux personnes, enfin plutôt nos deux territoires."

Renaud serait soulagé de trouver un appui, et pas un rival. Déjà avec Louis, il s'était injustement soucié de la réalité des intentions du Régent, si Aymeric, et Serramire, était de son côté, il y aurait de grandes choses à faire dans le futur. D'ailleurs, conscient que ses troupes, bien inférieure en nombre par rapport à ses acolyte, ne changeraient pas grand chose, il se dit qu'il pouvait essayer de prendre les devants

"Je ne pense pas que les troupes eraciennes fassent la différence pour le siège à venir. Si vous le désirez, je peux partir en avant, me rendre à Diantra pour préparer votre arrivée, ou à Merval pour voir ce qu'il en retourne."

Le silence de le Régence de Bohémond était inquiétante, et nombre de rumeurs courraient déjà les rangs.

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Aymeric de Brochant
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MessageSujet: Re: Une bonne chose   Mer 31 Jan - 0:47


S'il sembla un instant donner son assentiment à la proposition du marquis, vantant à grand renfort de poncifs les vertus d'une alliance du Nord et du Médian, Renaud fit cependant bien vite déchanter son invité quand sautant du coq à l'âne il suggéra de partir en avant-garde jusqu'à la cité aux cinq-cent-soixante-quinze tours. Aymeric, altier, chassa la proposition d'un revers de la main. « Là, bon seigneur! Nous nous sommes mépris : ce n'est pas un capitaine que je recherche, de cela mes tentes regorgent. En revanche, elles ne comptent que peu de ducs. »

Il lui était difficile de blâmer la naïveté de Renaud. Le jeune homme n'avait-il pas grandi loin de la cour de son oncle le Duc ? Si le vieux Charles avait été une figure d'exception, entretenant une cour de mages et d'érudits au cœur d'un Avosne écrasé par les bondieuseries, Aymeric ignorait bien ce à quoi pouvait ressembler les halls de Harren. Assurément, on n'avait du préparer le benjamin de Léandre à devenir Duc un jour ; Aymeric cependant, s'était mis en tête, de même qu'envers le jeune Louis, à aider ses voisins en la matière. Ne leur avait-il pas été semblable, dix ans plus tôt ?

« Je vais être franc avec vous, Renaud. Pour m'armer face aux tumulte de la cour, j'ai besoin d'amis fiables. La maison d'Erac compte parmi les plus anciennes et les plus prestigieuses lignées du Royaume, et vous n'êtes pas sot, aussi avez vous aisément compris que je désire l'allier. Ma proposition est simple : mes sœurs ne sont point mariées, et vous non plus. Unissons nos maisons, et supportons nos droits respectifs à la cour. Que pensez vous de cela ? »

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Renaud d'Erac
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MessageSujet: Re: Une bonne chose   Jeu 1 Fév - 16:58

Bien que ne montrant rien, gardant tout enfermé intérieurement, Renaud grinça en entendant la réponse du Marquis. c'est qu'en fait, il avait l'impression, pour l'instant, de n'être justement qu'un capitaine, et non un Duc qui devait en imposer. De plus, il pensait pouvoir profiter de se rendre à Diantra, et s'il parvenait à apaiser le tout, de se mettre en avant, et d'accroitre son prestige, voila qui était raté. Ajoutez à cela qu'économiser les vies de ses hommes au lieu de les envoyer attaquer des murs et mourir ne lui aurait pas déplu. Non qu'il soit économe en vie pour des raisons d'éthique, c'est juste qu'il ne désirait pas s'affaiblir encore plus qu'il ne l'était aujourd'hui.

Ecoutant la suite, Renaud commençait à entrer dans un nouveau monde, qu'il ne connaissait pas jusque la. C'est qu'il avait toujours vu ses frères en rivaux, son père comme quelqu'un d'inatteignable, et qu'il n'avait jamais fait confiance à personne. Sa "fugue" en Estrevent ne l'avait pas mit dans les meilleurs conditions pour apprendre ce qu'était l'amitié, ou la foi en quelqu'un d'autre que lui. Un brin paranoïaque, et désirant tout faire lui même, c'était usant, et lorsqu'il avait revêtu les atours de Duc, devenu quasiment impossible. Se pouvait il donc que le Marquis de Serramire soit sincère, et qu'il recherche réellement un allié équivalent ? La question qui se posait soudainement à Renaud, en entendant l'offre d'union, était de savoir s'il appréciait sa famille, ou si donner ses sœurs en pâture ne le dérangeait nullement pour assoir son pouvoir. L'on avait déjà vu des familles s'unir par le mariage et s'entredéchirer à la guerre sans s'inquiéter de ce lien. D'autres étaient très attachées à ce genre de rapprochement. Une autre question était de savoir ce que cette union lui apporterait dans le cas ou il serait opportuniste. Erac était une maison prestigieuse, et des plus ancienne, ramenant à la création même du Royaume. Pourtant, celui qui en retirerait le plus, aujourd'hui, serait indéniablement Renaud, et certainement pas Aymeric. Le Duc n'avait pas grand chose à apporter dans la balance, sans ses terres de jurés. Le Marquis ne lui avait d'ailleurs pas promis la lune sans échange. Il expliquait clairement qu'il voulait un partenariat, une alliance qui serait profitable aux deux, et qu'il avait aussi besoin de Renaud pour assoir ses ambitions.

Déjà marié une fois, très peu de temps, Renaud n'était pas moins conscient de sa jeunesse, et depuis qu'il était devenu Duc, de son importance politique, du moins sur le papier. Il s'était déjà fait une raison sur le fait qu'un mariage d'amour était utopique, et qu'il devrait se servir de son influence pour conclure une union qui lui serait profitable, un mariage d’intérêt. Il n'avait toutefois pas encore cherché celle qui lui permettrait cela. Il savait que ses sœurs s'en souciaient, mais lui avait bien d'autres préoccupations pour le moment. Hors voila que c'était le Marquis qui venait à lui pour proposer cette alliance, en la renforçant d'un mariage, quelle ironie, surtout venant de la maison qui avait, aujourd'hui, la plus forte influence, politique et militaire. Il ne fallu pas longtemps à Renaud pour comprendre ce qu'il pourrait en retirer

"Voila qui est inattendu, je ne m'y attendais pas du tout"

Renaud ne savait pas trop comment le Marquis voyait l'avenir, mais Serramire et Erac, dans leur intégralité ne seraient certes pas à prendre à la légère. Cette union rendrait plus important aux yeux d'Aymeric le fait qu'Erac retrouve ses terres de jurés, décuplant la puissance de son nouvelle allié

"Le rapprochement de nos deux maisons aurait un impact conséquent pour notre futur, j'accepte naturellement votre proposition, et que ce mariage renforce les liens entre nos deux familles. Ensemble, je ne doute pas que nos voix porteront plus fort"

Depuis son retour, Renaud avait du mal à envisager l'avenir. Il avait tellement de choses à faire dans l'instant présent, que se projeter plus loin n'était pas propice, tellement cela aurait été hasardeux. Pourtant, il fallait bien y penser, et forger des alliances était ce qu'il désirait ardemment. Et en y pensant, il devait penser à sa soeur, Roxane. Mariée et déjà mère de deux enfants, son époux était mort à la bataille de Valdrant. Renaud saisit donc l'opportunité, lui même préférant tisser des liens que de s'apitoyer sur le sort

"Dites moi, puisque nous parlons rapprochement. L'époux de ma première soeur, Roxane, est tombé à Valdrant. J'entends bien respecter son veuvage, mais lorsque le temps de celui-ci sera terminé, est ce que vous ne connaitriez pas un partit qui serait intéressant ?"

Léandre avait marié ses premiers fils et ses filles à des gens d'Erac, afin d'affermir son emprise sur le Duché. Renaud pensait plutôt qu'il devait forger des alliances plus propices à l'extérieur.
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MessageSujet: Re: Une bonne chose   Lun 5 Fév - 18:12


Il n'en fallait guère plus pour faire l'heur du marquis que la réponse adressée par son hôte le duc. Anticipant peut-être un peu trop vite l'alliance entre pareils princes, Aymeric se tourna vers les ciboires comme s'il s'était agi des siens, versant à qui mieux-mieux deux coupes de vin pour célébrer leur amitié. Par les Cinq! Il avait mené sa barque rondement, et n'en était pas peu fier. Cependant, un rictus mauvais vint dérider son visage, fort heureusement caché à la vue de son hôte. Voila que par un coup du sort, Renaud lui proposait une seconde alliance, par la main de sa sœur récemment veuve. Aurait-on pu souhaiter mieux ? Peste non ? À l'évocation de cette deuxième proposition, Aymeric se souvint non sans ironie ce qu'il avait demandé à Louis autrefois, et pourquoi.

« Votre offre m’honore et me flatte, Renaud, lança le marquis en se retournant, deux coupes en main, et je ne peux m'empêcher de penser que la DameDieu elle même vous a mis sur mon chemin. Mon frère, Evrard, quoiqu'un brave et un vertueux, n'a jamais eu d'épouse. Qu'il épouse donc votre sœur, et vous la mienne! Notre amitié n'en sera que plus forte. » Tendant la coupe au duc, il leva la sienne. « À la grandeur d'Erac et de Serramire! » Alors qu'il buvait, le marquis se félicita que le ciboire dissimule son sourire. D'un regard astucieux, il observait son commensal, réfléchissant à la vitesse avec laquelle celui-ci avait vendu sa propre sœur, à peine veuve, à un étranger. Assurément, Renaud était un ambitieux de la pire espèce ; fort heureusement, il advenait que lui et le marquis se trouvassent désormais du même bord.


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Renaud d'Erac
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MessageSujet: Re: Une bonne chose   Jeu 8 Fév - 15:40

Renaud ne pensait pas que le Marquis proposerait son frère, mais plutôt un Seigneur qui avait une place intéressante. Ayant déjà deux enfants, il était utopique de penser la remarier rapidement, et la mettre au couvent, ou la laisser vieille fille n'arrangeait pas le Duc. Alors lier plus étroitement sa famille à celle du Marquis, l'homme fort de la péninsule, lui serait des plus utile. Quand au mariage, Renaud n'avait jamais cru aux unions d'amour, surtout pour leur caste, et il ne voyait, par ce moyen, que des alliances à forger. Il leva donc également son verre et parla à l'unisson d'Aymeric

"À la grandeur d'Erac et de Serramire! Et bientôt nous pourrons nous appeler frère"

Il allait vite en besogne, mais effectivement de l'ambition, il en avait, et seul son paternel valait quelque chose à ses yeux, du moins au niveau de sa famille. C'est que sa jeunesse n'avait pas été aussi heureuse qu'elle aurait pu l'être, et qu'il n'était pas assez lié avec ses sœurs, même si celles-ci faisaient tout pour se rapprocher de leur dernier frère vivant depuis son retour en péninsule. Renaud se demandait déjà ce que cette alliance allait donner, et il espérait fort que ce jour marque un tournant positif. Renaud lâcha une chose qu'il cachait jusqu’alors précieusement

"Je dois bien avouer avoir quelques lacunes, permettez moi de vous observer pour trouver les ficelles amenant à la réussite qu'est la vôtre"

Un aveu ? une faiblesse ? il regretta aussitôt ce qu'il venait de dire, se relâchement étant rarissime pour lui. il espérait que le Marquis de profite pas de cela.
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Aymeric de Brochant
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MessageSujet: Re: Une bonne chose   Mar 13 Fév - 14:01


Ébaudi par les paroles de celui qu'il pourrait bientôt nommer son frère, Aymeric se rassit pesamment dans sa cathèdre, après que l'on eut trinqué. Le derniers mots du duc l'avaient intrigué : pour un jeune benjamin ayant obtenu les terres familiales au détriment de ses ainés et de son père encore vivant, Renaud semblait avoir une bien piètre opinion de ses qualités. Il n'était pourtant pas le genre de cheval sur lequel on aurait misé de prime abord. « Là, cher ami! J'ai ouï dire qu'il y a de cela quelques années, vous écumiez l'Estrévent, or vous voila désormais Duc! Si ce n'est pas là le signe de la réussite, je ne m'y connais guère », lança le marquis affablement.

Beaucoup décriaient le lointain levant, ses vices et ses excès, aux antipodes du Nord de la Péninsule - du reste, nombre d'estréventins ne masquaient pas leur mépris réciproque envers les féaux du Roy. Cependant, il eut été sot de nier que pour nombre de nobliaux, Thaar était une arrière-court profitable, une hostellerie généreuse pour le bon sang en exil. Tour à tour refuge et lieu d'opportunité, il était l'exutoire quand en Péninsule le sang bleu suppurait - une sangsue, certes, mais souvent bénéfique. Le frère du marquis, à l'instar de nombreux cadets de province, n'y avait-il pas guerroyé quelques années auparavant, à l'instar des chevaliers en mal d'aventure qui y avaient fondé la baronnie de Naelis et le Duché des Septmonts il y a plusieurs siècles ? C'était une pratique antédiluvienne, en vérité.

« Evrard ne manque jamais de conter comment ses menées à l'Est de l'Olienne ne furent que geste et chevauchées, maraudes en acontre du drow et pogroms de vils mmulâtres, mais par les Cinq, je sais mon frère peu avare de rodomontades, entamma-t-il d'un ton badin. Et vous ? Je serais curieux de savoir ce que l'Estrévent vous a réservé. »


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