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 [Esion]Après les zéphyres, le mistral

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Krish Al'Serat
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MessageSujet: [Esion]Après les zéphyres, le mistral   Jeu 11 Jan - 4:12

<< Tendre l'oreille et tordre le cou


Printemps – 4e jour de la première ennéade de Barkios
10e année du XIe Cycle


Au matin du quatrième jour de Barkios, un caravane de dix chevaux bardés d'esclaves à pied traversa Thaar en direction de la porte Est de la ville. Au centre de huit garde à la peau portant l'uniforme de la milice personnelle de Griffe-Argent, deux femmes trônaient avec insolence sur de plus illustres cavales. L'une, dont les cheveux poivre et sel étaient laissés à la vue de tous tout comme ses yeux d'un bleu azur, chevauchait un hongre blanc et massif. L'autre, une silhouette encapuchonnée et entièrement gainée de cuir  de pied en cape, portait un enfant contre elle, dirigeant d'un seule main un étalon fougueux dont la robe d'or était aussi connue que l'identité de sa seule cavalière.

De la perfection militaire de la formation émanait une force tranquille, si bien que personne ne tenta de l'arrêter jusqu'à ce qu'elle ait pris la direction de Sol'Dorn. L'endroit le plus proche pour suivre les sentes noires qui menaient à Elda. La maîtresse de la petite troupe ne lança pas un regard en arrière sur la cité. A croire qu'elle  A ce train de fond, il n'y serait pas avant le début de la 4e ennéade. Wydrin en soupirait d'avance.

Au même moment, comme prévu selon les disposition de la Maîtresse des forges, un frêle esquif mouillait à quelques encablure au nord d'Esion, sur la côté brûlée. De la coque de noix du passeur descendaient quatre haute silhouette bardées de cuir et floutées de longues capes. Leurs visages ombragés par de profondes capuches étaient également voilés par les foulards grisâtre qui les protégeaient de la poussière des plaines arides du sud de la zurthanie. Un œil averti aurait put distinguer les armes d'acier noir habilement réparties sur leurs anatomies. Qui un cimeterre, qui une masse, un poignard, une épée, qui un carquois de flèches aux têtes étranges empennées de plumes de vautours.

S'enfonçant dans les terres parallèlement au fleuve le plus proche, les quatre voyageurs ne mirent que quelques heures à atteindre le bord d'une cuvette au fond de laquelle un oasis rocheux offrait un peu d'ombre à de multiples tentes. Entre les toiles, les chevaux et les morgals, plusieurs dizaines de silhouettes à la peau noire et aux cheveux d'un blanc cristallin déambulaient, discutaient, vivaient en fourbissant leurs lames et en comptant leurs provisions. Après un instant de d'inspection du haut de leur perchoir, les deux hommes de tête échangèrent un regard satisfait et firent le premier pas pour descendre au sein de cette curieuse arène.

Les pans de leurs manteaux essuyant la poussière collées au rochers qui parsemaient la pente abrupte, ils arrivèrent dans le camps sous l’œil suspicieux de ses occupants. Un grand gaillard laissa  retomber sa pierre a aiguisée pour se lever, couteau à la main. Un autre aux cheveux encore à demi blonds s'écarta de leur route, les doigts refermés sur son ceinturon d'arme. Une femme menue et un homme au visage couturé de cicatrices, eux, refusèrent de s'écarter, tout comme trois autres drows aux profils disparates. Des quatre voyageurs arrivés à la hauteur du petit groupe et entourés par l'animosité passive de dizaines d'yeux, le plus grand tira sur son foulard pour dévoiler son foulard. Les habitant du camp ne bougèrent pas. Le plus marqué des hommes présents n'eut qu'un mot aux lèvres.

-Veldruk Eshk'Oroth.
-Jabuuk Gorhur Dan'Hiun ...  » Répondit l'intéresser sans grand conviction de politesse.

Pendu aux réaction de ceux qui s'imposaient comme leurs chefs. Durant un long moment, la tension s'amusa à figer l'atmosphère, jusqu'à ce qu'un rictus torde le visage du balafré, tirant sur ses cicatrices et sa chair rapiécée pour former une grimace incommodante.

-Vous êtes en retard Veldruk. »
crachota-t-il d'une voix rendue désagréablement rocailleuse par des cordes vocales abîmées. « Encore deux jours et nous remballions.
-C'est le propre des déserteurs de ne pas être fiable. » fit placidement remarqué le Capitaine en second de la princesse marchande, fermant quelques visage et tendant quelques épaules au passage.
-Nous sommes ici pour y remédier. »

Une grande drow ayant perdue la plus grande partie de sa musculature l'observait d'un œil brillant de haine... a moins que cela ne soit de la jalousie ? Ses longues mains fines dépourvues de cales tenaient avec force le manche d'un long fouet plutôt que la garde du fauchon qui traînait juste à côté sur son ceinturon.

-Y'aze. Je vois que tu es venue seule ?
-Avant de perdre la totalité de ma seigneurie dans les magouilles de ta maîtresse, je voulais m'assurer que ce ne serait pas encore une simple manipulation du Puy pour nous réduire à néant.
-Tu n'était pas sensé venir seul toi non plus... » asséna la grosse voix de l'ancien capitaine du IVe Ost.

L'accord était clair. Tout le monde devait s'attendre à rencontrer la fameuse Krish Al'Serat en ce jour. Mais ils avaient aussi beaucoup à discuter. Entre les versant de cette oasis encaissée, la soirée serait longue.


____________________________



Printemps – 5e jour de la première ennéade de Barkios
10e année du XIe Cycle
abords d'Esion


Le soleil encore pâle étirait les ombres du début de journée sur les immensités dénudées du Sud-est Vaani. Venant du nord sans chercher à cacher leur avancée, quatre cavaliers approchaient des murs de la cité séquestrée. La chose en elle même était assez inhabituelle. Voilà des mois qu'elle avait été attaquée par des mages de mort et leurs suppôts immondes, mais aucun des survivant n'était venu y réclamer quoi que ce soit. On disait que les non-morts et les eldéens y étaient encore légions et la sagesse populaire ne savait pas trop lesquels craindre le plus. Alors voir deux Morgals et deux solides coursiers soulever une traînée de sel et de poussière dans leur trot soutenu était un spectacle qui attirait facilement l'attention.

En savoir plus sur les cavaliers était cependant bien plus difficile qu'il n'y paraissait. Même avec une vue perçante et une patience extrême, il fallut aux guetteur attendre que les voyageurs soient tout proche pour qu'ils puissent avoir une certitude raisonnable concernant leur appartenance au peuple Daedhel. Ils avaient également affaire à deux hommes et deux femmes, a moins qu'il y ait un messager particulièrement rachitique ou une guerrière particulièrement large d'épaule. Les quatre étaient en effet encapuchonnés et gainés d'armures de cuir, de plate ou de maille qui laissaient bien peu de place à l'apparat et gommaient leurs différences de statures sur une telle distance. Ils portaient également tous des foulards, à l'exception d'un homme de haute taille juché sur un cheval gris aux membres courts et qui semblait prêt à inhaler l'équivalent du zurthan en poussière pour ne pas lâcher la bouffarde qu'il avait au bec.

Lorsqu'il leur fallut décliner leur identité à ces hommes qu'ils identifièrent rapidement comme des troupes d'Elda et des membres du C'nros, l'homme à la pipe fut aussi précis que lapidaire.

-Je me nomme Eshk'Oroth Shetr'han. La nouvelle selon laquelle l'armée d'Elda reprendrait la région nous ait parvenue. Mes camarades et moi sommes venu prêter notre bras pour la Gloire d'Uriz.
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Khernal Baenfere
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MessageSujet: Re: [Esion]Après les zéphyres, le mistral   Dim 14 Jan - 11:26

Les guetteurs n’avaient pas menti. A l’horizon se profilaient les silhouettes des cavaliers, fouettés par le vent qui soulevait toute la poussière de ces landes. Le même mistral soufflait sur les remparts de la stratégique Esion, reprise quelques ennéades plus tôt par les troupes Eldéennes sans aucune difficulté.
Désertées à l’approche de l’Ost Puysard, plus aucune rue ne voyait désormais les marques impies des blasphémateurs zurthans. Leurs non-morts étaient retombés sur le sol et ne frapperaient ni ne mordraient jamais plus si le Da’ron ne donnait pas ordre aux mages de les relever.

Le Streea Jabbuk sentait sa cape claquer dans le vent. Il distingua bientôt les quatre cavaliers, dont deux étaient montés sur des morgals. Ses ordres tranchèrent dans le silence qui s’était installé depuis l’annonce de l’arrivée des guerriers venus du Nord.
« – Hissez les bannières de l’Ost et du C’nros. Préparez mon morgal. N’ouvrez la porte qu’à mon commandement. »

Les quatre cavaliers – respectivement deux mâles et deux femelles Daedhels – étaient bardés d’armures disparates mais non moins de bonne facture. L’œil exercé du Da’ron reconnu en eux des guerriers de profession, entrainés, élèves de la discipline des drows sur l’art guerrier.
« – Vous placerez des archers sur les remparts quand je descendrai. ajouta le drow aux larges épaules en avisant les armes qui pendaient au ceinturon des inopportuns visiteurs. »

Les grandes portes de la cité restèrent fermées un long moment, alors même que les guerriers attendaient devant. Plus un bruit ne circula parmi les troupes eldéennes. Tous laissaient à leur chef le loisir de parler le premier.
Les rouages des grands montants de bois et de métal rugirent alors, pour laisser passer le capitaine, monté sur son morgal qui n’avait rien à envier à ceux des envoyés. Trois de ses soldats l’accompagnaient, rétablissant l’équilibre du nombre dans leur face à face.

« – Est-ce là toute l’armée que les princes doeben ont dépêchée pour soutenir le Puy ? »

Les étendards du Puy d’Elda rutilaient derrière lui. Il n’eut pas besoin de regarder pour savoir que des flèches seraient décochées sitôt qu’une confrontation serait engagée. Aussi, il carra les épaules et toisa les quatre arrivants. A celui qui avait parlé, il répondit ;

« – Je suis Dal’Urgit, Streea Jabbuk du Premier Ost d’Uriz. Nous avons repris cette place à l’envahisseur zurthans au nom du Seigneur de Guerre au Saphir et de Senger Malag’eyl. »
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: [Esion]Après les zéphyres, le mistral   Dim 14 Jan - 16:28


Prenant enfin le temps de retirer l’œuvre d'art fumante qu'il gardait aux coins des lèvres, celui qui semblait être le chef du petit détachement lutta de toutes ses forces contre un sourire.

- Hommage à vous, Streea Jabbuk. Elda est grand. " dit-il respectueusement face à la nouvelle imprévue quoi que plutôt bonne dans le fond. " Mais nous n'avons rien à voir avec les roitelets de la province. Nous sommes ici en notre propre nom. "

Ah la province... doux nom qu'il n'avait plus prononcé depuis près d'une décennie. Il avait perdu l'habitude des ronds de jambes militaires, mais grâce à son poste, la hiérarchie, les ordres et le respect des supérieurs étaient rester dans la nature du sombre briscard.

- Nous ne sommes pas non plus ici en prétendant vous être indispensable pour reprendre ces murs creux. Comme je l'ai dit, nous souhaitons mettre notre bras au service toute cause qu'Uriz pourra trouver digne. " Les actes de l'armée d'Elda faisait généralement partie de cette catégorie cela allait sans dire. Son pouce s'égara sur les bas reliefs de sa bouffarde. Maintenant qu'il s'était arrêté, l'odeur caractéristique du mélange de tabac et d'autres plantes qu'il fumait pesait de plus en plus lourds autour de lui. " La situation est donc simple. S'il y a encore des combats dans lesquels vous êtes engagez, nous serions honorés d'y prendre part, qu'importe la difficulté ou le danger. "
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MessageSujet: Re: [Esion]Après les zéphyres, le mistral   Sam 20 Jan - 23:48

«– Gloire à Uriz et force à ses fils. répondit le soldat eldéen pour conclure la formule rituelle. »

Les armures disparates de ceux qui prétendaient pouvoir aider à la domination d'Elda dans la région allaient dans le sens de ce qu'ils avançaient : des indépendants et non des professionnels doebens à la solde des princes vaannis. Pourtant, posséder des morgals et les maitriser avec l’adresse que Dal’Urgit devait bien reconnaître aux hôtes des steppes n’était pas donné à n’importe quel quidam venu. De telles bêtes parcourant les plaines des traîtres du VIe se comptaient comme les années que passe un Valuk à la tête du Puy.

« – Il n’y a ni or ni notoriété à gagner à servir le Père des Batailles. Elda n’a que faire de mercenaires et Sa richesse n’a pas vocation à être dilapidée par d’autres que les véritables Fils d’Uriz en Ses terres. »

Bien téméraires étaient ces drows pour s’être aventurés jusqu’ici pour une entreprise à la réussite si peu probable… Un mot, un seul, et quatre flèches perceraient cuir et peau pour s’enfoncer dans les chaires de ces impudents daedhels, renforçant une garnison d’autant de bêtes en bonne santé. Mais ce fut sans doute ce seul mot qui retint un ordre cinglant dans la bouche du Da’ron. Nul sombre ne se laisse ainsi prendre par des mains potentiellement ennemies, aussi fervent soit-il. Les enseignements de Tesso sont gravés dans leur sang et même les plus impurs des roitelets de l’Ithri’Vaan savent encore où placer leur confiance dans leurs pairs.

« – Vos noms, vos visages et votre raison de votre présence ici et nous vous laisseront tenter d’attirer le regard du Destructeur à nos côtés. Mais autant vous dire que vous n’aurez la confiance de nul soldat ici. »

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MessageSujet: Re: [Esion]Après les zéphyres, le mistral   Dim 21 Jan - 1:24


Loin sur la plaine de sel, sous le soleil de plomb et sur le sol de aride, une tache noire et grouillante égaillait le spectacle des vautours de passages. A bonne distance d'Esion, à l'abrit des regard derrière le dernier amoncellement rocheux. Chaque silhouette en revoyait une autre, encore plus sombre et plus longue au sol ou sur les parois de pierre. Portant tous capuchon et cache-nez de couleur terne sur des armures vieillies ou disparates qui n'aurait pas attirer l'oeil d'une quelconque bande de mercenaires, ils attendaient, accroupis. Leurs longue oreille dressée attendaient le signal. Leurs muscles raidis tiraient, brulaient, faiblissaient, mais ne flanchaient pas.


_____


Le colosse à la droite d'Eshk'Oroth cracha à terre, son morgal émettant un roucoulement rauque tandis que l'unique œil valide de sa face masquée se posait avec colère sur l'eldéen. La malingre femme trépignait un peu, sa main droite disparaissant dans l'ombre de sa cape. Le calme de l'éphémère leader ne semblait pas même avoir atteint le dernier membre de l'escouade qui se tenait juste derrière lui.

- La seule chose qui coulera à flot entre nos doigts sera le sang des ennemis d'Uriz. "
répliqua cette dernière du tac au tac, sa voix à la fois chaude, grave et assurée faisant la preuve bravache d'une foi aussi inconsciente que sanguinaire.

La promesse sonna visiblement dans le cœur de ses compagnons qui en bombèrent légèrement le torse. Seul leur leader restait encore et toujours de marbre, détaché au point d'avoir l'air à deux doigts de sombrer dans un ennui mortel. Y'aze le gardait du coin de l’œil tout en attendant la réaction de l'officier à leur portée. Même s'ils gardaient la tête haute et le dos droit, les quatre représentants savaient qu'ils risquaient gros. Tout pouvait s'arrêter d'une flèche ou d'un sort tant qu'ils étaient ainsi à découvert. Aucune magie ne pourrait la dévier. Aussi, lorsqu'on leur demanda finalement de se démasquer et de dire la raison de leur intervention mystérieuse, ils avaient parfaitement conscience que la charmante proposition était un ordre... Et que si une réponse déplaisait à l'homme face à eux, il y avait de fortes chances pour qu'ils ne s'en sortent pas tous les quatre.

Les deux cavalières échangèrent un regard rapide. Le petit hongre mal proportionné d'Eshk'Oroth gratta la poussière d'un sabot nerveux. Le silence s'étendit quelques instant. Ses trois compagnons fixaient successivement le fumeur et leur hôte. L’atmosphère se tendait en une note discordante qui menaçait de casser.

- Je vais parler au nom de mes camarades. " une voix rauque et éraillée, presque essoufflée, sortit de la montagne de droite. D'une énorme main à trois doigts, il tira son capuchon en arrière avant de donner du mou à son foulard. Une face ravagée par la guerre à laquelle il ne restait qu'un oeil, une oreille à la pointe manquante et un morceau de nez s'afficha avec fierté. Ce visage ravagé par les acides que les elfes avaient utilisé pour défendre leur Capitale trois siècles auparavant raviverait peut-être des souvenirs dans l'esprit du gradé puysard, mais cela faisait trop longtemps qu'il tournait en rond. Le Jabuuk du IVe Ost qui avait gardé soudé plus de mille hommes pendant des années après l'effondrement et maintenu avec eux une cohésion et une culture toute eldéenne assumerait ses actes si quelqu'un venait à le reconnaitre.
" Je m'appelle Gorhur Dan'Hiun, j'ai grandi à Elda et dans ma faiblesse, j'ai cessé d'honorer les dieux durant des années. Nous et nos camarades avons des passés trop variés pour tous vous les citer à moins que vous n'ayez des années à perdre. Mais nous sommes tous ici pour la même raison. Nous avons commis de graves erreurs et nous en faisons pénitence. "

La drow malingre dévoila un visage jeune, affiné par la faim et le manque d'exercice. Ses yeux inquisiteurs hurlaient autant de jalousie que d'ambition. Du côté droit de sa tête, aucune pointe noire ne crevait sa chevelure, pourtant tirée et tressée.

- Y'aze Terkan. Comme nous vous l'avons dit, nous ne cherchons ni or, ni récompense. Seulement l'honneur de se battre pour la justice.
- Nos sommes tous des repentis. " ajouta Eshk'Oroth abaissant simplement son capuchon et dévoilant également une oreille droite écourtée d'un coup de couteau horizontal. " Un coup Y'aze. "

De sous sa cape, la haute drow atrophiée sortie une corne et en sonna un coup. Au loin, l'ombre d'une troupe se déploya depuis l'arrière d'un des rares reliefs. Une troupe compacte. Difficile d'en évaluer la valeur. Le mastodonte qui s'était présenté en premier tira son morgal d'un pas sur le côté de manière à ce que la quatrième cavalière avance au niveau des autres. La masse de ses cheveux blancs était ramenée du côté droit, cachant une hypothétique oreille manquante. Les épaules larges et le visage encore jeune de celle qui avait prétendu préférer le sang à l'or tranchaient avec son regard plein de flamme.

- Shaar Sherk'tal. Peut-être que nos aspiration changeront un jour, mais aujourd'hui nous nous sommes réunis pour trouver une guerre juste.
- Nos compagnons partagent tous ce point de vue et son près à expier leur faut dans le sang. Alors ? Tiendrez-vous votre parole, Streea Jabbuk Dal’Urgit ? "
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Khernal Baenfere
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MessageSujet: Re: [Esion]Après les zéphyres, le mistral   Dim 21 Jan - 10:34


A visages découverts, les quatre guerriers ne perdaient rien de leur superbe aura de combattant. Leurs faces étaient celles de sanguinaires eldéens, que les intrigues ont rendus ambitieux, que les épreuves ont fait forts, dont les affrontements ont sculpté l’habileté. Pourtant, il n’en était rien. Ces quatre là étaient au mieux des déserteurs, au pire des blasphémateurs. Dans leur traitrise, ils avaient même caché l’existence de leurs pairs qui, cachés derrière un traitre rocher, avançaient maintenant dans un fracas de sabots sur les steppes. Ce pays était un pays de félonnie.
Seul le silence répondit aux présentations des émissaires. Aucun d’eux ne cilla quand les pupilles du Da’ron se plantèrent dans leurs yeux rouges. Le Streea Jabbuk n’eut même pas un regard pour les lointains renforts, qui se faisaient de plus en plus proches. Les trois drows derrière lui trépignaient sous leurs armures, mais il imitait le chef de la délégation dans son calme absolu.

« – Peu d’alliés agissent comme cela. Peu d’ennemis, aussi. »

Sa main gantée passa derrière lui pour gratter une démangeaison imaginaire, trahissant un stress inexistant.

« – Peu de chefs, d’ailleurs. ajouta-t-il à l’adresse d’Eshk'Oroth »

Ses doigts s’agitèrent dans son dos, dans un langage que seuls les vétérans du IIIe Ost pouvaient comprendre, et qui avaient nourri nombres d’intrigues à Elda.

« – Pourquoi devrai-je faire confiance à des renégats, des traitres à leur sang, des blasphémateurs d’Uriz et de Teiweon ? N’ai-je que votre parole d’apostats pour garantie ? Les poignards dans le dos se font fréquents par ces latitudes… »

Un rictus se dessina sur le visage de l’officier eldéen. Sa main revint du côté visible de son corps et alla caresser le flanc de la bête qui le supportait. Celle-ci claqua des mâchoires.
Faire alliance avec ces parvenus, était-ce faire acte de faiblesse ? L’armée d’Uriz avait-elle besoin d’aide pour terrasser ses ennemis, une aide fort peu fiable, de toute évidence ? Qui étaient ces drows, sinon une menace directe à l’hégémonie puysarde à peine recouvrée ici ?

« – Oui… le sang coulera pour Uriz. D'un fléchissement des genoux, le Da'Ron fit faire volte-face à sa monture et quitta l'avant du  groupe pour son flanc. Abattez moi ça. asséna-t-il au moment qu’il jugea le plus opportun, le reste de la troupe encore trop loin pour avoir une influence dans le combat présent. »

Trois lames dégainées en un instant fondirent sur les renégats.
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: [Esion]Après les zéphyres, le mistral   Lun 22 Jan - 2:00


- Je ne suis pas leur chef. " exposa simplement Eshk'Oroth du fond de son désintérêt respectueux pour les caracoles hiérarchiques. " Et la confiance n'a rien à faire dans la nation de Tesso. "

Les lames étaient plus aiguisées au Puy qu'en Ithri'Vaan et les dos tout aussi circonspects quand il s'agissait d'alliance. Les constats du Jabuuk adverse étaient de plus en plus rétifs et ses hôtes de plus en plus méfiants. Si Eshk'Oroth attirait tous les regards et se devait de ne montrer aucun signe d'hostilité, Gorhur avait poser sa grosse paluche sur le pommeau de sa bâtarde et Shaar tenait déjà un corbin dont le bec d'acier noir était discrètement glissé en travers de sa selle.

Y'aze ne souffla que lorsque l'homme fit volter sa monture.

Oui… le sang coulera pour Uriz.

Ils avaient obtenu le droit de faire leurs preuves. Bientôt elle pourrait rentrer à Sol'Dorn en conquérante. Elle n'aurait plus à courber l'échine face à ces gens qui l'avaient rabaisser pendant une décennie. Face à la Doth'ka et ses chiens. Tout en baissant légèrement la tête pour se détendre les épaules, un sourire mauvais se dessina sur son visage. Uriz soit loué pour la justesse de sa...

Un mouvement rapide. Le bruit d'une lame mise à nue. Elle releva tout juste la tête pour croiser les yeux flamboyants du soldat du IIIe Ost parvenu à sa hauteur. Aucune autre émotion que la satisfaction ne passa dans ses iris d'une curieuse teinte orangée. Son visage était encore jeune mais d'une détermination toute supérieure. Le regard d'Irk'Ashan lui revint en mémoire. Le rire dévorant qu'elle adressait au monde alors qu'elles commençaient toute deux leur service à la Citadelle. Peu importe le nombre de fois ou elle avait gagné leurs duels, cette garce la regardait toujours ainsi. Intouchable. Supérieure. Orgueilleuse.

Dans le silence de son esprit, une quinte de toux vint secouer ses épaules relâchées. Elle baissa les yeux sur la tache de sang tombée de ses lèvres sur les écailles vert sombre de sa monture et tomba nez à nez avec un fil d'acier taché de rouge. Il se dégagea de ses cotes d'un mouvement sec. Le bruit spongieux était répugnant. La chaleur lui monta à la tête. L’œil orangé du soldat cilla.

Les cahot metalliques de la première passe d'arme faisait trembler l'air et se répercutait dans les muscles. La mâchoire d'un morgal claqua à un souffle de l'encolure du destrier de Shaar. Reprenant les rennes à deux mains pour éviter une ruade, son marteau de guerre fila au sol. Le sifflement de l'énorme reptile encouragea la panique de l'autre monture. Saisissant une dague, la renégate parvint à parer le coup que le soldat lui assena après s'être détourné de la longiligne Y'aze. Un second coup. Un troisième. Elle tenait bon.

Un hurlement soudain la fit sursauter. A sa droite, le cheval difforme d'Eshk'Oroth avait abandonné son cavalier en s’écroulant, le poitrail percé d'un coup de taille jusqu'à l'épaule. L'homme eut à peine le temps de se tourner sur le dos. La soldate qu'il avait tenu en respect lui portait un coup fatal. In extremis, sa lame ripa contre celle du Repenti. Encore et encore, il roulait de droite et de gauche pour éviter les serres énormes de la monture qui tentait d'enfoncer son crâne dans la terre durcie avec autant d'abnégation que sa cavalière.

La lame effilée qui mordit sa joue et ripa contre le col de son armure rappela Shaar à sa propre réalité. Une vague de frisson lui empoissa l'échine. Un sourire d'excitation creva son visage. La lame rougit de sang du soldat aux yeux orangés siffla dans l'air, dispersant quelques gouttes du nectar écarlate. Les iris de la guerrière se mirent à bruler d'une toute nouvelle ardeur, confinant à la folie. L'ombre d'une hésitation fila sur les traits du puysard. Le coup qu'il porta, moins ajusté, permis à la pointe d'une dague de tracer une courbe sanglante le long de sa tempe. Un accroc sur sa paupière réveilla ses sens. Une contre-attaque puissante s’écrasa sur la cuisse de l'ennemi. La lame rencontra l'armure dans un fracas détonnant. La jambière plia mais la femme n'afficha pas le moindre signe de douleur. Il n'y avait toujours que ce sourire flambant d'une exaltation malsaine. Elle savait que son adversaire avait l'avantage. Elle rendait coup pour coup mais serait morte d'ici quelques minutes si rien ne changeait le tempo. Elle combattait pour sa vie, sans filet, une éternité de repentir comme gouffre sous ses pieds.

Seul Gorhur aurait pu lui porter secours. Il ne le ferait pas. Dans son dos, elle entendait distraitement les mouvements puissants du colosse.

Un glapissement de douleur. Le mugissement de cordes vocales déchirées précéda de toute sa rage le dernier sifflement sur-aiguë d'une monture drow. Un hurlement de détresse fut coupé par le choc d'une chute.

Au cours de leurs quelques échanges, Shaar et son opposant tournèrent suffisamment pour qu'elle découvre du coin de l’œil un spectacle sordide. Coincé sous le flanc d'un morgal, Eshk'Oroth se dandinait pour tenter de se dégager avant que la soldate désarçonnée ne retrouve ses esprits. Il ne lâchait rien. En selle, les dents de son morgal encore plantées dans le cou écailleux de la bête morte, Gorhur tenait en respect le dernier reptile bien vivant qui lui faisait face de sa seule main gauche refermée sur l'une de ses cornes. L'autre enserrait de ses trois longs doigts un morceau de chaire flasque. Il aurait fallut à Shaar bien plus de temps qu'elle n'en avait pour identifier clairement que le trophée de son comparse était une langue. Celle de l'homme qui gisait à ses pieds, la gorge éventrée.

La main rougie de l'ancien Jabuuk défiguré jeta dans le sel le monceau de muscles et de tuyauteries rougeâtres qu'il venait de conquérir. Il n'avait même pas dégainer la lourde épée bâtarde qui barrait son flanc. Parant la première attaque de son brassard d'acier, il avait simplement réceptionné son adversaire en le saisissant à la gorge. D'un seul mouvement, précis et fluide, il avait prit une vie tout en désarçonnant d'un coup de pied la cavalière qui menaçait son frère d'arme. Arrêter d'une seule main la bête rendue folle par la mort de son maître semblait finalement bien peu de chose.

Transfiguré par la rage, le dernier oeil du vétéran était assez flamboyant pour attirer le regard d'Uriz lui-même. Son morgal, aussi vif que lui, relâchait à contre cœur la dépouille de celui qui avait eut le malheur de voir son maître roulé à terre. Sa pupille restait vrillée sur le Capitaine de l'autre camp. Devant la morgue meurtrière qui suintait de ses pores, le frisson qui vous glaçait la nuque suffisait à comprendre comment l'homme avait garder le respect et la dévotion de plus d'un millier de soldats eldéens dans la pire désertion de l'Histoire. Et aujourd'hui, sans un regard pour ses compagnons, cette morgue était sur le point de se muer en une charge bestiale sur celui qui venait d'ordonner sa mise à mort.
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MessageSujet: Re: [Esion]Après les zéphyres, le mistral   Dim 28 Jan - 18:09

Les lames noires eldéennes sortirent de leur fourreau étriquant, maniées par les habiles mains des vétérans du IIIe Ost. Les mages n’étaient pas de cette partie, non parce que Dal’Urgit ne leur faisait pas confiance, mais parce que ses plans en auraient été contrariés.
Arcs bandés par des muscles noueux, les archers répondaient patiemment à l’ordre donné par le poing levé du Streea Jabbuk. Malgré son injonction plutôt claire à ses soldats, cette rixe n’avait rien d’une exécution. On connaissait mal le Da’ron pour ses fastes parades et ses fioritures. Aussi, si les flèches étaient restées empennages sur cordes, c’était pour laisser aux hommes le temps de faire leur preuve.
Les armes furent tirées côtés renégats, engageant un combat marqué par le tintement des fers dans le silence absolu de la cité. Seuls les sabots, au loin, troublaient le bruit favori des rejetons d’Uriz, compte-à-rebours qu’il serait bien mal avisé d’ignorer.

Une première pointe s’enfonça dans la poitrine d’une des envoyées d’Ithri’Vaan trop lente à la réaction, qui regarda, hagarde, une tâche écarlate s’épanouir sur ses tissus. Tant mieux, la faiblesse n’avait plus sa place dans ce monde. Le soldat qui avait accompli ce premier acte de guerre retira vivement son épée sanguinolente de la poitrine haletante de la sombre, précipitant un peu plus sa mort prochaine. Le sang coula une première fois pour Uriz, rétablissant l’équilibre des forces.
Les passes d’armes suivantes, dignes du virtuose qu’était le sombre, furent pour celle qui s’était avancée en dernière.

Avec un rictus difforme sur les lèvres, que prolongeait la longue cicatrice de son visage, le capitaine de l’Ost regarda le chef-à-la-pipe s’écrouler sur le sol, trahi par une monture réticente au combat. De concert avec son morgal, la soldate tenait en respect l’orgueil autant que la lame de ce meneur plus prompt au verbe qu’aux fers. Le cheval ennemi, blessé à hennir à l’agonie, apportait sa voix à la chorale de la bataille.
Une armure gagna le combat contre une lame assassine, déviée à la toute dernière minute par la hautaine Shaar. Ses parades rivalisaient avec peine à la technique sans faille et à l’endurance inépuisable de son mortel adversaire qui ne faisait rien pour retenir ses coups. L’épée eldéenne se teinta plus encore de sang vermeil lorsqu’une cicatrice s’imprima sur la joue de la guerrière. Preuve d’habileté des deux belligérants, la noirelfe rendit coup pour coup ; son poignard atteignit la fine-lame au visage, faisant ruisseler le sang sur ses paupières. Sans doute plus heureux qu’inquiet de voir une adversaire à sa taille, le drow découvrit les dents dans un sourire exalté.
Les plaques de métal autant que les corps étaient marqués par cette rixe sans faux-semblants.

Mais de tous, il en était un qui avait attiré le regard du Destructeur. Celui que la guerre avait façonné, emportant avec elle un œil, la pointe d’une oreille et un bout de nez, la montagne de puissance dominait bêtes et puysard avec la facilité déconcertante de celui qui écrase un insecte sous sa botte. L’arme toujours dans son fourreau, il avait envoyé en Elghinyrr celui qui avait tenté de le mettre en défaut par une poigne funeste à la gorge. De même, ses pieds avaient renversé un puissant morgal, sauvant ainsi la vie d’un de ses camarades. Une seconde monture reptilienne pâtit de sa rage triomphante.
Le regard du Da’ron, sereinement écarté des combats, rencontra l’œil acrimonieux du vétéran. Son sourire s’élargit, remerciant Uriz de lui donner tel combat à mener. Il dégaina deux sabres qui crissèrent au sortir de leur gaine et sauta prestement de son reptile, lui ordonnant d’un claquement de langue de se mettre à l’écart de la mort. Ces montures étaient trop précieuses pour être gaspillée dans un simple but pédagogique.
Un ordre, sans doute inattendu, traversa sa gorge pour surpasser la clameur du combat.

« – Halte. Ne les tuez pas. »

Sa directive fut entendue et la soldate comme son homologue masculin rompirent instantanément le combat pour se figer, mains sur la garde de son épée, pointe au sol pour la première, droit, l’épée tendue pour le second.

« – Emmenez-le. ordonna-t-il sèchement avec un geste désabusé vers le drow qui gisait, mort, sa langue à plusieurs pieds de son corps. »

Les yeux du Streea Jabbuk ne cillaient plus désormais de leur unique cible. Un pas après l’autre, il se rapprocha de son adversaire. Psalmodiant une rengaine bien connue des eldéens, il affrontait déjà mentalement, sans même le toucher, le repenti.

« – Uriz, jabbuk d'thalack lu'Ilharn Daedhel,
Kyorl uns'aa 'zil ussta 'liests harl'il'cik wun alust d'ussta buki killian,
Kyorl uns'aa 'zil usstan skrel Dosst kaas wun nind rarr lu'quortek,
Whol Eldaa, whol thalack, whol phraktos,
P'wal F'sarn natha Glenn wun Dosst Orthae Hosse,
Lu'Usstan orn doera olt venta'kyorl xuil dosst kaas wun jas d'ussta velve.
»

Descendu de son leste morgal, Gorhur Dan'Hiun tira sa lourde épée bâtarde, en saisissant de ses doigts gantés recouverts du liquide poisseux de son ancien adversaire, la garde ahurissante. Avançant l’un vers l’autre à la manière d’une ordalie devant Meingal, les deux drows prirent la mesure l’un de l’autre dans leur démarches respectives.

Puis une attaque. Le colosse repenti fut plus rapide qu’on aurait pu le penser. Déjà sa lame s’abattait de par-dessus sa tête, dans un coup qui aurait tranché net le garrot d’un cheval des plus résistants. Les deux fers de l’officier eldéen rencontrèrent l’épée, sans chercher à l’affronter de face. Le soldat les fit glisser dans un raclement de métal et se déroba dans l’angle mort du borgne, assenant un coup de tranchant dans les mollets de celui-ci. La lame rencontra la cuirasse, n’empêchant pas le premier sang du combat d’éclabousser le sol aride.
Plus énervé que réellement importuné par cette estafilade, le gaillard pivota, envoyant son arme heurter l’un des sabres du Da’ron, qui fut arraché de la main de son propriétaire. Une feinte, pourtant anticipée par l’expérience de l’eldéen, permit à son adversaire d’envoyer un lourd poing contre son épaule.
A moitié désarmé, Dal’Urgit poussa un cri, tant de douleur que de bravade. Ses yeux flambaient d’une ardeur renouvelée par le combat. Son bras torturé tira un poignard de sa ceinture et s’esquiva au moment où l’immense lame allait le trancher net. Le Jabuuk se fendit et feinta pour porter un coup qui ne frappa que le mistral. Un nouvel estoc de Gorhur manqua de lui faire rejoindre son compagnon dans les Pl’eiks du déshonneur.

Les aléas du combat firent que les deux drows s’éloignèrent un instant, sans cesser de tourner au milieu d’une arène illusoire, dégageant une large bande de terrain autour d’eux que ni les occupants d’Esion ni leurs invités ne souhaitez franchir.
Puis la mêlée reprit de plus belle. Le poignard eldéen manqua de peu la gorge du vétéran, la pointe de l’épée tailla un dessin indélébile dans la cuisse du Streea Jabuuk. La maestria de chacun des adversaires rencontrait la virtuosité de l’autre ; l’adresse ambidextre de Dal’Urgit bravait la puissance du repenti vaani et nul ne semblait vouloir prendre l’ascendant. Les passes d’armes se succédaient et donnaient leurs lettres d’or à la technique enseignée sous le Vatna. Forts du regard du Père des Bataille qui ne semblait vouloir prendre parti dans ce duel, l’épreuve des muscles dura un moment encore. Après une parade audacieuse de la dague noire venue frapper le brassard de son avant bras, le vétéran renvoya un poing vers la poitrine blindée, coup que le Da’ron esquiva non sans peine. Celui-ci, profitant du moment où l’épée bâtarde n’était tenue que d’une seule main, vit volter son sabre vers le pommeau de la lame, qui s’échappa de la poigne de son propriétaire.
Nullement affecté, c’est avec les mains que son adversaire arracha le court fer qu’il venait de parer. Une troisième arme rejoignit la terre craquelée du désert.

Suant à grosses gouttes, l’officier eldéen voyait ses attaques devenir moins précises et la boxe du colosse se faire moins puissante. Enfin, ultime tentative de victoire, sa lame rebondit contre le canon de bras et les phalanges de son ennemi sifflèrent à son oreille. Alors, comme d’un commun accord, les deux combattants rompirent le combat et abaissèrent leur garde. Sans laisser la défaite affecter leur aura respectives, les deux meneurs s’étaient auréolés de gloire pour chacun de leur camp.

« – Merci pour ce combat. Vous êtes des nôtres, Uriz m’en a convaincu. »

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MessageSujet: Re: [Esion]Après les zéphyres, le mistral   Lun 29 Jan - 3:34


La colère de Gorhur avait trouvé mur à sa mesure. Récitant entre ses dents serrés le psaume de guerre qui enflammait son cœur. Il avait à peine entendu les ordres de son ennemis, les notant plus par réflexe que par intérêt mais c'est avec une joie sauvage qu'il avait perçu les mots que prononçait le Jabuuk qui s'avançait vers lui. Les mêmes que ceux qui faisaient vibrer ses propres cordes vocales usées. Une once de respect retrouvé, il mit pied à terre, le frisson du duel grimpant à son dos en bête furieuse. Son Morgal n'était pas plutôt libérer de son service par un sifflement de son cavalier qu'il se ruait vers le cadavre à ses pieds, le drow semblant lui plaire au goût bien plus que la carcasse d'un congénère.

Le combat avait été rude. Exhalant. La rage qu'il avait ressentit s'était progressivement muée en agacement puis excitation et enfin en respect. Alors les deux combattant avaient put s'écarter d'un pas ruisselant de sang plus encore que de sueur, ayant mêlé le leur à celui de leur ennemi.

- Et nous servirons Sa gloire avec ferveur. " répondit-il à l'accord du Jabuuk en lui tendant son bras massif au canon cabossé pour un bref salut.

- Haute et claire brûle la foi ! " lança Eshk'Oroth à pleine voix derrière le guerrier qui avait porté leur légitimité sur ses épaules. Un coup s'abattit sur son propre plastron, faisant vibrer le métal. Shaar eut le même geste, reprenant les mêmes mots. Cependant, ce fut dans leur dos que la clameur résonna réellement. L'air s'embrasa un court instant. Les roulements de sabots et de pattes griffues qui approchaient s'arrêtèrent à une distance suffisamment respectable pour ne pas sembler menaçant. Une seule voix constituée de dizaines d'individus avait tonné dans le silence retrouvé.

" KYORL UNS'AA ! "

Pendant le duel, l'un des deux repenti en passe d'être vaincu s'était relevé, constatant avec la plus grande amertume que sa pipe était fendue avant de se laisser happé par la fureur du duel qui se déroulait devant lui. L'autre avait fait sauter le morceau embouti de son armure pour libérer sa jambe s'était laissée glissé à terre plus intéressée par le corps convulsant faiblement de la drow maigrichonne nommée Y'aze que par les exploits guerriers de leur champions. Malheureusement ou non, lorsqu'elle arriva près de sa sœur d'arme, cette dernière avait déjà perdu connaissance mais son cœur battait encore de façon dérisoire. Sans appliquer le moindre garrot, elle souleva tant bien que mal ce qu'elle considérait dors et déjà comme une dépouille pour le jeter en travers du morgal qu'elle avait possédé de son vivant. Ce n'était qu'après l'avoir sanglé qu'elle avait reporter son attention sur l'action non sans continuer à psalmodier à voix basse.

- Nous sommes désormais trente-six Flammes au service d'Uriz. Ou pouvons nous nous installer ? Et quand devons-nous nous tenir prêt ? "  lança Eshk'Oroth, sa pipe fendue et éteinte tout de même de retour au coin du bec comme si de rien était.
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MessageSujet: Re: [Esion]Après les zéphyres, le mistral   Lun 29 Jan - 22:32

Le vent, autrefois sec, était devenu glaçant sur la peau exhalante de sueur du Streea Jabbuk. Le sang coulait à flot de sa tempe et debien d'autres endroits, mais n'effaçait en rien le sourire carnassier qu'il partageait avec son partenaire de lutte. Loin de se complaire dans les victoires les plus faciles, Dal'Urgit, en fervent eldéen, préférait voir un bras à la hauteur du sien pour échanger le fer.
Les deux sabres rettrouvèrent leur fourreau et le poignard fut remis dans sa gaine, ultime raclements de métal pour conclure la rixe.

Les deux eldéens, exsangues, se serrèrent un bras assuré en récitant leurs obsécrations au Père des bataille.
Le cri des quarantes drows sortit d'autant de gorge avec une clarté à réchauffer la Flamme du plus vieux des prêtres puysards. A celui-ci résonna la huée venant de la cité, qui acclamait la fureur du combat.

«– WHOL THALACK ! »

Le cadavre des bêtes vaincues et ceux des plus faibles tombés en Elghinyrr fut débarassé et leur sang laissé en abandon sur la terre qui les avait vu mourir. La longiline Y'aze et le faible vétéran eldéen furent sanglés et ramenés pour les promettre à Teiweon.

«– Nous sommes désormais trente-six Flammes au service d'Uriz. Ou pouvons nous nous installer ? Et quand devons-nous nous tenir prêt ? "

Ignorant volontairement celui qui n'avait su gagner que sa pitié, l'officier répondit au colosse borgne.

«– Ne vous installez pas. Ne descendez pas même de vos montures. Les impis d'Uriz sont partis au Sud, ils ont fui le combat dans leur grande lacheté. Nous les rattraperons et, sous le regard du Destructeur, nous les exécuteront. Leurs descendants sauront, pour les cent générations à venir, que l'on ne défie pas le peuple d'Uriz impunément. »
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MessageSujet: Re: [Esion]Après les zéphyres, le mistral   Ven 2 Fév - 3:34


-Porte Sud ? " lança Eshk'Oroth en même temps qu'un regard vers Shaar. La jeune femme acquiesça. " Porte Sud. " répéta-t-il un peu plus haut, déclenchant un nouveau hochement de tête mais de la part du vétéran aux multiples cicatrices.

- Nous vous y attendrons, prêt au départ. A moins que vous nous fassiez l'honneur du premier sang. "
ajouta le colosse avec un sourire de défi à celui qui aurait put être son homologue dans un lointain passé.

Sans plus attendre, Eshk'Oroth jeta un ultime regard à la femme qui avait eu raison de lui aujourd'hui et se tourna vers la foutue carne qui avait causée sa chute. Il ne fallait pas de connaissances bien poussées pour voir qu'il mettrait longtemps à cicatriser. Son épaule était entaillée jusqu'à l'os et il n'osait plus s'appuyer sur sa jambe frêle. Le prenant par la bride dans la même main que la monture de Shaar, il laissa cette dernière conduire le morgal portant la dépouille de leur consœur. Étrangement, la bête n'eut pas de mouvement agressif envers cette femme qui n'était pourtant pas sa maîtresse. Il semblait calme. Trop calme pour une bête de guerre même. Pendant que Gorhur se remettait en selle et détourne sa bête du festin qu'elle avait entamé, ils commencèrent à longer les murs de la cité sous l’œil des sentinelles.

Le silence suivait cette masse pressée derrière la dépouille de leur première sœur tombée comme un cortège mortuaire. Aux portes sud, à une centaine de mètres de la muraille, la troupe s'immobilisa et chacun mis pied à terre. Certains se penchèrent sur le cas de la monture blessée. D'autres répartirent les armes et les effets de la morte. Une femme et un homme en armure de cuir virent aider Shaar à descendre le corps pour l'allonger sur le sol. Son armure lui fut retirer et on tira des fonds de selle une longue tunique noire  ainsi qu'une grande bâche blanche.

Avec la même précaution silencieuse, les trois drows allongèrent le corps nu sur le grand pan de tissus pour le protéger du sel qui couvrait l'immensité lisse qu'ils foulaient tous en ce jour. Le cri perçant de son morgal retentit soudain dans l'air. Les autres ne l'avaient pas assez éloigné. La bête se rua vers sa maîtresse, ses énormes serres égratignant le sol a chaque bond, prêtes à déchirer ceux qui étaient rassembler autour du corps. Il fallut cinq guerriers pour le maîtriser sans dommage et le museler.

Imperturbable, les trois officiants n'avaient pourtant pas bougés. Après avoir apporter de l'eau, du charbon et des linges près du cadavre, Shaar s'était assise en tailleur, son arme dégainée devant elle. Un chant funèbre émanait de sa poitrine, bientôt rejoint par les autres fidèles qui avaient finis leurs propres tâches. D'un mouvement rendu précis par l'habitude, l'homme qui avait aider à descendre le corps ouvrit son abdomen du côté du cœur, utilisant la blessure qu'on lui avait déjà faite pour ne pas plus abimer le muscle et l'os. Plongeant sa main dans la plaie béante qu'il avait lui même creusée dans la chaire morte, il ne lui fallut plus de trois mouvements saccader pour en sortir le poing suppurant d'un sang épais. Entre ses doigts, le cœur rebondit de la maigrichonne. Il le déposa dans les mains tendues de la femme qui l'accompagnait pour le remplacer à l'intérieur de l'abdomen du cadavre par une poignée de charbon.

Tandis qu'il entreprenait de recoudre et de nettoyer sommairement son œuvre, l'officiante se leva face aux dizaines de ses pairs enfin rassembler. A sa demande, une autre femme se leva de l'assistance pour prendre l'organe qui se mis à flamber entre ses doigts. Ils n'avaient pas le temps pour un buché approprié mais ils avaient bien le temps pour ça. Tandis que la fumé et le fumet s'échappaient des flammes de l'élémentaliste, l'officiante présida à la prière aux morts afin que les actes et la force de la défunte trouvent grâce aux yeux d'Uriz. L'odeur de viande grillée excitait les morgal. Les stridulations bestiales se mêlèrent bientôt aux lamentations guerrières.

Lorsque les cendres du cœur de Y'aze furent soulevées des mains tendues du mage et charriées par le vent, un carnet de gros cuir tomba sur les genoux de Shaar. Lorsqu'elle leva les yeux, elle eut tout juste le temps de voir passer le profil désintéressé d'Eshk'Oroth et sa pipe désormais fendue. Curieuse, elle tourna l'épaisse tranche de cuir pour découvrir un vélin costaud. Le livre était vide si ce n'était la première page sur laquelle Shaar était restée fixée. Tracés à l'encre rouge, quelques mots en langue sombre.

5.1 Barkios - 10:XI
Y'aze Ekmara
Cavalière du deuxième régiment du IV Ost et Despote du Val-Safran dans les Seigneuries Morcelée.
Pas de famille connue.
Morte au champ d'honneur face au IIIe Ost.
Puisse Uriz lui offrir la Rédemption.

- Cette mort est la première. Elle nous rappelle ce que nous risquons et ce que nous désirons tous. " tença la voix éraillée de Gorhur. " Soyez en digne. " Puis il se détourna pour se remettre en selle. L'histoire était close. Ce n'était qu'une mort parmi tant d'autres...

Le carnet de cuir dans la main, Shaar parcouru des yeux les trente-six visages assemblés. Elle y lisait de la détermination, mais également trop de doute et de crispation. Un feu froid rongeait les muscles de la troupe. Le IIIe Ost ne tarderait pas. Elle pressa le livre contre son plastron. Sa main libre effleura sa propre cuisse dont la protection de métal avait disparue. Elle avait préféré s'occuper de Y'aze plutôt que de réparer son armure. Ce n'était pas pour rien. Elle courut vers les deux officiants.

Un instant plus tard, campée sur ses jambes et tapotant la couverture du carnet dans lequel était écrit leur première perte, la voix de la jeune femme porta plus loin que les cordes vocales arrachées du vétéran.

- Y'aze est son nom! " Des douzaines d'yeux se posèrent sur Shaar. " Elle est morte une arme à la main contre la puissance de nos frère dégoutés par les faiblesses dont nous avons fait preuves par le passé. Aujourd'hui, alors même que l'heure de son jugement à sonné, elle chevauchera à nos côté!

Sous les yeux de ses compagnons qui n'avaient pas eu le temps de combattre à ses côtés, Y'aze sortie de l'ombre de sa consœur. Elle marchait sur ses deux jambes. Dans un silence vibrant de chuchotements fascinés, Y'aze prit appui sur l'encolure de son morgal pour se remettre en selle d'un geste fluide. La bête émis une stridulation de contentement, ne comprenant surement pas ce qui était advenu de sa maîtresse. Elle était là, raide, la tête haute, les yeux clos et la bouche cousue. Ses cheveux défaits coulaient sur ses épaules, les mèches pouvant retomber sur son front rapidement noués à l'arrière de son crâne pour dévoiler son oreille à la pointe manquante ainsi que le disque d'encre qui ornait son front, la marque de la Dame aux Ombres. Le rond semblait aspirer la lumière, formant un contraste saisissant sur cette peau qui était pourtant encore noire de vie. Sa robe funéraire cachait ses blessures. Des prières sacrées étaient formulées à voix basse face à la beauté de ce corps désireux de se battre même privé du Feu qui l'animait jadis.

- Elle dévorera la chair de nos ennemis pour honorer les dieux jusque dans la mort. Nous lui offrons cet honneur pour que les P'leiks ne se referment pas sur elle. Pour qu'elles ne se referment sur aucun de nous.

Les yeux des guerriers brillaient d'une flamme nouvelle. Ils chevaucheraient avec le regard de Teiweon braqué sur eux. Ils profiteraient de son ombre et auraient l'occasion de prouver une fois de plus leur force. Mais déjà les troupes du IIIe approchaient. Gorhur et Eshk'Oroth donnèrent le signal. Y'aze s'affaissa doucement, comme endormie sur l'encolure de sa monture. Les deux officiants vinrent la sangler tandis que tous se mettaient en selle.

Avant que les quarante cavaliers eldéens ne les aient rejoins, Shaar poussa son cheval en avant de ceux qui se mettaient en ordre de marche de façon un tantinet laborieuse. Les têtes se tournèrent au son des sabots. Dans la main, ce n'était pas son corbin, mais un simple livre de cuir aux pages épaisses reliées grossièrement. Elle resta ainsi jusqu'à ce que tous aient trouver leurs place, l'ost était déjà à leur niveau, pourtant c'était à eux et rien qu'à eux que cette couverture de cuir brûlait les tripes. La voix chaude de la drow tonna avec force.

" Unissons-nous, Repentis.
Unissons-nous dans les ombres dans lesquelles nous veillons.
Unissons-nous pour trouver la Rédemption à laquelle nous aspirons.
Puissent la corruption de Kerhel brûler dans les Brasiers de la Guerre.
A ceux qui vont mourir, je dis ceci : Votre sacrifice ne sera pas oublié.
Un jour prochain, nous vous rejoindrons dans la mort.
Puisse-t-elle nous ouvrir les portes du Nahali. "

Nul ne lui répondit, bouche close comme les lèvres scellées de Y'aze. Mais les torses étaient bombé, les yeux aiguisés... Et les armes à nue montèrent dans le ciel. Le soleil heurtait l'acier brandit en signe de ralliement.
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MessageSujet: Re: [Esion]Après les zéphyres, le mistral   Dim 4 Fév - 21:23

Loin d’éloigner les deux communauté, les morts surent les rapprocher, de la seule façon dont naissent les amitiés en Elda : dans le sang. Sabres et épées étaient rengainés mais l’on voyait clairement un respect mutuel s’établir entre les deux chefs, que les armes avaient noué. Aussi, les deux morts, tribu de faiblesse payé par les deux camps en échange du soutien de l’autre, paraissaient dérisoire en comparaison avec ce que chacun avait gagné ; l’estime et la considération d’Elda pour les uns, trente-six lames farouches pour les autres.

« – Le premier sang reviendra à qui saura tendre le bras le plus rapidement. Qu’Uriz vous prête sa force. »

Ainsi Dal’Urgit se sépara de son homologue, sifflant sa monture qui accourut pour le porter jusqu’à la Cité, où les prêtres des Jumelles soignèrent sommairement ses plaies. Le Streea Jabbuk les renvoya une fois la suture refermée et fit sonner la corne de morgal. En bataillon bien ordonné, neuf cent Braises répondirent à son appel. Tous n’avaient pas assisté au combat, mais les sentinelles sur les remparts avaient fait courir les rumeurs. Nul n’ignorait l’adresse dont le Da’ron avait fait preuve, et son aura prenait un tout nouveau sens. N’étant élevé parmi ses pairs que récemment, c’était avec un orgueil mesuré que Dal’Urgit se vit recevoir les respects des vétérans du IIIe Ost, sous forme d’un coup sur leur poitrine qui résonna un moment parmi les rangs.
Puis l’on beugla des ordres, que les veldruks répétèrent. Le bataillon de cavaliers partit dans un cliquetis d’armure vers les montures, tandis que les autres se voyaient octroyer des tours de gardes accrus. Si l’on avait pu cacher quarante drows aux yeux d’Elda, les sentinelles se devaient être plus performantes.

« – Gosk’a ! »
Le veldruk se présenta devant son supérieur et se mit au garde-à-vous. D’un geste, Dal’Urgit lui imposa le repos.
« – Sois-mon exécutant le temps de mon absence. Les ordres sont toujours les mêmes. »

Les talons de l’officier claquèrent sur la pierre et il se retourna roidement, laissant Gosk’a à son salut militaire. Le Jabbuk se mit en selle et prit les devants du reste de la troupe, qu’on avait fait mettre pied à terre.

Pour ces repentis, anciens puysards, il fallait montrer qu’Elda n’avait rien oublié de son ardeur passée. Le défilé qui suivit la discrète cérémonie en était le seul et unique but.
La corne fit retentir sa note dans l’air, grave et fière. Les portes Sud d’Esion s’ouvrirent et laissèrent le flot d’eldéens sortir sur la terre saleuse des steppes. Leur pas, tout martial, ne souffrait d’aucun défaut, alors même que chaque soldat tenait par la bride sa monture. Seul monté, Dal’Urgit dépassa les guerriers armurés pour se planter devant Gorhur.

« – Elda est prêt. WHOL THALACK ! »

On lui fit écho, dans son dos.

« – WHOL THALACK »
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MessageSujet: Re: [Esion]Après les zéphyres, le mistral   Dim 18 Fév - 13:39


Les mains retombant sur les brides de leurs montures disparates, les Repentis silencieux firent le premier pas. Par rangées de six, Gorhur les précédant et Y'aze au premier rang, ils semblaient aussi coordonner qu'une horde de mercenaire Thaaris. Les morgals regardaient les équidés avec les naseaux dilatés, la faim les guettant toujours. Les destriers de toute taille devient adapter leur allure pour ne pas se faire distance, certains marchant noblement, d'autres courant presque, ballottant leurs cavaliers. Il étaient peu. La plupart d'entre eux n'avaient plus affronter de véritable bataille depuis des années. A côté, l'Ost se déplaçait d'un seul tenant. Un corps. Une volonté.

Pourtant... Pourtant bien que moins grands, plus grands, plus bruns, plus costaux, plus maigres, moins bien organisés, moins bien équipés, la marrée étrange de créature murmurante que formait la petite troupe avait quelque chose d'inquiétant. Sur les lèvres de chacun, dans un chuchotement mourant, les nom des Vrais divinités apparaissaient une à une, revenaient comme un mantra de force. De temps à autre, un nom se dégageait de la masse informe. Lorsque dans un hasard atroce, trente gosiers en appelaient à la même tutelle.

Ils s'ébranlèrent ainsi vers le sud. Ce qui était une marche rapide devint bientôt une course. Ils devaient gagner du terrain sur la lourde caravane partie vers le Sud, mais il devaient le faire vite. Les longues cohortes soulevaient la poussière et brisait par endroit la croute de sel qui aplanissait le sol.

En première ligne, ce fut la voix d'Eshk'oroth qui brisa soudain le silence relatif, parfaitement articulée malgré la pipe qui lui tenait toujours au coin du bec.

" A DEUX HEURES ! "

Un point sur l'horizon se développait lentement prêt d'une petite formation rocheuse. Dans un cris de guerre, le Jaabuk fit doublé l'allure. Les Repentis partirent comme le vent, avançant tout en se déportant légèrement sur la gauche pour prendre l'ennemi en tenaille... ou peut-être leur couper la route ? Ils avançaient avec un tel allant qu'on ne pouvait douter d'une chose : Chacun d'eux désirait le premier sang, et pour cela, chacun était près à jouer de témérité.
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Khernal Baenfere
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MessageSujet: Re: [Esion]Après les zéphyres, le mistral   Dim 18 Fév - 18:54

Les voix eldéennes de la Zhennu’Hosse, la Grande Armée d’Uriz se joignirent à celle des repentis pour murmurer le nom des Onze. A chaque nom prononcé, la force de ses guerriers qui comptaient parmi les meilleurs de Miradelphia se raffermissait. Un corps, une volonté, une mission. Ils la mèneraient à bien ou mourraient en le faisant.

La discipline implacable de l’Ost tranchait nettement avec la sauvagerie désorganisée des Repentis. Si d’un côté les montures galopaient presqu’au pas – un tour que les zélés prêtres du Dieu-Dragon inculquaient dans la chaire des bête à coup de fouet – de l’autre elles formaient une meute informe ; redoutable dans sa bestialité, brutale et impitoyable.

« – Teiweon Danath'Koor… »

La caravane était partie bien des jours avant ; autant de toises d’avance dans la thébaïde inconnue. Pourtant, à pied, elle ne pouvait espérer gagner contre les cavaliers du Nord et les mages du Sud. Sûrs de leur victoire, les soldats du IIIe et leurs alliés d’un jour intensifièrent la vitesse.

« – Valas Tal’Berith… »

Le cri du chef-à-la-pipe retentit malgré les sabots. Leur cible était en vue. On plissa les yeux pour les réduire à de simples fentes, pour espérer travers l’épais rideau de poussière qu’avait formé la course sur l’étendue de sel. La caravane étendait son ombre sur plusieurs centaines de pieds. Montures y côtoyaient les hommes à pieds et les esclaves enchaînés. A l’arrivée de la colonne aux cris explicitement belliqueux, les meneurs sonnèrent la débandade.

« – Uriz Vyn'Het Namaz ! »

Les cavaliers déferlèrent parmi les zurthans et les asservis. Premiers de l’Ost, Dal’Urgit abatti le premier ses deux lames sur celui qui vociféraient des ordres à tout va : une tête de l’hydre tomba. Il vit, non sans un sourire, Gorhur exécuter de son côté un autre soldat de l’Hérésie. Premiers Sangs au pluriel.
Insatiable, la faim du combat coulait dans les veines du Streea Jabbuk. Il ne faisait plus qu’un avec son morgal affamé et tout deux balayaient la terre des Impuretés nés de la main de Kerhel. Vite, place nette se fit autour du duo virtuose.

« – Nar'heth ! Nar'heth whol Uriz ! »
Vengeance ! Veangeance pour Uriz !

On prit bien garde à laisser les esclaves en vie, que les chaînes empêchaient de réagir à l’attaque. Dal’Urgit se redressa de toute sa hauteur pour hurler un ordre à tous : eldéens et repentis.

« – PAS DE SURVIVANTS ! »
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MessageSujet: Re: [Esion]Après les zéphyres, le mistral   Dim 18 Fév - 21:05


Fou qu'était ce drow ! La voix chaude de Shaar tonna peu après celle du chef eldéen.

- JE VEUX UN MAGE VIVANT !

Gorhur cracha un ordre. Trois cavaliers juchés sur des chevaux se détachèrent du groupe de charge et obliquèrent sur la caravane en elle-même. Des cadavre se dressèrent sur leur route. La femme qui servait de pointe à la flèche lancée en tailladait seule la plupart. L'homme qu'ils visaient fut bientôt étendu sur le sol, assommé et enchainé par l’entrave même du plus proche esclave, lui aussi inconscient.

Le reste se perdit dans le fracas des lames et l'odeur putride du sang et des fluides frais. Y'aze avait fini par se libérer de ses lien. Les fils qui retenaient es lèvres ensembles avaient lâchés, laissant filer un râle crissant de sa gorge raide. Les yeux clos, sa lame à la main, elle tranchait, perçait détruisait de ses dents, de ses griffes et de son épée tous les ennemis passant à porté. La mort marchait parmi les combattant, mais seuls les drows l'adoraient et la comprenait dans ses aspects les plus bestiaux, ou du moins le pensaient-il encore à ce moment là.

Les Repentis, tout en semant la mort, prenaient le temps de faire sauter les chaines de chaque esclave à la peau noire qu'il distinguèrent. Car oui, certains gens de leur race semblaient avoir été asservis par ces brindilles idiotes qui pensaient pouvoir s'en prendre à une cité si proche d'Elda. A aucun moment un guerrier ne prit le temps de les exhorter à fuir ou à combattre. Pourtant, certains eurent suffisamment d'audace pour user de leurs propres entraves et des lourdes chaînes qui leurs sciaient les poignets comme d'armes de maître. Peu, sur le nombre total d'esclave, mais tout de même suffisamment pour tuer un mage plusieurs protecteurs de la caravane. La majorité tentait tout de même de fuir comme des lapins. Ils étaient irrémédiablement tués ou mis hors d'état de combattre lorsqu'ils faisaient mine de s'éloigner de la zone de combat.

Eshk'Oroth faisait danser son arme en de magnifiques moulinets. Sa monture, coincé entre deux comparses, n'avait d'autre choix que d'obéir. Gorhur s'était couvert de sang jusqu'aux coudes, ses gantelets luisant d'une couleur rubis. Shaar était descendu de la monture qu'elle partageait avec son compère à la pipe depuis la blessure du stupide hongre de ce dernier et avançait à pied, usant d'un style peu commun. Tellement peu commun qu'entre ce détail et la grande gueule qu'elle dont elle avait déjà fait preuve, on pouvait se demander si elle elle n'était pas prêtresse plutôt que guerrière malgré l'absence d'insigne religieux sur sa tenue.

Suivant pas à pas Y'aze, elle se servait des attaques fulgurantes et de la puissance de sa compagne Relevée pour frapper les armes et les armures des ennemis sans prendre de risque. Elle restait à une distance si réduite de ses adversaire qu'ils n'avaient pas le recule suffisant pour user correctement de leurs armes, les poussant à ouvrir leurs garde ou à se battre en déséquilibre, pourtant, aucun ne tombait sous ses coups. Elle se prenait des coups réguliers, certains puissants ou dangereux, mais au bout de quelques attaques totalement inefficaces de son corbin sur le métal et le cuir, un déclic se produisit. Une courte lame apparu entre les doigts de son autre main. Soudain, l'armure et l'arme adverses ne semblèrent plus avoir la moindre substance. Elle n'attaquait pas aussi fréquemment que d'autres vétérans et plusieurs fois son approche fut parée, mais chaque coup porté était accusé comme si le pauvre bougre avait été nu comme un ver. Comme si Gorhur lui-même avait porté l'attaque.

Puis, le silence tomba soudain. Pendant que Repentis et Eldéens achevaient les ennemis et récupéraient leurs blessés ou commençaient à inspecter les premiers chariots, un petit homme à la peau brune roula aux pieds de Gorhur. Le grand homme appela Shaar et Eshk'oroth d'une voix forte. Ils accouraient à toute jambe tandis que le Jabbuk soulevait le nécromancien en le tenant par le cou. Les bras brisés, la servile créature gémissait.

- Quel est ton maître ? " lui demanda la voix autoritaire de la drow fanatique.

Rassemblant tout son courage, l'humain trouva suffisamment de force pour cracher au visage de ses tourmenteurs. Le glaire visqueux coula sur la joue de Shaar. Une gifle de la par de Gorhur s'abattit à toute volée sur cette du mourant. Un étrange battement sourd, comme un coup de tonnerre souterrain, résonna dans l'air en retour. Les trois vétérans froncèrent les sourcils. Les soldats, eldéens et repentis, s'entreregardaient. Mais rien.

Lorsqu'ils portèrent de nouveau leur attention sur le mage, il tremblait et pleurait, toujours pendu par le cou. " Qhot. " Il baragouina plusieurs autres mots dans un chuchotement rapide. Le dialecte était étrange mais le mot revenait régulièrement, comme une chanson, une prière. Ils le firent taire d'une main et appelèrent un mage tout proche. Non, l'homme n'incantait pas. il...

Un second coup de tonnerre silencieux. Les pleures de l’humain furent plus intense.

Cette fois la source en était distincte : le second chariot de la caravane.

Quelques courageux s'en approchèrent en petite foulée. Ils n'atteignirent jamais sa surface de bois. Une odeur pestilentielle emplit l’atmosphère, faisant suffoquer même ceux qui avaient appris a apprécier les parfums soufré des fumeroles du Vatna. Ceux des Repentis qui avaient retirés leurs cache-nez les rabattirent au plus vie sur leur visage. Un grincement inhumain semblable à deux plaques de métal frottées l'une contre l'autre hurla jusqu'à en faire douloureusement siffler les tympans de l'armée d'elfe noire.

Dans la poussière et le sel qui retombaient sur la sol désespérément plat des terres stériles, une boursoufflure de viande rouge et de peau brune distendue de façon grotesque s'extirpait des runes du chariot. Entre les planches brisées et les tissus déchiquetés, un bras. Puis deux. Puis trois. Une jambe. Puis trois. Puis Cinq. Plusieurs corps agencés sans aucune logiques semblaient se désarticulés autour d'un sur visage.

Dans le chaos de sa naissance, la créature avait attrapé le plus proche être vivant. Une mauvaise blague sans doute puisque trois mains aux doigts innombrables se refermèrent sur le corps d'encre de Yaze. Son buste. retomba quelque part à droite. Ses jambes dépareillées glissèrent au sol. Mais ce n'était pas la facilité avec laquelle il avait écartelé un corps qui était la plus répugnante. Chacun de ses gestes produisait des craquements, des râles et des déchirements spongieux. Le simple bruit était écœurant. La vue, même pour un drow, était bien pire.

L'Abomination jeta son cri une nouvelle fois. Sa jambe se posa sur un corps sans vie au pied de son nid. Et dans un frisson de peau noir, brune et blanche, il se tordit de lui même pour s'ajouter à la masse informe.

" QHOT! " cria la voix éraillée de la créature comme si elle était doté d'une intelligence propre. " Qhot R'lyeh wgah'nagl fhtagn !!!"

Alors on compris. Sans même savoir ce qu'avait hurler le monstre. Un mage, sans la folie de sa propre agonie, avait choisie de devenir le centre de cette œuvre innommable qu'il leur fallait détruire.

Le mage que tenait Gorhur s'était écrasé au sol, la nuque brisée. Dans un tonnerre bravache et malgré la peur qui leur tenaillaient les entrailles, les Repentis hurlèrent le nom de leur Père à tous.
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