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 Garde à nous !

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Halyalindë
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MessageSujet: Garde à nous !   Garde à nous ! I_icon_minitimeMer 24 Jan 2018 - 22:48

<< La paix des vétérans
à venir[/url]


Printemps - 3e jour de la 8e ennéade de Barkios
10e année du XIe Cycle

Les hauts murs de l'Académie accueillaient les rares visiteurs avec une rare austérité. D'un autre côté, hors des périodes de rentré, rare étaient ceux qui venaient sans s'annoncer et sans connaitre les lieux. Halya aurait été particulièrement en mal de savoir où se diriger mais heureusement pour elle, le jeune homme portant l'insigne des initiés de Kÿria sur sa tunique semblait savoir ce qu'il faisait.

- Nous devrions aller à la bibliothèque. Si nous ne croisons personne en chemin, les gardiens pourront toujours nous renseigner ou nous indiquer la marche à suivre.
- Alors là, je te fais confiance.
- Tu n'as pas le choix de toute façon. " sourit l'ancien Limier qui commençait à se faire à l'idée de parler un peu plus librement à la femme qu'il avait suivit en tant que garde du corps durant deux mois.

Leur relation était un peu étrange mais avait bien évoluée. De bafouillages vouvoyants, ils étaient progressivement passés à un poli tutoiement et glissaient rapidement vers quelques remarques et bons mots tout a fait amicaux. Tout cela évoluait même bien plus vite que d'ordinaire chez les elfes, mais que pouvait-on encore qualifier d'ordinaire dans la période actuelle ?

Suivant les chemins de terre sous le ciel menaçant d'un printemps pluvieux, les deux comparses prirent la direction d'un grand bâtiment qui, du point de vue de l'ex-Aigle, ressemblait bien trop aux deux autres pour son propre bien.

- Au fait, comment tu connais l'endroit ?
- Ma sœur a fait ses études ici. Je lui ai rendu visite chaque mois pendant un demi siècle. Le Seigneur Limier n'en pouvait plus de mes demandes de permissions... " ajouta-t-il avec un sourire à demi contrit.

Halya hocha plusieurs fois la tête, satisfaite de l'explication. Qui sait, cela pourrait même jouer en leur faveur si un érudit voulait bien les guider dans ce dédale de connaissance. Tout ce qu'ils pourraient trouver sur les Noss, la Symphonie et la cartographie frontalière serait la bienvenue. Elle ne savait trop si elle devait bailler ou trépigner.


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Telenwë Neraën
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MessageSujet: Re: Garde à nous !   Garde à nous ! I_icon_minitimeJeu 25 Jan 2018 - 23:27

Dans le pénombre, il fronça les sourcils. Les yeux fermés, la première chose qui marqua son esprit fut l'odeur de terre mouillée qui envahissait ses narrines. Il tourna la tête ; dans un sens, puis l'autre. L'arrière de sa tête frotta contre quelque chose. Il voulut se réveiller mais ses yeux restèrent clos, comme ne désirant pas se remettre d'un sommeil profond. L'odeur de terre mouillée s'intensifia, devenant aussi envahissante qu'écoeurante. Il voulut bouger le reste de son corps mais ne put pas : il était raide, cloisonné entre trois murs.

Une goutte, deux gouttes, trois gouttes... et quelques paroles, lointaines, parvenaient à ses oreilles. Une voix d'homme qu'il ne comprit pas tant les sons étaient étouffés. Cela ne semblait pas important pour l'instant. Il voulait rouvrir les yeux. Pourquoi ? Il fallait juste qu'il le fasse. Il se le devait, c'était urgent et vital.

Sa tête pencha à nouveau à gauche, puis à droite. La pluie commença à tomber abondamment sur son visage, masquant un peu l'odeur de terre et rendant les paroles définitivement inintelligibles. Difficilement, il déglutit. Alors il sentit entre sa langue et son palais quelque chose d'un peu dur, de la taille d'une graine. Une graine qui commença à germer, un rhizome partant dans sa gorge alors que la pousse se faisait un chemin à travers ses dents puis ses lèvres pour s'élever vers le ciel. D'autres rhizomes, ne trouvant que peu de place dans sa bouche, remontèrent pour après redescendre le long de ses joues et de son cou.

Il avait mal. Extrêmement mal malgré la douce chaleur qui l'envahissait. Et la voix continuait, se faisant de plus forte, un cri venant de très loin.

Ses yeux s'ouvrirent enfin. Au-dessus de lui se trouvait être un endroit peu pourvu d'arbres, où des personnes vêtues de bleu se tenaient debout sur le côtés de son tombeau. Leurs visages lui étaient tous cachés, de même que celui du prêtre de Tari qui présidait la cérémonie. Il voulut crier, signifier qu'il était vivant. Mais la cérémonie continuait et la plante en lui traversait un à un ses organes pour l'immobiliser pour l'éternité. Ils ne le voyaient pas, ne comprenaient pas... ou ne réagissaient délibérément pas.

"Neraën, écoutez-moi. Suivez ma voix, elle vous guidera. Suivez-la, concentrez-vous sur elle et sa vitesse. Il le faut. Par la Mère, Neraën, revenez !"

Il cria. Son monde bascula.


"C'est pas vrai ! Neraën ? Regardez-moi, pauvre fou ! Regardez-moi, allez, forcez-vous !"

L'intéressé venait subitement de se réveiller en prenant de grandes inspirations, le corps trempé de sueur. Il avait atrocement mal, surtout au niveau de la bouche. Allongé sur un sol froid, incapable de ressentir une quelconque force dans ses membres. Son vieux maître Celebrand le secoua vigoureusement pour qu'il le regarde droit dans les yeux, tremblant.

"M'entendez-vous bien ?
-Ou... Oui.
- Bien. A quelle vitesse je parle ?
- Euh... norm...
- Eeeeeet làààà ?
- Lent.
- Bon ! Espèce d'idiot, je m'en étais douté ! Mais pour une fois que vous vous montriez curieux sur vos propres capacités magiques... Vous m'aurez encore une fois causé une de ces peurs ! Et pas qu'à moi d'ailleurs.
- Que... ?
- Parce que vous ne vous en rappelez pas ?
Telenwë fit un signe négatif de la tête.
- A votre demande nous avons essayé de faire un exercice sur la perception de l'esprit, notamment concernant celle du temps. Je vous ai fait essayer avec du simple pour ce domaine, comme la perception de l'odorat. Et lorsque vous avez voulu essayer le temps, vous ne vous y êtes pas assez bien pris, très loin de là. Vous vous êtes vous-mêmes perdu et m'avez fait une crise spasmodique. Ensuite je vous ai ramené. Vous vous en rappelez maintenant ?
Un silence accueillit les paroles de l'être millénaire.
- Alors pour l'amour des Cinq, Neraën, quelle que soit la situation n'essayez plus jamais cela ! Ou pas avant que quelques siècles se soient écoulés et qu'un maître soit là pour vous aider. Le problème de la magie de l'esprit, et cela je vous l'ai apostrophé de nombreuses fois il y a de cela trois siècles, est qu'une mauvaise manipulation peut entraîner un blocage, un retournement ou autre de l'esprit - évitez d'imaginer le pire vu votre état - et l'amener à s'auto-détruire. Dans des cas extrêmes, certes, mais des accidents impactant des apprentis de manière irréversible sont réguliers. Aussi, promettez-moi de ne pas vous entraîner seul. Jamais."


Les paroles étaient lourdes de sens. L'elfe encore allongé sur le sol de pierre secoua lentement la tête pour signifier à son maître qu'il avait compris, sans pour autant rien dire. Il se souvenait de son cauchemar et ressentait encore comme si cela avait été réel... ou presque. Il n'était absolument pas sûr de lui et vu le traumatisme, il ne contredirait aucunement son maître. Celui-ci réussit à faire en sorte que son élève soit en position assise, en appuyant son dos contre un mur. Tout en lui posant de nombreuses questions pour le maintenir éveillé - et aussi par curiosité - il lui tendit un verre d'eau pour qu'il puisse boire. Par anticipation, il posa à côté de lui la caraffe à moitié pleine ainsi qu'un pain aux fruits secs. Nombre de questions ne trouvèrent pas de réponses ou bien des trop vagues. Après de longues minutes où Neraën but et mangea autant qu'il pouvait, Celebrand se permit une remarque qu'il n'avait que très peu - trop peu ? - de fois formulée depuis qu'il connaissait cet énergumène d'etenirili.

"Vous savez, Neraën. Je ne sais quel traumatisme vous hante mais il va falloir vous en défaire. Il semble bien plus profond que ce que j'imaginais. Trop pour votre bien.
- Que te fait-il dire cela ?
- Votre regard plus que vos réponses. Vous avez vu quelque chose lors de votre perte de connaissance mais n'en dites rien. A y réfléchir, vous n'auriez pas dû revenir après autant de temps. J'ai eu de nombreux élèves qui ont vu leur esprit leur jouer des tours similaires à cause de la magie en mille ans et j'ai appris à reconnaître une situation plus compliquée qu'elle ne le devrait être. Je ne vous demande pas de me raconter ce que vous avez vécu, cher élève. Mais, maintenant que vous avez décidé d'être en paix avec vous-mêmes, de le devenir totalement. De vous défaire de vos peurs les plus profondes. Sans cela vous ne pourrez jamais évoluer magiquement sans constamment mettre votre vie en péril. Jusque là c'était relativement simple. Vous entrez sur un autre territoire, Neraën. Vous devez être prêt."


Le vieil elfe sourit. Dans le fond, il était content de l'évolution de son élève. Mais il était de son devoir de maître de l'interdire d'aller plus loin maintenant qu'il s'intéressait à un domaine dont le terrain était encore beaucoup trop dangereux pour lui, même si lors d'une crise il avait réussi l'exploit. Qu'il se repose, maintenant. Et qu'il aille voir un mage de la vie pour vérifier que son corps n'avait pas de séquelles. Ils se reverraient lorsqu'il serait temps d'avancer.


Une bonne heure plus tard, en meilleure forme, Telenwë ddescendit les marches de l'Académie. Il fallait qu'il rentre à l'appartement qu'on lui avait aloué et qu'il se lave. Parce que sentir la sueur sur un champ de bataille était normal, mais là... un peu trop, d'autant plus qu'il en avait étrangement quelque peu perdu l'habitude.

Dans le labirynthe de couloirs de l'Académie, Neraën suivit le chemin habituel, se laissant guider par les sensations liées à la Symphonie qui chantait au-dehors et qu'il avait hâte de pouvoir écouter en toute tranquillité. Du moins était-ce généralement le cas... parce qu'au croisement d'un couloir il se retrouva nez à nez avec une personne plus petite que lui à la douce aura lumineuse. Sur le coup il s'arrêta, ne reconnaissant pas la personne qui se tenait devant lui. Il regarda autour de lui, vit qu'il avait visiblement fait un détour, regarda à nouveau l'être de lumière...

"Halyalindë ?"
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MessageSujet: Re: Garde à nous !   Garde à nous ! I_icon_minitimeSam 27 Jan 2018 - 9:45


En approchant de la bibliothèque, Halya se prit à fredonner à voix basse. La Symphonie était étrangement forte. Bien plus forte qu'à l'entrée de l'Académie ou même dans la Capitale. Elle ne se souvenait pas parfaitement de ses dernières visites en ces lieux mais elle n'avait aucun souvenir d'une mélodie à la fois si dansante et si nostalgique. Il y avait quelque chose de languissant même. Un accent puissant et plutôt incongru alors que le printemps victorieux faisait résonner Anaëh de ses mouvements enlevés. Quelque chose dans le bâtiment duquel ils approchait devait à la fois attrister et renforcer la Symphonie... Le Livre d'Elenmar peut-être ?

Pour chasser cette impression, elle tira plusieurs fois sur le lobe de son oreille. Hiriel ne semblait se rendre compte de rien, bienheureux citadin qu'il était.

A l'intérieur des murs, c 'était pire encore. Sans une hésitation, l'Initié de Kÿria se dirigea sur le couloir de droite et continua à grand pas. L'endroit était gigantesque. Il était plus grand encore qu'Ellyrion mais on sentait la même patte, le même amour d'une architecture à la fois complexe et raffinée qui avait le don de perdre les esprits malchanceux. Si elle avait toujours cru qu'Ellyrion avait été construit ainsi pour éviter d'être facilement pris par l'ennemi, elle pouvait constater qu'il n'en était rien.

Au détour d'un couloir perpendiculaire, elle salua de la tête un grand homme malingre aux cheveux blancs. Un rat de bibliothèque vu sa carrure. ça lui faisait penser que tant qu'à être là, elle aurait volontiers demander à consulter le Livre. Peut-être pourrait-elle comprendre pourquoi ce bourdonnement émanait du bâtiment.

- Hiel. Tu penses que nous pourrions... "

Elle n'arriva jamais au bout de sa phrase, coupée par une voix familière juste dans son dos. Surprise elle se retourna... Pour apercevoir l'érudit malingre qu'elle venait de croiser. Il connaissait son nom ? Quelque chose dans l'étranger était familier. Sa voix. Son visage pâle. Des yeux bleus sombres. Non...

- Neraën...?

Dieux... Et elle s'était crue malmenée par le Conseil... A quel point avait-il dépérit. Elle se souvenait d'un militaire de haute stature et aux épaules larges. Il n'était que l'ombre de lui même... Une fois la première surprise - et la première horreur - passée, le visage de l'Ardamiri se teinta de fierté et de soutien. Cet homme avait été capable de beaucoup pour sa Cité. Il avait de quoi forcer l'admiration. Venant s'emparer de son bras pour le serrer à la façon des militaires, elle lui donna finalement l'accolade.

- Contente de voir que tu es sorti de ce trou à rats... Macabre t'as attendu, tu sais. " Elle recula d'un pas, lui servant un sourire robuste " Mais qu'est-ce que tu fais là ? "
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MessageSujet: Re: Garde à nous !   Garde à nous ! I_icon_minitimeSam 27 Jan 2018 - 10:44

C'était bien elle. Il avait beau l'avoir appelée, il avait du mal à vraiment la reconnaître. Les évènements qui s'étaient déroulés cette dernière année semblaient l'avoir changée et ce profondément. Il ressentit sa surprise puis la fierté, peut-être même la compassion qui la traversaient. Il sourit, d'un sourire fatigué plus par le malaise dont il se remettait à peine que par ce qu'il avait pu subir en Eteniril. Cela n'empêchera certainement pas Halyalindë de se rendre compte à un moment donné qu'il n'était plus le même elfe... enfin. Il apprécia grandement le salut militaire qu'elle lui offrit, y répondant avec gratitude tout en posant sa main libre sur l'épaule de l'ardamirie.

"Contente de voir que tu es sorti de ce trou à rats... Macabre t'as attendu, tu sais. Mais qu'est-ce que tu fais là ?
- Je sais... j'ai pu discuter avec elle. Pour ce qui est de la raison de ma présence ici, je suis venu rendre compte à Anorn de l'état d'Eteniril et l'avertir officiellement que la guerre civile était terminée, avec les conséquences qui allaient avec. J'en profite pour lui prouver ainsi qu'au Chapitre Blnc que je ne suis ni un fou, ni une personne qui est magiquement instable... donc je passe des tests. Et toi ? Vous, même ?"


Il jeta un regard neutre à l'elfe qui accompagnait la protectrice - ou l'ancienne, avait-il cru entendre - pour l'inclure à la conversation. Dans le fond, il était heureux de pouvoir revoir celle qu'il considérait comme une soeur d'arme. Il en oubliait persque toute la transpiration qui se voyait encore sur ses vêtements.
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MessageSujet: Re: Garde à nous !   Garde à nous ! I_icon_minitimeSam 27 Jan 2018 - 11:43


Halya fronça le nez en entendant le nom d'Anorn.

- Tu auras de la chance si tu arrives à le voir. D'après ce que j'ai entendu du conseil, il n'est pas des plus disponibles visiblement. "


Elle n'avait même pas examiner la possibilité d'envoyer un message ou de demander une entrevue avec leur cher Régent. Elle était même assez heureuse de ne pas a voir les membres du Conseil, les diplomates et les politiques pour pouvoir séjourner tranquillement à Alëandir.

Hiriel combla la distance qui le séparait des deux vieux amis et salua l'etenirili. Si ses vêtements l'affichaient en tant qu'adepte de Kÿria, sa main avait toujours une force toute militaire. Sa jeunesse tranchait quelque peu au côté de ces deux elfes marqués par la vie et les combats mais il avait tellement pris l'habitude de travailler au contact de vétérans plus âgés que lui qu'il ne le remarquait même plus.

- Hiriel. Nous sommes venu interroger les académiciens au sujet l'état des dernières études concernant les Frontières. "

- De plus en plus d'Ardamiris se posent des questions sur les conséquences de l'avancé de la Symphonie, des étranges mouvements Noss et de ce qu'en déduisent nos savants. Nous venons chercher de quoi nourris nos Bibliothécaires affamés.
- Et trouver des cartes récentes... " ajouta le jeune Initié, faisant visiblement référence à un problème récent qu'il avait partagé avec sa compagne de route.

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MessageSujet: Re: Garde à nous !   Garde à nous ! I_icon_minitimeSam 27 Jan 2018 - 16:24

"Je l'ai déjà vu... mais c'était il y a plusieurs ennéades."

Et il n'était pas heureux de me revoir...
pensa-t-il sans pour autant le dire à voix haute. S'il apprécierait de parler de tout et de rien avec Halyalindë, sachant qu'ils pourraient certainement se dire ce qu'ils pensaient vraiment, il ne pouvait se permettre ce genre de réflexion devant un elfe qu'il ne connaissait aucunement et ce dans un endroit où d'autres elfes pouvaient les entendre. Les murs ont des oreilles parfois très fines, trop même. Et vu la situation dans laquelle il était de base, il valait mieux que ses paroles ne soient pas mal interprétées. Aussi laissa-t-il le dénommé Hiriel se présenter et les deux elfes lui expliquer pourquoi ils se trouvaient dans l'enceinte de l'académie.

"Etudes symphoniques et cartographiques... Je ne suis pas sûr que vous soyez au bon endroit pour parler d'évènements actuels se déroulant aux frontières dans ces domaines. Pour les cartes, il devrait y en avoir à la bibliothèque. Besoin que je vous emmène ?"

Les deux étrangers ne se firent pas prier, aussi Telenwë leur fit-il signe de le suivre. Il avança relativement doucement à cause de sa fatigue. Autant par curiosité que pour cacher la raison de sa marche modérée, il reprit la discussion.

"Je ne suis revenu d'Eteniril qu'il y a quatre ou cinq ennéades aussi ne suis-je pas encore forcément au courant de ce qui se passe dans la forêt. Qu'entendez-vous par une avancée de la Symphonie et des étranges mouvements noss ?"
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MessageSujet: Re: Garde à nous !   Garde à nous ! I_icon_minitimeDim 28 Jan 2018 - 16:01


Malgré l'état de fatigue et de sudation avancée dans lesquels semblaient se trouver Neraën, Hiriel accepta plus rapidement son aide - reconnaissant au passage que sa mémoire des lieux était peut-être un peu moins parfaite qu'il ne voulait bien le croire - que ce qu'Halya put la décliner. Ils luis emboitèrent donc le pas, la rouquine espérant qu'ils n'auraient pas trop à marcher.

- J'ai appris pas une connaissance commune que la Symphonie n'avait pas arrêté de s'étendre après le Voile et l'épisode des bucherons. " expliqua-t-elle en réglant son pas sur celui de l'Etenirili. " Elle descend de nouveau jusqu'à Ellyrion et une avancée profonde dans les terres de Naelis et de la péninsule serait même a prévoir d'ici quelques années seulement. Les citoyens d'Ardamir commencent à se poser des questions sur les limites de notre devoir de protection d'Anaëh. Savoir si nous devons aussi nous préparer à une expansion agressive, maintenir nos positions ou que sais-je encore. Ce sont des querelles d'érudits. Mais d'elles pourraient dépendre beaucoup de chose. " ajouta-t-elle avec un froncement de nez. " Quant aux Noss, ils affluent de tout l'Anaëh vers le Sud semble-t-il.

Inutile de parler de l'identité de leur guide pour l'heure. Aucun Ardamiri n'était au courant que le grand homme en pagne qui était entré dans le Cloitre quelques ennéades plus tôt et qui avait fait magiquement sortir la Protectrice de l'enceinte était la personne à l'origine du regroupement martial des Noss. Pour l'heure, le clamer en plein milieu de l'Académie aurait été pour le moins contre productif.

- C'est une marche de guerre," précisa-t-elle tout de même en prenant un pas d'avance alors qu'ils arrivaient devant une grande porte qui ne pouvait être autre que celle de la bibliothèque. Elle posa une main assurée sur l'épaule moite de son frère d'arme pour l'empêcher d'avancer d'un pas de plus et lui offrit un sourire de connivence amusée. " Ils vont vers Yutar et toi c'est vers un bain et un bon lit que tu devrait retourner. Nous pourrions nous voir ce soir dans les jardins ou même demain. Rejoins moi devant l'Amphithéâtre demain midi, j'ai vu que la troupe jouait les Trembles-Pierres. Nous aurons le temps de nous détendre. "

Une comédie classique en Ardamir mais toujours aussi désopilante. Elle ne savait pas si elle était également connue dans les autres cités mais était à peu près sûr qu'il serait sensible aux vers à la fois justes et hilarants qui montrait toute la fatuité des personnages important et rigides de leur société tout en moquant avec finesse leurs détracteurs.
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MessageSujet: Re: Garde à nous !   Garde à nous ! I_icon_minitimeDim 28 Jan 2018 - 21:43

Telenwë écouta attentivement sa soeur d'arme, ne posant aucune question mais n'en restant pas moins alerte. La Symphonie se répend au sud, amenant par là une question purement théorique mais tout aussi crutiale sur la réaction que se devaient d'avoir les Gardiens d'Anaëh : devaient-ils faire comme si de rien n'était ou bien devaient-ils aider la Prime Oeuvre à s'étendre ? Le protecteur avait bien une réponse en tête mais il n'était aucunement le moment de la donner. Lors d'une conversation plus approfondie peut-être. L'ardamirie se mit alors en travers de son chemin tout en posant une main douce sur son épaule.

"Ils vont vers Yutar et toi c'est vers un bain et un bon lit que tu devrait retourner. Nous pourrions nous voir ce soir dans les jardins ou même demain. Rejoins moi devant l'Amphithéâtre demain midi, j'ai vu que la troupe jouait les Trembles-Pierres. Nous aurons le temps de nous détendre.
- Chaque chose que nous faisons a ses conséquences, Halyalindë. Les Ornedhels ont décidé de descendre vers le sud, peut-être en raison de l'expension de la forêt ; quoi qu'il advienne nous en serons tous impactés un jour où l'autre. Mais tu as raison, il est nécessaire que je me lave puis que j'aille me reposer."


Sa dernière phrase semblait n'avoir aucun lien avec les précédentes et pour cause, elle servait juste à clore cette discussion qui n'avait rien à faire à l'entrée de la bibliothèque. Avec un faible et bref sourire il prit la main d'Halyalindë et la défit doucement de son épaule.

"Si tu peux je préfèrerais te voir ce soir, seul à seule, si cela ne te dérange pas Hiriel. Je pense que nous allons avoir beaucoup à discuter. Cela me fera plaisir de prendre le temps de te revoir, en tout cas. Coucher du soleil au jardin nord de la ville, cela te convient-il ?"

Il lâcha la main de sa jeune consoeur et se recula d'un pas pour marquer la distance, écoutant en même temps sa réponse. Il inclina respectueusement la tête pour les saluer puis se retourna, sa bien courte mission accomplie. Il était vrai qu'il était fatigué... il avait hâte de rentrer.


~~~~~~~~


Musique


Midi. Le soleil printanier réchauffait la sylve, n'atteignant pourtant pas l'elfe qui était étendu sur le sol, à l'ombre d'un saule pleureur. Les yeux clos et la respiration presque imperceptible, le corps semblant encore fragile, il était comme un être s'étant abandonné aux bras de Tari. Pourtant il ne faisait que dormir, se reposant d'une matinée éreintante. Une matinée où la magie avait été plus qu'éprouvée.

L'elfe inspira profondément, heureux de pouvoir respirer l'air libre aux douces effluves florales. Mais, plus encore, il appréciait grandement de pouvoir écouter le Chant courir entre les arbres, caressant ses oreilles et l'apaisant plus qu'aucune attention elfique - ou presque - ne pourrait le faire. Harmonie perpétuelle, il ne pouvait qu'essayer de comprendre son air et d'écouter ses différentes voix. Cela lui était tout aussi complexe que difficile, et ce fut en expirant qu'il regretta de ne pas avoir eu l'éducation pour pleinement comprendre la Symphonie voire même pour Chanter.

Ses yeux s'ouvrirent. Au-dessus de son visage s'étendaient les longues branches garnies des feuilles du grand arbre, le renvoyant à sa plus tendre enfance et à l'imaginaire quasi mystique que les cachettes données par ces branches lui offraient. Un monde qui n'était qu'à lui et que le saule protégeait. Un fin sourire orna son visage à ce souvenir et il tourna la tête. Il ne voyait rien à travers les feuilles mais il se doutait qu'il allait falloir qu'il y aille. Les maîtres allaient l'attendre... Il entreprit donc de se lever, péniblement, et se frotta les yeux de fatigue. Un passage, très bref, attira son attention. Il regarda un instant en direction du tronc, se dit que ce ne devait être qu'un écureuil puis fit un pas vers le monde réel, celui où son imagination d'enfance n'était qu'un vieux souvenir. De sa main droite il souleva le rideau de feuilles et s'arrêta, circonspect. Au-dehors ce n'était plus la ville. Au-dehors s'étendait une étendue d'arbres et de buissons trônant sur des ruines vieilles d'au moins plusieurs siècles si ce n'était plusieurs cycles. Aucun bruit animal. Aucune présence elfique. Juste la flore et son chant tout aussi cristallin que mélodieux.

Il connaissait ce genre de rêve ; il savait à qui il était relié. Aussi, sans crainte, il s'aventura dans ce rêve étrange et laissa le rideau de feuilles retomber derrière lui. Il marcha, silencieusement, écoutant et ressentant. Il mit du temps avant de reconnaitre le palais d'Alëandir et l'Académie tant la nature avait fini par recouvrir les pierres. Il essaya de comprendre, dans un premier temps, se demandant ce que voulait lui transmettre Dryade. Puis il finit par se laisser bercer et prendre la direction que le chant qu'il entendait lui indiquait, même si c'était de manière approximative. Au bout d'un moment il s'arrêta devant un disque fait de bleuets, non coupés. Il posa ses yeux sur tout ce qui l'entourait, ressentit l'air frais l'habiter le temps d'une respiration, la sensation de la terre sous ses pieds et le poids de ses vêtements sur ses épaules. Tout semblait réel ; trop réel, même.

"Dryade ?"

Un bruissement lui répondit. Un rapide coup d'oeil au disque de fleurs bleues, un autre bien plus long aux arbres et ruines l'entourant. Rien, elle n'était pas là. Il se reconcentra donc sur... sur la flaque d'eau profonde qui se trouvait à ses pieds et qui était un instant auparavant un parterre de fleurs. Fronçant les sourcils il s'agenouilla, écouta, regarda, et plongea sa main droite dans l'eau. Elle était glaciale. A la fois glaciale et chaude, comme un mélange de colère, de peur et de larmes.

"Dryade ?"

Un murmure. Une voix magnifique, séduisante mais pour autant trop peu compréhensible chanta dans sa tête. La flaque devint une barrière de glace sombre devant lui, et lui se retrouvait debout, main posée contre la vitre. Elle était là, derrière la barrière. Il pouvait à peine la discerner mais il savait en son for intérieur qu'elle souriait. Sans voir, il savait. Sa main gauche était posée contre la glace, en miroir de la sienne. Ses yeux vert et marron étaient grands ouverts et ses mouvements lui laissaient comprendre qu'elle avait retrouvé de l'énergie. Comme lui. Il sourit. Comme elle.

"Le mois prochain, Dryade. Je te le promets."

Il posa son front contre la vitre. Ferma les yeux. Il comprenait, maintenant. Et s'il pouvait être heureux qu'elle aille mieux, sa promesse lui nouait le ventre. Parce qu'il savait ce qui pouvait être, que sa promesse ne s'arrêtait pas juste à un acte, qu'il y aurait de nombreuses conséquences et ce surtout pour lui. A travers la glace, il ressentit la douce chaleur de bras maternels couver son esprit, une joie profonde mais discrète l'envahissant. Il avait peur, elle le savait. Aussi, en mère, le réconfortait-elle.

*Laissent la culpabilité et la peur fondre comme la glace qui entourait ton cœur. Patience et Tendresse. Voilà tout ce qu'il me reste à t'offrir. Tu m'a acceptée, c'est un premier pas dont je te suis grée. Mais ne crains pas la solitude car elle n'est qu'un mirage. Ne crains pas le manque car il n'est que temporaire. Tu es entier, n'en doute pas. Et je serais toujours là, à ton oreille.

Je te promets d'attendre jusqu'à ce que mes forces me quittent ou jusqu'à ce que tu renonces à ma présence et à tout ce qu'elle représente pour toi. Pouvoir. Présence. Excuse.

J'attendrai.

J'ai hâte de voir venir le jour où je pourrai appeler mon Geôlier : Ami.*


Des phrases qui avaient été prononcées un an auparavant... L'estomac toujours serré mais pour autant l'esprit apaisé, Telenwë rouvrit les yeux sous le grand saule pleureur. Il était temps. Temps de préparer le départ. Temps de faire appel aux noss de sa terre ancestrale. Aussi se leva-t-il et entreprit de quitter le saule pleureur, quitter cet antre réconfortant plein d'imaginaire et de mysticisme. De la main droite il ouvrit un pan de feuillages devant lui et s'arrêta. Son coeur se mit à battre fort, extrêment fort. Tout autour de lui n'était plus rien : l'existence même des choses n'était plus et le Chant était remplacé par un bruit immonde, une symphonie dont tous les instruments étaient des cris de détresse, de douleur et de haine. Sa respiration se fit rare et douloureuse, des larmes lui montèrent aux yeux. En tombant à genoux, il plaqua ses mains sur sa tête pour éviter d'entendre. Mais il y était maintenant... c'était trop tard...

"NON !"

Dans son sommeil, Telenwë avait fini par crier, raison pour laquelle un garde ouvrit la porte de la chambre. Il fit mine d'entrer mais le protecteur lui fit signe de s'arrêter, que tout allait bien... physiquement du moins.

"Laisse. C'était juste un mauvais rêve."

Le soldat obéit mais après avoir gardé quelques longues secondes un oeil sur l'elfe aux longs cheveux blancs. Juste un mauvais rêve... Quand on se met à transpirer et à crier dans son sommeil, ce n'est pas un simple rêve. Et on l'avait ramené suffisamment en mauvais état plusieurs heures auparavant pour faire autre chose qu'attention. De son côté, une fois la porte refermée, Neraën calma sa respiration et se résolut à prendre une seconde fois dans la journée un bain. Juste une sieste entre les deux... heureusement qu'il avait laissé la bassine telle quelle, cela allait éviter de gaspiller de l'eau.

Se levant avec mal, il tira le rideau de la fenêtre pour voir à quel moment de la journée il se trouvait. Fin d'après-midi, environ trois ou quatre heures avant l'aurore. Il soupira, repensant à son étrange rêve et essayant d'en comprendre la fin. Sa tentative ne trouvant là aucun succès, il finit par se laver, aller chercher de quoi se donner un peu d'énergie au corps puis repartit à l'Académie afin d'aller voir un mage de la vie. Heureusement que la soirée s'annonçait plus reposante...


~~~~~~~~


Les yeux fermés, il écoutait. Attendant qu'Halyalindë arrive, il se reposait l'esprit tout en écoutant le Chant. Il n'était peut-être pas au sein du Santuaire de Kÿria, endroit où il adorait désormais se rendre, mais se tenir non loin des murs d'enceinte dans un jardin était un réel plaisir à ses oreilles comme son esprit. C'était même la meilleure façon pour lui de se reposer. A cette pensée, il eut un sourire sincère. Il avait peur pour l'avenir... aussi désirait-il profiter au maximum du temps qui lui restait, jusqu'à ce qu'il puisse se rouvrir à nouveau à ses Frères de Sève.

"Halyalindë."

Depuis la branche sur laquelle il était venu se percher, il se laissa tomber sur le sol et rejoignit celle qui venait d'arriver. Il avait l'air d'aller bien mieux que lors de leur retrouvaille : habillé simplement d'un pantalon brin et d'une chemise bleu clair, lavé, les cheveux détachés coiffés et son visage éclairé d'un sourire bienheureux. Bien plus expressif que le nouveau protecteur qu'elle avait rencontré en Eteniril, complètement différent.

"Comment vas-tu depuis... tout à l'heure ?"
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MessageSujet: Re: Garde à nous !   Garde à nous ! I_icon_minitimeSam 3 Fév 2018 - 16:44


Quelle gravité dans le ton et la verve. Au moins il était des choses qui ne changeaient pas. Elle fronça le nez, mi agacée, mi amusée par sa façon de se retirer et ils regardèrent l'etenirili partir d'un pas lent.

- Qui est-ce ? " demanda l'initié de Kÿria à mi-voix
- On a combattu à ses côté pourtant. " se tournant vers la porte, elle lança encore à son comparse avec un sourire amusé " Tu ne te souviens pas du protecteur d'Eteniril ?

Le jeune homme ouvrit des yeux immenses, retenant de peu une exclamation surprise. Noooooon... Il ne pouvait pas être le guerrier maniant une double lame qu'ils avaient suivit à Eraison... C'était impossible. Tout simplement impossible. Avant que la porte de la bibliothèque ne se referme sur eux, Hiriel jeta un dernier coup d'oeil par dessus son épaule. La petite silhouette s'éloignait toujours le long du couloir. Décidément, les temps étaient bien étranges.

Cette pensée ne l'accabla que peu de temps tant la journée fut dense. Les archivistes de l'académie avaient beaucoup trop de cartes de beaucoup trop d'époques mais leurs informations sur la symphonie était relativement limité. Il semblait que plus d'érudits d'Ardamir que d'Alëandir ne se penche sérieusement sur le sujet... Mais quoi de plus normal étant donné l'histoire du Palais de Chêne ? Les études symphonies les plus complètes qu'ils trouvèrent dataient de trois ou quatre ans et concernaient l'Estel. La plus récente était une étude du lac de cendre et du chêne qui avait poussé en son centre. Un mystère que les prêtres et les mages peinaient à expliquer mais qui avait attirés de nombreux Noss.

Les heures passaient et la pile des documents dont ils demandaient une copie augmentait de plus en plus. Halya y ajouta un traiter de magie théorique sur les communications à distances qui pourrait sûrement intéresser son père. Les copistes de l'endroit auraient de quoi faire pour les ennéades à venir.

En fin d'après-midi cependant, la rouquine faussa compagnie à Hiriel, le laissant clore seul les recherches du jour avec un excuse qu'il accepta de bon cœur. Il avait eu un mouvement pour la suivre mais il devait se rendre à l'évidence : si elle avait voulu fausser compagnie à des accompagnateurs, que ce soit ici ou en Ardamir, elle l'aurait fait depuis longtemps.

Lorsque la dame passa de nouveau les portes de l'Académie, il y avait bien plus de vie à qu'en milieu de matinée, des élèves et des érudits déambulaient en petit groupes, discutants, s'exerçant, riant de bon cœur. Ne portant pas les couleurs de l'académie, la présence de la voyageuse à tunique verte et aux cheveux roux ne passait pas inaperçu. Pas plus que les deux longues dagues, presque des épées courtes, qui pendaient à sa ceinture. On la salua plusieurs fois, certains l'aidant même à trouver son chemin avant qu'elle n'ait à leur demander. L’ambiance était paisible. La présence de tous jeunes adolescents ajoutait à l'ensemble cette pointe de joie et de vie propre aux écoles.

Mais cela ne changeait rien au fait qu'Hiriel n'était plus dans les locaux, une histoire de carte à vérifier dans les archives du temple de Kÿria visiblement. C'est donc l'esprit libérer de toute culpabilité qu'Halya pris le chemin de son rendez-vous, la démarche dansante et le cœur léger. Le soleil descendaient doucement sur bâtiments blancs couverts de lierre et de vigne. Le ciel lavé par les pluies de l'après-midi se colorait timidement d'orange. Elle cherchait déjà depuis de longues minutes et aurait certainement put continuer encore longtemps si une voix ne l'avait pas interpelée. Une voix venant d'au-dessus de sa tête.

Si elle avait penser que certaines choses ne changeaient pas, l'homme qu'elle avait sous les yeux lui prouvait le contraire. Non seulement il avait meilleur mine, mais c'était toute sa façon de bougée et de se tenir qui était différente de l'homme de ses souvenirs. Elle ne cacha pas son étonnement face au sourire rayonnant et tombé du ciel qui lui faisait face.

- Bien... Bien. " Puis elle s'ébroua, lui retournant une expression joviale et amusée " Mais ce n'était pas la peine de descendre. Au moins on sera au calme.

Fermant la bourse de toile posée sur sa paume pour la suspendre à sa ceinture, elle sauta pour attraper une robuste branche basse de l'arbre duquel il venait de se laisser tomber et grimpa sans difficulté pour se glisser sur la fourche la plus proche de l'épaisse branche dont il s'était fait un perchoir. Calant son dos avec un soupire de contentement et posant son genou gauche contre l'écorce qui lui faisait face, elle laissa le temps de remonter à son camarade, profitant de l'instant pour rouvrir la poche de toile et en sortir une tranche rougeâtre dans laquelle elle croqua à belles dents.

- Fruits checs ? " proposa-t-elle en tendant le petit sac. Goyave, ananas, fraise et figue. il devait y avoir aussi quelques cerises dans le fond, peut-être trouverait-il son bonheur. " Désolée, je n'ai pas pris le temps de manger aujourd'hui. " Et elle était plus qu'affamée. En passant, elle pensait pouvoir s'acheter un morceau de pain ou même un peu de viande sécher mais seul un marchand de fruit confits et secs avait croisé sa route, à son plus grand désarrois.

Une fois qu'ils furent installés - et que la belle eut décoincé les long cheveux roux dont elle prenait doucement l'habitude pour les rassemblés sur son épaule - elle repensa à leur échange du matin.

- Alors comme ça tu as eu l'occasion de voir le Régent ?
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MessageSujet: Re: Garde à nous !   Garde à nous ! I_icon_minitimeDim 4 Fév 2018 - 20:37

Bon,hé bien il était descendu de son perchoir pour rien... tant pis ! Il la regarda se placer sur une branche non loin de celle sur laquelle il s'était assis et monta à son tour dans l'arbre. S'il n'avait pas perdu en dextérité, ses muscles eurent pour autant plus de mal qu'auparavant à fournir l'effort nécessaire à la courte montée. Le problème d'une liberté retrouvée depuis peu après un long moment : l'envie de profiter de la forêt se faisait clairement ressentir mais les muscles ne suivaient plus. Mais au moins il n'était plus enfermé dans une chambre dénuée de toute magie. Enfin ! Il se trouvait là, assis sur un arbre les jambes allongées sur une branche et le dos appuyé contre le tronc, une soeur d'armes assise près de lui dans le seul et unique but de parler convivialement - ou pas. Un moment plaisant en perspective qu'il ne se refusait aucunement !

"Si tu n'as pas mangé alors nous irons dans une auberge tout à l'heure, il y en a une pas mal à côté."

Il accepta poliment quelques fruits secs, remercia sa comparse et dégusta les quelques friandises tout en écoutant la question d'Halyalindë. Alors comme cela, il avait réussi à avoir une entrevue avec le régent ? Il avait bien fallu. Cependant il se doutait fortement que cette simple question sous-entendait d'autres auxquelles il ne pouvait pas forcément répondre. Il regarda un instant l'être de lumière, se rappela leur rencontre, leur combat insensé à Eraïson, le rôle qu'elle avait à l'époque, les geôles... et les quelques mots qu'il avait pu échanger avec Ilyn. Il se décida alors à jouer la carte de la franchise sans pour autant révéler ce qui ne devait jamais l'être. Pour voir sa réaction, certainement.

"En effet. Vu la raison pour laquelle je venais, il valait mieux que ce soit le cas. Il n'a pas eu l'air spécialement heureux de me revoir mais il a mieux accueilli le fait que je sois toujours protecteur que ce que je craignais. Après tout, certains prétendent qu'Eraïson m'a rendue fou... Pour le reste, rien de particulier. Je lui ai juste fait un rapport officiel sur la situation actuelle d'Eteniril."

Il fit une courte pause, attendant de savoir si Halyalindë dirait quelque chose ou aurait une réaction particulière. Elle écoutait juste. Il lui posa donc une question, s'intéressant à elle.

"Et toi de ton côté ? J'ai cru comprendre que la dernière année ne t'avait pas laissée non plus sans péripéties... Qu'es-tu devenue ?"
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MessageSujet: Re: Garde à nous !   Garde à nous ! I_icon_minitimeMer 7 Fév 2018 - 10:25


Les nouvelles d'Eteniril auraient été intéressantes à avoir mais Halya découvrait un plaisir qu'elle n'avait pas eu depuis bien des années : elle n'était pas obligée de poser des questions supplémentaires. Elle ne pouvait rien et n'était tenue par aucun devoir d'en faire plus que ce qu'elle avait déjà fait. Aujourd'hui, elle était là pour Neraën, non pour un protecteur encore moins pour un protectorat. Elle se fit donc un malin plaisir de l'écouter avec attention sans en rajouter une couche sur ses problèmes politiques.

Prenant le temps de terminer sa bouchée de fraise, elle rit légèrement à la question de son ancien frère d'arme. Des péripéties... C'était bien le mot...

- En version courte, je suis morte mais je vais mieux. En version moins courte, j'ai un peu trop tiré sur la corde lors des évènements d'Eteniril et mes blessures d'Eraison se sont rouvertes. Le Haut Conseil a jugé qu'une meurtrière n'avait plus sa place parmi les Protecteurs tant que je n'aurais pas été réabilité. Ils m'ont condamné à deux mois de réclusions et à être suivit par des médecins et des prêtres jusqu'à ce que le Régent et ces derniers décident que j'allais mieux. Des amis m'ont aidés à me soustraire à la surveillance de longue durée mais j'ai refusée de reprendre le more aux dents.

Elle se cala un peu plus agréablement contre l'écorce, respirant avec plaisir l'air frais de la soirée. L'été promettait déjà d'être chaud et rayonnant. Après l'hiver qu'ils avaient connus, elle n'en était pas mécontente.

- Telle que tu me vois, je suis libérée de tout devoir diplomatiques... Mais évidement comme je ne sais pas me tourner les pouces, je suis venu à Alëandir pour récupérer des informations sur les frontières et les Noss du Sud. Je suis certaine qu'il y a une carte a jouée pour éviter la formation de deux sociétés elfiques groupées antagonistes.
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MessageSujet: Re: Garde à nous !   Garde à nous ! I_icon_minitimeSam 10 Fév 2018 - 17:47

Neraën soupira doucement. De ce qu'il pensa du peu qu'elle venait de raconter, il n'en dit rien. Il n'avait rien à redire, ou trop, il n'en savait rien dans le fond. La seule chose qu'il aurait volontiers lâché était qu'elle avait de la chance d'être libérée de la politique. Lui n'avait aucunement eu le choix... Enfin bref, il était là pour elle, pas pour lui-même ; aussi la laissa-t-il finir ses explications.

"Tu as bien raison... Profiter que des noss se rassemblent pour éviter que les Elfes n'élargissent encore plus le fossé qui les divise est une idée tout aussi logique que rassurante. De mon point de vue d'idiot révolutionnaire, du moins."

Il rit, bien installé contre le tronc. A part avec Falaedhel, il ne souvenait pas avoir eu l'occasion de faire de blagues idiotes sur lui-même ces derniers temps. Ou du moins pas comme ça, de manière décontractée. Ca lui faisait du bien même s'il avait conscience qu'en plus d'être bête, il ne faisait que mettre en mots la pensée de beaucoup - et ce depuis pas mal d'années.

"As-tu une idée de ce que tu vas faire ou du moins comment tu pourrais t'y prendre ? As-tu des elfes voulant la même chose que toi ?"
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MessageSujet: Re: Garde à nous !   Garde à nous ! I_icon_minitimeDim 11 Fév 2018 - 16:00


- J'en ai toute une meute. " rit-elle en se souvenant du visage fanfaron de Denial lorsque Renwë et lui mettait en boite la Dame Louve. La bande de Sept Idiots qu'ils formaient tous avait suffisamment de rêves de paix pour faire bouger une montagne et avec les conseils que Cinnaeth leur avait donné la veille, l'entreprise paraissait un peu moins perdue d'avance que quelques jours auparavant. Dire que cette initiative venait des personnes qui étaient le moins bien loties après ces années de combats.

- Nous sommes sept piliers en réalité. "
expliqua-t-elle plus posément. " Des vétérans venant d'Eraison et d'Ardamir. A la base, on voulait permettre aux gens de parler librement de la guerre, à ceux qui avaient peur de comprendre et à ceux qui n'arrivaient pas à se réintégrer de partager leur fardeau. Le fait que les Eraisoniens doivent s'installer durablement crée de grosses tensions... Mais on s'est rendu compte que les gens sont tous angoissés par les mouvements Noss en plus d'être énervés par l'inaction du Haut-Conseil. Si nous continuons à nous voiler la face, Les Mille-Voix risquent de se transformer en véritable cacophonie. Ardamir, Mera, Eraison et Wyslena n'ont déjà plus d'ambassadeur ici. Je ne sais même pas si l'une des Cités acceptera d'envoyer autre chose qu'un simple ambassadeur au prochain Haut Conseil. " Elle tendit de nouveau sa bourse de tissus à son comparse en passant les doigts dans ses longueurs. " Tout cela ne se fera pas en un jour mais en attendant on tente de stabiliser Ardamir en brisant les tabous et restant alerte sur la Frontière Sud, tout en intégrant les Noss dans cette volonté de dialogue. Le soucis, c'est de savoir par ou commencer. "

Les vétérans avaient cela d'important qu'ils connaissaient le prix du chaos et tenait à l'éviter coute que coute. Ils savaient également qu'il ne suffisait pas d'ignorer un problème pour le faire disparaitre et leur pragmatisme les poussaient à passer à l'acte plutôt qu'à tergiverser pendant des années... Mais cela les exposaient également à plus d'erreurs et d'imprévu, il faudrait sans doute faire un travail d'équilibriste pour passer au delà des frontières Ardamiries. Dans l'esprit d'Halya, si leur premiers pas donnaient des résultat, cette relation pourrait être étendue à toutes les frontières et à toute l'Anaëh. Au lieu de poursuivre leur décadence, les elfes pourraient enfin marcher d'un même pas et être la force d'harmonie qu'ils étaient sensé être depuis les débuts du monde.

- Sacré projet, hein ? Mais je dois t'agacer avec ces problèmes stupide. ça doit te paraitre tellement vain avec ce qui se passe dans ton protectorat. Tu as réussi à prendre un peu de temps pour toi tout de même ? "
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MessageSujet: Re: Garde à nous !   Garde à nous ! I_icon_minitimeDim 11 Fév 2018 - 17:10

Il écoutait, comme toujours, comprenant parfaitement quel était le problème que rencontraient les Ardamiris et Eraïsoniens. Et il trouvait cela bien triste qu'à cause du manque d'actions du Trône Blanc le Haut-Conseil soit déserté voire même discrédité. Mais était-ce si étonnant ? Le dernier Haut-Conseil s'était visiblement fort mal passé vu l'humeur trop calme et retenue d'Ilyn lors du peu de temps dont il en parle ; le Trône Blanc ne réagissait pas suffisamment face à différents évènements dont ils n'avait pas spécialement entendu parler ; la dame-protectrice d'Ardamir, héroïne de guerre, avait été déchue de sa charge et enfermée dans un temple de Tari. Il ne connaissait pas tous les tenants et aboutissants mais il pouvait comprendre le dégoût qu'ils pouvaient engendrer. Lui aussi avait connu le dégoût, pour tout un tas de raisons. Il refusa poliment les fruits secs d'un geste de la main.

"Sacré projet, hein ? Mais je dois t'agacer avec ces problèmes stupide. Ca doit te paraitre tellement vain avec ce qui se passe dans ton protectorat. Tu as réussi à prendre un peu de temps pour toi tout de même ?
- Tu ne m'agaces aucunement, rassure-toi. Ce genre de problèmes n'est pas du tout stupide et même que ton projet m'intéresse. Taledhels et Ornedhels ont encore beaucoup de chemin à parcourir avant d'arrêter de se regarder de loin en chiens de faïence, en Eteniril, même après ce qui s'est passé. Quelques pas ont été faits et je me retrouve à rester protecteur dans tout ce fratras... J'essaie de faire en sorte que tous apprennent à se côtoyer mais je sens que ça ne va pas du tout être évident, même si en n'ayant plus la cité elle-même à gérer je pourrai vraiment prendre du temps pour faire l'intermède. Mais bon. A moins que je ne t'embête pas avec cette histoire, autant parler d'autre chose...
Il inspira profondément puis soupira.
- J'ai pu prendre un peu de temps pour moi désormais que mes maîtres mages ont fait le rapport au Chapitre Blanc que je n'étais pas un danger ambulant. Mais je passe ma journée à l'Académie, la fin d'après-midi à m'entraîner à l'épée avec Aelian et le soir... De temps à autres j'arrive à prendre du temps pour retourner au Premier Sanctuaire, rester dans la forêt et ressentir sa vie loin de la ville. Sinon je me fais plaisir en discutant avec de bonnes connaissances pas vues depuis quelques mois, comme là."


Il ponctua sa dernière phrase d'un sourire sincère. Il était vraiment content de pouvoir prendre ce temps à revoir des personnes aimées. Et il était plus heureux encore d'être aux côtés de Macabre, mais cela il ne le dirait pas. Pas avant quelques temps.
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MessageSujet: Re: Garde à nous !   Garde à nous ! I_icon_minitimeDim 18 Fév 2018 - 2:31


Halya hocha la tête avec un sourire reconnaissant. Avoir le soutien, même seulement verbal, de quelqu'un d'autre lui faisait toujours un bien fou. Elle ne l'avouait jamais devant ceux qu'elle essayait de convaincre mais son instinct était loin d'être suffisant dans cette entreprise et le doute l'assaillait souvent.

Quand l'elfe eut fini, elle leva les yeux vers le ciel, comme pour vérifier quelque chose. Son sourire redoubla et elle tourna son regard d'émeraude vers son ami. Car oui, elle le considérait comme tel malgré le peu de temps qu'ils avaient partagés. Elle n'arrivait pas à savoir totalement pourquoi mais c'était ainsi alors pourquoi se poser trop de questions ? Dans tous les cas, elle le regardait avec la mine réjouie de ceux qui préparent un mauvais coup.

- C'est parfait. Il est encore suffisamment tôt. " Elle plia sa bourse de toile, la glissa à sa ceinture et pris appui sur l'écorce pour sauter à bas de l'arbre massif. L'épée galbée qu'elle portait à la hanche et sa petite sœur dague cliquetèrent dans leur fourreau. A terre elle leva la tête pour appeler d'une voix forte. " Suis-moi. Je connais un endroit qui devrait te plaire. "

Lorsqu'ils furent tous les deux à terre et à peu près campés sur leurs pieds, elle attrapa le bras de l'ancien chef de guerre pour s'y accroché. " Et au lieu de marcher sur des œufs a savoir si le sujet dont on parle gêne l'autre, pourquoi ne pas parler simplement de ce dont on a envie ? " Aussitôt dit, elle montra l'exemple en reprenant le sujet du projet qu'elle avait lancé. Tout en guidant l'Etenirili à travers la cité, elle lui expliqua comment tout cela avait commencé. Comment les Eraisonniens avaient peur de perdre leur identité. Comment les Ardamiris avaient du mal à assimiler leur présence et à ne pas rejeter leur vision du monde plus ouverte sur les peuples humains d'Ithri'Vaan. Comment les vétérans étaient suivis et accompagnés mais que la pitié ou l'incompréhension des gens qu'ils rencontraient les minaient de plus en plus. Comment elle avait compris qu'elle avait encore son rôle à jouer le jour des Arcamenides, lorsqu'un si grand nombre de citadins s'étaient rassemblés au temple de Tari pour assister à sa danse. Elle raconta leurs regards de fierté et de courage, la façon dont ils étaient capable de se fédérer pour sauver leur terre d'un avenir funeste. Comment la guerre était à la fois la chose la plus détestée et la plus désirée par le coeur des pacifistes Ardamiris blessés par les drows. Elle en parlait avec empotement, revivant les instants clés de son enfermement. Elle lui raconta également la façon dont elle avait refusé de reprendre le titre de Protectrice et l'étrange conseil dans les bois. Et à lui qui pouvait comprendre, elle avoua que c'était en fourrant de nouveau ses doigts dans la toison de Randil après des mois d'absence qu'elle avait compris qu'une partie d'elle avait toujours été brimée à ce poste. Désormais, elle n'aspirait pas à gérer des choses, juste à s'impliquer. Même le mouvement de rassemblement entre Eraisonniens, ardamiris, vétérans, civiles, citadins et Noss, elle aurait préféré ne pas avoir à le diriger, juste en faire parti. accomplir des missions, former des gardes frontières. Elle rêvait d'un petit groupe de gens pour lesquels les Voies étaient encore le maître mot, et avant tout la Voie de la Forêt. Ainsi, la protection de toute vie passerait avant toute chose, tout idéal, toute pensée politique. Elle espérait pouvoir courir dans les régions sauvages de l'Anaëh tout en servant à l'ensemble de l'Oeuvre.

Les rues qu'ils traversaient étaient désertes. Puis soudain, ils se retrouvèrent dans une avenue bondée, bordée de gargotes et de marchands de nourriture. Du lierre et de la vigne grêlait les façades de pierre blanche. Les fenêtre parfois partiellement obstruées, avaient finit par se faire à l'idée qu'elle se serviraient plus et certains bâtiments avaient creusés de nouvelles ouvertures là ou la végétation ne s'était pas insérée jusque dans le mortier. Ce fut devant l'un d'eux qu'Halya laissa Neraën quelques instants. " J'en ai pour une seconde. " jura-t-elle.

Elle s'obstinait à ne pas répondre aux questions de l'Etenirili, mais elle l'entrainait avec une telle énergie et une telle sincérité enfantine qu'il aurait été difficile de résister. Quelques secondes après être entré dans la boutique, elle était ressortie avec une grande bouteille de verre emplie d'un liquide trouble à la teinte jaune safran. Visiblement, ce n'était pas là qu'ils allaient diner...

Elle repris le bras de l'ex-Aigle et le tira à nouveau vers de horizons moins bondés. Alors que jusque là, la Symphonie avait douloureusement reculé, sa précision augmentait de nouveau. Bientôt, ils se retrouvèrent devait les portes Nord. Les grandes portes de pierre que nul elfe d'aujourd'hui n'aurait sût refaire. Travaillées avec finesses, elle dépeignaient le couronnement du Premier Haut-Roi. Tyral. Légère comme du bois et résistantes comme de l'acier, nulle charge, nulle fore n'avais jamais réussit à les ébrécher. Même dix Cycles n'avaient pas suffit. La poussière même semblait hésiter à en tamiser le blanc nivéen qui se teintait ici d'or, là de rouge. Le soleil descendait sur l'horizon mais s'accrochait toujours fermement dans sa marre de sang. Pourtant, ces grandes portes étaient déjà closes.

Heureusement, contrairement aux villes humaines, le garde en faction était toujours prêt à ouvrir la petite porte logé au pied du battant droit. Plus basse qu'un elfe, elle permettait qu'aucun voyageur ne reste dehors et que tout érudit ou mage farfelue puisse circulé librement jusqu'à l'extérieur. Le passage rendait également la vie moins morne au planton à vrai dire.

Encore une fois, Halya ne montra pas la moindre hésitation lorsqu'elle interrompit leur discussion pour demander au garde portant les couleurs de la capitale :

- Bonsoir. Vous auriez une torche à nous prêter au cas où ?

- Je devai pouvoir vous trouver ça. " répondit l'homme, la mine incertaine " Mais je vous préviens, il y a de drôles de hululement ces derniers jours. Faites attention, d'accord ? "

Une tape explicite sur les armes qui pendaient à la ceinture de la guerrière fit hocher la tête du gardien de la porte et il eut l'air un peu rassuré. Elle savait pourtant qu'elle n'en aurait pas besoin le moins du monde.

Enfin, ils passèrent le mur d'enceinte et se retrouvèrent face à l'immensité vert sombre de la forêt. Devant eux, légèrement plus clair, serpentait le début de la route qui rejoignait la Croisée. A quelques minute, ils trouveraient aussi les terrains d'entrainement militaire sur leur gauche. Mais ce n'était pas là qu'ils se rendaient. Halya prit une profonde inspiration. Après la morne agression de la ville de pierre, son nez captait avec délice les milles parfums de la nature. Terre grasse, sèvre de cyprès, fleurs, air humide chauffé par le soleil. Un coup de vent lui jeta au visage le bruit d'un petit animal décampant dans les fourrés. Quelques insectes se préparaient déjà à chanter mais pour l'instant, c'étaient les oiseaux qui inondaient l'atmosphère de leurs pépiements changeant. Le printemps était bien installé... La dame expira lentement, soudain détendue. Cette présence était si particulière et si prenante que, sans qu'elle s'en aperçoive, sa posture et sa démarche avaient changées. Par rapport à ses pas longs et égaux sur le pavé de la ville, elle semblait prête à danser.

Alors qu'elle reprenait le bras de son compagnon, son autre main enserrant le goulot de la bouteille de verre, elle accepta enfin d'en dire un peu plus.

- C'est juste un peu plus loin au Nord Est. Nous n'en aurons vraiment pas pour longtemps."
S'écartant du chemin, ils posèrent le premier pas sur une sente tracée par ce qui devait être un daim ou une biche et elle ajouta avec un air presque nostalgique " J'allais souvent là-bas quand je logeais encore au QG. "
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MessageSujet: Re: Garde à nous !   Garde à nous ! I_icon_minitimeSam 10 Mar 2018 - 19:51

Telenwë regarda l'elfe sauter de sa branche, sans dire mot, se demandant bien ce qu'elle avait dans la tête. Peut-être avait-il dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? C'est qu'il commençait à en avoir l'habitude depuis qu'il était devenu protecteur... Non, elle voulait juste qu'il la suive, lui montrer un endroit qui avait des chances de lui plaire. Il descendit donc et esquisca un mouvement de surprise lorsque Halyalindë se pendit à son bras. A cela, il n'était aucunement habitué par contre.

Ils avancèrent à travers la ville. Elle lui raconta ce qui s'était passé ces derniers mois, lui confiant des propos dont il pouvait être honoré de sa confiance, peut-être sans le savoir. Il l'écouta. Mais surtout, il laissa son récit l'habiter ; ainsi en contact physique avec cette âme avec laquelle il était lié, il n'en ressentait qu'au mieux les émotions qui traversaient l'ardamirie alors qu'elle parlait. Avec un fin sourire sur le visage, il ne la coupa pratiquement jamais. Une fois ou deux pour préciser sa compréhension ou incompréhension : Eteniril étant peuplée en grande partie par des guerriers, les vétérans n'avaient pas ce problème de se sentir isolés du reste de la population après une guerre... la mentalité des civils était suffisamment proche de celle des soldats pour qu'une compréhension - même incomplète - puisse se faire. Ce n'était pas facile mais au moins pouvait-on trouver à avancer lorsqu'on comprenait qu'on ne pouvait plus servir la cité comme on l'avait toujours fait. Mais comme pour tout, le revers de médaille existait ; ce qui avait clairement été vu lors du conflit etenirili.

Tout en marchant à travers des rues dépeuplées - à croire qu'ils étaient en train de manquer un rendez-vous citadin fort important - le protecteur imita son amie en parlant à son tour. Il lui raconta l'enfermement qu'il avait vécu dans sa cité natale, le temps qui semblait ne plus exister, le vide que causait l'anti-magie... et l'écoute d'une partie infime de la Symphonie qu'il avait réussi à avoir grâce au conseil qu'elle lui avait donné dans les geôles. Il ne s'attarda pas sur les épreuves des Cinq, devant en garder le secret, mais il lui confia qu'elles lui avait appris à se connaître bien plus que n'importe quel évènement ; à se connaître et surtout à s'écouter. A la fin de ce conflit, alors qu'il avait récupéré l'Aube et qu'il avait repris contact avec des noss, il s'était rendu compte que s'il pouvait il partirait, loin au plus profond de la forêt, loin des Elfes mais au plus proche de la Symphonie. Malheureusement pour lui l'orbe ancestrale en avait décidé autrement et refusait qu'il cède sa place de protecteur... aussi avait-il fini par demander un remaniement politique quant à ce rôle : qu'il ne soit plus de protéger une cité mais bien un protectorat et donc qu'il se défasse de l'administratif taledhel pour se concentrer sur les relations entre Taledhels et Ornedhels. Ainsi il pourrait s'occuper du protectorat sans être bridé d'un côté ou de l'autre. Sans que le cercle vicieux qui avait mené à cette guerre civile ne recommence son long chemin. Comme cela il pourrait s'écouter, enfin ; du moins en partie.

Etrangement, parler de tout cela lui fit un bien fou. Halyalindë put remarquer sur son visage qu'il était serein, plus que jamais. Le seul point négatif à sa prise de parole était qu'au fur et à mesure qu'il racontait son histoire le besoin de se perdre au plus profond des bois se faisait ressentir en lui, comme un appel d'un Chant qui touchait directement son coeur sans avoir besoin de passer par ses oreilles. Peut-être lui transmettait-il ses émotions sans vraiment y faire attention, d'ailleurs. Il n'en savait rien et ne voulait pas lui poser de question. De toute façon, ils approchaient d'un quartier bondé où se trouvait un marché. L'ardamirie l'y entraina en lui promettant qu'elle n'en avait que pour quelques secondes, puis refusa de répondre aux questions que letenirili lui posait. Il finit donc par l'attendre au pied d'un bâtiment quelque peu abîmé par la végétation luxuriante puis rit de bon coeur en la voyant revenir avec une bouteille à la main. Non, visiblement, ce n'était pas le lieu qu'elle voulait lui montrer. Les deux elfes reprirent leur route vers les portes nord de la cité tout en continuant de parler, Neraën se sentant de mieux en mieux au fur et à mesure qu'ils se rapprochaient de l'extérieur. Ils allèrent donc hors des murs et se retrouvèrent sous les frondaisons, ce qui eut le don de faire taire Telenwë et de le faire regarder autour de lui. Ah, le plaisir de pouvoir écouter le chant des oiseaux ! Le bonheur de ressentir être en Son sein, même s'ils étaient encore très proches des murs de la cité ! S'en lasserait-il seulement un jour, après tout ce qu'il avait vécu ? Il le pensa sincèrement mais n'en dit rien. Il s'obligea à se concentrer à nouveau sur Halyalindë qui venait de lui dire quelque chose - enfin semblait-il. Ici il pouvait se laisser aller à la magie et donc ressentir la vie animale qui les entourait. Mais il valait mieux être prudent, sans parler du fait qu'il était assez inconvenable de décrocher ainsi d'une discussion.

"Me diras-tu enfin où tu m'emmènes ? Je me demande ce que tu me réserves..."

Un sourire taquin se dessina sur ses lèvres alors que ses yeux océan se posaient sur l'ardamirie, à nouveau accrochée à son bras. Il était content qu'elle soit là ; vraiment.
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MessageSujet: Re: Garde à nous !   Garde à nous ! I_icon_minitimeDim 11 Mar 2018 - 1:27


Halya s’était tut en l’entendant parler de sa période d’enfermement, respectant son désir d’en parler ou de le taire sans se montrer avide. Mais lorsqu’elle jugea le moment opportun, elle lui avoua que savoir qu’il était encore en geôle l’avait poussé à ne pas se laisser aller à ses vieilles angoisses. Elle sourit en entendant sa description du titre de protecteur et lui posa de nombreuses questions sur ce qu’il faisait et comptait faire à présent. Si ce n’était pas une position difficile ? Les Citadins supportaient le fait que leur protecteur change les règles du jeu ? Elle demanda même s’il comptait siéger au Haut-Conseil, révélant au passage qu’Ardamir, Mera et Wyslena n’y siégeaient plus et qu’elle ne savait si le Conseil nommerait quelqu’un de si tôt.

Mais là ou elle fut plus heureuse encore que de pouvoir partager tous ces travers politiques et personnels en rapport avec leur devoir de Protecteur, ce fut lorsqu’elle s’aperçut de l’effet que l’Anaëh produisait sur Neraën. Comme elle, sa posture et son expression avait changé. Il semblait paisible et même… à sa place. D’une façon que les Citadins ne comprenaient généralement pas, même ceux qui entendaient la Symphonie. D’une façon qu’elle ne pouvait partager avec Fenris, quoi qu’il la comprenne et l’accepte. Elle ne lui en demandait pas plus et son soutien, ses conseils comme son amour lui étaient d’un secours inégalé, mais c’était différent que de pouvoir simplement parler de certains actes sans avoir besoin d’en expliquer la portée. Elle était à côté d’une sorte de reflet aux gestes et à l’histoire à la fois semblable et étrangère.

- Tu le sauras avant que le soleil ne disparaisse. » répondit-elle obstinément en rendant son sourire au vétéran.

Ils s’enfoncèrent ainsi entre les arbres, les dégradés de gris et de brun gommant les creux et les bosses qui maculaient le sol ainsi que les détails des futaies. Halya parlait moins, profitant des sons et de la présence de la forêt autour d’elle. Pourtant, même ainsi – et même si Halya tordit deux fois le nez en trouvant la route barrée par un arbre mort ou par un changement de terrain – ils ne mirent qu’une poignée de minutes avant de déboucher dans une trouée. Le gargouillis d’une source glougloutait discrètement entre les rochers, un peu excentré sur la droite. Les arbres serrés et droits laissaient au sol un cercle presque parfait, et plus étonnant encore, ils laissaient une grande part de ciel clair comme c’était rarement le cas hors des Cités. En l’absence de  la moindre lumière, le dégradé de couleur dévoilait déjà les conformations de brillantes étoiles. Sur le sol, un mélange de mousse et d’herbe printanière rendait l’endroit plus confortable.

Halya posa en premier le pied dans la minuscule clairière. Protégée du vent par les arbres et surplombé par la voûte céleste, l’influence de la Cité avait totalement disparut de la Symphonie. Il n’y avait plus qu’eux, et la forêt.

- Tu entends ? » demanda-t-elle, guillerette.

C’était l’endroit le plus proche d’Alëandir et le plus confortable qu’elle ait trouvé pour profiter pleinement d’Anaëh. Avec délectation, elle s’assit, posa la bouteille près d’elle et enfonça les doigts dans la terre et la mousse. Attendant qu’il s’installe à son tour, elle profita de l’endroit jusqu’à demander à voix basse, comme pour ne pas troubler la quiétude des lieux.

- En parlant d’entendre. Tu veux dire quoi par ‘tu as appris à t’écouter’ ?
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MessageSujet: Re: Garde à nous !   Garde à nous ! I_icon_minitimeDim 11 Mar 2018 - 14:05

Si la place de protecteur était une position facile ? Oh non, aucunement. Vu ce qui s'était passé les Etenirilis n'étaient pas à l'aise avec lui et lui-même n'était plus spécialement à l'aise avec son propre peuple. Dans le fond, ce n'était pas pour rien qu'il avait désiré arrêté d'être un guide, bien au-delà de la volonté du Trône Blanc. Les pauvres Etenirilis n'avaient pas le choix quant à ce changement de politique mais de ce que lui racontait Falaedhel par missives, pour l'instant cela se passait plutôt bien. La crainte était toujours présente mais la présence de vétérans comme Falaedhel et des représentants religieux aidait à rassurer le peuple. Désormais il leur faudrait s'habituer à s'adresser au conui pour la majorité des affaires et non au protecteur... et devraient arrêter de craindre qu'il devienne un ornedhel et abandonne les Taledhels. Il leur faudrait comprendre qu'il serait plus un pont reliant deux mondes qu'une personne appartenant à l'un d'eux.

Voilà ce qu'il répondit à Halyalindë concernant ce nouveau rôle de protecteur. Quand elle lui demanda par la suite s'il pensait siéger au Haut-Conseil d'Alëandir, il réfléchit sérieusement avant de lui répondre quoi que ce soit.

"Je ne sais pas. D'un côté je dois au Haut-Conseil d'avoir envoyé les prêtres de la Mère pour aider à apaiser le conflit, d'un autre le peu que j'ai pu entendre d'Ilyn me laisse perplexe. Je ne sais pas ce qui s'est passé pendant le conseil où vous avez traité du problème etenirili mais c'est la première fois que je ressens autant de colère en lui lorsqu'il parle d'un sujet... aussi dois-je deviner que ça ne s'est pas bien passé. Après, même si dans le fond je me fiche complètement de leurs opinions à mon sujet, il faut que je compose avec les rumeurs qui trainent à mon sujet et que des protecteurs croient certainement, comme quoi qu'après avoir semé la zizanie en Eteniril je fais absolument tout ce qui m'est possible de faire pour rester au pouvoir. Et, tant qu'on y est, que je reste un danger ambulant aussi bien magique que politique. Ce qui est idiot mais bon... Il soupira. D'un autre point de vue, si tous ceux qui ne sont pas d'accord avec le régime mis en place s'écartent de celui-ci alors qu'il a toujours le pouvoir décisionnel, qui fera entendre leur voix ? A continuer de la sorte j'ai peur que seuls ceux qui ne jurent que par les cités et qui ne comprennent rien à la guerre viennent à choisir pour les absents. Aussi, rien que pour cela j'ai de quoi vouloir faire en sorte d'être l'élément vexant et énervant du Haut-Conseil, histoire de me faire traiter d'imbécile et d'empêcher les catastrophes... si je peux, parce que j'ai plus l'impression de les avoir provoquées qu'autre chose."

Il sourit et ne rajouta plus rien, jusqu'à ce qu'ils arrivent dans une petite clairière où les arbres abritaient du vent mais laissaient pour autant une bonne visibilité à ceux qui s'y installaient pour pouvoir voir les étoiles la nuit. Telenwë regarda un instant le ciel qui laissait peu à peu la nuit le couvrir de son doux voile bleuté puis s'assit à côté de l'ancienne protectrice. Entendait-il ? Oh oui ! Pas autant qu'il le voudrait mais il entendait... le chant des oiseaux, les feuilles dansant sous la brise et les Frères de Sève entonnant leur immense mélodie. Oui il entendait... et il en était plus qu'heureux.

"En parlant d’entendre. Tu veux dire quoi par ‘tu as appris à t’écouter’ ?"

Telenwë regarda un instant Halyalindë, surpris autant par sa question que par le ton bas qu'elle avait employé. Comme s'il s'agissait d'une confidence, d'un secret... ou comme si elle ne voulait pas déranger. C'en était presque amusant bien que le sujet était des plus sérieux. Il s'allongea sans ménagement sur le sol, croisant ses mains sous sa tête et gardant les genoux pliés. Il était bien, là, au plus proche de l'Oeuvre. Ce serait plus facile pour lui de répondre ainsi.

"Disons que j'ai toujours appris à convenir à une certaine étique, même si je me permettais certaines libertés dans ma façon d'être. Et ce plus encore à partir du moment où j'ai été ouvert à la magie ; ça a été ma manière d'ériger une barrière entre ce que je voulais être et ce que j'étais réellement, tout en me rassurant : en gardant de la distance avec les autres je risquai nettement moins de perdre le contrôle de la magie. Le devoir, quel qu'il soit, passait donc avant tout. J'aimai mon peuple, la Mère et l'Anaëh, sincèrement ; mais sans m'en rendre compte je m'étais fermé à mon propre coeur et à ce que j'étais au plus profond de moi. C'est ce qu'ils m'ont montré. J'ai besoin de vivre à fond ce pour quoi je me bats, j'ai besoin d'aimer, de me donner sans forcément espérer en retour et de me concentrer sur deux choses qui sont devenues deux composantes indispensables de mon être : la Symphonie et la magie. C'est pour cela que je ne me retiens plus d'user de la seconde et c'est également pour cela que je ne souhaite pas rester cloîtré dans des bâtisses de pierre. Etre quelqu'un de libre, en quelque sorte."

Tout en continuant à regarder le ciel, Neraën s'arrêta de parler. Il avait envie de soupirer mais se retenait... parce que la raison de son soupir n'était pas liée qu'à sa charge, loin de là. Elle était surtout liée au départ prochain de Dryade et du manque cruel qui risquait de se faire sentir après.

"Est-on obligé d'être rangé dans une case, qu'elle soit taledhelle ou ornedhelle ? Peut-on être ni de l'un ni de l'autre ou bien des deux ?"

Il ne regarda même pas Halyalindë. Il se fichait complètement qu'elle ait du sang des deux côtés. Dans le fond, il se posait plus la question pour lui-même qu'autre chose.
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MessageSujet: Re: Garde à nous !   Garde à nous ! I_icon_minitimeLun 12 Mar 2018 - 0:34


Les premières étoiles se reflétaient dans les iris bleues de Neraën comme dans un ciel nocturne. En tailleur, le dos appuyé contre les rochers de la source, Halya torturait des brins d'herbe du bout des doigts. Encore une fois elle avant l'impression qu'il parlait d'elle. Choisir un côté de la barrière... Sa mère avait fait ce choix pour elle et cela lui avait convenu une grande partie de sa vie. Elle avait trouvé ça normal. Mais dernièrement, cela lui pesait. Elle avait mis cela sur le compte de l'expérience sauvage et de la proximité de Randil et Unmiriel. Mais c'était peut-être plus que ça...

Sa mère, tout en la poussant à avoir un apprentissage citadins, lui avait transmis à bas bruits des valeurs qui sortaient de la droite ligne de la pensée Taledhel. Elle n'y avait jamais songé mais peut-être était-ce tout simplement ça. Un amour Ornedhel pour tout ce qui pousse, rampe, vole et marche. L'impression d'être partie intégrante de ce grand tout et non pas simplement l'admiration d'un gardien envers un trésor précieux. Après tout, combien de Taledhel auraient adopter des louveteaux en les découvrant sous la dépouille inerte de leur mère ? Et parmi eux, combien les auraient élever de façon à ce qu'ils restent loup au lieu de devenir seulement un animal civilisé ? Pourtant, elle ne s'était jamais sentit enfermée dans une case. Elle s'était coupée seule d'une partie d'elle même et depuis sa rencontre avec Fenris, elle commençait à avoir la force de les rassembler toutes.

Cela faisait longtemps qu'elle ne s'était pas remémoré avec autant de précision le visage de Mariël. Assise au bord de la Rêveuse, les pieds dans l'eau, à tailler et ciseler ses flèches dans de longs morceaux de bois mort. La discussion qu'elles avaient eut toutes les deux lorsque la nouvelle de la mort de Dragan leur était parvenu et qui avait dérapé d'une curieuse façon. Le visage lumineux de son père lorsqu'il avait émergé de la haie pour voir sa fille de quatre siècle étendue dans l'herbe, la tête sur les genoux de sa mère. A l'époque, ses deux parents avaient une apparence plus juvénile que celle de leur fille.

Se souvenir la fit sourire pensivement.

- Ma mère disait souvent qu'en arrivant dans la Cité, elle avait été fascinée par les prêtres d'Arcamenel. Les Mirthil'Di considèrent Kÿria comme la conscience de toute chose et considèrent les autres dieux comme des esprits parmi d'autres. Elle ne m'a jamais dit si elle-même avait changé de vision mais elle m'a élevé dans la foi Ilethienne. " expliqua-t-elle avant de se rendre compte qu'elle s'éloignait du sujet. " Enfin bref. Quand mes parents ont décidé de se marier, un petit groupe de prêtres d'Arcamenels a été leur premier soutien. Et ma mère ne comprenait pas pourquoi. Elle pensait que c'était par pitié ou en espérant la faire changer de dogme et elle le vivait plutôt mal. Alors un jour, ça n'a pas raté, elle s'est énervée et leur a poser la question en des termes surement moins cordiaux que les miens... " sourit-t-elle en retenant un rire. " Linandil, l'un des prêtres et bon ami de mon père qui avait autant de tact qu'elle, lui a répondu qu'il se fichait de ses croyances et qu'elle était une fille d'Arcam qu'elle le voulait ou non puisqu'elle avait suivit son cœur au détriment des traditions. Comme ils devaient s'y attendre, les personnes présentes durent se mettre à trois pour les séparer. Il se réconcilièrent plus tard mais pas avant que ma mère ne comprenne à quel point les prêtres se fichaient des conventions et des masques que portaient les uns et les autres. D'après elle, ils n'étaient ni Citadins, ni membre des Noss. Ils refusaient toute appartenance et remettaient tout en question. Ils ne se considéraient que comme des Anedhels. Ni plus ni moins. "

Elle se redressa un peu et coinça la bouteille entre ses jambes pour tirer un coutelas et faire sauter la cire qui emprisonnait le bouchon. Le liège émis un léger pop et elle but une longue gorgé de Lëoras. Forte et acide, la boisson n'en était pas moins agréablement désaltérante et laissait un gout d'agrume sur la langue. Elle continua en regardant le liquide jaune.

- Moralité, c'est Linandil qui représentait Arcamenel lors du mariage de mes parents. Ma mère et lui me répétaient la même chose : les autres peuvent poser les masques qu'ils veulent sur ta tête, cela ne change pas ton visage. " Sa main passa dans ses longues mèches rousses pour les rabattre sur son épaule. " Peut-être que c'est ça le secret. Le regard des autres ne change que leur propre perception, pas la personne que nous sommes. Alors à quoi bon se préoccuper de leurs étiquettes ?"

Elle repris une gorgée et observa de nouveau son comparse, expliquant comme pour justifier toute cette digression :

- Quand tu grandis en étant considérée comme une sauvage par tes propres grand-parents, c'est le genre de philosophie que tu apprends à suivre. Mais je te rassures, cela ne suffit pas pour s'écouter."Elle tendit la bouteille à Neraën, la suspendant dans le vide de manière à ce qu'il puisse l'attraper et se redresser facilement pour boire à son aise. " ça c'est plutôt récent chez moi aussi."
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MessageSujet: Re: Garde à nous !   Garde à nous ! I_icon_minitimeMer 25 Avr 2018 - 8:59

Telenwë eut un fin sourire tout en se redressant pour prendre la bouteille que lui tendait Halyalindë. Alors que leurs histoires étaient différentes, il était amusant de constater à quel point elles avaient emprunté suffisamment de chemins similaires pour qu'ils viennent à penser de la même manière. Lui avait décidé d'être serein avec lui-même, et elle l'aidait en le rassurant, peut-être sans le savoir. Il risquait cependant de toujours garder une amertume vis-à-vis de ce qu'il lui avait infligé sans le vouloir, à Eteniril. Et à Eraïson aussi. Kÿria l'avait peut-être voulu ainsi... si non, tout aurait été bien plus calme pour la dame louve.

"Je les aime bien, les danseurs d'Arcamenel. Ils sont tous aussi différents et déroutants les uns que les autres, ils apportent une autre manière d'aborder les choses et un second souffle à la vie stagnante des cités. Je ne me serais certainement pas rendu compte que j'avais accroché un masque à mon visage si je n'avais pas rencontré l'une des leur."

Puis il leva un bref moment la bouteille pour signifier à sa comparse qu'il la remerciait - et trinquait - avant de boire une bonne gorgée du breuvage. De la lëoras... c'était bon. De toute façon, les alcools en général étaient bons, du moins en Anaëh. Il avait entendu que ce n'était pas la même chose dans certains autres royaumes, notamment en Péninsule : il existait de la... "piquette", de ce que les voyageurs avaient compris. Neraën regarda pensivement le goulot de la bouteille, sans rien dire. Il avait peur des ennéades à venir, même si l'évènement en lui-même serait heureux. Une partie de lui-même avait envie d'en parler, l'autre préférait l'intérioriser. Et autant il savait qu'il n'était pas bon de garder certaines peurs en soi, autant Halyalindë ne pourrait rien y faire ; et elle l'avait déjà suffisamment aidé, même si elle ne s'en rendait pas compte. Reléguant la question à plus tard il but une nouvelle gorgée avant de tendre la bouteille à sa propriétaire.

"Désolé de ne rien avoir à partager en échange. Je dois avouer ne pas avoir pensé à prendre de quoi grignoter. Hormis ton groupe de vétérans, as-tu des projets pour plus tard ?"
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MessageSujet: Re: Garde à nous !   Garde à nous ! I_icon_minitimeMer 25 Avr 2018 - 11:47


- Oh oui, je t'en veux beaucoup de ne rien avoir prévue. " grommela-t-elle en riant.

Oui, les prêtres d'Arcamenel étaient assez fascinants, tout comme les domaines sur lesquels ils veillaient. Elle voyait leur remise en question des façons traditionnelles comme nécessaire pour permettre à Anaëh de vivre dans une paix réelle. Les menaces venues de l'extérieur existeraient toujours mais il faudrait trouver un moyen de les tempérer. La sagesse des Cités était grande mais il lui manquait encore beaucoup et ses lacunes avaient trop coûtés à l'Oeuvre et à leur peuple pour qu'on les considère négligeables. Les Noss avaient ce qui leurs manquaient.

Elle avait découvert avec les vétérans qu'elle n'était pas la seule a vouloir réellement une paix durable en sachant à quel point elle était difficile à obtenir et combien de fois on risquait de se perdre en chemin. Dieux... Elle aurait aimé revenir à l'époque de sa vie ou il lui suffisait de suivre les ordres pour avoir l'impression d'être utile. Malgré tout, elle désirait cette paix pour pouvoir vivre selon son coeur. Elle avait perdue toute l'ambition qu'elle avait eu petite en montant les échelons. Gardienne et fille de l'Anaëh, elle voulait simplement protéger ceux qui lui était cher et vivre chaque jour au côté de ceux qu'elle aimait.

Elle profita d'une nouvelle gorgée et sourit malgré elle.

- ça se pourrait bien. "
elle secoua la tête en retenant un rire " Ce sera largement plus difficile que réunir les Noss et les Cités cela dit. Mais ça en vaut la peine. " La bouteille passait entre eux à un rythme lent, s'attardant entre les mains de l'un ou de l'autre des deux amis. " En fait j'ai déjà demandé un audience à la très noble Melian Nöldorion, mais elle ne m'en a pas accordé une avant le mois prochain, à mon retour de la frontière Naelisienne. "

Elle n'aurait eut aucune excuse pour la différer plus que ça, Halyalindë en était certaine. Mais si cette foutue diplomate avait put, elle n'aurait certainement jamais trouvé un moment à lui accorder. Elle se méfiait encore, d'ailleurs. Il était fort probable que le jour dit, il y ait trop d'urgences à régler pour qu'elle puisse la voir. Mais l'ardamirie n'en était pas le moins du monde anxieuse. Elle voulait faire les choses bien.

- Maintenant que le gros de la guerre contre les drows est derrière nous... " c'était fou comme prononcer ces quelques mots à voix haute était différent que de les écrire dans une lettre. Jusque là, seul Sandriel était au courant. " Je pense demander Fenris en mariage. "
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MessageSujet: Re: Garde à nous !   Garde à nous ! I_icon_minitimeJeu 26 Avr 2018 - 19:06

Telenwë eut un instant d'arrêt tout en regardant Halyalindë droit dans les yeux. Fichtre ! ce nom lui disait quelque chose. Fenris, Fenris... Il mit du temps avant d'associer la demande d'entrevue avec Melian et le fait de demander Fenris en mariage. Mais qu'il était bête ! Fenris Nöldorion, l'un des trois enfants de cette famille, jeune aigle qui était d'ailleurs présent à Eteniril lors du coup d'éclat... Encore un qui aura profondément été marqué par cette guerre, et pas dans le bon sens. Ses sourcils se levèrent alors et un fon sourire orna son visage : il était sincèrement heureux pour les deux elfes, que leur vie continue malgré les dommages de la guerre.

"Je ne savais pas que vous étiez ensemble. Je suis heureux pour vous deux et espère sincèrement que ce bonheur perdurera de longs siècles. En attendant bon courage avec la mère Nöldorion, si je me souviens bien de ce qu'on a pu m'en dire elle peut être très farouche lorsqu'il s'agit de toucher à ses enfants. Surtout les plus jeunes. C'est en tout cas très plaisant de t'entendre parler de cela. Une idée sur le type de famille que vous souhaiteriez fonder ?"
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MessageSujet: Re: Garde à nous !   Garde à nous ! I_icon_minitimeJeu 26 Avr 2018 - 22:06


- Le type du famille ! Tu n'y va pas à moitié, toi. "

Elle n'avait pas vraiment réfléchit au type de famille qu'elle aimerait avoir. Pas plus qu'à l'idée d'avoir un jour des enfants de son sang au lieu de veiller sur les malchanceux qui n'avaient plus de parents pour les considérer comme les siens. En un sens, elle aurait aimé pouvoir être plus présente pour Lomion et Valamel, mais ils étaient sous l'aile protectrice de leur tante et un lien avec leurs parents, même ténu, était toujours mieux que pas de lien du tout. Emeric était déjà mort lorsqu'elle avait quitté Naelis et ses arrières petits enfants étaient en âge de se marier. Puis il y avait aussi eu Randil et Unmiriel. Ils avaient été sa famille pendant longtemps, même si les choses avaient beaucoup évolué depuis que Fenris était entré dans sa vie. En trouvant une meute, Randil lui avait également rendu une part de sa liberté à elle, même si le cap avait été difficile à franchir pour l'un comme pour l'autre.

Elle lampa quelques gorgées de Lëoras et laissa allé sa tête sur la pierre fraiche contre laquelle elle était appuyée, posant le cul de la bouteille sur son ventre. Les branches de la canopée criblaient le ciel bleu nuit de rayons noirs.

- Je sais pas. Pour tout te dire, la mère de Fenris me considère déjà comme une sorcière qui manipule son fils. Je suis une bâtarde de Noss trop dangereuse pour être qui profite de mon âge et de mon influence pour profiter de lui et de son nom. " Comme si Neraën avait commencer à essayer de défendre Mëlian, elle fronça le nez en ajoutant " Elle a dit que j'étais une barbare disgracieuse à l'humeur changeante et qui attire le malheur. Et elle a ajouté que Fenris avait déjà eu à en souffrir et lui a demandé s'il disait m'aimer pour les punir de quoi que ce soit. " Elle soupira. " Elle me déteste. " Elle prit une gorgée de plus avant de passer de nouveau la bouteille à son ami. " Je te jure, il y a des jours ou j'ai envie de lui faire ravaler son air suffisant, de l'étriper et de renvoyer ses abatis numérotés aussi loin de moi que possible. Non mais tu te rend compte ? Elle m'a dit droit dans les yeux que nous n'avions aucun avenir et qu'elle n'accepterait jamais que je soit avec Fenris ! C'est juste une sale garce raciste. Une fouille merde qui se prend pour une grande dame... Salope. "

Mais la question qui devait évidemment être posée le fut. Pourquoi demander une entrevue à cette horrible bonne femme si la situation était déjà à ce point tendue ? La réponse était aussi simple que rageante.

- Parce que je ne veux pas que Fenris se coupe des gens qu'il aime comme mon père l'a fait pour ma mère. Je ne me suis jamais particulièrement bien entendu avec son frère Delendyl, mais là je suis en train de me mettre toute sa famille à dos... Je me dis qu'il faut au moins que j'essaie. Je sais même pas e que je vais lui dire... Mais je peux pas renoncer à lui. Après toute cette guerre, les drow, les bucherons... Je veux seulement me réveiller tous les jours à ses côté pour l'éternité. Pour le reste, on s'en sortira... Bon, il me tuerait probablement s'il savait les horreurs que je pense sur sa mère, mais à par ça ça ira. " Un sourire aux lèvres, elle se tourna du côté de Neraën. " Et toi ? durant toutes ces années tu n'as trouvé personne ? "
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MessageSujet: Re: Garde à nous !   Garde à nous ! I_icon_minitimeJeu 10 Mai 2018 - 10:43

La réaction d'Halyalindë fit franchement rire l'etenirili : depuis quand faisait-il preuve de tact ? Il avait déjà suffisamment de mal comme ça en politique... Mais, comme toujours, il ne fit que l'écouter, avec un sourire mi-taquin mi-sérieux sur les lèvres. Mais comme il ne pouvait voir l'expression de son visage et parfois même ses gestes exacts, c'était son esprit qui était ouvert à elle et, dans le fond, uniquement cela qui comptait. Alors qu'elle lui passait la bouteille de lëoras tout en lui expliquant quelle mégère pouvait être Melian, il se demanda s'il ne pourrait pas lui faire ressentir la façon dont il voyait le monde grâce à la magie. Peut-être.

"Je te jure, il y a des jours ou j'ai envie de lui faire ravaler son air suffisant, de l'étriper et de renvoyer ses abatis numérotés aussi loin de moi que possible. Non mais tu te rend compte ? Elle m'a dit droit dans les yeux que nous n'avions aucun avenir et qu'elle n'accepterait jamais que je soit avec Fenris ! C'est juste une sale garce raciste. Une fouille merde qui se prend pour une grande dame... Salope.
Telenwë éclata de rire.
- Tu ne l'aimes vraiment pas ! Vos retrouvailles en famille seront belles à ce rythme... mais ce qui compte est que Fenris et toi soyez heureux, pas les beaux-parents. Et malgré l'antipathie que vous avez l'une pour l'autre, tu veux quand même lui demander une entrevue pour la demande en mariage ?"


Après avoir une bonne gorgée de lëoras il tendit à nouveau la bouteille vers sa consoeur, tout en écoutant ce qui la motivait à faire la demande selon les traditions. Et sa pensée, bien plus que son geste, était des plus louables. D'autant plus qu'elle avait selon lui tout à fait raison.

"Tu trouveras quoi dire. Je sais que je ne suis pas le meilleur exemple qui soit mais s'il y a une chose que j'ai fini par apprendre est qu'il faut laisser parler son coeur. Melian a peut-être l'esprit étriqué lorsqu'il s'agit de son fils, elle est loin d'être sotte : elle saura reconnaître quelqu'un qui lui parlera du fond du coeur, même si elle aura possiblement du mal à l'admettre.
- Et toi ? durant toutes ces années tu n'as trouvé personne ?
- Hé bien..."


Allongé confortablement sur l'herbe verte, il laissa ses yeux se perdre dans l'infinité des étoiles, pensif. N'avait-il jamais trouvé personne ? Jusqu'à il y a peu, pas vraiment non. Le premier "lui" était à l'époque reconnu pour plaire très facilement, jouant avec les limites sans jamais franchir celles du coureur de jupons. Pourtant il y avait eu Gwendoe, une soeur d'armes aigle qui provenait également d'Eteniril ; il avait longtemps cru que les sentiments naissants qu'il remarquait chez elle s'adressaient à Aelian mais il avait fini par découvrir lors de la préparation de la bataille d'Uraal que c'était de lui-même qu'elle tombait amoureuse. Puis la guerre fit des ravages, le détruisant lui, l'emportant elle dans les bras de Tari. Par la suite, il avait toujours été trop instable et avait trop isolé son propre coeur pour pouvoir véritablement aimer quelqu'un sans craindre le futur. Et là, aujourd'hui... il y avait Macabre ; c'était compliqué mais juste repenser à son emprunte pshychique lui faisait du bien. Pourtant, ses lèvres n'eurent pas le temps de s'étirer en un quelconque sourire.

"Si les Drows n'avaient pas attaqué Anaëh et que nous n'avions pas eu à nous battre au lac Uraal, je serais très certainement un père de famille heureux, marié à une aigle, et peut-être même grand-père. Enfin ce n'est en rien intéressant. Pour tout te dire aujourd'hui mon coeur de vieux bat bien pour quelqu'un mais c'est pour l'instant une relation compliquée. Je ne t'en dirai pas beaucoup plus avant que le temps ne fasse son oeuvre et que la situation ne s'éclaircisse à sa manière."

Un sourire amical et confiant se dessina alors sur son visage. Il valait mieux qu'il ne dise rien pour l'instant, elle ne comprendrait pas. Et il ne savait que trop bien que ces prochains mois seraient assez difficiles pour lui pour trop se projeter dans le temps.
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MessageSujet: Re: Garde à nous !   Garde à nous ! I_icon_minitimeJeu 10 Mai 2018 - 12:23


Même sans connaitre les détails, Halya sourit. Les choses semblaient véritablement s’arranger. La guerre éloignait ses pas peu à peu. Travaillée comme Aigle en tant de paix avait été un véritable bonheur. Escorter, protéger, chasser les éléments les plus perturbants et les plus dangereux de leur race. Ils pouvaient tous servir à quelque chose, ils avaient conscience des faiblesses de leur sang mais n'en étaient pas détruit pour autant. C'était une façon simple de vivre. Le sang ne coulait qu'à raison et avec parcimonie. Mais depuis la guerre, la vrai guerre, beaucoup de militaires s'étaient aperçu que même défendre n'était ni simple, ni confortable.

Et pourtant, on entrevoyait maintenant des voies pour recommencer à vivre. Les sentiments reprenaient leurs places même dans les cœurs les plus abimés. Finalement, même si elle aimait sans conteste l'acte de la traque et du combat, Halya redécouvrait un véritable besoin de paix et d'unité.

- Je te souhaite tout le bonheur possible. " sourit-elle à la lune. "Oh ! Et d'ailleurs... " Elle se releva et ouvrit son ceinturon pour en faire glisser une longue dague, au manche curieusement ouvragé gainée d'un fourreau de cuir d'une grande finesse où les armoiries d'Eraison, d'Ardamir et d'Eteniril étaient entrelacés. l'Ardamirie reboucla son ceinturon et s'assit en tailleur de manière à faire plus ou moins face à son frère d'arme pour lui présenter l'arme, posée a plat sur ses paumes. Elle encouragea au besoin le militaire à s'en saisir et à la tirer sans se départir de son sourire chaleureux.

Sous les rayons de la lune, on devinait un manche en bois dur mais l'extrémité, bien que polie et poncée, semblait brisée. L'impression était renforcée par des nervures creusés dans la fibre du bois comme s'il avait menacé d'éclaté de l'intérieur. La prise était pourtant agréable, rendue plus assurée par de fines gravures de lierre. La lame, elle, apparaissait blanche dans l'ombre nocturne. Elle semblait fraichement forgée et d'un tranchant mortel. Longue comme une fois et demie la taille d'une main du poignet au bout des doigts, sa forme rappelait en plus petite celle de lame que l'Etenirili devait bien connaitre.

- Pendant le déblaiement d'Eraison, on a retrouvé certains morceaux de ton épée-double. Comme tout ce qui se trouvait à l'épicentre a été soigneusement gardé de côté pour être examiné par des mages, une fois fait j'ai demandé à ce que les morceaux soient réutilisés. Il n'y en avait pas assez pour faire plus qu'une dague mais je me suis dit que ça te ferai quand même plaisir. " Elle observa un moment l'objet dans les mains du guerrier avant de demander avec un sourire enfantin. " Elle te plait ? "
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