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 La Malebrèche.

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T'sisra Do'ath
Drow
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MessageSujet: La Malebrèche.   Dim 4 Fév 2018 - 19:36

Printemps, Julas, quatrième ennéade de Barkios, an dix, onzième cycle.


T’sisra avait suivi les eaux calmes de la Sirilya depuis la rive orientale. Elle avait jugé bon d’éviter les terres nordiennes en ces temps printaniers, durant lesquels les paysans sortaient et s’afféraient aux champs, accompagnaient les troupeaux de brebis et de vaches ou arpentaient simplement la région en quête d’une chasse fructueuse. Ainsi avait elle remonté en direction de l’embranchement du fleuve avec l’Oliya, l’esprit souvent occupé par sa dernière rencontre dans cette région. La daedhel se demandait où Ralof et ses hommes pouvaient bien être désormais, au service de qui avaient-il mis leurs lames, pour quelle idéologie avaient-ils saigné ?
Mais à mesure qu’elle arpentait la rive, son esprit était toujours plus accaparé par la forêt. Ces bois maudits et craints de bien des étrangers. Quelque chose s’était développé en son for intérieur au fil des jours, un sentiment dérangeant, un germe qui avait finit par parasiter la moindre de ses pensées. Son instinct semblait vouloir lui hurler aux oreilles qu’une chose mauvaise s’y tramait.

La mi-Barkios était déjà passée lorsque la daedhel aperçu les premiers signes de ce qui l’avait rongé toujours plus jusqu’ici. Quelques-uns, par-ci par là, l’infection semblait concentrée et minime, des arbres aux troncs pourris, rongés par les vers et les insectes. Certains arboraient même des sortes de cloques membraneuses, sans doute des œufs ? Leur écorce semblait être la peau d’un pesteux. T’sisra n’avait pas osé remonter la piste plus profondément, car les traces l’auraient menée, à n’en point douter, près du centre de la forêt. Et personne n’était assez fou pour tenter de telles expéditions, ni en solitaire ni à plusieurs. Aussi, elle décida de suivre la piste qui menait vers les rives de l’Oliya. Une piste pas particulièrement difficile à suivre d’ailleurs, d’autant que ces affres ne semblaient pas être d’origine naturelle. Une force malsaine s’en dégageait, discrète et insidieuse, comme un animal sommeillant lors de l’hiver. Mais il y avait autre chose, et cela venait de l’Oliya. Une chose autrement plus pure et pas très imposante, à tel point que la voyageuse faillit mettre le pied dessus.

- Qu’est-ce que tu es ? Demanda-t-elle pour elle-même en s’accroupissant devant ce qui semblait être un petit cadavre humanoïde fait d’écorce.

T’sisra arquait les sourcils, approchant son doigt de ce qui semblait être une tête. Cependant, à peine avait-elle frôlé l’étrange petite chose, que deux yeux d’un bleu pâle et luminescent se dessinèrent dans l’écorce. Surprise et voulant reculer, elle termina presque dans la flotte. Observant avec des yeux ronds la créature qui poussait sur ses petits bras pour s’asseoir et scrutait l’Anaëh avec un air presque triste.

- Qu’est-ce que tu es ? Répéta-t-elle, mais cette fois à l’attention de cet être qui lui paraissait bien étrange. Tu ressembles à  une marionnette qui n’a pas été sculptée…

Pas de réponse. Seulement un bras d’écorce tendu vers les terres des elfes. La daedhel se redressa, suivant du regard ce que désignait le pantin d’écorce.

- Et bien… Traverse. Fit-elle en désignant l’autre rive d’un signe de tête après s’être redressée.

La créature se contenta d’ouvrir grand les bras, avant de se laisser tomber sur le dos. Il semblait bien que la proximité avec l’Aduram affectait cet être qui s’était aventuré trop loin de son territoire. T’sisra poussa un long soupir, avant de se mettre à tirer un tronc d’arbre mort qui n’était ni trop gros ni trop lourd vers la rive. Elle bougonnait dans le même temps à propos des flèches qui ne tarderaient pas à lui transpercer la peau. Pourquoi fallait-il qu’elle se sentent parfois obligée de venir en aide à des choses que bien des autres auraient jugé insignifiantes, quitte à y laisser sa peau ? Secouant la tête, la daedhel chassait l’idée de sa propre mort de son esprit. Rien n’était écrit de toute façon.

- Nous embarquons. Dit-elle en soulevant la créature de bois pour aller l’installer sur le tronc. À chaque fois que j’approche de ce fleuve je termine dedans quoiqu’il arrive. Souffla-t-elle en repensant à l'année précédente.

La daedhel s’enfonça dans les eaux, s’agrippant fermement à son radeau de fortune, auquel elle avait harnaché son sac, espérant le protéger au possible de l’humidité. Battant des pieds, les épaules et la tête hors de l’eau, elle avançait avec la grâce d’un clébard en pleine baignade, scrutant les fourrés des rives de l’Anaëh. À mesure qu’ils approchaient, une craquelure dans l’écorce dessinait un sourire sur le visage de la créature, contrairement à T’sisra qui se voulait de plus en plus sérieuse et sombre. Elle apercevait quelques arbres en proie au même mal que ceux qu’elle avait suivi jusque là. Un mauvais présage, voilà ce que c’était. Et cela ne venait certainement pas du territoire elfique. Quelque chose avait traversé la rivière et s’y était enfoncé.


En fin de journée, l’improbable duo se reposait dans l’herbe. T’sisra essayait tant bien que mal de faire sécher ses vêtements, puisque là encore elle n’osait pas allumer de feu. D’une, on aurait pu la remarquer à des lieues, et de deux, prendre le risque de mettre le feu à la forêt serait d’autant plus de raisons de lui trouer la peau. Quoique cette pensée lui semblait assez secondaire. L’infection dont souffraient les arbres en revanche, l’inquiétait beaucoup plus. Ses tripes lui disaient qu’un danger plus grand encore rodait, tapis dans l’ombre, invisible.

- Est-ce que tu parles Tête de Souche ? Demanda-t-elle en jetant un œil à son compagnon d’infortune. Certainement pas ma langue… Non. Tu ne m'écoutes même pas en réalité.

Une bonne heure s’écoula, avant que l’être d’écorce ne se redresse brusquement. Dans le même temps, la daedhel avait étudié les cloques étranges qui poussaient et semblaient se nourrir de la sève des arbres, noircissant leur écorce.

- Des parasites. Souffla-t-elle lorsqu’on vint lui tapoter le mollet. Qu’est-ce que tu veux ?

Celui qu’elle appelait « Tête de Souche » désormais lui fit signe de le suivre, filant entre les arbres et les buissons, arpentant un petit escalier de dalles, aux côtés des restes d’une effigie de pierre en ruines. Des vestiges  qui lui paraissaient oubliés depuis la nuit des temps. La voyageuse suivait sans broncher, loin d’être sereine. Elle était aux aguets, prête à porter son attention sur le moindre son, le moindre mouvement. Mais il n’y en avait aucun. Pas même un petit animal, pas un chant d’oiseau, même le vent s’était tu. Et c’était encore moins rassurant.



Printemps, Tariho, cinquième ennéade de Barkios, an dix, onzième cycle.


Des jours que la noiraude s’enfonçait dans un pays qui n’était pas le sien, en compagnie d’une créature dont elle n’aurait jamais soupçonné l’existence. Des jours sans encombre, sans rencontre. Toujours pas d’oiseau, pas de vent. Et encore moins de vie. Là l’infection était importante. Des arbres aux buissons, même l’herbe avait passé de vie à trépas. Des dizaines de dizaines de vers et larves se repaissaient des plantes mortes, le sol en grouillait. Sous chacun de ses pas d’immondes asticots blanchâtres finissaient en bouillie. La maladie semblait avoir gagné un territoire important ici, et cette sensation dérangeante était si forte désormais, qu’elle en perdait le goût de manger et l’envie de dormir.

À l’approche de la mi-journée, elle aperçut enfin de la vie. Ou tout du moins ce qu’il en restait. Couvert de mouches à viande, un elfe à peine habillé respirait faiblement, allongé sur un lit de vers et d’asticots qui n’attendaient que son trépas. Une large mutilation lui barrait le torse, dans laquelle des insectes s’y engouffraient d’ors et déjà.
Tête de Souche s’était précipité tentant vainement de faire fuir les mouches à viande qui revenaient inlassablement sur le corps du blessé.

- Il n’est pas encore mort et elles sont déjà là. Souffla-t-elle éberluée en observant les moucherons.

Le nuage volant de mouches à viande s’effondra tout net. Les vers se tortillèrent sur eux même. Tête de Souche s’arrêta tout net, le regard rivé sur la daedhel qui venait d’exterminer d’un geste les nécrophores.

- C’est une sacrée griffure. Constata-t-elle en oliyan, à l’adresse de l’elfe qui semblait plus surpris qu’autre chose. Non ? Tu ne comprends rien non plus. C’est bien ma veine. Continua-t-elle en s’agenouillant, pour apposer les mains sur la plaie.

L’elfe n’avait ni la force ni l’envie de lutter, pour lui son destin était déjà scellé. L’idée d’être achevé plutôt que dévoré lentement par des insectes nécrophages lui semblait de toute manière plus douce. Il ressentit une vive douleur avant d’éprouver un soulagement inattendu. Celle qui lui semblait être une ennemie était en train de lentement refermer la large et profonde griffure qui lui barrait le torse. Il se laissa faire, sans broncher, sans la regarder. Même après.
T’sisra et l’elfe s’étaient surveillés l’un l’autre le reste de la journée, jusqu’à ce que ce dernier ne se redresse pour quitter les lieux. La daedhel n’avait rien fait pour le retenir. Soit il irait chercher du renfort, soit il reviendrait avec ses congénères pour la traquer.
En revanche, l’autochtone avait observé avec un grand intérêt la créature des bois. À la fois intrigué et effrayé. Voilà qui soulevait bien des questions auxquelles personne n’était en mesure de répondre pour l’heure.

- Advienne que pourra. Souffla-t-elle en reprenant la route indiquée par « Tête de Souche ».

Et le chemin ne fut pas bien long avant que les ennuis ne se présentent. C’est l’odeur qui l’interpella en premier. Une odeur de mort, de putrescence charriée par une brise très légère. Voilà une chose qu’elle connaissait bien. Elle ne devait très certainement pas être la seule nécromancienne dans ces bois. Mais comment avait-on pu parcourir une distance si grande sans avoir pris la moitié des Noss du coin en pleine figure ? Toute cette histoire lui paraissait impensable. Mais les grognements sourds qu’émettaient les loups à moitié décomposés qui approchaient l’obligèrent à remettre à plus tard ses réflexions.

Ces cadavres n’étaient pas de simples pantins. Trop agressifs, trop malins. Sans doute l’œuvre d’un mage de l’immatériel. T’sisra dégainait sa longue lame noire, tandis que Tête de Souche se précipitait vers elle.

- Accroche-toi… Murmura-t-elle en aidant la créature à s’installer sur son épaule, qui s’agrippa aux racines de sa queue de cheval noir de geais.

Le premier loup s’élança, les deux autres suivirent dans l’instant. D’un coup de lame la tête du chef de meute se décolla du reste du corps, tandis que la combattante s’accroupit dans un mouvement fluide pour éviter celui qui bondit à sa suite. Tête de Souche agitait son bras libre, il désignait l’ennemi à abattre lorsque des racines s’enroulèrent solidement autour de ses pattes aux chairs rongées par les asticots, laissant à T’sisra l’opportunité de l’achever.

- Parce que tu sais faire ce genre de choses ! Beugla-t-elle en se mettant à courir, poursuivie par le dernier des loups.

Elle s’arrêta tout net, pivotant vers l’ennemi, et plaçant sa lame sur la trajectoire de son saut. L’animal en putréfaction s’empala dessus dans un couinement caractéristique, laissant place au silence le plus total.

La nécromancienne se tourna vers le Nord, une fois de plus. Toute la clairière qui s’étendait devant elle semblait avoir été ravagé par ce mal.

- Mais que se passe-t-il ici ?

Un vive douleur et le sang se mit à couler de sa joue. Un oiseau venait de fendre l’air et de lui envoyer un coup de bec au passage. Tendant immédiatement la main vers son agresseur qui revenait à la charge, psalmodiant dans le même temps, l’animal ailé vint s’écraser à ses pieds. Lui aussi était mort depuis des jours et il arborait les mêmes cloques que les arbres.
D’un coup, des dizaines de cris d’oiseaux retentirent. Ils n’étaient pas chantants, mais morbides et agressifs.

- Mais qu’est-ce qu’il se passe ici ?! S’époumona T’sisra dans un tressaillement, remarquant à ses pieds le cadavre à moitié dévoré par les vers de ce qui devait être un elfe.

De la grande nécromancie, elle en avait vu. Et plus d’une fois. Mais tout cela dépassait l’entendement. Incapable de réagir face à ce dans quoi elle s’était empêtrée, c’est la Tête de Souche qui la sortit de sa torpeur en lui tapotant la joue. Des yeux rougeâtres luisaient dans la pénombre de la nuit déjà bien avancée, accompagnés de grognements qui n’annonçaient rien de bon.
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Lœthwil
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MessageSujet: Re: La Malebrèche.   Dim 4 Fév 2018 - 23:25


Arcamenel de la Cinquième ennéade de Bàrkios
Dixième année du Onzième Cycle


Cette nuit serait votre dernière occasion de vous accorder un semblant de véritable repos. Quelques pas encore et le cauchemar prendrait le dessus, l’acouphène vous vrillerait les oreilles, et vous devriez affronter le Bourdonnement jusqu’à ce que vous ne réussissiez à le réduire au silence. Mais comment ? Et quand ? Des elfes en Ardamir pleuraient leur tranquillité perdue. Des esprits forts s’étaient trouvés vaincus. Une idée malsaine se propageait d’oreille en oreille à travers la Symphonie, un rêve à la signification aussi nébuleuse qu’inquiétante, dont les funestes conséquences traduisaient la malfaisance. Les oreilles les plus fines, celles s’étant risquées à approcher leurs tympans de l’aiguille ; les oreilles les moins fines, celles ayant cherché à comprendre à travers le témoignage de leurs frères malades ; tous en Ardamir s’accordaient à dire que le mal venait du Sud, et tous en conséquence furent prompts à accuser la forêt maudite.

Mais plus l’idée était échangée autour de toi, et plus tu l’entendais distinctement.
Plus tu l’entendais distinctement, et plus tu étais assuré que la Dissonance n’y était pour rien.

Mais rares furent ceux qui acceptèrent de te croire, et nombreux furent ceux qui te sachant revendiquer la marque de l’Inconstante t’accusèrent d’apporter avec toi la folie de Mëlien. Nombreux sont ceux ayant au départ accepté de te suivre vers les frontières et en direction des combats qui t’accusèrent d’avoir voulu partager ta démence, de vouloir faire d’eux des pantins à tes ordres, prêts à livrer bataille au prix de leur vie sans le Souffle pour guider ce choix. Nombreux étaient ceux qui ne retrouveraient confiance que lorsque tu leur aurais prouvé ton innocence.

Alors, parce que ton esprit, éprouvé par l’Aduram, n’était pas aussi fragile que le leur devant le mal, tu tendrais l’oreille vers sa source, et marcherais vers elle pour la détruire. Sans plus de compagnie que celle du reptile perché sur ta spalière.



Tariho de la Cinquième ennéade de Bàrkios
Dixième année du Onzième Cycle


Une odeur pestilentielle comme tu n’en avais connu qu’au plus proche du centre de l’Aduram, là où se rassemblaient les séides du Seigneur Nécromant, souillait l’atmosphère du sous-bois. Comment ? Comment est-ce qu’une telle immondice avait pu s’installer aussi rapidement ? Pourquoi n’avait-elle pas déjà étouffée dans l’œuf ? Pourquoi les clans au moins ne semblaient-ils pas s’essayer à la combattre ? La Plainte était-elle à ce point insupportable au Souffle Sylvain ? Le mal était-il à ce point corrupteur, qu’aucun n’avait pu y faire face sans le payer ou de sa vie, ou de son esprit ? Et dire qu’il y a quelques temps encore, Halyalindë insistait à nier la force qu’il y a à tirer de l’ancien Linoïn.


~  ~  ~  ~  ~


Les trois fées orbitaient impétueusement autour de ta silhouette à la course, tandis qu’au fur et à mesure de ton avancée, la faune cadavérique semblait de plus en plus déchaînée. Une salve d’aiguilles de glace mit fin à la non-vie d’un essaim de passereaux au souffle de l’une ; un rocher s’écrasa lourdement sur le crâne d’un félin dont la condition semblait avoir quelque peu réduit l’agilité à la commande de l’autre, avant de fondre dans la trame. L’intervention de la dernière envoyait le cadavre calciné d’une contrefaçon de cerf trouver place aux côtés de celui d’un infortuné Ornedhel, déjà moitié dévoré par les ponges. Fermement accroché à ton épaulette, Ilweran menait son propre combat, taillant d’une magie qui se voulait une réplique miniature de la tienne, des ouvertures dans les nuages de mouches que vous ne manquiez pas de traverser. Tu respirais lourdement, emplissant tes poumons de cet air vicié, détruisant avec une hargne peu commune la moindre des horreurs ayant osé surgir des ténèbres. Quelque part, quelque part non loin, quelque part près d’ici bruissait une voix qui en savait plus que les autres.

Mais quelque part par là en retentissait une dont les simples accentuations suffisaient à la faire coupable.

Ici tu t’arrêtais, signant un cercle de tes mains, alors que là s’ouvrait sur la forêt un cercle de feu, un œil à la pupille folle, dont la chaleur irradierait les alentours de là d’où venait la voix. La chaleur s’étendrait, et avec elle ton influence sur la trame, les gerbes de feu se perdraient au vent, et ce que leur produit toucherait, alors tu le toucherais aussi. Là dans la pénombre se trouvait le coupable, devenu victime.
Tu claquais de la langue à l’idée de la suite, mais lorsque ta main plongea dans le sol, et que tes doigts s’y crispèrent, quand l’œil de feu disparut, et que les pétales de l’Adrëatiel s’ouvrirent sur l’intrus, ce ne fut pas pour le piéger, mais pour le protéger. Mais comment pourrait-il le savoir ?
La Drow, alerte, bondit en retrait, tandis que les horreurs éprises de son parfum se jetèrent goulûment vers elle. C’est sur l’un des cadavres vivants que se refermerait la fleur, le broyant sans sommation, lui qui s’était trop approché de son apex.
Maintenant tu courais en direction des lieux, avalant la distance à grandes enjambées au sol ou te propulsant d’une branche à la suivante selon que l’un ou l’autre t’évite le plus de détours, pour être accueilli par les lueurs rougeâtres émanant de pupilles pétillantes de non-vies. L’intrus, l’intruse tout du moins était là, tranchant à travers les chairs avec une volonté loin de celle d’un mage submergé par son propre sortilège. Plus choquant encore, l’Ëala à son épaule, défendant tronc et liane l’engeance Eldéenne.

Le givre et les flammes viendraient s’ajouter à leurs armes, alors que tu viendrais livrer leur combat, allégeant force d’une puissante magie considérablement leur charge. La colère s’était faite seconde à l’incompréhension. La curiosité gagnait sur les préjugés. Entre deux passes d’armes tu trouverais la force de rassembler des connaissances engrangées durant tes siècles dans les terres Vaanies pour hacher de ton accent elfique des mots dans sa propre langue.

- À quoi est-ce que tout ça rime ?

- J’allais vous poser la même question ! La Daedhelle plonge son regard - d'un étrange bleu d'acier - dans le tien Je… Derrière ! elle siffle entre ses dents, tendant une main aux doigts crispés vers le cerf qui chargeait et dont les jambes se brisèrent J’ai suivi cette tête de souche sur mon épaule depuis l’Aduram. C’est la maladie des arbres qui nous guide !

- Certaine ton tibia s'écrase dans le flanc d'une créature lupine arrivée sous un autre angle de n'avoir aucune idée Tu écartes les bras, et le sol commence à légèrement bouillonner de ce qui pourrait être Tes paumes se referment l'une sur l'autre, et deux crânes crocodiliens, taillés dans la pierre, jaillissent du sol comme si ce fut de l'eau, pour chacun écraser un de vos agresseurs de leurs mâchoires à l'origine  de cette immondice ?

- Certaine ! elle tranche avec autant de fermeté que la tête d’un félin à peine plus gros qu’un chien C’est pour ça que je suis ici ! Qui laisserait faire de pareilles horreurs ? Demande-t-elle en se retrouvant dos à dos avec l’elfe.

- La majorité des tiens. Ilweran s'envole, et tu brises le contact avec la Daedhelle, comme pour soutenir le reproche Et vos saletés de nécromanciens.

Tu laisses un instant ta camarade d'infortune à son sort, prenant appui une branche basse proche pour t'élancer dans les airs. Un saut périlleux avant plus tard et tu te laissais tomber poing en avant, en véritable météore contre le sol. Contrecoup de la chute, les fées n'étaient plus, mais après l'impact se soulevèrent la terre et la pierre. Cueillant au passage tout corps perdu sur le chemin les séparant du cœur de feu flottant devant toi, elles se scindèrent en une forme reptilienne, un dragon de roche en fusion, dont tes gestes commandaient les mouvements.

Ici il n'y avait presque plus rien à sauver. Presque plus une feuille dont l'arbre porteur fut épargné par la souillure, alors à quoi bon faire preuve d'exagérée précaution ?

Tu hurlais, te livrant à une véritable danse martiale alors que de la gueule comme dans le sillage de ta créature se déversaient les flammes. Bientôt les alentours ne furent plus que braise ardente et chair calcinée. Voilà qui vous vaudrait peut-être quelques minutes de calme.

- Qu'est-ce qui te rend si différente d'eux ?

- Vous êtes un elfe. Pas « les elfes ». Fait-elle en mimant les guillemets d’une main. Je suis une drow. Pas les drows. la noirelfe continue en te pointant du doigt Et je ne juge pas les gens sur leurs apparences, mais sur leurs actes. Mais si vous en avez tant besoin, vous n’avez qu’à me regarder. Je ne ressemble à aucun autre.

Et entre le noir de ses cheveux, le bleu de ses iris et la pâleur de sa peau, tu étais tout sauf en mesure de la contredire. Seulement étais-ce raisonnable sur la base de cette unique déclaration, d'offrir ta confiance à une enfant d'Elda ? Certainement pas, mais puisque l'Ëala l'avait fait avant toi, alors pour l'instant tout du moins, tu resterais sur tes gardes, mais tu la tolérerais tant qu'elle ne se prouveraient pas en être indigne.

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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: La Malebrèche.   Dim 11 Fév 2018 - 21:41

-Une simple mission de reconnaissance, tu parles. Ronchonna Urthel en constatant les dégâts que son pied avait occasionné pour la énième fois sur les immondices qui pullulait ici avant de se retourner vers son compagnon de route. Ça va Fenris ?

Le jeune homme le suivait d'aussi près que possible mais se montrait moins alerte que son tuteur. Ce dernier n'était pas sensible comme lui à la Symphonie. Il y était même sourd. Dans cette tâche, c'était une bénédiction car l'apprenti Tel'sorn entendait non seulement le bourdonnement mais il percevait également de multiples émotions qui ne lui appartenaient pas. Sans compter les rêves qui venaient le perturber chaque nuit et qui creusaient un peu son enthousiasme ou, à défaut, son stoïcisme habituel.
Et puis, il y avait ce paysage... Il avait vu bien des choses pour son âge, entre Ellyrion, Eraison, le front Sud et les Wandres. Mais une forêt en proie à la peste, jamais. Il sentait la souffrance et la tristesse de la forêt qui s'intensifiaient en même temps que le bourdonnement à mesure qu'ils avançaient vers le centre du problème.

A la question d'Urthel, le jeune Nöldorion répondit d'un simple signe de tête. Il n'en fallait pas plus à celui qui avait cinq fois son âge pour deviner le trouble qui l'occupait en permanence. Ceux qui étaient touchés par le mal ne ressentaient pas comme lui cette douleur qui lui assaillait sans cesse le cœur comme si cela avait été la sienne. Il lui avait fallu des années pour parvenir à distinguer ce que la Symphonie lui transmettait de ce qu'il ressentait par lui-même. Cette différence, il la faisait toujours mais avec plus de difficultés à mesure qu'il se l'appropriait entre la fatigue, la tourmente des cauchemars et le paysage qui se désolait de plus en plus. Fort heureusement, son éducation lui permettait encore d'enfouir tout ceci au plus profond afin de s'en détacher au maximum mais il viendrait un moment où il commencerait à faiblir.

-Allez, courage. Tu sais à quoi te raccrocher. Je te promets qu'après ça, on fait une halte à Ardamir.
-Je crains que mes cauchemars n'en viennent à la prendre pour cible si je pensais à elle.

Plutôt pertinent comme réflexion. Urthel acquiesça d'un simple signe de tête.

-Tu as raison, garde-toi ça pour quand ça ira encore plus mal. Parce que j'ai le sentiment que pour l'instant on a fait qu'effleurer le problème.

L'Aigle reprit la route, ouvrant toujours la marche et guettant à l'oreille si son compagnon de voyage le suivait sans trop de peine. Ils avaient dû abandonner leurs montures depuis plusieurs jours. Il était hors de question de les entraîner là-dedans sans savoir ce qui les y attendait. Plus d'une fois, les chevaux auraient pu partir à toute vitesse dans un mouvement de panique pour finir par se perdre ou encore se faire tuer. C'était mieux pour eux tout comme pour leurs cavaliers qui n'auraient ainsi à se soucier que de leur propre sécurité. Et ils avaient bien fait car, après à peine une journée de marche, les arbres étaient passés d'une cloque ou deux à à moitié décomposés. A présent, c'était la désolation la plus totale, les arbres étaient morts et il n'y avait aucun son laissant entendre qu'il y avait âme qui vive à des kilomètres à la ronde. Le sol était imbibé de larves qu'ils tuaient par dizaines à chacun de leur pas.
Dire que c'était une autre mission banale de Fenris qui les avait conduit dans la région... Une livraison urgente sur Wyslena. Urthel l'avait accompagné en quête d'un indice qui le mènerait à la matriarche Nöldorion. Il était depuis quelques temps en quête de preuves pour lui faire cesser son petit manège car cela empêchait son jeune fils non seulement de voir sa compagne mais aussi et surtout de poursuivre son entraînement d'Aigle. C'était avant tout la partie magique qui lui faisait défaut et il avait besoin de temps et de calme pour la développer, ce que ses multiples voyages successifs ne lui permettaient pas. Enfin bref, toujours était-il qu'il avait bien fait de l'accompagner car, de là, ils avaient entendu parler du bourdonnement et du trouble qu'il causait chez tous ceux qui l'entendaient. De par son affinité avec la Symphonie, le jeune apprenti l'avait bien vite perçu à son tour et ils n'avaient pas eu besoin de plus pour les guider jusque dans cette zone morte d'Anaëh.

Ce jour-là, après des heures de marche, ils tombèrent sur un spectacle plus immonde encore. Sur plusieurs dizaines de mètres, des corps d'animaux gisaient, rongés par le mal qui sévissait dans la région. Ils s'approchèrent et évoluèrent entre les cadavres. L'odeur ici était mille fois plus dérangeante qu'elle ne l'était là où ils se trouvaient encore au petit matin. Des victimes animales de cette étrange peste, ils en avaient croisé bien plus tôt mais celles-ci avaient quelque chose de différent. Elles n'avaient pas seulement succombé à la maladie...
En silence, Urthel appela près de lui Fenris qui se tenaient parmi des cadavres de carnivores à quelques pas.

-Celui-ci ne m'a pas seulement l'air d'être mort du même mal que les autres.

Il ne fallait pas être un expert pour voir que la chaire putréfiée avait été tranchée par une lame qui avait bien faillit le couper en deux. Non seulement il était mort mais en plus on l'avait pourfendu à l'épée.

-Il y en a d'autres qui ont des marques étranges... pour des créatures déjà mortes.

Urthel croisa le regard de son apprenti. Tout comme lui, il avait affronté des armées de non-morts et il avait autant confiance en son jugement qu'au sien pour reconnaître de la nécromancie lorsqu'il en voyait. Cela expliquerait le mal qui rongeait la forêt...

-Ceux qui ont fait ça se sont probablement défendus, ils n'en sont sans doute pas à l'origine. Suivons leurs traces, en espérant qu'il ne soit pas trop tard.
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Æ'ranûron Eruithel
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MessageSujet: Re: La Malebrèche.   Lun 12 Fév 2018 - 23:17


Splchhhhhht

Une grimace dégoûtée suivit de peu la découverte que je venais de faire, mon regard s'étant posé sur les vers et autres asticots que je venais allègrement d'écraser. Ce n'était pas tant la réalisation d'avoir mis fin aux vies de nombreux lombrics qui me dérangeait le plus, que le fait d'en voir une longue et interminable traînée s'étaler devant moi. Il était bien difficile de ne pas y voir une invitation à la suivre, tel un chemin dont les pavés ne seraient de pierre, mais d'un matériaux organique gigotant aux couleurs blanchâtres. Une perspective bien peu réjouissante qui ne faisait que renforcer la mauvaise humeur dont j'étais accablé depuis que j'avais dépassé Mera il y a de ça trois jours. Le bourdonnement qui hantait mes nuits ne s'étaient fait que plus fort au fur et à mesure que je progressais vers le Sud, et les cernes s'étant progressivement dessinées sous mes yeux marquaient le manque de sommeil. Face à une mine de déterré et une irritabilité avancée, le seul bon point que j'arrivais encore à percevoir était le fait que j'avais été dans le juste lorsque j'étais parti en quête du Sud et non de l'Est. Ô joie...

Autant pour me détendre, si cela était possible face au spectacle qui se livrait à moi, que pour prendre le temps de réfléchir, je préparai ma pipe soigneusement puis la porta à ma bouche, l'alluma et pris une première bouffée, fermant les yeux. Une chaleur réconfortante emplit mes poumons. Rouvrant les yeux, j'analysais la situation. Hésitant encore entre l'adjectif étrange ou morbide, je constatais la dégradation rapide de l'état des arbres. La première rangée la plus proche avait leurs troncs attaqués par de petits champignons. Les feuilles de la seconde avaient perdu toute vitalité, se colorant d'un chamarré marron. La troisième était méchamment attaquée par toute une palanqué de pestes et autres nuisibles. La quatrième était morte. Pour compléter ce joyeux tableau, il n'y avait âme qui vive, hormis les asticots grouillant au sol. Le silence, sous lequel une Symphonie déformée sifflait, régnant maître dans la forêt portait un message menaçant. Contemplant la scène, je me dis finalement que morbide serait le plus approprié pour la décrire. Quoiqu'il en soit, une belle saloperie était à l'œuvre en ce lieu. Il aurait été d'ailleurs difficile de se tromper sur son origine. Une magie s’exerçait en cette partie de la forêt, et pas n'importe laquelle : de la nécromancie. Puissante qui plus est.

Je poussai un soupir, remis ma pipe à ma bouche, puis repris ma marche, suivant le chemin de vers de terre, même si, pour m'épargner le bruit infâme des bestioles écrasées, je prenais soin de calciner celles qui allaient se trouver sous mes pas. Un jeu d'enfant pour un mage tel que moi, et vu de cette perspective, il était bien triste que je sois réduit à cela. Il était certes encore temps de faire demi-tour, surtout que mes chances face à un nécromancien capable de faire ce genre de dégât à l'Anaëh étaient minces. Mais après avoir vu ce merdier il était difficile de faire demi-tour et d'oublier, surtout qu'il était à parier que mes nuits n'en deviendraient pas plus calmes, même si je m'exilais au point le plus au Nord de l'Anaëh. Qui plus est, il était évident que se mal s'étendrait si personne ne faisait rien. Confronté à deux morts imminentes, l'une face à un nécromant, l'autre suite au manque de sommeil, il me paraissait plus pertinent de prendre le leominis par les cornes et de régler cette histoire au plus vite.

Mon avancée dans ce paysage désolé se fit, sans mauvais jeux de mots, sans embûches. Mais plus j'avançais, plus il me paraissait suspicieux que cela se passe ainsi. Ma méfiance se trouva confirmée lorsque je sentis des mouvements derrière moi. Un coup d'œil en arrière me fit apercevoir une silhouette féline cachée dans les buissons et dont les quelques détails que je pouvais discerner révéler chaire morte en putréfaction. Pourtant la … chose ne m'attaquait pas. On aurait cru qu'elle attendait le moment propice pour fondre sur moi. Décidant de l'ignorer pour le moment, je continuai toujours tout droit, conscient que de plus en plus de bêtes mort-vivantes se pressaient derrière moi. Et dire que j'avais cru être seul...

Enfin je débouchais sur une clairière, offrant une vue toute aussi tourmentée que ce que j'avais pu voir auparavant. Mon regard fut attiré par un cercle parfait à quelques mètres de moi, dépourvu de tout lombric gigotant à la surface de sa terre noire comme l'ébène. Comme pour répondre à l'intérêt qu'avait éveillé en moi cette construction géométrique incongrue dans cet environnement, un grognement, ou plutôt un glouglouti fétide, se fit entendre derrière moi. Me retournant tranquillement, je pouvais voir un petit comité d'accueil composé de quelques loups et d'un linx en décomposition s'avancer vers moi au travers des arbres morts. Après avoir fait une moue sceptique, je pris la décision rapide de me débarrasser de cette vermine. Et pour cela, rien de mieux qu'on bon feu purificateur. En vue de l'état des arbres à cet endroit, qui selon mon jugement étaient tout à fait morts, brûler l'ensemble de ce qui se trouvait devant moi sans prendre de pincette me paraissait une solution raisonnable et efficace. Décidé, je pris de ma main droite ma pipe après avoir pris une énième bouffée. De l'autre je commençais à dessiner un grand cercle alors que je murmurais des paroles silencieuses, retenant pour le moment la fumée en mes poumons. Les créatures qui auraient dû rejoindre le royaume de Tari il y a de ça bien des jours ne se trompèrent pas sur mes intentions, et se jetèrent vers moi avec une vivacité surprenante en vue de l'état de pourriture avancée de leurs corps. Leur réaction fut pourtant trop tardive. En quelques secondes tout fut terminé. Expirant la fumée de mes poumons, je la poussais simultanément de ma main gauche dont le cercle avait fini au niveau de mon visage. Les morts-vivants furent réceptionnées par une déflagration, dont les flammes les plus chaudes étaient invisibles, consommant aussitôt leur corps. Les arbres les plus proches subirent un sort similaire, la violence des flammes s'amenuisant au fil des mètres, laissant derrière elles des vestiges de troncs encore fumant et dont les braises étaient encore rouges. En soit, le résultat final était certes satisfaisant, mais ajoutait une nouvelle note funeste à ce décor d'apocalypse...

Haussant les épaules, je me retournais vers le cercle dessiné au sol. Après m'être approché prudemment, je m'accroupis à sa limite, veillant à ne pas passer un cheveu au travers. Je n'étais peut-être pas un archi-mage de l'académie d'Alëandir, mais il était difficile de louper l'origine magique de ce cercle. Par simple bon sens, mieux valait éviter toute interaction directe avec. Examinant avec attention la terre noire, je pouvais y discerner une multitude de petits tracés, n'ayant aucune idée de ce que cela pouvait signifier...



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La Renarde
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MessageSujet: Re: La Malebrèche.   Lun 19 Fév 2018 - 0:13

ps: Oui j'ai 1h10 de minute de retard! Pardonnez moi T.T

               Quelque part dans la forêt d’Anaeh, Renarde était en train d’errer entre les arbres, cherchant de quoi satisfaire sa curiosité. Depuis son retour en Anaeh, la jeune femme était repartie dans ses expéditions personnelles pour redécouvrir son environnement originel. Elle se souvint d’avoir parcourut Ardamir en long et en large avec sa mère. Mais pendant sa courte absence, Renarde avait eu la sensation d’avoir perdu ses repères et d'être devenue une étrangère. Sa longue exploration était le meilleur moyen de se réhabituer. Cependant, elle n’était pas seule…Un jeune elfe était auprès d’elle, désireux d’apprendre la chasse.
               
               Confortablement installée sur un arbre, elle scruta du regard les environs avant de se décider à reprendre son chemin. En bas de l’arbre, le jeune elfe était en train d’attendre, anxieux. Pendant que Nerdhanel guettait le moindre danger. L’elfe prit la parole.

« On doit allez ou ? C’est loin ? »

« Attends un peu, non. Tu es trop pressé. La nature c’est dangereux, il faut faire attention à chaque action qu’on fait. »

Il la regarda droit dans les yeux. Renarde se mit à soupirer. Elle le fixa du regard avant de porter son attention sur un endroit qui lui semblait étrange. Elle vit au loin que les arbres avaient changé de couleur, voir que les troncs d’arbre semblaient pourrir. C’était bien étrange à Anaeh. Il était doublement étrange de voir tout un bosquet au loin en train de pourrir. Généralement, un arbre pourrissant n’avait rien d'extraordinaire. Mais, une parcelle entière de la forêt morte était tout sauf normal. Une maladie avait-elle détruit la nature ou c’était quelque chose qu’elle ne connaissait pas…La magie peut être ? La magie était bien un art étrange et très dangereux.
               Elle sauta de l’arbre pour se receptionner au sol, fléchissant les genoux afin d'amortir la chute.
               
« Tu es trop pressé. Bon, j’ai vu quelque chose. Quelque chose qui me parait bizarre. Il faut aller voir, par contre, fait attention. D’accord ? »

Il hocha la tête. Et ensemble, ils partirent dans cette parcelle de forêt qui était en train de pourrir. Renarde avançait doucement, elle était sur ses gardes et une flèche encochée à son nouvel arc. Pendant ce temps, le jeune chasseur la suivait de près, juste derrière. Ils avancèrent à pas de loup, enjembant les ruisseaux et s'enfoncant au travers les buissons. Elle ne vit rien qui semblait être dangereux. Cependant, elle vit des cadavres en train de moisir, des asticots en train de manger le bois mort. Tout un tas d’indice qui montrait que quelque chose était en train de ronger la forêt.

               Au loins Nerdhanel entendit les bruits des combats. Sans hésitation, elle partit dans leur direction, faisant signe à l’elfe de le suivre. Elle courit aussi vite qu’elle put. Puis, de ses yeux, elle vit T'sisra et Estiam au loin. Sa première réaction fut de crier

« T'sisra!! Estiam! J'arrive! »hurla-t-elle.

Alors interrompus dans leurs échanges, la daedhel détourna son attention du Noss qui se tenait face à elle. L'Ornedhel lui-même n'attendit guère avant de chercher du regard la voix qu'il ne connaissait que trop bien.

"Tu ne devrais pas te mêler de ça Nerdhanel ! les mots tonnaient comme un ordre plutôt qu'un conseil On ne sait pas à quoi on a affaire, ne viens pas jeter ta vie aux Kerkands.

« Nerdhanel, mais que fait-elle là ? » Demanda-t-elle pour elle même, dans sa langue natale, en voyant la noss arriver.

" Je ne vais pas vous laissez seuls! Ce n'est pas mon genre de ne pas aider ! A trois on a plus de chance de survivre!* bande son arc, cherchant une cible à abattre.

"Pour ce qui s'agit de survivre je pourrais largement me débrouiller seul un violent écart de bras de l'elfe, comme pour prouver son point, fit claquer dans l'air deux langues de flammes C'est plutôt à m'occuper d'une enfant que je risque d'y passer !"

Renarde fronça les sourcils, puis le regarda droit dans les yeux avant de porter son attention sur son attention se porta sur son compagnon elfe. Elle hésita un moment entre partir ou rester. Puis, elle tapa l'épaule du jeune chasseur et lui fit signe de rentrer au village.

"Files!"
"Mais..toi aussi il veut.."
"Files j'ai dis!"

La Renarde fusilla du regard le jeune chasseur qui se plia aux exigences de la jeune elfe. Renarde répondit pas à Estiam mais elle banda son arc en encochant la flèche. Elle était prête à en découdre.

"Je reste" répéta-t-elle" Je ne laisserais pas MA forêt se pourrir!"

Et c'est pour cette raison que tu as décidé de toi aussi t'offrir en nourriture aux vers ? l'élémentaliste répondit, d'apparence sans la moindre compassionQu'est-ce que tu penses accomplir en te mettant inutilement en danger ?

"A force de fuir on fait rien! Ce n'est pas la première fois que j'affronte des choses qui dépassent de ce que j'ai vue! J'ai affronté des créatures surnaturelles en Péninsule! Je suis prête à me battre!" répondit-elle avec détermination avec grande intonation.

« S'il vous plait... » Tenta d'intervenir T'sisra en oliyan. « Je ne comprends pas un traître mot de ce que vous baragouinez. »

J'essaie d'empêcher une enfant de courir à la mort l'elfe hurle à s'en époumonner au visage de sa cousine Eldéenne dans la langue du Puy, avant de reprendre à plus basse voix, la gorge moitié écorchée par des sonorités qui lui sont trop unusuelles Mais j'imagine que tu n'es pas assez différentes des autres de ta race pour comprendre en quoi ça me gênerait.

« Baissez d'un ton et ravalez vos paroles venimeuses pour le moment. » Répond-elle froidement du tac au tac dans sa langue natale. Nerdhanel et moi avons déjà eu à faire à certains dangers magiques en Péninsule. Je ne doute pas qu'elle saura éviter de courir à la mort.

Je m'en doute bien le mage reprend sur un ton plus maîtrisé je ne fais juste pas confiance à la mort pour éviter de courir à elle

« Dites-lui qu'il nous faut progresser en restant groupés. Nous devrions ainsi laisser moins d'opportunité à la mort de nous faucher. Je ne parle que très mal votre langue, je compte sur vous pour la traduction. »

Le grand Ornedhel souffle bruyamment alors que son regard se tourne à nouveau vers la jeune Sin'Dalvir. Au moins le passé commun de la chasseresse et de la nécromancienne le rassurerait un peu plus quant aux motivations de la seconde.

Tu as de la chance d'avoir une alliée ici petite. l'elfique offre aux cordes du mage un bienvenu repos Reste. Mais si tu restes, ne t'éloignes surtout pas.

Renarde s'approche a grand pas, armée de son arc. Elle fixa du regard Estiam, hochant la tête à l'Ancien

"Je ne m'éloignerais pas. Je ne suis pas idiote."

Elle regarde T'sisra et dit en Oliyan

"Salut! Moi contente de te revoir!" la gratifiant d'un grand sourire amical que sa comparse lui rendit.
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T'sisra Do'ath
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MessageSujet: Re: La Malebrèche.   Mar 13 Mar 2018 - 3:51

Printemps, Julas, quatrième ennéade de Barkios, an dix, onzième cycle.


Peut-être encore aujourd’hui certains des vénérables elfes se souviennent de cette histoire. Bien avant les guerres et sa chute, son chant résonnait dans les anciennes et oubliées forêts du Linoïn. On disait que son timbre cristallin, porté par la brise, était capable de faire frémir les branchages des arbres. Les complaintes de Lele apaisaient et soulageaient ses frères et sœurs aux longues oreilles, ravissaient les enfants et attiraient la curiosité des petits animaux. D’aucun juraient que sa beauté n’avait pas de pareille dans toute la forêt, de longs cheveux bruns cascadant sur ses épaules menues et mais solides, encadrant un visage innocent mais ferme.
Des anecdotes devenues des fables, une légende perdue au profit d’une autre après les guerres lorsque que tous furent bannis. Car l’on racontaient que malgré le mal qui rongeait la forêt, le chant de Lele persistait. Longtemps cette histoire fut racontée par des enfants au coin du feu pour s’effrayer les uns les autres, car tous savaient que le Linoïn mourrait. Puis au fil des années, des siècles, des cycles, Lele fut oubliée, comme tout ce qui avait vécu dans ces bois, son souvenir devint un vestige d’un passé révolu qu’on préférait occulter.
Et tous s’étaient lourdement fourvoyés. Ils n’auraient pas du l’oublier, car si la langue est, comme on le dit, le miroir de l’âme, celle de Lele la Langue Fendue ne ressemble plus à celle d’antan. Animée d’une furieuse colère, elle est revenue chez les siens pour imposer sa volonté à l’Anaëh. Elle et son acolyte ont déjà apposé une marque indélébile sur leur passage, et ils ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin.
L’Ealä qu’elle soumettait était sur le point de flancher face au désir qu'avait Lele d'aspirer sa force. Fait de bois et de branches, il avait quelques traits presque humanoïdes. Il ressemblait grandement à « Tête de Souche », bien qu'il mesurait un peu plus de deux mètres. Et il souffrait, tant et si bien que malgré sa force, il était sur le point d’abandonner. Par ces derniers efforts, il tentait de les prévenir. Tous. De les avertir du danger qui rodait et approchait lentement mais sûrement. Jamais il n’aurait pensé ni voulu causer tant de souffrances aux elfes qui ont perdu le sommeil par sa faute, c’est donc sans savoir le mal qu’il faisait que sa détresse avait finit par attirer des curieux.


Au cœur de la clairière, où la magie déchainée balayait la vie avec une aisance effroyable, l’acolyte laissa retomber mollement ses bras le long du corps. Des intrus, encore.  Il se tourna vers sa maitresse qui n’avait d’attention que pour son sortilège et son prisonnier. Toutes ces années à s’y préparer, toute une vie pour cet instant. La Sublimation ne saurait être interrompue d’une quelconque façon. La cause était grande, infiniment plus que sa propre existence, lui le misérable qui avait déjà eu l’honneur d’avoir été pris sous l’aile de Lele.
L’acolyte s’élança sur le parterre d’insectes grouillants, s’approchant du large cercle qu’il avait tracé avec son propre sang autour de Lele et sa victime. Il prit position sur une roche et mis le feu aux herbes et écorces contenues dans une soucoupe dorée et gravée de multiples symboles. Se saisissant de sa serpe et de la branche de chêne qui pendaient toutes deux à sa ceinture, il entama le rituel.
Vomissant des paroles nauséabondes, la fumée dégagée par les braises rougeoyantes l’enivrait. Que faire de la douleur ? Que faire de la mort ? Il dirigea la pointe de la serpe contre son propre torse, déchirant la peau qui recouvrait sa cage thoracique, sans cesser de proférer ses sombres vers. Lâchant son arme, il vint plaquer la main au niveau son cœur battant la chamade,  avant de la déposer sur les braises.
Du cercle de sang, tracé autour de sa maitresse et de l'Eäla, sortirent de terre d’épaisses ronces rougeâtres, épineuses, dangereuses et semblant respirer à un rythme régulier. Un épais bouclier s’était formé, puis s’élevèrent des centaines d’insectes ailés, virevoltant à toute hâte. Un tourbillon vrombissant de mouches à viande, l’ultime cadeau d’un élève à son maître.
L’acolyte finit par se détourner, car son temps était désormais compté et aucune autre issue que la mort ne l’attendait. Il lui fallait maintenant accueillir ses invités, ou plutôt les rabattre jusqu’à lui, comme on accule sa proie. Après tout, on ne l’avait pas surnommé « le Peaussier » pour rien.



◈ ◈ ◈

Pour Urthel comme Fenris, remonter la piste qu’ils avaient décidée de suivre se révélait être un jeu d’enfant. Les traces étaient profondes et espacées, signe qu’on s’était déplacé rapidement. Par endroit, se décomposaient quelques cadavres d’animaux pourfendus. Et au fur et à mesure de leur progression, les arbres et les plantes verdoyantes se défilaient pour finir par n’être qu’un simple souvenir,  la nature ne fut alors que mort et décomposition, tandis que la gêne auditive s’intensifiait toujours plus. Rien de bien rassurant, car il ne faisait aucun doute que les elfes s’enfonçaient dans les terres d’un nécromant aussi puissant que doué.
Mais voilà que le son des sabots qui battaient le sol avec force et vitesse brisa le silence. Cela sonnait comme une de ces charges de cavalerie capable de faire des ravages dans les troupes de fantassins ennemis. Le vacarme provenait de derrière eux, un bref coup d’œil dévoilait, au loin entre les arbres morts, la dizaine de cervidés lancés à leur poursuite. Ils étaient faméliques et couvert de pustules et cloques, certains n’avaient plus de chair ni de peau par endroit, à tel point qu’on pouvait y voir l’os, d’autres traînaient leurs viscères dans leur course. Une cavalcade funèbre qui en voulait aux vivants ayant pénétré ce sanctuaire de pestilence et de maladie.



◈ ◈ ◈

L’intrigant cercle tracé à même le sol qui attirait l’attention d’Æ'ranûron ne faisait aucun doute sur son origine. Il s’en dégageait un relent maléfique, une odeur à la fois animale et putride. S’en approcher dressait les cheveux et les poils, intimant par la même occasion de refreiner toute curiosité. D’autant que les grognements agressifs qui montaient aux alentours n’invitaient pas à prendre le temps de se lancer dans l’étude des glyphes. Dans la pénombre se détachaient plusieurs formes canines, approchant lentement mais sûrement. Le noss pouvait en compter une bonne dizaine, mais peut-être y en avait-il plus ? Peut-être d’autres encore viendraient ?
Il était désormais clair comme de l’eau de roche qu’il ne ferait pas bon s’éterniser. Mais le chemin pour quitter ces lieux de mort lui était barré, la meute voulait le rabattre vers l’épicentre.
Il en valait de même pour les oiseaux, dont les cris assourdissant avaient chassé le silence. Ils semblaient venir de partout à la fois, et certains allaient même jusqu’à ce se risquer un coup de bec ou deux sur l’intrus. Les insectes rampants semblaient l’avoir aussi pris pour cible, tentant vainement de grimper le long de ses jambes, ils y voyaient déjà un festin de chair succulent dans lequel se lover et se nourrir.



◈ ◈ ◈

L’improbable quatuor composé d’Estiam, Nerdhanel, T’sisra et de « Tête de Souche » n’avait pas non plus le temps de souffler. Les poursuivants qui s’était lancés sur leurs talons semblaient gagner toujours un peu plus de terrain. Une meute de loups corrompus jusque dans leurs chairs les filaient à la trace, sans pour autant tenter de les attaquer sans relâche, seulement de temps à autre. De quoi faire avancer leurs proies plus profondément dans la forêt. Le Peaussier savait traquer et débusquer, il rabattait tous ces intrus au même et unique endroit : aux abords de la clairière. Il les attendait debout, les bras écartés et paré à livrer sa dernière bataille. Aucun regret, aucun remord, l'œuvre d'une vie allait s'accomplir cette nuit.
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MessageSujet: Re: La Malebrèche.   Dim 18 Mar 2018 - 2:48


Tu es à cran, tout bonnement à cran. La proximité de l’insupportable grésillement peut-être ? L’odeur nauséabonde de votre précieux foyer tombant en décrépitude ? La désagréable sensation des vers et autres vermines grouillant entre tes orteils ? La présence d’une Eldéenne albinos que la forêt semblait tout sauf rejeter ? Le comportement trop candide d’une jeune Sin’Dalvir semblant plus décidée à se lancer dans des discussions mondaines avec une amie de longue date qu’à sauver sa peau… tout ici semblait souhaiter ta chute dans la psychose, et ta chute dans la psychose, elle aurait été bien plus rapide qu’aucun ici ne pourrait l’imaginer, si seulement il n’y avait pas eu la bénie menace de l’engeance putride pour t’aider à canaliser ta colère. Une problématique au moins dont le mal rongeant les bois se donnait la peine d’être source et solution.

Bien sûr, tu avais pris les devants, non pas que tu t’estimes mieux capable de traquer la source des insupportables gémissements qui ont coupés tant de sommeils que l’Ëala dont votre partenaire Eldéenne avait la garde, mais parce que des trois longues-jambes présents, tu étais le seul à pouvoir prétendre l’égaler. Le seul à posséder l’Ouïe. Tu avais pris les devants et tu avançais à grands pas, laissant autant de distance qu’il était raisonnable de le faire entre eux et toi pour t’épargner leurs babillages tout en assurant la possibilité de votre survie en tant que groupe. Parfois tu te permettais même d’accélérer un peu, profitais des souches et des branches dont le niveau de putréfaction était encore assez bas pour leur permettre de supporter ton poids pour creuser un saut d’écart, forcer le convoi à ta suite à se recentrer et à se presser… et te détendre à observer la Drow évoluer à travers un environnement qui n’était définitivement pas celui dans lequel elle était le plus à son aise. Au moins ainsi auras-tu appris que l’intérieur du Puy n’est pas jonché de chairs en décompositions et d’épais tapis de fonges nauséabonds.

Parfois tes yeux se fermaient, et tes oreilles se laissaient aller à rechercher échos et bruissements dans le lointain. Tes frissons étaient trop intenses, ton cœur était trop serré, la Source ne devait pas être bien loin… et pourtant en dehors d’une sylve de plus en plus atteinte, tout semblait anormalement calme. Trop calme. Tu t’arrêtes, fais signe au reste du groupe d’en faire de même, et perché sur une haute souche, tu écoutes. Plus attentivement encore. Ici le grésillement est seul maître et roi. La Symphonie étouffe. Presque tout est mort. Mais les plus résilients des frères veillent toujours, susurrent dans leur dernier soupir l’approche du danger, préviennent aussi fort qu’ils le peuvent sous les assourdissantes larmes de sang.

- Courez. Tu ordonnes dans le calme le plus absolu.

Tes mains décrivent font le tour de ton buste à niveau d’épaules, dans un mouvement trop peu fluide pour n’avoir eu qu’un seul but. Le dragon-fae habituellement voletant innocemment auprès de toi ou perché à ton épaule se recroqueville, cherchant l’abri des feuilles faisant ta cape. De concert naissent les trois fées, personnifications de ton usage des arcanes élémentaires de l’eau, de la terre et du feu. Dans un mouvement parfaitement synchrone elles tendent une paume vers les lieux d’où vous venez, et de trois traits conjoints de glace, de pierre et de flammes elles abattent un loup non-mort.

- Courez ! Tu vocifères cette fois, ta patience ne souffrant plus de les voir autant tarder à réagir

Le plus grand danger est devant, mais la menace la plus directe est derrière. Vous êtes pris en tenaille entre l’engeance putride et sa source, contraints de vous jeter dans la gueule du loup. Qu’à cela ne tienne, c’est ainsi de toute façon que vous comptiez procéder.
Tu gardes les arrières cette fois, fauchant vos assaillants pour peu qu’ils fassent   un pas de trop en votre direction. Ton souffle est lourd, ton myocarde est sous pression, mais pour chaque os brisé, pour chaque once de chair brûlée, tu te sens un peu plus léger. C’est un défouloir autant que c’est un soulagement pour des créatures dont la carcasse peut enfin reposer en paix et rendre à la forêt. C’est la rage de vaincre un combat juste.

Tantôt accroché dans ton dos, tantôt s'élançant dans des sprints aérien qui lui étaient tout sauf caractéristiques, Ilweran se mariait parfaitement avec ton ballet, t'offrant l'espace et se rattrapant à toi avec une perfection que seuls pouvaient démontrer de véritables symbiotes. Parfois par mimétisme il reproduisait tes sortilèges, apportait la contribution d'une magie bien moins potente, mais l'occasionnel cadavre de passereau enragé abattu par ses efforts suffisait pour que tu sois galvanisé par la fierté.

Le mouvement nourrit tes sortilèges et ta magie gagne en intensité. Ton focaliseur illumine ton oreille de la couleur des arcanes pures traversant le saphir, peu à peu les fées se font des dryades, et autant que tes alliées deviennent plus impressionnantes tes incantations gagnent en magnitude.



Tu dessines un cercle de ton bras droit et ouvre la paume.


Une bourrasque glaciale cueille une vague entière d’assaillants, les emprisonnant dans les engelures.



Sans freiner ta course, tu plonges tes doigts dans le sol malgré le grouillât et en racle la surface jusqu’à la terre puis à la remontée griffes violemment le vide.

Une liane épineuse de pierre sculptée émerge de la gangue organique couvrant le parterre et s’abat de tout son poids contre vos assaillants, en écrasant autant qu'elle en lacérait.


Et dès qu’ainsi tu gagnais un peu de temps, tu reprenais la course de plus belle, continuais de te diriger droit vers le piège, droit vers les pleurs, droit vers la source de cette funeste mélodie. Si Nerdanhel et T’sisra avaient déjà fait face à des nécromants par le passé, tout était à parier qu’elles n’en avaient connu aucun comme celui-ci. Car les traces laissées dans l’éther ne font aucun doute, c’est bel et bien vers un nécromant que vous vous dirigiez. Un nécromant assez menaçant pour faire frissonner un élémentaliste même aussi puissant que toi.

Mais les pleurs… les pleurs devaient stopper.

Tu as tenu tête à l’Archimage des Ombres et survécu à l’affrontement. Cette fois la victoire est en ton pouvoir.

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MessageSujet: Re: La Malebrèche.   Lun 2 Avr 2018 - 13:53

La tension était tendue, Nerdhanel aurait pu fuir mais c’était trop tard. Pour la jeune Sin’Dalvir, elle était obstinée à ne p
as fuir et affronter le danger qui menacer de détruire tout ce qui appartenait à son enfance et de tuer son clan. Sur le coup, elle ressemblait bien à sa mère : l’obstination. D’antan, la mère de Nerdhanel était une femme qui aimait le gout du risque, d’affronter l’insurmontable et une véritable femme de caractère. Sa fille était plus douce que sa mère mais l’obstination était dans ses gênes. La vie de son clan et d’ARdamir dépendait des actions du groupe, il était impensable pour la petite elfe se contentait d’être une simple observatrice. Estiam était un vieux papy qui voulait protéger les enfants d’Anaeh, Nerdhanel était l’enfant qui voulait montrer aux anciens son courage. Elle vit Estiam courir, se contenta de suivre. SA compagnonne de toujours, Adrilah ( la renarde de Nerdhanel) la suivait en faufilant, voulant protéger sa maitresse. L’elfe et la bête était liée dans une fusion parfaite.

Lorsque Estiam augmentait sa cadence de course, Renarde le suivait de prêt s’assurant que Tsi’rah ne se perdait pas en chemin, soucieuse de sa sécurité. Sa crainte se réalisa en apercevant les loups morts-vivants en train de foncer sur le groupe. Estiam abattit avec sa magie les premiers groupes. En voyant les cadavres dans ses yeux, un dégout se laissait voir sur son visage. La colère renfrogna son regard et se jura de terrasser ces criminels

Le groupe se fit poursuivre encore, traquait par les loups qui prenait un malin plaisir de les harceler et de disparaitre. Lorsqu’un loup tentait de croquer Nerdhanel, Adrilah défendit sa maitresse en percutant l’assaillant avant que sa maitresse décoche sa flèche sur la tête de l’autre bête. Puis, elle arma une flèche dans son arc, sentant un autre loup au loin. Elle vit une bête qui suivait le groupe. Ce Loup était sa proie et la tendance allait changer

Elle banda son arc, coupa sa respiration et concentrer son attention sur la cible. Aucune pensée distrayante traverser dans son esprit. Sa focalisation était que cette flèche atteigne la tête du loup. Dans une posture parfaite, le doigt lacha la corde de l’arc et la flèche partait en direction du Loup. La flèche traversa le crâne et le loup tomba net.
Ils reprirent la course mais Nerdhanel ne voulait plus être la proie…Mais être la prédatrice à présent. Le seul moyen d’inverser la tendance était simple : changer son odeur et sentir la direction du vent.

Quand ils reprirent la course, un autre loup tentait de tuer un membre du groupe. Cependant, Nerdhanel intercepta l’animal par une flèche dans son thorax et l’acheva d’un coup de couteau dans la tête. Avant qu’Estiam reprenne la course que Nerdhanel jugea inutile. Elle fit signe de faire comme elle.

« Prenez les carcasses, mettez du sang sur votre corps. Ils sentent notre odeur, il faut être un mort pour brouiller les pistes. Donc, enlever des choses qui sent trop fort et mettez de l’odeur de mort. » dit elle en language estréventine

Elle enleva quelques habits quel jugea trop odorante, comme la fourrure  de son gilet, elle le retira se retrouvant torse nue laissant voir un corps minces et atléthique. De là, elle mit le reste de sang et de chair du cadavre en décomposition pour camoufler son odeur et être invisible. Elle fit signe de faire de même et regarda Estiam d’enlever sa cape qui était tout sauf discret pour l’odorat.

« Odeur ça dissimule, puis, allez dans cette direction. Le vent ne passe pas par-là et ça renforce notre chance de fuir et être prédatrice. » continua-t-elle en Oliyan

De là, c’était Nerdhanel qui prit l’initiative d’être la meneuse du groupe. Au lieu d’aller contre le vent qui permettait les loups de sentir leurs odeurs. Elle choisit de suivre le vent pour que l’odeur soit en avant d’eux et ne laisser aucune trace odorante.
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Lœthwil
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MessageSujet: Re: La Malebrèche.   Lun 2 Avr 2018 - 16:46


Tu t’étais trouvé forcé de stopper ta procession, et Ilweran semblait en être plus agacé encore que toi. Vers là où tu te dirigeais la magie bouillonnait comme il n’avait jamais eu l’occasion de l’expérimenter. Il était impatient. Il était curieux. Il s’était arraché de ton épaule pour décrire d’erratiques arabesques aériennes en direction de l’anomalie. Vous étiez tout près, trop près pour qu’un quelconque changement de plan n’ait de quelconque utilité. Nerdhanel te laissait pleinement entrevoir les raisons pour lesquelles tu n’avais au départ pas voulu qu’elle s’engage dans ce merdier. Des phénomènes arcaniques de cette magnitude étaient hors de son espace de confort. Elle était une chasseresse, pas une Berceuse

- Je me fiche bien qu’ils sentent notre odeur, qu’ils viennent ! Les cadavres boiteux sont le dernier de nos problèmes !

Les regards des trois dryades élémentaires partirent chacun dans une direction. Les jambes de celles de terre et de feu se replièrent, la queue de celle d’eau en fit de même. Les ailes de la flamboyante se déployèrent grand. Les doigts de l’aqueuse se mirent à jouer autour de la sphère givrée qu’ils gardaient avec convoitise. Les tissus végétaux factices qui tenaient de chevelure à la rocheuse se mirent à danser comme un millier de serpents. Tu sais où est le danger.

- Joue avec les immondices autant que tu veux, moi c’est de leur source que je vais me débarrasser.

Et alors cette fois tu prendrais les devants, sans plus faire attention à personne d’autre qu’au reptile qui partageait ta magie, trois alliés de ta création à tes côtés à défaut de combattants vivants. Tu n’avais pas le temps pour les niaiseries, toi. Une poignée de cadavre ne t’effraierait pas, toi. Une poignée de cadavres ne serait pas beaucoup plus difficile à réduire en cendres que le nuage d’insectes que tu venais de traverser, et ensuite… et ensuite ce serait au tour du responsable de la déliquescence de cette parcelle de forêt.

Ci et là, tu laisserais derrière toi des branches tant rongées par les engelures que par la vermine, des arbrisseaux aux dernières feuilles calcinées, des troncs déséquilibrés par les mouvements de la terre censée les tenir ; mais maintenant, maintenant le temps n’était plus à attendre.

Jusque-là tu as été précautionneux. Jusque-là tu as été patient. Mais il était impossible de se voiler la face maintenant. Aussi près de la Source, la Sylve était déjà perdue. Que tu ne t’en veuilles pas de mettre fin à leurs pleurs. Ils sont de nécessaires sacrifices.

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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: La Malebrèche.   Jeu 19 Avr 2018 - 12:20

Ils marchaient depuis un moment déjà, trouvant toujours plus de cadavres à mesure qu'ils s'enfonçaient dans cette portion de forêt contaminée par la mort elle-même. Les plaies étaient de plus en plus fraîches et il émanait des marques de brûlures une chaleur toujours plus sensible. Ils s'approchaient lentement du petit groupe qui était poursuivi par les créatures non-vivantes. Au vu de la dégradation de la nature environnante, il semblait évident que cette chasse les entraînaient peu à peu vers la source de ce mal qui rongeait jusqu'à la Symphonie elle-même.
Alors qu'ils évoluaient avec prudence, tous leurs sens étaient en éveil. Quelques étincelles apparaissaient parfois entre les doigts de Fenris et Urthel comprit que ce n'était pas vraiment le moment de le toucher. Concentré, il se tenait près à faire usage de sa magie si d'aventure ces prédateurs qui attaquaient sans relâche ceux qu'ils suivaient s'en prenaient également à eux. Mais la surprise qu'on leur réservait était légèrement différente...

Attentifs, il ne fut pas surprenant qu'ils décèlent au plus tôt les signes de ce qui allait advenir... Tout d'abord, le sol de mit à trembler. Les deux Aigles s'arrêtèrent pour être sûrs tellement la sensation était fugace au début mais elle devint bien vite de plus en plus claire. Puis, ils commencèrent à entendre le vrombissement caractéristique de nombreux sabots frappant le sol à un rythme très rapide. Enfin, ils se tournèrent pour trouver la source de ce vacarme. S'ils ne virent que le brouillard, des formes se détachèrent bien assez vite de la masse nuageuse. D'abord les corps musculeux puis leurs pattes en mouvement pour finir par les bois. A cette seconde, et sans avoir besoin de se consulter, les deux elfes se mirent à courir dans la même direction que leurs poursuivants. Car il était clair à présent que ces bêtes non-mortes se dirigeaient droit sur eux.
Ils coururent aussi vite que leurs jambes en étaient capables dans une forêt pleine d'embûches et dont même le sol était ravagé par la mort. Leur tâche n'était évidemment pas aisée et il était difficile de tenir la distance face à des créatures naturellement constituées pour ce genre de milieu hostile, même s'ils s'entraînaient aussi souvent que possible hors des sentiers battus. Impossible de s'abriter derrière un tronc d'arbre, tous étaient devenus aussi friables qu'une feuille séchée. Ainsi, les cerfs d'Anaëh les rattrapaient sans qu'ils n'aient la moindre chance de les semer ou de s'en défaire.

A moins que...

Malgré le brouillard, Fenris aperçut devant eux un pan de terre qui s'arrêtait net, comme une petite falaise. Il se tourna vers Urthel. Lui aussi l'avait vu et ils semblaient avoir la même idée. Continuant à courir, ils n'hésitèrent pas une seconde à sauter dans ce vide apparent... pour atterrir à peine trois mètres plus bas. Dès qu'ils eurent touché le sol, ils reculèrent pour se mettre à l'abri tandis que le vrombissement de sabots se rapprochait dangereusement. Ils étaient à peine arrivés au pied de la falaise que le premier cerf passa au-dessus de leurs têtes pour poursuivre sa route sans même les remarquer, bientôt suivi par tous les autres. Ils attendirent en silence que le dernier animal ait sauté et se soit évaporé dans le brouillard pour enfin se relever de leur cachette.

-Tu penses à la même chose que moi ?
-Si vous pensez au fait que l'on veut visiblement nous forcer à aller quelque part, alors oui.

D'abord un groupe très varié de créatures qui pourchasse quelques intrus en le poussant vers le centre de cette forêt contaminée et maintenant un troupeau qui les envoyaient dans la même direction... Cela ne pouvait pas être une coïncidence, d'autant plus que ces bêtes ne pouvaient pas s'animer toutes seules. Tout cela était l'oeuvre d'au moins une personne.

-Si nous répondions à l'invitation ?

Fenris répondit d'un simple signe de tête puis emboîta le pas à son tuteur, non sans passer une main dans sa nuque en même temps pour se masser les cervicales.

-Ça va ?
-La souffrance est de plus en plus nette...
-Mais tout est mort ici, animaux comme végétaux. Alors d'où peut-elle bien venir ?
-Je l'ignore. Mais il doit rester une chose de vivante au centre de cet endroit et cette chose souffre. Peut-être en proie aux nécromanciens qui sont à l'oeuvre ici.
-Dans ce cas, nous ferions mieux de nous dépêcher. Quelque soit cette chose, elle est la cible de ce mal depuis plusieurs ennéades maintenant. Qui sait combien de temps encore elle va pouvoir tenir.

Sur ces mots, les deux Aigles pressèrent le pas, désormais autant attentifs à ce qu'il se passait autour d'eux qu'à ce qui pourrait apparaître devant eux. Leur ennemi savait qu'ils étaient là sans quoi ils n'auraient pas eu la visite des cerfs. Difficile donc de jouer de la surprise. Cependant, ils pouvaient encore éviter de sauter à pieds joints dans le piège qu'on leur tendait.
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La Malebrèche.
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