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 La Cérémonie de la Veillée d'Othar [ Event ]

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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: La Cérémonie de la Veillée d'Othar [ Event ]   Mar 6 Fév 2018 - 17:43




5ième jour de la 5ième ennéade du mois de Barkios de la 10ième année de ce cycle




Comme une somptueuse et plantureuse gourgandine lâchée libre dans le campement, une rumeur butinait d’homme en homme, avertissant qui le voulait qu’une occulte soirée était au menu et qu’elle se déroulerait plus tôt que tard. Usant de cette même comparaison, maints concernés en eurent les yeux bien arrondis à l’écho de cet on-dit, comme si cette cérémonie tombait à pic, une bénédiction pour le moral des troupes qui s’amenuisait au fil des journées. Pour cause, un mugissement prolongé des condamnés bovins annonçaient d’une grande éloquence l’arrivée dudit événement. Oraisons et harangues enflammées, sacrifices et affrontements, ripaille et festoiement, là était le prometteur menu du jour! Qu’était-ce pour le temps d’une nuitée, quelques égarements de comportement, de même qu’une courte et concise amnistie, afin que sur l’ensemble de la piétaille, soit octroyé le bon œil du Dieu Guerrier ?

Très légèrement reculé du nerf du campement, on érigea un autel surélevé du sol –simple d’apparence-, prêt à accueillir le clerc en charge de la cérémonie. Réquisitionnées d’un bout à l’autre de leur installation, des torches furent suspendues sur de maigres piloris, illuminant suffisamment l’endroit qu’on en reconnaisse l’importance de l’événement. Du haut des interminables murailles, point doute que les prisonniers de leurs propres fortifications pourraient en apprécier à peu près l’action. Et comme la subtilité ne serait au rendez-vous, que ses soldats seraient par plusieurs, mobilisés pour peupler l’endroit, des vigies étaient postées afin d’en empêcher tout dérangement inopportun. Enfin, autour du piédestal de bois franc, des échalas munis d’anels afin d’accueillir le carcan des taureaux étaient fièrement planté dans le sol moite de cette fraîche soirée.

Pour l’occasion, personne n’était nippé pareillement : d’un côté, certains s’étaient harnachés de leurs plus beaux harnois, d’autres usèrent de simplicité, s’accoutrant de quelques guenilles du lundi, puis d’autres, portant une piété plus profonde pour le Furibond, enfilèrent leurs plus beaux atours comme si le prochain laïus sacré l’était tout autant qu’une messe officielle aux honneurs de la DameDieu. C’est ainsi qu’à cet endroit précis, alors que seule la lune présidait aux cieux, affrontant de sa clarté bleutée la flopée de torche embrasées, se massait tranquillement mais sûrement plus d’un millier et demi d’hommes. Tous étaient conviés sur base volontaire, le pays du Berthildois partagerait pour cette nuitée, les mêmes droits de sacrements, qu’importait leur provenance.

Et Louis, quant à lui, trouva confortable place au travers ses hommes, y perdant pour l’espace d’un moment les honneurs rattachés à son titre. N’était-il pas, au final, tous comme ceux qui s’étaient déplacés pour l’occasion, un simple adepte de ce Dieu coléreux ?


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Cosimo Tête Pelée
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MessageSujet: Re: La Cérémonie de la Veillée d'Othar [ Event ]   Jeu 8 Fév 2018 - 12:08


« - Avanti ! »

Le troupeau désordonné des mercenaires s’ébranla vers le campement berthildois à la lueur des flambeaux. Une véritable basse-cour les accompagnait, offrande pour le Coléreux. Certains tenaient des poules sous leurs bras, d’autres menaient par la longe un verrat. Quelques officiers s’étaient cotisés pour acquérir au prix fort un taureau. Il s’agissait de contenter Othar avant les furieux combats qui s’annonçaient.  Pour ces professionnels de la guerre menant des vies courtes et violentes, la protection des Cinq n’était pas une rigolade. Leurs prières allaient logiquement vers le Seigneur de la Guerre au premier chef. Les compaings portaient tous des colifichets et talismans censés les protéger au cœur de la bataille, fermement convaincus qu’ils valaient autant qu’une bonne cuirasse.

Ces affreux personnages formaient ainsi une compagnie bien dévote, et la Veillée d’Othar allait être l’occasion d’exprimer leur dévotion. Tous s’étaient parés pour la fête avec la plus grande recherche : les fruits des méfaits des derniers mois s’exposaient de la tête aux pieds des compaings. Chemises et bijoux pillés dans le pays velterois, cuirasses de Loups Blancs défaits à Valdrant, ces objets témoignaient de la faveur que le Coléreux leur avait jusque-là accordée. Nombres d’entre eux s’étaient peints le visage d’ocre et de boue. Ces mises bariolées constituaient un hommage tangible au dieu.

Ils parvinrent bientôt sur les lieux de Veillée. On se mêla sans mal aux Berthildois, que la compagnie accompagnaient depuis le début de la campagne. Le sang versé liait les mercenaires à ces braves, qu’on saluait avec force claques dans le dos. Jamais les mercenaires n’avaient participé à une veillée d’une telle ampleur, nul doute que le Guerrier serait contenté.
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Neo
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MessageSujet: Re: La Cérémonie de la Veillée d'Othar [ Event ]   Mar 13 Fév 2018 - 18:24







C'est le cœur lourd et l'esprit on ne peut plus encombré que Neo de Cléruzac avait rejoint le campement berthildois, un jour de siège comme un autre, une heure de crispation comme une autre. Discret car très explicitement vêtu d'une robe de bure otharite, et après avoir été autorisé à pénétrer les lieux, il s'était faufilé parmi la piétaille. De par les innombrables couleurs que proposait l'héraldique et le fourmillement de telle citée créée, l'homme aurait sans doute pu se croire à Thaar, un jour de nouvel An ! Car qu'était ce campement sinon moults hectares investis – par des milliers, et dans lesquels ces hommes en masse intimidante affamaient Chrystabel. Qu'était ce campement sinon une position tenue, où l'on devait patienter des jours durant, et dans laquelle il fallait se nourrir, s'entretenir, se divertir lors de languissantes heures d'attente...

Après s'être perdu volontairement dans ce campement fourmilière, à la recherche de l'endroit que les siens avaient rejoint en quatrième ennéade de ce mois, il trouva enfin sa destination. Un petit coin d'abri que les adeptes du Dieu Guerrier s'étaient vu octroyer par les berthildois, rattaché donc aux Cerf des Saint-Aimé. Quelques énormes tentes que se partageaient un bon groupe d'adeptes était leur abri ; ils possédaient tous quelque fourrure sur laquelle chacun se reposait autour d'un feu intérieur. Puis ils alimentaient sans cesse la source de lumière et de chaleur, sur laquelle​ toujours cuisait quelque potage bienvenu. Et c'est au milieu de cette humeur qui ne différait pas de celle du Grand-Temple, que le saint homme raconta aux fils d'Othar les déboires de leur temps. Ce qu'il se passait ailleurs – chez eux par exemple ! –, car le siège d'une ville était plus intemporel qu'on ne le pensait. Certains d'ailleurs quitteraient ce monde et cycle, pour dernier frisson celui martial, pour dernier goût celui du sang ; Christabelois comme étranger, le siège serait pour certains, leurs derniers instants.

Il était fier ! Fier de et par ces moines otharites, ceux-là même qui avaient accepté peu ou prou de voir surgir à la tête de leur institution, un homme de culte certes, mais extérieur à celui-ci. Il était fier car tous l'avaient malgré les dents grinçantes de certains, accepté, accueilli. Il aurait certes encore quelques ennemis à qui intimer silence, tous ceux qui voyaient d'un mauvais œil l'intronisation de Neo ; ceux-là il les avait fait gentiment rester à Erac, pour l'heure et en cette occasion il ne conquérirai que le cœur des braves !
Pour sûr, il y aurait du changement au sein de l'institution otharite, ce changement que tous espéraient un tant soit peu sans vouloir se l'avouer ; un changement que Bertrand de Cléruzac avait accepté en choisissant le successeur qu'Othar lui-même avait proposé – si ce n'est imposé. Et ce siège, tombé à pic, pour que intrinsèque à l'Ordre Neo fasse ses preuves, il le bénissait. Et souvent il dissertait intimement sur ce qu'était la Destinée et les paroles que son insolite et nouveau parent lui avait foncièrement exprimé quelque heures avant de rejoindre le Royaume de Tari.

Très peu connaissaient leur nouveau Champion, car s'il était resté veiller les dernières heures de feu Bertrand de Cléruzac, il avait envoyé en délégation un homme que le défunt avait lui-même recommandé. Elías Delnardo, Grand-Prêtre de l'Ordre et honorable officier du Culte, avait peu après l'arrivée de Neo, résumé à ce dernier les entretiens et accords passés en compagnie du pieux Seigneur qui les avait fait mander... Ainsi le Haut-Prêtre d'Othar n'eut à se soucier que de la préparation de la Cérémonie ou Rituel qu'il officierai une ennième fois ; la première fois à si grande échelle, devant telle foule qui ce soir-là se rassembla.

C'est en effet deux jours plus tard, qu'orchestré par les moines, vit le jour un lieu de cérémonie érigé de nulle part non loin du nerf du campement. Peu à peu il s'emplissait de soldats et de guerriers, eussiez-vous le flaire fin que soleil tombant les phéromones vous perturbassent.
Les moines certes spartiates n'avaient cependant​ pas moins le sens de l'esthétique ! C'est que dans un jeu de lumière, car les torches symétriques brulaient indociles et leur fumée dans les cieux s'élevait, les visages brillaient d'un feu nouveau qui bientôt raviverai les esprits las.
Quand les murmures par vague s'élancèrent, on sut que bientôt les premières gouttes couleraient annonçant le prodrome d'une euphorie commune...

La foule se fit plus dense autour d'un autel solidement construit. Au centre de l'attention, une dizaine de taureaux subtilement contenus par de bien utiles anneaux fixés au bois – et des bien plus judicieux ou cruels annels, qui par le nez et quelque cartilage percé soumettait si lourdes et imposantes bêtes.
Sur l'autel se tenait le Haut-Prêtre dans un nouvel habit sobre et à la fois élégant, car il avait troqué la robe de bure habituelle par un costume ecclésiastique digne de son rang, noire et rouge comme un présage ; cela avait été mûrement réfléchi, et bien qu'il ne voulut se l'avouer, aujourd'hui était un jour de haute propagande !

Neo leva une paume ouverte en direction de la foule, et son attendue intervention débuta. Bien sûr tous n'arrivaient pas à entendre les paroles du haut représentant divin, ses mots ne manqueraient cependant pas de circuler plus tard tout au long de la soirée. La cérémonie promettait d'être longue, et tandis que les hommes consommeraient la chaire bénie afin d'y trouver force vive, concrète, Othar emplirait de courage ses braves cœurs. La piétaille et moults compaings commençaient à lâcher prise et le séant de leur opprobre avait bien vite lassé les plus virulents d'entre eux.


« Fils d'Othar, Soyons en ce soir, Réunis ! » imposa Neo d'une voix amplifiée. « Soyons les Témoins de ce Rituel ; puisse-t-il sur nous attirer, Sa Gracieuseté. » Ainsi la Veillée se voyait annoncée. Afin d'ouvrir tel acte, le Haut-Prêtre ne s'éternisa pourtant que très peu, plus tard les Chants viendraient, plus tard le sacré officierai... Pour l'instant les lames aiguisées brillaient à l'instar de plus de mille yeux avides de sang : porcins, coquelets et bovidés ne tarderaient à trépasser. De fait, le plus majestueux des taureaux se faisait dès lors monter sur scène, devant Neo qui ferait couler l'ichor du premier intercesseur animal...


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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: La Cérémonie de la Veillée d'Othar [ Event ]   Hier à 16:09





Quelque chose flottait dans les airs, comme une ambiance latente, un peu à l’instar du climat avant l’orage … De diverses provenances, les gens terminaient peu à peu de se masser près et aux alentours de l’autel qui accueillait le Haut-Prêtre. Les principaux concernés étaient avant toute chose était les habitants du Berthildois ainsi que leurs vassaux, s’était pour eux que le cerf s’était démené, au final. Ainsi, Arétans, Olysséens et Berthildois pouvaient se réunir sous le regard inquisiteur du Dieu de la Guerre, ceux-ci fins parés à faire pieux témoignage de leur fidélité. Point égoïste, on invita également leurs imminents voisins ainsi que leurs plus fervents fidèles, dans la mesure où ceux-ci restaient en nombre restreint. La logistique, les sacrifices animaux et la présence du Haut-Prêtre n’auraient su parvenir à couvrir toutes les têtes prêtes à en découdre.

Au travers la foule, une énergie vibrait de manière presque inquiétante. Devant l’autel, où les fanatiques avaient joué du coude pour se frayer un chemin dans la foule, laissait transparaître leur passion et leur dévouement par le biais du feu qui brûlait en leurs regards. Une vision qui ferait certes plaisir au Haut-Prêtre, à voir des reîtres aussi prompt à la violence et à la baston. Pendant que les prémices de ce rituel s’installaient confortablement, nombres de fervants commençaient à se bousculer. Cette énergie, vibrante et oppressante, agissait comme un fort stimulant au soudard, comme s’ils ressentaient leur besoin de manifester l’étendue de leur ferveur via la violence. Si de baguarre il n’éclata, c’est bien car le premier sacrifice approchait.

Et Louis, légèrement reclus, entouré par ses proches et fidèles, observait le tout d’un peu plus loin. Et son groupe légèrement reculé, commençait à se faire englober par la masse, tant les gens se rapprochaient de l’épicentre de ce rituel. À lui se joignait certains Seigneurs et autres gens d’importance, ne cherchant à risquer leur santé au travers les remous d’une rixe improvisée. Ainsi rassemblés, qui était à même de prévoir ce dont était capable une foule aussi énergique et instable ?

Le sang coulerait et Louis espérait, que ce ne fût celui des siens, mais des bovins.


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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: La Cérémonie de la Veillée d'Othar [ Event ]   Aujourd'hui à 13:39

« Pourquoi y allez-vous si cela ne vous sied Madame ? »
« Parce qu’il ne peut en être autrement ».
Et elle tâcha de s’en convaincre tout à fait, lorsque le visage éteint ils arrêtèrent leurs chevaux près de l’attroupement. Ses paroles ne trompaient personne dans sa suite ; même Hermance garda un œil suspicieux. Le vieux sénéchal était certes l’un des plus brave, mais il ne s’intéressait guère de trop aux états d’âme de sa suzeraine. Il avait pour seule mission de l’épauler et pourtant, ce jourd’hui, il avait l’impression de la porter carrément. C’était pourtant la Baronne qui avait initié le départ un peu plus tôt : elle avait fait mander chacun des nobles et généraux du campement, les menant là sans volonté. Si elle s’était vêtue de rouge, ses mirettes demeuraient bien vides – loin de l’étincelle sulfureuse qui y dansait d’ordinaire. Seules se reflétaient les torches embrasées, léchant de leurs langues chaudes les contours des corps qui s’agitaient. Il se muait là une drôle d’agitation, bien différente de celle connue jusqu’alors. L’air était lourd et étouffant, et plus ils avançaient dans la foule et plus ils pouvaient la sentir ; cette tension allumait des brasiers dans les cœurs, animant la piétaille d’une folie toute nouvelle. On eut vu au loin, derrière l’estrade, se découper dans le ciel du soir la dernière citée. Chrystabel la Vaillante était impérieuse et pourtant, à croire que cette nuit elle tomberait sous le grondement sourd des soldats Berthildois. D’un regard, d’un geste muet peut-être, les Alonnais se diluèrent à la masse informe. Ne resta à sa droite qu’Hermance et Odias, fidèles et droit.
Elle ne s’en soucia guère, avançant non vers le cœur du rassemblement mais vers la seule raison de sa présence : Louis se tenait non loin, bien entouré et si dévolue qu’il ne la vit même pas venir. Elle le savait pourtant, elle l’avait toujours su. Le Faucon n’aurait qu’à se tenir sagement là quelques heures, imitant comme elle le pourrait cette fascination qu’elle ne comprenait pas. Car ce soir-là, ce serait peut-être bien la seule à ne point prier. Stoïque, indifférente aux paroles énoncées par le prêtre, elle continuait sa course. Tous ces gens lui filaient la nausée ; abrutis par une croyance stupide, ils ne se retrouvaient pas plus capables que les bœufs sacrifiés. L’Homme ne savait que demander assistance. Ils espéraient vainement que leurs Dieux se penchent sur leur misérable sort ; à croire qu’ils n’étaient point capables de se débrouiller sans eux. Ah ! Que cela galvanisait les troupes lorsqu’on implorait le royaume céleste ! Et d’aucun n’eut jamais pensé que ces fausses idoles – qui jamais ne leur avait servit – étaient sourdes. Ils pouvaient bien égorger qui ils le voulaient cette nuit, cela ne ferait point trembler les murs épais. Cela ne mettrait pas plus les pierres dans les machines. Elle ne parvenait à comprendre comment ils pouvaient remercier cinq inconnus alors qu’il n’y avait qu’eux. C’était eux qui remplissait les trébuchets. C’était eux qui faisait tomber les citadelles ; pas les Dieux.
Il n’y avait dans le monde, que deux forces, se souvint-elle. L’une veillant sur ce qui était bon et bien, l’autre supplantant tous les changements de ce monde. Et l’une ne pouvait exister sans l’autre. On ne pouvait distinguer le chaos qu’après le calme, la guerre après la paix. Du Stra naissait le Karam et inversement. Le monde lui-même était régit par ces forces, et même si la belle ne le voyait pas en cet instant, la cérémonie elle-même y était soumise. Peut-être en entendrait-elle l’essence Suprême plus tard, peut-être jamais. Il ne lui appartenait pas de savoir, car l’on ne pouvait maîtriser les Equilibres. Si elle agissait pour le Stra, quelque chose serait son Karam ; on ne pouvait faire pencher la balance d’un seul côté. Et lorsque qu’une brise légère agita sa chevelure, ses doigts se glissèrent dans la main de Louis.
Au milieu du chaos, l’Harmonie.
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Neo
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MessageSujet: Re: La Cérémonie de la Veillée d'Othar [ Event ]   Aujourd'hui à 15:06






Ses mouvements finement dessinés par l'euphorie régnante allaitent rapides manipulant un drôle de pieux ouvragé. Et tandis qu'il criait à la foule des mots justes et graves, il passait frénétiquement le pieux d'une main à l'autre, sans doute pressé de s'en servir. Enfin, il souleva le reluisant outil le mettant aux yeux de tous avant de s'entailler très légèrement lui-même, la paume de la main qu'il venait de lentement ouvrir. La pointe semblait follement aiguisée, car il avait seulement effleuré la peau et elle s'était incisée laissant aussitôt paraître à sa suite le sang espéré.
Il s'avança, le poing fermé vers un taureau que plusieurs hommes entouraient, puis ouvrit sa paume ensanglantée afin de verser sur le front de l'animal, quelques gouttes de l'épais liquide.


Béni soit l'animal. Et il vint plaquer sa main maculée sur les yeux du taureau, l'empêchant de voir au-delà du sang. Puisses-tu, l'Aveugle, le Constant, Seigneur de la Guerre, Bénir à ton tour tes Fils, fiers porteurs de ta Colère. Soldats, Guerriers et Combattants... En regardant devant lui, il expliqua Si traditionnellement la « Veillée » débute par une épreuve de courage, la question que le Culte s'est posée avant d'intercéder : « Comment demander à de braves hommes de faire montre de courage par une quelconque épreuve ! ALORS QUE COURAGEUX ILS SONT, DEPUIS QUE CHRYSTABEL A REFUSÉ D'ENTENDRE RAISON ! COMMENT demander au brave de le prouver, si devant Nos Yeux il s'échine à le montrer !? Nous ne pouvions oser remettre en question vôtre courage... C'est donc par vôtre unique PRÉSENCE que, le Culte atteste de vôtre BRAVOURE ! Comme s'ils n'étaient pas assez excités. Mais le Culte était ici aussi, ne l'oublions pas, pour redonner du courage et regonfler les torses !

Les sacrifices débutèrent enfin sur une salve d'applaudissements. Plus tard viendrait le recueillement, plus tard viendrait l'introspection, pour l'heure...

Le Sang, Invoquait.

S'il y avait milles yeux rivés sur ce sang qui ce soir teintait l'âme des preux, seul Son oeil était omniprésent. Othar omniscient qui sait, s'appropriait des sens du Haut-Prêtre mais aussi ceux des plus fervents ; c'était à en voir ces braséros ardents par lesquels les avides spectateurs dévoraient la scène. À ceux-là il conférait une force mystique que seuls eux pouvaient ne serait-ce que percevoir ; cependant point de grandes algarades à part quelques valeureux combats, souvent à main nue, n'éclateraient ce soir.

Parce que le sang avait déjà coulé. Il était là cet ichor qui tant représentait. Des rigoles l'emenait par force gravitationnelle dans de grands bols à même la roche. Il était ensuite récolté afin d'abreuver les plus dévoués, ou de marquer les rostres de force vermeille ; le reste servirait en cuisson dès lors qu'il s'agirait de ripaille.
Pour l'heure des chants avaient explosés à plusieurs endroits et du regroupement sortait un hymne majestueux. Musical bourdonnement d'une masse en effervescence, tant de notes livrées aux cieux rendaient impossible au silence, ne serait-ce que d'exister quelques infimes secondes... Ce soir Christabel tremblerait !

Neo quant à lui s'apprêtait à entamer un troisième sacrifice. La bête contenue – la forte infusion de coquelicots faisant aussi bien son effet que les cordes qui entravaient cette force de la nature –, il récita une brève prière avant d'enfoncer d'un coup de massette un pieux plutôt étrange, dans la tête de l'animal. La tige métallique et dont la pointe acérée aidait le cheminement, alla se perdre dans le crâne de la bête, provoquant étourdissement et mort cérébrale. Ils furent dix hommes costauds à hisser par la patte antérieure, l'énorme ruminant, et de le suspendre à la hauteur respectable, d'une potence.
Neo qui avait changé d'instrument faisait désormais briller dans la nuit deux couteaux distincts. Du premier il s'en servit en préambule à une saignée, soulevant délicatement la peau à quelque endroit choisi du cou. Du second il fit un geste net et précis entaillant la plus grosse artère de l'animal enfin mort, et dont le sang alla rejoindre celui de son comparse qui déjà commençait à être découpé. Un troisième taureau fût monté.

Pour un peu de spectacle, car ils pouvaient se l'autoriser, le Haut-Prêtre invita dans la foule un des fervents homme à monter sur l'autel... Au hasard, pourquoi pas lui, le barbu que tous regardaient, et qui de sa main en tenait une deuxième, plus fine. Était-ce un seigneur ? Neo attendit une réponse un bras tendu vers la foule.


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MessageSujet: Re: La Cérémonie de la Veillée d'Othar [ Event ]   

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