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 La Cérémonie de la Veillée d'Othar [ Event ]

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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: La Cérémonie de la Veillée d'Othar [ Event ]   Mar 6 Fév 2018 - 17:43




5ième jour de la 5ième ennéade du mois de Barkios de la 10ième année de ce cycle




Comme une somptueuse et plantureuse gourgandine lâchée libre dans le campement, une rumeur butinait d’homme en homme, avertissant qui le voulait qu’une occulte soirée était au menu et qu’elle se déroulerait plus tôt que tard. Usant de cette même comparaison, maints concernés en eurent les yeux bien arrondis à l’écho de cet on-dit, comme si cette cérémonie tombait à pic, une bénédiction pour le moral des troupes qui s’amenuisait au fil des journées. Pour cause, un mugissement prolongé des condamnés bovins annonçaient d’une grande éloquence l’arrivée dudit événement. Oraisons et harangues enflammées, sacrifices et affrontements, ripaille et festoiement, là était le prometteur menu du jour! Qu’était-ce pour le temps d’une nuitée, quelques égarements de comportement, de même qu’une courte et concise amnistie, afin que sur l’ensemble de la piétaille, soit octroyé le bon œil du Dieu Guerrier ?

Très légèrement reculé du nerf du campement, on érigea un autel surélevé du sol –simple d’apparence-, prêt à accueillir le clerc en charge de la cérémonie. Réquisitionnées d’un bout à l’autre de leur installation, des torches furent suspendues sur de maigres piloris, illuminant suffisamment l’endroit qu’on en reconnaisse l’importance de l’événement. Du haut des interminables murailles, point doute que les prisonniers de leurs propres fortifications pourraient en apprécier à peu près l’action. Et comme la subtilité ne serait au rendez-vous, que ses soldats seraient par plusieurs, mobilisés pour peupler l’endroit, des vigies étaient postées afin d’en empêcher tout dérangement inopportun. Enfin, autour du piédestal de bois franc, des échalas munis d’anels afin d’accueillir le carcan des taureaux étaient fièrement planté dans le sol moite de cette fraîche soirée.

Pour l’occasion, personne n’était nippé pareillement : d’un côté, certains s’étaient harnachés de leurs plus beaux harnois, d’autres usèrent de simplicité, s’accoutrant de quelques guenilles du lundi, puis d’autres, portant une piété plus profonde pour le Furibond, enfilèrent leurs plus beaux atours comme si le prochain laïus sacré l’était tout autant qu’une messe officielle aux honneurs de la DameDieu. C’est ainsi qu’à cet endroit précis, alors que seule la lune présidait aux cieux, affrontant de sa clarté bleutée la flopée de torche embrasées, se massait tranquillement mais sûrement plus d’un millier et demi d’hommes. Tous étaient conviés sur base volontaire, le pays du Berthildois partagerait pour cette nuitée, les mêmes droits de sacrements, qu’importait leur provenance.

Et Louis, quant à lui, trouva confortable place au travers ses hommes, y perdant pour l’espace d’un moment les honneurs rattachés à son titre. N’était-il pas, au final, tous comme ceux qui s’étaient déplacés pour l’occasion, un simple adepte de ce Dieu coléreux ?


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Cosimo Tête Pelée
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MessageSujet: Re: La Cérémonie de la Veillée d'Othar [ Event ]   Jeu 8 Fév 2018 - 12:08


« - Avanti ! »

Le troupeau désordonné des mercenaires s’ébranla vers le campement berthildois à la lueur des flambeaux. Une véritable basse-cour les accompagnait, offrande pour le Coléreux. Certains tenaient des poules sous leurs bras, d’autres menaient par la longe un verrat. Quelques officiers s’étaient cotisés pour acquérir au prix fort un taureau. Il s’agissait de contenter Othar avant les furieux combats qui s’annonçaient.  Pour ces professionnels de la guerre menant des vies courtes et violentes, la protection des Cinq n’était pas une rigolade. Leurs prières allaient logiquement vers le Seigneur de la Guerre au premier chef. Les compaings portaient tous des colifichets et talismans censés les protéger au cœur de la bataille, fermement convaincus qu’ils valaient autant qu’une bonne cuirasse.

Ces affreux personnages formaient ainsi une compagnie bien dévote, et la Veillée d’Othar allait être l’occasion d’exprimer leur dévotion. Tous s’étaient parés pour la fête avec la plus grande recherche : les fruits des méfaits des derniers mois s’exposaient de la tête aux pieds des compaings. Chemises et bijoux pillés dans le pays velterois, cuirasses de Loups Blancs défaits à Valdrant, ces objets témoignaient de la faveur que le Coléreux leur avait jusque-là accordée. Nombres d’entre eux s’étaient peints le visage d’ocre et de boue. Ces mises bariolées constituaient un hommage tangible au dieu.

Ils parvinrent bientôt sur les lieux de Veillée. On se mêla sans mal aux Berthildois, que la compagnie accompagnaient depuis le début de la campagne. Le sang versé liait les mercenaires à ces braves, qu’on saluait avec force claques dans le dos. Jamais les mercenaires n’avaient participé à une veillée d’une telle ampleur, nul doute que le Guerrier serait contenté.
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Neo de Cléruzac
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MessageSujet: Re: La Cérémonie de la Veillée d'Othar [ Event ]   Mar 13 Fév 2018 - 18:24







C'est le cœur lourd et l'esprit on ne peut plus encombré que Neo de Cléruzac avait rejoint le campement berthildois, un jour de siège comme un autre, une heure de crispation comme une autre. Discret car très explicitement vêtu d'une robe de bure otharite, et après avoir été autorisé à pénétrer les lieux, il s'était faufilé parmi la piétaille. De par les innombrables couleurs que proposait l'héraldique et le fourmillement de telle citée créée, l'homme aurait sans doute pu se croire à Thaar, un jour de nouvel An ! Car qu'était ce campement sinon moults hectares investis – par des milliers, et dans lesquels ces hommes en masse intimidante affamaient Chrystabel. Qu'était ce campement sinon une position tenue, où l'on devait patienter des jours durant, et dans laquelle il fallait se nourrir, s'entretenir, se divertir lors de languissantes heures d'attente...

Après s'être perdu volontairement dans ce campement fourmilière, à la recherche de l'endroit que les siens avaient rejoint en quatrième ennéade de ce mois, il trouva enfin sa destination. Un petit coin d'abri que les adeptes du Dieu Guerrier s'étaient vu octroyer par les berthildois, rattaché donc aux Cerf des Saint-Aimé. Quelques énormes tentes que se partageaient un bon groupe d'adeptes était leur abri ; ils possédaient tous quelque fourrure sur laquelle chacun se reposait autour d'un feu intérieur. Puis ils alimentaient sans cesse la source de lumière et de chaleur, sur laquelle​ toujours cuisait quelque potage bienvenu. Et c'est au milieu de cette humeur qui ne différait pas de celle du Grand-Temple, que le saint homme raconta aux fils d'Othar les déboires de leur temps. Ce qu'il se passait ailleurs – chez eux par exemple ! –, car le siège d'une ville était plus intemporel qu'on ne le pensait. Certains d'ailleurs quitteraient ce monde et cycle, pour dernier frisson celui martial, pour dernier goût celui du sang ; Christabelois comme étranger, le siège serait pour certains, leurs derniers instants.

Il était fier ! Fier de et par ces moines otharites, ceux-là même qui avaient accepté peu ou prou de voir surgir à la tête de leur institution, un homme de culte certes, mais extérieur à celui-ci. Il était fier car tous l'avaient malgré les dents grinçantes de certains, accepté, accueilli. Il aurait certes encore quelques ennemis à qui intimer silence, tous ceux qui voyaient d'un mauvais œil l'intronisation de Neo ; ceux-là il les avait fait gentiment rester à Erac, pour l'heure et en cette occasion il ne conquérirai que le cœur des braves !
Pour sûr, il y aurait du changement au sein de l'institution otharite, ce changement que tous espéraient un tant soit peu sans vouloir se l'avouer ; un changement que Bertrand de Cléruzac avait accepté en choisissant le successeur qu'Othar lui-même avait proposé – si ce n'est imposé. Et ce siège, tombé à pic, pour que intrinsèque à l'Ordre Neo fasse ses preuves, il le bénissait. Et souvent il dissertait intimement sur ce qu'était la Destinée et les paroles que son insolite et nouveau parent lui avait foncièrement exprimé quelque heures avant de rejoindre le Royaume de Tari.

Très peu connaissaient leur nouveau Champion, car s'il était resté veiller les dernières heures de feu Bertrand de Cléruzac, il avait envoyé en délégation un homme que le défunt avait lui-même recommandé. Elías Delnardo, Grand-Prêtre de l'Ordre et honorable officier du Culte, avait peu après l'arrivée de Neo, résumé à ce dernier les entretiens et accords passés en compagnie du pieux Seigneur qui les avait fait mander... Ainsi le Haut-Prêtre d'Othar n'eut à se soucier que de la préparation de la Cérémonie ou Rituel qu'il officierai une ennième fois ; la première fois à si grande échelle, devant telle foule qui ce soir-là se rassembla.

C'est en effet deux jours plus tard, qu'orchestré par les moines, vit le jour un lieu de cérémonie érigé de nulle part non loin du nerf du campement. Peu à peu il s'emplissait de soldats et de guerriers, eussiez-vous le flaire fin que soleil tombant les phéromones vous perturbassent.
Les moines certes spartiates n'avaient cependant​ pas moins le sens de l'esthétique ! C'est que dans un jeu de lumière, car les torches symétriques brulaient indociles et leur fumée dans les cieux s'élevait, les visages brillaient d'un feu nouveau qui bientôt raviverai les esprits las.
Quand les murmures par vague s'élancèrent, on sut que bientôt les premières gouttes couleraient annonçant le prodrome d'une euphorie commune...

La foule se fit plus dense autour d'un autel solidement construit. Au centre de l'attention, une dizaine de taureaux subtilement contenus par de bien utiles anneaux fixés au bois – et des bien plus judicieux ou cruels annels, qui par le nez et quelque cartilage percé soumettait si lourdes et imposantes bêtes.
Sur l'autel se tenait le Haut-Prêtre dans un nouvel habit sobre et à la fois élégant, car il avait troqué la robe de bure habituelle par un costume ecclésiastique digne de son rang, noire et rouge comme un présage ; cela avait été mûrement réfléchi, et bien qu'il ne voulut se l'avouer, aujourd'hui était un jour de haute propagande !

Neo leva une paume ouverte en direction de la foule, et son attendue intervention débuta. Bien sûr tous n'arrivaient pas à entendre les paroles du haut représentant divin, ses mots ne manqueraient cependant pas de circuler plus tard tout au long de la soirée. La cérémonie promettait d'être longue, et tandis que les hommes consommeraient la chaire bénie afin d'y trouver force vive, concrète, Othar emplirait de courage ses braves cœurs. La piétaille et moults compaings commençaient à lâcher prise et le séant de leur opprobre avait bien vite lassé les plus virulents d'entre eux.


« Fils d'Othar, Soyons en ce soir, Réunis ! » imposa Neo d'une voix amplifiée. « Soyons les Témoins de ce Rituel ; puisse-t-il sur nous attirer, Sa Gracieuseté. » Ainsi la Veillée se voyait annoncée. Afin d'ouvrir tel acte, le Haut-Prêtre ne s'éternisa pourtant que très peu, plus tard les Chants viendraient, plus tard le sacré officierai... Pour l'instant les lames aiguisées brillaient à l'instar de plus de mille yeux avides de sang : porcins, coquelets et bovidés ne tarderaient à trépasser. De fait, le plus majestueux des taureaux se faisait dès lors monter sur scène, devant Neo qui ferait couler l'ichor du premier intercesseur animal...


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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: La Cérémonie de la Veillée d'Othar [ Event ]   Mar 20 Fév 2018 - 16:09





Quelque chose flottait dans les airs, comme une ambiance latente, un peu à l’instar du climat avant l’orage … De diverses provenances, les gens terminaient peu à peu de se masser près et aux alentours de l’autel qui accueillait le Haut-Prêtre. Les principaux concernés étaient avant toute chose était les habitants du Berthildois ainsi que leurs vassaux, s’était pour eux que le cerf s’était démené, au final. Ainsi, Arétans, Olysséens et Berthildois pouvaient se réunir sous le regard inquisiteur du Dieu de la Guerre, ceux-ci fins parés à faire pieux témoignage de leur fidélité. Point égoïste, on invita également leurs imminents voisins ainsi que leurs plus fervents fidèles, dans la mesure où ceux-ci restaient en nombre restreint. La logistique, les sacrifices animaux et la présence du Haut-Prêtre n’auraient su parvenir à couvrir toutes les têtes prêtes à en découdre.

Au travers la foule, une énergie vibrait de manière presque inquiétante. Devant l’autel, où les fanatiques avaient joué du coude pour se frayer un chemin dans la foule, laissait transparaître leur passion et leur dévouement par le biais du feu qui brûlait en leurs regards. Une vision qui ferait certes plaisir au Haut-Prêtre, à voir des reîtres aussi prompt à la violence et à la baston. Pendant que les prémices de ce rituel s’installaient confortablement, nombres de fervants commençaient à se bousculer. Cette énergie, vibrante et oppressante, agissait comme un fort stimulant au soudard, comme s’ils ressentaient leur besoin de manifester l’étendue de leur ferveur via la violence. Si de baguarre il n’éclata, c’est bien car le premier sacrifice approchait.

Et Louis, légèrement reclus, entouré par ses proches et fidèles, observait le tout d’un peu plus loin. Et son groupe légèrement reculé, commençait à se faire englober par la masse, tant les gens se rapprochaient de l’épicentre de ce rituel. À lui se joignait certains Seigneurs et autres gens d’importance, ne cherchant à risquer leur santé au travers les remous d’une rixe improvisée. Ainsi rassemblés, qui était à même de prévoir ce dont était capable une foule aussi énergique et instable ?

Le sang coulerait et Louis espérait, que ce ne fût celui des siens, mais des bovins.


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Alanya de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: La Cérémonie de la Veillée d'Othar [ Event ]   Mer 21 Fév 2018 - 13:39

« Pourquoi y allez-vous si cela ne vous sied Madame ? »
« Parce qu’il ne peut en être autrement ».
Et elle tâcha de s’en convaincre tout à fait, lorsque le visage éteint ils arrêtèrent leurs chevaux près de l’attroupement. Ses paroles ne trompaient personne dans sa suite ; même Hermance garda un œil suspicieux. Le vieux sénéchal était certes l’un des plus brave, mais il ne s’intéressait guère de trop aux états d’âme de sa suzeraine. Il avait pour seule mission de l’épauler et pourtant, ce jourd’hui, il avait l’impression de la porter carrément. C’était pourtant la Baronne qui avait initié le départ un peu plus tôt : elle avait fait mander chacun des nobles et généraux du campement, les menant là sans volonté. Si elle s’était vêtue de rouge, ses mirettes demeuraient bien vides – loin de l’étincelle sulfureuse qui y dansait d’ordinaire. Seules se reflétaient les torches embrasées, léchant de leurs langues chaudes les contours des corps qui s’agitaient. Il se muait là une drôle d’agitation, bien différente de celle connue jusqu’alors. L’air était lourd et étouffant, et plus ils avançaient dans la foule et plus ils pouvaient la sentir ; cette tension allumait des brasiers dans les cœurs, animant la piétaille d’une folie toute nouvelle. On eut vu au loin, derrière l’estrade, se découper dans le ciel du soir la dernière citée. Chrystabel la Vaillante était impérieuse et pourtant, à croire que cette nuit elle tomberait sous le grondement sourd des soldats Berthildois. D’un regard, d’un geste muet peut-être, les Alonnais se diluèrent à la masse informe. Ne resta à sa droite qu’Hermance et Odias, fidèles et droit.
Elle ne s’en soucia guère, avançant non vers le cœur du rassemblement mais vers la seule raison de sa présence : Louis se tenait non loin, bien entouré et si dévolue qu’il ne la vit même pas venir. Elle le savait pourtant, elle l’avait toujours su. Le Faucon n’aurait qu’à se tenir sagement là quelques heures, imitant comme elle le pourrait cette fascination qu’elle ne comprenait pas. Car ce soir-là, ce serait peut-être bien la seule à ne point prier. Stoïque, indifférente aux paroles énoncées par le prêtre, elle continuait sa course. Tous ces gens lui filaient la nausée ; abrutis par une croyance stupide, ils ne se retrouvaient pas plus capables que les bœufs sacrifiés. L’Homme ne savait que demander assistance. Ils espéraient vainement que leurs Dieux se penchent sur leur misérable sort ; à croire qu’ils n’étaient point capables de se débrouiller sans eux. Ah ! Que cela galvanisait les troupes lorsqu’on implorait le royaume céleste ! Et d’aucun n’eut jamais pensé que ces fausses idoles – qui jamais ne leur avait servit – étaient sourdes. Ils pouvaient bien égorger qui ils le voulaient cette nuit, cela ne ferait point trembler les murs épais. Cela ne mettrait pas plus les pierres dans les machines. Elle ne parvenait à comprendre comment ils pouvaient remercier cinq inconnus alors qu’il n’y avait qu’eux. C’était eux qui remplissait les trébuchets. C’était eux qui faisait tomber les citadelles ; pas les Dieux.
Il n’y avait dans le monde, que deux forces, se souvint-elle. L’une veillant sur ce qui était bon et bien, l’autre supplantant tous les changements de ce monde. Et l’une ne pouvait exister sans l’autre. On ne pouvait distinguer le chaos qu’après le calme, la guerre après la paix. Du Stra naissait le Karam et inversement. Le monde lui-même était régit par ces forces, et même si la belle ne le voyait pas en cet instant, la cérémonie elle-même y était soumise. Peut-être en entendrait-elle l’essence Suprême plus tard, peut-être jamais. Il ne lui appartenait pas de savoir, car l’on ne pouvait maîtriser les Equilibres. Si elle agissait pour le Stra, quelque chose serait son Karam ; on ne pouvait faire pencher la balance d’un seul côté. Et lorsque qu’une brise légère agita sa chevelure, ses doigts se glissèrent dans la main de Louis.
Au milieu du chaos, l’Harmonie.

_________________
"Le pouvoir de ces hommes n’était qu’illusoire [..]; non, ici elle était seule capitaine d’un bateau, car comme chacun le sait un navire ne dispose que d’un seul et unique gouvernail."



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Neo de Cléruzac
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MessageSujet: Re: La Cérémonie de la Veillée d'Othar [ Event ]   Mer 21 Fév 2018 - 15:06






Ses mouvements finement dessinés par l'euphorie régnante allaitent rapides manipulant un drôle de pieux ouvragé. Et tandis qu'il criait à la foule des mots justes et graves, il passait frénétiquement le pieux d'une main à l'autre, sans doute pressé de s'en servir. Enfin, il souleva le reluisant outil le mettant aux yeux de tous avant de s'entailler très légèrement lui-même, la paume de la main qu'il venait de lentement ouvrir. La pointe semblait follement aiguisée, car il avait seulement effleuré la peau et elle s'était incisée laissant aussitôt paraître à sa suite le sang espéré.
Il s'avança, le poing fermé vers un taureau que plusieurs hommes entouraient, puis ouvrit sa paume ensanglantée afin de verser sur le front de l'animal, quelques gouttes de l'épais liquide.


Béni soit l'animal. Et il vint plaquer sa main maculée sur les yeux du taureau, l'empêchant de voir au-delà du sang. Puisses-tu, l'Aveugle, le Constant, Seigneur de la Guerre, Bénir à ton tour tes Fils, fiers porteurs de ta Colère. Soldats, Guerriers et Combattants... En regardant devant lui, il expliqua Si traditionnellement la « Veillée » débute par une épreuve de courage, la question que le Culte s'est posée avant d'intercéder : « Comment demander à de braves hommes de faire montre de courage par une quelconque épreuve ! ALORS QUE COURAGEUX ILS SONT, DEPUIS QUE CHRYSTABEL A REFUSÉ D'ENTENDRE RAISON ! COMMENT demander au brave de le prouver, si devant Nos Yeux il s'échine à le montrer !? Nous ne pouvions oser remettre en question vôtre courage... C'est donc par vôtre unique PRÉSENCE que, le Culte atteste de vôtre BRAVOURE ! Comme s'ils n'étaient pas assez excités. Mais le Culte était ici aussi, ne l'oublions pas, pour redonner du courage et regonfler les torses !

Les sacrifices débutèrent enfin sur une salve d'applaudissements. Plus tard viendrait le recueillement, plus tard viendrait l'introspection, pour l'heure...

Le Sang, Invoquait.

S'il y avait milles yeux rivés sur ce sang qui ce soir teintait l'âme des preux, seul Son oeil était omniprésent. Othar omniscient qui sait, s'appropriait des sens du Haut-Prêtre mais aussi ceux des plus fervents ; c'était à en voir ces braséros ardents par lesquels les avides spectateurs dévoraient la scène. À ceux-là il conférait une force mystique que seuls eux pouvaient ne serait-ce que percevoir ; cependant point de grandes algarades à part quelques valeureux combats, souvent à main nue, n'éclateraient ce soir.

Parce que le sang avait déjà coulé. Il était là cet ichor qui tant représentait. Des rigoles l'emenait par force gravitationnelle dans de grands bols à même la roche. Il était ensuite récolté afin d'abreuver les plus dévoués, ou de marquer les rostres de force vermeille ; le reste servirait en cuisson dès lors qu'il s'agirait de ripaille.
Pour l'heure des chants avaient explosés à plusieurs endroits et du regroupement sortait un hymne majestueux. Musical bourdonnement d'une masse en effervescence, tant de notes livrées aux cieux rendaient impossible au silence, ne serait-ce que d'exister quelques infimes secondes... Ce soir Christabel tremblerait !

Neo quant à lui s'apprêtait à entamer un troisième sacrifice. La bête contenue – la forte infusion de coquelicots faisant aussi bien son effet que les cordes qui entravaient cette force de la nature –, il récita une brève prière avant d'enfoncer d'un coup de massette un pieux plutôt étrange, dans la tête de l'animal. La tige métallique et dont la pointe acérée aidait le cheminement, alla se perdre dans le crâne de la bête, provoquant étourdissement et mort cérébrale. Ils furent dix hommes costauds à hisser par la patte antérieure, l'énorme ruminant, et de le suspendre à la hauteur respectable, d'une potence.
Neo qui avait changé d'instrument faisait désormais briller dans la nuit deux couteaux distincts. Du premier il s'en servit en préambule à une saignée, soulevant délicatement la peau à quelque endroit choisi du cou. Du second il fit un geste net et précis entaillant la plus grosse artère de l'animal enfin mort, et dont le sang alla rejoindre celui de son comparse qui déjà commençait à être découpé. Un troisième taureau fût monté.

Pour un peu de spectacle, car ils pouvaient se l'autoriser, le Haut-Prêtre invita dans la foule un des fervents homme à monter sur l'autel... Au hasard, pourquoi pas lui, le barbu que tous regardaient, et qui de sa main en tenait une deuxième, plus fine. Était-ce un seigneur ? Neo attendit une réponse un bras tendu vers la foule.


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Cosimo Tête Pelée
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MessageSujet: Re: La Cérémonie de la Veillée d'Othar [ Event ]   Ven 23 Fév 2018 - 15:02


Le premier sacrifice déclencha un rugissement de joie chez les mercenaires. Il fallait que le sang  des bêtes coule à flot ce soir, pour que le Coléreux épargne le leur. Si les taureaux étaient sacrifiés rituellement sur l’estrade, une basse-cour moins glorieuse se faisait massacrer avec enthousiasme par les compaings. Un simple billot servait à décapiter les poules et les coqs, dont on recueillait précieusement le sang. Les tambours de la compagnie accompagnaient les péans vociférés plus que chantés par la soldatesque.

« Mais tenez-le bon sang ! », maugréa Cosimo en affûtant son poignard. Un gros porc grouinait affolé au milieu d’un cercle grimaçant de mercenaires peinturlurés.  Le verrat était bien conscient que son avenir s’arrêtait sur le fil de la lame tenue par ce grand escogriffe  qui le fixait avec appétit. Oh les beaux jambons, oh la bonne potée !

« C’est le jour du saigneur mon petit ! »

La bête se débattait, mais une grappe de bras et de jambes l’immobilisa.  On le suspendit par un pied à une poutre dressée pour l’occasion. Le tout, c’était de saigner l’animal alors qu’il était encore vivant : le sang pissait alors dru. Evitant un coup de sabot rageur, Tête Pelée incisa le cou de la bête avec art : pour les routiers, savoir traiter la viande est essentiel. Un premier jet de sang chaud l’éclaboussa. Un seau fut rapidement placé sous le verrat, qui se vidait en couinant, de plus en plus faible. On commençait à activer les feux autour. Cosimo essuya son poignard et avisa une cantinière :

« Et je veux des pommes avec le boudin, capisce ? »
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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: La Cérémonie de la Veillée d'Othar [ Event ]   Dim 25 Fév 2018 - 2:23




C’est ainsi que les sols attenants à Chrystabel se gorgèrent à trop plein de sang. La verdure n’était plus, car elle avait troqué son vert prospère à un carmin calciné, foncé par l’abondance. À chaque animal qui trépassait, un vrombissement secoua le sol sous l’impact du massif animal. Une cacophonie régnait en maître sur les lieux, enterrant tout appel à Othar qui aurait fusé d’entre les lèvres de ses ouailles. Retranché légèrement des troupeaux de fanatiques, Louis épiait le tout d’un regard tout à fait admiratif. Il aima poser son attention sur toutes les têtes qui frétillaient sous l’énergie palpable de cette sanguine veillée. Car d’un bout à l’autre de cette masse, se comportait complètement différemment les différents groupuscules présents. Il apprécia si tant de les regarder faire le manifeste de leur voir aveugle envers cet impitoyable Dieu, qu’il en oublia même ceux qui l’entouraient. Pour la cause, une flopée de gros soudards aux bras larges comme des troncs d’arbres assuraient sa sécurité. Pouvait-on dire qu’on risquait pour sa sécurité, qu’une âme malintentionnée chercherait à profiter du moment pour faire chuter l’un des piliers névralgique de cette campagne? Pas le moins du monde, mais à reluquer l’effervescence que provoqua l’odeur du sang et de la barbaque, tous étaient en droit de croire qu’il n’était guère impossible qu’éclate différentes rixes éparses.

Et captivé par cet unique représentation, Louis ne vit en rien s’approcher celle qui tenait dans le fond de sa main son cœur battant : Alanya de Broissieux. Comme une ombre, elle s’était frayé un chemin au travers les fanatiques puis s’étaient immiscée à ses côtés tout aussi silencieusement pour marier leurs cinq doigts. Prit de court, il tressauta en broyant momentanément ses doigts, dans un réflex qui manqua certes de délicatesse, mais dont la justification ne manquait pas. On sourire, large et avenant envers elle, en guise de salutation, suffirent pour l’accueillir. Les paroles n’auraient eu que peu de valeur, ainsi enterré sous ces vagues d’encouragements. Ainsi elle avait décidé de s’afficher non seulement devant nombres de Nordiens, mais également sous l’œil inquisiteur du Coléreux.

Mais qu’avait-il à foutre de leur union, si ce n’était guère pour poursuivre son œuvre et d’alimenter le goût du sang de la soldatesque pour de futures campagnes? Enfin, ces questionnements par rapport aux déités attendraient, car devant eux se libéra un passage lorsque des dizaines d’hommes s’écartèrent pour n’en laisser voir que le Champion d’Othar pointer le Cerf du doigt pour l’inviter à le rejoindre. Une salve d’acclamation sourde enterra alors tout boucan : le Berthildois portait de sa voix leur Suzerain jusqu’à l’autel où on patientait sa venue. Vraisemblablement, une grande majorité des fanatiques désiraient depuis longtemps reluquer l’étendue de la foi de ce pieux Seigneur. Alors, bientôt tous pourraient savoir. Et ces cris, ces hurlements d’encouragement envers le populaire cervidé, se poursuivirent jusqu’à ce que se manifeste le Champion. À tous coups, c’était d’une limpidité totale que Néo pouvait alors déduire qui il avait invoqué de la main.

Louis avait esseulé la femme de sa vie, mais c’était pour mieux la retrouver, une fois qu’elle aurait vu de ses yeux l’homme qu’elle avait choisit d’aimer.

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Neo de Cléruzac
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MessageSujet: Re: La Cérémonie de la Veillée d'Othar [ Event ]   Dim 25 Fév 2018 - 15:54





Parce qu'il ne connaissait guère le « volontaire », mais que tous s'étaient empressés de le pointer du doigt, Neo sut néanmoins, en partie, qui était l'homme qui, fièrement s'était avancé vers son invitation. Nul doute un Seigneur. Mais lequel ? Oui lequel, car il n'en connaissait qu'une poignée, pour ne pas dire aucun ! À l'ouïe de leurs noms il en connaissait bien quelques-uns, car qui n'avait entendu parler des meurtres les plus sournois, des messes basses les plus sordides dans l'histoire récente, péninsulaire ?
S'il avait essayé de se mettre à la page avant de venir officier cette cérémonie, il ne connaissait que les anciens seigneurs ayant déjà forgé leurs réputations depuis longtemps –, car il n'habitait plus la péninsule depuis sans doute plus de dix années. Et il ne s'était porté que mieux à l'égard des considérations pesantes, qui en ces contrées miradelphiennes, en alourdissaient plus d'un. Quoique en Itrhi-Vaan, les plus gros – ou grands – n'avaient ni la roublardise à envier aux nobles péninsulaire, ni leur langue bien pendue. Par la foi en les Cinq, que l'humain semblait être une cinglante créature, répandant partout sur son passage de l'acide, sulfurique... À n'en point douter, le péninsulaire n'était pas plus à blâmer qu'un autre... « Le monde est de partout, ainsi fait. Il me faut être telle l'anguille. », se commenta un Neo plutôt agité.

Il tenta de s'octroyer une recherche mentale des plus véloce, en vain ; aucune des paroles d'Elías le Grand-Prêtre ne semblaient évoquer le jeune seigneur de guerre berthildois comme étant barbu, ou autre information repère glanée au cours d'une quelconque discussion. Toujours est-il que des barbes il y en avait à foison – et de toutes les couleurs tel le brun grisonnant de la sienne –, des seigneurs aussi, nous ne pouvions ne serait-ce que les compter à la force de nos yeux trop fatigués par la foule, qui bougeait, fourmillait, se pressait.


« Êtes-vous le suzerain berthildois ? » Murmura-t-il à l'adresse de Louis tandis que de dos ils montaient sur l'estrade. Lorsqu'il eut sa réponse, il ne put s'empêcher de sourire dans sa barbe. Un de ces sourires fugaces qui  caressaient l'orgueil ; si le hasard n'était pas une chose que les Dieux avaient créé, du moins était-il, parfois, très bien fait.

Il crut bon de remercier le foutu hasard avant de poursuivre.


« Enchanté mon brave, suivez, suivez moi donc. » Et ils finirent l'ascension des marches, tandis que toujours, hurlements et applaudissements cachaient leur échange. « Nous nous reverrons bien vite », dit enfin Neo dans un dernier murmure avant de s'approcher du centre vers lequel, immobilisé, était un ennième taureau. Celui du Cerf des  Saint-Aimé.

Neo tendit le premier instrument.


« Seigneur, Louis de Saint-Aimé, voulez-vous bien offrir de vôtre noble sang, et ce afin de bénir l'animal ? » Demanda Neo d'une voix forte. Il guiderait l'homme dans le rituel, en priant haut et fort, pendant que l'autre sacrifierai seul, l'animal.
Quelques instants plus tard le régent de Sainte-Berthilde, une main ensanglantée vint clôre les yeux du bovin. Enfin, il plaça la pointe du pieux sur le front, à la base des cornes.
Neo laissa faire le brave Louis, assez confiant. Ce dernier d'ailleurs n'était ni soucieux ni réticent et il accomplit à merveille son escomptée mise à mort. Ce devait être une première pour l'homme ; sacrifier un taureau à la manière du Culte n'était pas chose anodine.

Le taureau se fit aussitôt suspendre par douze mains – ou plutôt vingt-quatre ? –, dont celles des deux hommes.

Les couteaux changèrent alors de main.


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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: La Cérémonie de la Veillée d'Othar [ Event ]   Dim 25 Fév 2018 - 19:57




« Lui-même » dut répondre en messe basse au champion d’Othar, non sans un sourire au coin du museau. Il sut que ce dernier n’était sûrement guère au fait de toutes les nouvelles péninsulaire, mais de là sombrer d’ignorance à propos d’un des piliers maître de cette campagne, c’était fortiche. Heureusement pour lui, Louis était de ceux qu’on ne pouvait choquer si aisément. Leur ascension fut pour l’un des deux plus longue qu’il le crut ; car dans ces quelques marches certain, Louis y ressentit toute l’incertitude qui l’investiguait à mesure qu’il s’élevait au dessus de la foule. À quel genre de sordide manœuvre allait-il devoir se prêter, pour que devant les siens on reconnaisse l’étendue de sa piété ?
On lui donna un poignard, très banal dont aucunes fioritures n’en décoraient le pommeau. N’eut été que le tranchant d’icelle ne laissait que peu de doute quant à sa bonne efficacité, il ferma ses cinq doigts contre une arme comme les autres. Sa main sénestre empoigna la fin de la lame, pour que d’une tractation de sa jumelle, il s’en entaille la peau sommairement. Pour le coup, il avait pesé sa pression, que sa chair ne s’en voit pas meurtrie pour des ennéades à venir. Tout de même, la manœuvre porta ses fruits, car de sang sa main en dégoutait abondamment. Et si la caresse de l’acier contre sa paume lui incendia la main de douleur, son visage tenta d’en rester aussi stoïque que possible.

Le bovin, agité par le boucan surnaturel qui ne faiblissait guère, se vit déposer contre le museau la main du régent, sur lequel il y laissa sa trace. Vu l’énervement de l’animal condamné, Louis dut se reculer d’un bon pied, pour ne pas se voir embroché de ses deux cornes pointues. Enfin, on lui demanda d’arborer le rôle du Haut-Prêtre, se devant de calquer les derniers sacrifices auquel il avait assisté tantôt. Cervidé contre taureau ne faisait guère bon ménage, car l’animal perdait le contrôle sur sa tempérance, piochant l’autel de ses sabots de dernières, à menacer tous les liens qui le retenait en place. Ainsi, il n’eut le temps de faire les choses bien, lentement et précisement, Louis souleva le pieu et d’un geste sec et empreint de force, il pénétra le crâne de l’animal pour en faire ressortir l’instrument sous sa mâchoire. À l’instar d’une roche vrillant en bas d’une montagne, l’animal tomba raide mort contre l’autel, laissant avec lui le craquement des fondations se lamenter sous la pesanteur. Et Louis, lui, s’en était vu allègrement peinturé de son geste : son visage ainsi que ses défroques arboraient un rouge foncé et assez épais, dont l’odeur ferreuse s’était imprégnée à lui.

On suspendit l’animal à plus d’une dizaine de personnes. Louis offrit l’arme sacrificielle et le poignard souillé par les chairs de sa patte à Néo. Il fit un pas de recul, laissant le reste de la cérémonie dans les mains maîtresse du champion d’Othar.


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Neo de Cléruzac
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MessageSujet: Re: La Cérémonie de la Veillée d'Othar [ Event ]   Lun 26 Fév 2018 - 15:05





Comme le voulait la cérémonie, le temps d'un bref instant, un silence respectueux régna sur l'assemblée. Chacun devait se remémorer ces moments de gloire, qui avaient marqué leurs vies. Chacun se devait de fouiller le passé à la recherche d'une quelconque, ancienne réussite ; et en vue de l'orgueil général et de la si courte vie des enfants de Néera, le moment ne dura guère plus que quelques minutes ou secondes...
Cela avait néanmoins un tant soit peu agit sur les êtres démoralisés qu'ils étaient : voilà qu'inconsciemment la piétaille se voyait encensée par leur propre humilité ! Une douce flatterie que cette cérémonie, et au cœur nul doute qu'elle redonnait du baume
.

« Vôtre prochaine victoire se verra écrite en ces terres bientôt réunies... Que les pauvres hères, de derrière leurs remparts, sachent de quoi il en retourne. En dépit du nombre de nos feux ardents et du vrombissement de nos pas, qu'ils sachent combien sont-elles, ces voix que le vent porte ! Il avait hurlé en prenant le soin de bien prononcer chaque mot, et son poing délibérément dressé, menaçant la ville assiégée.

Lorsque l'effet escompté opéra, la foule hurla. Elle hurla à s'en faire perdre la voix. Elle hurla comme un seul guerrier face à ce rocher, comme pour le briser. Le son de plus de milles gosiers résonna contre le mur, traversa les bois et dévala les vallons à la ronde, cherchant à combler le moindre espace où l'on ne connaissait pas encore l'ire nordique. On avait put les entendre jusqu'en Sainte-Berthilde, comme un déchirant tonnerre. Les murs devant eux encore tremblaient. Il n'était plus qu'une question de jours avant que la ville n'ouvre ses portes telle la frigide boulangère chrystabelloise, écartant enfin ses jambes. À contrecœur, mais trop ébaubie face à l'adversité.

Qui dans la foule s'était lancé le premier resterait un mystère, car comme une évidence, Son nom fût reprit par tous.


« OTHAR ! OTHAR ! OTHAR ! OTHAR ! »

Toujours est-il que des sacrifices réalisés, il ne restait plus que la ferveur des braves, et de quoi tous les nourrir ! Et carrément bien les nourrir ! Chose qui ne devait sans doute plus se faire à seulement quelque rempart de là.
Qui dévorait son cuissot de volaille bien tendre ou rongeait à pleines dents les côtelettes d'une grasse agnelle. Qui s'empiffrait d'épaules, de gigots, ou avalait de la viande à toutes les sauces. Des cœurs par-ci, du foie par-là, avec leur ail ou leur persil ! Des langues aussi, et par le con denté de Tari, même des couilles étaient servies ! Il y en avait pour tous les goûts ! Des plats mijotaient et le feraient des heures durant ! La veillée ne faisait finalement que commencer.


« Que nos alléchants fumets s'en aillent les narguer, ces... chrystabellois ! Ils crèveront bien, ils crèveront bien ! » Tandis que les assiégeants trouvaient autant de force dans la ripaille que dans l'atmosphère qu'Othar et ses fidèles avaient ce soir instauré.

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