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 Le sang des valeureux | Krish & Khernal

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Khernal Baenfere
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MessageSujet: Le sang des valeureux | Krish & Khernal   Dim 11 Fév 2018 - 17:38

Bàrkios, Huitième ennéade de l'an X du Cycle XI,
Au lendemain du retour d’Esion,
Puy d’Elda.

Fait dans la roche des Profondeurs, le Haut-Temple de Natha était à l’image de sa Déesse ; brûlante quand Teiweon était la glace incarnée, la Mère voyait sa couleur omniprésente sur les parois de l’immense caverne. De grands tissus vermeils étaient suspendus sur toute la hauteur du temple, apportant de la chaleur à la pierre nue. Du même rouge que le sang des eldéens, du même éclat que leurs yeux, tout rappelait le Feu qui animait les drows.
On n’y avait jamais vu le Ditronw Da’re, comme on ne voyait que rarement des mâles dans cet environnement presqu’exclusivement féminin. Pourtant, il y alla ce matin là, à peine un jour après être rentré de sa campagne militaire.

Le meurtre du Haut-Prêtre et le massacre du Haut-Temple d’Uriz était encore sur toutes les lèvres. Toutes les théories avaient déjà été énoncées. Certains avançaient une conspiration à l’échelle du Puy, d’autres une exécution divine, d’autres encore une vengeance ou une intrusion elfe. Mais à cette chorale s’ajoutaient d’autres voix, non moins bruyantes. On avait vu le Grand-Prêtre d’Uriz assassiner des eldéens, alors même qu’il eut été tué et pendu au vu et au su de tous.
Les esprits les plus malingres avaient trouvé dans cette coïncidence une curieuse corrélation qui avait ranimé les débats sur l’identité de l’assassin de Velkyn Xaran. Tous cela avait mené jusqu’à inclure le C’nros et les prêtres de Valas dans la balance des accusés.
Khernal avait pris conscience de tout cela quelques heures auparavant. Son retour, sans le faste des marches militaires qui succédaient généralement les victoires puysardes, n’était pas passé inaperçu pour autant. Et on mêlait bien son absence aux récents évènements.

Les prêtresses et leur ventre tatoué du cercle pointé, dont nombres d’entre eux étaient déformés par une grossesse, regardaient le maître-mage s’avancer vers l’autel et l’effigie de Natha qui le surplombait. Il marchait la tête haute, les pans de sa robe claquant contre ses mollets à chaque pas. Il avait délaissé son épée mais pas son armure, que l’on devinait dessous le tissu. Un fier paon qui avançait comme un Prima Sanguis ou un roi en pays conquis.
Au loin on devinait les cris d’une mère en plein accouchement. Bientôt les cris se muèrent en hurlements, avant de prendre fin pour laisser le silence plomber l’atmosphère. Les conversations s’étaient tues et les fidèles regardaient l’illustre nouveau venu, que l’on savait mage et chefs de mages, mais dont la nature et l’étendue du pouvoir étaient inconnu.

« – Ô Mère, Divine compagne du Père des Batailles, vois Ton fils s’avancer vers Toi. Accorde-lui de rencontrer Ta Voix, car il a à Te parler. »

Agenouillé, les mains posées l’une contre l’autre pour former un cercle, Khernal écouta le chant des prêtresses qui reprenait.


Dernière édition par Khernal Kre'Nael le Dim 18 Fév 2018 - 14:53, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le sang des valeureux | Krish & Khernal   Dim 18 Fév 2018 - 13:40


La petite femme au ventre gonflé fronça un sourcil, restant tout à fait mutique. Il n'y avait aucun rite de fertilité aujourd'hui. Aucune levée de volontaire n'avait été faite dans les profondeurs des plus grands noms du Puy pour renforcer la race. L'homme n'avait ni compagne, ni descendant connu. Il n'était pas non plus connu pour être un fervent adepte d'une autre déesse que Teiweon. Alors, doucement, elle hocha la tête.

- Tu as bien fait de venir me l'apprendre, Lie'Shel. Retourne auprès de Petrys. Son ordination est demain matin.
- Bien Haute-Mère, s'exécuta la jeune femme en s'éloignant de le couloir à reculons jusqu'à ce qu'il soit socialement acceptable de tourner le dos à la Haute-Prêtresse.

Un lourd parfum d'encens, plein de musque et d'ambre, purifiait l'air du temple. Son sol était lavé à grande eaux chaque matin mais il y avait toujours cette senteur organique qui semblait s'être infiltrée jusque dans la pierre. Un parfum si habituel et si indissociable des pratiques Nathanes que Satylha n'imaginait plus ses journées sans lui.

Dans les couloirs hauts, sous les tentures de sang, elle marchait à pas amples, son ventre rond goûtant l'air frais. Suivie de sa Première, elle déboucha dans la grande nef qui accueillait les fidèles. Un regard lui suffit pour distinguer les silhouettes masculines. Un autre pour reconnaitre l'homme dont on venait de lui donner le nom.

Elle s'avança en silence parmi les priants. Certains la reconnurent et se jetèrent à genoux, mais il n'en fut pas tant que ça pour s’apercevoir de l'arriver d'un tel personnage en plein milieu de leurs dévotions. Malgré ses yeux, sa peau et ses cheveux d'une perfection totale, sa petit silhouette faisait facilement une tête de moins que la moyenne des femmes. Certains auraient également dit que ses traits étaient curieusement jeune pour une Haute-Prêtresse. Lui donner un âge n'aurait pas été aisé pour autant.

Sa longue main bien en chaire se posa sur l'épaule de sa cible. La tête haute, elle laissa tomber les yeux sur son visage avec cette sorte d'attention à la fois froide et intense qui semble vous transpercer le crâne. Son ton calme était d'un naturel autoritaire mais aucune impatience, aucun jugement ne se dégageait d'elle à ce moment. Et sous les yeux de l'idole, elle ne posa qu'une question.

- Bonjour, Fils. Souhaitez-vous que nous priions ensemble ? "

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MessageSujet: Re: Le sang des valeureux | Krish & Khernal   Dim 18 Fév 2018 - 15:34

On prêtait rarement de faiblesses à l’image de Khernal Kre’Nael. Le C’nros lui avait ouvert ses portes plus jeunes qu’aucun autre Ditronw Da’re, plus tôt encore que son tuteur, dont on louait le talent et la puissance. Dans l’ombre de son père, le mage s’était formé une réputation qu’on lui accorda peu aisément, de peur qu’il soit préféré de par sa filiation et non son seul mérite. Une filiation dont on ne connaissait même pas la nature.
Pourtant, on murmurait volontiers le manque de rigueur dans la ferveur du maître-mage. Le Voile ne l’avait que peu affecté, lorsque les plus pieux se disputait de la meilleure interprétation des augures. Plongé dans sa course au pouvoir, ses venues au Temple s’étaient faites plus rares et même alors, on pouvait penser que les sacrifices auxquels il concédait n’étaient pas faits sans arrières pensées. Aussi, voir deux apparitions dans les hauts lieux de culte eldéens de ce personnage peu soucieux de sa place au Nahali était incongru.

Et pour cause, de l’indifférence à l’égard des égéries de son peuple, Khernal avait vu son avis changer. Ayant appris ne pas être qu’un bâtard, ses yeux s’étaient tourné vers Celle qui avait teint ses cheveux de blanc. Teiweon était la préférée de bien des clans Prima, aussi avait-elle gagné la déférence du Ditronw Da’re. Sans plus considérer Son culte, le mage avait trouvé pour une fois les accents de la sincérité lors de ses prières à la Dame aux Ombre.
Après le Dieu-Chimère, Natha avait conquis l’égard du Jabbuk qu'Elaeruk. Gardienne du Sang et Protectrice de sa pureté, n’était-Elle pas Celle qui lui avait permis d’être l’un des descendants les plus purs de sa race ?

En écho à son appel, la Haute-Prêtresse de la Mère s’avança, prosternant les prieurs de la Déesse à ses pieds. Son ventre, marqué par le cercle rouge, était bombé par l’arrivée prochaine d’un enfant. Un nouvel enfant pour Elda. Ses traits étaient intemporels ; on ne pouvait deviner son âge qu’en regardant son visage. Elle était petite mais d’une beauté parfaite, que le temps ne pouvait ébranler. En somme, le visage de l’idole sacrée qui surplombait le Temple aurait pu être gravé dans la pierre selon son modèle.
Elle avait le même pas que le Ditronw Da’re. Impassible et hautaine, elle dégageait un charisme certain et une assurance à toute épreuve. Le temple Nathane était sa maison. Ses mots tranchèrent l’air sans qu’elle n’ai besoin de hausser le ton pour imposer son autorité. Chez elle, même le Ditronw Da’re devait ployer le genou.

« – Prier… un sourire ébranla masque placide du maître-mage. Oui, volontiers, Haute-Mère. »
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MessageSujet: Re: Le sang des valeureux | Krish & Khernal   Dim 18 Fév 2018 - 17:17


Sans aide, prenant le temps qu'il lui fallait, la Haut-Prêtresse s'assit, non sur l'un des bancs de prière mais en tailleur à même le sol, une main caressant son imposante bedaine, l'autre posé sur son genou. D'une voix vibrante, elle adressa à Natha ses courtes grâces quotidiennes. Sa dévotion était réel et à travers les paroles ordinaires de la prière la plus connue adressée à la déesse, elle la remerciait autant pour la vie qui grandissait en elle qu'elle priait pour sa perfection finale.

Les quelques phrases égrainées, elle se tourna vers le chef du Cn'ros avec la sérénité des puissants et lui demanda d'une voix à peine audible pour ne pas risquer de gêner les autres dévots.

- Y a-t-il un sujet précis dont vous voudriez faire part à la Mère ?
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Khernal Baenfere
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MessageSujet: Re: Le sang des valeureux | Krish & Khernal   Dim 18 Fév 2018 - 19:30

Elle s’assit sur le sol pour entonner ses cantiques à la gloire de la Mère, suivie par Khernal, qui récitait les mêmes paroles. Si la Haute-Prêtresse chantait pour la vie de son enfant et pour que la grâce de la perfection lui soit accordé, le Ditronw Da’re psalmodiait pour d’autres raisons. Dans son esprit se formaient les mots que bientôt, il devrait réciter pour obtenir ce qu’il était venu chercher. Ses mains étaient posées sur ses cuisses armurées, les yeux fermés, le visage serein, sûr d’un nouvel avenir.

Un nouveau rictus trancha son visage, cachant sa cicatrice au visage derrière l’une de ses rides. Le chant s’était tu, emportant ave lui les notes enchanteresses portées par l’encens. La Haute-Mère se tourna vers le mage, lui murmurant une invitation à parler sous le regard divin de la Déesse.

« – Soit, il y en a un. »

Les mots étaient mûrement réfléchis, tournés inlassablement dans sa tête pour que chaque intonation ait l’effet désiré.
Khernal dégagea ses cheveux se sa nuque pour les balancer sur un côté. Ce faisant, il pointa une petite marque dans le haut de son dos, que tous les drows exhibaient avec fierté : la P’obon d’Natha.

« – Cette cicatrice, une prêtresse me l’a faite alors que j’étais à peine plus mûr que le Fils que vous portez. A l’époque, j’étais riche de ma demeure piteuse de la Sanguette, aux côtés d’une mère ignorante de ce que le Puy d’Elda compte en intrigue des Profondeurs. Mais j’avais en moi la force du Père des Batailles et le pouvoir de la Chimère. »

Les cheveux immaculés reprirent leur place dans le dos de leur propriétaire. Bien moins soucieux du silence et des prières des dévots, la voix du mage se faisait emphatique par moment, rageuses à d’autres.

« – On m’avait dit que j’étais le bâtard de Kre'Fkur Baenfere. Mais Tesso avait placé là sa duperie dans les paroles de ma mère. Je n’étais ni son fils, ni celui de ce Prima Sanguis. »

Le silence reprit. Les prunelles flamboyantes, reflet de sa Flamme, le Ditronw Da’re fixait l’effigie de la Déesse dans ses orbites de pierre. Elle portait la Coupe. La même que celle qui, quatre cent vingt-huit ans plus tôt, avait mêlé le sang de la race au sien, faisant du jeune Kre’Nael un drow à part entière. Faisant de lui un bâtard.

Ce temps était terminé.

« – Usstan swariy ulu Natha, ulu Yah. murmura-t-il.
Je jure devant Natha, devant tous les dieux.

Haldren, du clan Prima Sanguis des Baenfere , est mon père ! Ssin’Bekea Baenfere est ma mère ! »

Pourtant toujours murmurée, la dernière phrase tomba en sentence. La vérité était révélée.

« – Trelao S'Argt d'Vlos… Usstan Phlyle l'Kaas d'Baenfere ! »
Divine Gardienne du Sang… Je revendique le nom de Baenfere !.
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MessageSujet: Re: Le sang des valeureux | Krish & Khernal   Dim 18 Fév 2018 - 20:54


Lorsqu'elle l'entendit jurer devant les dieux, le seul serment que même Tesso ne pouvait réfuté, Satylha tourna vivement la tête vers lui, le dévisageant ses ses billes carmin sans pour autant présenter plus d'empressement qu'auparavant. On avait pas le droit de prononcer de tels mots sans une grande attention et une grande piété. Encore moins dans un temple. Encore moins prostré aux pieds d'une idole divine. Mais le voyant continuer avec la plus grande mesure, elle ne l'interrompit pas. Sa concentration se fit seulement plus grande encore.

Mais quand le nom des Baefere fut prononcer elle en fut presque déçue.

- C'est un nom ancien et dangereux duquel tu te réclames... "
l'averti-t-elle presque avec condescendance. Quelle folie avait du frappé cet homme de pouvoir pour qu'il en vienne à se réclamer d'une maison Prima aujourd'hui disparue...

Cependant, son rôle n'était pas de juger de la stabilité mental de quelqu'un, mais uniquement de la véracité de ses dires. Les rites étaient seuls preuves d'une telle déclaration et elle ne se fierait qu'à eux.

- Mais... " s'obligea-t-elle donc a ajouter avant que le sang chaud de son hôte ne risque de lui monter à la tête. " Si tu dis la vérité et que tu descends bien de cette noble lignée, il est en effet possible que la Mère t'accorde leur Nom. " Elle vrilla son regard dans les yeux du demandeur. On pouvait y lire une neutralité parfaite. Elle n'était ni impressionnée, ni dégouté, ni inquiétée par tout cela. Tous les doutes qu'elle aurait put ressentir à l'écoute d'un tel nom, elle les confiait comme toujours à Natha.  " Aucun des Baenfere n'ayant survécu, il te faudra suivre les rites qui prouveront la pureté de son sang puis éprouver la vérité que tu viens de Leur offrir à la flamme de l'approbation divine. Cela sera difficile et douloureux car c'est dans la douleur que notre peuple est né et c'est dans la douleur que Natha éprouve la force de notre sang. Si tu souhaites passer ces rites, ils te sont accessible, Fils. Mais comprend bien qu'ils pourraient bien te mener à la mort. Et je te prie de me croire, lorsque je te dis que c'est une mort que bien peu envieraient. "
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Khernal Baenfere
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MessageSujet: Re: Le sang des valeureux | Krish & Khernal   Dim 18 Fév 2018 - 22:29

Conscient du regard que la Haute-Mère portait sur lui, Khernal ne détourna pas plus les yeux de l’idole à la coupe. La gravité de son serment l’avait frappé. Il existait peu de mots en Elda qui recelaient autant de force que ceux du Jurement. Mentir après une telle assertion, c’était se condamner aux P’leiks de la souffrance et aux affres du déshonneur. Nuls n’étaient plus prompts que les eldéens à tuer les blasphémateurs et leurs hérésies ; aussi, on ne prenait aucun serment à la légère.

« – C'est un nom ancien et dangereux duquel tu te réclames... »

Le Ditronw Da’re tourna enfin la tête, contemplant la Flamme de la Sombre aux travers de ses prunelles rouges. Dans ses billes vermeilles brillait une lueur qui confinait à la folie.
L’obsession du pouvoir menait aux extrémités les plus absolues.

Un nom ancien et dangereux… autrefois synonyme de prestige puis de décadence. La chute du clan Baenfere avait était aussi brutale que son influence avait été grande. Victime d’une folie des grandeurs manifestement transmise par le sang, les Prima avaient été exterminés… ne laissant pas plus de quelques survivants en cavale. La souveraineté du Puy d’Elda a un prix, un tribu que tous ne pouvaient payer.
Il fallait lui rendre ses lettres d’or.

« – Aucun des Baenfere n'ayant survécu… »

S’ils savaient… Haldren avait été, depuis lors, le seul à qui l’on devait la survie du clan et le crédit que l’on accordait au nom. Il frôla même ce que ses ancêtres, longtemps avant lui, avaient tant convoité. L’heure de son apogée fut aussi celle de sa mort. Une mort éphémère, dont une poignée seulement connaissait la vraie nature.

« – Les rites seront accomplis selon vos paroles, Haute-Mère. Ils sont douloureux. Soit, ils le seront. Ma Flamme ne souffre d’aucune faiblesse et ma parole est sans mensonge. Celui qui succombe à la peur n’est pas digne d’être appelé Fils. »

Avec souplesse, le Ditronw Da’re se releva, pour darder un regard sans faille sur toutes les ouailles de la Mère venus chercher son conseil et y déposer des suppliques. Lui était venu chercher une reconnaissance, voilà qu’on lui offrait le moyen de faire ses preuves.

« – Amenez-moi une coupe. Il est un sacrifice qui doit être consenti. »

Une clerc lui apporta ce qu’il avait demandé avec montre d’autorité. Il n’avait pas le droit de toucher à cet attribut sacré, honneur que seules les prêtresses se réservaient. Pour autant, sa démonstration se devait d’être remarquable.

« – Qua'l ulu ja'hai nindol or'shanse,
Consens à accepter ce sacrifice, Mère,
Ilhar, p'wal dosst dalharuk belbau ol ulu dos xuil bwael elamshinae :: »
Car Ton fils te le donne de bonne grâce.

Une dague fut tirée de sa ceinture et entailla profondément son poignet gauche. Le sang en jaillit pour remplir le calice, un présent pour la Déesse.
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Haldren Umbarion
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MessageSujet: Re: Le sang des valeureux | Krish & Khernal   Lun 19 Fév 2018 - 13:03


Les flux d'énergie dansaient une folle sarabande autour du drow assis en tailleur dans la salle de rituel installée en haut de la plus haute tour du sinistre château d'Abyssea. Il importe à ce stade de rappeler que tout seigneur maléfique se doit d'être en haut d'une tour, cela fait quasiment partie du contrat signé avec les auteurs d'héroic-fantasy. Admettons également qu'outre l'aspect scénaristique très élégant, cette disposition permet de limiter les risques d'intrusions puisqu'un unique escalier amène généralement aux appartements du maître. Le revers de la médaille vient des nombreuses marches à grimper chaque jour, mais aucun auteur ne vous parlera jamais des douleurs aux genoux ou du souffle court de ses personnages.

Cela manquerait dramatiquement de style.

Bref, Haldren s'en était revenu pour seulement quelques heures à Abyssea tandis que ses sbires chaotiques menaient leurs manigances en Elda. Le Nœud continuait à absorber l'énergie des fidèles et il fallait au "Dieu" du Chaos venir se ressourcer régulièrement à cette fontaine de jouvence via des sessions de transe profonde durant lesquelles il se sentait à chaque fois plus éloigné des contingences du monde réel, voguant à la frontière d'un au-delà onirique. Son esprit parcourait Miradelphia en écoutant les prières, en répondant parfois aux suppliques, en s'extasiant devant des exploits réalisés en son nom, lorsque soudain il ne fut plus seul. Un cercle rond avec un point au milieu apparut devant lui et une voix féminine s'en éleva :


CHAOS, ENTROPIE... IL SE REVENDIQUE DE TOI... DES PRIMAS SANGUIS...

La voix était douce, chaleureuse, comme celle d'une mère berçant son nourrisson pour le protéger des terreurs nocturnes. Une image apparut : Khernal s'entaillant le poignet au-dessus d'une coupe, tandis que retentissaient encore les échos de la phrase prononcée un peu plus tôt "Haldren, du clan Prima Sanguis des Baenfere, est mon père !". La scène se déroulait dans le temple de Natha au Puy et Haldren ne put s'empêcher de ressentir une pointe de fierté en voyant son héritier agir avec toute l'assurance hautaine d'un véritable Baenfere. Leur clan qui remontait au grand schisme appartenait à la plus haute noblesse et ne manquait jamais de le rappeler à ceux dont le sang se trouvait souillé par la plèbe.

TU L'AIMES, N'EST-CE PAS ?

L'espace d'une fraction de seconde, la peur emplit le cœur du seigneur d'Abyssea face à cette question inattendue. Jamais depuis de longs siècles il n'avait admis ressentir de l'amour pour quelqu'un. Du désir oui, de la passion ou de l'amitié souvent, du respect plus rarement. Mais de l'amour ? Le véritable amour, celui d'un père envers son fils, cet amour qui ne se monnaye pas et qui ne s'érode jamais quelles que soient les épreuves que la vie vous impose. Envers tout autre, il aurait botté en touche par une pirouette mais nul ne peut mentir sur un tel sujet à celle qui fut la première étincelle d'Uriz lors de la restitution de son Feu Primordial.

OUI, MÈRE, JE L'AIME.

Comme une caresse sur sa joue pour le féliciter de cette honnêteté.

L’ÉPREUVE, CHAOS, TU LA CONNAIS... IL PEUT NE PAS Y SURVIVRE... SEULE LA PERFECTION EVITE LE SACRIFICE.

Une hésitation. La déesse offrait-elle une porte de sortie plus aisée, moins dangereuse ? L'épreuve ne serait pas nécessaire si elle intervenait dans l'esprit de sa Haute-Prêtresse pour confirmer les dires de Khernal. Une solution qui lui ôterait tout risque mais qui ferait éternellement poser un doute sur la véracité de ses dires auprès des ennemis du Ditronw Da're. Aussi respectée que soit la parole de la Haute-Prêtresse, rien n'égalerait jamais la légitimité de l'épreuve divine dont nul ne contesterait le résultat. Une drow peut se tromper dans son interprétation des signes, mais un jugement divin constitue un absolu dont tout doute se voit éternellement purgé.

Et un véritable Baenfere ne tolère aucune contestation.


S'IL NE SURVIT PAS A L’ÉPREUVE, ALORS IL N'EST PAS DIGNE DE REVENDIQUER MON NOM.
QU'IL EN SOIT DONC AINSI.

La présence de Natha disparut et Haldren reprit conscience dans ses appartements Abyssea. Il aurait aimé revenir en urgence au Puy pour soutenir son fils mais il se retint : cette épreuve, Khernal devait l'affronter seul.
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Le sang des valeureux | Krish & Khernal   Mar 20 Fév 2018 - 21:03


- Soit. Nous verrons ce que vaut ton offrande. " déclara la Haute-Prêtresse sans se lever. Elle fit cependant un signe au clerc. User de sa salive aurait été superflu. Immédiatement, la coupe qui venait de recevoir le sang du Dritown'Dare fut confiée non à la guide suprême de leur culte mais à sa Première. Discrète jeune femme au regard baissé, elle était d'une beauté telle qu'Isten ne l'aurait pas reniée. Il lui manquait par contre, ce charisme indécent qui mettait tant en valeur les femmes femmes de sa race. Contrairement à Satylha qui avait pour elle la perfection de son sang et la puissance de son rang, cette demoiselle débordait d'une sorte de douce faiblesse assez incongrue à une telle place.

- J'examinerai les premiers signes cette nuit. Revient au dernier jour de l'ennéade. Les rites seront prêts. "

Elle se releva seule, prenant encore une fois son temps, puis tourna les talons après avoir béni l'assemblée des fidèles. Dans la chapelle personnelle accolée à sa chambre, elle versa le contenue de la coupe du jeune prétentieux entre les mains de l'idole qui trônait sur le petit autel. Les autres dieux étaient eux aussi représentés, plus petits dans d'autres alcôves. Seuls Teiweon et Uriz trônaient à la même taille que Natha, l'encadrant de part et d'autre pour darder leurs regards sur leur dévouée servante.  

Assise au centre des mosaïques, un bol de fumigation poser sur ses jambes croisées, seule la voix rauque de Satylha brisait le silence en une longue litanie. De temps à autre, une coup de clochette venait ponctuer un passage. Sa Première et deux autres prêtresses de son cercle restreint priaient avec elle, silencieuses. La question qui les occupait était à la fois plus simple et plus capitale que bien d'autres.

Entendre le nom de Baenfere émerger dans les circonstances actuelles sonnait comme une mauvaise plaisanterie. Les Xaran étaient affaiblis, le Culte d'Uriz mutilé au point d'en être presque réduit à néant, le Culte de Valas suspecté d'y être pour quelque chose, celui de Teiweon désespérément silencieux. Les autres clergés se regardaient pour l'heure en chien de faïence, s'accrochant à leurs propres dévotion pour que le Puy ne parte pas à vaux l'eau. Cela ne pouvait être une coïncidence et si la mère avait la moindre estime pour ses servantes elle lui donnerait quelques réponses, quelques clefs. Juste de quoi poursuivre leur tâche : préserver la force de leur race. Une race façonnée de manière a pouvoir combattre mieux que toute autre les mensonges divins.

Quelques jours plus tard, les salles profondes du Berceau avaient été apprêtés pour la mise à l'épreuve. Bien plus brève que les traditions que suivaient les femmes enceintes, ce genre de réunion était également bien plus rare. La mortalité n'était pas plus grande que pour les Prima souhaitant prouver leur ferveur en bénissant leurs enfants avant leur venue au monde, mais le risque de séquelles par contre...

Dans son habit de cérémonie rouge qui ombrageait son visage d'une profonde capuche, tout en dévoilant la peau noire de son ventre et de ses seins, la Haute-Prêtresse en personne était venue bénir les novices qui prendraient part à l'épreuve. Cela n'avait rien d'habituel. Déjà, le simple fait qu'un homme aussi peu dévot soit autorisé à passer les rites dans le Haut-Temple n'avait rien d'habituel. Personne ne savait au nom de quelle lignée le mage se plierait au jugement divin, mais lorsque Satylha entendait les novices et les prêtresses en parler, il suffisait d'un seul de ses regards froid pour dispersé la volée de moineaux. Par deux fois déjà, celles qui avaient été prises à en discuter trop ouvertement en gardaient une marque aussi humiliante que douloureuse.

Et pour cause, la Haute-Mère n'était pas tranquille. Elle faisait confiance à Natha, mais ne prétendait pas comprendre les desseins des dieux. Ces dieux qui lui avaient envoyé pour toute réponse dans sa transe une flamme noire et froide, le fracas des lames, les hurlement de terreurs et l'odeur du sang.

Au jour dit, suivie de sa Première et entourée de quatre Soeurs, c'est en priant une fois de plus qu'elle attendait dans les surplombs de la nef. Au bout de cet étage réservé aux prêtresses, là ou elles pouvaient prier sans se mêler aux profanes, une alcôve était réservée à l'importante fonction qu'occupait la Haute-Mère. Si elle en usait rarement, ce jour là elle y resta toute l'après-midi, jusqu'à ce que sa Première lui souffle :

- Il est là, Haute-Mère.

Lorsqu'elle ouvrit les yeux pour regarder au-delà du profil de l'idole de pierre, elle aperçu en effet la silhouette du Ditrown'Dare. Quelques instants plus tard, les deux prêtresses en robe rouge venaient le saluer. De son perchoir, elle les vit l’entraîner dans les couloirs profonds du Berceau. Elle n'avait pas besoin de les suivre pour savoir ce qu'il se déroulerait ensuite.

Amené jusqu'à une petite pièce ronde au milieu de laquelle brûlait les encens et les plantes sacrées dans un trou au sol, il serait déshabillé par les deux Soeurs qu'elle lui envoyait de ce pas. Dans le silence, on le placerait debout au dessus de la fumerolle, les pieds de part et d'autre de la cavité. Son corps serait lavé et oint par les mains fines des prêtresses, puis marqué de façon à ce que les Dieux Alliés lui prêtent main forte durant son épreuve. De la plante de ses pieds à ses hanches, la couleuvre verte de Leetha et l'ombre nauséabonde de Kiran s'enrouleraient autour de ses jambes. Le dragon criblerait son bras droit et la Chimère son bras gauche. Son nombril serait couvert du symbole de la Mère. Et l'indexe de Tesso lui barrerait enfin les lèvres, blanc sur sa peau noire. La chaleur serait si intense que sa peau maculée de sigils perlerait de sueur.

Son esprit porté par les brumes, serait alors en paix. Emporté dans un nuage cotonneux, il ne laisserait resurgir que ses plus profondes convictions. Ses peurs, ses désir, tous les sentiments qui le travaillaient au corps seraient alors dépourvu du mental qui les enfermaient et les manipulaient d'ordinaire. Il ne pourrait mentir. Plus important encore, il ne pourrait se mentir.

Au bout de quelques instants, la Haute-Prêtresse envoya sa Première à la tache qui lui incombait. D'un pas lent, elle pris bientôt le même chemin, rejoignant la porte de bois noire devant laquelle serait conduit celui qui s'en remettait à Natha. A l'intérieur, le large espace circulaire couvert d'un dôme était creusé en son centre d'un large bassin lui aussi parfaitement rond. Une lumière bleuté s'en échappait, ondulant sur les parois dans une pénombre parfaite. Autour de la petite mare, le sol était sculpté en vaguelettes, comme si une pierre tombée au centre de la salle avait ridé la surface d'un lac paisible.

Trois étranges plongeoirs de pierre blanches surplombaient le bassin de quelques dizaines de centimètres. Sur les deux qui se trouvaient face à face se tenaient deux jeunes femmes drow au crane rasé. Leur peau étaient tatouées de mantras étranges. Sur le troisième, face à la porte, une elfe à la peau blanche, elle aussi rasée, se tenait debout sans aucun lien. Respirant l'arôme mystiques qui se dégageaient des discrètes ouvertures au ras du sol Satylha se laissa emplir par la litanie qui commençait à monter des onze novices encapuchonnées, rassemblées le long du mur en un cercle parfait. Tout était prêt.

La Première passa la porte à son tour, avec pour seul vêtement, le symbole de Natha qui ornait son ventre. Son regard doux croisa celui de sa supérieur avec une once d'étonnement. Cette dernière vint à elle et la prit un bref instant dans ses bras. Dans le mouvement contant des préparatifs, le temps s'arrêta. La Première sourit. On lui chuchota quelques mots à l'oreille. Le poids d'un poignard dans sa main fit perdre toute joie à ses traits. Puis son mentor sortit pour attendre devant l'accès.

Guidé par les deux Soeurs qui l'avaient préparé, le mage qu'elles attendaient toutes arriva enfin face à destination, vêtu d'une simple tunique d'un noir profond. Avant de libérer le passage, Sathyla posa une main légère sur l'épaule de l'homme qui ne devait déjà plus totalement être là.

« Un enfant d'Elda ne peut jamais avoir qu'un nom. » lui glissa-t-elle. « Celui que sa mère lui a donné. Celui qu'elle a reçu de sa mère et sa mère avant elle, jusqu'à Celle qui a reçu en son corps la Grâce de Natha. Avant de commencer, tu devras répondre à une question. La seule question qui te sera posée par nos voix aujourd'hui. Répond correctement, et tu pourrais avoir une chance de survie. Je te le demande une dernière fois. Es-tu prêt à prendre le risque ? »

La réponse ne faisait aucun doute. Les portes furent ouvertes. Les deux Soeurs qui l'avaient apprêté tirèrent d'un coup sec la tunique noire de ses épaules et refermèrent sur le mage la porte d'ébène. Dans la grande salle, le seul visage visible hors celui des esclaves était celui de la Première.

Sans un mot, cette dernière vint lui saisir les mains, le tirant pas à pas jusqu'au bassin. Sans un mot encore, elle lui fit descendre les marches, entrant avant lui dans le liquide luisant d'une teinte bleutée qui n'avait finalement pas la texture de l'eau. En plongeant le regard dans ses profondeurs, il pouvait désormais voir que le sol était une mosaïque de pierre précieuses. C'étaient elles qui irradiaient d'une puissante lumière.

« Khernal Kre'Nael, es-tu prêt à mourir cette nuit ? »

A peine eut-il prononcé sa réponse qu'une lame lui déchira le ventre. Planté jusqu'à la garde dans son nombril, l'atamée se retira d'un coup sec. Avait-elle toujours eu ce couteau en main ou l'avait-elle pris sur le bord du bassin ? Il ne le saurait sans doute jamais. Paralysé par la litanie et les drogues, c'est sans esquisser le moindre geste que l'homme regarda la lame tracer de profondes tranchées dans la longueur de ses avant bras, suivant les veines visibles à ses poignets. La jeune femme vint poser sa tempe contre la sienne pour qu'il entende distinctement des mots prononcés avec une douceur grave.

« Repose en paix, Khernal Kre'Nael, fils de personne. »

Alors et seulement alors, on l'autorisa à s'effondrer. Il coula, lentement, jusqu'à ce que son corps repose au fond du bassin, immobile, recroquevillé comme un nourrisson dans le ventre de sa mère. La Première sortie de l'eau et trancha la carotides des trois esclaves qui bordaient le bassin. Coulant le long de leur peau, leur sang glissa sans bruit, sans même un gémissement. La surface se teinta de rouge, les fluides vitaux se mêlant à celui du mage. Puis l'officiante s'assit sur les marches qu'elle avait descendue puis remonté et s'entailla le poignet droit, complétant de son propre sang le cercle qui colorait la lumière d'un dégradé purpurin.

De l'autre côté de la porte, les deux Soeurs hésitaient à quitter le battant des yeux. Satylha ne bougeait pas non plus mais elle n'arrivaient pas a savoir si c'était pour rester auprès d'elles ou pour rester auprès de la cérémonie. Au bout d'un moment, l'une des prêtresse n'y tenant plus, osa poser la question qui la taraudait depuis qu'il avait été question de préparer ce rite dans sa forme la plus ancienne et non comme celui qui était aujourd'hui plus couramment pratiqué.

- Survivra-t-il, Haute-Mère ?
- Non.
- Mais alors… ?!
- Calme toi. » ordonna la petite femme d'une voix sans appel. « Il renaîtra peut-être. Pour cela il devra affronter la douleur, la peur, le désespoir et le rejet. Mais plus que tout, il apprendra le respect. Envers les Dieux et envers la lignée qu'il convoite. »

Elle connaissait le point de départ mais pas la finalité de la transe du chef du Cn'ros. Le premier homme qui attendrait ce téméraire mage aux creux des visions de sa longue agonie serait son propre père. Il entendrait ce qu'il ne voulait pas entendre de la bouche de celui dont il ne voulait douter. Il apprendrait que tout cela n'était qu'un mensonge, qu'Haldren en personne s'était joué de lui. Il prendrait conscience qu'il n'avait pas une chance de survie. Il sentirait dans ses veines vides, quelle était la force de la lignée dont il s'était réclamé. Et s'il parvenait à trouver une raison de revenir malgré ça, alors il tremblerait sous la simple puissance qui émanait de Natha. Ô Oui. Il connaîtrait la peur face au jugement d'une chose qu'il ne pouvait changer : la vérité que contenait son sang.

- La maison Baenfere pourrait donc bien renaître ?
- Le temps de sa vie, oui. » soupira-t-elle en se détournant de la porte. « C'est un homme. Son nom n'est pas appelé à être transmis. Inutile de rester ici, il y en a pour des heures si ce n'est des jours. Et plus il mettra de temps à revenir, plus son corps accusera de ravages.
- Mais s'il ne réussit pas ?
- Il mourra en plusieurs ennéades, dépossédé de son propre nom, de son appartenance à Elda et de tout ce qu'il a accomplit jusque là.
- Les P'leiks... » murmurèrent les Soeurs d'une même voix blanche.

La Haute-Prêtresse s'arrêta, tournant vers elle un regard aussi froid que les geôles dont le nom venait d'être murmuré avec frayeur.

- Les Geôles ont besoin d'une Flamme à enfermer. S'il échoue, c'est l'Errance qui attend ce qui restera de lui.
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MessageSujet: Re: Le sang des valeureux | Krish & Khernal   Mer 7 Mar 2018 - 17:14

On avait laissé au Maître le temps de la réflexion dans la tranquillité de ses appartements, et aux ouailles la responsabilité de l’Institution. Personne ne vit le rictus de conquérant qu’il arborait dans la solitude de son bureau, sûr de la victoire facile qu’il allait décrocher. Le nom de Baenfere sonnait dans son esprit comme la corne du triomphe dans les steppes Nisétiennes, en leur temps. Les chants en l’honneur de la Mère que laissaient filtrer les parois de la pièce étaient bien dérisoires en comparaison, faisait plus montre d’une dévotion de façade qu’un vrai fanatisme eldéen.
Au C’nros comme au Berceau, on attendait le dernier jour de l’ennéade, où l’on avait convié le Ditronw Da’re à passer les rites de Natha. La nouvelle n’était plus une surprise pour personne, pourtant nul autre que les deux privilégiées du Haut-Temple ne savaient ce qui adviendrait à cette date.

L’Astre d’Uriz se leva sur le Vatna pour voir Khernal Kre’Nael s’engager sur les dalles du Berceau, confiant dans sa réussite prochaine. Il n’arborait pas l’armure si souvent associée à son image, mais la robe des hauts-responsables des mages de guerre. La primauté de cette absence faisait état de l’étrangeté d’un tel rite en un tel moment, qui ne pouvait s’empêcher de délier les langues de serpent eldéennes. Rumeurs allaient bon-train sans pour autant être tues par l’ardent mage de l’Immatériel qui imposait pourtant régulièrement sa réputation en supprimant les bouches trop bavardes. Il laissa à la Haute-Mère le soin de bannir de son temple ceux qui bafoueraient sa sainte autorité, et n’avait pas daigné écouter ce que l’on disait de lui du côté magique des Profondeurs.

Ses pas envahissaient le basalte pour arriver au niveau de l’idole de la Mère, devant laquelle le Ditronw Da’re s’inclina. Sans se départir du sourire qui déformait ses cicatrices, il Lui adressa ses suppliques indifférentes dont la concupiscence avait émoussé la sincérité. Sous les regards intrigués, sinon envieux, des profanes, Khernal pris la direction que lui indiquaient les deux sœurs venues le chercher. Leur tenues rouges laissaient libre leurs ventre, gonflé pour la première, absolument plat pour la seconde, mais tout deux marqué d’un cercle où le nombril était le point central. Tel le sang qu’il avait versé quelques jours avant, le tissu ondoyait au rythme des pas des deux prêtresses pour le mener dans les plus profonds boyaux que comptait le Berceau.
Les ésotériques scènes de l’Eda Vengeur relatives à Natha la Mère, Prime Fille et Femme du Père des Batailles, y étaient peintes et sculptées. Dans leur beauté monstrueuses, les statues, plus éclatantes de réalisme encore qu’en la Sanguette ou sur les Portes, prodiguaient aux esprits eldéens d’effroyables sensations qui confinaient à la terreur. Le sang y était omniprésent, faisant ruisseler la pierre de torrents écarlates imaginaires. Chaque parois était un théâtre morbide où le liquide vital des enfants d’Uriz était comme personnifié, craint et vénéré.
Khernal passa devant ces bas-reliefs saisissants, sans pour autant leur accorder un regard, chose qu’un véritable dévot n’aurait pu se résoudre à faire sans craindre que les Piliers ne le châtient pour une telle impudence. Par leur simple présence avant et après le lieu des rites, le Ditronw Da’re les voyaient comme les témoins de son élévation ; lorsqu’il passerai à nouveau devant ces antiques personnage, il porterai l’illustre nom de ses ancêtres.

La pièce embaumait des riches encens que l’on réserve aux plus hauts lieux religieux du Puy d’Elda. La fumerolle projetait des volutes grisâtres de fumée parfumée à la myrrhe et à d’autres exotiques plantes que l’on ne trouve qu’en certains endroits. Sur une injonction silencieuse des deux Sœurs, le mage prit place au dessus du trou fuligineux, duquel une chaleur bouillante sortait pour agresser sa peau brune de sa caresse ardente. A peine quelques instants suffirent pour que les émanations ne l’emmènent loin de son corps, pour que ses pieds quittent le contact de la pierre et que son esprit, dont les dernières résistances magiques s’étiolaient, ne s’endorme loin de la raison.
A peine conscient, spectateur de sa propre expérience, Khernal vit les prêtresses ôter ce qui faisait rempart entre ses chairs et le piquant des herbes sacrées flambantes. Nu, on traça sur sa peau d’abstruses marques d’une blancheur opaline, contrastant avec son derme charbonneux ; ses jambes aux couleurs des Jumelles, ses bras en honneur des Dieux-Bêtes, son nombril sigillé pour Natha et sa bouche marqué par l’index de Tesso.
La drogue obtint reddition de son esprit lorsque sur ses épaules fut déposé un voile noir, seul vêtement que l’on lui autorisait à porter.

Pris par la main par celle qui projetait de donner prochainement la vie, le maître-mage fut conduit devant les larges portes noires qui s’ouvraient sur une nouvelle pièce, nimbée de bleu. Ses pieds effleurèrent le sol onduleux figé par la pierre jusqu’au bassin, où ondoyait une eau paisible. Il releva la tête, jusqu’ici résolument baissée, et aperçut les trois esclaves, dont une de la blancheur immaculée des rejetons de Kerhel. A sa vue, une colère irrépressible, venue des tréfonds de son âme libérée de l’emprise de son esprit, se manifesta. La volonté irrationnelle d’égorger l’elfe, de l’éventrer jusqu’à ce que la vie quitte à jamais son corps impur, l’étreignit. Ses muscles se raidirent mais furent aussitôt découragés par la faiblesse que la drogue avait instillée dans son corps.
Une main se posa sur l’épaule du Ditronw Da’re pour qu’une bouche glisse à son oreille une prédication sibylline, faisant référence au dogme nathane. La question que la Haute-Mère posa traversa les brumes qu’imposaient les herbes et se ficha en lettres de feu dans son esprit troublé. « Es-tu prêt à prendre le risque ? »
La réponse était attendue.

Elle vint confirmer les attentes.

On tira sur la tunique, et le Ditronw Da’re rejoignit les esclaves et la Première dans leur nudité. D’autres mains le tirèrent pour entrer dans le bassin. L’eau engloutie ses membres, sans pour autant les mouiller. Une autre voix susurra à l’oreille du mage.
«– Khernal Kre'Nael, es-tu prêt à mourir cette nuit ? »

« Oui. » fut sa seule réponse à une question qui n’en était plus une.

Aussitôt la douleur envahi son corps. Lointaine pour l’esprit, elle ramenait pourtant son corps à sa plus faible dimension.
Des yeux hagards passèrent de la Première à la lame qu’elle venait de planter dans le ventre du mage.

«– Repose en paix, Khernal Kre'Nael, fils de personne. »

Son râle fut long, ultime plainte que son esprit arrivait à formuler.
Puis il s’effondra.

Ainsi, dans l’ignorance des cavernes du Berceau, mourut Khernal Kre’Nael.
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MessageSujet: Re: Le sang des valeureux | Krish & Khernal   Dim 8 Avr 2018 - 18:12

Il coula, comme si l’étreinte de la douleur l’emportait jusqu’au fond du bassin.
Il coula, replié sur lui-même comme avait été le juvénile drow d’auparavant dans le ventre de sa mère
Il coula, et son sang se répandit dans le bassin, se mêlant aux autres.

Les yeux du Ditronw Da’re se fermèrent sur l’obscurité. La mort, seul échappatoire à la douleur, viendrait le cueillir ; le froid et mortel baiser de Teiweon comme ultime délivrance. Nul son ne traversait plus ses oreilles, plombant l’ambiance du Dernier Silence. Le temps fila, comme ralenti par une volonté divine qui ne se lassait de le voir souffrir. Dernier de ses sens à abandonner le Ditronw Da’re, le tranchant des gemmes quitta sa peau devenue insensible.

« – Ton nom est personne. »

La grande prétention des elfes était de croire pouvoir contrôler le temps. Là où les hommes deviennent poussières quand la vieillesse vient les cueillir, les rejetons de Kerhel ne voient pas leurs traits s’altérer. Libérés de leur impie Créatrice, les drows se sont défaits de cet enseignement hérétique. Ils apprirent à vivre chaque instant dans la dévotion d’Uriz, à combattre comme si l’heure était venue. Les Dieux seuls étaient maîtres du temps et nul mage, nul savant ne pouvait leur dérober ce pouvoir.
Il filait, et les mains du mage ne pouvaient Le retenir. Son esprit ne pouvait le compter, ni ses yeux admirer l’Astre battre Sa mesure.

« – Ton nom est personne. Tu es mort. »

La Flamme vacillait, comme soufflée par un vent éternel qui allait crescendo. Pourtant, elle s’agrippait avec le peu de force qui lui restait. Mais elle était appelée à s’éteindre, à devenir charbon.

« – Ton nom est PERSONNE.
Tesso* »

Il n’avait pas prononcé ce mot que ses lèvres se faisaient transpercer par la douleur. Tesso, à l’index imprimé en travers de sa bouche, rappelait à son ouaille ce qu’il en coutait de prononcer son nom vainement.

« – Tu n’es pas mon fils. Pas plus que tu n’es celui du Père. »

Lâcher prise. Mourir. Même cet ultime déshonneur lui était refusé. Il était faible, et voilà qu’on refusait qu’il ne meure.

« – Mensonge.
Tu te mens à toi-même, ignoble bâtard qui revendique une naissance plus haute que la tienne. »

Une ombre se dessina dans l’obscurité, se distinguant dans les ténèbres par un noir encore plus profond. La sinistre silhouette tenait dans sa main la funeste épée que la bataille contre les elfes avait cassé, alors dans les mains du chef du C’nros. Un bras de l’ombre fuligineuse se leva pour frapper, souffler définitivement la braise à peine rougeoyante de celui qui fut Ditronw Da’re. Un sourire cynique se dessinait sur la face de la silhouette.

«– Tu es mort comme tu as vécu. Dans l’ignorance, la faiblesse, la lâcheté. Tu ne mérite pas qu’on te nomme drow. Mon sang n’es pas le tien. »

La lame s’abattait sur lui.

« – Mensonge… Mensonge… MENSONGE. »

Il mourut une seconde fois.




« – Qui es-tu, Fils ? »

La voix était tranchante, mais chaleureuse. Bercé par son doux timbre, Khernal écoutait, mais ne pouvait répondre.

« – Tu doutes. »

Ses lèvres auraient voulu hurler pour démentir une pareille assertion. Mais l’on ne ment pas aux Dieux, pas plus qu’on ne leur cache la Vérité.

« – Qui es-tu, toi qui porte Ma marque à même le corps, mais dont l’esprit est affaibli ? »

Une main invisible caressa le nombril du mage, où l’étrange lueur du bassin faisait luire le symbole de Natha à son insu.

« – Tu as peur. »

La chaleur avait quitté la Voix. Tranchante, glaciale : pareille à Teiweon, la Mère s’adressait à Son serviteur.

« – Tu as douté de Moi, comme tu as douté des autres. Ta dévotion de façade ne trompe personne. »

Cruelle vérité, à l’ironie impitoyable. Le sang des Baenfere semblait ne pas se complaire à l’adoration aveugle des Dieux tel que le prône Elda.

« – Puisque tu doutes, Vois. Ouvre les yeux et Contemple. »

A l’injonction divine, ses paupières closes se relevèrent. Il ne lui fallut qu’une seconde pour que l’éblouissement ne devienne trop intense et que, tremblant devant la puissance céleste, il ne détourne le regard.
Un rire cristallin se perdit dans son propre écho.

« – Tu n’auras pas Ma clémence pour tes crimes passés, Khernal, fils de personne... »

Le jugement divin ne souffrait pas de contestation. Natha Toute-Puissante le tenait à sa merci.

« – Mais le sang de ta lignée est pur. Prouve-moi ta force. »





L’obscurité ; et avec elle, le silence.

L’avait-Elle abandonné ? La Dame Aux Ombres, seule en qui il ait vraiment cru, ne venait-elle pas le chercher pour l’emmener en Son Royaume ? A l’instar des hérétiques, lui refusait-Elle de La rejoindre ? Etait-il condamné à l’Errance ?
Le Temps filait, et il ne pouvait le retenir.
Elle était là. Caresse duveteuse et mortelle, suprême Reine d’Elghinyrr, ultime compagnon des Braises qui s’éteignent. Il sentit sa puissance, comme il avait senti celle de la Mère. Il s’inclina devant-elle, attendant le dernier baiser qui l’emmènerait.

Il ne vint pas.

Dans la puissance de la Reine Khernal trouva la force de se relever, fort d’une foi nouvelle.

« – Qui es-tu, Fils ?
Je suis Khernal Baenfere, fils de Ssin’Bekea et de Haldren Baenfere. »

*:
 
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MessageSujet: Re: Le sang des valeureux | Krish & Khernal   Mar 8 Mai 2018 - 17:58

Son doigts caressait les stries de pierre, qui contaient une aventure qu'il ne pouvait pas voir. Sous la pulpe de son index, une courbe se dessinait jusqu'à ce qu'il ne rencontre une bosse qui ressortait abruptement du bas-relief. Sa dextre se creusa pour accueillir la joue du visage retenu dans le basalte. Dans les orbites de la statue, deux gemmes lui écorchèrent le doigt de leur tranchant. Qui avait dit que les eldéens ne connaissaient pas l'Art ?
Sous sa langue apathique, les versets de l'Eda Vengeur essayaient vainement de calmer la tempête qui hurlait dans ses tempes. Avec ferveur, le Ditronw Da’re récitaient les paroles d’Elda apprises sans conviction. Jamais leur puissance ne l’avait tant frappé.

« – Lu'l'xund d'l'og'elend orn rei. L'Lgos d'l'Ilharn d'Xonathull, muahaus wun l'ust Lanth, orn doer. L'yibin orn valm l'Dosoll wun ukt sarn'elggar. »
Et l’œuvre de la Traitresse tombera. Le Règne du Père des Bataille, prédit dans le Magma Primordial, viendra. Les faibles iront rejoindre la Pervertie dans son châtiment.

L’Être taillé dans le volcan était auréolé de la Couronne aux onze pointes. Le mage tomba à genoux, redoublant ses prières. De ses prunelles de braise, l’Ust toisait le Prima Sanguis, tremblant devant l’idole. La scène représentée, il l’avait reconnue sans la voir : Meingal aux prises avec les Chimères de Kerhel, rendant coup pour coup et finissant par vaincre.

« – Lu'l'gareth, tu'suul l'Ilharn, orn beldra Ukt Varash. Uk orn y'teni mina lu'mal'rak lgos ultrin. »
Et les forts, aux côtés du Père, bâtiront Son Royaume. Il les élèvera et à jamais régnera en Souverain.

Sa voix était rauque, pareille aux bruits des mines lorsque le fer cédait face aux pioches. Il parlait avec difficulté, remontant en chancelant les boyaux du Berceau. Ses jambes ployaient à chaque irrégularité du sol sans que l’esprit du mage ne puisse leur imposer son diktat. Il était nu, et d’autant plus nu qu’il était dépouillé de son Art.
Des talons claquèrent contre le basalte, présageant l’annonce prochaine de sa renaissance. Pourvue du rouge clérical, la prêtresse s’arrêta à quelques pieds de l’ambitieux qui avait revendiqué le nom illustre des Baenfere. Le Noirelfe était exhibé aux yeux lascifs de la fervente nathanne, qui découvrait les saccages de plusieurs jours de rites sur la peau charbonneuse du Ditronw Da’re. Des tâches claires, tirant par endroit sur l’albâtre, venaient nuancer le contraste des sigils divins sur son derme. Les muscles sculptés par la rigueur martiale semblaient ne plus vouloir supporter le Prima Sanguis, comme si les marques blafardes les affaiblissaient.
La prêtresse s’immobilisa quelques temps, constatant les yeux du drow aveugles et sa gorge muette et repartit à l’opposé, ayant obtenu la réponse qu’on lui avait demandé. Les échos de ses pas refusèrent de mourir dans la tête de Khernal.

Les récits de l’Eda Vengeur se contaient à rebours sur les parois du volcan, sur lesquels les mains du mage s’échouaient sporadiquement pour soutenir sa progression erratique. Plus témoins de sa relative déconvenue plutôt que de son absolue victoire, elles restaient néanmoins invisibles à ses prunelles amblyopes. Mais nul doute que les déités sculptées appréciaient plus la dévotion de Khernal à cet instant que sa concupiscence d’antan.

Une première lueur apparue, tranchant la noirceur dans laquelle on l’avait plongé. Les feux du Berceaux parurent un à un alors que sa démarche se faisait moins chancelante. Les derniers pas qu’il fit, le Ditronw Da’re les fit vers l’idole de la Mère dont il discernait les contours. Ecrasé par sa divine présence, Khernal Baenfere tomba, front contre le sol, tremblant.

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