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 [Le chant du Souffle prisonnier] Acte 1 - Scène I - La révélation

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Maélyne de Lourmel
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MessageSujet: [Le chant du Souffle prisonnier] Acte 1 - Scène I - La révélation    Sam 17 Mar 2018 - 21:01


Au 2ème jour
De la 1ère ennéade
Vérimios, mois d'été
An 10 du cycle 11

Sa chambre n’avait pas changé.

Le château n’avait pas changé.

Les habitudes n’avaient pas changé.

La cité était restée la même, comme figée dans le temps malgré la disparition de la dernière des Lourmel.

Dorénavant gouvernée par une Outremont piégée dans ses appartements en attendant qu’un mari soit désigné par son père. Celui-ci s’en prenait à cœur joie de gouverner ces terres sur lesquelles il avait tant lorgné, lui qui avait espéré Outremont, le voici à la tête d’une seigneurie bien plus conséquente. Il ne fallait donc guère s’étonner de voir le futur mariage de sa fille prendre autant de retard. Elle-même n’était point pressée de se retrouver mariée à quelqu’un qu’on lui aurait désigné tant son cœur était meurtri par la perte de sa tendre cousine mais également éperdument amoureux d’un homme qui se montrerait sans doute jamais assez intéressant aux yeux de son père. Mais malgré la prise de pouvoir d'Harald, Thenala arriva à imposer son désir les plus profond : rien ne devait changer au sein du castel. Absolument rien, ni la décoration, ni le personnel… car l’habitude était prise et la perte toujours aussi insupportable pour la jeune femme qui s’était réfugiée dans le moindre souvenir que procurait chaque pièce et chaque objet qui l’entourait. Et jusqu’à présent, son souhait fut respecté. Sans doute qu’Harald y trouvait son compte ; tant que sa chère fille pleurait encore, il pouvait se cacher derrière l’excuse du deuil pour reporter tout union.

L’été venait de pointer timidement le bout de son nez, et avec lui la deux-centième journée de la disparition de Maélyne. C’était un jour particulier, une journée anniversaire dont Thenala se serait bien passée mais cette journée voyait également le retour d’un être cher ; Draran d’Outremont qui était partit avec l’ost Serramirois à la guerre contre les rebelles. Il était parti écuyer, il est revenu en tant que chevalier après avoir ainsi participé à sa deuxième campagne. La première fut celle de la libération d’Oësgard contre les puysards, la deuxième semblait être une partie de plaisir à côté mais ce fut celle-ci qui lui permit enfin d’être adoubé.

Sa première démarche aura été de retrouver sa sœur qu’il trouva face à la tombe de Maélyne, dans le caveau familial. Ils prièrent, ensemble, un long moment en la mémoire de la jeune femme avant de rejoindre le Castel où leur père attendait avec impatience que son jeune fils, qu’il considérait déjà comme un héros de guerre, ne lui conte comment les armées du nord avaient terrassé l'ennemi sous les ordres du très grand et glorieux sénéchal du Roy.

Le dîner fut alors soudainement raccourci lorsqu’un messager vint apporter un bout de vélin dont le sceau ne pouvait que présager un texte signé de la main du prêtre officiant à Lourmel.

« Juste ciel… » S’écria Thenala. « C’est la Haute-prêtresse. Elle est arrivée à Lourmel, aujourd’hui.
-La haute-prêtresse ? Que vient-elle faire à Lourmel ?
-Une visite des temples j’imagine, Draran. Sa destination finale est Serramire.
-Oh… je vois.
-PFAH ! Moi et ces guignols en robes, cela ne m’intéresse guère. Je te laisse gérer ça Thenala ! Je m’en retourne à Outremont, voir ton frère. Je serais revenu d’ici deux jours.
-Bien père. Faites bon voyage. » Répondit-elle, un peu stressée de la situation.

« Voudrais-tu aller à son encontre ?
-Oui, je souhaiterais lui parler, qui sait… peut-être arrivera-t-elle à m’aider dans ma peine, si toutefois elle accepte de nous recevoir... »

Il fut ainsi décidé, qu’après le départ d’Harald pour Outrement, Thenala et Draran s’en iraient à la rencontre d’Irys d’Arosque au temple de Lourmel se trouvant non loin du château. Celui-ci était de taille modeste mais respirait le bon entretien.

Une fois à l’intérieur, le silence s’installa entre le frère et la sœur qui ne purent s’empêcher d’admirer cette architecture qu’ils avaient pourtant contempler maintes fois.

« Pardonnez-moi, mon père. Nous avons eu vent de votre message et donc de l’arrivée de la Haute-Prêtresse, serait-il possible d’obtenir un entretien avec elle ? C’est au sujet… enfin… je crois que cela pourrait aider ma sœur dans son deuil. »


Dernière édition par Maélyne de Lourmel le Jeu 31 Mai 2018 - 7:08, édité 2 fois
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: [Le chant du Souffle prisonnier] Acte 1 - Scène I - La révélation    Lun 19 Mar 2018 - 14:13


La colère avait laissé place à la déception.

Une déception si forte qu’Elle avait décidé de tourner Son divin regard.

Ils ne voulaient pas écouter ? Ils ne voulaient pas entendre la voix de la raison ? Et bien dans ce cas Elle n’avait plus rien à leur apporter. En tournant le dos aux Hommes elle avait emporté avec elle sa marionnette, comme une fillette qui aurait voulu jouer avec sa poupée de chiffons un peu plus loin, à l’écart des enfants bruyants et bagarreurs. Elle avait soigné sa poupée, lui avait murmuré à l’oreille sa tristesse, sa déception et parfois même sa colère. Et puis un jour, l’orage s’était calmé. Un jour, Elle avait décidé de jeter un œil et de reposer sa poupée.

* * *

Les souvenirs des dernières semaines s’échappaient, ils filaient dans ma mémoire comme de l’eau entre mes doigts. Je ne parvenais pas à saisir ce que j’avais pu faire ces derniers jours. En revanche, je savais parfaitement que de nombreuses semaines s’étaient écoulées depuis mon départ de Diantra.
Ce jour-là, j’avais quitté la capitale avec mes enfants et une troupe de soldat. Ils devaient nous escorter jusqu’à Val-Néera, Hanegard craignait pour notre sécurité. Mais au fil du voyage la voix de la Déesse avait résonné en moi. J’avais perçu sa colère face à ces guerres que son frère ne cessaient de faire déferler sur Miradelphia, sa déception de voir ses Enfants, si faibles, saisir le premier prétexte pour tirer l’épée au clair … Et un beau jour, au milieu du trajet nous ramenant chez nous, j’avais tourné la bride de mon cheval, embrassé mes enfants, et je les avais une nouvelle fois abandonné.

Pourquoi ? Aujourd’hui je ne parvenais pas à m’en souvenir. Je sais juste qu’il m’avait fallu partir très vite. Que j’avais laissé le cheval me conduire dans une course folle à travers des paysages que je ne pouvais même pas voir, sur des routes que je ne connaissais pas.
Aujourd’hui je me réveillais enfin, comme sortie d’un très long rêve. J’avais la certitude que mes enfants se portaient bien, la Déesse veillait toujours à rassurer la mère que j’étais. Si elle m’avait remise sur les routes, c’était probablement parce qu’elle avait un rôle à me confier, elle devait attendre quelque chose de sa Gardienne. Pourtant, elle resta silencieuse malgré mes questions.

Malgré l’étrange cécité qui me frappait depuis que j’étais devenue sa Gardienne, je parvins à trouver le cheval qui m’avait accompagné tout ce temps. Il était là devant cet endroit qui m’avait servi … d’abri ? Une cabane ? Une grotte ? Je n’aurai su le dire. Mais j’étais certaine de ne pas avoir très belle allure. Chacun de mes mouvements me faisaient grimacer, j’étais engourdie, comme si j’avais bien trop longtemps dormi. Etait-ce le cas ? Encore une fois Néera ne fit aucun commentaire.

Je me laissais guider par les bruits autour de moi, et bientôt je me retrouvais au pied d’une large rivière. J’étais en train de faire un brin de toilette lorsqu’un mot frappa mon esprit. Un nom.
« Lourmel »
Néera m’avait-elle parlé ? Je n’avais pas reconnu sa voix, mais ce genre de sensation ne m’était pas inconnu. C’était donc à Lourmel qu’elle voulait que je me rende… Et bien j’irai donc à Lourmel. Cela faisait tellement longtemps que je n’avais pas revu Maélyne, la Dame de Lourmel. En revanche j’ignorai à combien de lieux je me trouvais de la cité. Combien de jours voire de semaines me faudrait-il ?

En scelle depuis à peine quelques heures, je traversais un village. J’avais noué un bandeau sur mes yeux pour ne pas attirer l’attention sur moi, mais un prêtre s’approcha de moi lorsqu’il me vit descendre de cheval.


« Vous semblez revenir d’un voyage sous les montages ma Soeur… Votre mine est épouvantable même l’animal à vos côtés semble plus en forme que vous … Laissez-moi vous aider.»
L’accent du Nord que j’entendis dans la bouche de ce prêtre me soulagea autant qu’il me fit sourire. Ma robe de prêtresse, malgré son pitoyable état, devait encore être reconnaissable ! Lorsqu’il voulut prendre mon bras, je lui tendis la bride de mon cheval et me tint légèrement à l’écart. Je ne souhaitais pas retrouver le « contact » trop rapidement. J’avais l’impression d’avoir été en vacances de longues semaines et à présent je n’étais pas sûre de savoir canaliser mon don…

« - C’est sûrement le cas mon Frère. Je suis sûr la route depuis trop longtemps pour savoir exactement depuis combien de temps… Pourriez-vous me dire à quelle distance je suis de Lourmel ? »
« - Et bien votre long voyage s’achève ici ma Sœur, vous êtes à Lourmel. Je vous accompagne au Temple, vous avez besoin de vous reposer… et de vous changer également. Mais je vous préviens il y a beaucoup d’agitations au Temple. Nous avons reçu de la visite ! »

J’aurais voulu protester, lui dire que je souhaitais revoir Maélyne dès que possible, mais je ne pouvais décemment par me présenter à elle dans cet état. Je le laissais donc me guider vers le temple de Néera. Il ne fit nullement référence à la visite que recevait le temple, mais j’en ressentis l’agitation avant même d’avoir posé le pied sur la première marche du parvis.
Malgré mon précédent séjour entre ces murs, personne ne sembla me reconnaître. A croire que les prêtresses aveugles couraient les rues ! A moins qu’il n’ait pas de temps à consacrer à une prêtresse assez folle pour s’être perdue dans la nature plusieurs jours.
Je ne fis cependant aucun commentaire, trop heureuse de ne pas avoir à supporter le cérémonial qui entourait autrefois mes déplacements et mes visites.
Je retrouvais les joies des bains chauds, et la bonne odeur du linge propre. Une nouvelle robe m’avait été remise, j’avais abandonné mon bandeau et, muni de mon bâton, je quittais la petite chambre.

Malgré les nombreux couloirs, je me déplaçais toujours avec cette aisance particulière. Je tenais mes yeux baissés pour ne pas attirer l’attention. Après quelques pas, je me retrouvais dans le cœur du temple. Quelques personnes étaient là, parlant à voix basses. Probablement au sujet de cette visite qui agitait tant les membres du Culte. Je me dirigeais sans même prendre le temps de tendre une oreille vers la statue de Néera. J’étais parvenue à Lourmel. J’étais enfin arrivée là où elle voulait que je sois…


« - Mais pourquoi ici ? » murmurais-je à son attention, espérant qu’Elle m’entende enfin et qu’Elle accepte de me répondre. « - Pourquoi m’avoir guidé jusqu’à Lourmel ? Dois-je rendre visite à Dame Maélyne ?

Une fois de plus, le silence fut ma seule réponse. Je me relevais, et prit le chemin de la sortie, décidée à rendre visite à la Dame de Lourmel. Je croisais un prêtre qui remontait l’allée à toute vitesse. Impossible de l’intercepter, il semblait encore plus agité que tous les autres Prêtres du Temple. Je finis donc par m’approcher de deux visiteurs qui se tenaient à l’entrée.

« - Pardonnez-moi de vous déranger, je viens tout juste d’arriver à Lourmel, mon voyage a été très long et je souhaiterai savoir si la Dame de Lourmel est présente au castel. Je n’arrive pas à mettre la main sur l’un de mes Frères pour me répondre, ils ne cessent de courir d’un couloir à l’autre ! » J’avais ponctué ma phrase d’un sourire amusé, tout en m’efforçant de ne pas fixer mon regard rempli de brumes sur eux.
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Irys d'Arosque
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MessageSujet: Re: [Le chant du Souffle prisonnier] Acte 1 - Scène I - La révélation    Lun 2 Avr 2018 - 13:01

Depuis trop longtemps elle avait repoussé ce voyage. Les murs de la cathédrale Sainte Deina, puis ceux de Nostre-Dame de la Bienvenue en Edelys avaient été des refuges dans lesquels elle s’était enfermée de son plein gré, où les échos de la guerre ne parvenaient pas et où elle pouvait accueillir ceux qui les craignaient. A défaut de pouvoir l’empêcher, la Haute-Prêtresse de la Sainte Néera avait fait ce qu’elle pouvait pour limiter les victimes de la guerre.
Pourtant, elle savait que le jour viendrait où on lui demanderait des comptes. Irys avait longtemps évité Serramire mais aujourd’hui, elle n’y coupait plus. La prêtresse n’était pas sans savoir son marquis loin au Sud de sa capitale, et s’en réjouissait. Mais l’entrevue avec le Sénéchal serait inévitable, elle le savait. Pas aujourd’hui, ni demain, sans doute. Prochainement.

La compagnie bleue profitait des premières chaleurs de l’été pour leur périple. Les températures clémentes du Nord avaient mis du baume à ces cœurs bien souvent mis à mal par leur quotidien, où l’horreur côtoyait l’appréhension des lendemains. La guerre imprimait ses stigmates bien loin des champs de bataille…

«– Votre Bienveillance. Nous arriverons à Lourmel dans la journée, à n’en point douter.
Fort bien. Nous nous y arrêterons pour quelques jours. »

Le castel surplombait la ville basse de ses centaines de pieds de roche. Imposant éperon au confluent des rivières descendant paisiblement vers le Nord, Lourmel attirait le regard autant que son palais attirait les intrigues. Le tout se perchait en haut d’une grande falaise qui défiait le ciel par son effrontée altitude. La petite perle du Nord avait bien souffert de l’hiver et des ambitions de ses seigneurs ; autant, si ce n’était plus, que ses voisins nordiques.

«– Votre Bienveillance. »
Venus à leur rencontre depuis les portes de la cité, d’autres robes bleues se présentèrent, avec à leur tête une voix fluette qui s’annonça avec force dévotion et respect. Le jeune femme sauta de selle et posa un genou à terre, imité de ses confrères et consœurs.
«– Relevez-vous ma Sœur. Nous aurons besoin de vos yeux et de vos paroles pour atteindre le Temple. On ne m’a jamais vu autant au Nord…
Votre présence honore ces terres, Dame Irys. Je vous conduirai. »

Le Temple était en effervescence. On s’agitait dans les couloirs pour préparer une visite à l’improviste de la Haute-Prêtresse. Tous les hommes et les femmes en habits bleus se hâtaient, sans oublier une révérence de rigueur lorsque leur course croisait la marche de la vieille prêtresse. Elle dispensait à tous des sourires avenants et parfois une bénédiction chaleureuse en rejoignant les plus accommodants des appartements que comptait le Temple. A peine quelques seconde après que les murs de la petite chambre aient vu se taire le chant de prière de la Haute-Prêtresse, celle-ci s’endormit, alors même que le soleil n’était pas encore tombé.

«– Pardonnez-moi, mon père. Nous avons eu vent de votre message et donc de l’arrivée de la Haute-Prêtresse, serait-il possible d’obtenir un entretien avec elle ? C’est au sujet… enfin… je crois que cela pourrait aider ma sœur dans son deuil.
Hmm, c’est que Sa Bienveillance n’est pas disponible… Elle… Enfin, Dame Irys était épuisée de son voyage et…
Inutile, Mon Frère. Mon repos fut réparateur, je vous remercie de votre hospitalité. »

Posant un regard bienveillant sur les jeunes gens et leurs riches parures qui avaient sollicité audience, elle les invita d’un geste à entrer.
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Maélyne de Lourmel
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MessageSujet: Re: [Le chant du Souffle prisonnier] Acte 1 - Scène I - La révélation    Mar 10 Avr 2018 - 18:02


« La Dame de Lourmel dîtes-vous ? Nous venons de l’apercevoir. Elle vient d’entrer dans le temple, accompagné de son jeune frère. La bonne journée, mademoiselle. » Rétorqua l’un des deux visiteurs avant de reprendre le pas vers la basse-ville, laissant ainsi l’inconnue tout le loisir de se débrouiller pour la suite. Sans doute s’en mordrait il les doigts s’il venait à apprendre l’identité de la damoiselle. Mais soit, le voilà parti.

A l’intérieur de l’édifice religieux, Thenala se crispa dés l’arrivée de la Haute-Prêtresse. Celle-ci accepta d’ailleurs sans peine la rencontre, invitant la Dame et son frère à la suivre vers un lieu plus privé, là où les regards et les oreilles indiscrets ne pourraient les atteindre.

« Nous vous remercions, votre Bienveillance, de nous recevoir ainsi, sans que nous nous sommes acquittés d’une demande au préalable. En réalité, nous n’avons pas réfléchit longtemps avant de nous déplacer vers vous, une fois que nous avons appris votre arrivée. » Commença Draran après s’être aperçu à quel point sa sœur était blême. « Ma Sœur ici présente a hérité de la seigneurie, suite à la disparition de notre tendre cousine, Maélyne de Lourmel, il y a de cela maintenant plus de deux mois. Pourtant… et ce malgré un entourage aux petits soins, ma sœur souffre encore énormément de son absence. » Une main protectrice vint se poser dans le dos de la jeune femme. Le regard de Draran quant à lui s’attrista. Non seulement, parler de Maélyne était encore douloureux, mais cela l’était encore plus au vu de l’état de sœur bien aimée.

« Nous… J’espérais que votre sagesse saura éventuellement apaiser ses maux.
- Il est vrai que je souffre beaucoup, hélas, mais sachez, votre Bienveillance, que je ne souhaite en aucun cas vous importuner si vous d’autres affaires plus urgentes vous requièrent. Après tout… avec la guerre et la maladie, des deuils, il y en a malheureusement énormément… Et… Je ne souhaites en aucun cas être privilégiée… »

Mais alors que la Haute-Prêtresse était sur le point de lui répondre, elle qui part son simple visage pouvait déjà apaiser bien des douleurs, l'on frappa à la porte et on annonça une certaine Jena Kastelord.


Dernière édition par Maélyne de Lourmel le Dim 20 Mai 2018 - 21:08, édité 1 fois
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: [Le chant du Souffle prisonnier] Acte 1 - Scène I - La révélation    Sam 14 Avr 2018 - 20:48


La réponse des deux visiteurs me surprit autant qu’elle me ravit ! Inutile de me rendre au château puisque Maélyne était ici … Mais de quel frère parlait-il ? J’ignorais que la Dame de Lourmel eut un frère !
Je retournais donc au coeur du Temple. Guidée par je ne sais quel instinct je traversais les allées sans douter de ma direction, jusqu’à ce qu’une main vienne se poser sur mon épaule. D’un petit pas sur le côté, je me dégageais de ce contact qui me perturba quelques secondes. Dévotion et espoir mais également inquiétude et tristesse … le Prêtre qui venait de m’arrêter était tourmenté. J’avais ressenti la peine qu’il ressentait… une peine qu’il éprouvait pour une personne qui se tenait dans la pièce où je m’apprêtais à frapper.


- Je suis navré ma soeur, mais vous ne pouvez pas entrer. La Haute Prêtresse reçoit actuellement. Revenez plus tard.
- Irys est ici ? demandais-je surprise.

Sa présence expliquait toute l’effervescence qui agitait le temple, mais je ne pouvais m’empêcher de m’interroger sur la raison de sa venue. Qu’avais-je donc manqué durant … mon étrange disparition ? Pourquoi Néera m’avait-elle tenu si loin du monde ? Quel malheur avait frappé la Péninsule ?

- Il s’agit de la Haute Prêtresse ma soeur, veuillez éviter de telles familiarités lorsque vous parlez de notre Bienveillance. D’ailleurs qui êtes-vous ? Je ne vous ai jamais croisé ici. De quel temple venez-vous ?

- Excusez moi mon frère, je suis tellement surprise d’apprendre sa présence ici alors que je viens tout juste de … Enfin, laissons, je repasserai plus tard.

Une sorte de “miracle” se produisit dans l’esprit du prêtre qui me faisait face. Je suppose que le regard voilé que je venais de poser sur lui n’était pas étranger à son changement de ton. Son changement tout court, car s’il se tenait droit devant moi, la seconde suivant ce “miracle” l’avait vu s’agenouiller et s’aplatir profondément sur les dalles du temple.

- Néera soit louée … Nous n’avions plus … Nous ne savions pas ce que…. Je ne savais que vous étiez ici Gardienne….
- Allons relevez-vous, peut-être pourriez-vous m’accompagner dans les jardins ? Je pourrais patienter là-bas.

Je ne voulais surtout pas que ma présence soit criée sur tous les toits. Mon anonymat actuel me convenait très bien, j’étais donc pressée que ce prêtre cesse d’embrasser le sol avec autant de dévotion.
Fort heureusement il se redressa, se figea un instant et finit par faire quelques pas. Je m’apprêtais à le suivre quand je l’entendis frapper deux coups sur une porte qu’il ouvrit brusquement avant de m’annoncer.

Il s’écarta en s’inclinant, me laissant seule dans l’encadrement de la porte. Je ne pouvais pas voir les visages qui se tenaient devant moi, mais je sentis immédiatement la présence d’Irys…en revanche, nulle trace de Maélyne.
Je n’avais pas encore retrouvé la totale maîtrise de mon don et je fus surprise par la violence des émotions qui m’assaillit. Je fis un pas dans la pièce légèrement mal à l’aise d’avoir été introduite de la sorte.


- Je suis vraiment désolée de vous interrompre … j’avais l’intention d’attendre la fin de votre entretien, mais il faut croire que ma demande n’a pas été bien comprise …
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Irys d'Arosque
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MessageSujet: Re: [Le chant du Souffle prisonnier] Acte 1 - Scène I - La révélation    Lun 23 Avr 2018 - 19:38

Au deux jeunes nordien, à la peine attristante et l’attention mutuelle touchante, Irys offrit les seuls mots de réconfort qu’elle pouvait avoir pour eux. Gage de sa bienveillance à l’égard du frère et de la sœur, elle prit la main de l’aînée.

«– Je n’ai de considérations plus importante que l’apaisement des Fils et Filles de la DameDieu lorsque leur cœur est en peine. Votre Souffle ne vaut pas moins qu’un autre, mon enfant ; vous n’êtes en aucun cas privilégiée. »

Au sourire indulgent de la Haute-Prêtresse succéda pourtant une mine peinée. Qu’avait-elle de plus que des mots et des expressions rassurantes à donner à ceux qui avaient souffert de la guerre, des famines, de l’hiver ?

«– Je n’ai pas connu la feu Dame de Lourmel. Pourtant, on m’a souvent dit du bien de Maélyne. Ses actions dépassaient de loin le seul cadre de votre Cité. »

Le nom de Maélyne avait été bien des fois prononcé dans la bouche de la petite colombe de Beaurivages. Si Irys ne vit jamais l’amie chère et la confidente de la Comtesse de Missède, nombre de ses qualités lui furent contées par les louanges de sa nièce.

«– Mais, si vous le permettez, avant de poursuivre notre confidence, puis-je savoir comment se nomme la nouvelle Dame de Lourmel et son jeune fr…
Navré, votre Bienveillance. Ma Dame. s’annonça le prêtre, visiblement troublée. Sainte Dame Jena Kastelord est ici. »

Le père en sur-robe bleue s’effaça devant une jeune femme aux traits intemporels perlés de deux yeux à la profondeur inégalable. Une presque irréelle apparition dans un temple reculé d’une seigneurie du Nord que nul présage n’avait anticipé. Combien de fois la vieille prêtresse avait-elle supplié la DameDieu de son soutien en la personne de sa Gardienne ?
Alors que la jeune femme se confondait dans des excuses qu’elle n’était pas sensée présenter, Irys se leva, presque sans difficulté, et alla à la rencontre de la divine présence.

«– Dame Jena je… Nous ne vous attendions pas… Que nous vaut l’honneur … ? Votre présence est inespérée. »

La dextre cléricale chercha timidement le contact de celle de l’aveugle pour la guider vers le fauteuil qu’on avait aménagé pour la prêtresse.
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MessageSujet: Re: [Le chant du Souffle prisonnier] Acte 1 - Scène I - La révélation    Lun 23 Avr 2018 - 20:16


La Haute-Prêtresse avait à peine prononcé quelques phrases que le cœur de Thenala se sentait déjà plus léger. Délesté d’un premier poids : celui de sa culpabilité d’avoir ainsi osée demander audience auprès d’une femme aussi importante. La conversation dorénavant entamée, les deux enfants d’Outremont écoutaient, silencieusement, religieusement… Jusqu’à ce qu’ils soient interrompus. Jena venait d’arriver. Oui Jena… Celle qui avait déjà sauvée Maélyne, une fois, lorsque les conseillers politique de la Lourmelloise s’étaient rebellés cotre elle.

La réaction de la jeune rouquine ne se fit pas attendre. Avant même que la gardienne ne puisse se reposer sur le siège, Thenala l’avait entouré de ses bras dans un élan de tendresse qui ne cherchait que réconfort. La petite rouquine ne put retenir ses larmes tant l’émotion était grande. Quelques instants passèrent avant qu’elle ne puisse se reprendre.

« Pardonnez-moi pour ce geste… » Dit-elle d’une voix des plus timide. « Mais de vous voir ici… Maélyne vous estimait si grandement. Il n’y avait pas une journée où nous ne parlions de la Damedieu et de vous… Elle avait tant d’admiration pour vous… Et vous voir ici aujourd’hui… Cela me rappelle tous ces moments passés… » Une main vint se déposer sur ses lippes : Thenala tenta une fois de plus d’étouffer ses sanglots. Elle se retint un instant, puis un instant de plus, mais finit par craquer une seconde fois. « Je n’y arrive pas… Je n’y arrive pas sans elle… Je ne sais plus quoi faire… » C’était au tour de Draran, cette fois-ci, de l’enlacer. Il murmura bon nombre de mots réconfortants. En espérant que cela suffise à calmer le chagrin de sa sœur.

« Veuillez-nous excuser… Comme expliqué, la douleur est encore fort présente… Malgré que cela fasse déjà deux mois que Maélyne nous ait quittés. Ma Dame Kastelord, nous ne souhaitons en aucun cas nous accaparer Dame Irys. Si vous devez vous entretenir d’urgence avec sa bienveillance, nous pouvons repasser plus tard. »


Dernière édition par Maélyne de Lourmel le Dim 20 Mai 2018 - 21:09, édité 1 fois
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Jena Kastelord
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MessageSujet: Re: [Le chant du Souffle prisonnier] Acte 1 - Scène I - La révélation    Mer 2 Mai 2018 - 13:07


Introduite de force dans la pièce où recevait la Haute-Prêtresse, je me retrouvais aussitôt submergée par un flot d’émotion. Je ne m’étais pas attendue à pareil accueil et je restais silencieuse, m’avançant au milieu des personnes présentes sans trop savoir quoi dire.
L’espoir qui perçait dans la voix d’Irys retint mon attention et, légèrement hésitante, je finis par tendre la main vers elle. Son contact me permit d’apprendre que jamais sa foi en Néera n’avait vacillé, et cela fut suffisant pour me redonner le sourire. Je ne savais toujours pas depuis combien de temps je m’étais « éclipsée » de ce monde, mais à attendre mon amie, cela ne devait pas faire qu’une poignée de jours…


« Néera m’a retenu loin du monde … peut-être plus longtemps que je ne le pensais. J’étais en route vers … »

Ma phrase fut interrompue par le contact, disons même, l’élan de l’une des deux autres personnes présentent dans la pièce. Sans qu’elle ne puisse en avoir conscience, je ressentis toute la violence de ces émotions, son désespoir, sa tristesse… Elle avait mal. Terriblement mal à l’âme et au cœur. Sa douleur me laissa vacillante, le souffle coupé. Je ne parvins à retrouver mes esprits que lorsque le jeune homme l’écarta doucement de moi. Je n’avais pas saisi tout ce qu’elle m’avait dit, pourtant j’avais la désagréable impression d’avoir … manqué quelque chose.
Chose qui me fut finalement apprise par l’homme qui se tenait là.


« - Comment ? … Maélyne est … depuis deux mois vous dites ? ... »

Par Néera, combien de temps avais-je été tenu à l’écart ? Quelles nouvelles allais-je apprendre ? A cet instant mon esprit se tourna quelques secondes vers Val-Néera, vers mes enfants et vers Hanegard. J’ignorais complètement s’ils se portaient. A vrai dire, j’ignorais dans quel état se trouvait la Péninsule depuis mon départ. Et tout à coup, la détresse que j’avais ressenti dans la voix d’Irys me fit frissonner.

« Comment ? … Comment cela est-ce arrivé ? » Ma voix tremblait légèrement tant cette nouvelle me peinait. J’avais cru me rendre à Lourmel pour y retrouver une amie, finalement je n’étais là que pour prier devant sa tombe…
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Maélyne de Lourmel
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MessageSujet: Re: [Le chant du Souffle prisonnier] Acte 1 - Scène I - La révélation    Dim 6 Mai 2018 - 14:51


« C’est là une histoire bien sombre, Ma Dame… Je ne sais pas si c’est nécessaire… de se remémorer les circonstances tragiques qui…
-Elle a été assassinée. » Répondit soudainement la Dame de Lourmel d’une voix des plus tremblantes.

« Il y avait la guerre en Etherna… contre le Marquis d’Odélian. Une rébellion que Maélyne ne cautionnait pas. Mais elle était menée par son mari ; Guillaume et par le seigneur de Caerlyn, elle se devait de rester à ses côtés. » Continua-t-elle doucement, s’agrippant toujours aux bras de son jeune frère. Draran aurait préféré éviter de reparler de cette histoire mais sa sœur semblait tenir à informer Jena des faits. Après tout, celle-ci était une vieille amie de sa cousine et le lien qui unissait ces deux jeunes femmes allaient au-delà de ce que quiconque aurait bien pu imaginer.

« A force de persuasion, Maélyne a réussit à convaincre son mari de s’entretenir avec le Marquis. Ils se sont alors rendus à Etherna, là, ils se sont fait surprendre par une tempête et le seigneur de Caerlyn en a profité pour attaquer. Il poignarda Guillaume avant de s’en prendre à Maélyne, profitant de la situation pour accuser le Marquis d’Odélian de cette attaque et ainsi raviver la flamme de la révolte.
-Néanmoins, Maélyne et Guillaume furent retrouvés par des villageois qui se sont attelé à les soigner. Là où Guillaume guérit miraculeusement, Maélyne quant à elle… fut emportée par l’infection de sa plaie.
-Elle repose désormais dans le tombeau familial. » Termina Thenala qui lâcha enfin son frère. Sa main vint essuyer ses joues puis elle s’accapara de celles de Jena, s’agenouillant devant elle.

« Je ne devrais pas être aussi fragile… Après tout ce temps… Mon devoir, désormais, est de régner sur Lourmel et de me montrer à sa hauteur. Mais je passe mes journées enfermée à pleurer sa perte. Il me faut faire mon deuil, mais je n’y arrive pas. »

Maintenant que les douloureuses explications furent données, Thenala et Draran d'Outremont quittèrent un instant la pièce, laissant soin à la gardienne de se remettre de cette terrible nouvelle. Ils attendirent patiemment dans la nef du temble, silencieusement dans un premier temps, puis ils se mirent à prier.

Il fallut un peu de temps à Jena de reprendre ses esprits puis celle-ci revint à la rencontre des deux Lourmellois. D'un ton sincère et qui transpirait la gentillesse, l'ancienne Baronne d'Alonna leur demanda s'il était possible de se recueillir sur la tombe de son amie, Maélyne.

Ce qui fut accepté non sans peine.

Le tombeau familial se trouvait au sein même du château, en profondeur, là où les statues représentants les différents membres passés de la famille étaient sculptées à même la roche. Il existait plusieurs salles qui se suivaient les unes après les autres; la lignée des Lourmellois remontait à plusieurs siècle et chaque membre avait ici sa place.

Ils marchèrent, le long des couleurs obscurs éclairées par de simples torches jusqu'à la toute dernière salle. Là, la gardienne s'aperçut de la nouvelle réalisation des artistes Lourmellois. Une statue représentant Maélyne sculptée aux côtés de celle de Lyanna et d'Aline.

Il n'en fallut pas plus pour que Thenala s'adonne à de nouvelles larmes alors que la gardienne, elle, se sentit soudainement envahir d'un étrange sentiment.
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MessageSujet: Re: [Le chant du Souffle prisonnier] Acte 1 - Scène I - La révélation    Mar 22 Mai 2018 - 13:55


Quelques gouttes de plus se perdant à la surface de l’océan. Une, deux, trois, quatre, des larmes versées par les vivants en tribut au monde leur ayant volé le Souffle d’un bien-aimé. Une, deux, trois, quatre gouttes d’eau salée venues rejoindre une légion de ses sœurs. Tyra nourrit son Abysse de la tristesse des vivants, la mêle à ses flots pour la transformer en la première épreuve de ceux qu’elle recueille. Ainsi, la Voilée confronte les Souffles à la vérité de leur départ, les confronte aux souffrances des vivants, les expose aux peines qu’ils ont laissés en arrière.

Certains Souffles traversent le mur de larmes rassurés, car leur conscience tranquille trouve réconfort dans les pleurs de leurs proches. La barrière est la preuve qu’ils ont été aimés, et que leur souvenir leur a survécu.
Certains Souffles rencontrent des forteresses de glace, érigées par la juste et froide colère de ceux à qui ils ont fait du tort. Ceux qui ont pleuré longtemps avant que la mort ne vienne prendre leur bourreau. Ces larmes dont le sel a déjà coulé au fond de l’Abysse, et dont l’eau douce a eu le temps de se figer.
Certains Souffles parmi ceux qui devraient être accueillis sans peine dans les limbes se refusent d’eux-mêmes à y plonger. Ces Souffles-là se construisent leur propre épreuve, plantent à leur sein des aiguilles de leur propre confection. Ces Souffles-là ne trouvent pas de confort dans les larmes même les plus chaleureuses, se sachant coupables d’avoir enfermé leurs aimés dans un deuil trop difficile.

Ils hurlent longtemps, ces derniers Souffles. Ils hurlent à la Vie et à la Mort, implorent Néera et Tyra de les entendre des ennéades, des années, des siècles, une éternité durant. Ces Souffles-là s’étiolent petit à petit, perdent lentement mais sûrement leur pureté pour ne plus devenir que désespoir errant à la surface du monde, à tout jamais privés de leur corps, car leur heure était venue. Ils deviennent les souffreteux qu’il incombe aux vivants d’apaiser, dans l’espoir qu’un jour à l’océan des larmes ils soient rappelés.

Au-dessus de l’Abysse, elle hurle, elle hurle. Face au jugement qu’elle s’impose, elle hurle contre l’éternité. La Dame de Lourmel se refuse à trouver la paix.

_________________
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MessageSujet: Re: [Le chant du Souffle prisonnier] Acte 1 - Scène I - La révélation    Mer 30 Mai 2018 - 17:45

Le choc fut violent. Thenala était déjà terriblement bouleversée par la disparition de sa tendre cousine, mais jamais ne s’était-elle préparée à devoir faire face à une telle révélation. Jamais n’aurait-elle crue que Maélyne ne reposait pas en paix ; elle se l’était imaginée voguer jusqu’au Royaume de Tyra, où la Voilée l’aurait acceptée sans aucune hésitation quelconque, lui offrant même une place de choix parmi les siens et notamment auprès de sa fille, Aline.

Mais au lieu de cela, et au vu des révélations de Jena, gardienne de la Damedieu, Maélyne se refuserait à partir. En d’autres termes, son âme était restée bloquée dans ce monde, peu enclin à laisser les siens derrière elle. Pourtant, il y avait autant de personnes qui l’attendaient là-bas que de personnes qu’elle quittait, cela était incompréhensible pour la jeune femme, incompréhensible au point qu’elle se mit à douter des révélations de Jena.

Non, elle n’y croyait pas et elle n’y croirait sans doute jamais : pour elle, Maélyne était partie auprès de sa sœur jumelle et surtout de sa fille et ne se serait jamais infligée cela. Pourtant, c’était bien mal connaître sa cousine car pour avoir elle-même souffert plus d’une fois de la disparition d’un être aimé, la Lourmelloise n’aurait reculée devant rien pour épargner aux peu de proches qui lui restait une douleur similaire.

Draran quant à lui était resté pantois et muet. Le jeune chevalier, récemment adoubé était un fervent croyant. Pour lui, même le merdeux du coin pouvait avoir raison s’il venait à lui révéler quelconque information des dieux. Peut-être était-ce dû à son jeune âge mais Draran était des plus naïfs lorsqu’il était question des dieux et de leurs interventions.

Il regarda sa sœur quitter le tombeau, fâchée puis il entreprit une longue conversation avec Jena. Un échange qui parut durer des heures tant le questionnement était grand. La gardienne offrait même parfois de long silence durant lesquelles elle tentait, semblait-il, à trouver des réponses auprès de la Mère de tous les hommes. Mais rien.

« Pardonnez-moi mais… Et si nous demandions l'avis des prêtres de Tyra ? » Se permit-il de demander innocemment, se demandant s’il ne venait pas là de faire une bourde monumentale. Mais miracle ou pas, Jena venait d’acquiescer. Il fut alors très rapidement décidé de quitter Lourmel non sans avoir vainement d’avoir tenté de convaincre Thenala. Celle-ci n’acceptait pas que son frère reparte aussi vite alors qu’il venait à peine de rentrer de campagne pour quelques jours.

« On t’attend à Diantra. Tu n’as pas à partir à l’aventure Drarar, pas maintenant ! Pas alors que le nord vient de remporter une guerre victorieusement !
- Je dois partir ; je dois savoir et justement, nous nous rendons à Diantra, je dis juste que je risque de ne pas y rester s'il advenait que la Gardienne ait besoin de mon aide. » Thenala ne lui répondit rien, dans un premier temps, avant de lui conseiller de partir avant le retour de leur père, auquel cas il risquait fort bien de se ramasser la plus violente des gifles.

C’est à l’aube du lendemain que Draran prit la route aux côtés de Jena et accompagné d’une dizaine de volontaires. Leur première destination serait autre que Velteroc ; l’ancienne baronne d’Alonna voulait avoir des nouvelles de son époux et de ses enfants. Une fois ceci fait, ils se rendraient à Diantra.
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MessageSujet: Re: [Le chant du Souffle prisonnier] Acte 1 - Scène I - La révélation    

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