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 Gagner la Guerre

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Roderik de Wenden
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Roderik de Wenden

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MessageSujet: Gagner la Guerre   Gagner la Guerre I_icon_minitimeJeu 22 Mar 2018 - 20:06


Dixième année du onzième cycle
Deuxième ennéade de Verimios, premier mois d'été
Le quatrième jour...


A l'ombre des murs de la cité ducale flottait une odeur de viande grillée. Elle se mêlait aux senteurs amères que charriait le vent marin et s'insinuait dans tout le campement ; elle chatouillait les narines des hommes désœuvrés qui jouaient aux cartes en buvant de la mauvaise bière ; elle s'insinuait jusque dans les tentes, surprenant le commerce des filles de joie pour y éveiller d'autres appétits. Le temps était au beau fixe pour un barbecue en plein air. On était en pays ami, l'on n'avait que cela à faire chez le simple soldat ; rien qu'à se prélasser sous le soleil de plomb soltari et profiter de l'instant, car l'on savait trop bien que cette accalmie n'était qu'un prélude à la tempête.

Mais plus entêtant que l'odeur de feu de bois et de saucisses était ce chant incessant que l'on entonnait à tout moment, à un coin ou un autre du campement, et qui était immédiatement repris en écho dans les tentes alentours.

Le bon roi Glenn est un preux guerrier
Le bon roi Glenn est un preux guerrier
Arcam lui demande « Glenn ? »
Arcam lui demande « Glenn ?
Pourquoi occire des elfes ? »
Le bon roi Glenn est un preux guerrier
« Pourquoi occire des elfes ?
Quand tu peux les épouser. »

Le bon roi Glenn nous assiège
Le bon roi Glenn nous assiège
Arcam lui demande « Glenn ? »
Arcam lui demande « Glenn ?
Pourquoi sortir ton glaive ? »
Le bon roi Glenn nous assiège
« Pourquoi sortir ton glaive ?
Tends-leur plutôt un piège. »

Le bon roi Glenn protège la vierge
Le bon roi Glenn protège la vierge
Arcam lui dit « Glenn ? »
Arcam lui dit « Glenn ?
Ton ami Altiom sait la distraire »
Le bon roi Glenn protège la vierge
« Ton ami Altiom sait la distraire
En lui montrant sa verge. »

Le bon roi Glenn voulait une couronne
Le bon roi Glenn voulait une couronne
Arcam lui demande « Glenn ? »
Arcam lui demande « Glenn ?
Mais pourquoi la conquérir ? »
Le bon roi Glenn voulait une couronne
« Mais pourquoi la conquérir ?
Quand les drows te la donnent. »


La chanson du barde Hunoald s'était répandue dans l'ost plus rapidement qu'une maladie vénérienne, tant et si bien qu'à peine deux jours après avoir quitté le pays de Pharem, Roderik n'en pouvait déjà plus de l'entendre. La chanson, pourtant, continuait d'être entonnée inlassablement par les Scylléens, et avait été reprise en chœur par tous les paysans soltaris qui croisaient leur chemin à mesure que la troupe à l'étendard royal descendait vers la cité ducale. Il faut dire que l'air était fort simple et très répétitif ; il fallait bien cela pour que le petit peuple puisse en retenir les paroles. On se gaussait du roi d'au-delà des mers, on se gaussait de son pion Altiom, et cela était fort bon pour l'humeur ; mais derrière l'innocent amusement cheminait l'idée que le chant voulait faire passer : Glenn Hereon, le roi-mercenaire adepte d'Arcam le Dieu Fou, le fornicateur d'elfes, était venu asservir le sud, et son âme damnée Altiom Sans Terre avait séduit la naïve comtesse Aléandra, laquelle était désormais sous sa pleine emprise, aussi bien mentale que physique. Ydril était tombée entre les mains d'un roi étranger pactisant avec les drows, et si l'on n'y mettait pas bon ordre, c'est tout le royaume qui tomberait bientôt sous la coupe du Puy d'Elda.

Vue sous cet angle, la guerre qui avait débuté prenait une toute autre envergure. Ce n'était pas là la querelle de quelques seigneurs autour d'un bout de terre, non ; c'était une lutte à mort entre fidèles de Néera et suppôts d'Arcam, une lutte à mort pour la survie des peuples quelle que soit leur extrace. C'était, au bout du compte, le Bien contre le Mal. C'était tout du moins la manière dont Roderik la présentait. Et partout où passa l'ost, et partout où résonna le chant, l'on se mit à haïr l'Estréventin comme s'il se fut agi d'une véritable armée de Sombrelfes. Car Roderik le rappelait constamment aux hommes, chaque fois qu'il prenait la parole devant eux : « Ce que nous voulons », disait-il, « c'est la paix du royaume, car notre ennemi, notre véritable ennemi, ce n'est pas Ydril ; notre ennemi, c'est l'Estréventin ! »

C'est donc sous l'air lassant de cette entêtante chanson que Roderik revint à Soltariel, fort d'un parti de guerriers scylléens dont beaucoup venaient de la Brande, emmenés par le vicomte de Papincourt en personne. Tous ces hommes, amenés là par le Chancelier et qui campaient au-dehors de la ville, ne seraient pas les seuls. Soltariel avait proclamé la levée du ban quelques ennéades plus tôt et convoquait l'ensemble de ses vassaux tout en pourvoyant au ravitaillement ; en attendant, l'arrivée des Scylléens voyait pousser une forêt de tentes, formant peu à peu un vaste faux-faubourg autour des vrais-faubourgs. La compagnie de cette bande de preux réjouissait Roderik, réveillant en lui des souvenirs de bataille pas si anciens ; elle lui rappelait qu'il avait grandi en guerrier, non comme un clerc ou un diplomate, et que cette guerre lui permettrait de réveiller sa vraie nature. La couronne avait levé les moyens de sa puissance ; ne restait pour gagner qu'à bien l'exploiter.

Escorté par une poignée de chevaliers, le Chancelier entra en ville sous les regards curieux des petites gens et des marchands bedonnants. Paradant en guerrier revêtu de son armure de plaques, se tenant bien droit du haut de son destrier, Roderik avait rarement été aussi beau qu'en ce jour, quoiqu'il persistât à garder sa barbe et ses longs cheveux. Il était attaché à son origine arétane - et il savait aussi que personne ne le reconnaîtrait s'il se présentait glabre et les cheveux coupés courts. De toute évidence, le Nordien était aisé à identifier : dans la foule, on pointait du doigt le Chancelier tout en se demandant s'il amenait avec lui le petit roi ; on chuchotait à son sujet nombre de choses, évoquant sa disparition dans les eaux profondes de l'Olienne. Les plus superstitieux allaient jusqu'à admettre que Tyra l'avait rendu à la grâce de Néera pour qu'il puisse conduire le bras vengeur de la DameDieu contre les suppôts d'Arcam. Lorsqu'il était confronté à la rumeur, Roderik ne se donnait pas la peine de la commenter - et s'en donnait encore moins pour l'infirmer. Il se contentait d'inspirer la foule et de la laisser écrire l'histoire, pourvu que l'histoire servit les intérêts de la royauté.

Parvenu aux abords du palais ducal, Roderik fut accueilli par un héraut de la duchesse, et alors qu'on s'attendait à voir le Chancelier solliciter une audience auprès de Son Altesse Tibéria, sa demande fut brève et tranchante :

« Vous informerez votre maîtresse de ma présence et lui transmettrez mes salutations. Que l'on fasse savoir aux principaux chefs d'ostes que je sollicite leur conseil dans une heure. »

HJ:
 


Dernière édition par Roderik de Wenden le Mer 16 Mai 2018 - 15:05, édité 1 fois (Raison : correction orthographique)
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MessageSujet: Re: Gagner la Guerre   Gagner la Guerre I_icon_minitimeSam 24 Mar 2018 - 13:37


Pendant l’absence du chancelier, personne ne chôma à Soltariel. L’ordre officiellement lancé, la ville se transforma en véritable fourmilière dont l’activité ne faiblissait jamais, peu importe l’heure du jour ou de la nuit. Les Soltarii avaient quelque chose à prouver et ils s’appliquaient avec la plus farouche volonté à le faire. Une véritable ville de tentes fit son apparition en bordure de la cité, élaborée avec la plus grande précision pour accueillir un maximum d’hommes. Un flot continuel d’hommes en uniforme allait et venait pour transmettre les instructions et les dernières nouvelles. La ville bouillait d’activité depuis un certain temps déjà, cette fois, un regard extérieur pourrait croire qu’elle était sur le point d’exploser, mais nulle part on ne sentait la panique, nulle part on ne sentait le doute ou la peur. En fait, ils étaient tous sauvagement excités. Si les généraux et les capitaines affichaient un air de contrôle mesuré, les soldats tenaient difficilement en place. Ils étaient tous en grande forme et pressés plus que jamais de chasser la menace du duché. Ici et là on s’entraînait. On dégainait les épées, on revoyait les techniques et on se mesurait l’un contre l’autre en prenant soin de ne pas se blesser. Ce serait dommage de rater la fête. Lorsque l’armée de scyléens arriva, les hommes furent accueillis à grand bruit, comme on pouvait s’y attendre des soltarii, reconnus pour leur exubérance. On leur dit où s’installer et maintenant, il ne restait plus qu’à attendre l’ordre final de se mettre en marche.

L’intérieur du palais n’était en rien plus calme de ce qui se passait en ville. Tibéria se montrait peu, occupée par toutes les décisions et les rencontres qu’elle devait tenir. Elle était au moins encouragée par la confiance de son sénéchal. Les hommes n’étaient pas partis en guerre depuis un moment, ils étaient en grande forme et ils avaient les moyens de tenir. Tibéria s’entretenait justement avec Vittore lorsqu’on se présenta à elle pour annoncer le retour du chancelier et son désir de s’entretenir avec elle dans la prochaine heure avec les différents chefs d’Ost. « Il est temps de réunir tout le monde. Vittore, allez chercher vos hommes, je me charge du reste. La rencontre aura lieu dans la salle du conseil. »

Une heure plus tard, ils étaient tous réunis dans ladite salle autour de la grande table en bois vernis dont le centre était orné d’une incrustation de nacre représentant le soleil. Tibéria à son extrémité était encadrée d’un côté par Vittore et son air grave et de l’autre par le chancelier. « J’espère que vous êtes satisfait par l’avancement de nos préparatifs. » Lui dit la duchesse qui avait troqué entre temps son air apeuré et épuisé par une mine franchement résolue.
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MessageSujet: Re: Gagner la Guerre   Gagner la Guerre I_icon_minitimeDim 25 Mar 2018 - 19:13




Quelle route ! Toute une suite de chevaliers, d'écuyers, de sergents et de valets d'armes avec leurs montures les avaient rejoins ! A cette équipée s'étaient mêlés de bien méchants reîtres des Cités Libres et quelques moines-guerriers qui sentaient bien que l'échauffourée à venir apporterait son lot de bagarres et de bravoure pour le compte de leur dieu. C'était une troupe aux livrées éclatantes : bannières, pennons et oriflammes avec leurs couleurs criardes.
De quoi réjouir la populace, toujours friande de ce genre de cortège lorsqu'il n'empiète pas sur ses terres et ses récoltes. La troupe avait bien vite découvert les charmes et l'exubérance de ce Sud si étrange et si ostentatoire, (même pour les gens du Langecin !). Ce qui n'avait pas manqué d'égayer le chemin !
Pourtant, de tout le trajet, Lohie n'avait presque pas décroché un mot à ses compagnons et c'est à peine s'il avait rit à quelques saillies de son bouffon, Tournemain.
Cédant à la mode instaurée par Roderik à Laréor, il s'était laissé pousser un début de barbe noire qui lui rongeait les joues et lui donnait un air un peu farouche et froid. Un soir de libations, alors qu'il avait carrément abusé de la bibine, il avait même fait le serment devant ses pairs de ne se point raser tant que le Sans Terre serait assis sur le trône d'Ydril ! Et le barde Hunoald, amusé et charmé par l'esprit chevaleresque du béjaune, avait aussitôt retranscrit ce serment en quelques vers biens audacieux.
Pas de quoi rehausser le moral du vicomte pour autant ! A ses proches amis, qui chevauchaient à ses côtés et le questionnaient sur son état taciturne, le damoiseau avait à peine répondu en marmonnant qu'il lui était arrivé quelque chose d'un peu fol à Laréor et qu'ils ne devineraient jamais ce qui lui arrivait.

- J'imagine que Monseigneur est amoureux, osa un chevalier à l'air farouche.

- Si fait ! soupira le vicomte en s'épongeant le front et en pressant sa monture. Je suis amoureux, entendez-vous ?! Amoureux corps et âmes, Garulan !

Emboitant le pas à Garulan de Riveruin, l'otage Veltérien qui les accompagnait depuis Christabel, un autre chevalier, s'éclaircit la voix et sourit d'un air entendu.

- Si je comprends bien messire, c'est la deuxième fois depuis que nous sommes partis pour le Médian.

- Certes et alors, Monventeux ? Ce qui compte après tout, c'est que lorsque je tombe amoureux : c'est pour de bon !

Et à ces mots, le jeune seigneur s'était lancé à demi-mot, dans la description de la belle et exaltante passion pour la belle aux cheveux couleur de feu qui s'était emparée de lui une ennéade plus tôt !
malgré les demandes et les questions pressantes de ses amis, il avait pris garde de ne pas citer son nom. Car c'était - assurait-il - une dame de haut lignage et il lui incombait d'en préserver la vertu et l'honneur.
Comme dit plus haut, il était un peu poète et en compagnie du barde Hunoald qui l'avait pris en sympathie, il avait composé une ballade dédiée à la douce dame qui habitait ses pensées. Autant dire que pour certains, le voyage fut très long.

Lorsqu'ils pénétrèrent dans la grande salle du palais ducal, un peu perdu, il se plaça aux côtés des autres capitaines royants autour de la table, face à la duchesse et au chancelier. Il ne lui appartenait pas de prendre la parole dans un premier temps, mais il avait plus d'une question à poser à leur hôte. A commencer par l'absence voyante de ses vassaux sybronds et ysarins autour de cette table.


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MessageSujet: Re: Gagner la Guerre   Gagner la Guerre I_icon_minitimeVen 6 Avr 2018 - 18:38


Pour un conseil réunissant les principaux chefs d'ostes de la formidable coalition du sud, on ne pouvait s'empêcher de trouver la salle un brin clairsemée. Sans doute les places vides des représentants de Sybrondil et d'Ysari rendaient-elles la chose encore plus flagrante ; et le fait que la duchesse ait pris la parole, ouvrant de fait le débat, sans s'émouvoir de ce que ses grands vassaux jouent la politique de la chaise vide laissait entendre qu'elle n'en tirait aucune surprise. Les relations entre les principales cours méridionales n'étaient, de toute évidence, pas un long fleuve tranquille ; il en allait de même dans le nord, pourtant l'expérience avait montré que les Nordiens savaient mettre de côté leurs différends lorsqu'ils se trouvaient un ennemi commun - quand bien même ils reprenaient leurs vieilles querelles sitôt le péril éteint.

Roderik tapotait machinalement du bout des doigts sur la table, un peu agacé par ce constat. « Ma satisfaction importe peu ; mais j'escompte bien que Sa Majesté sera satisfaite le jour où nous lui restituerons ses biens. » Il tourna la tête, son regard passant en revue les différents seigneurs présents, s'attardant sur le jeune seigneur de Papincourt qui avait mené avec lui un contingent scylléen conséquent. Le damoiseau faisait preuve d'un zèle et d'une bonne volonté qui ferait rougir n'importe quel royaliste ; mieux valait que les autres en prennent de la graine. Aussi décida-t-il de le présenter à l'assemblée, afin de le distinguer parmi les autres et que tous le connaissent aussi bien de nom que de visage. « Messeigneurs, je vous présente le preux Lohie de Brandevin, Seigneur de Papincourt, qui s'est battu dans le Médian aux côtés du Sénéchal et de tous les braves triomphateurs du vil Nimmio le Maudit. Non rassasié du sang des traîtres, il s'est joint à nous afin de porter une nouvelle fois le glaive contre les ennemis de Sa Majesté. » Roderik sourit. « Bien ! Nous nous réunissons ce jour pour décider de la bonne marche à suivre. Messeigneurs, vous ne savez que trop d'où je viens ; si l'art de la guerre m'est familier, les contrées du pays d'Ydril me sont étrangères. Aussi je requiers votre conseil. Où se terre l'Estréventin, et quelles sont ses forces ? L'on me dit que le peuple ydrilote, empoisonné par les mensonges d'Altiom Sans Terre, se satisfait de la domination de l'envahisseur et que les châtelains acceptent la suzeraineté forcée de Naelis. Chaque jour qui passe, l'Ydril se renforce dans la forfaiture. L'Estréventin se risquerait-il à nous affronter en terrain ouvert, ou faudra-t-il que l'on mettre le siège devant chacune de ses places fortes ? »

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Victoria di Maldi
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MessageSujet: Re: Gagner la Guerre   Gagner la Guerre I_icon_minitimeSam 7 Avr 2018 - 9:58


« Le plan semble fonctionner à merveilles.
- Je sais, Gregorio.
- Nos chance de l’emporter sur nos ennemies ne fait que grandir de jour en jour. »

Le voyage fut long. Le visage de Victoria pouvait témoigner d’une légère fatigue qui commençait à doucement s’installer mais malgré cela, la comtesse avait tenu à chevaucher. Suite à son dernier voyage, son arrivée fut retardée d’une journée, arrivant ainsi le 4ème jour au lieu du 3ème. Les autres vassaux Sybronds quant à eux, attendaient leur suzeraine à la frontière Soltari, ainsi le chemin en terres Soltaar se ferait avec un groupe soudé et armé qui arborait chaque couleur des bannières Sybrondes tandis que l’armée elle, attendait patiemment les ordres en Sybrondil.

«- Le conseil commence sous peu, ma Dame, je le crains.
- N’attendent-ils donc pas l’arrivée de tout le monde ? Qu’est-ce que cela leurs apporte de mener un conseil s’il n’y a personne pour conseiller ?
- Je crains que les hommes du Roy ne soient guerre patients.
- J’ai remarqué les bannières du Roy oui, le sénéchal nous fait il l’honneur de sa présence ?
- Non ma Dame, c’est le Chancelier Rode...
- Quoi ?! N’a-t-il donc rien de mieux à faire ce diseur de lois ?! Il nous faut des hommes de guerre tels que le Sénéchal et certainement pas un homme de lettre pour mener telle armée ! »

Contrarié, non seulement par le manque d’intérêt que semblait porter le Sénéchal à cette crise suderonne mais également par la présence d’un homme qu’elle aurait souhaitée ne pas revoir aussi vite ; elle continua la discussion qui avait lieu dans une bâtisse situé dans la haute-ville où les Sybronds avaient élu domicile, là où le venin ni les oreilles des Soltaris ne pourrait les atteindre. Sentant le poney à trois lieues à la ronde, Victoria se faisait une rapide toilette, se recoiffait et changea de tenue avant de se rendre au palais.

Là, on annonça enfin les Sybronds qui, une fois à l'intérieur de la salle du conseil, saluèrent au passage l'assemblée, s'excusèrent auprès des hommes du Roy de leur retard, avant de prendre place.

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MessageSujet: Re: Gagner la Guerre   Gagner la Guerre I_icon_minitimeSam 7 Avr 2018 - 13:47





Félipé Cortès di Alcacio, commandeur de l'arsenal naval de Boniverdi, siégeait aux côtés des grands vassaux et autres seigneurs du sud. L'on ne pouvait dire que l'ambiance était bonne, ni que l'assurance de la victoire était déjà vue. Avec toutes les dernières mésaventures de ces derniers temps, il n'y avait clairement pas de quoi festoyer. Ainsi, lorsque tout le monde prit place afin d'écouter le Chancelier nordien, Félipé attendit qu'il eut terminé pour distribuer à tous et chacun un exemplaire de la Magna Carta. Celle-ci, rédigée avec l'appui de tous les signataires, avait pour but de mettre un coup d'arrêt à l'improbable règne de leur suzeraine encore présente. Conscient qu'il jouait gros à l'instant même où il vit les yeux des seigneurs parcourir les lignes. Il savait aussi que sans cela, Soltariel irait droit dans le mur. Le sang de bons marins avait déjà suffisamment coulé du fait de l'incompétence notoire de leur suzeraine. Il était temps que cela cesse. Quoi de mieux alors que de profiter de la présence de tout le monde.

-Mes seigneurs, j'en appelle à vous pour signer cette charte si vous soutenez notre cause. Il est de notre devoir de faire en sorte que les choses changent pour que la guerre menée contre l'infâme Altiom Sans-Terre puisse être gagnée. Je demande au Chancelier ici présent, représentant du Roi, de nous accorder sa protection et de nous assurer qu'un sauf conduit nous soit octroyé jusqu'en nos terres.
 


Magna Carta Soltaari

Par cette présente Charte, nous faisons état des manquements et forfaits commis par les suzerains de Soltariel, duc et duchesse, Franco di Celini et Tibéria de Soltariel.

Par cette présente Charte, nous autres signataires nobles de Soltaar, demandons que procès soit soumis au couple ducal de Soltariel afin de répondre de leurs actes concernant leurs chefs d’accusations.

Par cette présente Charte, nous demandons la confiscation provisoire du duché de Soltariel par le pouvoir royal et nous soumettons la mise en place d'un conseil de régence qui assurera la direction du duché durant le temps que prendra le procès.

Le seigneur suzerain dispose de droits et de devoirs. Ces devoirs étant d’assurer la protection de ses vassaux, de respecter les droits de ses vassaux et de ne pas être auteur de félonie où d’acte de sédition à l’encontre du Royaume. Pour cela, nous autres, signataires de la Charte, accusons le duc Franco di Celini et son épouse Tiberia de Soltariel, d’avoir enfreint les règles et de s’être prémunis de non-droits.

Ces accusations sont les suivantes:  

-Non protection de la terre vassale d’Ydril, laissée à son sort pour affronter l’invasion d’Altiom sans Terres et du Roi de Naelis.

-Non-respect des règles élémentaires de la guerre navale en ayant outrepassé toute logique défensive dans l’établissement du blocus maritime. Celui-ci s’étant soldé par un échec, nous demandons les dédommagements nécessaires.

-Abus d’autorité, suivi d’un emprisonnement arbitraire et sans procès à l’encontre d’Angelina de Solaria, vassale du duché de Soltariel. Le procès équitable est un droit vassalique, qui en étant outrepassé lui aussi, démontre l’incompétence du pouvoir ducal et démontre ses abus et l'octroi de non-droit.

-La trahison du duc Franco di Celini, suite aux faits rapportés et étant survenus à Port-Cinglant. Nous demandons que le duc de Soltariel réponde de ses actes. En son absence, nous demandons à ce que ce soit son épouse, liée par les liens du mariage, qui en soit jugée responsable.

Tout manquement et refus à la demande de jugement par la Cour des pairs du Royaume signera un déni de justice royale. De facto, la non-observation de cette demande formulée par les signataires de la Charte, donnera lieu à une réclamation de déchéance immédiate.

Par cette présente Charte, les signataires, demandent le protectorat royal afin d’éviter tout représailles excessifs et abusifs à l’encontre de leurs terres et de leurs personnes. La liste des signataires est non exhaustives et pourra être signée par d'autres seigneurs de Soltariel et des terres vassales ayant pris acte de cette Charte.

Les signataires de la Magna Carta Soltaari

Signore Cortès di Alcacio, Signore Cortès di Castigliani, Signore di Corelli, Signore di Giovanelli, Signore di Poniti, Signore di Petroli, Signore di Tertia, Signore di Lambruzzia.


HRP:
 
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Lohie de Brandevin
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MessageSujet: Re: Gagner la Guerre   Gagner la Guerre I_icon_minitimeSam 7 Avr 2018 - 18:34




A peine avait-il présenté le sire de Papincourt, que le coeur du damoiseau se gonfla de fierté à l'idée d'être ainsi mis à l'honneur devant tout ces hauts hommes et ces dames de grand prestige. On lui envoyait des fleurs, d'une façon simple et sans emphases. Sobre, à l'image du chancelier. Et c'était un geste qu'il appréciait d'autant plus qu'il était probablement le plus jeune en cette assemblée, exceptées peut-être la comtesse et la duchesse.
Il ne lui déplaisait point de servir cet homme auprès duquel il sentait qu'il pourrait apprendre bien des choses, aussi bien en l'art de la guerre que dans celui de gouverner. Cet homme serait peut-être celui à qui il devrait son élévation plus tard... Une fois de plus, Lohie se sentit satisfait d'avoir lier sa destinée à celle du chancelier pour lui prêter main-forte. Lohie se délectait des prochaines batailles ! Mais il sentait alentour un climat de manigances, de complots et - peut-être ? - de tueries à venir et cela le mettait mal à l'aise.
Que répondre à ce compliment ? Rien ! Le jeune chevalier s'inclina en un signe de remerciement envers le seigneur du Nord et resta dans la silence... pour quelques instants seulement.
Il n'aurait oser seulement imaginer ce qu'il allait suivre. Il n'y avait bien que le Sud pour vous offrir de pareils revirements de situation.
Avec un sens de l'art et de la mise en scène qu'aurait gouté n'importe quel comédien du Langecin, l'affaire prit un tour des plus inquiétants. Alors que le chancelier avait débuté depuis quelques instant à peine, voilà qu'un seigneur suderon dont il ignorait le nom interrompait l'exposé de la situation et se mettait à distribuer ses libelles à l'assemblée des capitaines et des seigneurs.
Le vicomte vit rouge et ne goûta guère la manoeuvre. D'autres royants déjà, s'offusquaient de cette initiative inattendue et grondaient. Avant même de lire la charte, la langue du jeune sire claqua, réprobatrice :

- Foutre, Monsieur ! Est-ce ainsi qu'on mène un conseil de guerre de par chez vous ? Au delà de toute étiquette et par des coups de palais ? Son excellence le Chancelier s'est enquit des forces de l'ennemi et vous l'interrompez pour changer de sujet... avec votre pétition !

Eh quoi ? Où se croyait-il ce maraud !

- Nous autres seigneurs brandais et scylléens sommes comme étrangers en cette contrée ! Ne pouvez-vous attendre que nous en ayons terminé avec la présentation de la situation, pour être les plus à mêmes de juger de la suite ? N'avez-vous déjà par trop éludé le plus important et ce depuis bien assez longtemps ? Je parle bien sûr de l'invasion de vos voisins !

Il importait qu'il se montra dur crut-il, il fallait hausser la voix devant ces prétentieux. Interrompre le conseil avant même qu'il n'ait commencer, n'était-ce pas là un manque de respect envers le chancelier, la duchesse et la couronne réunies ? En bousculant ainsi l'ordre du jour, ce foutriquet prétendait-il retarder encore d'avantage la résolution de cette guerre ?
En parlant ainsi, le damoiseau faisait parler ses sens avant son jugement. C'était péché d'orgueil, lui aurait répondu l'aimable frère Porcelet. Peut-être que le chancelier ne gouterait guère cette initiative de la part de son soutien. Mais Lohie était ainsi, un damoiseau au sang chaud. Il parcourut des yeux le document et, d'un geste, le fit passer aux capitaines qui se tenaient debout derrière lui.
Une mention, en particulier, inscrite en bas du parchemin alertait Lohie : La liste des signataires est non exhaustives et pourra être signée par d'autres seigneurs de Soltariel et des terres vassales ayant pris acte de cette Charte. Y avait-il d'autres vassaux rétifs non-déclarés ? Peut-être autour de cette table ? Et le regard du vicomte balaya aussitôt l'assistance, s'arrêtant tantôt vers les seigneurs entourant di Alacio, tantôt vers la comtesse de Sybrondil et vers la duchesse. Quel était le but de cette manoeuvre ? Une énième querelle de factions dans ce duché déjà si instable ? Les tenants de cette charte cherchaient-ils à gagner du temps ? Dans quel but ? Et qui était cette dame Angelina que la duchesse avait emprisonné ?
Quelques instants durant, au milieu du tohu-bohu ambiant, son regard s'attarda en direction de la duchesse et le nicet entrevit un ovale doré et bien dessiné : des yeux d'un gris étonnant. Des pommettes hautes et des lèvres généreuses. C'était un joli brin de fille, songea Lohie. Mais sous la frange de ces cheveux sombres, la duchesse opposait une mine franchement résolue. Se doutait-elle de la surprise que lui avaient réservé ses courtisans ? La voir dans cette position lui déplaisait. Tout ici ou presque, lui déplaisait. Que ces seigneurs fassent valoir leurs droits envers leurs différents suzerains, quoi de plus juste ? Il n'allait pas le leur reprocher. Mais leur manière de faire le répugnait. Il y avait comme de la sédition dans l'air et le scylléen avait le sentiment d'avoir mis les pieds dans un nid de vipères. Il se renfrogna :

- Entendez-bien : je ne prétend pas parler à la place du roy. Messire de Wenden qui est ici présent en a seul la charge. Je ne suis, moi, qu'un humble vassal et je reconnais vos droits ! Mais à la vérité, messire : vous autres qui avez signé ce document, semblez bien plus prompts à lancer des intrigues qu'à batailler contre les vassaux félons de votre suzeraine et de notre roy... Vous parlez d'un sauf-conduit pour rentrer dans vos terres. Alors que l'armée de votre dame est ici présente et que chaque jour qui passe renforce l'ennemi... Quelle drôle d'idée ! constata sobrement Lohie, qui craignait qu'on ne repousse la guerre à venir - et le butin qui allait avec - aux calendes. Avec des palabres et des luttes intestines à n'en plus finir. Il avait entendu parler de la manière de faire la guerre des sûderons, trop économes de leurs sous et des vies humaines pour les risquer en de sanglantes estourmies ou en des guerres courtes et décisives. C'était la même manière de faire que celle des patriciens et des bourgeois de la Côte de Sel à Scylla. Est-ce à dire que vous comptez rentrer chez vous plutôt que d'aller combattre l'Estreventin ? Ou est-ce que vos troupes n'ont toujours pas répondu à l'appel aux armes de la duchesse ?

Une lueur narquoise brilla dans les yeux du damet. C'était dit de façon peu amène. Il y avait toujours la parole et les actes. Mais il aurait peut-être dû faire taire son orgueil avant de parler ainsi.


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MessageSujet: Re: Gagner la Guerre   Gagner la Guerre I_icon_minitimeDim 8 Avr 2018 - 0:10


Tibéria était… satisfaite, si l’on peut dire. Évidemment, il manquait quelques invités autour de la table, mais elle était raisonnablement certaine qu’ils finiront par se montrer. Ils avaient tous accepté, donc ils n’avaient pas le choix, au risque de ternir leur réputation. Dans tous les cas, l’armée de Soltariel était prête à l’action. Il ne restait plus qu’à discuter de la façon de procéder. Dans l’esprit de Tibéria, il serait nettement plus facile — et en accord avec ses sentiments actuels — de tout brûler, mais la guerre demandait plus de doigté et, au final, elle en voulait qu’à trois personnes, pas à tous les habitants d’Ydril. C’était déjà injuste qu’ils aient à payer les contrecoups des ambitions démesurées de gens bien au-dessus d’eux. Tibéria espérait encore secrètement qu’Aléandra finisse par retrouver la raison, mais les chances que cela arrive étaient quasi inexistantes.

N’ayant pas de temps à perdre, le chancelier entra rapidement dans le vif du sujet et demanda un état de la situation en Ydril, mais avant qu’elle ait pu parler, un homme se leva et distribua un bout de papier, aux seigneurs présents dans cette pièce. Tibéria s’en saisit et la lut du début à la fin. Elle était trop sous le choc pour que son visage exprime la moindre émotion. Elle crut même, pendant un instant, défaillir. Alors qu’elle lisait et relisait les mots jusqu’à ce qu’ils aient un peu de sens dans son esprit, le Seigneur de Papincourt prit la parole, visiblement outré par une démarche aussi vulgaire. Dans les circonstances, ils devaient regarder tous dans la même direction s’ils voulaient gagner la guerre. Or, cet homme cherchait à les diviser et à semer la zizanie à l’aube d’importantes discussions. Tibéria ne pouvait pas accepter ça. Elle inspira profondément avant de se lever. « Je vous remercie de votre intervention, Seigneur de Papincourt, mais je crois que c’est à moi de parler maintenant. » Son regard se porta ensuite sur l’instigateur de ce dérangement. « Ce document parle durement et s’il y a certainement un fond de vérité, il y a aussi de nombreux détails qui échappent aux hommes qui l’ont signé. Premièrement, en aucun cas nous n’avons pas laissé Ydril à elle-même face à l’envahisseur. C’est d’ailleurs le but de cette rencontre et c’est pour cela que l’armée de Soltariel se tient prête à la guerre. S’il y a quelqu’un qui devrait être accusé d’avoir failli à défendre sa terre contre l’envahisseur, c’est Aléandra di Systolie et j’espère bien qu’elle sera jugée en conséquence lorsque nous marcherons sur Ydril. Nos échanges épistolaires m’ont bien montré que ce n’est pas de cette jeune femme que nous aurons un quelconque appui. Elle n’a jamais demandé d’aide et a accepté à bras ouvert la présente d’Altiom et des gens de Naélis. » Elle posa la Magna carta sur la table. Ses mains tremblaient légèrement et elle ne voulait montrer aucun signe de faiblesse. Jusqu’à preuve du contraire, elle était encore la duchesse. « Quant au second point, c’est en effet regrettable, mais c’est la guerre. Les gens vont mourir et j’aurai leur sang sur les mains. Je préférais largement la paix et investir mon temps et mon argent sur des projets d’envergures qui bénéficiaient à tous, mais tant qu’il y aura des gens épris d’ambitions, nous serons forcés de faire la guerre. Était-ce la bonne stratégie à adopter, probablement pas, mais ces hommes sont morts en héros non sans donner un dur coup au ravitaillement de l’ennemie, augmentant ainsi nos chances de victoire. Ils ne seront pas oubliés. J’avais déjà prévu donner le nom des capitaines tombés aux bateaux que je ferais construire en remplacement des pertes. Ça ne ramènera pas les pères, les frères, les fils et les oncles disparus, mais nous pouvons espérer que par ce geste, leurs noms seront associés éventuellement à de brillantes victoires. » Son regard glissa sur le troisième point. Angelina avait des appuis, bien sûr, et c’était ces hommes qui avaient signé ces accusations, mais que savaient-ils exactement de sa cousine? « Ces hommes savent-ils qu’Angelina de Solaria a épousé Oscario d’Anoszia, fils du félon Arichis d’Anoszia? Elle m’en a fait la confession dans une lettre que j’ai encore en ma possession. Ce mariage n’est pas légal au point de vue de la loi, il a été célébré sur une plage en nanie, mais elle est très explicite sur le fait qu’elle considère cet homme comme son époux et qu’elle l’aime. On dit que la pomme ne tombe jamais très loin de l’arbre, j’ai jugé qu’une telle association avec une personne près du pouvoir, c’est ma cousine au cas où vous ne le sauriez pas, était très problématique et qu’il valait mieux ne prendre de chance. L’absence de procès s’explique très simplement, nous sommes dans un contexte de guerre, il faut du temps pour faire une enquête et rassembler les preuves. En la plaçant sous bonne garde à l’intérieur du palais, je craignais une évasion. Vu l’activité actuelle du palais et les incessants allés et venus, il est facile de s’y faufiler et elle aurait pu avoir accès à des informations qu’elle aurait transmit, d’une façon ou d’une autre à Oscario par l’entremise d’un serviteur. Je vous signale que le dragon doré des Anoszia a été vu en Ydril. Elle pourrait très bien être de mèche avec eux. Elle a aussi avoué avoir vidé entièrement Solaria de ses richesse et les avoir mise en lieu sûr pour nous empêcher de les utiliser dans l'effort de guerre. Abus de pouvoir, donc? Certes, elle est de la noblesse et a donc le droit à un certain confort, mais j’ai pris une décision pour le bien de tous. Elle aura droit à son procès en temps et lieu. »

Plus elle parlait, plus elle prenait de l’assurance. En ce jour, elle jouait le tout pour le tout. Ces hommes et ces femmes allaient peut-être décider de signer ce bout de papier, mais au moins elle avait confiance en chacune de ces décisions. Elle a fait au mieux dans les circonstances. Tibéria n’était pas à l’abri des erreurs ou des échecs, mais elle était fière du chemin parcouru. « Finalement… Franco di Celini… Nous sommes unis par les liens du mariage, mais je ne suis pas responsable de ses gestes et jamais je n’accepterai d’en subir les conséquences, pas après ce qu’il m’a fait. Je trouve cela outrageux qu’on veuille me faire porter le chapeau à défaut de pouvoir mettre la main sur le vrai responsable. Je ne sais pas si vous le voyez bien, mais je suis enceinte. » Difficile de manquer le ventre arrondi sous la robe. Sans être sur le point d’éclater, elle était avancée. « Je dois accoucher à la fin du mois, si tout va bien. Les débuts de ma grossesse ont été particulièrement éprouvants. J’ai été très malade au point où on a sérieusement craint pour ma vie. On m’a envoyé à Beronia, le domaine de ma famille pour prendre du mieux. Il y a de nombreuses personnes dans ce palais qui peuvent témoigner en ce sens, ne serait-ce que parce qu’ils m’ont vu tourner de l’œil ou parce que j’ai vomi sur leurs pieds. Oui, c’est arrivé charmant, n’est-ce pas? J’y suis donc resté de la quatrième ennéade de Favrius jusqu’à la fin de la première ennéade de Barkiòs, c’est un long moment où je n’ai eu que très peu de pouvoir sur ce qui se passait à Soltariel, bien malgré moi. En fait, j’ai réussi à ramener les troupes postées à Diantra qui devaient aller se batte initialement au Médian. De son côté, Franco devait préparer la riposte à Ydril, mais ça n’a jamais été fait. Je lui ai fait confiance, mais il a préféré passer du temps avec ses amis les Vrai Soltarii. D’ailleurs, en parlant d’eux, certains de ces signataires sont des membres bien connus. Or, ils étaient tous à Soltariel le cinquième jour de la première ennéade de Barkiòs, nettement plus occupés à fomenter des intrigues qu’à défendre Ydril. Et ces hommes me reprochent maintenant d’avoir manqué à mon devoir, vraiment? N’ont-ils pas, eux aussi, des torts dans cette histoire? Franco a ensuite feint une maladie avant de fuir, me laissant moi et son enfant à naître devant les effets de son inaction, obligée à prendre en main une guerre et tout ce que ça implique. Le serment du mariage unit un couple pour le meilleur et pour le pire, mais qui entre moi et Franco a abandonné l’autre le premier? Peut-on dire qu’il montre, envers la promesse faite aux dieux, un respect quelconque? Certainement pas. Donc, suis-je vraiment coupable? Certes, je suis coupable d’avoir fait confiance en la mauvaise personne, lui qui prétendait aimer sa terre. Je crois que cela peut arriver à n’importe qui d’entre nous, car nous ne contrôlons pas les actions d’autrui et nous ne pouvons jamais savoir exactement ce qui se passe dans la tête d'autruit. Nous pouvons simplement croire qu’ils vont respecter leurs promesses, mais de nos jours, la valeur des mots n’est plus ce qu’elle était. » Tibéria avait la bouche sèche à force de parler autant, mais elle n’avait pas fini, pas encore. « Maintenant, si je suis devant vous, c’est pour honorer un autre serment que j’ai fait, celui de protéger le roi et défendre ses intérêts de ma vie s’il le faut et je vais le faire sans la moindre hésitation. Vous avez le pouvoir de me faire enfermer si vous voulez, mais je n’ai aucunement honte de ce que j’ai fait. En outre, j’ai fait mon possible dans des circonstances extraordinairement compliquées et dans un état… bref, c’est censé être un moment heureux dans la vie d’une femme, non? Que vais-je dire à cet enfant plus tard? Comment lui expliquer les regards méprisants qu’on jettera sur lui alors qu’il n’a rien fait? Je n’ai aucunement honte et j’aime profondément cette terre. Je suis encore ici, alors que d’autres ont décidé de fuir. Ces lâches préfèrent retourner se terrer sur leur terre plutôt que d’honorer leur devoir, mais des hommes ont donnés leurs vies dans la guerre du Médian pour le roi, leur sang baigne la terre et nous, nous devrions rester tranquillement dans nos domaines et vivre comme si nous étions coupés du monde? Non… » Elle secoua lentement la tête. « Non, il faut se tenir. Il faut regarder dans la même direction, tous ensemble. Cette magna carta est un élément de dissension, un coup facile… un coup de lâche. Certes, je ne pourrais pas vous empêcher de la signer si vous le décidez et le chancelier ici présent à le pouvoir de la mettre en application. Mon devoir est d’obéir au roi et je le ferai, mais sachez que nous avons le pouvoir, aujourd’hui, de renverser l’infâme réputation que le sud traîne derrière lui. Nous avons le pouvoir de nous unir une bonne fois pour toutes pour une cause commune et nous avons le devoir de nous lever et de marcher sur l’ennemie. Le sang coulera, il y aura des morts, mais c’est l’occasion de bâtir une paix durable sur nos terres et je serais plus que fière d’être à vos côtés si vous croyez en moi. Maintenant, c’est votre décision. Allons-nous écouter ces hommes ou allons-nous, une bonne fois pour toutes, chasser Altiom d’Ydril et ses suivants de nos terres? »
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MessageSujet: Re: Gagner la Guerre   Gagner la Guerre I_icon_minitimeDim 8 Avr 2018 - 17:13


Les choses avaient pris un tour plus qu'inattendu. L'arrivée tardive de la comtesse de Sybrondil venait certes troubler un conseil de guerre qui s'annonçait déjà tendu, mais Roderik n'imaginait pas que le pavé dans la mare serait jeté par l'une des créatures du vice-amiral. Et le vent de sédition, aussi soudain et intempestif qu'un pet crapuleux, s'en vint souffler son odeur fétide sur le conseil de guerre sous les yeux ébahis et le nez plissé du Grand Chancelier, qui réalisait, stupéfait, que cette auguste assemblée se muait doucement mais sûrement en tribunal contre la duchesse de Soltariel. Des voix s'élevèrent de toutes parts ; dans la salle, chacun prenait son parti et affichait ouvertement son choix. Le jeune Lohie, en brave preux défenseur de la presque veuve et de son presque orphelin à naître, défendit bravement l'honneur de la duchesse brimée, tandis que la principale concernée se lançait dans une logorrhée qui ne faisait qu'éterniser le débat, égrenant un à un les griefs qu'on lui adressait en imaginant sans doute qu'un long discours ferait taire ses détracteurs.

« Paix », intima Roderik avant que l'un des séditieux n'ait le temps de répliquer à l'argumentaire de la duchesse. « Il suffit, messeigneurs, il suffit ! »

Il se leva de son siège, conscient que tous les regards se tournaient à présent vers lui. Cet énorme merdier l'éclaboussait de plein fouet, et c'était maintenant à lui d'en nettoyer les morceaux ; le poids de la responsabilité qui lui pesait lui noua les entrailles, mais il devait en prendre sa part, comme toujours. Cette charge qui lui pesait tant, il l'avait voulue, après tout ; elle était sienne, tout comme la merde qui allait avec. Pourtant, il réalisait en cet instant qu'une chose lui facilitait considérablement la tâche : si la duchesse était critiquée, aucun des deux camps ne semblait contester au Chancelier son droit d'agir au nom du roi. La duchesse elle-même s'en remettait à son jugement. Dans l'esprit de tous ces gens, la légitimité de l'Arétan à représenter la couronne s'était affirmée comme une vérité bien établie. Et cela était une chose nouvelle.
Chose qui serait d'autant plus dommageable s'il venait à prendre la mauvaise décision...

« Certains des griefs soulevés contre la duchesse m'étaient connus, dit Roderik. Il semble en revanche que j'aie été tenu dans l'ignorance d'autres détails, à dessein ou non. Nous ne saurions faire la lumière sur tous ces éléments dans l'instant ; nous ne nous sommes pas réunis ce jour pour faire le procès de Dame Tibéria ni même de son époux, mais pour mener une guerre contre un félon déclaré. Cependant... »

Il prit une profonde inspiration. Là, c'était le moment de ne pas se viander. Roderik réfléchit. Quelle décision lui fallait-il prendre ? Cette Magna Carta surgissait comme un lapin d'un chapeau, et Roderik aurait aimé connaître les ramifications exactes de cet élan de contestation qu'il n'avait pas vu venir. Pour autant, et quoique les noms des signataires fussent principalement des proches de la dame de Solaria, il aurait tort de croire que seuls ces signataires fussent impliqués ; peut-être n'y avait-il là que la partie émergée d'une majorité silencieuse, encore réticente à s'engager mais qui, forte de l'audace des premiers séditieux, ne tarderait guère à leur emboîter le pas. Le Grand Chancelier se devait, de toute façon, d'examiner les faits qui lui étaient soumis ; or, les soupçons contre le couple ducal étaient nombreux et sérieux ; la duchesse Tibéria reconnaissait elle-même que son époux avait commis bien des forfaits, tout en arguant de sa propre ignorance. Et elle reconnaissait même avoir emprisonné une rivale au mépris du droit féodal. Grave erreur.

Dans ces conditions, donner raison aux protestataires serait facile et pratique ; cela éviterait surtout une guerre civile soltarie qui tomberait au pire moment et passerait pour un cadeau des dieux à l'ennemi estréventin. Car Altiom et ses alliés de Naelis auraient eu les mains libres pour poursuivre leurs sinistres projets, et le sud en aurait été plongé dans le chaos pendant des années encore, voire des décennies. Cela, Roderik ne pouvait l'accepter.
D'un autre côté, Roderik n'aimait pas fragiliser la position des suzerains à l'égard de leurs vassaux. C'était envoyer un mauvais signal, de même que la mise d'un duché sous tutelle de la couronne serait du grain à moudre qu'il donnerait aux détracteurs de la royauté, ceux-là qui critiquaient constamment l'hégémonie du petit roi...

« Cependant, dit-il, alors que l'on me demande de confisquer le pouvoir au couple ducal, il me semble bien que cela fait longtemps qu'ils l'ont abandonné, ce pouvoir. Et le duc Franco, en prenant la fuite, ne fait que confirmer les nombreux doutes qui pèsent contre lui. » Il se tourna vers la duchesse. « Quant à vous, Dame Tibéria, j'entends que vous ayez pu être tenue dans l'ignorance des agissements de votre époux, mais cela démontre une chose : lorsqu'il était là, vous ne régniez point sur votre duché. Vous laissiez faire ; et ce n'est point maintenant, alors que vous êtes grosse et sur le point de mettre bas, que vous sauriez relever les défis que vous n'avez pu relever jusqu'à présent. »

Il la considéra un bref instant. Lui en voudrait-elle ? Probablement. Se sentirait-elle trahie ? Sans nul doute. Pourtant, ne lui avait-il pas dit, quelques ennéades plus tôt, qu'elle ne pouvait s'occuper des affaires de la guerre dans son état ? La drôlesse s'était entêtée. Peut-être croyait-elle que parce qu'elle portait la vie, son intelligence s'en trouvait décuplée ; mais Roderik n'avait pas envie de vérifier ce théorème.

« Je veux que cette assemblée entende ceci. » Il balaya du regard les augustes visages boutonneux et émaciés des gens de guerre. « En tant que Grand Chancelier du Royaume, et au vu des accusations lourdes qui pèsent contre le couple ducal, je déclare qu'une Assemblée composée des pairs du Royaume se réunira, sitôt que la pacification des domaines royaux sera acquise ; les pairs du Royaume statueront sur la responsabilité de Franco di Celini et de Tibéria de Soltari-Beronti, dans le cadre d'un procès juste et équitable. » Son regard revint se poser sur le visage gracile de Tibéria. « Dans l'attente de ce jugement, Dame Tibéria sera traitée avec tous les égards dus à son rang de duchesse de Soltariel, et demeurera céans, en ce palais, jouissant de la protection et du confort auquel elle a droit afin qu'elle puisse mener à terme sa grossesse avec sérénité. Et dans l'attente de ce jugement, le duché sera placé sous la tutelle de la couronne. » Cette dernière déclaration était la plus dangereuse, mais Roderik ne faisait que s'engouffrer dans la brèche que les deux camps avaient ouverte pour lui : les séditieux comme la duchesse lui avaient reconnu ce droit. Revenant à l'assemblée, il poursuivit : « La couronne n'entend nullement s'approprier le duché pour son compte personnel, mais elle garantira la sûreté des signataires de cette charte comme celle de la duchesse et de ses gens jusqu'à ce que puisse se tenir le jugement. Je vous demande à tous de vous engager à ne pas faire couler le sang entre vous et de réprimer toute velléité de vengeance. Sachez enfin que je m'assurerai dès l'issue de ce conseil de la légalité de l'incarcération de Dame Angelina, qui bénéficiera selon son droit d'un juste procès et de conditions de détention conformes à son rang. Telle est la réponse, messeigneurs, que je fais à cette charte, et je vous demanderai de vous en contenter pour l'heure. Car, messeigneurs, le temps presse. Notre ennemi se renforce en Ydril et lorgne vers nous en espérant tirer parti de vos divisions. Montrons-lui que nous valons mieux que ça. Notre priorité, c'est la sûreté de nos terres et la défense de nos droits contre l'envahisseur d'outre-mer ; nous aurons tout le temps de faire les comptes après. »
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MessageSujet: Re: Gagner la Guerre   Gagner la Guerre I_icon_minitimeDim 8 Avr 2018 - 20:55


Parfois, même souvent, avoir les meilleures intentions du monde ce n’est juste pas suffisant. Dans un monde rempli de gens assoiffés de pouvoir et éternellement insatisfait, être gentil ne donne absolument rien. Tibéria crut, après sa longue tirade, recevoir un peu d’appuis du chancelier, mais il ne vint pas, bien au contraire. Surprise et déception traversèrent son regard. N’avait-elle aucun appui? Était-elle si incompétente à la tâche? Trahie et humiliée, elle refusait toutefois de se laisser abattre. Tibéria avait promis d’accepter la décision de Roderik et elle tiendrait parole. C’est au moins une chose que l’on ne pourra pas lui reprocher. Dans un coin de la salle, Hernando était blême comme un drap, mais son regard lançait des éclairs. Il avait la main posée sur la garde de son épée, mais Tibéria le vit et lui fit discrètement un signe de tête. Elle avait besoin de lui, ce n’était donc pas le temps de faire une bêtise. « Très bien… Je vais me retirer dans ce cas et attendre la suite des procédures. Peu importe ce qui arrivera, restez unis, pour le bien de Soltariel et du royaume. » Sans plus attendre, elle se dirigea vers la sortie, probablement la plus longue marche qu’elle ait eue à faire de sa vie, mais hors de question de se laisser abattre. La situation n’était pas, encore, désespérée. Même que cela lui laissait nettement plus de temps pour régler ses comptes avec un certain époux en fugue.

+++++++

« C’est épouvantable! On ne peut pas accepter ça sans rien dire. » Hernando était nettement plus bouleversé que Tibéria. Il réfléchissait déjà à une façon de prendre le château d’assaut et sacrifier tout le monde sur la grande place. « Oui, nous allons accepter ça. Les intérêts de Soltariel et de la couronne sont bien plus importants que les miens. Voyons cela du bon côté, ça me donne soudainement beaucoup plus de temps pour autre chose. » Elle s’arrêta devant ses appartements. « Bon, faites envoyer un message à ma tante qu’elle prenne les dispositions qu’elle jugera nécessaires… Elle saura quoi faire… Ensuite, il nous faudra discuter sur comment on s’y prendra. » Elle ouvrit la porte. « Pour quoi faire? » La duchesse leva les yeux vers lui. « Pour trouver et capturer Franco, bien entendu. En attendant, évitez de faire des bêtises. J’ai dit que j’allais accepter le jugement, quoiqu’il arrive. Ça vaut aussi pour vous. J'ai besoin de votre appuis plus que jamais... »
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MessageSujet: Re: Gagner la Guerre   Gagner la Guerre I_icon_minitimeLun 9 Avr 2018 - 22:59


A peine les Sybronds avaient-ils posés leur fessier sur leurs chaises que la tournure des évènements s’enchaîna à un rythme bien trop trépident. Cela commença par l’intervention du Signore di Alcacio, qui, non sans un étonnement quasi général, demanda la mise sous tutelle du duché. Les seigneur Sybronds, quant à eux, n’en furent qu’à moitié étonnés. A vrai dire, ce qui les stupéfia le plus était l’audace de ce petit groupe de seigneurs Soltaris, prêts à braver un conseil de vassaux tout entier pour obtenir justice. En cela, ils avaient déjà gagné le total respect de la jeune Maldi.

Vint ensuite celui d’un mystérieux invité dont le ton sonnait comme une insulte aux douces oreilles de la jeune Comtesse. Rapidement et discrètement, Victoria s’enquit de son identité. Un seigneur Scylléen, de la Brande semblerait-il, présenté tel un héros par le chancelier lui-même peu de temps avant leur arrivé. Sans doute le compliment attribué lui a fait croire qu’il avait dorénavant une totale liberté d’expression, ce qui aurait pu être le cas si seulement la conversation n’avait point abordé un appel aux droits vassaliques les plus fondamentaux. Mais bah ! Après tout venait-il de la Brande, l’arrière-pays Scylléen bien connu pour n’être qu’une vaste contrée remplie de boue – et à en croire, semblerait-il même que les seigneurs eux-mêmes seraient de simples cul-terreux au vu de leur manque d’éducation-. Mais à cela, Victoria se devait bien d’admettre que méfiance était de mise, ce jeune coq au sang chaud semblait vouloir se trouver dans les bonnes grâces de la couronne -et très certainement entre les cuisses de la Duchesse-, et quoi de mieux qu’un homme gouvernant sur un sol rempli de merde pour faire fructifier l’ambition personnelle à foison ou courir après le con d’une fermière ?! Après tout, l’homme qui venait de mettre à mal la stabilité politique de toute une région -et qui semblait bien décidé de s'octroyer le pouvoir de le faire- n’était-il lui-même pas originaire de la contrée incontestée du même type ? Ah que cela n’étonnait guère Victoria de voir ces deux-là s’entendre comme larrons en foire, n’est-ce pas le lot de tous les paysans après tout ?

La charte enfin entre ses mains, ses pupilles parcoururent les quelques lignes tandis que la duchesse commença sa plaidoirie comme si le procès avait lieu, là, maintenant. Idiote était-elle d’ainsi se justifier devant tous ses vassaux sur des faits qui lui étaient reprochés alors que la plupart d’entre eux méconnaissaient les raisons qui l’avaient poussé à commettre de telles erreurs. Lasse de toute cette mascarade, sans doute aurait-elle quitté la pièce si cela n’aurait pas entraîné le risque de voir les Sybronds insultés à leur tour par le jeune coquelet.

Et la volaille, Victoria comptait bien en faire son menu de la soirée.

Mais ce qui insupporta sans doute le plus la Maldi n’était autre que l’incapacité à réagir lorsque bon lui semblait. A cela, Gregorio devait être des plus ravit de voir ainsi l’impulsivité de sa suzeraine maîtrisée par une salle rempli de seigneurs trop enclins à s’arracher un temps de parole précieux. Et pourtant, le silence était de mise, voir même glacial lorsque la Duchesse se leva et peina terriblement à quitter la pièce tant son pas était lent. Attendait-elle peut-être une intervention d’un vassal des plus loyal pour la sortir de la bassine à purin dans laquelle elle venait de se glisser ? Sans doute la seule chose qu’elle pouvait dorénavant espérer était d’en ressortir avec un bien plus joli teint mais néanmoins sans plus aucun soutien.

Profitant ainsi d’une pièce calmée, Victoria décida d'enfin prendre parole. Et sans doute ses intentions sur la conversation à venir allait ravir la basse-cour qui avait accompagné le chancelier, car enfin, ils obtiendraient de quoi parader fièrement.

« Pour en revenir à votre demande établie avant notre arrivée, Messire. Non, ils ne nous combattront certainement pas en terrain découvert. Car ce qu’ils ne possèdent point en hommes d’armes est compensé en forteresses, au nombre de huit sur tout le territoire Ydrilote sans compter les cités fortifiées, alors vous pensez bien que la défense est leur meilleure attaque.

S’ils sont retranchés derrières leurs nombreux murs, la guerre n’en durerait que plus longtemps. Non, si nous voulons dominer Ydril, il nous faut impérativement dominer les mers. Et plus intelligemment cette fois-ci, cela va de soi, car il nous faut absolument les priver de tout ravitaillement. Il est bien beau de rompre tout commerce avec eux, cela ne les empêche point de recevoir du grain des contrées nordiques, ou même de l’Estrévent.

Les Ydrilottes pensent que leur isolement est leur plus grande force, faisons-en sorte que cela devienne une faiblesse et affamons-les !

Cependant, le pays compte tout de même sept ports fortifiés et autant de simples ports de pêche. Je vous laisse donc vous rendre compte de la complexité que sera notre tâche. »
Victoria fit une brève pause, avant d’enchaîner. « Rien n’est toutefois impossible au vu de la flotte dont nous disposons, et de celle qui pourrait être éventuellement recrutée. Néanmoins, avant d’établir plus en détails la suite éventuelle à cette proposition, il nous faut savoir une chose essentielle Messire ; dans quel état souhaitez-vous retrouver le Comté ? »
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MessageSujet: Re: Gagner la Guerre   Gagner la Guerre I_icon_minitimeMar 10 Avr 2018 - 12:38





Les charges verbales lancées par le jeune homme de Scylla à son encontre et à celle des signataire ne manquèrent pas de faire hausser quelques sourcils. On le regarda sans le juger. On l'écouta sans véritablement entendre ce qu'il avait à dire. Les seigneurs s'interrogèrent tout d'abord. De quel droit ce garçon aussi âgé que ses fils pouvait se permettre de juger une situation qui lui était parfaitement étrangère ? Félipé n'eut même pas l'envie de répondre aux diatribes à tel point la chose était surprenante. Il se contenta seulement d'un long silence et d'une attitude neutre, attendant que le gamin eut terminé sa crise post-pubère. Il dut néanmoins reconnaître que l'individu avait du culot. C'était là ce qu'il leur manquait dans les rangs à n'en pas douter. Ignorant dès lors si le jeune homme était voué à un grand destin où à une mort prompte dès le début des hostilités, il réalisa avec un certain effroi que de nombreux jeunes gens de son âge mourraient encore avant la fin de l'année.

A cela s'ajouta les plaintes et protestations de la duchesse de Soltariel. Sans conteste, la jeune dame devait ignorer ce qu'était un procès puisqu'elle se lança, aux yeux de tous, dans un plaidoyer censé la dédouaner de tous ses méfaits. Il en conclut que la dame n'avait point due recevoir de formation sur le droit durant son apprentissage. Avait-elle, au moins, été préparé à devenir ce qu'elle était ? Il pouvait lui pardonner cette erreur de débutante. Adonc, la jeunette était aux abois et venait de divulguer d'un seul coup toute sa ligne de défense. En l'entendant geindre de la sorte, Félipé conclut que si un procès devait avoir lieu, toutes les chances seraient de leur côté. Car il eut été bien peu judicieux d'avancer une telle condamnation sans avoir un minimum de preuves solides pour servir l'animal acculé. A elle non plus, il ne répondit pas. Félipé n'était pas venu dans le but de contre-carrer toutes les contestations. Il s'y était préparé et seul importait les dires de la personne qui représentait le pouvoir royal.

Celui-ci ne tarda pas à se faire entendre. Son soulagement fut grand lorsqu'on annonça que leur Magna Carta serait prise au sérieux. Dans cette mer d'injustice subsistait donc encore un îlot de droit. Lui et les autres seigneurs signataires acquiescèrent tous de la même manière pour respecter les paroles du Chancelier. Un travail long et pénible les attendrait, une fois sortie de la cité. Les araignées de la duchesse se mettraient probablement à surveiller leurs moindres faits et gestes pour tenter de les mettre eux aussi sur la touche. Car il n'y avait pas à se leurrer, la dame de Soltariel n'en resteraient pas là, à devoir sagement attendre que son procès ait lieu. Sans-doute, devait elle déjà avoir compris que ses chances de garder son fessier sur le trône ducal avaient fondu comme neige au soleil. Pour cette raison, ils se méfieraient d'elle comme de la peste et conserveraient en mémoire toutes les crasses qu'on leur ferait. Pour qu'une fois, devant le tribunal des Pairs, ils puissent à leur tour se servir de leurs droits pour enfoncer un peu plus la dame.

Il fut surprenant de voir à quel point le sujet revint de nouveau à la guerre d'Ydril. La duchesse avait quitté la salle, entourée de ses fidèles, et la comtesse de Sybrondil que bon nombre ici connaissait pour ses intrigues n'y alla pas de main leste. S'attaquer à Ydril ne serait pas une partie de plaisir. Même en disposant de la meilleure armée qui soit et de la meilleure armada possible, Ydril resterait un casse-tête à surmonter. Ce qu'avait énoncé le comtesse était vraie tout d'abord. Sans compter les nombreux ports fortifiés disséminés sur les côtes, l'intérieur était verrouillé par un réseau de forteresse impossible à contourner. Là-bas, les sièges dureraient un certain temps. Suffisamment pour que les armées s'impatientent et finissent par abandonner où à commettre des erreurs. Quant à la flotte, maintenant...

Pour ce qui est de la flotte soltaar, dit-il avec une voix assurée à la suite de la dame. Je me dois de vous informer quant à son état, mes seigneurs et dames. Sur les dix navires partis à Ydril, seulement quatre ont réussi à revenir... Et ces quatre là subissent les rénovations nécessaires nuits et jours par nos meilleurs artisans. Je crains néanmoins qu'il ne faille nous en passer, puisque si nous ne manquons pas de mains d’œuvres, nous manquerons vite de finance. Car vous n'êtes pas sans savoir, monsieur le Chancelier, que le duché a participé à la construction de la flotte royale en usant de ses propres deniers et que nous autres, sommes toujours en attente de remboursement.

Il était vrai que le Régent d'Angleroy avait ordonné au duc Franco di Celini de lui construire une toute nouvelle flotte royale. Celle-ci se trouvait d'ailleurs sous le commandement provisoire de son frère cadet, mais ne servirait en rien pour le combat à mener sur les côtes d'Ydril. Cette flotte, construite en deux mois, avait dépassé tous les records de vitesse. L'on avait jamais vu pareil chantier depuis fort longtemps. Alors si de l'emploi avait été crée pour s'y faire, les caisses de Soltariel avait payé le plus gros jusqu'à ce que les seigneurs des domaines soltaar se mettent eux aussi à mettre la main à leurs bourses. La dette royale était grande. On les avait d'ailleurs assuré qu'ils récupéreraient leurs investissements.

Depuis, le duc s'était enfui pour rejoindre le camp adverse. La couronne semblait ignorer la commande passée par le Régent mort. Et l'on avait perdu une première bataille, menée d'un pied de maître par les officiers d'une duchesse probablement incapable de connaître le nombre de rameurs d'une galéasse.

Qui était les dindons de la farce maintenant ? Eux, bien sûr.

Le seul moyen d'avoir un retour sur investissement était probablement que l'on gagne la guerre. Mais même là, la chose ne pouvait être certaine !
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MessageSujet: Re: Gagner la Guerre   Gagner la Guerre I_icon_minitimeMer 11 Avr 2018 - 12:45


Comment organiser le blocus de sept ports fortifiés quand on avait si lamentablement échoué à le faire pour un seul ? La question promettait un joli casse-tête, et Roderik, qui n'y entendait rien en stratégie navale et avait fait le voeu de ne jamais remonter sur un bateau, était perplexe. Contrôler la mer, ils le pouvaient dès lors que chacun y mettait du sien ; mais Roderik voyait déjà s'élever, par la voix du commandeur de l'arsenal naval de Boniverdi, les premiers signes de mauvaise volonté. Comme toujours avec les suderons, il fallait casquer.

« Messire, vous me voyez fort étonné d'apprendre que le duc Franco ait levé des fonds auprès de ses vassaux pour financer la construction de la flotte du roi, alors que Son Altesse Cléophas avait justement débloqué à cet effet des crédits sur les biens saisis à la maison Anoszia. De mémoire, l'on ne manquait point et le duc n'avait nul besoin de trouver d'autres crédits à l'époque. J'ai bien peur qu'il ne s'agisse là d'un acte de duplicité supplémentaire à mettre à son actif ; je ne serais pas surpris qu'il ait gardé dans ses caisses le produit des avoirs Anoszia et vous ai fait porter, de manière fort malhonnête, le coût de la construction. J'ouvrirai une enquête, c'est promis ; si des malversations ont été commises, et bien, les Celini vous rembourseront ces prêts indus sur leurs propres deniers. Et la couronne, qui a elle aussi été flouée, en percevra l'éventuel reliquat. »

Il agita la main d'un signe d'impatience, comme pour évacuer cette histoire de gros sous.

« J'aurais aimé ne pas avoir à affamer le comté, mais à la réflexion, la meilleure stratégie à adopter face à l'Ydril est de couper toutes leurs voies commerciales. Ces gens adorent le pognon ; ils chasseraient eux-mêmes l'Estréventin plutôt que de s'asseoir sur leurs profits pendant un an. Donc, pour vous répondre, comtesse, eh bien, faisons ce qu'il faut : si le comté doit souffrir de ce conflit, cela sera une juste perte dès lors qu'elle nous débarrasse de la souillure estréventine. Inutile de mettre des gants, mes amis ; on ne remporte aucune guerre en faisant les choses à moitié. »
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MessageSujet: Re: Gagner la Guerre   Gagner la Guerre I_icon_minitimeMer 11 Avr 2018 - 16:03


Au vu des nouvelles informations révélées, cette fois-ci la gronde se fit entendre parmi les seigneurs Sybronds, qui, non contents d’apprendre que le Duc disposait de fonds nécessaires à la construction de ces bateaux, avait pourtant, sous l’ordre du Roy, réclamé une forte contribution du comté quant à la fourniture de bois prélevé gracieusement.

« Cela suffit, Messieurs ! » Clama-t-elle, retrouvant ainsi le silence qu’avait la pièce. « Messire de Wenden. Au vu des derniers éléments, je me dois de vous avertir que le Comté de Sybrondil a fourni tout le bois nécessaire à la construction de ces bateaux qui, suivant les déclaration de notre suzerain le Duc, se devait d’être offert gracieusement sous ordre du Roy. A aucun moment n’avons-nous eu vent d’un quelconque financement par l’ancienne fortune des Anoszia. J’escompte bien ne point réclamer le moindre écu à la Couronne, soyez-en rassuré, mais au vu des dernières révélations, nous espérons également qu’enquête soit faite sur cette affaire. Et si jusque à présent, Sybrondil fut épargné par les possibles forfaits du couple Ducal, ce n’est à présent plus le cas. » Victoria se tourna alors vers le Signore Cortès di Alcacio. « Messire. Sachez qu’au vu des nouveaux éléments, la Sybrondie signera à vos côtés. Toutefois, je réclame que la suspicion d’escroquerie soit ajoutée à votre Magna Carta avant d’y apposer un quelconque nom Sybrond. En attendant Messieurs… » Conitnua-t-elle sur un ton qui se voulu plus ferme à l’encontre de ses vassaux. « Une affaire plus urgente nous attend : celle de la guerre. Tout comme spécifié par le chancelier, nous aurons tous le temps nécessaire à d’autres sujets une fois la question d’Ydril débattue. »

Victoria se calma, puis prit le temps d’une gorgée de vin, avant de se tourner à nouveau vers Roderik et d’ainsi, lui exposer son plan.

« Alors soit. Coupons les du reste du monde. Dans un premier temps, la couronne pourrait ordonner au reste du Royaume d’arrêter tout échange avec Ydril, ils peuvent cependant amarrer en Sybrondil ou même en Scylla, où le grain serait stocké et redistribué en Ydril une fois la guerre remportée. Cela permettra au Comté affaibli de ne pas traîner une famine sur plusieurs mois. Faisons également savoir à l’Estrévent que tout bateau envoyé à destination d’Ydril sera intercepté et renvoyé à son point de départ, auquel cas, il sera coulé.
discussion secrète révélé:
 
Malgré la perte des bateaux Soltaris, nous pouvons aisément rassembler plus de 4500 marins sur pas moins de 95 navires et ce, uniquement en se référant aux forces Sybrondes, Ysaroises et Soltarie. Nous pouvons également demander l’appui de la flotte navale Scylléenne et Olysséanne au besoin ce qui augmenterait nos forces à 7500 marins sur 150 navires.

Il est vrai que le nombre de ports fortifiés peut s’avérer être un obstacle, mais je conseillerais de réellement s’attarder que sur le port de Cloyi et de Timenze qui pourraient s’avérer être des points de ravitaillement nécessaire en cas d’une avancée nécessaire de notre armée terrestre tout en menant un blocus plus ambitieux sur la cité d’Ydril. Brûlons simplement les autres en ravageant les quais et les entrepôts. Sybrondil pourrait aisément s’affairer de cette tâche au vu des éléments précédemment expliqués.

Le blocus d’Ydril devra, cette fois-ci, se faire plus intelligemment. Aux dernières nouvelles des espions sur place, la flotte Ydrilotte y est toujours stationnée. Seules quelques galéasses surveillent les côtes avoisinantes. Je propose donc d’acquérir ou de confisquer tous vieux bateaux qui semblent être en fin de vie. Reliés par des chaînes, ceux-ci nous serviront à former deux lignes de barrage dans lesquelles Ydril n’aura d’autre choix que de s’y enliser avant même d’espérer atteindre nos navires de guerres.

Nos autres navires quant à eux, auront pour éventuelle mission de sillonner les côtes. Ils chasseront ainsi chaque bateau susceptible de ravitailler l’ennemi.
»

Sur ces bonnes, mais longues paroles qui assoiffa sa bouche, Victoria prit une pause pour se désaltérer une nouvelle fois.


Dernière édition par Victoria di Maldi le Lun 20 Aoû 2018 - 22:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Gagner la Guerre   Gagner la Guerre I_icon_minitimeMer 11 Avr 2018 - 21:47





Il dut l'avouer. Les dires du Chancelier lui coupèrent la chique. Non pas parce que le nordien se voulut autoritaire et sec, mais bien parce qu'il venait de prendre un mur en pleine face. Adonc, les vices de leurs altesses n'avaient eu aucune limite. Ses partenaires frondeurs eurent tout comme lui la même déconvenue. Là, comme ça ; comme si l'on avait simplement avoué une vérité bien banale, les signores avaient été mouché ! Bien entendu, Félipé ne manquerait point d'ajouter quelques lignes à la Charte, comme l'avait si bien conseillé la comtesse Sybronde. Celle-là même semblait rejoindre leur cause pour des raisons d'entourloupes toutes aussi personnelles. Oh ça non ! Les fourberies ducales n'avaient eu aucune foutue putain de limite ! Jusqu'où découvriraient-ils toutes les cachotteries. Il était probable, que d'autres autour de cette table, se mettent à cracher sa bile. Dès lors, la Magna Carta paraîtrait bien trop petite pour tout y mettre.

Ce n'est pourtant plus de plaintes que l'on parla. Comme une véritable chef de guerre, la comtesse impressionna par son impétuosité, ses connaissances de la situation et ses décisions. Comme quoi, pendant que l'on avait attendu la neige à Soltariel, d'autres s'étaient activés à faire la guerre par leurs propres moyens. Quitte à prendre des risques démesurés pouvant provoquer la mort d'un grand nombre. La guerre était bien là. Il n'était plus question de chasser de vulgaires pirates provenant de Meca. Il s'agissait-là de mettre à feu et à sang un comté tout entier. Que les dieux les aident dans cette tâche ardue. Car si les ennemis n'étaient point en nombre par rapport à eux, ils auraient le privilège de guerroyer à domicile.

Dame di Maldi a parlé là bien intelligemment, avoua-t-il avec franchise. Si le plus dur dans cette campagne sera sûrement de coordonner toutes les forces en présence et disséminées à la fois sur terre et sur mer, nous serons néanmoins en mesure de pouvoir garder l'ascendant jusqu'à...je l'espère sincèrement... une victoire finale et écrasante.

Félipé, qui n'avait plus été sur un navire depuis un petit bout de temps, n'avait pas oublié ses longues années à sillonner les océans avec ses frères. Son dernier frère encore en vie se battait en ce moment même dans l'archipel de Nelen. Alors, Félipé espérait bien qu'on le consulte lui aussi quant à l'intervention de l'armada soltaar. Et ce, même si un amiral bien incapable avait été choisi pour cet honneur. Le rôle de consultant lui suffirait amplement, pour sûr.

Néanmoins... dame di maldi et messire le Chancelier, je me dois de vous mettre en alerte quant à l'agitation grandissante en provenance de Meca. Je ne saurai me faire l'oiseau de mauvais augure à chacune de vos idées et de vos paroles, pardonnez-le moi, mais nous ne pourrions nous permettre de partir trop confiant alors que de nombreux dangers nous guettent.

S'il n'avait pas voulu se faire le porteur officielle de mauvaises nouvelles, force fut de reconnaître qu'il avait eu le don de briser l'ambiance depuis le début même de cette auguste assemblée.

A cela,  je vous assure que la flotte de Soltariel se tiendra prête et opérationnelle pour manœuvrer selon vos ordres. Avec tous ces éclaircissements, Chancelier, je gage que nous saurons trouver des alternatives pour relancer les chantiers navals.

Il s'enfonça dans son fauteuil et soupira longuement avant que ses yeux ne fixent un point hasardeux.

Des pirates aux aguets à Meca... des rebelles nelennites soutenus par de mystérieux commanditaires... un exilé oublié de tous qui revient d'on ne sait où avec l'appui d'un Roy étranger... Il est étonnant de voir à quel point ces trois phénomènes convergent dans le seul et unique but de s'en prendre au Royaume... N'étant pas grand amateur de coïncidences, je crois pouvoir dire que nous ne sommes qu'au tout début d'une nouvelle guerre dont l'échelle m'échappe encore.

HRP
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MessageSujet: Re: Gagner la Guerre   Gagner la Guerre I_icon_minitimeMar 17 Avr 2018 - 20:19


Roderik devait bien admettre que les mises en garde du commandeur étaient justifiées et faisaient froid dans le dos. Que ce soit à Nelen ou en Ydril, le royaume subissait bel et bien une pression inédite de forces d'outre-mer ; cela ne faisait que donner davantage de crédit à la propagande de la Chancellerie, qui présentait le retour d'Altiom comme un projet eldéen, faisant de l'ancien archonte le suppôt des forces du mal. Roderik avait à dessein noirci le trait, mais il commençait à se demander si la façon dont il présentait les choses n'était pas, tout compte fait, encore en deça de la vérité...

« Nous rassemblerons tous les navires que nous pourrons », déclara-t-il. « Il est certain qu'une grande partie de cette guerre se jouera en mer ; c'est là, en effet, que se dresse la principale inconnue. Personne ne s'attendait à une telle audace de Naelis ; nous devrons désormais toujours présumer du pire. A nos ennemis actuels pourraient s'en ajouter d'autres, inattendus. » Il hocha la tête comme pour appuyer ses propres dires, et comme tout cela était bien sombre, il jugea bon d'y apporter une touche d'optimisme : « par chance, la flotte est désormais entre des mains compétentes, et notre Vice-Amiral - Amiral de facto devrais-je dire - n'a pas le laxisme de son prédécesseur. Ce n'est pas un hasard si l'on s'en prend à nous, messeigneurs ; notre unité est en passe d'être définitivement restaurée, et notre puissance avec. C'est la peur qui motive ceux qui s'en prennent à nous. Et ils ont raison d'avoir peur. »

Son regard se porta sur la comtesse de Sybrondil. Une femme intrigante. Jeune, agréable à regarder, et débordant de toute évidence d'une surprenante rage de vaincre. La façon dont elle avait pris en main cette guerre donnait l'impression qu'elle menait là un combat tout personnel ; une autre serait restée chez elle en se faisant représenter par un sénéchal qui, lui, se serait contenté de suivre les directives sans montrer plus de zèle que cela. Roderik se demanda un bref moment ce qui pouvait bien animer cette femme. Un loyalisme poussé à l'excès, exacerbé par son jeune âge et sa volonté de faire ses preuves ? Non. Il y avait dans ses yeux une étincelle d'intelligence, de calcul, qui ne cadrait pas avec la jeune fille avide de reconnaissance. C'était autre chose, et il ne savait pas quoi.

« La flotte de Scylla est déjà sur le pied de guerre », poursuivit-il, « et prête à épauler les vaisseaux du roi, que commande le Vice-Amiral di Castigliani. Je vais écrire à Olyssea afin qu'il en soit fait de même ; quoiqu'ils en pensent, leurs navires sont encore ceux du roi. Je souhaite par ailleurs que les amiraux de Soltariel, d'Ysari, de Sybrondil, tout en conservant évidemment leurs attributions respectives, suivent les directives du Vice-Amiral di Castigliani. Comme le dit Messire Félipé, la coordination sera essentielle, tout particulièrement en mer où le danger est le plus grand. »

Oui, en mer, tout peut arriver, songea-t-il, lui qui en avait fait l'amère expérience. Il laisserait bien volontiers cela à ceux qui avaient le pied marin. Un autre combat, plus à sa portée celui-là, était également à mener.

« Sur terre, nous devrons nous employer au même objectif : couper l'ennemi de tout ravitaillement possible. Comme vous l'avez dit, l'Estréventin n'est pas en état de livrer une bataille en terrain ouvert ; inutile de nous jeter sur lui dans une mêlée hasardeuse. Nous nous contenterons de prendre pied dans le comté, et de le laisser reculer : cela nous laissera le temps de recevoir le renfort du Sénéchal. La guerre du Médian est pour ainsi dire achevée, m'a-t-on dit ; les troupes du roi convergent vers Diantra et y sont peut-être déjà. Après cela, sans doute, de nombreux ostes se dissolveront et regagneront leur pays, mais je m'attends malgré tout à ce que nous recevions des renforts conséquents au cours des prochaines ennéades. Notre ennemi sait déjà qu'il n'aura pas l'avantage du nombre ; à l'heure qu'il est, je gage qu'ils entassent tout ce qu'ils peuvent de vivres dans leurs forteresses mal acquises. Or, s'ils ont le temps, nous l'avons aussi. Nous harcèlerons leurs positions et les laisserons reculer jusqu'à ce qu'ils se terrent entre quatre murs. A notre approche, les petites gens en chercheront probablement l'abri ; qu'Altiom leur ouvre les portes, et il aura tant de bouches à nourrir qu'ils épuiseront leurs vivres en trois jours. Qu'il leur refuse l'entrée, et les Ydrilotes ne s'y tromperont plus lorsqu'il clamera être leur libérateur. »
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MessageSujet: Re: Gagner la Guerre   Gagner la Guerre I_icon_minitimeMar 1 Mai 2018 - 12:57


« Il est vrai que nous ne pouvons évaluer la potentielle menace venant de Meca. Si nous y envoyons des espions, autant les condamner à une mort terrible, cela reviendrait au même. » Victoria réagissait aux dires du Segniore Felipé laissant son regard parcourir l’assemblée. « Je conçois que ces pirates peuvent s’avérer être une menace, mais leurs bicoques sont loin d’être aussi solide que les nôtres. Leur intérêt ne réside pas dans l’attaque de navires de guerres ; ils visent plutôt les marchands car là, il y a de quoi piller. Donc a moins qu’ils veulent s’accaparer de provisions ou d’armures c’est là tout ce qu’ils trouveront s’ils prennent le risque de s’en prendre à nous. »

Victoria fit une brève pause avant d’enchaîner. « Messire de Wenden. Il y a néanmoins une chose que vous pouvez faire pour nous faciliter l’accès à la victoire : négociez avec les Mervalois. » Des murmures se firent soudainement entendre. Pourquoi eux ? Pourquoi ces traitres à la couronne qui ont préféré l’indépendance à la soumission au Roy ? « Vous y avez résidé quelque temps lorsque la cour du Roy y fut accueillie. Vous les connaissez donc bien mieux que nous. Ne réclamez point d’aide militaire ou de quelconque ravitaillement ; tentez d’obtenir un soutien d’un autre ordre : Il nous faut le feu de Pharet Messire. Équipé de cet atout, je gage que mes hommes sauront en faire bonne usage. » Un sourire se dessina sur les fines lippes de Victoria qui laissa un instant le chancelier imaginer les dégâts que pourraient causer une telle association entre sabotage et feu de Pharet.
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MessageSujet: Re: Gagner la Guerre   Gagner la Guerre I_icon_minitimeMer 2 Mai 2018 - 9:48


La demande de la comtesse surprit beaucoup de monde. Roderik considéra un moment la jeune femme, qui ne manquait pas de l'étonner à chacune de ses interventions. En plus d'être volontaire, elle se montrait redoutablement bien informée ; et le Grand Chancelier en vint à songer qu'il serait bon de ne pas s'en faire une ennemie. Pauvre Tibéria, se dit-il ; les nuits de la duchesse ne devaient pas être paisibles avec une telle rivale. Si la rumeur attribuait à Merval la connaissance du feu de Pharet, la chose était généralement considérée comme un mythe. Le Collège des Alchymistes gardait jalousement son secret, mais Victoria avait abordé le sujet sans la moindre hésitation, comme si elle ne doutait pas un instant que le feu de Pharet soit une réalité. Et elle avait raison.

« Soit. J'emploierais les contacts qu'il me reste à Merval pour œuvrer en ce sens », déclara-t-il.

Tout le monde devrait se contenter pour le moment de cette promesse sybilline. La vérité était qu'il n'avait pas attendu pour le faire ; lorsque la cour du roi avait quitté Merval à l'initiative de Roderik, elle avait emmené avec elle, au fond d'un chariot, plusieurs tonneaux de la précieuse flamme. La chose avait été négociée dans le plus grand secret avec les hauts dignitaires de la principauté, en présence de membres du Collège des Alchymistes ; sachant leur précieuse indépendance menacée maintenant que Cléophas n'était plus, les Mervalois n'avaient pas eu de monnaie plus précieuse pour obtenir du Grand Chancelier la promesse qu'il respecterait ce que Cléophas leur avait accordé.

Mais le feu de Pharet était une arme destructrice et dangereuse tant pour l'ennemi que pour celui qui l'employait ; et les pyromants que l'on avait attaché à son service n'étaient que le rebut du Collège des Alchymistes, tout juste bons à fabriquer une pâle imitation de la redoutable matière, mais au moins étaient-ils capables de la manier avec la précaution requise. Pour l'heure, Roderik avait déjà secrètement confié une partie de son stock au Vice-Amiral Francesco, qui en disposerait au besoin dans l'Olienne - et testerait ainsi son efficacité si la nécessité l'imposait. Moins on aurait recours à cette arme, mieux cela vaudrait ; que son usage vienne à se généraliser et les accidents se multiplieraient immanquablement, car l'habitude endormirait la prudence. Et il n'y avait pas que le risque d'accident qui pesait ; le risque majeur était de voir le secret du feu de Pharet se répandre dans toute la péninsule, pour devenir le jouet des seigneurs dans leurs guerres privées. « Équipé de cet atout, je gage que mes hommes sauront en faire bonne usage », disait la comtesse. « Mes hommes »... se voyait-elle déjà à la tête d'un arsenal de guerre qu'elle pourrait librement tester en Ydril, afin de pouvoir l'employer plus tard au service de ses ambitions personnelles ? Cette femme était décidément trop intelligente pour être digne de confiance.

« Nous agirons donc comme nous l'avons dit. Il nous faut encore quelques jours pour planifier le ravitaillement des troupes, puis nous pourrons nous mettre en marche. J'informerais le Vice-Amiral de ce que nous avons décidé : le blocus sera mis sur Ydril, Cloyi et Timenze, et la flotte sybronde se chargera d'incendier les autres ports du comté. Si les négociations avec Merval aboutissent, j'intégrerais à bord de vos navires des hommes habilités à manier la flamme, comtesse. » Une manière de préciser qu'il n'entendait pas la laisser agir à sa guise avec le feu de Pharet. « Sur ce, je vous propose de lever la séance, messeigneurs. »
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