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 [Külm] Entre vieilles barbes

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Arnoul de Stern
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MessageSujet: [Külm] Entre vieilles barbes   Mer 28 Mar 2018 - 12:50


Le chemin jusqu’à Kulmazad était cahoteux. Rien d’extraordinaire pour une route arétane, dont le dernier entretien devait remonter à la création du Royaume, si bien que les chevaliers et reîtres se plaignaient en permanence de devoir chevaucher à la dextre du sentier pour éviter de manger la boue, et pour un vieillard aussi âgé que l’était Arnoul, voyager au sein d’une chariote relevait du véritable supplice. Il grommelait dans sa barbe à chaque soubresaut, à chaque pierre saillante faisant ballotter le convoi de droite ou de gauche, de haut en bas. Le seigneur de Stern regrettait le temps où il pouvait monter un roncin des jours et des jours d’affilée, finir sur le destrier encore frais avant l’arrivée triomphale au point de destination… Et en regardant par la lucarne de son coche, il observait d’un œil larmoyant le sire Arnulf Güzer, sixième du nom, mener sa bête avec l’assurance des jeunes gens.

Hilda, sa plus jeune petite-fille, assise sur la banquette opposée, capta ce regard qu’elle connaissait fort bien. Cependant, ce fut Arnoul qui parla le premier, les yeux toujours perdus au dehors.

« Regarde-le, Hilda, sur son destrier de guerre, paré de son harnois lustré pendant que moi, je pourris dans ma carriole, trimballé dans tout le pays comme une vieille relique. »

La jeune dame en face de lui sourit et dit d’un ton amusé :

« Mais vous êtes une relique, grand-père. Ancien et précieux. »

Arnoul gronda, mais pas mécontent. Après tout, il connaissait sa petite-fille assez bien pour apprécier ses faux sarcasmes.

« Merci de me le rappeler, petite ingrate. Je suis le vestige de temps anciens, d’un âge de héros révolu. De fantômes couverts de noblesse, et… merde, arrêtez ce chariot ou je vais faire dans mon froc ! »

L’arrêt fut court mais particulièrement soulageant. Arnoul remonta ensuite dans sa charrette afin de pénétrer sur le territoire des Nains d’Arétria, ces fameux membres du Creuset d’Acier. Difficile de croire qu’un jour des Hommes régnèrent en ces lieux, tant ils avaient changé sous le patronat de leurs nouveaux maîtres. Le Mont-Goulin n’était plus le même qu’auparavant, bien qu’Arnoul n’ait jamais vu l’ancien village de son vivant. Le convoi traversa sans souci aucun la porte de la Rocailleuse, affichant la bannière au Bélier comme un sauf-conduit. Partout dans cette ville-forge, l’activité résonnait comme le marteau sur l’enclume. Les ateliers tournaient à plein régime alors que l’été se rapprochait inexorablement.

Le véhicule s’immobilisa soudain, de même que les pandours caparaçonnés sur leurs fiers chevaux. L’une des bestioles renâcla et piaffa, frappant trois fois le sol de son sabot avant que son cavalier ne lui flatte l’encolure et ne lui murmure quelque mot d’amour à l’oreille. Ce fut Wilfred Log, récemment remis de son passage à tabac complet, qui se fit le héraut de son antique suzerain.

« Le seigneur Arnoul, de la Maison Stern, et sa petite-fille Hilda ! »

Les titres ronflants et rébarbatifs étaient l’apanage des gens du sud. Les Arétans, s’ils tapaient rarement dans le protocole, s’arrangeaient souvent pour être concis même en ces rares occasions. Pour faire bonne mesure, la portière du coche s’ouvrit à la volée, alors qu’un serviteur descendait du toit pour aller aider son maître. A la vue de la canne qu’il brandissait, néanmoins, il se retira brusquement. Hilda en rit sous cape, prenant le bras de son grand-père afin de l’aider à sortir de la voiture.

Arnoul leva ses yeux vieux et fatigués en direction du comité d’accueil. Tous petits, barbus comme son propre grand-père, et parés d’atours à faire pâlir des Berthildois de jalousie. Mais pas des fils d’Arétria, ça non.
Avec la voix enrouée des gorges non-échauffées, il grommela quelques mots à sa petite-fille, qui le laissa alors toucher le sol de son pied et de sa canne. Il se lissa subrepticement la barbe… Bérenger avait eu la lubie de la lui entretenir spécialement pour cette occasion. On disait que par ici, les Nains appréciaient qu’une barbe soit entretenue et embellie. Un geste diplomatique auquel s’était plié Arnoul avec cependant un léger doute.

En effet, ces tresses embellies d’anneaux dans sa barbe ne le rendaient-elles pas tout à fait ridicule ?
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Sourcil d'Airain
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MessageSujet: Re: [Külm] Entre vieilles barbes   Ven 30 Mar 2018 - 13:58




Verimios était arrivé. L'Été était arrivé et avec lui autant d'êtres étaient nées venant étayer les fondations de milliers de bercail bousailleux en manque d'étais servant au soutènement de leurs foyers et à la pérennisation de leurs pitoyables lignées. En bref, voila bien des étés qu'avait vue passer Sourcil d'Airain et cela, sans jamais sans soucier.
Il n'appréciait pas particulièrement cette saison - comme aucunes autres d'ailleurs. L'air était trop lourd, la chaleur bien trop étouffante même derrière les luxueux murs de sa demeure troglodyte, les orages trop fréquents sans parler, de la sueur. Car l'Ancien suait toujours et avec abondance, une réel outre de liquide croupie, tout du long de la saison. Le moindre geste, le moindre déplacement le faisait ruisselait aussi sûrement qu'un pis d'ont on tire le lait.
Une gêne qui l'incombait au quotidien, mais bien moins que ses domestiques.

Car ils étaient les véritables victimes. Silencieux et soumis, s'activant sans relâche sous les brimades et redoutant jours après jours l'épreuve fatidique du changements des linges de couchette. Les laquets en avaient même fait un bizutage en bonne et due forme et selon eux, on ne pouvait être réellement aux ordres de l'Ancien sans avoir un jour changé ses draps.
La vue de la chambret dévasté vous collez à la rétine, l'odeur infecte vous restez accrochez au renifloir jusqu'à l'automne et on allait même jusqu'à redouter une quelconque maladie dut à l'excès d'humidité - qu'il faisait bon vivre à Külmazad pour les gens de basses extractions.  

Et cette matinée n'avait rien de différentes. L'armée de petites paluches avaient réveillé le vénérable Chantreroux à l'aube, puis tous ensembles c'étaient mit à se plier en quatre pour combler ses différentes exigences. Peu de temps après le banquet de prime bectance, des messagers étaient venus relayer nouvelle, un convoi approchait, portant les armoiries de la maison de Stern. On avait alors hissé les gonfalons, épousseter le parvis et allumer les candélabres pendant qu'un comité d’accueil ce mettait en place.
Norvogan était paré de prestigieux autours : une tunique d'ébène aux coutures d'argents, une lourde chaîne d'acier agrémenté d'or représentant son rang de Grand Mestre du Creuset d'Acier et un chapelet de chevalières de toutes matières qui occupaient une place sur chacun de ses doigts. Le noir avait pour effet de cacher les traces de sueurs, les bijoux eux servaient à détourner l'attention quand à l'odeur. Sans grande réussite.

Il patientait aux abords de sa demeure, sur un fauteuil matelassé et doté de grandes roues, parfait pour se déplaçer sans aucuns efforts. Un demi-nain portant le nom de Nervor lui servait de chauffeur et patientait stoïquement dans son dos.

« Ont t'ils passés les poltes ? » grommela l'Ancien.
« Oui, Ô Dernier des Colons. »
« Poulquoi cela plend t'il donc autant de temps alols ?! »
« Je ne sais point Ô Pourfendeur des Tronsson. Il ne devrait plus tarder, j'ouïs le haquet. »
« Foutu vieil bique, me faile attendle, moi ! Mon temps n'est t'il pas chose plus plécieuse existante en ce bas monde ? »
« Bien sûr que ci, Ô Vénérabilité des nôtres. C'est inadmissible. »


La carriole arriva néanmoins plus que vite, mais Sourcil d'Airain s'apprêtait déjà meubler une clinquante et vicieuse remarque à son hôte du moment. Hôte qui passa bientôt la porte de sa roulante demeure, dévoilant son ridé faciès et sa vieillissante carcasse . Quel bien horrible duvet que voila.
Un héraut l'annonça, mais Norvogan ne l'entendit pas, car une toute autre créature retint son attention, une bien belle et bien délicieuse qui lui même oublier sa brimade latente.
D'un croissement rauque, il fit bon acceuil.

« Seigneul Alnoul de Steln, la bienvenue dans notle bonne Külmazad.  Plus les cycles passent, plus vous semblez identique à votle allièle, allièle, allièle gland pèle Astel V. Un homme valeleux. »
Une bien belle enflure surtout. Seigneur des Sterns a une époque aujourd'hui révolu, celle ou Norvogan c'était enfin sentit chez lui, en Arétria.
« Que nous vaut donc l'honneul de votle plésence ? Et qui est donc cette délicieuse enfant qui vous accompagne ? »
Son habituel et caractéristique filet de bave, venez de poindre à la comissure de ses lèvres parcheminées.

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Arnoul de Stern
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MessageSujet: Re: [Külm] Entre vieilles barbes   Jeu 12 Avr 2018 - 7:19

En descendant du chariot, Arnoul avait posé son regard gris sur les Nains, et avait tout de suite deviné lequel d’entre tous était celui qu’il devait rencontrer, car sa laideur et sa vieillesse étaient probants indices de sa condition. Aussi c’est vers lui qu’il se dirigea, s’aidant de sa canne. Hilda suivait derrière, ainsi que Wilfred Log. Le maître des lieux coassa un immonde bienvenue, qui ne manqua pas de flétrir les oreilles de la jeune Hilda, peu habituée aux consonances rocailleuses de l’accent du Petit Peuple. Arnoul fronça néanmoins les sourcils en entendant parler d’Aster V, cet homme qu’il n’avait jamais connu. Ce petit bout d’homme était-il donc si vieux que cela ?

Arnoul appuya ses deux mains sur sa canne, jaugeant le maître des forges.

« C’est ma petite-fille, Hilda. Elle n’avait encore jamais visité Külm, et souhaitait voir de ses yeux la ville-forge. Je la destine à bon mariage. »

Wilfred Log avait les yeux rivés sur le seigneur nain, dont il soupçonnait que de salaces pensées faisaient poindre une mi-molle malvenue sous ses épaisses braies de travailleur. Arnoul, quant à lui, avait bien d’autres occupations. Direct et franc, il en vint au but.

« L’acier de vos Nains n’a pas son pareil en Arétria. Je souhaite offrir une épée à quelqu’un qui m’est cher, et j’aimerais que ce soit vous qui la fabriquiez. »

Il se racla la gorge, et un serviteur apporta un pichet de vin de bien médiocre qualité. On avait dit à Arnoul que les Nains n’avaient de l’odorat et des papilles que pour la bière et le fromage, aussi, il n’avait pas fait trop de folie sur ce vin venu des rares vignobles poussant dans le Berthildois.

« Un cadeau. »

Le serf marcha doucement vers le premier colon de Kulmazad, tendant le pichet à l’un des membres de sa suite en baissant le regard au sol en signe de soumission.
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Sourcil d'Airain
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MessageSujet: Re: [Külm] Entre vieilles barbes   Ven 27 Avr 2018 - 8:56




« Oh, Hilda...»

L'Ancien fit rouler longuement le prénom de sa voix caverneuse, ne détachant point ses lubriques mires des courbes de la jeune donzelle. Comme toutes choses possédant croupe rebondit en ce monde, Norvogan le convoitait irrémédiablement. Celle ci de plus avait l'air innocente, naïve et d'une fraîcheur à vous raviver la Braise-Vie. En somme, tout ce qu'appréciait le vieux nain dans une femme du peuple des hommes.
Ô comme j'apprécierai te briser.
Instinctivement, il se frottait les mains, un trouble impulsif du comportement qu'il avait acquit passé la centaine d'année. Sans s'en rendre compte, il bavait à grand flot du coté droit, un trouble non controlé du comportement qu'il avait acquit passé les deux cents années.

« Je selais honolé de faile découvlil moi même à votle petite-fille, les joies et spécificité de notle bonne Külmazad.»
Réussit t'il à plaçer avant que le patriarche des Sterns ne coupe court aux présentations et entre dans le vif du sujet.

Nervor, son officiant, en profita pour venir éponger discrètement les lèvres de Sourcil d'Airain qui se replaçait dans son son fauteuil à roue. Sa fesse gauche le lançait régulièrement, une douleur sourdante se propageant jusqu'au bas de la guibolle.
Ce fût le même Nervor qui réceptionna le pichet offert par la délégation du Vieux Bouc. Dans un instant de flottement, nains et demi nains se jetèrent tous d'oblige regards : Personne ne comprenait vraiment le sens de cette offrande, car il n'était ici point coutume d'offrir quoi que ce soit.
Norvogan d'un simple geste des doigts administra ses suiveurs, un tapotement vif sur son accoudoir, un message clair signifiant en langage d'Airain
« Faites bonnes trognes ou vous tâterez de la brimade. »
Ainsi, Nervor s’exécuta et joua l'échanson, gouttant en premier le vin.
Un silence gênant s'installa.
Trois minutes sans aucunes paroles peuvent sembler futiles, mais alors que les deux délégations se toisaient, elles semblèrent sans fin. L'Ancien attendait simplement que son serviteur meurt, ou non. Ce qu'il ne fit pas. Le vieux nain tendit donc la main et porta pichet à ses lèvres pour boire un filet.

« Fameux.»

De la pisse de veaux bonne pour les mangeurs de fange.
L'Offance était importante, Norvogan se targuait d'être un digne fidèle de Girdon et ses banquets étaient légendaire dans la Ville-Forge. Aussi avait t'il dévelloper un palais aiguisé aux fils des cycles et pis encore, il appréciait le vin. Mais l'Ancien avait décider de brosser dans le sens du poil ce vieux nobles à la limite des portes de la mort, il avait tout le temps nécéssaire pour mijoter vengeance.
Cela avait même déjà commencé.

« Veuilliez nous suivle, nous allons discutel des détails dans la Glansalle, nous y selons plus à l'aise. »

Nains, demi-nains et humains Külmiens se mirent en branle-bas de combat et menèrent les deux processions dans le lieux susnommé. Les hommes de Stern admiraient sans doutes pour la première fois l'intérieur du Palais de Külm - Un nom autoproclamé. Aussi on ralentit volontairement le rythme pour laisser le temps aux visiteurs d'apprécier la complexité du travail qu'avait accomplit les artisans.
Pendant le trajet, dans un khûzdul grincheux, Sourcil d'Airain s'adresse à son serviteur.
« Fait appeler Iaropolkan, qu'il nous rejoigne. Fait appeler mon fils. »
Nervor transmis les ordres et un jeunot partit en quête du dénommé Iaropolkan Limprisson Ier du nom.

On installa les convives par ordre d'importance. Ainsi Sourcil d'Airain et Norvogan siégeait côte à côte au centre d'une table formant un largue U. Les victuailles étaient disposés au libre service, abondante et grasse. Un tonneau malté avait était mit en perce. Après quelques mots d'usages pour ouvrir la ripaille, Sourcil se concentra sur son prestigieux hôte.
Que les Dieux lui évite de s'étouffer avant la fin de ce repas.

« Vous désilez donc une alme noble Seignleur. Puis-je me pelmettle de demandel à qui vous la destinnez et poulquoi donc ? Est t'il ici ? Sachez que poul qu'une lame s'accolde palfaitement à son polteul, il est pléfélable de plendle des cote à même le sujet. »


Il porta un bock houblonné à ses lèvres et en renverssa la moitié sur son menton.

« Ou bien est ce poul voltle douce petite fille ? Nous poullions ainsi nous mettle lapidement au tlavail. »

Un rictus malsain lui échappa. On ne pouvait que trop bien deviner de quel travail il parlait.  

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Arnoul de Stern
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MessageSujet: Re: [Külm] Entre vieilles barbes   Mar 1 Mai 2018 - 10:19

Si Arnulf Güzer ne put s’empêcher de rire sous cape de la fameuse « Gland Sale », Arnoul et Wilfred quant à eux n’étaient vraiment pas d’humeur à s’esclaffer. Ils observaient plutôt cet immonde résidu des montagnes baver comme un porc en lorgnant la croupe de la jeune Hilda. Wilfred aurait bien souhaité écraser le faciès disgracieux de ce pendard, mais c’eut été inconvenant alors que les négociations n’avaient même pas encore commencé. Ils se contentèrent donc de suivre les Nains vers cette fameuse Grand-Salle qui faisait toujours autant rire le sire Arnulf, passant par des couloirs richement décorés, témoins ostentatoires de l’amour des Kulméens pour leur propre orgueil. Hilda était sans doute la seule à observer chaque détail des poutres naines, tout en restant aveugle à la perversité latente du vieux Sourcil-d’Airain.

Lorsqu’ils s’installèrent enfin pour la ripaille, personne n’était à l’aise. Les Sternois avaient remarqué les regards étranges des Nains, leurs murmures en nanien et leurs ricanements sibyllins. Même le courageux Arnulf craignait de se jeter le premier sur cette côtelette appétissante qui trônait juste sous son nez. Et cette bière, qui appelait à la dégustation tant la légende des brasseurs nains se faisait tenace parmi les Hommes, cette bière s’avérait en réalité le meilleur de tous les appâts. Les Humains attendirent donc que leurs hôtes se saisissent des pichets et se servent pour commencer la ripaille.

Arnoul écouta cet empaffé de Nain lui parler de l’épée et de son futur porteur. Faisant comme s’il n’avait pas compris la remarque déplacée qu’il avait laissé échapper à la fin de sa question, le Bouc s’éclaircit la voix :

« Il s’agit d’une épée pour mon petit-fils. Je souhaite lui faire un cadeau pour son retour de campagne, j’ai pensé à une nouvelle lame. »

Son regard glissa vers Wilfred Log, qui avait lui-même les yeux rivés sur l’Ancien. D’une main pleine des tâches de la vieillesse, Arnoul exhiba son loyal chevalier.

« Arnaud de Stern possède à peu de choses près le gabarit de mon bouclier-lige, que voici. Cela devrait suffire. »

Durant les discussions, Hilda mangeait peu. Arnulf, lui, s’empiffrait désormais comme un porcelet, la peur passée et l’appétit revenu.
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Sourcil d'Airain
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MessageSujet: Re: [Külm] Entre vieilles barbes   Mar 8 Mai 2018 - 17:16




« A peu de chose plêt...» murmura grassement l'ancêtre entre ses moustaches.Vieux bouc sénile.

Son regard voilé parcourut d'un instant la pièce avant de se poser sur le dit bouclier-lige du vieux seigneur. Esprit calculateur, il ne put s'empêcher de prendre à l'oeli les côtes nécessaire à l'élaboration de la futur arme. Néanmoins, le patriarche des Stern devait être loin de connaitre la précision chirurgical des nains quand il fallait réaliser un travail.
Étaient t'ils tous Külmien, qu'ils n'en restaient  pas moins des des membres du peuple des montagnes du Grand-Nord, l'inconnu n'avait pas sa place, le manque de détails non plus, on ne pouvait rien réaliser d'acceptable - ou presque,  sans les bonnes données pour le réaliser.
Un trait de réflexion nanique, bien trop éloigné de la psyché des hommes pour que ces derniers puissent le saisir correctement. Ainsi, le Chantreroux tenta de faire fît, masquant son profond dégoût face cette irrespect notoire par un geste simple : La succion consécutives de ses dix doigts remplis de bagues et desquels dégoulinaient avec excès de la graisse d'oie.

« Bien, cela devlait donc suffil. Votle petit-fils et assulément un homme bien bellement chalpemté bon Seigneul. »

Il tapota rapidement des deux mains. Une goutte de graisse survivante fila en direction des troubadours demi-nains qui s'activaient à la viole. Elle se logea dans le gosier d'un malchanceux ayant ouvert la bouche au mauvais moment, il dut la voir venir pis encore, la sentir, mais n'en dit rien.
A ce signal, deux petites mains se levèrent de leurs assises respective. Ils portaient la chaînette caractéristique aux membres de la Guilde du Creuset d'Acier, le martelet recouvert de cuir signifiant qu'il sagissait la de larbin. Les deux nains étaient armés de rubans de chanvre métrés et c'est sans demander la permission du dit Wilfried, qu'ils s'employèrent à relever ses mesures.
Sourcil d'Airain quand à lui, ne perdit point le fil de la conversation.

« Nous établilons un plécis devis avant la fin de ce banquet Seigneul. Mais en attendant, attaquons donc le plat de léristance. »

Nouveau tapotement des mains de l'Ancien. Plus agressif et répété deux fois.
Une porte s'ouvrit avec grand fracas. Six serviteurs pénétèrent dans la Grande Salle.
Ils portaient avec force un gigantesque plat sur lequel trônait un Sanglier du Brissalion rôti, entier. Quatre-cents kilogramme de viande allègrement saucé et accompagné de champignons.
Un hourra parcouru la foule naine,tous se régalaient déjà à l'avançe.
Une cérémonie de la coupe s'en suivit et on découpa les morceaux de choix, ceux ci furent servit aux deux vieillards en commençant par le Bourgmestre de la Ville-Forge.

« Que Gildon nous accompagne poul venil à bout de la bête. » Éructation grasse qui se transforma en quinte de toux. « Maintenant bon Seigneul, poulliez vous éclailel ma lantelne, la campagne du Médian ce déloule telle bien ? Les nouvelles me palviennent peu - c'était faux - et me voila avide de savoil ! Même le Malelande semble bien silencieux à mes esgouldes ces delniel jouls. »

Bien entendu, cela aussi était faux.

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Arnoul de Stern
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MessageSujet: Re: [Külm] Entre vieilles barbes   Mar 29 Mai 2018 - 8:52

Devant cet énorme sanglier qui était apporté avec force hourras, les artères tremblèrent de peur. Même Arnoul était impressionné par l’immense porc devant lui, une créature qu’il n’avait encore jamais vue, mais qui était étrangement semblable au maître des lieux : gros et adipeux. La comparaison s’arrêtait là, car si le sanglier avait l’air appétissant, Sourcil d’Airain quant à lui était juste bon à faire rendre sa tarte à un Missédois. Le signal de la ripaille fut annoncé par celui-ci, et les chevaliers d’Arnoul firent bombance. Voilà bien l’une des rares bêtes qui devait être plus dure à manger qu’à tuer…

Les éructations indiscrètes du bourgmestre de Külm attirèrent l’oreille de plus d’un membre de la délégation sternoise, dont les vieilles esgourdes du Bouc lui-même. Tous se jetaient des regards discrets mais appuyés, plongeant le nez dans leur nourriture afin de ne pas éveiller les soupçons. Arnoul quant à lui offrit son faciès étonnant de neutralité au vieux Nain. Un doute l’assaillit. Etait-il au courant de quelque chose ? Il n’avait pourtant pas été convié à son fameux banquet. Il se contenta de dire, après s’être raclé son antique gosier :

« Le Médian est écrasé sous les sabots du Nord. A l’heure où nous parlons, les Arétans festoient déjà dans les rues de Diantra, et ont sans doute déjà installé le cul du Roy sur son trône. »

Il reprit un peu de bière, se désaltérant au passage. Puis il continua, plus détendu.

« Et la Malelande est silencieuse parce que la plupart de ses seigneurs s’en sont allés, cela va de soi. Ne restent que les vieux comme moi. »

Et toi, gros porc velu.

Il fronça un peu les sourcils, et dit d’un ton énigmatique :

« Mais dites-moi, vénérable Norvogan, depuis quand les affaires de la Malelande sont aussi les affaires des Nains ? »

Sa main fripée par le temps se posa sur son godet, caressant les motifs qui étaient gravés dessus avec finesse et passion. Arnoul était curieux d’entendre ce que le Dawi avait à dire.
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