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 Triomphe..

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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Triomphe..   Jeu 5 Avr 2018 - 8:31



Fin première enneade de verimios. An X du XIe cycle.

Après plusieurs mois de guerre, Diantra se présenta enfin à eux. Dans cet ultime acte de la dernière scène de cette énième comédie dramatique qui avait gagné le royaume, l’ost coalisé s’engouffra petit à petit dans la vaste et tentaculaire cité des Rois. Sans même se soucier vraiment de savoir par qui ils seraient reçus, leur nombre et leur force prima. Car ils ne rentraient non pas en simples visiteurs, ni même en bons amis, mais bien en libérateurs triomphants. Que Diantra ait ouvert les cuisses sans sourciller n’y changea rien. Le médian avait été purifié de fond en comble. Il est vrai que de la vermine subsistait encore à Edelys où dans d’autres terres royales, mais le plus grand avait été exterminé. Ils avaient gagné, alors Diantra fermerait sagement sa gueule pour embrasser ses fils partis en guerre pour elle. Que les notables de la ville se mettent à tortiller du cul et on les passerait eux aussi au fil de l’épée pour visser leurs têtes sur les créneaux.

-Cette cité abrite bien plus de rats que le médian réuni, il eut été probablement préférable de la mettre à feu et à sang elle aussi, dit-il à l’adresse de son seigneur. Ha ! Mais je vous entends déjà, Louis ! Trop de sang a déjà coulé pour ce petit Roy qui ignore tout de nos sacrifices… J'ai néanmoins raison !

En tête de colonne se trouvait le Sénéchal du Royaume, Aymeric de Brochant. Les autres grands seigneurs et leurs capitaines, avançaient tranquillement à ses côtés. Les armures d’apparat étaient de sortie pour la plupart. Thibaud, quant à lui, avait gardé la même que pour la campagne, crottée et recouverte encore de son sang ou de celui de ses ennemis. A l’image de son harnois, sa peau était crasseuse. Sa barbe, jamais rasée depuis son départ de Kelbourg, avait atteint une bonne épaisseur. A n’en point douter, le boucher semblait avoir pris dix années dans la face. De cela, il s’en cognait comme d’une guigne, car contrairement aux suderons, ce n’était guère à un bal qu’il se rendait. Les diantrais le virent d’ailleurs bien. Tous agglutinés dans ruelles, ils les regardaient d’un œil neutre et circonspect. Quand quelques-uns se laissèrent aller à des hourras et des « vive le nord», on suspecta des agents du Brochant placés-là dans le but d’haranguer la foule. Le résultat était mitigé.

Ce n’est qu’en arrivant sur la plus grande place de la cité qu’ils virent apparaître d’autres gredins. Voilà que la noblesse royale leur avait dressé un comité d’accueil. Ses yeux s’attardèrent quelques instants sur les bannières présentes pour tenter d’en distinguer des connues.

-Nous fera-t-il l’honneur de nous accueillir où continuera-t-il à briller de nouveau par son absence ?

La pique était dédiée à celui qui était revenu d’entre les morts il y a peu. Roderik de Wenden, son ancien allié de circonstance, devenu laqué de l’Angleroy, puis mort dans les flots, puis ressuscité par miracle. De ce valeureux seigneur du Royaume, on en avait vu que la sœurette durant la campagne. Il se disait que l’arétan avait préféré laisser son cul au soleil pendant que le nord guerroyait. Il se murmurait aussi que l’arétan s’occupait des problèmes suderons en profitant surtout de la trahison du duc de Soltariel pour fourrer sa gueuse esseulée et surtout incapable de mener une guerre. Il n’y avait pas à dire, Thibaud ignorait encore ce qu’il jetterait à la face de l’homme qui devait aujourd’hui être le numéro un du Royaume, en dessous du Roy lui-même bien évidemment.

Adonc, le boucher cracha salement en arrivant devant l’attroupement de nobliaux. Son regard noir ne manqua pas de faire baisser quelques têtes même s’il n’était clairement pas celui que tout le monde regardait en cet instant.

-Protégez vos queues, hardis seigneurs, le suçage ne fait que commencer !
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Lothaire de Ronceroc
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MessageSujet: Re: Triomphe..   Ven 6 Avr 2018 - 7:08


Cette dégoûtante cité mariait parfaitement ses brunâtres couleurs à celles des légions venues du Nord.

Les allées pavées se couvraient de boue, tandis que ses habitants délaissés par les dirigeants de la ville affichaient des mines sombres, presque noires comme la peau d’un sanglier. L’autrefois majestueuse Diantra, Cité des Hommes et des Rois, aurait très bien pu être une vieille ruine perdue dans la Malelande tant elle était en mauvais état. Bohémond devrait la reconstruire, et réclamer sa beauté d’antan, s’il ne souhaitait pas régner sur la Péninsule depuis une sortie d’égout. Fort heureusement, commencer à si jeune âge lui donnerait la chance d’oublier cette vision cauchemardesque de la splendeur des Phiiram bafouée par des années de sédition.

Lothaire se trouvait dans l’entourage proche du Régent de Sainte-Berthilde, ce malgré sa récente infirmité. Il n’osait pas bouger sa main prise en deux attelles, tant il redoutait la morsure de douleur qui accompagnerait chaque mouvement. Milon avait fait du très bon travail, mais comme il l’avait fait remarquer ce n’était pas dans ses compétences premières. Ce même Milon qui refusa d’entrer à Diantra, prétextant n’y trouver que de désagréables souvenirs. Qu’importe. Délié de son conseiller de l’ombre, et de son plus ancien serviteur Foucart, le chevalier du Roc se sentait bien moins entouré…

Comme toujours, son cousin ne manqua pas d’y aller de son petit commentaire. Ils approchaient de la délégation des terres du roy et la tension montait considérablement. Profitant de son aura héroïque, qui l’enveloppait encore depuis sa prise de la barbacane à Chrystabel, Lothaire dit à l’intention du régent, mais aussi du connétable Thibaud :

« La charge de la chancellerie exerce les plus étranges maléfices sur ceux qui la portent sur leurs épaules. Je me demande bien par quel miracle ne serais-je point hébété, si du ventre de Tyra j’avais été recraché. »

Lothaire de Ronceroc préférait donc, pour sa part, attendre et voir. Si la lâcheté des nobles de Diantra était chose avérée et consommée, il était bien hâtif d’en couronner le Chancelier alors que celui-ci ne s’était point encore défendu sur la question. Le sire Robard pensait néanmoins, comme Thibaud, que l’Arétan s’était bien ramolli lorsqu’il avait découvert avec émerveillement qu’il n’y avait ni pluie oblique ni boue collante aux pattes, dans le Porphyrion. Le temps donnerait raison à l’un, ou à l’autre.

Lothaire fit s’arrêter doucement son cheval en tirant sur la bride. Il ne devait pas avoir l’air bien vaillant, avec ses cernes noires et ses doigts cassés. Se torcher de la main droite était véritablement écœurant, aussi, le triste sire s’était résigné à l’emploi d’un serviteur de confiance pour effectuer cette tâche en toute discrétion…


Dernière édition par Lothaire de Ronceroc le Dim 8 Avr 2018 - 8:11, édité 1 fois
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Edouard d'Anzème
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MessageSujet: Re: Triomphe..   Ven 6 Avr 2018 - 12:47



L’entré dans Diantra était pour bientôt. Enfin Édouard voyait la fin de cette campagne qui l’avait mené trop longtemps loin de chez lui. Il avait certes profité de quelques larcins, gagné en expérience militaire, mais Anzéme lui manquait.  A la surprise d’Édouard peu de seigneur faisait grand cas de leur entré dans la capitale, pourtant cela devait être le point culminant de cette guerre civile. Les félons étaient vaincus et le nord venait se présenter aux yeux de tous comme les sauveurs de la royauté, les gens d’arme de la péninsule prés à la défendre contre ses ennemis extérieurs et les traîtres.

Édouard avait prévu de se préparer à l’entré dans la ville la capitale, qu’importe ce que faisais les autres. Il y avait des principes à avoir pour Édouard, notamment celui d’être présentable quand on le pouvait. Son écuyer avait passé la veille à briquer son armure jusqu’à ce qu’elle brille. Une veste en velours couleur azur fût aussi sorti pour l’occasion. Passé au dessus de l’armure elle rajoutait un peu de couleur. Ensuite venait un chaperon coiffé en bonnet d’azur lui aussi. Le but était de rajouter un peu d’élégance et aussi  de réduire quelque peu l’aspect belliqueux de l’armure. Avant de monter sur son étalon ,équipé d’un caparaçon argent et azur, Édouard fît signe à un valet de venir le raser.

Édouard suivait les grands de Sainte-Berthilde lors de l’entré en la ville de Diantra. Quelle ne fût pas la déception Édouard. La ville avait beaucoup souffert de la guerre. On pouvait voir les traces d’un anciens incendies qui avait ravagé le palais et ces alentours. Mais ce qui marqua le seigneur d’Anzéme ce fût la populace grouillante le long de la route. La crasse et la saleté était le lot commun de la plupart de ces gens, et il était manifeste qu’un certain nombre n’avait plus guère les moyens de se nourrir. Édouard espérait que la procession signifierai pour eux la fin de leurs malheurs. La rébellion étant écrasée la capitale pourrait repartir de l’avant, oubliant la défaite, le lâche abandon de l’ancien chancelier, la faim et la peur des combats.

Écoutant les conversations autour de lui Edouard fut consterné des propos de son cousin, le seigneur de Kelbourg. Bien que d’accord sur le fond il ne pouvait accepté la forme. La vulgarité n’avait plus sa place en ce moment précis. Se tournant vers un chevalier de sa seigneurie il fît part de se plus grande crainte:
Espéreront qu’ils ne vont pas nous demander de les aider à reconstruire. Incapable de gagner une guerre sans nous, j’ose espérer qu’ils vont encore réclamer de l’aide, pécuniaire de surcroît.
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Arnaud de Stern
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MessageSujet: Re: Triomphe..   Ven 13 Avr 2018 - 11:05


« Alors c'est ça, Diantra ? » avait grommelé Arnaud en pénétrant dans la cité maudite. C'était pour ça que la péninsule s'était déchirée pendant plus de deux ans ? Des toits, des toits à perte de vue, une cité immense mais grise, grise à en déprimer Arcam, et aussi boueuse que la malelande. Tout ici suintait la mélancolie. Ceux qui acclamaient les chevaliers sur leur passage donnaient l'impression de s'y forcer. Même les putes manquaient de coeur à l'ouvrage. Il tâcherait d'en trouver une juste assez propre pour cette nuit, afin de célébrer dignement cet épilogue, mais lui-même était gagné par la morosité ambiante. La nouvelle invraisemblable que lui avait confiée Aliénor avant de foutre le camp avait gagné en véracité au cours des dernières ennéades ; les derniers rapports étaient de plus en plus concordants là-dessus, le roi se trouvait dans un castel scylléen paumé et sa nouvelle nourrice s'appelait Roderik de Wenden. Le triste sire était donc revenu d'entre les morts ? Arnaud avait espéré le trouver à Diantra, afin d'avoir enfin le dernier mot sur ce méli-mélo-merdique. Mais pas de Roderik en vue ; il devait être resté plus au sud, à donner le sein au roi. Tout ceci ne plaira pas à Grand-père, songeait Arnaud, mais bah ! L'heure des comptes viendrait bien assez tôt. Pour l'heure, les héros du nord entraient dans Diantra tels les héros qu'ils étaient. N'était-ce pas ce que l'on avait si longtemps attendu ?
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Renaud d'Erac
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MessageSujet: Re: Triomphe..   Lun 16 Avr 2018 - 6:36


Diantra la belle, Diantra la grande, enfin ça c'était juste parce que c'était la capitale, car belle, elle ne l'était pas, ou plus. La ville des Roys avait bien morflé depuis son dernier séjour parmi ces murs, mais Renaud s'en moquait, c'était la une ville, et la civilisation, et enfin autre chose qu'une tente dans la campagne, sans confort. Il avait endossé sa plus belle armure, il rutilait littéralement tellement il avait demandé à ses domestiques de l'astiquer. Il ne pensait qu'au bon lit qui l'attendrait dans l'hôtel particulier familial. Il avait même fait dépêcher quelques servants en avant afin que tout soit prêt lors de son arrivée. Et Néera savait qu'il avait rongé son frein devant la lenteur de la cadence de l'ost.

L'accueil fut morose, surtout au début, beaucoup de curieux les regardaient, d'un oeil torve, habitué à voir des soldats arpenter les rues, surtout ces derniers temps. Nul doute qu'ils se demandaient à quelle sauce ils allaient encore être mangé, et si ce nombre effrayant d'hommes allaient encore diminuer le peu qu'ils avaient eu pour manger. Tout proche du Sénéchal, Aymeric, Renaud s'en moquait comme d'une guigne, il voyait la fin du conflit, et par la même le bout du tunnel. Bon il était anxieux tout de même de la tournure que prendrait la suite des évènements. Il savait qu'il devrait encore batailler, d'une tout autre façon cette fois, afin de récupérer ses terres de jurés, mais il comptait bien tout faire pour y parvenir. D'ailleurs, pas le temps de se reposer, il avait déjà transmis des instructions pour qu'une fraction de son ost reparte, dès le lendemain, pour le sud. Il garderait peu d'hommes avec lui, mais les troupes eraciennes étaient anecdotiques comparé aux autres belligérants, il compterait donc dessus. Pour le Sud, un conflit avait débuté en Ydril, une armée d'envahisseur, et que le chancelier s'était révélé être vivant, alors que le régent aurait trépassé. Il voyait la une bonne opportunité de prouver qu'Erac servait le Roy, et que ce dernier, par le biais de son chancelier, avait son intérêt à favoriser un Duc qui l'appuyait. D'autant plus qu'Erac était tout proche de la capitale, et un allié de choix. S'il parvenait à se mettre le chancelier de son côté, en plus d'Aymeric et de Louis, si ceux-ci tenaient parole comme cela semblait, il avait une bonne chance d'avoir gain de cause. Il n'oublierait pas de rendre la pareille au régent de Sainte-Berthilde pour le remercier de tout ce qu'il avait jusque la, afin qu'il obtienne son titre de Marquis
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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Triomphe..   Lun 16 Avr 2018 - 15:27



À ce moment précis, alors qu’il talonna son étalon au travers la gorge de Diantra, Louis se demanda si réellement Diantra serait la dernière citée gagnée avant son retour au bercail. À la guerre, pour le néophyte qu’il était, jamais il ne se serait douté s’ennuyer autant de ses pénates qu’il chérissait tant. L’allégresse pourtant, voilà le sentiment juste qui devrait l’habiter! Pourtant, à voir la citée des Rois, ternie par ses méchefs du passé, recevant froidement et presque à contrecœur ses libérateurs, un âpre goût vint agacer le régent qui déambulait dans les dédales de Diantra, accompagné de ses plus illustres vassaux. S’il ne porta guère l’air jovial que suggérait ces moments festifs et de réjouissance, au moins pouvait-on porter à son crédit qu’il avait la mine d’un homme qui s’était investi dans cette juste entreprise. Et qu’à défaut de son charme juvénile, un air de maturité l’avait conquis. À l’instar du crotté de Thibaud, lui également arborait une barbe fournie et inégale, aux poils foncés et drus. Ses cernes, foncés et bien basses témoignaient de son inaptitude au repos et de son éreintement avancé. Son faciès, ponctué d’un sérieux à toute épreuve, le vieillissait maladroitement : à tous les coups, sa sœur aurait misère à le reconnaître lorsqu’ils se retrouveront. Quant à son accoutrement, c’est grâce à ce dernier qu’il tâcha de palier à se grise mine. Des épaules aux petons, son harnois couvrait son corps comme d’une seconde peau, adroitement entretenu et ajusté pour les parades militaires.

Peu de temps s’en fallut, pour que se mettre à cracher son connétable, de quelques rosseries de mauvais goût. Louis ne s’en vit guère choqué – l’incivil Kelbourgeois l’avait habitué à pire -, mais dut tout de même le ramener à l’ordre. Certaines moqueries, gratuites de surcroîts, méritaient d’être pesées avant d’être lancées.


« Il n’a certes pas fait acte de présence, mais le bougre avait bien cette excuse pour lui : il était mort. Et quand bien même du mauvais rôle qu’il arbora au concile de Sainte-Berthilde, je préfère un homme du nord aux côtés du Roy, que les pattes bien manucurées d’un Sudiste ou d’un Mervalois. Attendez avant de faire son procès, de voir ce qu’il a d’intéressant à nous narrer. »

Arrivés aux devants de leurs hôtes, Louis embrassa le sol de ses pieds en s’éloignant de son canasson, puis se fit présenter aux illustres de la citée par l’un de ses héraut. Le gratin dans son entièreté fit acte de présence : au moins leur triomphe avait cela pour lui, faute d’avoir l’appui réel du publique. Devant eux, sans ambages Louis leur adressa ces quelques mots, dont il se douta, ne seraient pas les prémices d’une franche amitié entre eux.

« Seigneurs, après tant de souffrances et d’efforts, de nous accueillir de la sorte est pour nous, un prompt réconfort. La guerre ne fut point de tout repos vous vous en doutez, mais cela est chose du passé. Diantra nous accueille en ami et grâce à elle, nous pouvons désormais nous reposer en toute quiétude. La guerre est terminée. » Une salve d’acclamation accompagna celle du publique, tant que Louis se retourna vers Thibaud pour lui réserver une œillade discrète, avant de poursuivre aux Seigneurs locaux. « C’est Sainte-Berthilde, Serramire, Érac et Odélian qui ont réunies leurs forces pour vous offrir cette liberté, l’ultime présent d’un Nord coalisé. Et à présent, pour officialiser le tout, voilà pour vous messieurs, le dernier gage de notre dévotion pour cette cause. » Louis s’écarta d’un pas afin de laisser pleine vue aux locaux vers l’attroupement qui faisait suite à Louis, là où on fit s’écarter à leur tour les gens présent, pour que puisse cheminer librement une mystérieuse carriole.

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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Triomphe..   Lun 16 Avr 2018 - 22:53


Les rayons fugaces chatouillaient son visage serein. Ses longs doigts dorés venaient çà et là s’amuser dans sa tignasse pour s’enfuir par-delà son corps étendu. L’on eut vu un sourire naître tout au coin de sa bouche définitivement close par la paix. Et ses yeux aveuglés par l’étonnante clarté préférèrent bientôt parcours la prairie : là poussait orge aux rats, herbe tendre et vertes pousses. Parfois une fleur venait narguer ses voisines de ses longs pétales tantôt blancs, tantôt bleu ou même jaune. Ses oreilles se régalaient du clapotis régulier de l’eau dans laquelle nageait sa main, le son à peine perturbé par les chants des oiseaux. Elle inspira profondément cet air qui lui semblait si pur. Rien n’entravait son corps : ni vêtement ni responsabilité. Elle n’était plus qu’elle – seule -, ici dans ces champs où le vent se glissait avec malice sur sa gorge et ses seins. Alors, se détournant de son tableau idyllique, elle contempla une toute autre œuvre ; car il était là. Ses mirettes d’azur luisaient, il avait perdu sa bouille morne. Ses lèvres se descellèrent pour exploser d’un rire lumineux alors qu’elle éclaboussait sa frimousse de gouttelettes froides.

Sa respiration se saccada et la tendre image s’effaça comme un coup de tonnerre. Le doux visage disparut et ses mains retrouvèrent le dur contact du cuir. «C’était un rêve, rien de plus ». Les sabots martelaient à présent les pavés dans une allure régulière et lancinante ; point étonnant dès lors que la Belle s’eut abandonné à quelques rêvasseries. Ses jambes lui devenaient douloureuses si bien qui lui fallait déployer des monceaux d’efforts pour les tenir à leur place. Et quand le nuage se dissipa totalement, elle regretta la paisible clairière. Diantra-la-Belle n’avait plus rien de sa splendeur ; si cela avait été d’autant plus vrai lorsqu’elle s’y était rendu pour la dernière fois, rien ne semblait avoir changé. Le long des avenues s’était massé un peuple affamé, aux joues creusés et aux mains vides. Des gens aux regards éteints et cœur que la joie avait quitté. Les Diantrais eurent été à l’image de leur bonne ville : gris et tristes. S’ils avaient un temps essayé d’avoir mieux, le résultat ne semblait pas encore probant car ici n’avait changé. Les braves chevaux avançaient dans une étrange mélasse faite de pisse, de merde et de boue. Si l’on cria quelques hourras, ce n’était qu’une vague éparse de crieurs car la capitale n’en avait plus la force.

Assassinée, violée par ces sabots conquérant, elle subissait une fois de plus l’invasion. Et le Corbac – maudit soit-il ! – pouvait bien prétendre que cela était pour son bien ; les doux sires qui s’en était venu avant lui l’avait dit aussi. Il n’était qu’un homme bien loin de chez lui ici, et la Baronne demeurait interdite. Elle craignait que bientôt naisse à nouveau les rixes, qu’encore une fois le sang se mêle à la fange qui coulait dans les caniveaux. Un enfant couru non loin de là, implorant les bons soldats de lui céder une piécette. Il avait le nez sale et les pieds écorchés. On l’écarta sans ménagement, et il reçut un ou deux coups qui le mirent à terre. La honte pesa sur les épaules déjà lourdes de l’Alonnaise qui détourna les yeux, complice silencieuse d’une gangrène qu’elle ne supportait plus. Il lui tardait de retrouver ses terres à présent. D’oublier la guerre, d’oublier sa honte, car ses mains elles demeureraient à jamais tâchée. « Une fois de plus ». Elle pouvait bien se cacher sous son armure d’apparat, rien ne la protégerait de ses actions.

La troupe s’arrêta sur la grande place. Son palefroi s’employa dès lors à tenter de croquer le cul de son cousin Serramirois. Si la situation ne s’y prêta pas, elle rit sous cape en s’imaginant le preux Aymeric, le dentier d’un cheval attaché au croupion par mégarde ! Quelle scène cela ferait ! Pour sûr, on lui trouverait un surnom digne de sa prouesse. Pourquoi pas : « Sire Brochant, le Croque-Fesse ». Voilà un titre qu’il ne s’empresserait pas de faire rutiler dans une de ses ronflantes missives. Posant le pied à terre, toujours vaguement amusée de sa drôlerie, une voix lui fit tendre le cou. Ce timbre, elle pouvait le reconnaître au milieu d’une foule. Et si elle n’écouta point ce qu’il était dit, elle s’approcha un peu plus pour distinguer l’imposante silhouette. Son cœur manqua une mesure et son sourire jusqu’alors contrit s’étira en un instant. Elle se fichait pas mal de la fatigue qui peignait ses traits, de la dureté de son minois qui avait perdu l’insouciante jeunesse. Elle se fichait pas mal aussi des regards qu’on lui lança quand elle se faufila à travers les corps de fer jusqu’à se trouver juste derrière lui. C’était là qu’elle campa fermement, les yeux rivés vers les nobliaux dont certains lui rappelait vaguement quelque chose. A présent, elle se sentait mieux ; point autant que dans le champ de son utopie mais cela s’en approcha assez pour qu’elle se déride un peu. Pourtant elle dût se forcer d’attendre que la rumeur gronde alors qu’avançait un très étrange chariot.

« Ne les flatte point trop Louis, ils risquent d’en devenir que trop complaisant ». Elle l’avait glissé aussi doucement qu’elle le pût. Si leur liaison n’était plus un secret pour personne, elle se méfiait du connétable – à raison.
« J’eus été fortement tenté de leur rappeler qu’ils sont devenus nos débiteurs. Plutôt, je me suis souvenu que nous le faisions pour le Roy et non pour ses richissimes sujets ».
La réplique l’amusa. A vrai dire, le jeune Faon avait bien grandit et elle ne pouvait guère s’en plaindre. « Et si tu ne desserres point les dents à présent, ce sont elles qui cèderont, point leurs trognes. Ils auront ce qu’ils mériteront en temps voulu ». Finalement, elle tourna les yeux vers Thibaud. L’homme paraissait plus pouilleux que le pauvre gamin qu’elle avait croisé plus tôt et c’est non sans un rictus de dégoût qu’elle lui demanda : « Quels sont les trophées qui arrivent messire Kelbourg ? ».

_________________
"Le pouvoir de ces hommes n’était qu’illusoire [..]; non, ici elle était seule capitaine d’un bateau, car comme chacun le sait un navire ne dispose que d’un seul et unique gouvernail."



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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: Triomphe..   Mar 17 Avr 2018 - 11:39



Point de Wenden à l'horizon. Il avait eu beau chercher parmi les couards de la cité, il n'en avait guère encore aperçu l'étendard de l'arétan. Il s'en amusa presque, surtout lorsque ses compères se mirent à le modérer dans ses propos. Qu'ils crèvent ! Il n'était pas là pour chercher des excuses. La seule chose qu'il voyait n'était qu'un piètre réconfort comparé à toutes les épreuves traversées depuis leur départ. Il s'était même attendu à ce que le Roy en personne se tienne en haut des marches menant au palais Royal. Certes, le bambin aurait été bien incapable de les féliciter, mais l'on aurait eu au moins l'impression d'avoir fait tout ça pour quelque chose ! Satanée merdouille, ils n'avaient plus qu'à se contenter du strict minimum.

Par la suite, le Sénéchal resta calme et laissa même à son seigneur le privilège d'ouvrir en premier la discussion. Il ne manqua certes pas de panache, mais c'est un Louis fatigué et passablement énervé qu'il entendit. C'est à cet instant qu'il se demanda bien s'il pourrait encore continuer à l'appeler le petit faon. Suite au discours, vint enfin le moment qui marquerait probablement les esprits pour les quelques générations à venir. À la demande de la Broissieux, il ne lui céda qu'un regard neutre sans lui accorder la moindre réponse. Elle voulait savoir ce qu'il préparait ? Et bien, elle n'avait plus qu'à fermer sa gueule et à bien ouvrir ses yeux. Voilà tout !

Il survint trois charrettes dont on peinait encore à voir ce qu'il se trouvait à l'intérieur. Lorsque les trois carrioles arrivèrent en bas des marches, Thibaud s'avança un peu plus pour sortir des rangs. Toujours sur son canasson, il fit signe à des Berthildois et à quelques eraçiens, avec qui ils avaient guerroyé durant la campagne velterienne, de s'approcher.

Des trois charrettes se déversèrent ainsi des clés par millier. Il y en eut de toute sorte. Des grandes, des petites, des grosses...

– Bons seigneurs, voici les clés de Velteroc et de Chrystabel !

Ce n'était en rien une promesse de don. Ces clés n'ouvriraient plus aucune portes. Puisque les portes, elles-mêmes, n'existaient plus. Elles allaient de la petite chaumière velterienne, en passant par le moulin du village, jusqu'aux belles demeures des notables velteriens où chrystabellois. Pour les plus importantes, dont celles des villes, elles étaient encore dans les mains de ses libérateurs.

Durant un instant, il se souvint d'une discussion tenue avec celui qui était encore le Comte d'Arétria. Durant leur échange, Kelbourg lui avait affirmé qu'il irait jusqu'à Diantra après avoir rasé la moitié du Royaume pour y déverser les clés du Médian. S'il avait pu en faire une promesse, cette dernière aurait finalement été respectée.
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Vadomar von Gratz
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MessageSujet: Re: Triomphe..   Mar 1 Mai 2018 - 11:55





Le siège de Christabel était terminé. Les échines des ennemis courbés, la victoire faite.
Une glorieuse bataille que les trouvères narreraient pendant des années sans doutes.
Une rixe sanglante qui avait vu l'avènement du sang et du fer dans laquelle gentils et mauvais hommes avaient perdu la vie sans faire fît de leurs respectives allégeances.
Des souvenirs qui marqueraient chacun des belligérants et cela pour une vie entière, ou du moins jusqu'à l'avènement d'un nouveau conflit.
Et pourtant, de tout cela, les Oursons n'avaient pas vu grand chose.
Tranquillement installé dans la masure de fortune qui avait servit de base arrière aux reîtres Oësgardiens, ils n'avaient jamais ouï le Signal. Le fameux et bienheureux signal.
Aucuns signes n'étaient venus de l'intérieur des murs, aucuns messages n'avaient battus la lande pour les rallier, tous semblaient avoir oubliés ceux venant d'Essenburg.
Et pourtant, ni Godorick, ni Doromar, ne se plaignirent de cet oubli.
C'est le hasard lui même qui s'invita à leurs destins : La Porte qu'ils allaient forcés, s'ouvrit d'elle même, consumé par le feu.
Ils pénétrèrent alors dans la ville, accompagné de leurs suiveurs et partagèrent la liesse, pillant ce qui ne l'avait pas encore était, réclamant leurs dûs à certains marauds, n'hésitant pas à broyer le nez des récalcitrants des gens de plus basses extractions.
Ils ne daignèrent pas mettre un seul coup d'épée et pourtant, ils furent cités parmi les gagnants.
Et c'est bien en vainqueurs qu'ils se posèrent aujourd'hui dans le saint des saints.
Diantra.



« Ce Kelbourg doit avoir envi qu'on lui la gobe, n'a t'il pas déjà mentionné une histoire de sucerie ? »

Doromar s'interroge, sourcils arqués. Il chevauche un pas de bourrin derrière son frère. Se tenant le dos droit, la mine lugubre mais le torse bombé. Il apprécie sa venue dans la capitale du Royaume. Diantra est une belle ville, mais elle est loin d'égalé le sobre faste de sa bonne Essenburg. Les gens y sont bien moins sympathique, il peut le voir, sur leurs visages. Tous battent des mains et les saluts, mais il n'est pas dupe, il le sait, il partage le même secret, le même mensonge : Ceux la veulent les voir morts, mais la contrainte les obliges à donner le change. C'est l'histoire de sa vie.

« Possible. Ces gens du Berthildois ont des coutumes spéciales. Mais regarde moi plutôt ces visages mon frère, ils nous acclament ! Père sera fier de nous. Je lui ferai parvenir missive quand le temps sera venu. »

Godorick est remplit de certitude, sourire aux lèvres. Il chevauche en tête de procession, sa petite escorte armée avançant dans son dos. Il dévisage la foule et n'y voit que joie et liesse, la gueusaille semble heureuse de voir enfin se finir ces temps de guerre. Cela fait naître en lui un sentiment de plénitude, il se trouve à sa place, parmi les triomphants et ne souhaiterai être nul part ailleurs. De temps à autres, il distribue de petits signes de la main, gratifiant les badauds de son bon salut. Oësgarde lui manque, mais elle pourra encore attendre un peu.

Et c'est ainsi que les Oursons participèrent à cette journée de faste. Ils eurent vents des nouvelles concernant le Roy, ils eurent vents des rumeurs, ils eurent vents des faits et accomplissements. Mais Godorick et Doromar n'étaient que des chevaliers, loin de se soucier des affres de la politique, ils laissaient se domaine à leur paternel. Celui la même à qui ils s'empressèrent de raconter leurs exploits et les récits de la vie à Diantra.  

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Aymeric de Brochant
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MessageSujet: Re: Triomphe..   Mer 16 Mai 2018 - 21:56


« Pourquoi pareil triomphe ?«, n'avait cessé de se demander le marquis. La question le tarauda tout du long du voyage, à la vue de l'immense cordon de fer vêtu scindant le pays en deux. Assurément, le quart de ces hommes eût fait grande impression sur la populace ; un dixième seulement, quant à lui, en eût assuré la sûreté des murs. Diantra, cette grande putain enlaidie par les années de labeur, valait-elle encore qu'on lui présenta vingt mille hommes ? Bien des ladres manqueraient à leurs pays, c'était là une certitude.

« Parce qu'on a gagné la guerre », lui aurait répondu son frère Evrard, plus terre à terre. C'était imparable : la victoire appelait le triomphe. Quand la cité aux cinq-cent-soixante-quinze tours fut en vue, guère ne fut pourtant l'envie aux hommes de célébrer. La ville, exsangue, n'en valait guère la peine. Son faste l'avait déserté en même temps que la couronne, et sa seule vue serait l'unique réconfort accordé aux braves parvenus jusque là. Éprouvant les embuches de l'Avosne, on aurait vu Diantra - avant de repartir. C'est que l'endroit, du reste, ne supporterait bien longtemps l'occupation d'une si populeuse troupe. Adonc, sans jouir de ses délices passés, on ne s'attarderait dans la capitale.

« Mais pour qui triomphons nous ? », tâcha de préciser parfois Aymeric. L'homme s'était autrefois longuement étendu en festivités, après son triomphe contre les puysards. Il se trouvait alors entouré de vassaux matés et de voisins à amadouer. Son apothéose suivant la victoire d'Oesgardie n'en avait été que plus belle qu'elle reflétait la pâleur diantroise. Un bref instant, le marquis ayant défendu le Royaume tout entier du drow avait pu faire de son fief le centre du Royaume, le centre du monde. Tous s'y étaient relayés, requérant la faveur du vainqueur félicité.

« Le peuple, je suppose ? » C'était plus une élusion qu'une véritable réponse ; elle fut du reste balayée quant on vit les visages ternes de la gueusaille diantroise. C'était un peuple las de voir passer sous ses yeux des occupants venus d'ailleurs, et à qui même les hommes du Roy semblaient étrangers. La bourgeoisie la plus remuante - ou la plus capable - s'en était allée avec Cléophas, laissant une bande de hère hagards menés par des dirigeants fantoches.

Faute de Roy ou de Chancelier, on s'était rabattu sur une coterie de prévôts mal dégrossis que la collusion avec la Ligue prédestinait d'ors et déjà à l’échafaud. Ceux là n'avaient guère besoin d'être impressionnés par la force des armées nordiennes. Aymeric leurs avaient bien avant ôté leurs griffes ; ils n'étaient désormais que d'impuissants témoins. Quant au reste du Royaume, qui pouvait bien prétendre à s'opposer au nouveau pouvoir venu du Nord ? Adonc, la parade n’impressionnerait nul homme dont on gagna qu'il soit impressionné. À quoi bon jouer les rodomonts face à un public déjà ventre à terre ?

« En vérité, Evrard, c'est pour nous même que nous défilons », avait alors glissé le marquis à son frère, tandis que s'étaient avancés le jeune Louis et son connétable devant le parterre soumis des échevins diantrais. Fut-il face à des égaux, peut-être le marquis se serait-il fendu d'un discours lui aussi - mais à quoi bon parler à ces hommes là ? On pouvait certes déclamer sa supériorité à un troupeau de vache ; elles acquiesceraient silencieusement, mais on ne serait pas plus avancés. Adonc, le marquis se tint coi tandis que sous ses yeux prirent place les simagrées berthildoises. « Et puisque tu ne parles pas, pourquoi défiles tu, toi, mon frère ? » Sans le savoir, Evrard avait allumé dans les yeux du marquis une flamme mauvaise.

Car si Aymeric menait le triomphe, c'était pour mieux en organiser sa fin ; s'il avait pris la tête du cortège, ce n'était que pour le quitter en dernier. Tandis que chacun des ost s'installait, quid dans la ville basse, quid dans les faubourgs, quid dans la plaine, le sénéchal, quant à lui, s'empara de son dû, déployant ses troupes dans chacune des redoutes, ouvrant les portes du Fort de la Vaillance à ses hommes. C'était là des clefs dont il se souciait bien plus que de celles de Chrystabel ou de Velteroc, à n'en pas douter.

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