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 La Pupille de mes yeux | Linaëlle

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Cécilie de Missède
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MessageSujet: La Pupille de mes yeux | Linaëlle   Mar 10 Avr 2018 - 16:03


Début Verimios
An 10 XIe Cycle
Citadelle de Beaurivages


La douceur de l'été portait l'humidité des embruns poussés sur la grève. Ce n'était que depuis son retour que Cécilie comprenait à quel point tout la mer lui avait manquée. L'odeur d'iode, le sel, les algues et l'écume. Une musique et un parfum si caractéristique qu'elle était ravie de pouvoir les offrir à son fils comme souvenir des premiers mois de sa vie. Depuis plus d'un mois maintenant, elle était revenue à Beaurivages. Les messagers et les colombes faisaient chaque jour le chemin entre elle et ses conseillers à Missède. L'armée s'était retirée à l'avancée de l'Ost royal et rétractée jusqu'à son affectation d'origine. Tous les soldats avaient eu le droit à de copieuses permissions après avoir eut le bonheur de retrouver leurs femmes et leurs enfants protégés et choyés.

La fête des fleurs avait été tardive avec l'hiver glacial qu'ils avaient eut, mais elle avait finalement eut lieu dans la seconde moitié du printemps. Le miel, le coquelicots, les roses, les jonquilles, les violettes et les iris avaient embaumés l'air pendant des jours. Les jours paisibles malgré la pression extérieure et la guerre qui faisait rage partout ailleurs en Péninsule étaient appréciés autant par les seigneurs que par les gens du peuple. Les commerçants et bourgeois s'épanouissaient en envoyant leurs prospecteurs de plus en plus loin à l'est, à l'ouest et au Nord. L'attaque de Tall tout en leur faisant prendre des précautions supplémentaires pour surveiller leur bout de mer, n'avait finalement pas eut grandes retombées.

Dans la grande citadelle aux bannières rouges et noires, posée sur l'éperon rocheux, les soirées artistiques avaient repris leur cours. La Dame des lieux avait tenu à ce que les baladins puissent tenter de gagner leur pièce en faisant valoir leur art et les informations qu'ils transportaient de toute la Péninsule et même au delà, mais aucune de ces petites escapades imaginaire n'était fastueuse.

Assise sur un banc de pierre dans les jardins à l'intérieur des murs, profitant de la fraicheur d'un hêtre, Cécilie  passait et repassait sa douce main sur le plat de sa dague, de plus en plus près de son fil tranchant. A ses lèvres flottaient quelques notes d'une ritournelle lancinante. Perdue dans ses souvenirs, la texture humide qui réchauffait ses doigts quelques heures auparavant revenait lui caresser la peau. Mais un murmure tendre l'averti qu'il n'était pas temps de se perdre dans tout ceci. Laissant là les impressions laissées par sa visite au fort de Sainte Aliénor la veille au soir, elle rangea sa dague à sa juste place, au fond de sa manche ample, et se leva avec grâce. En quelques pas prudents, elle trouva du bout des doigts le mur de pierre et le suivit jusqu'à la rambarde de l'escalier qui menait en haut des remparts. Le cliquetis d'une armure de soldat mis brusquement au garde à vous accentua le sourire tranquille et mesuré de la jeune femme.

- Veuillez envoyer chercher Gwenaëlle et prévenez Anthoine que je me trouve à Tour Levant pour qu'il ne s'inquiète pas.

L'homme exprima son accord haut et fort avant de partir à grand pas, laissant la Comtesse marcher lentement le long du rempart en direction de la plateforme la plus haute des remparts, celle qui donnait à pique sur le Beau Rivage et les récifs. Grande place ronde battue par les vents du large, les hauts et larges créneaux déchiquetés la protégeaient suffisamment pour qu'elle reste sûre. En été, son exposition au soleil et la brise marine qui y soufflaient en faisait un endroit des plus agréable et les gardes avaient pris l'habitude d'y laisser quelques banc ou même une table pour prendre leurs poses lors des rondes.

Accoudée aux créneaux, la robe blanche ceinturée de rouge de la Dame de Beaurivages voletaient avec légèreté. Sa chevelure seulement alourdie par une broche florale d'or, de cuivre et de vermeil ondoyait sans son dos jusqu'à ses genoux et son visage souriant profitait des échos de l'océan en contre bas, les yeux clos.

La discussion qui allait suivre, elle aurait préféré ne pas l'avoir tout de suite, mais il fallait y venir, aujourd'hui ou demain. Pour se donner du courage, elle ampli ses poumons d'air marin et son sourire de façade se changea en un réel sourire d’apaisement.
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Linaëlle de Lancrais²
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MessageSujet: Re: La Pupille de mes yeux | Linaëlle   Mar 10 Avr 2018 - 20:28


Combien il était bon de retrouver peu à peu le goût à la vie ! Voici quelques temps que Linaëlle se trouvait maintenant à Beaurivages pour sa convalescence. La magie de Cécilie l'avait beaucoup aidée mais elle ne l'empêchait pas de se souvenir et de parfois être hantée de nouveau par ses fantômes. Combien sa mère et sa vie d'avant lui manquait ! Olside avait beau être toujours là, plus rien désormais ne serait comme avant. Elle en avait bien conscience.

Avec les beaux jours de l'été, la fête avait prit place dans cette jolie seigneurie simple mais de bon goût, où les arts et la musique étaient les bienvenus. Cela lui rappelait un peu le Langehack, sa maison où chaque soir était propice à la présentation de nouvelles choses, où chaque jour avait son nouveau jeu, ses nouvelles têtes. Tout était plus rutilent mais plus vivant dans la Cour du duché. Maintenant, plus rien n'était comme avant. Si sous l'influence de son beau-père Oschide, sa mère avait considérablement étendu le duché, sa régence s'efforçait de calmer les frondes en tâchant de redorer son blason auprès de la couronne. Les terres conquises ont dû être restituées et le faste des beaux jours s'était assombri.

Face à tout ce tumulte, toutes ces fêtes, Linaëlle ne s'était pas sentie très à l'aise. Elle évitait avec le plus grand soin ces fêtes pleines de monde et d'inconnus. Elle s'était cloitrée dans sa chambre où elle s'était barricadée et seules les jeunes soeurs de sa protectrice avaient pu la cotoyer. Il était encore un peu trop tôt pour que la jeune femme apprécie d'être entourée de monde. La journée, les choses étaient plus faciles. Elle avait développé un certain goût pour de jolis coins calmes de la seigneurie où elle se plaisait à se remémorer les instants chers à son passé. Parfois elle s'y promenait en compagnie de Gael qui depuis l'acceptation de sa demande en mariage, passait le plus de temps qu'il pouvait en sa compagnie. Linaëlle l'appréciait de plus en plus à mesure qu'ils passaient du temps ensemble et son attachement pour elle, la sincérité des sentiments qu'il lui exprimait, la touchait beaucoup. Toutefois, elle ne les avait pas bien compris au début. Comment pouvait-il trouver quelque chose de beau en elle, l'aimer quand tant d'autres n'avaient pensé qu'à la posséder ? Tout ce qu'il recherchait semblait être de la protéger, de l'aider à se sentir mieux. Jamais il n'évoquait de sujets tristes, bien au contraire, il exprimait une joie de vivre qu'elle admirait et qui la fascinait quand elle-même l'avait perdue.

Elle se plaisait beaucoup à lire et à faire la lecture à ces quelques rares personnes qui étaient ainsi autorisées à la cotoyer. Elle se tenait informée des plus gros évènements qui se déroulaient. Si elle s'était inquiétée de l'arrivée d'une guerre en leurs terres, les décisions prises par sa régence de restituer les terres du Roi l'avaient d'abord rendue triste - puisqu'il s'agissait en soit de renier l'expansion réussie par sa mère et son beau-père et donc en quelque sorte, pour elle, les renier -. Néanmoins elle convenait avec sagesse que c'était un mal nécessaire s'ils voulaient éviter bien pire. Ils n'auraient jamais pu s'en sortir sans y perdre quelques plumes de toute façon.

Elle était assise ce jour-là dans l'un de ces coins qu'elle affectionnait lorsqu'un garde la surprit dans sa lecture, lui faisant pousser un cri de terreur qui effraya bien plus le garde lui-même qu'elle finalement. Décidément, elle ne se ferait jamais à sa nouvelle identité : Gwenaëlle de Beaurivages. Elle le regarda d'un air extrêmement mauvais et méfiant, se demandant ce qu'il lui voulait lorsqu'il lui annonça non sans bégayer, que la Comtesse de Missède désirait la voir. Elle se leva prestement alors avant de suivre, finalement penaude et un peu effrayée le garde. Elle tâta alors d'un geste négligé, comme si elle se grattait la tête, le petit poignard en forme de peigne qui ne la quittait plus avec les conseils de son maître d'arme ainsi que de sa protectrice, qui elle-même, ne restait jamais sans protection, d'autant plus qu'il était difficile de faire confiance aux autres quand on ne pouvait pas les voir.

Le garde la conduisit au plus haut sur les remparts, à la Tour Levant où souvent, les soldats y prenaient leur pause. C'était un lieu que Linaëlle n'avait pas l'habitude de côtoyer. Plus loin elle se trouvait de personnes inconnues à ses yeux et mieux elle se portait. Elle vit alors sa protectrice, assise au bord du rempart, respirer l'air à pleins poumons, un sourire apaisé illuminant son visage aux traits fins et doux mais marqué par la dureté des épreuves qu'elle dût endurer.

La jeune enfant eut à peine le temps de s'avancer que sa protectrice l'invita d'un geste de la main à la rejoindre. Elle prit alors une grande respiration avant de s'exécuter et de regarder l'horizon à côté de celle qui lui avait rendu sa liberté.

Elle resta là, respectueusement en silence, attendant que la Comtesse lui expliquer la raison de cette convocation auprès d'elle, mettant ainsi fin à ce suspens. Elle n'avait pas habitué Linaëlle à autant de formalisme habituellement. Elle n'était donc pas vraiment coutumière de ce genre de procédé de la part de sa protectrice.
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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: La Pupille de mes yeux | Linaëlle   Mar 10 Avr 2018 - 21:03


Après un moment de silence, Cécilie poussa un soupire de détente. La large rotonde était vide à cette heure et la fin d'après-midi leur chauffait délicieusement le crâne.

- Désolée de ne pas être venue jusqu'à toi. Le voyage m'a épuisée et je ne me sentais pas de m'enfermer tout de suite dans un salon ou une chambre avant que Maël ne me réclame.

La veille en début de mâtiné, la Comtesse s'était éloignée avec une escorte réduite en direction de Chiard. Officiellement, elle allait réglé les derniers détails de la restitution de Chiard aux de Laval et donc, de l'accomplissement de la parole que son ancêtre avait passé avec les de Beaurivages un siècle auparavant. Officieusement, elle avait poussé jusqu'au Fort Aliénor où était retenu son père depuis plus d'un an. Elle l'avait revu pour la première fois depuis qu'elle avait été obligée de rompre son mariage avec Enrico di Montecale. La rencontre plus encore que le voyage avait été éreintante, mais elle ne regrettait pas d'y être aller, d'autant plus qu'elle n'aurait pas à souffrir les questions de ses soeurs puisque les seules personnes à être au courant étaient Linaëlle, Gaël ainsi que ses deux gardes personnels Sire Edgard et le Lieutenant Anthoine.

Tout en parlant, elle tendit doucement une main dans la direction de Linaëlle, de façon à ne pas risquer de la heurter. Elle ne prononça pas un mot, mais l'intention était simple. Ce genre d'invitation silencieuse n'était pas la première. Si la jeune fille désirait lui parler de quoi que ce soit en bien comme en mal, elle était à sa disposition, toujours. Et dans le cas contraire, elle ne la forcerait pas à s'appesantir sur les drames qui avaient parsemés sa vie à moins que ce ne soit parfaitement nécessaire. Elle l'écoutait et la conseillait aussi sincèrement que possible et avec tout la bienveillance dont elle était capable.

Un sourire serein au lèvres, elle se laissa guider par la demoiselle. Qu'elles restent au créneau, qu'elle s'asseyent quelque part ou qu'elles déambulent lui était bien égal du moment que Linaëlle se trouve aussi bien que possible. En plus, chose appréciable, les deux femmes faisaient la même taille à un souffle près en faveur de la plus jeune, Cécilie n'avait donc pas à se démettre l'épaule pour lui prendre le bras.

- Tu sais, j'ai discuté avec beaucoup de gens hier. Et je me suis rendu compte que rien ne m'avait vraiment préparer à devenir Comtesse, ou mêmes seulement Dame d'un fief. Toi, tu as encore du temps devant toi, mais j'aimerai que nous parlions un peu de ton avenir, si tu es d'accord.

sinon, elle laisserait courir. Elles parleraient un peu de lecture et d'histoires puis Cécilie réitèrerait cette demande de plus en plus souvent dans les ennéades suivantes.
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Linaëlle de Lancrais²
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MessageSujet: Re: La Pupille de mes yeux | Linaëlle   Mer 11 Avr 2018 - 13:38



- Désolée de ne pas être venue jusqu'à toi. Le voyage m'a épuisée et je ne me sentais pas de m'enfermer tout de suite dans un salon ou une chambre avant que Maël ne me réclame.

Linaëlle prit de sa main d'une pâleur sans nom, celle que lui tendait sa protectrice pour la poser sur son bras. Comme beaucoup ici, elle n'ignorait pas que la Comtesse était frappée de cécité. Ainsi, elle avait une attention particulière envers elle.

- Nul besoin de vous excuser. Le voyage a dû vous paraître sinon long en tout cas bien dur et difficile. Par ce beau temps, j'ai moi-même voulu profiter de cette délicieuse odeur iodée et de ce calme avant la tempête que nous offre cette belle journée d'été. Je lisais un peu dans le jardin à côté de la fontaine.

Comme les rares confidents de la Comtesse de Missède, Linaëlle qui faisait désormais partie de sa vie et qu'elle avait choisi de placer sous sa protection, était au courant du voyage que la jeune mère avait entreprit dans le but de revoir après tant d'années son père, prisonnier.

La jeune enfant avait beau avoir vécu bien des choses déjà pour son jeune âge, elle se doutait que la vie tranquille dont elle jouissait depuis sa sortie de l'abbaye n'allait sans doute pas durer. Vu les vagues récentes de troubles qui déferlaient sur le royaume depuis quelques temps, Linaëlle se doutait qu'il faudrait agir et prendre des mesures. On lui avait adressé plusieurs plis, communiqués également à sa régence, afin de la tenir au courant de la situation du sud avec Ydril. Le nord de son côté, avait marché sur le Médian jusqu'à Diantra. Le monde que sa mère avait entreprit de façonner tombait en désuétude et mouvait vers une nouvelle ère. Un nouveau monde où l'on s'attendait sans doute à ce que Linaëlle joue un rôle.

Linaëlle entraîna sa protectrice à se balader le long des remparts. Avoir été enfermée dans le petit carrosse qui avait dû la conduire jusqu'ici avait dû être éprouvant. Sans doute apprécierait-elle de se délasser un peu les jambes par quelques pas lents, tout en profitant des beaux rayons du soleil et de l'air frais qui leur étaient offerts aujourd'hui.

- Tu sais, j'ai discuté avec beaucoup de gens hier. Et je me suis rendu compte que rien ne m'avait vraiment préparer à devenir Comtesse, ou mêmes seulement Dame d'un fief. Toi, tu as encore du temps devant toi, mais j'aimerai que nous parlions un peu de ton avenir, si tu es d'accord.

- J'imagine que nous pourrions toujours repousser cette discussion, il faudra bien qu'elle ait lieu tôt ou tard. Autant que ce soit maintenant. J'ai l'impression que l'on attend beaucoup de moi, que je reprenne la place qu'occupait Maman mais et si je ne leur plaisait pas moi non plus ? Me tueront-ils moi aussi ?

Avec le lien que la magie avait créé entre elles et par le temps qu'elles avaient passé ensemble, Linaëlle avait pris l'habitude de se montrer franche et honnête envers la Comtesse. Ainsi, elle ne faisait pas preuve de langue de bois, bien au contraire. De toute façon la jeune femme, de par l'usage de sa magie et les longues conversations qu'elles ont eu ensuite, connaissait tout de la vie de la jeune enfant. Lui cacher des choses était ainsi inutile.
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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: La Pupille de mes yeux | Linaëlle   Mer 11 Avr 2018 - 14:42


- Pas tant que le royaume ne sera pas stable. " répondit Cécilie avec la sincérité qu'elle employait dès qu'elle le pouvait. Pour des raisons personnelles, elle n'exécrait rien plus que le mensonge et si elle passait certaines choses sous silence par devoir pour protéger ses gens, c'était bien à contre cœur. " Tu es jeune et après ce que tu as traversé, ils te pensent fragile et manipulable. Pour l'instant, tant que Langehack prête serment au roi, ils n'ont aucune raison de menacer ta vie. Par contre les seigneurs de la Péninsule essaieront d'entrer dans tes bonne grâce en prévision du jour ou tu t’émanciperas ou de t'enlever pour faire de toi un otage et faire plier Langehack à leurs désirs. D'un autre côté, les seigneurs du conseil de régence feront tout pour te garder sous leur coupe le plus longtemps possible ou devenir tes conseillers les plus proches. Même si je ne t'aide pas pour des raisons politiques et qu'ils ne savent pas précisément où tu te trouve en ce moment, ma position et l'influence que je peux avoir sur toi est enviable à leurs yeux et pourrait poser problème d'ici peu. Mais dans tous les cas, tu es bien plus précieuse vivante que morte. Gaël, mes sœurs et moi devons nous préparer à ses représailles, il pourrait arrivé que certaines personnes tentent de te faire peur, de t'enlever ou de te marier de force, mais ils ne te tueront pas. "

Elle avait tout énoncé de son ton tranquille, comme la plus banale des constatations, mais elle n'était pas détachée pour autant. Sa main glissée sur le bras fin de la jeune fille se serra en signe d'encouragement. L'idée selon laquelle l'assassin de Méliane faisait parti de ses proches conseillers et même amis, était plus que probable, elle n'avait jamais tenté de cacher ou de minimiser le risque aux yeux de Linaëlle, mais elle essayait déjà tellement fort de retrouver goût à la vie que la musicienne ne voulait pas l'accabler davantage.

- Cependant, il y a une chose sur laquelle je pense qu'il est important d'être claire. Personne n'attend que tu reprennes la place de ta mère. A mes yeux, c'est une femme de bien qui a essayé de promouvoir la grandeur de ses terres tant qu'elle a put mais qui a fait de grandes erreurs et surtout, qui s'est alliée aux mauvaises personnes. La plupart des gens ne la voient pas comme ça. Merval et Scylla l'on fuit et l’ingérence du coupe Ducal dans les affaires royales leur a couté très cher. Beaucoup espèrent que tu feras des choix différents, plus raisonnables même s'ils sont moins éclatants.


L’écho d'un soldat marchant à pas lents se fit entendre dans le lointain. Cécilie aurait aimé expliquer à Linaëlle que sa mère avait été la duchesse d'une région et non celle de son peuple, mais la petite n'avait pas besoin d'entendre quelqu'un de plus écorcher la mémoire de sa mère, quelle qu'ait été leurs relations.

- A ce propos je te dirais bien que gouverner avec bienveillance pour maintenir la paix et le bonheur de ses sujets est la seule voie valable, mais ce sera à toi de choisir ce que tu veux accomplir pour Langehack et pour son peuple. En ton nom et non en celui de ta mère. "
elle prit le temps de tourner le visage de côté pour adresser un sourire à la jeune fille malgré son regard fixe. " Et pour cela j'aimerai qu'un précepteur prenne soin de t'inculquer toutes les bases nécessaires, ici, à Missède ou même à Langehack si tu le désires. Je mettrai une garde de toute confiance à ta disposition. "
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MessageSujet: Re: La Pupille de mes yeux | Linaëlle   Mer 11 Avr 2018 - 21:12



La jeune enfant avait laissé sa protectrice lui parler à coeur ouvert sans l'interrompre. A mesure qu'elle avançait dans son discours, Linaëlle se renfrognait. Quelle horreur cette idée qu'elle risquait d'être prise en otage ou encore mariée de force. Comment les nobles pouvaient pour plus de terres, d'argent ou de pouvoir, se montrer aussi cruels ? Ils la dégoûtaient à la seule idée même et elle regretta soudain qu'on l'ait empêché de mettre fin à ses jours avec autant d'ardeur.

La vie dans la peur de telles éventualités valait-elle vraiment la peine d'être vécue ? La jeune héritière se mettait de nouveau depuis longtemps à en douter.

L'évocation de sa mère ne lui plut pas plus. Elle connaissait le point de vue de la Dame sur les choix politiques qu'avait fait la duchesse mais elle éprouvait beaucoup de difficulté à accepter que l'on parle ainsi de sa bien-aimée mère. Elle l'avait élevée avec tout l'amour dont elle avait été capable et entourée de beaucoup d'attention et d'affection, même si Linaëlle avait toujours remarqué qu'elle gardait une certaine distance entre elles qu'elle n'avait jamais comprise.

Ainsi Linaëlle s'assombrit à vue d’œil à mesure que la Comtesse avançait dans son discours. Elle tremblait de manière relativement perceptible mais elle tentait de le cacher, de se montrer forte. C'était difficile. Bien plus qu'il n'y paraissait. Elle ne voulait pas se retrouver dans la position tragique dans laquelle s'est trouvée sa mère mais en même temps, elle se refusait de la renier et pour elle, la direction que prenait la régence allait dans ce sens, ce qui rendait les choses encore plus difficiles pour la jeune enfant. Que la Comtesse lui dise que sa mère avait été quelqu'un de bien qui a fait de grandes choses, lui redonna de la joie, qui finalement, partit bien vite avec la suite de ses propos.

Un précepteur afin de lui apprendre comment aborder ses futures fonctions ? Il fallait dire, qu'elle avait un an pour se sentir prête et voler de ses propres ailes sans ne plus avoir besoin de la régence. Tenir son rôle sans aucun appui serait pour elle un gage de liberté. Comme le dit si bien sa protectrice, pour le moment, tout le monde voulait lui mettre un fil à la patte. Peut être que faire les choses seule lui permettrait peut être d'éviter qu'on ne cherche à la contrôler. Pour le moment, elle sentait que si la Comtesse avait bien pris le soin de disséminer ses billes missédoises autour d'elle, elle n'avait jamais usé de sa position pour forcer Linaëlle en quoi que ce soit et c'était déjà beaucoup aux yeux de la brunette. Peut être mieux valait-il poursuivre en ce sens. Après tout, c'était loin d'être un conseil mal avisé.

- Très bien, il serait sage en effet de me préparer correctement à ce qui va m'attendre tant que nous en avons le temps. Je voudrais me sentir la plus à l'aise possible pour tenir le rôle qui est le mien. Quant au lieu, serait-il avisé de rentrer à Langehack déjà ? Je ne suis pas rassurée, je dois l'admettre à cette idée. Je préfèrerai rester ici... pour le moment. Enfin... si cela ne vous dérange pas trop. Je ne veux pas être jetée dans la gueule du loup avant d'y être bien préparée. Qu'en pensez-vous ?
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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: La Pupille de mes yeux | Linaëlle   Jeu 12 Avr 2018 - 19:12


- Je pense que c'est encore risqué mais je ne peux pas t'assurer qu'un jour ça ne le sera plus. Mais bien sûre que tu tu peux rester ici. Tu y es la bien venue aussi longtemps que tu le souhaites et tu le seras toujours jusqu'à la fin de tes jours. " la Comtesse s'était arrêtée, saisissant de sa main libre celle de Linaëlle. " Je ne veux simplement pas que tu te sentes enfermer. " Elle pressa les doigts de la jeune femme et lui sourit tendrement. Elle avait sentit son tremblement, mais la jeune fille faisait de tels efforts pour les dissimulés qu'elle ne voulait pas la mettre mal à l'aise.

- Je pourrai me charger de t'apprendre l'histoire et l'histoire des lignées noble de Langehack et de ses vassaux si tu le souhaites. Clarence se chargera de la géographie et de l'économie quant à Gaël, j'ai cru comprendre qu'il t'apprenait déjà à te défendre ? "


La bienséance aurait du la pousser à dire qu'une femme ne devait pas se laisser aller à de telles activités, mais elle pensait tout l'inverse. Une femme devait savoir se défendre pour éviter qu'on ne meurt pour elle et pour éviter qu'on ne la traite comme un objet.
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MessageSujet: Re: La Pupille de mes yeux | Linaëlle   Ven 13 Avr 2018 - 17:26


- Je pense que c'est encore risqué mais je ne peux pas t'assurer qu'un jour ça ne le sera plus. Mais bien sûre que tu tu peux rester ici. Tu y es la bien venue aussi longtemps que tu le souhaites et tu le seras toujours jusqu'à la fin de tes jours. Je ne veux simplement pas que tu te sentes enfermer. "

La jeune enfant sourit à sa protectrice et pour toute réponse, pressa de ses doigts ceux de la jeune mère. Ses tremblements s'estompèrent peu à peu à mesure que Linaëlle se sentait rassurée. Il fallait avouer que le soutien de la Comtesse de Missède l'aidait grandement à se sentir mieux et était pratiquement inespéré. Au point qu'elle s'était souvent demandée comment elle avait pu épouser Ernest de Missède. Comment une femme aussi gentille avait pu se montrer une épouse aimante envers un homme qui pouvait faire preuve d'autant de cruauté.

- Je pourrai me charger de t'apprendre l'histoire et l'histoire des lignées noble de Langehack et de ses vassaux si tu le souhaites. Clarence se chargera de la géographie et de l'économie quant à Gaël, j'ai cru comprendre qu'il t'apprenait déjà à te défendre ? "

Elle rougit quelque peu lorsque la belle rousse évoqua son fiancé. Fiancé... Penser à évoquer Gael par ce mot lui faisait tout drôle. Elle ne réalisait pas vraiment l'implication de tout ceci mais elle savait que c'était important pour tous ceux qui l'entouraient. Ce n'était pas tant parler de lui qui provoqua chez elle de la rougeur sur ses joues pâles mais l'activité qui les réunissaient souvent. Le jeune homme avait proposé à sa fiancée de lui apprendre à se battre ou en tout cas, à se défendre afin d'atténuer ses peurs. Elle ne pensait pas qu'il en aurait parlé à sa soeur. Elle était quelque peu fâchée contre le jeune homme de ne pas avoir su garder sa langue.

- A vrai dire, personne n'était censé le savoir mais oui... Il a pensé que ça me permettrait d'avoir moins peur des autres, si je savais suffisamment bien me défendre. Physiquement je veux dire. L'assassin de ma mère se trouve toujours parmi nous, près de moi en particulier. Je ne veux pas me retrouver démunie si jamais, on en venait à s'en prendre à nouveau à moi. Peut être que finalement, Gaël n'est pas le professeur le plus indiqué pour cela ?

De sa main libre, la jeune fille avait commencé à triturer ses longues mèches d'un brun foncé qui mettait en valeur la pâleur de sa peau. Elle était nerveuse à l'évocation d'un sujet en particulier sur lequel elle allait lever le voile.

- Je pense que vous l'avez lu tout comme moi, le Grand Chancelier du Royaume m'a écrit. Il demandait la restitution des terres occupées par Langehack et me proposait également de me joindre au jeune Roi afin de terminer mon apprentissage à la Cour. Je vous avoue que je n'ai pas encore répondu à cette sollicitation, je voulais avoir votre avis avisé à ce sujet. Il parle de renforcer l'amitié entre nous et le royaume mais il me semble que le jeune Roi n'a que 3 ans et demi. Je doute qu'il ait déjà un précepteur. Je dois vous avouer que ce point me fait douter grandement de la véracité de cette main tendue. J'ai plutôt le sentiment qu'il me considère comme une ennemie à garder près de soi ou en tout cas, à avoir sous contrôle. Je n'aime pas beaucoup cette attitude. Pensez-vous que je dois lui répondre moi-même par politesse, ou est-il préférable de laisser la régence se charger de ce point également ?

La jeune enfant interrogea alors du regard sa bienfaitrice.
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MessageSujet: Re: La Pupille de mes yeux | Linaëlle   Sam 14 Avr 2018 - 10:56


Après les déboires qu'avaient eut Cécilie en matière de mariage, le joyeux et enjôleur Gaël avait eut à subir plusieurs leçon magistrales et plusieurs recadrages drastiques de la part de sa grande sœur. Depuis sa demande, elle était heureuse d'entendre des rumeurs selon lesquelles il se serait lacé du jeu des dames et que les cœurs éplorés n'avaient plus qu'à se ruer chez son ami Edgard d'Heucqville qui lui continuait à offrir généreusement le réconfort de son joli minois à toutes les donzelles qu'il trouvait à son goût. Mais le fait que l'ami en question soit également un ami de la comtesse depuis leur voyage à la cours de Soltariel quelques mois auparavant, avait également des avantages. Notamment, celui d'en savoir plus sur son frère que celui-ci ne voulait bien lui dire. Ainsi, le même jour, elle avait apprit que Gaël s'était arrangé en personne avec Clarence pour se répartir les tâches lors de la transition entre Chiard et Beuarivages, qu'il se débrouillait fort bien depuis qu'elle lui avait cédé titres et droits sur Beaurivages, et qu'il avait fait la demande spéciale d'un poignard orné au forgeron. Le genre d'arme dont Edgard avait entendu parlé était forcément destiné à une femme et étant donné que toutes les soeurs du blondinet avaient été armées dès leur plus jeune âge, iln'y avait pas trente-six solutions. Certes Gaël lui avait parlé des moments qu'il passait avec Linaëlle au début, mais maintenant, savoir s'il y avait eu du changement relevait plus du pari auquels s'ajoutaient quelques indices du style du couteau.

- Il m'a juste dit qu'il t'avais montré quelques passes lorsque vous vous êtes rencontré les première fois, j'ai juste tenté ma chance en imaginant que ça ne s'était pas arrêté " sourit Cécilie en retenant un rire. " Mais je ne dirais rien à personne. Je peux même l'oublié si tu veux. " puis elle s'accorda un moment de réflexion avant de continuer. " Gaël est le chevalier le plus intelligent que je connaisse. Il est rusé, précis et il s'adapte vite. Malgré sa carrure, il a défait de nombreux adversaires. Il devrait donc être tout indiqué pour t'apprendre... Mais si tu veux également l'avis d'une femme combattante, je pourrais te présenter à une bonne amie. Par contre je te préviens, elle est assez... particulière. " termina-t-elle avec un moue pensive qui ne faisait qu'accentuer l'idée qu'elle pesait soigneusement ses mots.

Pour la suite, Cécilie fronça les sourcils. Une lettre du chancelier... Une lettre du chancelier... La description de Linaëlle lui disait quelque chose et finalement le visage de la Comtesse s'éclaira. Inconsciente du regard interrogateur de l'enfant mais sentant la tension dans sa voix lorsqu'elle parlait de tout ce qu'elle avait lu dans cette demande, Cécilie se retint de rire.

- Je pense que ne pas y répondre du tout est encore la meilleur chose à faire. "
et elle lui expliqua l'histoire de cette missive. " Si c'est bien la lettre à laquelle je pense, elle a été envoyé par le chancelier cinq ennéades avant sa disparition en mer, en fin d'année dernière. A l'époque Ernest était descendu en personne pour s'entretenir avec le régent mais il n'a jamais été reçu. Nous avons réessayer plusieurs fois, y compris après la remise des portes de Diantra et le pardon du régent, mais a chaque fois nous avons été débouté sans même que quelqu'un prenne le temps de nous recevoir. Beaucoup de choses ont évolués depuis, notamment l'aura de grâce du régent Cléophas, vassal félon du Langehack, la position de Soltariel dans la puissance de la couronne, la réhabilitation d'Edelys et les entretiens que nous avons eut avec le Sénéchal Royal." Tant de choses en si peu de temps... A l'époque, elle venait tout juste d'épouser Ernest et elle pensait pouvoir couler des jours paisibles au palais de Missède sans se préoccuper de la politique guerrier des uns et des autres. Un vague à l'âme passa sur les traits de la comtesse. Lorsqu'Ernest était descendu à Merval à cause de cette missive, il avait tué Enrico di Montecale... Du temps ou ils étaient mariés, il n'avait été que mépris et déception mais à présent, elle devinait la relation de confiance et de liberté mutuelle qui aurait put s’instaurer. De tout ce qu'elle avait été obligée de briser par devoir, Enrico était son plus grand regret, juste après Jindanor...

Elle inspira profondément et s'empêcha in extremis de soupirer. A la place, elle demanda plutôt avec un sourire mesuré :

- Tu voudrais bien me lire un chapitre ou deux de ce que tu étais en train de lire quand j'ai envoyé quelqu'un te dérangé tout à l'heure ? "
- Votre Grandeur! " appela une voix essoufflée d'un escalier descendant du chemin de ronde " Ma Dame! Nous venons de recevoir une missive de Langehack. La flotte royale nous demande notre concours pour sécuriser Nelen. "
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MessageSujet: Re: La Pupille de mes yeux | Linaëlle   Mer 18 Avr 2018 - 9:38


La jeune enfant regarda un peu interdite sa protectrice prendre d'infinies précautions avec sa réponse, comme si elle avait peur que Linaëlle ne change d'avis vis-à-vis de son frère. Etait-elle donc réputée pour changer ainsi, si rapidement d'humeur ? C'était possible ma foi avec la dépression, elle ne s'en serait tout simplement pas véritablement rendu compte.

Elle préféra laisser ceci de côté et s'attaquer aux questions de la Comtesse qui nécessitaient qu'on y apporte véritablement réponse. Même si elle aimait beaucoup leurs petits "cours" de combat avec Gaël, peut être que des cours supplémentaires seraient bien avisés avec quelqu'un de plus expérimenté.

- Peut-être ne serait-ce pas inutile de bénéficier de l'expérience de votre amie en plus des leçons que me donne Gaël à ce sujet ? Mieux je serai préparée de ce point de vue et peut être aurais-je du coup moins peur également ?

Linaëlle était fatiguée de vivre dans la peur. La jeune missédoise lui avait ouvert les portes d'un monde plein de lumières de nouveau, comme dans son enfance, contrairement à ce monde fait d'ombres qu'elle avait connue depuis la mort de ses parents. Elle avait envie d'en découvrir plus et la peur était pour cela un fardeau dont elle tâchait, jour après jour, de se défaire.

Alors que sa protectrice lui répondait de manière des plus claires et avisées à propos de cette lettre qu'on avait visiblement porté bien trop tard à sa connaissance, Linaëlle réfléchissait. En effet, beaucoup de choses s'étaient passées depuis la mort de sa mère et autant de choses dont elle n'avait pas eu connaissance à cause de sa séquestration. Y repenser d'ailleurs lui donna des sueurs froides et eut pour effet de faire reparaître les tremblements dont elle avait fait preuve un peu plus tôt.

Elle sourit lorsque d'un ton plus léger, la Comtesse lui demanda de lui lire quelques passages du livre qu'elle avait commencé. C'était une histoire des plus sympathiques et les moins stressantes que la jeune enfant avait pu trouver dans la bibliothèque. Ses lectures devaient toujours être validées mais par chance, elle arrivait à trouver son bonheur. Il s'agissait là d'une histoire de romance, sur fonds de chevalerie. Une jeune femme tombe amoureuse d'un preux chevalier qui serait prêt à donner sa vie par loyauté. Pas de félonie ici, pas d'assassinat ni de séquestration. Alors qu'elle allait commencer, elle fut interrompue dans son début de lecture par l'un des conseillers de la Comtesse. Visiblement, une nouvelle des plus importantes venait de tomber.

- Votre Grandeur! Ma Dame! Nous venons de recevoir une missive de Langehack. La flotte royale nous demande notre concours pour sécuriser Nelen. "

La jeune enfant regarda l'homme puis le visage visiblement peu surprit de sa protectrice.

- Nelen ? Mais je croyais qu'on avait remit toutes les terres prises au Roi ? Ne lui appartient-il pas de les défendre lui-même ?
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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: La Pupille de mes yeux | Linaëlle   Mer 18 Avr 2018 - 15:40


Cécilie soupira sans savoir si c'était d'avantage l'empressement du messager ou la question de la jeune fille qui l'épuisait le plus. Bien qu'aucune mèche folle ne s'échappe de la demie queue qui lui dégageait le visage, elle fit le même geste qui elle en remettait quelques une derrière son oreille et s'attarda en pinçant le lobe de son oreille.

- Jamais il n'a été question de Nelen. Ni de la part du régent Cléophas, ni de celle du Sénéchal Aymeric. Cependant, pour éviter les accusations de félonie, lorsque mon ex-mari a été tué, nous n'avons pas affecté un nouveau seigneur à Nelen. La famille di Montecale y a gardée main mise et nous l'avons aidé en sous-main." enfin Langehack et Ernest l'avaient aidée puisqu'ils ne voulaient rien avoir à faire de près ou de loin avec Cécilie depuis la rupture du mariage. " Le jeune frère d'Enrico, Piezzare di Montecale a administré Nelen durant tout ce temps et les troupes qui avaient été accordées à son frère ont eut le droit de choisir de rentrer ou de rester sous sa tutelle. Cependant, le roi n'a jamais envoyer de gouverneur ou de représentant. Comme d'habitude, les militaires vont plus vite que les diplomates. "

Sans se préoccuper de la respiration haletante du messager qui s'était plié en deux pour récupérer, elle expliquait les choses le plus clairement possible afin que sa pupille en comprennent les tenants et les aboutissants.

- La situation de Nelen n'a donc jamais été claire, mais de toute façon, nous sommes les vassaux du roi et nous avons tout intérêt à rester sur la ligne de conduite que nous plaidons depuis plus d'un an maintenant : nous sommes des hommes et des femmes de bonne volonté prêts à aider le roi en tout ce qu'il pourra demander. D'un autre côté, nous pourrions perdre de précieux bâtiments et en cas de guerre ouverte avec Naelis, cela pourrait nous couter gros en terme de vie humaines puisque nous faisons parti des rivages les plus proches d'eux. " un léger sourire au coin des lèvres, elle ajouta à l'intension de Linaëlle " Sachant cela, que ferais-tu ? "


Dernière édition par Cécilie de Missède le Ven 20 Avr 2018 - 23:07, édité 1 fois
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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: La Pupille de mes yeux | Linaëlle   Ven 20 Avr 2018 - 23:05


La jeune fille se replia sur elle-même. Cécilie sentit son bras se raidir sous ses doigts et elle tenta une nouvelle fois de l'apaiser caressant son épaule, sans effet. La réalité de ce que signifiait avoir le pouvoir de décider du sort de milliers de personnes semblait avoir frapper d'un seul coup l'héritière. Le sujet avait beau être banale il ressemblait pourtant tant à ceux que sa mère avait du aborder... Et à ceux qui lui avaient coûtés si cher. Cécilie prit la jeune fille dans ses bras, passant longuement une main dans son dos. De quelques mots, elle pourrait bientôt engager Langehack dans un nouveau combat. Maintenant, non seulement cela concernait la guerre mais peut-être cela permettrait de récupérer une part de ce pour quoi sa mère s'était tant battue. Elle inspira profondément sur les conseils de la Missèdoise qui lui glissait à voix basse.

- Ne t'inquiète pas, nous progresserons pas à pas. Se tromper est un premier pas dans l'apprentissage, ce n'est pas quelque chose dont tu dois avoir peur. Pour l'instant nous sommes là pour éviter qu'elles aient des conséquences, alors profites-en. "

Le soldat restait planté sur le côté, détournant pudiquement les yeux de la scène touchante qui se déroulait près de lui. Peu à peu, la jeune fille arrêta de trembler. Elle déglutit, obligeant les doigts qui agrippaient son livre à se desserrer un à un.

- J'enverrai les capitaines qui ont déjà combattus là-bas à la têtes. Un départ massif pour impressionner la flotte royale semble tout indiqué ?
- C'est une très bonne base de réflexion. Et tu vois, il n'y a rien de grave. " Cécilie sourit un moment, relâchant peu à peu son étreinte, jusqu'à laisser glisser ses mains le longs des bras de la Langecine pour retrouver ses petites mains. " Mais je te rappelles qu'il y a eut une attaque sur l'un des ports de Langehack il y a peu. Est-ce sage d'envoyer ainsi toute la flotte sachant qu'en plus la zone de surveillance Missèdoise sera déplacée au sud ?
- Non ? ... renforcer la sécurité côtière juste autour des ports ?
- Pour éviter que des pirates ou des contrebandiers n'en profitent, il pourrait être intéressant de réquisitionner quelques navires de plaisance rapide pour établir des rondes le long des côtes et envoyer une part de l'armée régulière dans les villes maritimes secondes. ainsi, même s'ils s'approchent, ils ne pourront mettre pied à terre et l'impacte moral sur la flotte royale est le plus préservé possible. Ce n'est qu'une méthode parmi d'autre, vous pourriez en trouver de différentes qui conviendraient tout à fait, ou même mieux. C'est une question d'expérience et surtout, de ligne de conduite. " Aucune réponse, aucun mouvement. La respiration de la jeune fille n'évolua pas. Bien en peine de traduire sa réaction, Cécilie acheva " Nous aurons le temps d'en reparler. Pour l'instant, je vais aller régler cette affaire en prenant compte de ce que tu as proposé. Après je pourrais te retrouver dans le salon bleu et nous dinerions seulement avec Colombe et Augustine.  Qu'en dis-tu ? "


La jeune fille acquiesça par réflexe avant de transcrire sa pensée en mot. " D'accord. " La têt rentré dans les épaules, elle avait juste envie d'être seule. Elle en avait besoin. La présence du soldat lui brulait le dos. Même le contact des mains de la Comtesse la mettait mal à l'aise. Elle regarda à peine le dernier sourire de Cécilie lorsqu'elle partie à grands pas vers son coin préféré du jardin, pressant obsessionnellement son livre contre elle.

Lorsque ses pas précipités eurent disparus dans les escaliers qui descendaient du rempare, Cécilie soupira. Puis elle se rappela de la présence du garde lors d'un léger chuintement de son armure et se repris, rassemblant les morceaux de son masque empreint de douceur et de sérénité.

- Dites à Anthoine de venir me retrouver avec de quoi écrire et cacheter une missive. Demandez lui aussi de prévenir Gaël en sa qualité de seigneur de ces terres.

- Bien, votre Grandeur. "

Sans demander son reste l'homme parti à son tour et Cécilie se retrouva de nouveau au cœur de bruissement lointains. Elle n'était pas descendue de cheval plus de quelques heures auparavant mais elle désirait déjà repartir sur les routes... Et d'un autre côté, cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas été si profondément calme. A tâtons, elle trouva un muret. Celui de l'intérieur des rempares. Elle se tourna donc perpendiculairement et marcha avec précaution jusqu'au parapet qui surplombait la falaise. Appuyée sur le granite, le visage au vent, elle laissa ses pensées vagabonder et un air lui venir aux lèvres.

- Ta voix est toujours aussi belle, mon amour.

Le timbre profond et rocailleux murmura à un souffle de son oreille, lui arrachant un long et délicieux frisson. La chaleur d'une chemise épaisse de laine rêche,  frôla son épaule, son dos. Le poids de la broche d'or, de cuivre et de vermeil qui maintenait ses cheveux se fit plus présent. Des doigts épais l'effleurèrent tendrement. Cécilie sourit, les entrailles serrées et le cœur débordant à la place de ses yeux.

- Pourquoi tu ne chantes plus ? Tu chantais chaque jour à l'époque. J'écoutais ta voix étouffée par la calèche en rangeant le camp ou je l'entendais résonner dans la cours depuis la fenêtre de ta chambre.
- Je sais. " murmura-t-elle. " Je reconnaissais ton pas entre mille mais j'étais trop heureuse que tu continues pour te dire que j'avais remarqué. "

Un rire comme un début d'avalanche ébranla la silhouette qui l'entourait. L'impression de quelques courts cheveux qui viennent frôler sa tempe. Une odeur de cuir, de sueur et une autre plus cuivré rehaussait la senteur musquée de sa peau.

- Je te reconnais bien là. "
L'ombre d'un bras aurait tenté de l'enlacer... Si seulement... Elle inspira profondément, refusant de laisser sa voix se briser dans la réponse qu'elle murmura face à la mer.
- Tu me manques, Jindanor.
- Je suis là. Je t'ai promis que je serai toujours là. Alors j'emmerde la mort et les Dieux. Tu es ma femme, quoi qu'ils en disent.

Elle resserra les bras autour d'elle, souriant de plus belle. La tendresse de cette voix l'emplissait, l'enveloppait. Elle se sentait belle, forte, prête à affronter le monde le plus monstrueux. Après avoir passé tant de mois à chasser ses souvenirs, ils revenaient. Ils faisaient plus que revenir. Il lui semblait être à nouveau elle-même, un feu sous la glace comme la décrivaient jadis ses proches. On l'obligeait à être sur le devant de la scène, soit, elle y serait le temps qu'il faudrait avant de se retirer pour sa famille et pour sa pupille.

Lorsqu'Anthoine arriva à sa hauteur, il entendit la Comtesse murmurer.

- Elle est si fragile et si volontaire à la fois. Je suis certaine que tu l'aurai aimée.

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