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 De l'extermination des nuisibles en pays sternois

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Arnoul de Stern
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MessageSujet: De l'extermination des nuisibles en pays sternois   De l'extermination des nuisibles en pays sternois I_icon_minitimeJeu 12 Avr 2018 - 13:45


De l'extermination des nuisibles en pays sternois Vx4p
Musardt de Krald

Musardt de Krald n’était pas le chevalier le plus connu, ni le plus honorable de la seigneurie de Stern. Il était rude, illettré, un peu trop buveur et querelleur. Néanmoins, son talent exceptionnel pour la violence et l’intimidation en avait fait l’un des chiens de guerre les plus redoutables du paysage sternois. Boudé pour les actes demandant toute la noblesse et le tact d’un chevalier digne de ce nom, Musardt était plus souvent envoyé pour les opérations plus directes et musclées, recommandant une paire de biceps plutôt qu’une cervelle aguerrie. De toute façon, il ne pouvait plus parler depuis que sa langue lui avait été arrachée à la tenaille par une bande d’étrons en armure.

Alors que d’autres chevaliers étaient partis dans le sud avec le ban arétan, Musardt avait été précieusement gardé par Arnoul de Stern, à l’instar d’autres élus, afin de maintenir l’ordre dans la seigneurie et aux alentours. Ils accomplissaient cette mission avec les garnisons des petits castels, ou seuls, comme notre héros du jour. Voilà près de deux jours qu’il était sur les traces de ces trois coquins qui avaient incendié une ferme proche de Sanglon. Ces bandits saoulés à la gnôle des Monts Corbeaux avaient fait du dégât pendant leur murge, et les suivre avait été plutôt facile. Ils avaient un otage avec eux, le gamin du couple de fermiers qui avaient été sauvagement assassinés. Les reîtres étaient donc plus lents, et plus voyants…

Musardt les avait rattrapés à hauteur de la fourche au gibet, chemin descendant vers la forêt d’Hedda, où ils espéraient sans doute se mêler à la canaille cachée dans les fourrés et les épaisses canopées de chênes et de hêtres. Le premier brigand était mort la tête à moitié tranchée, lorsque le chevalier vengeur avait fracassé son crâne du fil de son épée, traversant la boîte crânienne. Les deux autres avaient bien tenté de fuir, mais face à l’endurant roncin d’Arétria, nulle chance n’était permise. Lorsque le corps roidi du premier toucha le sol, le second se rendit aussitôt, et ne reçut en réponse qu’un coup de pommeau en pleine tempe, l’envoyant se retirer dans les limbes de l’inconscience.

Quant à l’enfant, Musardt le retrouva à quelques mètres de là, couché sur un talus. Il était peut-être encore vivant, mais les traumatismes et les sévices de ces hommes mauvais avaient marqué tant son corps que son esprit, et plus jamais, non plus jamais ne pourrait-il retrouver ce qu’il venait de perdre : l’innocence. Musardt ne l’approcha pas, par crainte de faire fuir l’enfant. Il ne connaissait que trop bien le genre de marques que pouvait laisser de tels événements, et ne voulait pas être confondu avec l’un de ses ravisseurs par ce jeune garçon déjà perturbé. De plus, il avait bien mieux à faire.

Le travail avait été harassant et salissant, mais au moins, Musardt pouvait hurler mission accomplie. Devant lui, sur le gibet, le corps du bandit de grand chemin se secouait encore de quelques derniers spasmes, tandis que sa langue bleue et gonflée dépassait comme un morceau de bœuf de sa bouche. Le pendu arborait une bosse bien gênante sur le bas de son pantalon, prémisse aux mandragores qui pousseraient bientôt de son foutre répandu au sol. Le hisser sur le gibet lui avait pris une bonne demi-heure, et ce sous les yeux ternes du gamin qui s’était rapproché pour voir sa Némésis mourir devant lui.

Musardt s’était vu confier par le vieux Stern une pancarte de bois sur laquelle était inscrit « BRIGAND ». Elle avait fini clouée sur le poitrail du bonze, son sternum servant de planche au clou rouillé qui s’y logeait. Content de son travail, Musardt se décida donc à rentrer à Sternburg se saouler un peu, et éventuellement annoncer ses exploits, selon le sens de ses priorités du moment. Grimpant à nouveau sur son cheval, il avisa du regard l’enfant qui le toisait, inexpressif. Le chevalier aurait pu partir sans un regard, comme il le faisait tout le temps, pourtant face à ce gamin au destin terrible, il n’avait qu’une envie : l’emmener avec lui. Au plus profond de son être, Musardt rejouait les scènes de son passé, identiques à celles du garçon. Cet enfant qui le dévisageait ainsi, c’était lui !

Musardt tendit sa main vers le petit. Ce geste ne fit que l’apeurer, et le bonhomme s’enfuit donc en clopinant à travers la Malelande, sous le regard triste de son sauveur. Soudain rembruni par ce qu’il venait de se passer, une violente colère lui saisit les tripes, et les vapeurs d’éther se mirent à l’appeler de nouveau, forçant son pied à battre de l’étrier, à ses mains de se raidirent sur ses rennes, et à son esprit de se concentrer sur la taverne la plus proche, les pichets les moins chers…

De sa chevauchée vengeresse ne restait plus que trois corps, raidis par le froid et la mort. Deux cadavres faces contre terre à manger la boue de la Malelande, et un pendu au sinistre bagage, témoin sanglant de la justice des Stern : Juste et Forte.
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