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 De passage chez les elfes... Barbe Blanche pour Ailes Blanches [PV Nakor]

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Arthur
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MessageSujet: De passage chez les elfes... Barbe Blanche pour Ailes Blanches [PV Nakor]   Sam 28 Avr 2018 - 18:07

Suite de : De passage chez les elfes... La Cité Blanche


Fin de la première ennéade de Verimios, An 10

Deux ennéades plus tôt, nous parvenions à la Cité Blanche, et rapidement s'installa une nouvelle routine dans laquelle s'inscrivait mes recherches et mon travail de traduction des connaissances éparses que pouvait posséder les elfes et dont je repoussais encore l'étude, mais également les observations et les entretiens dont je pouvais faire l'objet pour les compléter avec mon témoignage. Au-delà de l'enceinte de l'Académie de Magie et de sa bibliothèque, Eärnil et moi poursuivions mon apprentissage de la langue des elfes... J'avais depuis toujours des facilités dans l'acquisition de ce genre de connaissance, et je ne doutais pas un jour d'être capable de me débrouiller, néanmoins, il me fallait faire preuve d'une patience et apaiser la frustration de ne pouvoir échanger moi-même avec mes interlocuteurs.

Je libérais Eärnil une partie de la journée, pour que ce séjour lui soit plus agréable malgré le rôle ingrat qu'il y jouait, durant laquelle j'errais dans la cité, me familiarisant avec cette dernière, ou simplement en me posant quelque part et observer, écouter. Je laissais alors mon regard vagabonder, m'arrêtant sur certaines scènes, et m’exerçait à tenter de deviner le sujet. J'assistais à des représentations, à des chants dans l'Amphithéâtre, m'égarait sur les quais de longs moments, pour écouter la rumeur encore incompréhensible, ou bien m'installait dans un des nombreux jardins pour y méditer à ma manière.

Je ne négligeais évidemment pas Zéphyr, et si Monarth me suivait en toute occasion, il arriva qu'il le fasse également, indifférent à la surprise qu'une telle scène pouvait susciter chez les habitants. Il semblait plus détendu ici que dans les autres cités que nous avions traversé... ou bien était-ce moi. Je n'avais pas le sentiment d'être en danger, j'étais une curiosité mais pas une monstruosité, et aussi longtemps que je ne leur donnais pas une raison de le croire, je n'étais pas perçu comme une menace... Cela me reposait, malgré les activités soutenues que revêtaient mon quotidien, et cela améliora encore davantage ma relation avec mon compagnon.
Les soins devinrent des prétextes à l'étude, l'occasion de vérifier ce que ma mémoire avait retenu lors de la traduction, et furent bien souvent suivi de siestes devenus quotidiennes. Je crois que les changements qu'il apportait chez moi exigeait plus de mon organisme, ce fut ainsi une période durant laquelle je mangeais et dormais davantage, même si je n'avais accès qu'à la nourriture des elfes.J'ignorais ce qu'il me réservait encore, mais il était trop tard pour aller à contre-courant, et j'avais décidé et accepté de devenir un digne dragonnier pour lui.

Ainsi pouvait-on résumer le rythme habituel de mes premières ennéades dans le cœur d'Anaëh, bien sûr, certaines journées, certains instants sortirent de l'ordinaire, mais il me paraissait nécessaire de peindre le tableau le plus courant.

Une de ces journées peu commune, alors, eut lieu durant vers la fin de la première ennéade de Verimios, même si elle débuta sans signe annonciateur. Nous étions, comme chaque matin, dans la bibliothèque de l'Académie, dépoussiérant et fouillant quelques parchemins à la recherche de quelques savoirs et brides évocatrices qu'Eärnil me traduisait aussi bien qu'il était possible. Monarth n'était pas bien loin, mais depuis quelques jours, il semblait accorder davantage d'attention à une Itarillë dont les écailles étaient plus éclatantes que d'ordinaires, et je sentais Zéphyr sur le toit, à demi-endormi, profitant du soleil et de sa chaleur du matin, son esprit distraitement tendu vers le mien pour suivre ce que nous pouvions raconter.

Rien donc, ne laissait présager de la visite surprise que nous devions recevoir.
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Nakor
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MessageSujet: Re: De passage chez les elfes... Barbe Blanche pour Ailes Blanches [PV Nakor]   Dim 29 Avr 2018 - 20:53

Nakor avait reprit la route depuis sa guilde de magiciens aux confins sud de Naelis, en Ithri'Vaan. De nombreuses tâches à accomplir, une Péninsule constamment à la guerre et au déchirement, des conflits entre drows et elfes, les nains en bataille rangée dans le grand nord-ouest de Miradelphia. Ainsi allait le monde depuis une éternité et semblait ne pas vouloir en démordre. Mais jamais, au grand jamais, cela n'avait empêché Nakor d'être optimiste. Il se devait de maintenir ses relations partout dans le monde. Il avait lentement mais sûrement réhabilité son nom auprès des nobles humains, il avait gardé contact avec la communauté naine et voilà quelques années qu'il ne s'était pas personnellement rendu chez les elfes. Il était grand temps. Serait-ce une coïncidence de dire qu'il avait eu vent de dragon volant dans le ciel de la forêt éternelle? Il n'en avait pas fallu beaucoup plus pour convaincre Nakor de faire ce qu'il faisait de mieux depuis plus de six cent trente deux ans maintenant : prendre la route!

Il marcha longuement, bâton à la main et chapeau sur la tête. C'est la barbe au vent qu'il se dirigeait vers Alëandir en passant entre les rives Ouest du lac d'Uraal et la cité d'Ardamir. C'est déjà aux abords de la forêt, après plusieurs jours de voyage, qu'il s'enfonça entre les arbres. Le vieux fou était bien des choses et pouvait se voir décrire par bien des adjectifs mais certainement pas celui d'inconscient. Il était archimage humain, éternel et expérimenté. Il parlait couramment la langue naine, l'elfique et le drow qu'il avait apprit aux côtés de l'ancienne Prime Sorcière drow. C'est donc les sens aux aguets qu'il marcha tranquillement dans la forêt puis finit par s'arrêter, leva légèrement la tête vers la cime des arbres et parla dans un elfique parfait

"Je suis un vieil ami du peuple éternel, Nakor le magicien. Je souhaite saluer mes homologues à l'académie de magie. J'y ai toujours eu bon accueil."

Il était un ami personnel des sages de l'académie du temps de Bëren Telperiën. Il ne fallut pas attendre bien longtemps : trois elfes d'une souplesse sans égal sautèrent de leur cachette et se retrouvèrent devant le vieux fou.

"Vous êtes connu du peuple éternel Maître magicien. Nous allons nous permettre de vous guider jusqu'à Alëandir.
- Je vous suis et ne craignez pas la taille de ma barbe ... je peux tenir la cadence et marcher comme un jeune homme de deux cent ans!"

Puis, comme à sa vieille habitude, Nakor se mit à glousser. Un très léger rictus sembla apparaître sur les lèvres d'un des elfes, sans pouvoir en être certains. Ils s'inclinèrent par respect devant un si vieil humain apte à maîtriser leur langue maternelle et ils se mirent en route. Les elfes étant peu loquace, il ne parvint que difficilement à leur soutirer des informations. Une fois arrivé en Alëandir, il se permit tout de même la remarque suivante

"Un spectacle qui, même après six cent ans de vie, continue de couper le souffle par sa force de vie. Merci pour votre compagnie."

Les elfes s'inclinèrent de nouveau et disparurent rapidement. Le Magistère du Firmament n'attendit pas et se dirigea sans réfléchir vers l'académie de Magie. Il connaissait bien la ville et le chemin à suivre. Son voyage s'étant fini durant la nuit, il était au coeur de la cité alors que l'astre solaire était encore au début de sa course céleste. Se promener dans cette cité était une chose singulière pour un être humain. Nakor était bien trop vieux pour être considéré comme un humain, pourtant, il conservait tous ses réflexes et son mode de pensé humain. Les immenses arbres, les structures antiques et liées à la nature, la douceur de vivre des elfes et leur puissance éternelle. Tout cela faisait émaner de ce lieu une impression surprenante. Afin de ne pas se perdre dans ce genre d'idées des heures durant, Nakor balaya l'air devant lui d'une main rêveuse puis poussa la lourde porte de la splendide académie de magie. La puissance qui résidait en ces lieux était impressionnante, le maître de la magie élémentaire qu'était Nakor avait longuement étudié les sortilèges des elfes. Ils tissaient des liens spéciaux avec les forces de la nature. Jolie, efficace, mais demandeur de temps pour que l'effet soit spectaculaire. Là n'était pas la question, il était venu pour poser une question assez claire. Un elfe qui semblait plus âgé que les autres, s'approcha et parla en elfe. Ils discutèrent en marchant dans les couloirs de l'académie.

"Maître Nakor si je ne m'abuse?
- Votre mémoire est toujours sans égale gardien du savoir. Recevez mes salutations.
- Je vous remercie. Puis-je vous orienter vers une personne ou un ouvrage de votre intérêt? Car c'est sans aucun doute pour cela que vous foulez de nouveau le sol de notre noble académie.
- Je suis, comme depuis toujours, à la recherche de nouveaux savoir c'est bien exact. J'ai entendu dire, au sein de mon académie loin dans le sud, que l'Anaëh se repeuplait en dragon? Les rumeurs sont bien souvent déformées mais reposent toujours sur une base de vérité.
- Et c'est cette vérité que vous souhaitez approfondir? Voilà une idée bien humaine Maître magicien. Nos livres ne parlent jamais de vérité, ils relatent notre passé sous le regard et la plume d'un Maître écrivain. Même un Maître historien ne peut retenir une part de lui-même dans son propos. Comment alors obtenir une vérité plutôt qu'une multitude de possibles?
- Vous avez raison, la vérité n'est qu'un chemin perdu au milieu de tant d'autres, cependant ..."

Et c'est alors qu'il vit du coin de l'oeil, quelque chose auquel il ne s'attendait pas! Pendant que les deux érudits parlaient dans un elfique parfait, du sens de la vie et de la philosophie de la vérité, la voix déformé par la prononciation elfique, il put voir une personne qu'il n'espérait pas voir ici. Arthur! Nakor se mit alors à sourire et continua de parler avec l'elfe

" un fin observateur finira par trouver la voie qui lui convient le mieux. Ma vérité s'arrête ici, je vais vous laisser trouver la vôtre. Je ne voudrais pas user de trop de votre temps, votre tâche au sein de l'académie est importante. Merci pour ces propos échangés avec le coeur Gardien du savoir."

C'est sans un mot supplémentaire que l'elfe le laissa là et s'en alla. Nakor fit alors quelques pas et observa Arthur penché sur un document, un compagnon à ses côtés. Sa physionomie avait légèrement évolué mais surtout, de le trouver avec une autre personne! Le magicien reprit alors sa voix normale et parla en langue humaine

"Moi qui vous pensait fuir la compagnie des autres, je vous retrouve au beau milieu d'une cité plénière et avec ... un ami?"

Et, évidemment, il se mit à rire tranquillement. La vie de Nakor avait toujours été de surprise en surprise et, c'est à chaque fois qu'il s'était laissé guider par la découverte et les rencontres, qu'il avait vécu les moments les plus incroyables de sa vie.

"Remarquez ... après notre dernière discussion ... des dragons dans le ciel d'Alëandir ... j'aurai dû me douter que c'était vous Arthur!"

Et c'est alors qu'il pu les voir : les écailles qui se trouvaient autours des yeux d'Arthur et des commissures de ses lèvres. Sans pouvoir se retenir, Nakor fronça des sourcils et approcha légèrement son visage sans pour autant faire bouger ses jambes ... comme un vieillard qui aurait du mal à voir et qui forcerait sur sa vue fatiguée.
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Arthur
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MessageSujet: Re: De passage chez les elfes... Barbe Blanche pour Ailes Blanches [PV Nakor]   Dim 6 Mai 2018 - 12:43

Les légendes et les contes peuvent s'avérer des récits instructifs pour peu que l'on soit en mesure d'en arracher la vérité qui s'y cache sous d'épais habits de mythes et de croyances conçus par quelques imaginaires fertiles. Le jour où Nakor vint à l'Académie, dans ceux qui le précédèrent autant que ceux qui le suivirent, Eärnil et moi cherchions des fragments éparses de vérité dans les écrits et les fables qui accompagnèrent et tentèrent en leurs temps, d'expliquer l'existence et la raison des dragons dans le Ciel, dans les Mers et sur la Terre, dans lesquels ces derniers étaient les serviteurs d'une Déesse dans sa lutte contre Calymethar, le Guerrier.

Nakor, donc, apparut quelques ennéades après notre arrivée dans la Cité Blanche, mais il me surprit tout à la tâche qu'était la retranscription des écrits sous la dictée de mon compagnon. Concentré, je n'avais pas accordé d'attention à une voix que j'aurais dû reconnaître, même s'adressant dans une langue dont je ne comprenais encore que quelques brides. Même si ça n'était pas grand chose, cela constituait un avertissement, trop en confiance et serein, j'avais abaissé ma garde alors qu'il me fallait toujours rester aux aguets... Si l'Académie m'avait fait bon accueil, il pouvait exister des elfes pour qui un humain lié à un dragon constituait une menace... Et tout à mes études et peut-être sous l'influence de la tranquillité de Zéphyr, je l'avais oublié.
Je me promis d'être plus prudent alors que je me détournais de mes écrits, pour accueillir avec un sourire franc au vieux mage dont la surprise se lisait également. J'ignore ce qui le surprit le plus à cet instant... De me trouver au sein de l'Académie d'Alëandir ? En compagnie d'un ami ? Ou bien les écailles sur lesquelles il se pencha en gardant ses distances ? Peu importait, j'étais simplement heureux de croiser un nouveau visage familier et ami, baignant dans un univers au sein duquel j'étais totalement étranger.

« Je me suis toujours tenu à distance par sécurité, Nakor, mais le petit lézard pour lequel le Ciel demeurait interdit, à Sainte Berthilde, a bien changé. Il a l'assurance et la fierté de ceux qui l'ont précédé, si bien que me tenir à l'écart est devenu inutile. »

Inutile d'abord ici, où je ne voyais pas les elfes constituer une menace, aussi longtemps que je me gardais de le paraître moi-même et demeurait un coopératif sujet d'étude, lui-même curieux. Je restais convaincu que dans le pire des cas, ils se contenteraient d'essayer de m'influencer pour garantir que le dragon ne devienne jamais une arme, qu'ils se garderaient de s'attirer l'hostilité de ce dernier sans raison valable.

« Et il semble qu'il me soit devenu impossible de m'y dérober. » Je prononçais ces mots avec le sourire. Je m'étais fait à l'idée, malgré les conséquences que cela aurait, les inévitables regards et réactions que susciteraient des attributs aussi voyant. Il fallait en passer par là pour tenir ma promesse à Zéphyr, et il était trop tard pour regretter. Cela dit, je décida, en ma qualité d'hôte improvisée de cet instant de faire les présentations en bonne et due forme.

« Nakor, voici Eärnil, l'un des proches confidents d'une Princesse-Marchande thaarie aux nombreux talents, compagnon d'Itarillë ici présente, » Désignant la petite dräke bleutée qui tout à son sommeil, fit tout juste mine d'ouvrir un œil pour observer le vieillard. « qui m'accompagne en qualité de traducteur, d'interprète et de professeur, si l'on peut dire. »

« Y a de cela, oui. Et inutile de me présenter, un mage qui installe une académie dans une ancienne forteresse d'Ithri'Vaan ne passe pas inaperçu. J'ignorais toutefois que tu avais ce genre de fréquentation. »

« Nous avons servi le même roi, autrefois. »

« Je vois. »

Revenant à Nakor, je poursuivis les présentations.

« Vous connaissez déjà Monarth, il me semble. » Connaître n'était pas forcément le terme approprié, il avait du l'apercevoir plus d'une fois avant que les événements ne nous poussent à quitter l'un et l'autre la Péninsule, et bien que le dräke n'ait pas laissé au mage le loisir de répondre, il était le responsable de la singulière invitation qui avait initié notre dernière rencontre. « Quant au dernier membre de notre petite troupe... Il prend actuellement le soleil, nous écoutant d'une attention distraite. » Je me devais d'ajouter, à l'attention du mage dont je connaissais ce qui pouvait, dans ce cas précis, s'avérer être un travers, un avertissement bienveillant. « Plus encore qu'à notre dernière rencontre, je ne peux que vous conseiller de tenir votre esprit loin du sien... Je vais le convaincre que vous êtes un ami mais si vous le provoquez avant, je ne pourrais rien. » Il y a un peu plus d'un an, le mage avait usé de sa magie pour essayer de communiquer directement avec un dragonnet qui n'avait guère apprécié l'expérience... Mais à l'époque, sinon me signifier sa désapprobation et la gêne qu'il avait ressenti, il n'avait rien pu faire... Il avait désormais assez de répondant et de fierté pour bousculer l'imprudente créature qui chercherait à s'immiscer dans son esprit.

Inutile de te demander si tu te rappelles.

Je m'en souviens.


Je percevais la méfiance qui venait avec cette pensée. J'espérais tout de même qu'il ne garde tout de même pas rancœur envers un des rares que l'on pouvait considérer allié et ami.

Qu'il ne retente pas de le faire et j'oublierai.

Et le laisseras-tu t'approcher ? Il est né à Nisétis
– avec ce nom venait de nombreuses évocations -, il a grandi avec les légendes et les histoires des dragons et dragonniers qui peuplaient jadis le ciel et protégeaient les terres. Accorde lui cette faveur, je suis persuadé qu'il ne tentera rien en retour. 

D'accord.


Je le sentais sur ses gardes néanmoins. Il ne semblait s'être passé qu'un instant, avant que je n'ajoute finalement à l'intention de Nakor : « Il accepte d'oublier l'incident de la dernière fois, si vous ne réessayez pas de communiquer directement avec lui. »

J'espérais que le mage comprenne qu'il n'y avait pas d'offense, seulement la fierté d'une puissante créature à l’œuvre, qu'il se satisfasse du pardon sans éprouver davantage la patience et la générosité d'un dragon.

« Mais dites-moi, Nakor, que faites-vous ici ? »
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Nakor
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MessageSujet: Re: De passage chez les elfes... Barbe Blanche pour Ailes Blanches [PV Nakor]   Ven 18 Mai 2018 - 21:51

Quelle surprise! Pas simplement dans l'éventuel changement physique qui s'opérait lentement mais sûrement chez Arthur, c'était avant tout, le changement de comportement qui était flagrant. Le jeune homme était souriant, ce qui n'était pas rien! Il avait un ami d'une autre race et plus que tout ... un petit quelque chose de surprenant mais bien présent. Comme un poids en moins, comme une respiration plus longue et sereine, comme une acceptation de ce qu'il était et se devait désormais d'être. Le magicien n'hésita pas longtemps avant de s'approcher et de tendre une main chaleureuse au dragonnier. Pas une seule once de magie ne s'échappait du vieillard, il se souvenait de la dernière approche mentale des alentours d'Arthur. Si le dragon était en contact permanent avec lui, il n'apprécierait sans doute pas de renouveler une expérience qu'il n'avait pas aimé la dernière fois. Le vieil homme était réputé pour être fou, mais s'il l'était, ce n'était pas complètement.

"C'est un véritable plaisir de vous revoir mon jeune ami."

Et la barbe blanche se tourna vers celui qui lui fut présenté comme Eärnil, compagnon de route du chevalier dragon. C'est donc une main sur le coeur que le Magistère du Firmament s'inclina pour le saluer puis s'inclina en direction du dräke et balaya l'air devant lui après le compliment de l'elfe.

"Ho je vous en prie, vous êtes plus qu'aimable mais je ne suis personne."

La réponse de Nakor était sincère, il n'avait jamais considéré ni même pensé être une personne importante. Même à l'époque où il était conseiller personnel du roi, il détestait les protocoles infernaux de la cours et les gardes qui s'inclinaient sur son passage. Il avait toujours eu envie de leur dire qu'il n'était rien d'autre que Nakor et qu'il n'était nullement besoin de faire des manières. Il se mettait alors en colère comme toujours et envoyait les gens promener. Il écouta alors les remarques d'Arthur, salua rapidement le fier Monarth et il eut enfin des nouvelles du dragon. Ainsi, les rumeurs entendus en chemin étaient fondés : un dragon volait dans le ciel des elfes de la forêt. Nakor avait à l'instant, son vieux coeur qui battait plus fort que l'instant d'avant. Il pensait alors à Nisetis, à son enfance, à l'empire dragon, aux ruines qu'il avait parcouru pendant des siècles. Il revint alors à lui-même et prit la parole

"Remerciez le de ma part, si je n'en ai pas l'air, j'apprends vite et je retiens longtemps."

Un petit rire tranquille s'échappa des lèvres de Nakor avant que celui ci s'approche de la table sur laquelle se trouvaient les livres à l'étude d'Arthur et Eärnil.

"Ce que je fais ici? Je voyage Arthur ... comme depuis plus de six cents ans maintenant. J'ai toujours profondément pensé que sans lien avec le monde dans son ensemble, les gens étaient voués à l'inaction. Je ne suis pas un homme qui reste dans l'ombre à regarder le mal avancer sur nos terres pour ne laisser que ruine après son passage. J'aime sans doute un peu trop mettre mon nez dans les affaires du monde et par voie de conséquence, dans les affaires des grands de notre monde. C'est eux qui contrôlent et déclenchent les conflits. Avoir des liens avec eux devient une nécessité. Lorsque les affaires de ma guilde me le permettent, je voyage donc chez les elfes, de vieux amis, chez les nobles humains constamment en guerre, chez mes amis du nord, les nains et je garde un oeil sur l'Ithri'Vann et les drows autant qu'il est possible de le faire."

Nakor passa alors un oeil sur les différents ouvrages disposés sur la table avant de continuer

"Cela fait un certain temps que je n'étais pas venu saluer le maître d'Aleändir et je dois vous avouer Arthur, qu'en venant, j'ai entendu d'étranges rumeurs. Un monstre dans le ciel, des vieilles légendes qui refont surface puis en m'approchant de la forêt le respectable silence des elfes."

Un petit gloussement dans sa barbe, avant de continuer

"Mais je ne m'attendais véritablement pas à vous trouver vous, ici, chez les elfes ... je dirai ... au grand jours. Mais vous m'en voyez absolument ravi. Vous vous souvenez sans aucun doute de notre dernier échange. Le temps semble montrer que vous prenez la seule direction que je parvenais à vous imaginer. C'est une bonne chose pour le monde."

Nakor ne disait absolument pas cela pour se mettre en avant. Il avait soutenu au jeune dragonnier qu'il allait avoir de lourdes responsabilités et qu'il ne pourrait que pleinement les assumer. Arthur avait choisi de son propre chef cette vie, cette destinée et il n'avait évidemment pas eu besoin des conseils du vieillard pour le faire. Mais le sorcier était heureux qu'il emprunte ce chemin là plutôt qu'un autre. Et en pensant au dragon :

"Il a dû ... grandir? Et vous, comment évolue ce fameux lien? Qu'êtes vous venu chercher chez le peuple éternel? Vous apprenez l'elfique? Et .... hou ... veuillez pardonner ma curiosité maladive, je parle sans doute trop?"

Nakor fit une petite grimace de vieux grand père gâteau avant de rire tranquillement et attendis de voir quelles nouvelles pouvaient venir de l'humain au dragon!
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Arthur
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MessageSujet: Re: De passage chez les elfes... Barbe Blanche pour Ailes Blanches [PV Nakor]   Jeu 24 Mai 2018 - 19:00

« Il est encore trop tôt pour vous flatter d'avoir eu raison, Nakor... Trop tôt. » Ça n'était pas sur un ton de reproche que je prononçais ces premiers mots. « Car vous imaginiez que je demeure un homme, et à l'époque, je ne vous ai pas contredis. Aujourd'hui, j'ignore ce que je deviendrais, mon ami, ce que ce lien provoquera que ce soit avec mon consentement ou malgré moi, mais je doute de le rester tout à fait. » Il n'y avait pas de regret ou de crainte, j'avançais dans le noir, sur des sentiers inconnus, dont s'était peut-être détourné les autres dragonniers de ce temps, mais qu'empruntèrent les plus anciens. « Mais je m'efforcerais de préserver l'essentiel, de ne pas perdre pied, devenir un authentique dragonnier, certes, mais pas un dragon enfermé dans les chairs d'un homme. »

Nakor avait-il envisagé une telle finalité ? C'était peu probable, il ne pouvait qu'ignorer la nature et l'intensité de ce qui nous liait, la proximité et l'influence que nous pouvions exercer l'un sur l'autre. Et pourtant, je ne doutais pas qu'en s'y laissant pleinement transporté, sans s'accrocher à ses repères et à ses perceptions, en cédant et en se noyant complètement dans celle du dragon, j'étais convaincu qu'on pouvait cesser d'être véritablement humain... Néanmoins, une telle voie ne pouvait qu'aboutir à la folie ou à la mort.

« Il a grandi, de corps et d'esprit, particulièrement depuis son premier envol... C'était magnifique, de le voir autant que de percevoir toute l'intensité du sentiment de triomphe, la libération et l'exaltation de celui qui trouve la place à laquelle tout son être aspirait mais qui demeurait interdite. » A l'évoquer, je pouvais, si je le désirais, retoucher à ce souvenir, mais je m'y abstenais, pour demeurer dans l'instant. « Quant à notre lien... C'est difficile à expliquer, à exprimer avec des mots qui font de piètres véhicules pour les émotions et les sensations. Nous sommes ensemble, constamment, partageant l'un et l'autre, nos sens et nos perceptions, conscient ou non. » Il n'était pas possible de le faire comprendre... Même lié à un dräke, je savais qu'Eärnil ne pouvait qu'à peine effleurer le début d'un sentiment comparable, alors essayer de donner des mots et un sens à cela à quelqu'un qui était dépourvu de repères ne pouvait que donner un résultat insatisfaisant.

Je changeais de sujet, pour expliquer à mon tour ma présence en la Cité Blanche.

« Pour ce qui est de la raison de ma présence, ma foi... Apprendre l'elfique n'en est qu'une part, tout comme l'est le fait d'observer et de m'imprégner de la manière des elfes. Je veux les comprendre, car l'avenir pourrait s'en trouver plus aisé et agréable si je tisse des relations cordiales avec eux. Mais je suis d'abord ici pour bénéficier de la sagesse et des connaissances des elfes au sujet des dragons... Dans sa chute, Nisétis a emporté la quasi-totalité des savoirs acquis par les dragonniers d'alors, et j'ai en bonne partie épuisé ce que Thaar pouvait m'offrir à ce sujet.
J'espère ici en apprendre davantage sur des aspects plus... pratiques. Des soins, pourquoi pas des remèdes et traitements qui pourraient bénéficier au dragon et me permettre d'être plus efficace encore dans mon rôle. »


Mais d'autres sujets pouvaient me retenir ici, une fois que la barrière préalable de la langue aurait été balayé. Il était trop tôt pour les évoquer, et à peine le moment de les envisager. Je jetais un regard entendu à Eärnil, accompagnant un « Ça ne te dérange pas si... » auquel il n'opposa pas de refus « Faire une pause ne peut pas nous faire de mal. » puis, saluant Nakor, en toute simplicité. « Archimage, c'était un plaisir. ». Là-dessus, il partit, une Itarillë mollement perchée sur l'épaule. « Si nous allions prendre un peu l'air ? J'ai beau apprécié mes recherches, trop m'y plonger m'étouffe. »

Quand tu auras fini de voler toute sa chaleur au soleil, rejoins-nous, d'accord ?

Je pouvais presque l'imaginer détourner légèrement la gueule, marquant son mépris de la petite moquerie qui accompagnait cette pensée. Si le ciel le permettait, je le savais capable d'apprécier autant un bain de soleil que la chasse ou le vol. Toutefois, il émit une pensée favorable mais imprécise... Il viendrait, mais il n'était pas encore décidé sur le moment.
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Nakor
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MessageSujet: Re: De passage chez les elfes... Barbe Blanche pour Ailes Blanches [PV Nakor]   Lun 11 Juin 2018 - 15:36

Nakor écouta avec plaisir et intérêt les réponses de son jeune ami. Et il avait sous estimé les possibilités d'évolution. Le lien magique qui existait faisait de lui autre chose qu'un humain. Et Arthur semblait avancer sur un chemin qu'il acceptait pleinement. Ainsi, peu importait ce qui se produirait, l'ancien chevalier prendrait les bonnes décisions. Pas parce que ces décisions seraient bien ou non, mais parce qu'elles seraient issues d'un choix fait de son propre et unique chef. Il continua sur les explications du lien avec son dragon.

"Je comprends ... la profondeur d'un tel lien ne peut en effet s'expliquer par de simples mots. Et finalement ... je ne suis plus tout à fait certain de continuer à jalouser votre contact permanent avec une créature si majestueuse certes, mais tout de même plus qu'omniprésente. Elle est tellement là, en vous, que j'imagine des temps où il serait peut-être complexe de faire la différence entre ce que vous vivez vous, ce que vous ressentez vous, vos souvenirs et ... les siens!"

Nakor ne faisait que réfléchir à voix haute. Oui, il avait voulu pouvoir partager des choses avec un dragon, comprendre et savoir ce qu'était cet extraordinaire lien de magie, mais finalement il n'aurait voulu le vivre que quelques instants, pas une éternité de mélange si fort qu'il risquerait de s'y perdre un peu. Arthur donna alors quelques explications qui laissèrent un Nakor pensif et en train de faire oui de la tête au cours de la discussion. Un savoir perdu pour mieux comprendre, mieux appréhender le dragon. Les soins de la créature aussi, son évolution sans doute. Oui, cela semblait d'une logique implacable et où chercher mieux qu'ici dans une forteresse de connaissance plus que millénaire. Le compagnon du moment d'Arthur salua le mage qui fit de même en retour

"Le plaisir fut pour moi."

Et le vieux fou regarda l'elfe s'en aller avant de se tourner vers Arthur et de l'inviter d'un geste à se diriger vers l'extérieur.

"En effet, l'air antique de ces lieux apporte parfois la connaissance mais un esprit vivifié par l'air pur fonctionne tout de même mieux!"

Nakor se mit à glousser avant de reprendre, son bâton accompagnant ses pas sur un rythme parfaitement cadencé. C'est donc en humain qu'il continua sa discussion

"J'ose imaginer que l'accueil des elfes a été cordial avec vous et vos ... compagnons? Une créature de cette ampleur est certes issue de la sainte nature qu'ils révèrent de toutes leurs forces, mais elle peut impressionner et même réveiller de très vieux souvenirs à certains seigneurs elfes qui ont connus l'ancien empire Nisétien. Je sais que vous n'êtes pas dupe, et encore moins idiot mon jeune ami, mais n'oubliez pas le coeur de notre précédente discussion. Il se pourrait que vous viviez quelques aventures qui viendront très cruellement vous rappeler que vous êtes seul. Plus tout à fait humain, pas tout à fait éternel non plus ... les amis sincères et désintéressés se comptent sans doute sur les doigts d'une seule main. Vous savez déjà que quoi qu'il arrive, vous trouverez une protection pas si inutile que ça au sein de ma guilde, si un jour vous aviez besoin de vous retirer un peu de la folie du monde. Nous pourrions même mener une petite excursion dans les ruines de l'ancienne Nisetis. Vous savez que j'y ai vécu, j'en ai arpenté les catacombes pendant des décennies ... oui ... de longues décennies oui ..."

La petite discussion laissa Nakor pensif au point qu'il ne se rendit pas compte qu'ils étaient maintenant à l'extérieur des murs de l'académie, qu'il était resté silencieux et un peu plus longtemps qu'il n'était poli de l'être quand on était deux et qu'il ne savait maintenant pas où Arthur voulait aller. Et d'un seul coup, regardant avec une sincère amitié le jeune dragonnier, comme le ferait un enfant, il sourit de toutes ses dents avant de demander.

"Sauriez-vous où l'on peut voir quelques créatures volantes dans les cieux d'Alëandir? On dit qu'il y a par ici, de drôles d'oiseaux?"

Puis Nakor se mit à rire, tout simplement. En un instant, il avait balayé ses vieux souvenirs douloureux et se remit à rêver de puissant dragon volant dans le ciel. Quel monde fantastique que celui de Miradelphia.
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MessageSujet: Re: De passage chez les elfes... Barbe Blanche pour Ailes Blanches [PV Nakor]   Dim 17 Juin 2018 - 16:28

Il y avait donc une limite à l'intérêt que Nakor portait pour les dragons, à cette relation, à cette magie. Je m'étonnais de le découvrir finalement particulièrement raisonnable, tout du moins, de mon point de vue. Il hésitait, reculait même à la seule idée qu'il put perdre une partie de lui-même, de se mêler et de se confondre. Je ne le jugeais pas, mais c'est dans cette différence de vue que se situait pour moi son inaptitude vis à vis de ces créatures.
Cette relation, j'en suis convaincu,  était davantage qu'un partage, c'était une symbiose dans laquelle on offrait et recevait, pour laquelle il était finalement nécessaire de se perdre, de ne pas s'accrocher à ce qu'on considérait sa réalité, sa vision de soi, pour en cueillir les fruits, dans laquelle il ne fallait que conserver les différences qui nous enrichisses mutuellement, de se débarrasser de celles qui constituaient des freins. Celui qui dresse des murailles pour se conserver serait comme un aveugle tout juste capable de discerner la lueur d'une lumière vive.

« Nous avons été correctement reçu, si cela peut vous rassurer. » Bien sûr, tout était une question de point de vue. Ne pas avoir été transformé en hérisson, être même conduit à la Cité Blanche, reçu et disposé finalement d'un accès aux bibliothèques, de pouvoir éventuellement se promener librement. Même si c'était dans une indifférence générale, l'absence d'hostilité suffisait à me combler. « Je vous remercie pour votre sollicitude, même si mon point de vue a évolué en même temps qu'il gagnait en confiance. C'est un esprit libre, insoumis... Et si une confrontation m’apparaît inévitable, tôt ou tard, je commence à penser qu'elle est souhaitable. » Je ne la craignais plus comme autrefois, je m'imprégnais du regard d'un prédateur qui existait dans le présent sans accorder trop d'importance à l'avenir. « Il nous faudra réapprendre à ces peuples à nous redouter, leur rappeler que nous sommes prédateurs, non proies fuyant la moindre menace de leur part, et imprimer dans leurs esprits que la plus sûre des voies, c'est de nous approcher sans la moindre prétention, avec cette crainte respectueuse que possède déjà les elfes vis-à-vis de leurs bois. » C'était un changement radical vis à vis de notre précédente rencontre... J'étais prêt à la confrontation, y voyait une nécessité pour l'avenir, considérant et conscient que seule la force, véhiculant et instillant la prudence dans l'esprit les plus arrogants, était une voie qu'il ne fallait pas négliger. Nous ne nous intégrerons pas à ce monde en courbant l'échine et en baissant la tête mais en affichant nos forces quand elles seront éprouvés. « Alors, si nous devons vous rendre visite, Nakor, ça ne sera jamais avec la nécessité de se protéger, mais toujours pour le plaisir. Et il me plairait de me rendre à Nisétis, d'emprunter votre regard sur la cité pour m'en imprégner, un beau jour... J'ai... Nous avons rêvé ou nous sommes souvenus d'une cité que je crois être Nisétis, dans un lointain passé où les dragons la survolaient encore. Lorsque les vents nous porterons dans sa direction, je vous promets de faire une halte dans votre Aurore. » C'était un fragment du souvenir d'un Rouge sur lequel Zéphyr s'appuyait pour me façonner, les origines de mes grossières et premières écailles.
Nous étions désormais à l'extérieur, et l'enfant à qui l'on avait probablement rempli le crâne d'histoires et de légendes évoquant les dragons sembla refaire surface. Avait-il déjà eu l'occasion d'en voir un, au meilleure de sa forme ? Il avait peut-être aperçu les autres, jeunes ou dissimulés sous des traits ridicules, et la dernière fois, Zéphyr avait la taille d'un chien et ne volait pas.

« Les oiseaux... Ils ont le mérite d'arpenter le ciel, mais aucun ne le domine. »

Je souris, et je perçus, comme une sensation plus lointaine le jeu des muscles se mettant en mouvement, s'étirant après une longue période d'inactivité, le mouvement des épaules, les ailes se déployant.

Allons, cet homme couve le désir d'admirer un dragon dans le ciel depuis des siècles... Sois le premier, et je t'assure que ton éclat et ta beauté ne seront jamais éclipsé par aucun autre dragon dans sa mémoire. Ils ne seront que les pâles reproductions de cet instant.

C'était un prix dérisoire à payer que de flatter un dragon pour bénéficier de ses faveurs. Nous étions ensemble, et il ne me considérait pas inférieur, mais il était nécessaire de le convaincre de faire ce qui n'avait aucun intérêt pour lui-même. Et il y avait une vérité dans cette pensée, il serait le premier, à ma connaissance, et cela marquerait davantage que les suivants, si il devait en rencontrer d'autres.
Je perçus son envol, et sus qu'il acceptait de me faire cette faveur, d'offrir à ce nisétien cette vision d'un autre temps. J'étais demeuré silencieux, et je le restais quand l'éclat blanc du dragon parut. Il nous survola une première fois, sans effort, avec une grâce et une facilité que ne possédait aucune autre créature, claironnant... Il manœuvra rapidement modifiant son cap en prenant de la hauteur avant de revenir vers nous, prenant de la vitesse. Je savais qu'il se donnait en spectacle mais aussi que les elfes et les mages présent dans les alentours n'allaient pas apprécier la suite. Il nous repassa juste au-dessus à grande vitesse, accompagné d'un vent puissant qui souleva la poussière et la terre alentours, et manœuvra entre les bâtiments avec une aisance déconcertante. Je laissais le mage fasciné par la démonstration aérienne, m'éloignait davantage pour pénétrer sur une place offrant davantage d'espace, peu avant qu'il ne réapparaisse, plus lentement, se tenant au-dessus de moi, poussant un nouveau claironnement d'avertissement qui agita les elfes présents qui s'obligèrent à lui laisser la place, et il se posa, en douceur, et je l'accueillis d'une caresse bienveillante.

« Magnifique ! Même si je crois que tous n'apprécieront pas à sa mesure ton élégance. » Je me retournais vers un Nakor qui s'était un peu remis et s'avançait vers nous. « Il est loin, le petit dragonnet incapable de voler, n'est-ce pas ? » Je ressentais moi-même la fierté qui était la sienne, l'amour plus que l'admiration que j'éprouvais toujours à le voir voler se dessinant dans un grand sourire. Oui, la frêle créature d'il y a un an seulement semblait beaucoup plus éloigné dans le temps, mais pourtant, elle se trouvait là, avec l'assurance et l'arrogance d'un dragon qui semblait voler depuis des siècles, si certain de ses capacité.

Taille de Zéphyr:
 
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MessageSujet: Re: De passage chez les elfes... Barbe Blanche pour Ailes Blanches [PV Nakor]   Lun 2 Juil 2018 - 14:58

C'était d'une évidence flagrante, le jeune Arthur avait évolué et grandit peut-être même plus qu'il n'était possible de l'appréhender. Il était prêt, avait embrassé sa condition nouvelle et se faisait une idée très claire et véritable de ce que l'avenir lui réservait sans doute. Mais Nakor n'avait jamais eu et ne souhaitait absolument pas avoir le don de clairvoyance. Seul l'avenir dirait au monde comment évoluerait la position du dragonnier au sein de Miradelphia. Accepté? Crains? Pourchassé? Honoré? Peu importait finalement. Le temps était au présent et le vieux barbu avait toujours privilégié la vie sur l'instant que l'avenir incertain.

"Le peuple elfique sait faire preuve de bien plus de sagesse et surtout de raison que notre cher vieux peuple humain. Les choses se passeront comme vous déciderez qu'elles doivent se produire. Et ce qui me rassure, c'est que vous êtes plus que prêt à affronter les possibles qui s'offrent à vous. Je suis heureux de vous connaître mon jeune ami!"

Nakor se permit une petite tape sur l'épaule avant que ce dernier s'éloigne un peu, semblant concentré sur autre chose. C'est alors qu'un léger bruit d'abord, qui s'amplifia ensuite, vint trouble le calme légendaire des lieux. Une masse colossale pour un être humain, approchait tranquillement, planant avec majesté dans les airs. Arrivant dans son dos, Nakor n'eut d'abord que brièvement le temps de comprendre et se retourna pour voir passer au dessus de lui la créature céleste.

"Par tous les dieux ... un dragon!"

Nakor n'en avait pas vu depuis sa dernière rencontre avec Johann l'étrange guerrière. Et avant cela, il n'avait vu que des ossements dans les ruines de l'ancienne Nisetis. C'était donc un imaginaire surdéveloppé qui prenait enfin forme. Encore plus chez un mage tel que Nakor, ce n'était pas peu dire! Le dragon fit demi-tour avant de repasser au dessus d'eux dans un cri de puissance et laissant derrière lui une masse d'air tourbillonnante qui balaya avec vigueur toute la ville. La barbe et la robe de l'archimage volèrent au vent mais, allez savoir par quel artifice, son chapeau lui, ne bougea pas d'un pouce. Il suivit du regard Zéphyr, les yeux brillants et l'esprit embué dans des histoires antiques pour le vieil homme qu'il était. C'est dire à quel point ces histoires étaient anciennes. Il se permit alors de regarder avec bienveillance et respect, le dragon dans les yeux et s'inclina doucement en prononçant le nom du dragon à voix haute. Il s'approcha ensuite, tendant une main maladroite et tremblotante.

"Pensez-vous que je puisse ... comprenez mon émoi. J'ai grandi dans une cité en ruine qui était autrefois un empire dragon. J'ai découvert des ossements, des peintures, des statues, des fresques qui ne faisaient que décrire et vanter l'immense puissance des dragons. Une si belle créature, vivante de surcroît et en pleine possession de ses moyens, c'est une expérience incroyable que vous me feriez vivre mon ami."

Le magicien était impressionné, ce qui arrivait rarement. Il n'était pas en état de folie douce comme cela lui arrivait généralement dans une telle situation, parce qu'il avait entendu les propos et les mises en garde d'Arthur et n'avait pas envie d'engager un quelconque duel de magie spirituelle ne serait-ce qu'un bref instant pendant lequel le dragon se sentirait attaquer ou offenser. Non, pas de magie, simplement l'envie de sentir sous sa vieille main parcheminée, les écailles vigoureuses du maître des cieux et son sang palpiter, entouré d'une magie qu'il ne pouvait qu'à peine tenter de comprendre. Pendant ce temps là, quelques mages de l'académie, haut placés dans la hiérarchie s'étaient approchés à distance très raisonnable, cachés derrières quelques arbres et maisons, pour observer de très loin la scène. La vision d'un elfe est en effet à longue portée et ils affichaient un regard neutre, eux et les quelques elfes qui se demandaient se qu'il pouvait se passer encore dans leur cité et qui venait honteusement troubler la quiétude des lieux. Qu'ils aillent tous au diable, Nakor souhaitait approcher le dragon, voilà tout! Lui vint alors cette question

"Zéphyr est-il capable de parler à un autre que vous-même? Peut-il faire entendre sa voix dans l'air ou ne serait-ce que par un contact faisant appel à la magie? Certaines vieilles légendes racontent que le maître de Nisetis discutait longuement avec le seigneur des dragons, dans les hauteurs de la tour centrale. J'ai toujours trouvé cela fascinant!"

Nakor était sérieux et sincère.
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MessageSujet: Re: De passage chez les elfes... Barbe Blanche pour Ailes Blanches [PV Nakor]   Mar 17 Juil 2018 - 12:00

Quoiqu’il ait pu être dit ou pensé sur le vieux mage, il demeurait humain…
Ça n’est pas une critique, pour l’idéaliste et rêveur qui s’était éprit du monde des hommes par-delà l’Olienne après la chute de Nisétis, il était certainement nécessaire de préserver, malgré l’âge et les circonstances particulière de son existence, autant de sa nature… Nous serions deux phénomènes poursuivant des trajectoires très différentes… Il se gardait autant que possible des changements tandis que je m’y engageais de bon cœur, ne souhaitant préserver que l’indispensable.
Il me demandait la permission, et je semblais un instant m’en détacher, laissant à Zéphyr le soin de décider en lui faisant comprendre les intentions et les souhaits du mage. J’intercédais en sa faveur, sans chercher à contraindre ou jouer sur l’affectif avec le dragon.

Un instant, c’est tout ce que je te demande.
« C’est à lui de décider, tout ce que je vous demande, c’est de ne pas chercher à prendre plus que ce qu’il vous accordera. »

Le dragon avança de lui-même la gueule, établissant quelques courts instants le contact avant de le rompre et de s’éloigner d’une démarche légère et vive, moins précise que ses manœuvres aériennes quelques instants plus tôt. Je me détournais quelques instants du mage pour aller le remercier, l’irradiant de ma reconnaissance. Je savais qu’il ne resterait pas, qu’il ne tarderait pas à s’envoler à nouveau, aussi j’espérais pour Nakor qu’il en profitait pleinement. D’ici à ce qu’il se décide, je revenais vers le mage, et ses questions.

« J’imagine que par « un autre que vous-même », vous parlez d’humains, elfes et autres, n’est-ce pas ? » Il était évident qu’il parlait d’abord de lui-même, et peut-être plus généralement des peuples qui avaient la prétention de se partager le monde… Mais déjà à cet instant, et depuis plusieurs années, mon esprit avait dérivé de cette vision, s’imprégnant de celle des compagnons auxquels mon esprit était lié.
Le Souffle, dont le Choix est une facette, disent les légendes et les récits de la création, est ce qui distingue la plupart des peuples des autres créatures, la capacité ou plutôt, la permission d’aller à contre-courant de l’Ordre Naturel dicté par l’Ainée... Chez les hommes, cela devint un motif inconscient à soumettre son environnement, ce qui les gonfla d’orgueil et de suffisance, se parant d’une intelligence dont ils seraient seuls à disposer…
Je ne crois pas que Nakor soit parvenu à s’en détacher, ce qui n’était guère surprenant… En cela, il demeurait humain.
Et c’était peut-être là que se trouvait le cœur de ma dérive… Encore douce à cet instant, un mois me séparant du tournant majeur, les bases étaient néanmoins présentes. J’aspirais à l’Harmonie qu’évoque les Elfes et ne souhaitait plus aller à contre-courant mais prendre ma place dans cet Ordre Naturel.

Mais je m’égare, revenons à notre récit… La question rhétorique passée, je réfléchissais à la formulation d’une réponse.  Les légendes qu’évoquaient Nakor n’étaient pas nécessairement erronées ou exagérées, mais le vieux mage, au vue de ses questions, ne semblaient l’appréhender que d’une façon étroite : la parole est le propre de certaines créatures, mais n’est pas la seule voie qu’emprunte la communication.

« Il en est probablement capable, mais certainement pas de la manière dont vous l’imaginez ou l’espérez, et rien qu’il ne recherche particulièrement. Eärnil s’est ainsi vu presser, mais c’était basique. » Très basique, et brutal, comme un coup de masse sur le crâne pour enfoncer l’idée pure et simple de se dépêcher. « Je ne crois pas que ça soit naturel pour lui, ni confortable, ni agréable de toucher ainsi à l’esprit d’autres créatures, à quelques exceptions près. » Dragons, Dräkes et plus tard, Dragon-Fae, des cousins, en quelques sortes. Et moi, évidemment, mais j’étais une part de lui-même, je n’étais pas un vraiment un esprit ou un élément étranger.  « Mais c’est peut-être le fait de sa nature propre… Le Dragon Blanc est dépeint dans les légendes comme un Esprit Libre arpentant le Ciel, ne s’intéressant que très peu aux créatures qui ne peuvent que ramper sur la terre… D’autres dragons ont peut-être eu des natures telles qu’ils sont plus ouverts et désireux de communiquer avec les peuples. »

Si la légende de Nakor reposait sur une forme de vérité, il restait possible qu’un dragon plus… sociable et ouvert qu’un Blanc ait pu communiquer directement avec un souverain.  « Mais il n’est pas impossible que le souverain de votre histoire ait été lié comme je le suis, tout en vivant des existences séparées, l’un et l’autre. » On en savait plus assez sur les dragonniers et la place qu’ils occupèrent réellement, l’influence et le pouvoir qu’ils possédèrent dans l’Empire Nisétien, si bien que de nombreuses possibilités étaient envisageables.

« Quant à manipuler l’air pour produire des sons comparables à la voix, même si il en est capable sur le principe, vous ne prenez probablement pas conscience de l’effort insensé que cela représenterait, pour un maigre résultat… » Nakor était une créature pour laquelle parler était un mécanisme naturelle, il parlait de nombreuses langues, toutes construites autour de cette mécanique innée… Il n’avait pas conscience de ce qu’un mot représentait pour une créature radicalement différente, par le corps et l’esprit.
« Comprenez que nos langues sont imprécises, maladroites et limitées… Je ne peux restituer toutes les nuances d’une idée, d’une pensée, ou communiquer des informations avec autant de précision qu’à travers les liens que peuvent partager ces créatures… On y perd l’essentiel, parce qu’on ne peut soi-même pas formuler aussi précisément qu’on le voudrait, mais aussi parce qu’on se confronte à l’interprétation, aux opinions et aux ignorances de l’autre… Entre ce qu’on pense dire et ce que l’autre en conclut, il est de nombreuses étapes érodant notre message. » L’ouverture à ces autres manières de communiquer m’avait amené à réfléchir et à prendre du recul sur celle des peuples dotés d’un « langage », et je portais un regard moins flatteur sur ces derniers en constatant l’étendue des défauts qu’ils possédaient.

« La manière dont ils communiquent est plus élémentaire, plus simple dans la forme, mais elle devient d’une précision incomparable, bien qu’inaccessible pour nous, ou tout au moins, à la plupart. » Avec le temps, et l’habitude… Monarth m’avait formé d’une certaine manière, je n’en étais pas pleinement conscient… Interpréter et saisir des nuances plus complexes, en transmettre également n’est pour nous pas un exercice aisé, nous nous accoutumons de l’imprécision de nos langages et nos idées se contorsionnent pour prendre les habits de mots et de phrases.  Mais à son contact, sous son influence, j’avais acquis naturellement ce qui deviendrait, à mon insu, des facilités dans l’apprentissage et l’exercice de l’Art.
« Donc, vouloir qu’il agite l’air pour communiquer avec nous, c’est également lui demander d’apprendre et d’intégrer les défauts de nos langages, pour produire un résultat contre-intuitif et par essence frustrant car incomplet… Ce qu’il ne fera jamais car rien ne l’y oblige et qu’il possède un compagnon qui peut faire tout ceci à sa place,  à l’occasion. » D’où la manière dont je considérais par moment le rôle des dragonniers, autant que le fait de les rapprocher, en un sens, des prêtres au sein d’un Culte. Prêtres Pentiens et Dragonniers de Nisétis , intermédiaires et interprètes des dieux aux yeux des peuples.
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MessageSujet: Re: De passage chez les elfes... Barbe Blanche pour Ailes Blanches [PV Nakor]   Sam 4 Aoû 2018 - 15:38

Nakor fit un pas en avant et le dragon fit le reste. Il allongea son cou longiligne et écaillé avant de s'arrêter à quelques centimètres du vieillard. Avec beaucoup de délicatesse, Nakor posa la main sur le dragon. Pas comme s'il caressait un chien ou un chat, non avec le respect d'un magicien qui pose la main sur quelque chose qu'il respecte et qui l'impressionne. Le contact des écailles était grisant, on pouvait sentir en dessous, l'immense force vive mêlée de magie qui existait à l'intérieur de la créature. Il laissa sa main glisser sur quelques centimètres avant de dire tout simplement dans sa barbe

"Stupéfiant!"

Puis de lui-même, le dragon se retira et s'éloigna un peu. Le mage resta sur place, à regarder non pas le dragon partir mais sa main, sa paume, ouverte sous son visage. Un sourire s'installa doucement puis de plus en plus largement avant qu'il ne s'incline en direction du dragon et dise à Arthur

"Veuillez à le remercier pour moi mon cher."

La discussion continua ensuite sur les moyens d'échanges entre l'animal céleste et le reste des êtres vivants de ce monde. Arthur avait une très haute considération de son acolyte ce qui était bien normal. Personne ne pourrait le lui reprocher, il avait pleinement adopté sa position de dragonnier, son rôle, son statut, son nouvel être. Le mage souhaita donc éclaircir son propos après avoir bien écouté.

"Je vous l'accorde, une discussion mentale est sans aucun doute beaucoup plus précise, pointue et pleines de finesses qu'une discussion orale. D'autant plus bien sur, si chacun des deux interlocuteurs est capable d'une réflexion construite et d'un échange d'idées que l'autre va pouvoir décrypter."

En effet, Nakor imaginait la situation où l'esprit humain serait sans doute incapable de ressentir toutes les nuances d'une pensée complexe si elle lui arrivait en masse et qu'il n'avait pas l'habitude de ce type d'échange. Ce stade avait été dépassé par Arthur et son dragon depuis longtemps, mais au départ, cela devait être un peu compliqué.

"Mais par delà ça et la faiblesse de l'échange oral avec la différence entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je dis, ce que l'autre veut entendre, ce qu'il entend vraiment et ce qu'il comprend de cela ... et bien il y a au moins six étapes qui amènent une possible incompréhension ou une mauvaise compréhension. Et de ce genre de détails, peuvent naître des conflits notables! Ce que j'avais en tête est un récit Nisétien où le grand empereur rouge menait ses conseils de guerre dans une salle immense afin de pouvoir y faire siéger son dragon de feu. Il est écrit qu'à plusieurs reprises, le dragon, de sa puissante voix qui faisait trembler les murs, donnait son avis sage et séculaire. Cela m'a toujours laissé songeur et rêveur. J'ai fini par ancrer en moi l'idée que les dragons, en plus de pouvoirs magiques incroyables et de la capacité de communiquer par la pensée, pouvaient peut-être parler un langage oral et conseiller même le plus petit humain. J'ai même fini par penser que le nisétien était un dérivé du langage dragon."

Nakor se mit à glousser. L'idée pouvait peut-être paraître stupide ou ridicule, il y avait toujours un peu cru, comme l'on continue de s'amuser à croire aux contes de notre enfance. Et même après la réponse d'Arthur, le vieillard à barbe blanche continuerait de s'amuser à croire que les dragons pouvaient échanger. Il dit alors avec malice

"Vous devez avoir raison, peut-être que les dragons rouges étaient naturellement bavards! Auquel cas, je dois avoir un peu hérité d'eux."

Et évidemment, l'archimage explosa de rire à sa propre blague. Il se savait bavard au possible et imaginait trop souvent que tout le monde adorait parler. Ce qui n'était en réalité, pas spécialement le cas. Il se tapa sur le genoux tant il riait dans son coin avant de se calmer un peu. Il sécha une larme imaginaire au bord de son oeil gauche avant de continuer

"Ha ... Arthur ... vous pardonnerez les niaiseries d'un vieillard sénile, voulez-vous? Je suis curieux de par nature, et bien trop sans doute. Mais dîtes moi ... vous n'êtes pas le seul dragonnier de ce monde. Votre dragon a-t-il pu en rencontrer d'autres? Existe-t-il un lien entre eux? En Nisetis, on racontait aussi que les dragons héritaient de la mémoire de leurs ancêtres, ce qui leur donnait accès à une sagesse millénaire."

Nakor connaissait au moins un autre dragonnier vivant et soupçonnait l'existence de plusieurs autres sur Miradelphia. Balayant ses remarques d'une main devant lui, Nakor termina ainsi

"Il est évident que l'empereur de Nisetis était un dragonnier. Les empereurs obtenaient leur titre après des batailles et des combats féroces. Ce n'était pas un titre qui se transmettait par lignée. On peut penser qu'il y avait des défis entre dragonniers et que le plus puissant prenait les rênes du pouvoir! Il conservait alors leur domination pendant des décennies voir des siècles pour certains. Jusqu’à ce qu’un jeune premier vienne le défier et prenne la couronne d’écaille de l’empire dragon. Absolument fantastique n’est-ce pas Arthur, toutes ces choses que nous ne connaîtrons jamais sur le passé de notre monde !"

Nakor était passionné par l’histoire de Miradelphia, il était persuadé que du passé, nous pouvions apprendre suffisamment pour éviter les erreurs du présent et créer un meilleur futur. Tout était pourtant lié dans une infinie suite de recommencements !
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Arthur
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MessageSujet: Re: De passage chez les elfes... Barbe Blanche pour Ailes Blanches [PV Nakor]   Sam 4 Aoû 2018 - 18:17

« Fantastique... Ou regrettable. » Nakor avait pu apprécier une part de ce savoir, mais il ne possédait pas l'intégralité des clés lui permettant d'en saisir toute la mesure... Et pour moi, l'héritage et la richesse de générations de dragonniers étaient à jamais perdu dans les limbes. « Je ne peux qu'imaginer la somme des savoirs qui m'auraient été utile. » Mais il ne servait à rien de pleurer les pertes passées, il m'appartenait de redécouvrir ces choses.

Je revins à ses histoires, à ses contes, sans partager son allégresse. Pour lui, c'était presque des souvenirs d'enfance, des rêveries de gamins, c'est pourquoi ces idées lui semblaient si légère... Ces savoirs s'ancraient dans ma réalité... Maux et remèdes adaptés aux dragons se trouvaient perdus dans les terres stériles et dans la poussière des ruines nisétiennes, un héritage qui était devenu le mien au moment où je me liais au dragon.

« J'imagine que nous ne saurons jamais la vérité derrière ces histoires... Dans quelle mesure le conte s'inspire de la vérité et les libertés qu'il prit aussi bien que l'effet des dérives que les siècles et les interprétations. J'ai peine à l'imaginer, mais c'est peut-être là également l’œuvre de mon scepticisme à l'égard des puissants, de toutes époques et de toutes origines, qui invoque les dieux à tort et à travers pour donner du crédit à leurs décisions. Peut-être le dragon se fit-il entendre, sans employer de mots, et à travers lui s'imposa la volonté d'un souverain. »

C'était un regard qui retirait probablement tout une part de magie aux contes, mais j'estimais que le mage se satisferait davantage d'un autre regard que de se voir seulement conforter dans ses idées, mon intention n'était pas de le convaincre, d'ailleurs.
Je poursuivis, décidant de nourrir la curiosité sans fin du vieux mage avec ce que j'avais acquis.

« Notre route a croisé celle d'un autre dragon, l'hiver dernier... Si j'ignore si il existe le moindre lien entre eux, pour cette fois, les histoires que vous avez entendus ne sont pas si éloignés de la réalité. » Je souris, avant de poursuivre, évoquant la suite tout en semblant en chercher les traces dans un recoin de mon esprit, difficile d'accès. « L'autre offrit des souvenirs... Qu'il reçut d'un troisième... Des souvenirs de Nisétis, en des temps reculés, où les cités impériales étaient encore parfois survolées ou visitées par l'un d'eux... Il m'est difficile de l'expliquer, car je ne les comprends pas. Ce sont des souvenirs de dragons de jadis... J'ai vu une cité florissante et animée, éclipsant les joyaux d'Ithri'Vaan, dont certains aménagements étaient conçus pour nous... pour les recevoir... Je revois le palais s'élevant plus encore, possédant une salle d'audience assez grande pour y recevoir un grand rouge... C'est dans ces souvenirs que Zéphyr a trouvé l'image d'une dragonnière qui arborait des écailles, une femme magnifique avec un tempérament de feu, dont nous... il était fier. » Je fermais les yeux, respirait profondément pour revenir pleinement au présent. « Ce sont d'authentiques souvenirs, et nous sommes loin d'en avoir aperçu l'ensemble... Ils surgissent dans ses rêves, c'est ainsi qu'il les intègre, et si je suis à ses côtés, il est possible que je les partage. » Je reprenais conscience, à présent, mais Nakor pouvait mesurer l'effort autant que les effets. « C'est une richesse qui a son prix. » dis-je avec le sourire. Mon esprit n'était déjà plus tout à fait celui d'un homme... Y traînait des souvenirs et des perceptions de dragons, trésors dans ma mémoire, mais trop riche pour que j'y puise sans peine. Zéphyr n'avait pas ces soucis, semblait-il... Il assimilait ce qu'il apprenait mais ne perdait jamais pied, ni conscience de ce qu'il était.

« Mais un jour, j'irai explorer les ruines de l'empire... Ces souvenirs me permettront de les voir sous un autre jour. J'espère avoir alors l'occasion de bénéficier des connaissances d'un guide qui arpenta ces rues et ces chemins dans sa lointaine jeunesse, et à qui j'apprendrai peut-être des choses, qui sait... » Je souris, c'était un plan sur l'avenir, tout en sachant qu'il me restait fort à faire ici, en Anaëh, avant de décider de me remettre en mouvement.

Entre temps, le dragon s'était envolé, partant en chasse dans les bois alentours, laissant à la vie alentours la possibilité de se remettre de cette nouvelle apparition, de plus en plus fréquente.
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MessageSujet: Re: De passage chez les elfes... Barbe Blanche pour Ailes Blanches [PV Nakor]   Jeu 9 Aoû 2018 - 21:06

Nakor écouta avec une légère distraction, les quelques mots qu'Arthur prononçait à la suite de son discours. Il fronça un sourcil tout en ouvrant grand l'autre. Le vieux fou se posa quelques questions pendant qu'Arthur continuait. Le vieil homme hocha la tête, doucement, tout en se passant la main gauche sur sa barbe, du menton jusqu'au plus bas des pointes blanches et soyeuse de sa vénérable pilosité ancestrale.

"Mon cher Arthur, je comprends votre désarroi, d'autant que vous êtes l'un des derniers d'une espèce entièrement décimée ou presque. Mais vous savez ... ma longue vie auprès des faibles comme des puissants, dans les ruines anciennes et les bibliothèques des grands mages d'autrefois m'a appris une chose très claire : ce qui a été perdu l'a été pour une bonne raison. Vous craignez de ne plus pouvoir retrouver cet immense savoir accumulé, les connaissances sur les dragons pour permettre un meilleur développement de Zéphyr ... "

Nakor devint alors bien sombre l'espace de quelques instants

"Les puissances les plus grandes finissent un jour par atteindre une extrémité, passer un cap qu'elles n'auraient pas dû dépasser. Et alors ... une contre puissance voit le jour, pour y palier, pour briser l'hégémonie qui vient avec une trop grande domination. L'empire dragon a connu la splendeur et la gloire absolue. Mais, à quel prix Arthur? Des guerres ont ravagé des zones entières de notre monde, le feu des dragons est sans pitié et annihile toute forme de vie pour de nombreuses années. Si les dragons ont été chassés, tout comme les dragonniers qui portaient la couronne d'écaille de Nisetis c'est que leur pouvoir est aller trop loin, leur soif de pouvoir propre aussi."

Relevant un visage triste mais sincère, il termina ainsi

"Non Arthur, en réalité, si la connaissance des dragons s'est perdue ... c'est sans doute pour que le monde puisse survivre à leur domination et rappeler aux seigneurs dragonniers que s'ils sont plus puissants que les autres, ils doivent conserver un pied, bien ancré sur le sol de notre monde, conscient de celles et ceux qui les entourent."

Beaucoup de douceur revint dans les yeux du vieux fou

"Mais il est bon que vous soyez devenu un dragonnier, je sais que la folie des grandeurs ne vous atteindra pas. Vous êtes un être bon mon ami. Alors vous trouverez une nouvelle manière d'être un dragonnier, non pas dictée par le savoir passé mais par le peu qu'il en reste et que la vie a bien voulu laisser sur notre monde ainsi que votre expérience propre. C'est une bien meilleure chose que d'avoir été initié par l'empereur dragon en personne. Ne regrettez rien."

Nakor hocha longuement la tête, comme s'il se confirmait à lui-même à de nombreuses reprises, ce qu'il venait de dire, comme s'il se confirmait à quel point il pensait avoir raison. Ce n'était qu'un point de vu, un brin amer sans doute sur le monde et l'histoire du monde. Mais le Magistère de la guilde du Firmament avait vécu de nombreuses guerres, l'émergence puis la destruction totale de grandes puissances et il y avait toujours une raison pour que quelque chose disparaisse à jamais. Sinon, des traces restaient et pouvaient être retrouvées. Mais peu importait, ce qui comptait aux yeux du vieux sorcier, c'était la mesure dans le pouvoir. Posséder des connaissances et des forces impressionnantes ne devait jamais faire oublier que toute chose vivante en ce monde, aussi faible soit-elle, méritait la vie. Il était, dans Nisetis, de grande réputation que le dernier empereur dragon était un tyran comme il y en avait rarement eu dans l'histoire de Miradelphia et que son dragon avait été le plus terrible rouge qui n'avait jamais vu le jour. Il valait parfois peut-être mieux rêver un peu que de savoir toutes les horreurs qui s'étaient produite pour le pouvoir. Nakor continua de poser ses questions, comme un enfant émerveillé de tout. Et il fut alors très impressionné en observant Arthur. Lorsque ce dernier parlait des souvenirs du dragon, il n'en parlait plus comme quelqu'un d'extérieur, non, il en parlait comme si c'était à lui que l'on avait implanté ces souvenirs et plus les mots sortaient de sa bouche, plus il était clair qu'il semblait non pas simplement voir des images qui n'étaient pas siennes, non, il décrivait les choses comme s'il les avait vécu. Il n'était plus Arthur, il était un dragon et il fallu de grands efforts au jeune homme pour complètement revenir à lui. Pour une fois dans sa vie, Nakor resta silencieux pendant quelques instants. Totalement silencieux. Ce qui donna le temps à son interlocuteur de faire une proposition. Il était si étonné qu'il fallu encore quelques secondes avant que le chapeau pointu comprenne ce qui venait de se dire.

"Quoi?!"

Puis voyant le sourire sincère d'Arthur, évidemment que Nakor lui rendit la pareille

"Mais ... enfin je ... et ... !"

Et le magicien se mit gentiment à rire. Il tendit une main franche tout en prenant la parole

"Mon cher ami, vous me mettez dans tous mes états! Nous avons ce qui semble être, un rendez-vous! Je serai très heureux de vous guider un jour dans l'ancienne cité. Vous verrez les vestiges de l'empire dragon et sans doute qu'avec ma toute petite aide et ce qu'il reste là bas, Zéphyr et vous même découvrirez des choses que vous ignoriez. Voyez comme c'est admirable mon ami, nous avons devant nous le rêve, la découverte, l'imagination. Il n'y aura qu'un seul désavantage : vous m'aurez sur le dos!"

Nakor ne craignait pas ce qu'ils pourraient découvrir là bas. Arthur avait découvert seul ce qu'était d'être un dragonnier, il n'avait pas reçu l'enseignement séculaire de dragonniers qui eux-mêmes avaient eut un pouvoir insurpassable pendant des siècles. Il avait donc épuré sa vision des choses, ses besoins, ses envies. Le vieil homme savait que rien de mal ne ressortirait de cette visite. Il tiqua tout de même

"Cependant ... dites moi tout. Ces souvenirs que vous venez de me confier. Ils sont plus que vivants. Je veux dire, là, en vous. C'est plus que le souvenir d'un dragon, vous le vivez comme si vous l'aviez vécu vous-même. La connexion entre le dragonnier et le dragon est très puissante n'est-ce pas? Puissante au risque de vous y perdre un jour. Serait-il possible qu'au fil des siècles, les plus grands des seigneurs dragons aient passé tant de temps en compagnie de leur lié que ... et bien ... qu'ils s'y soient perdus?"

La dernière question était rhétorique et avait plongé le vieil homme dans une réflexion profonde. Cela pouvait impliquer de nombreuses choses plus terribles les unes que les autres. Est-ce l'esprit d'un dragon qui venait perturber à ce point celui de son compagnon qu'il en devait aussi un animal féroce et sans égal? Ou était-ce l'inverse et la folie des hommes qui obligeait le dragon à partir en guerre? Replantant son regard tranquille dans celui d'Arthur, le vieil homme ne put s'empêcher de dire

"Promettez-moi de me rendre visite de temps à autre mon ami. Vous êtes maître de votre propre destinée, votre avenir est uniquement dans vos mains mais ... je serai heureux de vous voir de temps en temps, comme un témoin d'une évolution que plus personne n'a pu suivre depuis un millier d'années."

Nakor était sincère, il s'inquiétait comme le vieux papy gâteau qu'il était, de ce qui pourrait arriver à Arthur. Il était ainsi : bougon, un peu fou sur les bords, mais il s'attachait aux gens qu'il appréciait puis qu'il finissait par aimer comme un grand père aime ses petits-enfants. C'était un effroyable je-me-mêle-de-tout mais il était ainsi depuis plus de six cent ans, il n'allait pas changer maintenant. Il était bien des choses, mais il était surtout sincère. Il avait plus que bien fait de se laisser porter par le vent et de venir en Anaëh finalement!
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MessageSujet: Re: De passage chez les elfes... Barbe Blanche pour Ailes Blanches [PV Nakor]   Mer 15 Aoû 2018 - 8:03

Il était étrange d'écouter Nakor suggérer que la chute de l'empire dont il était issue – tout du moins, du peu qu'il en restait encore à sa naissance -, et la disparition des êtres considérés comme des dieux tutélaires par son peuple, eut été une chose presque heureuse et bienvenue. Il semblait y voir l'action d'une contre-force, et en cela, très curieusement, j'y vis l'influence sur le mage des croyances pentiennes, une inspiration à minima... Cette croyance qui veut qu'un jour, devant la domination qu'exerçait les dragons sur les hommes, Néera et Tyra s'entendirent pour briser leur hégémonie et les maudirent...
Mais j'écoutais sans rien répondre... J'avais mes convictions mais je n'avais pas l'intention de les opposer à celle du mage, d'autant que l'idée que je ne sois pas objectif, que ma perception puisse être biaisée par la nature même de mon dragon me traversa l'esprit.

« Tout dépend ce que vous appelez un souvenir, Nakor... Si vous supposez qu'il ne s'agit que d'image, alors oui... Si vous y incluez les perceptions, le ressenti de l'instant, alors non, ce ne sont que des souvenirs, rien de plus. »

Mais dont je ne percevais que ce que mon esprit pouvait en saisir... Je savais que Zéphyr en tirait davantage, des connaissances, il comprenait et assimilait des informations et des savoirs dont j'ignorais la nature... Mais ces derniers pouvaient être totalement inutile pour les autres créatures, et même périmés, comme une carte mentale de la région, ses points d'eau et ses coins de chasse... C'était un phénomène compliqué à expliquer et à décrire qui ne m'était pas destiné.

« A vous écouter et à vous observer, vous m'avez l'air de supposer que se perdre est nécessairement un mal, Nakor. » Je lui souris, avec chaleur, avant de poursuivre. « Mais est-ce vraiment le cas ? Je crois que par bien des égards, j'ai commencé à me perdre... Je fus noble et courtisan, je devins chevalier attaché à ses possessions et me voici dragonnier ne se souciant plus de la terre, ni de la maigreur de ce que je possède. D'un regard extérieur, ne me suis-je pas déjà égaré ? Ne pourrait-on pas y voir l'influence d'un esprit libre comme celui d'un Blanc ? » Un peu plus d'une dizaine d'années séparaient les deux extrêmes, mais ma vie avait réellement et radicalement changé avec le contact du dragon, il est vrai, j'étais prêt à reconstruire quelque chose, aujourd'hui, je ne l'envisageais plus vraiment. « Il m'influence, je l'influence, nos esprits s'entremêlent en même temps que nos perceptions, et nous nous enrichissons mutuellement... C'est tout du moins la voie que j'ai choisi d'emprunter. » Johann semblait en emprunter une autre, se préservant, maintenant une distance relative tandis que j'y préférais la proximité. « Je vais me perdre, je le sais et le souhaite, je crois, au regard des hommes. Mais il vaut mieux se laisser porter et accompagner le courant volontairement que de s'épuiser en essayant de nager contre et finir par se noyer, vous ne croyez pas ? » J'allais vers l'inconnu, mais j'y allais serein et sans m'en détourner.

« Je vous rendrais visite, c'est évident. » Mon regard se porta vers le ciel, dans la direction dans laquelle était partie Zéphyr. « Il m'apprendra bientôt à voler, je le sais... Le monde se réduira alors. » Il y avait de l'impatience dans ma voix, bientôt, pas encore mais bientôt nous volerons ensemble et ce domaine qui demeurait interdit à l'homme mais appelait le dragon s'offrirait enfin. « Mais le rendez-vous est prit ! Lorsque le Blanc survolera votre Aurore, tenez-vous prêt à partir. »
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Nakor
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MessageSujet: Re: De passage chez les elfes... Barbe Blanche pour Ailes Blanches [PV Nakor]   Mer 15 Aoû 2018 - 11:52

Arthur était un homme à la discussion philosophique intéressante. Il poussait sa pensée au delà des bordures habituelles et prenait souvent le contre pied des choses comme pour finalement dessiner les contours complet d'une idée qui n'a jamais qu'une seule face mais au contraire, au moins deux, si ce n'est plusieurs. Le vieillard appréciait sa compagnie, plus sereine et apaisé que lorsqu'il était encore chevalier de la noblesse humaine. Il avait mûri, grandi, évolué. En mal ou en bien, ce n'était qu'un point de vu, mais il était plus solide et conscient de ce qu'il était ou de justement, ce qu'il n'était pas. Le mage n'hésita pas un instant à répondre

"Ho, absolument Arthur, du point de vu humain, vous vous êtes perdu mais vous avez bien fait. Vous êtes sorti d'un carcan d'idées qui enferment les hommes dans un cercle vicieux dont on ne peut que difficilement s'extraire sans se mettre tout le monde à dos. Mais le courant de la vie est toujours plus fort oui ... enfin ... cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas se battre contre des courants contraires. Mais je comprends où vous voulez en venir et je plussoie."

Nakor avait passé sa vie à lutter contre les forces du mal. Mais pourtant, elles revenaient toujours, comme si le courant de la vie allait dans le sens de pousser les forces des ombres à attaquer encore et encore. Fallait-il donc abandonner le combat pour ne pas prendre le risque de se noyer? Non! Jamais! Ils n'allaient ni l'un ni l'autre se lancer dans un débat éternel et interminable, d'autant qu'ils prirent rendez-vous. Ils auraient ainsi de nouvelles occasions. Ce qui inquiétait Nakor n'était pas l'évolution mentale que prendrait Arthur mais le fait qu'un jour, il puisse tant s'oublier qu'il ne fasse plus jamais la différence entre ce qu'il est lui et ce qu'est son dragon, qu'il ne différencie plus ce qu'il pense et fait de ce que pense et fait le dragon, en somme qu'il se comporte comme le dragon, de manière impériale certes mais bestiale aussi. C'est un franc sourire sur les lèvres qu'il répondit

"Haaaa ... voler dans les airs! Une incroyable et grisante sensation. Mon vieux tapis volant fait pâle figure devant Zéphyr c'est évident ... mais je peux déjà vous dire que les sensations sont remarquables. Alors chevaucher un dragon! Vous me raconterez."

Il se mit à glousser en ajoutant enfin

"Quand à votre approche de l'Aurore ... sachez mon ami qu'un magicien n'est jamais en retard, ni même en avance d'ailleurs. Il est précisément là à l'heure prévu!"

Et allait donc savoir pourquoi, mais l'espace d'un instant, la barbe blanche de Nakor semblait grise.

"Jusque là, nous aurons, j'espère, l'occasion de nous revoir avant mon départ de la cité. J'ai des choses à faire ici. Profitez bien de votre séjour et à très bientôt donc Arthur. Vous saluerez vos compagnons pour moi n'est-ce pas?"

Et le magicien tendit une main amicale avant de reprendre la route pour le palais royal de la cité elfique.
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MessageSujet: Re: De passage chez les elfes... Barbe Blanche pour Ailes Blanches [PV Nakor]   

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De passage chez les elfes... Barbe Blanche pour Ailes Blanches [PV Nakor]
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