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 A l'unité Velterienne ! [Solo/Entité]

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Philippe de Montvif
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MessageSujet: A l'unité Velterienne ! [Solo/Entité]   Mar 1 Mai 2018 - 15:11

Panahos, neuvième ennéade, 10: XI


Il était étrange d'entendre quelques oiseaux gazouillaient en paix. Merles, cailles, pigeons unissaient leurs forces pour adjoindre quelque sensation d'harmonie dans cet havre calme. Un petit étang jouxtait une grande ferme fortifiée. Une petit tour, utilisée également comme pigeonnier, se dressait immuable dans le ciel. Elle dominait une petite enceinte, un corps de bâtiment principal ainsi qu'une écurie. La cheminée d'une forge dépassait de cette dernière mais nulle fumée ne s'en échappait et encore moins le son typique du marteau battant le fer chaud. Mais quelques gardes à la mine sombre surveillaient l'entrée de la ferme dominée par l'enseigne indiquant la présence d'une auberge.

L'un de ces hommes, guère plus que des mercenaires ou des bandits presque repentis, observa longuement le petit groupe approchant. Son regard n'était pas hostile mais simplement curieux bien que sa dextre ne s'éloignât jamais du glaive à sa ceinture. Ses deux comparses baissèrent leurs piques et plantèrent avec expertise le manche dans le sol, pointant ainsi les pointes droit vers le poitrail des destriers. Les quatre cavaliers s'arrêtèrent aussitôt. L'un d'entre eux sauta à bas de selle et s'approcha un grand pas. Sa main gauche posée élégamment sur le pommeau de son épée, de facture très classique, il se servit de l'autre pour saluer les gardes. Les homes se laissèrent pas distraits et leur prise sur leurs armes se raffermit.

"Qui v'là ? grogna celui qui semblait être leur chef d'une voix grondante et dotée d'un fort accent des Dents-de-Veltres.
- Philippe de Montvif, seigneur de Montvif.
- Qu'est c'qui z'amène là m'seigneur ?
- L'envie d'un bon repas et quelques heures de repos. En monnaie sonnante et trébuchante."

Pour appuyer ses paroles, l'homme fit tinter la bourse pendant à sa ceinture. Les pièces tintèrent entre elles et un éclair d'avidité brilla légèrement dans le regard des gardes. Ils étaient payés selon les recettes de l'auberge et ces dernières ennéades n'avaient pas été faciles. Le chef grogna son assentiment et frappa quelques grands coups contre le portail de bois. Un cri y répondit et les hommes purent deviner l'activité derrière l'entrée. Moins d'une minute plus tard, les lourds battant s'ouvraient et les mercenaires se mirent de côté pour laisser entrer les cavaliers, dont le meneur était remonté en selle. Deux jeunes palefreniers apparurent bien vite et prirent soin des chevaux, délaissés par leurs maîtres qui venaient d'entrer dans le principal corps de l'auberge.

C'était une grande pièce unique, chauffée par deux grandes cheminées. Plusieurs tables miteuses et usées par le temps décoraient l'espace alors qu'un comptoir courait le long du pan de mur nord. Le maître des lieux frottait le lambris machinalement avec un chiffon noir de crasse. Avisant la qualité de ses hôtes, il se redressa soudainement et s'approcha de ces derniers. L'aubergiste leur montra une table proche de la cheminée et leur adressa son plus beau sourire.

"Bienvenue nobles seigneurs ! Prenez place. Prenez place. Depuis la guerre, la foule ne se bouscule point par ici. Que-puis je vous servir ?
- Percez-donc un tonneau de vin pour mes amis et moi, lâcha humblement Philippe en prenant place. Il huma l'air quelques instants. Et servez quelques écuelles du ragoût que je sens.
- Le vin aurait coulé avec plaisir mais il est difficile de s'en procurer... Mais n'ayez crainte la nourriture arrivera vite...
- Quelques brocs de bière alors. Et point chaude !"

L'aubergiste s'inclina et fila donner quelques ordres à sa femme et ses aides de cuisine à l'arrière du bâtiment. Philippe grogna et se détendit légèrement en appuyant son dos contre le dossier de la chaise. Il jeta un regard à ses compagnons. Tout trois étaient des seigneurs de Velteroc. Tout aussi jeunes que lui, ils avaient accédé au pouvoir par la mort de leurs pères. C'étaient parmi les premiers soutiens de Philippe dans l'union politique de Velteroc que le sir de Montvif espérait. Les vassaux étaient dispersés à travers tout le Médian.

Traditionnellement, la politique du comté s'articulait autour de trois grands vassaux représentant les trois villes de la région : Rochenoire, Beltrod et enfin Parmepeyre. Cependant, Nimmio était trépassé ainsi que le seigneur de la dernière ville, ce qui ne laissait qu'un seul grand vassal libre. Ensuite venait cinq seigneuries de relatives importances. Souvent situées sur les marches du comté, à l'image de Montvif, elles connaissaient avant la guerre une importante activité économique et martiale. Ensuite venaient une dizaine de châtellenies mineures. Evidemment chaque seigneur régnait sur un certain nombre de chevaliers. Mais sur les dix-huit représentants d'importance de la noblesse velterienne, il ne restait guère qu'onze aptes à se réunir. Cinq étaient morts sur le champ de bataille de Valdrant ou à Chrystabel, ne laissant aucun héritier parfois tombé au combat à leurs côtés. Deux croupissaient dans quelques geôles et attendaient qu'une rançon soit versée. La plupart des autres étaient libres, ou avaient été libérés par leur famille contre une forte somme d'argent.

Ainsi, Philippe avait réussi à réunir deux seigneurs mineurs à ses côtés, Thomas du Clos d'Argent et Arthur de Foy. Le troisième était plus important, son domaine s'étendant à la marche sud-est du comté, jouxtant Ancenis. Il se nommait Mirail d'Aubourg et ce fut lui qui prit la parole en premier.

"Je ne serais pas surpris de découvrir que le ragoût soit composé à base de rats.
- Allons Mirail. L'établissement a une certaine réputation et il est assez éloigné des conflits pour ne pas avoir été ravagé. Ce sera sûrement du mouton ou de la chèvre." répondit doucement Philippe en regardant autour de lui.
- Dieux que les jours fastes de la venaison me manquent. Combien de seigneurs attendons-nous ?
- Ces jours reviendront, n'ayez crainte mon ami. Dans l'idéal, tous devraient venir. Du moins les onze. Dans les faits, je compte sur trois ou quatre. Mais je pense que le maître de Beltrod sera des nôtres. Nous avons besoin de son soutien."

Comme pour répondre à la demande de Philippe, la porte de l'auberge s'ouvrit à nouveau jetant un sillon de lumière estivale jusqu'à leur table...


Dernière édition par Philippe de Montvif le Dim 20 Mai 2018 - 16:04, édité 1 fois
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Philippe de Montvif
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MessageSujet: Re: A l'unité Velterienne ! [Solo/Entité]   Jeu 17 Mai 2018 - 10:46

Dans un couinement assourdissant, la porte s’ouvrit avec une lenteur exagérée. L’aubergiste ne connaissait-il point l’huile pour les gonds ? Au lieu de s’astiquer le mamelon, il eût mieux fait de gicler quelques gouttes de noir à l’embrasure de la porte. Mais enfin, cette dernière s’ouvrit suffisamment pour laisser entrer huit hommes. Quatre d’entre eux portaient beaux malgré leurs âges avancés. Les trois quarts étaient de solides guerriers, encore bien charpentés et vêtus d’armure de qualité mais portant les traces de nombre de combats. Le dernier était clairement un citadin comme en attestait ses habits de qualité. Les hommes qui les ait accompagnés étaient sans conteste quelques chevaliers aux mines patibulaires et au regard sombre.

Philippe se leva, un sourire sur le visage. Il était étonné de voir ces hommes-là, en particulier le plus important d’entre eux. S’ils n’étaient pour la plupart que de petits seigneurs, le citadin représentait la grande ville de Beltrod. Dernier représentant des grandes cités de Velteroc, le prestige de son titre n’avait ainsi aucun égal. Seuls les cinq marches du comté pouvaient rivaliser en puissance contre lui. Par chance, Montvif et d’Aubourg faisaient partie de cette hiérarchie. Aussi Philippe vint à au représentant de Beltrod et lui serra avec vigueur l’avant-bras avant de saluer de la tête les autres seigneurs.

« Luc de Beltrod, c’est un honneur. J’espérais que vous serez des nôtres. Qui sont-ces hommes qui vous accompagnent ?
– Seigneurs Ganaad de Troïe, Clodoald de Boul et Charles d’Hattin-de-Veltres.
– Voilà qui me rappelle mon fief, souligna Philippe avec un sourire. Prenez donc place, l’aubergiste apporte bière et ragout. Bine que Mirail soit certain d’être servi en viande de rat ! »

Le regard de Beltrod montra qu’il ne pensait pas moins que son confrère d’Aubourg. Néanmoins il prit place avec ses compagnons. Flegmatique, il n’accorda qu’un vague salut aux autres confrères avec de reporter son regard sur Philippe. Ce dernier rassit, mal à l’aise, et attendit. Lorsque tous furent plus ou moins installé, il se décida à prendre la parole. Aussi s’éclaircit-il la gorge et commença les mots qu’il préparait depuis son arrivée.

« Seigneurs de Velteroc, bien que tous ne soient pas représentés en ce jour, je me vois ravi de nous savoir réuni. Vous n’êtes pas sans savoir le mal causé par la guerre en nos terres. La perte du Comte Nimmio cause un vide considérable pour le territoire. Cependant, malgré la défaite infligée par l’ost royal, tout n’est pas perdu. Nous devons montrer un front uni et…
– Ta gueule, petit. »

Le seigneur Gaanad avait prononcé ces quelques mots qui figèrent Philippe.

« Pardon ?
– J’ai dit ta gueule. T’es qu’un parjure. On sait que tu as combattu pour le Roy. Et non le comte.
– Le comte était supposé suivre Bohemond. A la place, il l’a renié et a fondé la Ligue. Vous êtes des hommes honorables et avez suivi vos serments. Je n’en avais prêté nul à Nimmio. J’ai été libre de suivre mon cœur. Pour quel résultat ? Nos terres sont en jachère. Velteroc pourrait bien connaître le sort du Garnaad. Votre loyauté ne peut aller à un homme mort.
– Elle peut. Et elle peut survive à ses descendants. »

Philippe se figea. De Troïe était en train de gâcher avec délectation son discours. Tout d’abord il était surprenant qu’il fût au courant de son choix lors de la précédente guerre. Mais surtout il soulignait un point important. L’existence de branches cadettes de la famille de Velteroc mais également des descendants directs. Cependant, de Montvif s’était préparé à cet argument.

« Croyez-vous vraiment que le Duc d’Erac et la Couronne souhaiteront voir sur le trône un Velteroc ? De toutes manières, Clothaire tout comme Jesbel semblent avoir disparu. Ils peuvent tout aussi bien se trouver en Estrévent que dans une fosse commune.
– Un pieu dans le cul en félons, ajouta Charles d’Hattin.
– Il n’empêche que tu es un traître, Montvif !
– J’ai été fidèle à mon Roy !, s’emporta soudainement Philippe en frappant la table du poing, le regard enflammé. Votre choix était honorable de par vos serments. Mais nos terres sont en jachère, détruites, à feu et à sang. Il n’y a guère que les Dents-de-Veltres et la région qui ont échappé au pillage de l’ost ! La rébellion de Nimmio est terminée.
– Tu n’étais pas aux Champs Pourpres petit ! Tu ne sais rien ! Tu n’as pas connu la gloire de nos victoires ! Puceau que tu es, les jours de fastes de Velteroc te sont inconnus.
– En effet, je n’ai pas connu la gloire ! Mais j’ai vu la guerre suffisamment ! Tu me parles des Champs Pourpres ? J’étais à Valdrant où mon père est tombé. J’étais à Chrystabel où les derniers espoirs de la Ligue ont été effacés de ces terres. Un homme sage a-t-il annoncé qu’il fallait attendre sa venue aux premières lueurs du cinquième jour et qu’à l’aube il fallait regarder à l’est ? Y avez-vous vu les Ancenois s’y aligner et leur chef discourir de quelques mots"

Philippe prit un air faussement pompeux. « Le cor de la Ligue, mes amis, va retentir dans la plaine, une dernière fois ! Voici venue l'heure de tirer l'épée ensemble ! Cruauté réveille-toi ! Qu'importe le courroux, qu'importe la ruine ! Et que l'aube soit rouge ! Pour Nimmio ! Nenni. Il ne s’est jamais passé cela. La révolte a été soufflé par l’ost royal. Une chance reconstruire Velteroc nous est offerte.
– J’imagine que ce sera derrière vous ? Et sous l’égide d’un homme ? demanda calmement de Beltrod.
– Exactement. Mon serment de vassalité ira au Roy et au détenteur du droit sur le comté. Certainement le Duc d’Erac.
– Ce sera sans moi. Je ne m’inclinerai pas face à un traître. »

Sur ces quelques délicats mots, Ganaad se leva et quitta d’un pas lourd l’auberge, suivi du regard par les nobles.

« Ne vous en faites pas, il reviendra. Avec de la chance. Et si nous mangions et buvions en réfléchissant à votre discours ? »

En effet l’aubergiste amenait quelque nourriture appétissante à l’équipée…
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