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 [Cri des Premiers ralliements | Ruines de Yutar ] Sous les gravats

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Lœthwil
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MessageSujet: [Cri des Premiers ralliements | Ruines de Yutar ] Sous les gravats   Jeu 3 Mai 2018 - 1:52


Troisième ennéade de Verimios
Dixième année du Onzième Cycle



C’est une étrange sensation qui faisait battre à l’unisson le cœur des mille. Loin du poumon de la bataille, ils attendaient, arcs bandés, lances et lames en main. Loin du poumon de la bataille, ils n’avaient plus que les rares murmures d’une Symphonie chancelante pour leur porter les nouvelles de leurs frères, de leurs sœurs, de leurs aimés, piégés au sein d’une bataille qu’ils imaginaient sans l’ombre d’un doute apocalyptique. Ruthwentë avait choisi de livrer bataille à un contre dix. Tous avaient une idée de comment, mais aucun ne le savait exactement. Parmi les chasseurs, les mages gardaient le silence, inquiétés de ce qu’un rituel comme celui qu’avait décrit celui qui s’était fait la bannière des ralliements pourrait accomplir sur des lieux aussi sensibles que Yutar.

Les Eldéens ne seraient pas les seuls à y perdre de nombreuses vies. Mais ils seraient ceux qui en perdraient le plus. Restait à espérer que la logistique sylvaine sache éviter aux vôtres de tomber victime de leur propre piège.

- J’en ai assez ! Depuis le temps, il devrait en être venus par dizaines !
- Tais-toi ! Tu vas nous faire repérer.
- Non ! Et puis quoi encore ? Combien de temps est-ce que l’on va rester là à attendre que des fuyards Peaux-de-Suie viennent à notre rencontre ? Pour ce que j’en sais, l’attaque aurait tout aussi bien pu être un échec grandiose !

Un silence aussi pesant que l’eau de toutes les mers s’abattit sur le groupuscule de chasseurs. Les mâchoires pour certaines commencèrent à claquer. De rage. L’idée que du sang elfique ait pu être encore versé, et en vain, leur était inacceptable. Mais que pouvaient-ils imaginer d’autre ? Pas un seul Sombre à des lieues à la ronde. Devaient-ils plutôt imaginer que les Puysards aient été assez stupides pour essuyer une défaite à ce point lourde ?

- Rassemblons les autres ! Retournons à Yutar !

Les regards se tournèrent vers le jeune archer, certains approbateurs, presque soulagés que l’un d’entre eux ait enfin osé crever l’abcès, d’autres accusateurs à la place, préférant s’abandonner à la rêverie, se refusant à s’exposer à une potentiellement funeste vision. Au sein d’un seul groupuscule, les avis divergent, l’unité éclate, les ambitions, les personnalités, les idéaux se font ressentir. Les Ornedhels se dévisagent entre eux.

- Je ne retourne pas là-bas. Que l’on vienne me dire ce qui s’y est passé, mais je refuse de le voir de mes yeux tant que je ne serai pas sûr qu’il y a de bonnes nouvelles.
- Pareil pour moi, je préfère regagner le camp des berges.
- Dans ce cas-là préparez-vous à accueillir de potentiels blessés.





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- Qu’est-ce que…

Les yeux du jeune archer s’écarquillèrent, incrédules. Alors c’était ça, l’effet de la Pierre de Yutar sur la magie ? La brise soufflait les poussières qu’étaient à présent les tours effondrées et soulevait l’odeur du sang et des chairs brûlée, à peine étouffée par la gangue de débris. Il n’était pas le premier sur place. Il n’était pas le premier à s’être figé devant le triste spectacle. Il ne serait pas le dernier. L’un après l’autre, les sourcils se lèvent, les yeux s’humectent, les fronts se plissent… et quelques sourires naissent. Les Ornedhels sont partagés. Certains incroyablement déçus, certains tout bonnement terrifiés, d’autres se bâffrant d’un sentiment d’exécutée justice. Un murmure naît au sein de la colonne d’elfes, porté par les arbres loin dans l’Annon, répété et déformé jusqu’aux berges de l’Uraal. Que qui sache écouter comprenne que Yutar est tombée à grand prix.

- Assez !

Une voix puissante se soulève d’entre les elfes, et les yeux de ceux aux oreilles desquels elle venait de vibrer se soulèvent tout aussi haut. Plus d’une tête au-dessus de la majeure partie de la foule vogue le visage de Velicënor, le colosse, Chef guerrier de la Lin’Serindë.

- Maintenant n’est pas le moment de se poser des questions ! Nous avons des morts et des blessés sur ce champ de bataille. Vous déciderez quoi penser lorsque nous nous serons occupé des nôtres !

Compter. Compter était la partie la plus terrible. Une main ne suffirait pas. Deux mains ne suffiraient pas. Deux mains de mains face à un miroir et là seulement les chiffres s’approchaient de la vérité. S’approchaient seulement, parce qu’il aurait encore fallu quelques couples de doigts… mais pouvaient-ils réellement se plaindre.

Les Drows y avaient perdu tellement plus.

Les sourcils froncés, Velicënor guidait, attribuait les blessés à porteurs selon leurs corpulences, mais Velicënor cherchait. Parmi les corps, l’un appartenait à celui qui fut comme son fils durant un siècle entier. Parmi les corps se trouvait celui du premier responsable de ce massacre, et bien qu’il soit loin de se réjouir des conséquences, il espérait que leur instigateur soit en vie, ne serait-ce que pour les assumer lui-même. Le Chef Guerrier de la Lin’Serindë ne pleurerait pas les Drows. Les Drows lui avaient déjà trop pris. Il s’autoriserait cependant à prier que leurs Souffles, après une existence de tourmente, victimes de Dieux impies, finisse par trouver apaisement. Les choses n’étaient peut-être pas idéales, mais elles étaient mieux ainsi qu’elles ne le furent avant.

- La magie est un art le colosse prit Ruthwentë contre lui, avant de prendre la route du camp Combattre est un art… mais ça… ça… je t’ai connu peignant de plus beaux tableaux Lœthwil.

Les yeux humides de Velicënor se posèrent lourdement sur les Ornedhels en pleurs, forcés de faire cérémonie hâtive d’embaumement d’êtres aimés. Par-ci on quémandait un pépin, une graine, un fruit, n’importe quoi, pour ne pas avoir la sensation que les vies aient été données en vain, comme si les combats n’avaient jamais existé. Par-là on se prenait les mains, et on se mordait la langue à prier trop vite, parce que l’on ne savait pas quoi faire passer en premier entre le repos du mort et le mince espoir de guérir le blessé.

Mais c’était pour le mieux. Tout cela était pour le mieux.

Les clans avaient répondu à l’appel, et l’appel avait versé le sang.

Il y eut une bataille, il y eut des sacrifices, mais il y eut une victoire. Pour l’Anaëh.

Tout cela était pour le mieux.

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Anorn : J'aimerais pas me la prendre je crois
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