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 L'ami de ta femme

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Aymeric de Brochant
Humain
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MessageSujet: L'ami de ta femme   Lun 28 Mai 2018 - 19:03


3ème jour de la 4ème énéade de Verimios, 10ème année du 11ème cycle.

La nuit s'était affalée pesamment sur la riante cité de Diantra. Aux premiers jours d'occupations, teintés par quelque pillerie malheureuse, s'étaient succédées plusieurs énéades de calme relatif dans la capitale. Les ost s'y étaient installés, prenant leurs aises dans cette grande coquille à moitié vide qu'était la cité aux cinq-cent-soixante-quinze tours - quoique depuis le temps, le compte devait être faux. La ville était devenue un véritable camp fortifié, rempli jusqu'à la gueule de troupes nordiennes. Les bordels retrouvaient leur vigueur, les tavernes aussi. Aux troupiers avaient échu les masures et aux capitaines les hôtels particuliers.

C'était pour l'un de ceux-ci que le marquis de Serramire quitta le sien - rien de moins que le Fort de la Vaillance -, dès le soir venu. Cela faisait deux jours que notre héros s'était fait élire par ses compères du Nord à la Régence du Royaume ; il n'avait qu'entrepris timidement de déplacer dès lors ses quartiers d'un château à un autre, de troquer son imprenable redoute pour les halls plus cossus du palais royal. En nordien du plus bon aloi, l'homme croyait dur comme ferme en l'emprise de troupes loyales comme condition sine qua none du contrôle du pouvoir ; le fort, sa prise de guerre, il ne la relâcherait pas de sitôt.

Mais qu'importe les demeures d'Aymeric, puisque l'homme se rendait, escorté par une copieuse garde de nordiens, revêtus du tabard au Baudrier d'Argent, vers celle d'un autre. Après une demi-heure, le marquis se porta en effet au devant d'une belle bâtisse, une de ces puissantes maison de commerce qu'un bourgeois avait fait autrefois édifier tant pour son office que pour son gîte, en des temps où la roture prospérait à Diantra. Aujourd'hui, c'était un tout autre genre d'hommes qui y résidait : moult chevaliers, nombre de capitaines, tous venus du Berthildois. Les hommes du marquis lui avait appris que le jeune Louis, pour entrecouper ses assiduités à l'hôtel d'Alonna, résidait céans.

L'irruption du marquis dut assurément faire forte impression ; débarquant à l'improviste, Aymeric, sans s'être annoncé, investit l'endroit accompagné de ses gardes, au grand dam d'un portier dépassé par l'évènement. Pénétrant dans une grand salle où nombre de preux festoyaient, le Régent intima, quoiqu'il ne l'eut demandé, un silence général. « Le marquis de Serramire, Aymeric de Brochant, Régent du Royaume des Hommes! » s'époumona un des nouveaux Baudriers d'Argent à la faveur du calme soudain, sans qu'on ne le lui eut rien ordonné. « Là, là! Je ne suis point ici au nom du Roy! lança alors un Aymeric paterne, se portant au devant du jeune cerf attablé. Festoyez! C'est en tant qu'ami que je viens » Le sourire aux lèvres, il embrassa Louis, qui s'était levé entre temps. « Car c'est ce que nous sommes toujours, Louis, n'est-ce pas ? »

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Louis de Saint-Aimé
Humain
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MessageSujet: Re: L'ami de ta femme   Mar 29 Mai 2018 - 20:25




« Que l’on cesse de pignocher! Ripaillez mes seigneurs, car cette soirée est vôtre! »

Exhorta le cerf en brandissant un cuissot de poularde dans le creux de sa patte. À cette simplette harangue, les aboiements fusèrent, secouant tables et couverts sous leurs pesantes acclamations du pied et des poings claqués sur les tables. Le concile ajourné, leur destin guère encore scellé par les décisions qui était supposées en découler, le Berthildois s’accorda un temps de repos franchement mérité ; où ripaille et excès furent au menu. Si leur séjour à Diantra dut se prolonger d’avantage, ils décidèrent de faire de ces appartements les leurs et d’en abuser à outrance, comme ils l’auraient fait au retour de leur campagne. Ainsi s’accordèrent-ils enfin un peu d’abondance, mordioux! Poulardes, bovines et autres barbaques cuites à point débordèrent de sur la table, n’en laissant que pour certains suffisamment d’espace pour y déposer leurs godets de jus!

« Que fêtons-nous, Louis! Dis-moi! » Lui demanda sans autres ambages l’un de ses chevaliers possédant à peu près le même âge que son Suzerain.

« Eh bien mon ami, nous célébrons la fin de toute cette chiasse! As-tu seulement bu ton saoul depuis que nous nous sommes posés à Diantra? Eh bien, moi non. » Il marqua une pause, s’envoyant une gorgée pour s’humecter le gosier. « Et si tu veux mon avis, elles me semblèrent moins chargées, les journées passées au front, m’est d’avis. Alors bois! Bois pendant qu’il en reste et cesse de te tourmenter. C’est ton Régent qui te l’ordonne! » Surenchéchit Louis, tout en accordant une talmouse à l’épaule de son voisin.

Et c’est ainsi que se déroula la bombance! Toute en musicaille, en abondance et flot d’alcool et même, en excès de virilité! Là! Le voilà notre nord chéri, auquel nous étions si fièrement rattachés avant que ne vienne la guerre ; que le moral des troupes dépérisse au même rythme que les malades et autres estropiés au combat. Tandis que l’ambiance s’affairait à atteindre son climax, une venue inopinée survint et coupa l’herbe sous le nez à cet entrain de franche-camaraderie. On annonça haut et fort la venue du Régent du Royaume et à son arrivée, nombreux furent ceux qui abaissèrent les yeux vers le fond de leur godet dans une houleuse marque de respect. Quant à Louis, qui essuya sa patte graisseuse sur le rebord de ses braies, se redressa de tout son long pour accueillir son homologue.

Ami, dit-il! À ce point, il ne sut réellement s’ils l’étaient toujours. L’âpreté de leur dernière rencontre refit surface en son palais, chassant le bon goût du gras et de la viande cuite. Ajoutez à cela sa brillante absence à la prise de Diantra … Il se pouvait qu’encore survive une amitié entre les deux, certes. Mais qui criait à l’aide et demandait que l’on s’occupe d’elle. Maintenant que le corbeau était devenu Régent, le traiterait-il seulement comme son égal, comme il tâcha à l’époque de le faire – ou sembla le prétendre- ?


« Nous le sommes assurément! » Dit-il après lui avoir serrer la main en homme, d’une poignée qui faisait montre de sa franchise. « Faites sortir des fours du lardon pour notre Régent! Et emportez de quoi l’abreuver céans! Je n’ai guère souvenance que nous soyons au pays de la soif! » Ajouta le cerf gaillardement, tout en intimant du regard que l’on libère un fauteuil à ses côtés.

« Vous êtes ici chez vous, Aymeric. » Avec l’obtention d’un pareil titre que la Régence du Royaume, Louis ne pouvait désormais adhérer aux familiarités avec son invité comme il le fit jadis.


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