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 Quand on doit inspecter la came [ Rod et Éléonore ]

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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Quand on doit inspecter la came [ Rod et Éléonore ]   Mar 29 Mai 2018 - 22:53




Quoi qu’on en dise, Diantra, malgré l’absence de son lustre d’antan, n’avait rien à envier aux paysages mornes et prostrés des campements militaires. C’est pourtant là que notre bon Suzerain emporta sa jeune sœur, curieuse de voir de ses propres bourgeons l’endroit où vécu son frère tout le long de cette interminable campagne. Ainsi, à leur arrivée, maintenant que les derniers coups d’acier furent portés, un protocole de bienséance plus ampoulé regagna le campement, intimant aux soudards de s’incliner bien bas devant eux. Têtes abaissées, révérences exagérées, de primes abords, même les plus pouilleux des bleusailles ne surent s’esquiver à ces barbantes directives. En périphérie de Diantra la capitale, moult commodités et permissions furent octroyés aux troupes, de sorte à en améliorer leur séjour en dehors des murailles. Des visites quotidiennes dans la cité, l’accès aux bassines pour se curer les doigts de pieds, de plus généreuses rations et même, pour certains, l’avancement de leurs salaires afin qu’ils puissent renflouer leurs gibernes aux dépends de leurs roubignoles qu’ils se feront grand plaisir de vider! Hélas la pauvrette ne verrait jamais en totalité les affres de la campagne, mais désormais, elle avait les outils pour les imaginer.

« Compte-toi chanceuse, c’est jour de bain ce jourd’hui, m’a-t-on dit. Ça empeste à moitié qu’hier. C’est pire en jour d’humidité … » S’imaginant d’ores et déjà la grimace de sa cadette, ses lèvres s’étirèrent en un sourire moqueur, une patte venant se poser à son dos comme pour la gratifier d’une caresse affectueuse.

« Au moins m’ais-je toujours senti comme à la maison. À défaut de t’avoir toi, ces soudards, ces affreux briscards même, m’ont fait montre d’un tel respect que je me suis de suite considéré comme l’un des leurs, ceci même malgré le rapport d’autorité. » Affirma le jeune cerf, tout en saluant le porteur d’une lance d’arme surdimensionnée.

Après de longues minutes à arpenter aléatoirement les dédales du campement, leur petite marche de fortune trouva son arrivée devant une tente qui par sa stature, la qualité de ses toiles et sa vaste étendue, laissait entendre le nom de son propriétaire. Chassant les pans de la porte d’entrée d’un revers de la main, Louis écarta les pesants draps pour qu’icelle puisse entrer la première. De suite, la belle Berthildoise put oublier tout ce qu’elle vit tantôt, maintenant qu’elle se sut dans le plus luxueux des appartements environnants.


« Te voilà chez-moi! Et comme convenu … » Louis emboîta le pas vers une alcôve qui donnait vers un dépôt de coffrets et d’armoires. « J’y ai fait transporter ta toilette, pour que tu puisses à ta convenance te vêtir pour la rencontre avec le Chancelier. Ta camériste préférée aussi, ne devrait plus tarder à arriver. » Louis s’approcha de sa cadette qu’il admira un moment dans les yeux, avant de pincer un sourire moins avenant qu’à l’habitude, comme s’il s’apprêtait à livrer une vulgaire marchandise à un homme qui l’avait acheté à bon prix.

« Je m’en reviens de suite, je serai preste. » Et il quitta après lui avoir baisé les joues, s’en allant quérir sa monture pour l’enfourcher d’un bon, le pied dans l’étrier droit. Il talonna tout doucement son palefroi, pour que d’un trot léger il gagne l’extrême opposé du campement, d’où il devina l’arrivée imminente de Roderik, alors qu’il voyait au loin quelques hommes cheminer de Diantra en convois.

« Monsieur le Chancelier ; bienvenue chez vous. » Dit-il à l’encontre de Roderik, alors qu’il intima son canasson d’approcher le sien d’un coup de talon aux flancs et ainsi, de pouvoir lui empoigner l’avant-bras d’homme à homme. « Ce campement vous est peut-être inconnu, mais si nous chevauchons suffisamment lointain, vous y reconnaîtrez bien quelques bouilles assurément. » Arétria n’était pas bien loin ; collée sur le campement principal du Berthildois, seule une rangée de tente esseulée séparait la frontière et si de fortune le Chancelier désira faire acte de présence, le moment serait d’or.

« Ma sœur vous attend dans mes appartements. »

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Roderik de Wenden
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MessageSujet: Re: Quand on doit inspecter la came [ Rod et Éléonore ]   Mer 30 Mai 2018 - 17:14


Côté arétan, le campement flairait bon la rumeur d'un départ prochain ; cela pouvait expliquer le laisser-aller latent qui s'imposait dans les allées. Les plus innocents jouaient aux cartes, la plupart s'enivraient jour et nuit. Tout bon seigneur sait pourtant que l'oisiveté est le fléau de l'homme de guerre ; mais après plusieurs ennéades passées à camper aux abords de Diantra, sachant la lutte achevée et que l'on ne combattrait probablement plus, on s'ennuyait ferme. L'homme désoeuvré, muré dans son immobilisme et conscient de ce qu'il est inutile, s'abandonne aux affres du laisser-aller. Ne pouvant plus négliger ses devoirs car il n'en a plus aucun, il néglige sa personne. Il ne s'entretient plus, il se ramollit ; il ne s'alimente plus, il s'empiffre ; il ne boit plus, il se saoule ; il ne se lave plus, il s'encrasse, et ne se soucie plus de son apparence. En découlait cette masse de soudards hirsutes qui occupait l'espace jouxtant le camp berthildois. Une vision si humiliante de son peuple en un jour comme celui-ci n'aurait pas manqué de provoquer la fureur de Roderik, si seulement il l'avait vue.

Car le Chancelier, s'il s'était entretenu au palais avec son sénéchal Arnaud de Stern, n'était toujours pas venu visiter ses troupes. Le comte était pourtant dans tous les esprits ; lui qu'on croyait mort noyé quelques mois plus tôt passait encore pour une sorte de revenant, et si certains se réjouissaient bruyamment de son retour, clamant qu'ils avaient toujours su qu'il reviendrait, beaucoup restaient circonspects. La rumeur attribuait son soudain retour à l'influence même de Tyra, ou Néera, ou les deux ; la chose alimentait les conversations superstitieuses, et cela avait au moins le mérite de tirer les Arétans de leur torpeur. Peut-être était-ce pour mieux les laisser mûrir ce mystère que le comte tardait à rejoindre ses hommes.

Ce jour où il se rendit au camp de guerre, la personne qui requérait son attention n'était pas arétane. Le puissant destrier qu'il montait le conduisit côté berthildois. Parvenant à la hauteur de celui qui deviendrait probablement son beau-frère, et probablement aussi son suzerain, Roderik s'arrêta et ferma la poigne autour de l'avant-bras de Louis. Ce salut viril échangé, Louis n'affecta pas la familiarité avec-laquelle les deux hommes avaient négocié leur alliance ; rompant avec le tutoiement, le jeune faon choisit de vouvoyer le Chancelier en public, et ce dernier en fit autant. « C'est bon de vous voir, Louis », lança tranquillement Roderik. Il allait ajouter qu'il était impatient de rencontrer Eléonore, mais il craignit qu'un tel empressement ne soit perçu comme un commentaire grivois plutôt qu'un signe d'intérêt poli.

Le Chancelier, à la différence des gorets qui composaient son armée, était fort beau. Ses longs cheveux noirs étaient libres, mais coiffés et rejetés en arrière, et sa barbe était finement taillée. Vêtu d'une tunique de velours pourpre, avec le cheval cabré de Wenden tissé de fils d'or, il arborait à l'index gauche la chevalière de la Grande Chancellerie du Royaume, laquelle brillait d'un éclat discret sous le soleil de Diantra. L'on assurait au sujet de celle-ci que c'était l'authentique et qu'elle n'avait jamais disparu en mer, ce que Roderik ne démentait jamais.

« Est-ce donc là les appartements de votre soeur ? » s'étonna-t-il à mesure qu'ils pénétraient dans le campement. Qu'Eléonore de Saint-Aimé ait choisi de coucher sous une tente de soldat plutôt que dans quelque bicoque cossue de la capitale n'avait rien anodin. Roderik fut alors saisi d'effroi : et si, à l'image de sa soeur Aliénor, Eléonore était elle aussi une espèce de garçon manqué ? Néera, faites qu'elle ne tienne pas l'épée et ne porte pas les cheveux courts, supplia Roderik en son for intérieur.
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Eléonore de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Quand on doit inspecter la came [ Rod et Éléonore ]   Ven 15 Juin 2018 - 15:02

Le changement d’ambiance n’était pas pour la ravir. Elle se plaisait au sein de la capitale mais n’avait jamais souhaitée mettre un pied sur les campements. La seule chose qu’elle pouvait y apprécier était de découvrir par ce biais l’environnement dans lequel avait vécu son frère ces derniers temps. Mais elle même ne l’avait pas accompagnée, non seulement parce qu’elle n’aurait pas été utile pour un sou, aussi parce qu’elle n’était pas faite pour cette vie. Eléonore était une véritable dame de la noblesse, ni plus ni moins. Elle était raffinée et élégante, deux choses qui ne s’inscrivaient absolument pas dans ce cadre. Alors quand Louis lui dit avoir déménagé toutes ses toilettes ici, en ayant fait venir sa meilleure camériste, elle fit la moue. Il n’était pas difficile de voir combien le campement l’agaçait, bien qu’une fois passé la porte de la tente elle puisse retrouver un peu de confort.

- Je ne me demande plus, si seulement je me demandais, comment tu pouvais être si sale et si mal soigné à nos retrouvailles. Pourquoi doit-on nous rencontrer ici ? Tu veux d’ores et déjà qu’il se pique sur ta sœur ?

Elle savait bien que ce n’était pas vraiment possible autrement. Elle ne lui reprochait rien mais le prévenait plutôt : elle n’était pas dans ses meilleures dispositions.

- Ne le sois pas trop, que j’ai le temps de me rafraîchir.

C’était jour de bain et pourtant une odeur désagréable semblait s’être incrustée dans ses tissus. Elle se demandait même si elle réussirait à l’enlever un jour et envisagea tristement l’éventualité de devoir la jeter. Claquant des doigts pour attirer l’attention de sa camériste, elle lui demanda de lui repeigner les cheveux et d’arranger son maquillage. Elle vérifia par la même occasion que ses bijoux n’avaient pas perdu de leur éclat, sait-on jamais l’air ambiant aurait pu les ternir, et réajusta le corset de sa robe. On le lui resserra ensuite et c’est ce moment qu’on choisit pour introduire celui qui serait son nouveau promis. Se raclant discrètement la gorge, elle afficha un sourire de convenance et salua ce dernier.

- Votre Grandeur, ravie de vous rencontrer. Pardonnez-moi d’avance pour le cadre, la curiosité est à n’en point douter un bien vilain défaut. Puis-je vous offrir un rafraîchissement ?

La chaleur était assez étouffante et ici tout était légèrement moite. Bien que les appartements de Louis l’éloignent un peu de la réalité du campement, ils ne pouvaient lui faire tout oublier. Elle savait pertinemment où elle était et elle ne souhaitait pas y demeurer plus longtemps. Sur le meuble vers lequel elle s’était tournée reposaient trois carafes, une d’alcool ambré, une d’alcool clair et la dernière n’était autre que sa boisson favorite par ces temps ci. Elle ne se départait plus de son infusion à base de plante, qu’elle faisait ensuite sucrer puis rafraîchir autant que possible. C’était actuellement tout ce qui lui faisait de l’oeil et tout ce dont elle avait besoin pour entamer une discussion avec son promis. Au moins avait-il l’air plus distrayant et moins rabat-joie que son prédécesseur.
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