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 Pour l'heure du thé [Renaud]

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Tibéria de Soltariel
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MessageSujet: Pour l'heure du thé [Renaud]   Lun 4 Juin 2018 - 22:52


Jour 1
Première ennéade de Karfias

Tibéria avait fait le voyage de Soltariel à Diantra, mais elle ne le ferait pas en sens inverse. Elle était donc coincée dans la capitale en attendant la naissance de l’enfant ainsi que le procès. Une petite voix dans sa tête lui disait qu’elle ne verrait plus jamais la citée aux mille canaux, mais elle refusait de l’écouter. Rien n’était joué encore, tout était possible et sa dernière rencontre avec les Vrais Soltarii l’avait convaincue qu’ils n’avaient rien de solide contre elle. Ils jouaient leurs terres et leur réputation comme s’ils n’avaient rien à perdre. Soit ils étaient idiots, soit ils savaient quelque chose que la jeune femme ignorait. Quoi qu’il en soit, Tibéria savait déjà ce qu’elle ferait d’eux le jour où elle reviendrait triomphante. Les canaux de Soltariel se teindraient du rouge de leur sang. Puis même si elle devait abdiquer, l’honneur de la famille exigerait une vengeance de sa part. Ainsi, peu importe l’issu pour Tibéria, leur victoire ne serait que de courte durée.

En attendant ce moment, elle devait trouver le moyen d’occuper ses jours, car impossible pour Tibéria de rester oisive. Malgré son état et la fatigue qui s’accumulait, elle multipliait les sorties et les rencontres plus ou moins officielles. Ses appuis solides n’étaient pas aussi nombreux qu’elle l’aurait espéré, mais elle ne les négligeait pas et la maison bourdonnait d’activités, la cour s’étant vraisemblablement déplacée de Soltariel à Diantra en laissant les voix discordantes derrières. Ce n’était pas son intention au départ, mais la place à être était définitivement Diantra et plusieurs nobles avaient fait le voyage. Tibéria allait certainement continuer ainsi aussi longtemps que sa santé le permettait si Hernando, sa tante Octavia, Cassio ainsi que quelques membres de sa suite n’avaient pas fait front commun en la menaçant de l’attacher ou de la faire enfermer si elle ne se reposait pas. Ils la voyaient à nouveau dépérir au moment le plus critique de sa grossesse. Avait-elle fait un vœu de suicide? Devant leur insistance, Tibéria accepta de les écouter. C’est ainsi qu’elle se retrouva confinée dans le salon avec pour seules distractions des ouvrages de broderies, de la lecture ainsi que quelques visites de courtoisies de dames venues discuter des deux premiers points ainsi que des joies de la maternité. Elles s’extasiaient sur tout ce que leurs précieuses progénitures faisaient et Tibéria n’osa pas leur révéler qu’elle ne souhaitait qu’une seule chose : se débarrasser de ce bébé et ne plus jamais le revoir de son vivant. Elle le haïssait plus que toute autre chose en ce monde. Chaque fibre de son corps rejetait cette chose qu’elle souhaitait même voir mourir. Elle le voyait comme le grand responsable de tous ses problèmes, convaincue que sans lui, rien de tout cela ne serait arrivé.

Naturellement, elle finit par s’ennuyer. Elle en avait assez des sourires artificiels et de répondre que tout allait bien à chaque fois qu’on lui posait la question. Tibéria ne bernait personne à l’intérieur de son cercle intime. On se demandait même quand la jeune femme finirait par forcer la porte de ce salon pour demander mille et une audiences avec quiconque accepterait de la recevoir. Or, Tibéria était largement sur le point d’accoucher ce qui rendait les déplacements difficiles. Elle se saisit donc d’une plume et d’un bout de parchemin. Jusqu’à présent, elle avait rencontré Roderik le chancelier, puis Aymeric devenu le nouveau régent, qui d’autres parmi les pairs du royaume étaient susceptible de vouloir la rencontrer. Parmi eux, il y avait un homme avec qui elle n’avait jamais eu aucun contact que ce soit en personne ou par l’intermédiaire d’un ambassadeur, le jeune duc Renaud d’Erac. Elle voulait le rencontrer pour se faire une idée, peut-être l’amadouer d’une façon ou d’une autre, mais Tibéria savait qu’il avait rencontré Franco. Cet homme pourrait peut-être lui révéler certaines choses à propos de son très secret époux traître à la couronne.


Jour 7
8ème ennéade de Vérimios

À Renaud d’Erac, duc d’Erac

Altesse,

Pardonnez le ton direct de cette invitation, mais je vous ai aperçu lors de la cérémonie d’hommage et je regrette que nous n’ayons pas eu l’occasion de discuter ensemble. Il me semble même que nous n’avons jamais eu la chance de nous rencontrer. Toutefois, je sais que vous avez connu Franco di Celini et c’est pour cela que je souhaiterai vous rencontrer. Vous êtes sans doute déjà au courant de la situation actuelle à Soltariel et vous détenez peut-être, sans le savoir, quelques éléments qui apporteront une lumière nouvelle sur les événements. Je vous invite donc à la Maison Soltarii dès que vos obligations vous le permettront. Sachez toutefois qu’au vu de ma condition et au terme imminent de ma grossesse, il serait préférable de ne pas trop attendre. Je pourrais me retrouver dans l’incapacité de vous recevoir.

Je vous remercie d’accepter cette invitation.

Que les Cinqs vous gardent.

Tibéria de Soltariel, Duchesse de Soltariel



Afin d’envoyer la lettre, Tibéria du donner une coquette somme d’argent afin que le messager garde sa bouche fermée. Une fois le duc sur le seuil de sa porte, personne n’oserait le renvoyer… En espérant qu’il se présente avant l’accouchement!
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Renaud d'Erac
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MessageSujet: Re: Pour l'heure du thé [Renaud]   Mar 5 Juin 2018 - 6:37


Renaud s'activait comme il le pouvait pour faire briller sa maison, et son duché, à Diantra. Il était un brin maladroit du fait de son inexpérience politique, et alors qu'il se serait cru à l'aise, il se retrouvait à nager entre des requins, tous plus avide les uns que les autres. Alors naturellement, lui aussi l'était (avide), bien que ce soit plutôt de la reconnaissance qu'il recherchait. L'hommage s'était bien passé, peut être que la couronne allait retrouver enfin une aura, représentée par Aymeric et Roderik, deux hommes puissants, et aussi rusés qu'il le fallait. Secrètement, Renaud les espionnait, non de celui d'un homme à la recherche d'informations, bien que cela lui conviendrait aussi, mais plutôt comme un enfant observant attentivement un mentor. Il se devait d'apprendre rapidement s'il ne voulait pas faire une bévue qui serait lourde de conséquences.

Un jour qu'il était en train d'écrire à ses conseillers restés à Erac, Ernest vint lui apporter un courrier qu'un messager venait de déposer. Il s'agissait d'une lettre portant le sceau de Soltariel. Le Duc l'ouvrit, et il en parcourut les lignes. Il savait que Franco avait disparu, et il avait apprit tout ce que l'on reprochait au couple ducal, il ne fut donc pas surpris de constater qu'il s'agissait de l'épouse de ce dernier qui avait couché les lignes recouvrant le parchemin. Il n'avait guère d'information à lui donner sur son époux, mais la rencontre valait la peine, il était toujours bon de rencontrer des pairs, et ne pas se les aliéner. Il se rappelait aussi une rencontre avec la Comtesse de Sybrondil, et se demanda si toutes les sudistes étaient belles. Il avait des choses à faire, et ne pouvait donc pas l'honorer de sa présence immédiatement, même s'il avait relevé le caractère d'urgence en raison de son accouchement imminent. Il avait donc répondu en expliquant qu'il serait heureux de la rencontrer, mais qu'il ne pourrait pas avant la premier jour du mois suivant. Il ne savait pas que sa lettre pourrait faire rejaillir un conflit entre la Duchesse, et ses proches.

C'est donc un peu plus d'une ennéade plus tard qu'il se retrouvait devant la porte de la Maison Soltarii. On l'introduisit à l'intérieur avant de le faire patienter un peu, puis il pénétra dans un salon ou se trouvait la Duchesse. C'était la première fois qu'il la voyait, et il ne put que constater la beauté de celle-ci. La couleur de sa peau trahissait son appartenance au sud, et la ou les nordiques étaient plutôt blancs, elle avait une peau dorée. Elle était donc très belle, enfin si l'on écartait le ventre rebondit qu'elle arborait en raison de sa grossesse. Elle était naturellement assise, voir couchée, sa condition ne lui permettant sans aucun doute plus trop de mouvement.

"Votre Altesse"

Tout en la saluant, il s'approcha rapidement pour lui éviter de se relever, et il lui baisa la main

"Je suis heureux de faire enfin votre connaissance, j'espère que ma visite un peu tardive vous convient, sinon, nous pouvons remettre notre rencontre aux vus de votre condition"

Il ne connaissait rien de rien à la grossesse, et il ne savait donc pas si Tibéria pouvait tenir cette rencontre, ou si elle préférait rester seule pour le temps qu'il lui restait avant l'accouchement
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Tibéria de Soltariel
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MessageSujet: Re: Pour l'heure du thé [Renaud]   Mer 6 Juin 2018 - 1:33


Une réponse arriva et Tibéria se demanda si elle n’avait pas trop attendu avant de le contacter. Ça n’aurait probablement rien changé, mais elle espérait pouvoir le recevoir. Elle annonça la visite du duc et reçu des réactions mitigées, comme elle s’y attendait. Ils n’étaient pas contre elle, ils tentaient de la protéger pour qu’elle puisse prendre le repos largement nécessaire avant la naissance de l’enfant. Rien à faire, Tibéria refusait d’arrêter. « Resteriez-vous les bras croisés si on menaçait de vous arracher tout ce que vous avez!? » Même Hernando ne trouva rien à dire. « Et puis si jamais il arrive au moment où j’accouche, il pourra toujours attraper le bébé au vol! En attendant, je vous demande de lui offrir un accueil digne des Soltarii. » La discussion s’arrêta là et la vie reprit son cours.

Le jour venu, ils étaient prêts… Enfin, autant qu’ils puissent l’être dans une ville à moitié en ruine et peu de moyens à leur disposition. Renaud aura droit à la meilleure bouteille de vin en réserve et s’il acceptait de rester à manger, il pourrait savourer les miracles que la cuisinière peut faire avec du poulet, des carottes, des pommes de terre, un peu de beurre et des herbes fraîches. Naturellement, elle était assise, mais lorsqu’elle tenta de se lever pour l’accueillir, le duc la prit de vitesse en lui baisant la main. Elle en profita pour l’observer de plus près. Renaud d’Erac était un bel homme, mais ça, elle l’avait déjà remarqué lorsque de la cérémonie d’hommage. Vu de près, il semblait très jeune, mais la différence d’âge entre eux devait être minime. Tibéria ne connaissait pas grand-chose sur lui, sauf qu’il avait aussi quelques ennuis avec ses terres, mais rien de la même ampleur de ce qu’elle vivait. « Altesse, même si je sais que plusieurs dans cette maisonnée seraient parfaitement d’accord pour remettre cette entrevue, je vous assure que je vais très bien et que je suis heureuse de vous rencontrer enfin. » Elle lui offrit son plus charmant sourire et l’invita à s’asseoir dans le fauteuil en face du sien. Au même instant, Cassio entra avec un plateau de rafraîchissements qu’il posa sur le guéridon. Il servit une infusion à Tibéria et versa une coupe au duc avant de disparaître aussi silencieusement qu’il était apparu.

« J’ai craint pendant un instant que vous refuseriez cette entrevue. Ma lettre a été plutôt claire quant à mes intentions en vous faisant venir ici. Vous êtes l’un des rares à avoir fait affaire avec Franco à l’extérieur du duché. J’aurais également aimé parler avec Ernest de Missède, mais l’homme n’a plus donné de nouvelles… Même si vous ne savez pas grand-chose, les détails les plus insignifiants peuvent avoir leur importance lorsqu’ils sont remis dans leur contexte. Franco di Celini était un homme très secret et plusieurs de ses proches collaborateurs veulent maintenant ma tête sur une pique après avoir été bernés par leur propre marionnette comme si j’étais la responsable de ses agissements. Je ne crois pas qu’on puisse vraiment m’en vouloir de désirer faire la lumière sur cette histoire. » Tibéria n’avait pas de temps à perdre à douces paroles. Elle parlait calmement avec l’assurance d’une femme qui sait ce qu’elle veut. Surtout, Tibéria fixait le duc dans les yeux sans sourciller comme si elle essayait de cerner la personne qui se tenait devant elle.
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Renaud d'Erac
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MessageSujet: Re: Pour l'heure du thé [Renaud]   Mer 6 Juin 2018 - 7:17

Une fois de plus, Renaud avait noté que la Duchesse de Soltariel était jeune. Malgré sa grossesse, l'on voyait parfaitement qu'elle n'était pas des plus vieilles. La péninsule était dans une aire de renouvellement, entre Louis, Tibéria, Linaëlle, et Renaud, c'était une génération bébé pour les anciens qu'étaient Aymeric, ou même Gaston. Cela faisait tout de même quatre pairs qui avaient tout juste la vingtaine, et même moins pour la très jeune Duchesse de Langehack. Cela permettrait il au Royaume d'ouvrir une nouvelle ère, moins riche en guerre, ceux-ci n'ayant aucun grief les uns contre les autres, du moins pour l'instant. Une période de paix serait la bienvenue pour que la prospérité ne revienne en ces terres. Renaud, pour sa part, n'avait aucune ambition belliqueuse à l'encontre des terres qui n'étaient pas les siennes, et il espérait pouvoir entretenir des relations cordiales avec ses égaux, voir même plus si ceux-ci se montraient des plus amicaux. Il se méfiait toutefois comme d'une guigne la possibilité de se faire berner, et il restait vigilant.

La situation du sud, entre Ydril qui était envahit, et Soltariel dans la tourmente, avec le duché sous tutelle, était plutôt préoccupante. Renaud n'oubliait pas non plus que Tibéria devrait normalement passer en jugement, et qu'il ferait partit des "juges" en qualité de pair. Il avait conversé avec Victoria, la Comtesse de Sybrondil, quelques ennéades auparavant, et maintenant, il comptait avoir la seconde version. Il avait répondu à l'invitation, en ayant bien lu ce qu'elle attendait de lui, mais il était surtout pour poser des questions.

Mais chaque chose en son temps, il prit place en face de la Duchesse, et l'écouta dire qu'elle pouvait parfaitement tenir cet entretien. Il lui rendit son sourire, usant lui aussi de tout son charme. Le but était de la mettre à l'aise, afin qu'elle soit en confiance, et éviter de la refermer sur elle même

"Fort bien, comme je vous l'ai dis, je suis moi même très heureux de pouvoir converser avec vous directement, en tête à tête. Je pense que la rencontre entre pairs du Royaume est une bonne chose. Apprendre à mieux nous connaitre peut créer des liens pouvant éviter certaines situations....délicates"

Il attendit ensuite qu'elle reprenne. Et alors qu'il s'attendait à débuter sur des banalités, et tourner autour du pot avant de lancer le vif du sujet. Que nenni, elle attaqua directement. La question était de savoir si elle jouait les victime, ou si elle était au courant, et tentait de faire croire le contraire

"Je ne vois aucune raison qui aurait pu m'amener à refuser votre invitation. C'est un plaisir, et je ne vous cache pas que j'aimerais vous demander certaines choses par la suite. Mais revenons à vos questionnements. Malheureusement, je ne pense pas pouvoir vous dire grand chose qui pourrait vous aider dans votre quête de réponses. J'étais venu voir le Duc pour un partenariat précis et poussé entre nos deux duchés. Soltariel devait aider Erac dans son développement maritime, et plus particulièrement dans la construction de ports, et d'une flotte. En échange, des concessions pour votre compagnie, et la gratuité du mouillage dans les ports eraciens vous seraient acquis le temps de rembourser la dette qui serait contractée. Un projet sur du long terme, et avec des retombées pouvant être grandes, mais tardive en quelques sortes. Votre époux avait trouvé l'idée des plus intéressantes, et il me navre de la voir tomber à l'eau."

Voila pour ce qu'il savait, il laissa le Duchesse digérer ce qu'il venait de dire, et voir si elle avait d'autres questions.
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Tibéria de Soltariel
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MessageSujet: Re: Pour l'heure du thé [Renaud]   Mer 6 Juin 2018 - 16:28

Tibéria restait convaincu que ce n’était pas tous les pairs du royaume qui désiraient d’un tel procès, simplement parce qu’il ouvrait la porte à d’autres accusations du même genre. Qui voudrait se retrouver dans la même situation de Tibéria. Or, le procès envoyait le message que si ça fonctionnait pour Soltariel, ça pouvait tout aussi bien s’appliquer ailleurs. Après, elle pouvait se tromper, mais ça ne l’empêchait pas de sonder prudemment le terrain. « Je comprends parfaitement et je répondrai à toutes vos questions. Je n’ai rien à cacher, contrairement à ce que l’on pourrait croire. »

Renaud présenta donc le projet qu’il avait en tête avec Soltariel. L’idée n’était pas mauvaise. Elle était même très bonne et offrait de bonnes opportunités sur le long terme, mais elle s’inquiéta soudainement des engagements qu’aurait pu prendre Franco avec d’autres personnes, des promesses qu’elles souhaitaient voir être tenues et dont la jeune femme de savait rien. Malheureusement, comme l’avait dit Renaud lui-même, ça ne lui apporta pas la réponse qu’elle attendait, seulement plus de questions. « Comment un homme qui planifie autant de projets, visiblement des idées d’envergures, peut décider de tout laisser tomber, de salir son nom, celui de sa femme et de son enfant à naître ? Pas seulement ça, mais il laisse aussi le duché en entier dans un tel état qu’il risque d’imploser ! Certains disent que les choses arrivent parfois sans raison, mais je n’y crois pas. Il y a toujours une raison, mais on ne la comprend pas toujours. J’ai déjà vu un homme visiblement en bonne santé s’écrouler raide mort devant moi. Personne n’a su pourquoi c’est arrivé, mais quelque chose a certainement provoqué sa mort. Franco doit avoir ses raisons, mais ça ne le pardonne pas… Et parce que je suis marié à lui, je dois payer pour lui. Est-ce vraiment cela la justice ? »

Elle porta l’infusion à ses lèvres en détournant le regard. Pendant un instant, elle ignora la présence de Renaud, perdue dans ses pensées. « C’est une bonne idée. » Dit-elle enfin après un moment de réflexion. « C’est un excellent projet même. Franco ne m’en avait pas parlé. Il ne me disait rien. Il attendait de moi que je reste dans mon coin, muette. Les femmes du sud ne sont pas ainsi, surtout pas dans ma famille… » Son regard glissa brièvement sur un portrait de famille accroché au mur. On voyait Tibérius entouré de sa femme et de ses filles. Paula n’était qu’un poupon dans les bras de Valentina et Tibéria ne devait pas avoir plus de 6 ans et prenait timidement la pose aux côtés de ses sœurs. « Il n’appréciait pas mon ingérence et c’est pourtant moi qui a le titre. Il a tout saboté… Néanmoins, si par chance je devais passer au travers de ce procès, je serais vraiment heureuse de mettre en place un tel projet. Je ne dis pas que ce sera dès les lendemains de la guerre. Il nous faudra redresser l’économie avant, mais nous avons l’expertise pour vous aider. Après tout, nous avons pris en charge la restauration de la flotte royale. Il est temps d’arrêter de nous retrancher sur nos frontières. Si nous voulons un royaume fort et prospère, nous devons travailler ensemble. J’y crois fermement, et vous ? »
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Renaud d'Erac
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MessageSujet: Re: Pour l'heure du thé [Renaud]   Jeu 7 Juin 2018 - 6:58


Tibéria se disait ouverte, et qu'elle répondrait à toutes ses questions, voila qui était engageant. S'il était vrai qu'elle n'avait rien à cacher, alors elle devrait pouvoir combler Renaud. Il l'écouta, et la fin de sa diatribe était des plus surprenantes, d'abord elle disait que le Duc ne lui disait rien, et la voulait muette, puis ensuite, elle expliquait qu'il n'aimait pas les ingérence de la jeune femme. C'était à n'y rien comprendre, et cela gardait la question de savoir si elle était au courant ou non. Il fut pourtant agréablement surpris quand elle trouva le projet intéressant, et ne le rejeta pas d’emblée. Peut être que tout n'était pas perdu, enfin si elle se sortait de son procès. Renaud faisait partit de ceux que cela dérangeait. En effet, il était évident que si une Duchesse se faisait juger, et perdait son procès, cela ouvrirait une brèche. Et qui dit que demain, ce ne serait alors pas lui qui se retrouverait devant ses pairs. Maintenant il allait se mettre en devoir de répondre point par point

"Concernant votre époux madame, je vois plusieurs solutions. La première est que dès le début, son but était de détruire le Duché, je ne sais pas pourquoi, peut être par vengeance, ou parce qu'il travaille pour une tierce personne qui le paie grassement. La seconde, c'est qu'il s'est fait débordé par une idée qui lui est venue en tête, et que les évènements se sont bousculés trop vite pour qu'il puisse les gérer. La troisième, il s'est fait piéger, mais il n'a aucun moyen de le prouver, et il a prit peur. Dans tous les cas, c'est affligeant, puisque c'est le Duché, et surtout vous, qui en payez les pots cassés."

Ne dit on pas que les bonnes intentions sont pavées de bonnes intentions ? Renaud est enclin à la justice, mais dans l'optique où il a toutes les cartes en main. Il porta la coupe a ses lèvres, et y but avant de reprendre, il était temps de la bousculer un peu. Il serait très vigilant à ses réactions, cherchant le moindre signe lui permettant de se faire une idée précise. Il la regardait droit dans les yeux, sans pour autant avoir un air agressif, c'était tout le contraire. Il avait un regard plutôt compréhensif, cherchant à démontrer de la sympathie, en y mettant un peu de charme

"J'ai un petit soucis avec ce que vous me dites, votre Altesse. En effet, vous êtes en train de me dire que Franco vous cachait ce qu'il faisait, et qu'il ne désirait pas vous impliquer dans ses choix, et dans le même temps, vous m'expliquez qu'il détestait votre ingérence, ce qui amènerait à penser que vous étiez à ses côtés, et que vous saviez, par la même occasion, ce qu'il faisait"

Voila, maintenant, allait elle réagir d'une façon qui permettrait à Renaud de décrypter ses traits ? et voir si elle était vraiment au courant ou non

"Et puisque nous nous parlons face à face, pouvez vous m'expliquer ce qu'il se passe dans votre Duché, et ce qui a amené vos vassaux à écrire une charte à votre encontre ?"

Il avait posé, à peut de choses près, la même question à Victoria, il allait maintenant avoir la seconde version. Arriverait il à savoir laquelle des deux disaient vrai, c'était une autre pair de manche. D'autant que parfois, des personnes pensants des choses radicalement différentes, pensaient chacune être dans le vrai, et l'était selon le point de vu.
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Tibéria de Soltariel
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MessageSujet: Re: Pour l'heure du thé [Renaud]   Jeu 7 Juin 2018 - 19:24

Tibéria était séduite par l’idée de la vengeance, car elle amenait plusieurs réponses, mais il fallait être tordu pour imaginer un tel stratagème. Quant aux autres options… Franco, être débordé par la situation au point de fuir ? Pour un homme ayant manigancé pour être duc, c’était un constat d’échec cuisant, assez peut-être pour préférer la fuite plutôt que d’admettre son incapacité, mais Tibéria elle-même serait surprise si c’était vraiment ça. Finalement, si Franco était la victime d’un coup monté… Cette éventualité était plus déprimante que la première et apportait son lot de questionnements. Tibéria soupira brièvement. Il valait mieux s’attarder sur les faits plutôt que de se perdre dans les suppositions. Les réponses finiront bien par venir un jour ou l’autre, même si ce ne sont pas celles qu’on espère entendre. D’un point de vue extérieur, tout ceci ne devait pas faire plus de sens.

Renaud souleva alors un point qui fit comprendre à Tibéria que le choix de ses mots allait s’avérer vital durant le procès. Il suffisait que deux personnes ne comprennent pas de la même façon un mot pour que tout change. Derrière ce masque avenant, cherchait-il à la piéger ? Peut-être… Comme tout le monde, il voulait connaître la vérité et elle s’était engagée à la lui donner. C’est donc avec le même aplomb qu’elle lui répondit. « Franco partageait seulement ce qu’il ne pouvait pas cacher. Par exemple, il a déployé nos hommes pour l’effort de guerre avec le médian en les postant d’abord à Diantra pour assainir la ville avant de poursuivre sur route. Oui, ça nous retardait, mais nous jugions cette étape nécessaire. Donc oui, j’étais au courant pour certaines choses, des projets auxquels j’ai officiellement donné mon aval, mais ce sont des projets qui touchaient plus le commerce et ce genre de chose. Toutefois, il n’acceptait pas d’être le consort, que mes ordres passent avant les siens. C’est pour cela que je parle d’ingérence, car c’est ainsi qu’il le voyait dès que je prenais une initiative sans lui en parler. Il a même dit très honnêtement qu’il s’attendait plus à ce que j’organise des fêtes et m’occupe de la veuve et de l’orphelin plutôt que je prenne mes responsabilités. J’admets un manque d’expérience, j’en suis consciente, du coup je je m’informe avant de décider de quoique ce soit. L’honnêteté était une arme à double tranchant. Admettre ses faiblesses l’exposait aux regards accusateurs, mais tenter de les cacher serait bien pire encore. En avouant ses fautes, elle les prenait de vitesse et montrait qu’elle acceptait sa part de responsabilité dans cette histoire.

« Voulez-vous vraiment toute l’histoire ? » Elle sourit faiblement, posa sa tasse vide sur le guéridon. « Altesse, les prémices remontent à mon premier mariage avec l’Anoszia, peut-être même avant. Malgré des débuts difficiles, la situation s’était rapidement stabilisée. Nous avions de l’argent et des projets d’envergures, puis Altiom est arrivé et Franco a fui. Ce sont véritablement les points de rupture. » Elle réfléchit pendant un instant. « Il y a un groupe, les Vrais Soltarii, qui ont farouchement défendu l’indépendant de Soltariel lorsque Arichis d’Anoszia a réinstallé ma famille au pouvoir. Ils ne voulaient pas d’un Ydrilote comme duc et m’accusaient d’être une estréventine. Dès qu’Arichis fut arrêté, ils ont demandé une rencontre durant laquelle ils ont dit qu’ils n’avaient rien véritablement contre moi et acceptaient de me garder au pouvoir à la condition que j’épouse un soltarii, en l’occurrence le chef de leur groupe Franco di Celini. Il faut replacer cela dans son contexte… Arichis vient d’être condamné pour exil, ça fait quelques ennéades à peine que je suis de retour à Soltariel et la ville est chaotique. Le mariage a donc eu lieu et tout le monde en fut satisfait, du moins, jusqu’au printemps dernier… »
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Renaud d'Erac
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MessageSujet: Re: Pour l'heure du thé [Renaud]   Ven 8 Juin 2018 - 6:58

Et bien, à écouter la Duchesse, celle-ci avait eu une malchance énorme avec le choix de ses époux successifs. Si jeune, et déjà mariée deux fois, à deux traitres, du moins si cela se confirmait pour Franco. Elle devait être une vrai poissarde, ou alors son entourage ne savait vraiment pas choisir les bons partis. Enfin, le deuxième semblait plus être un chantage honteux pour l'obliger à prendre la personne qu'on lui avait imposé. En la regardant à cet instant, abandonnée par tous, même ses vassaux, enceinte jusqu'aux yeux, et en attente d'un procès, et avec une invasion dans une de ses terres de juré, Renaud commençait à avoir pitié pour elle. D'autant qu'elle était jolie, ses deux époux avaient du avoir du bon temps, alors pourquoi la reléguer à des tâches subalternes, à moins qu'elle ne soit pas de taille pour gouverner. Le Duc apprécierait au contraire, d'avoir une épouse qui le soutenait, voir lui apportait un avis extérieur, et féminin, sur certaines questions. Un duo qui marchait de concert, en plus de l'entourage de conseillers compétents. Mais bon, la c'était un rêve éveillé, car dans la noblesse, on choisissait son mariage en fonction de ce que cela rapportait, on ne choisissait pas une épouse pour son physique, ou son esprit. S'il pouvait avoir tout ça, il serait alors le plus heureux des hommes, et peut être que pour une fois, il se tournerait vers la damedieu pour la remercier, chose qu'il n'avait pas fait depuis bien longtemps.

"Je vois que vous n'avez pas eu la chance de tomber sur des époux bienveillants, je suis navré pour vous. Mais dites moi, votre Altesse, que pensez vous de ce pouvoir qui incombe à notre statut. Voulez vous diriger ? et pensez vous êtres à la hauteur des responsabilités qui nous incombent, nous autre pair du Royaume ?"

une question étrange, voir hilarante, si on prenait en compte l'âge de Renaud, et la durée depuis laquelle il avait prit la charge de Duc. D'après ce qu'il venait d'entendre, il pensait bien qu'elle n'avait pas apprécié d'être mise sur la touche, mais peut être qu'elle n'aimait pas dirigeait. Elle lui avait répondu à sa question, mais que pour ses vassaux de Soltariel, la question était plus profonde, Renaud en rajouta donc une couche

"Et pour Sybrondil, comment se fait il que le Comtesse ait signé elle aussi la charte ?"

Il avait posé la question en directe à Victoria, il se demandait ce que Tibéria allait lui dire.

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Tibéria de Soltariel
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MessageSujet: Re: Pour l'heure du thé [Renaud]   Ven 8 Juin 2018 - 16:30


« Vous savez tout aussi bien que moi que nous nous marions par intérêt et non par amour. Dans les deux cas, j’avais un intérêt à accepter ces unions. Au départ, je voulais rétablir le nom de ma famille et ramener mes sœurs à Beronia. Pour le second, je voulais la paix. Non, ces mariages n’étaient pas désintéressés de mon côté, mais oui, je n’ai pas eu de chance. » Tibéria passa une main sur son ventre en fronçant les sourcils. Elle ne se sentait pas très bien depuis le matin, mais attribuait cela aux nombreux maux qu’apportent la grossesse et l’état actuel de ses nerfs. « Contrairement à plusieurs héritiers, je n’ai pas eu l’occasion d’être éduquée afin d’assumer le pouvoir. » Reprit-elle avec prudence. « Mais je le veux et je le peux aussi. Le défi sera grand, j’en suis parfaitement consciente et de façon réaliste, nous ne pouvons pas espérer que le duché retrouve son unité et sa stabilité avant un certain temps. Je devrai faire mes preuves, mais c’est possible. Il n’y a pas si longtemps, nous ne pensions pas que le royaume pourrait retrouver son unité et, regardez aujourd’hui, nous y sommes presque. Je souhaite en faire partie tout en acceptant les conditions et les conséquences qu’on m’imposera. »

Tibéria savait qu’elle ne s’en sortirait pas blanche comme neige et ce n’était pas ce qu’elle cherchait de toute façon. Elle avait été incapable d’assurer pleinement ses responsabilités pendant trois mois, reléguant ses tâches à Franco. Elle lui avait fait confiance et elle avait été trahie pour ça. Tibéria voulait aussi la justice, mais chaque chose en son temps. « Victoria di Maldi est la seule des grands vassaux à avoir signé cette charte. Ydril… les circonstances sont exceptionnelles et ils ne se sont pas seulement détournés du duché, mais de tout le royaume et Ysari a choisi de rester neutre. Elle s’est donc isolée si l’on oublie les signataires Vrais Soltarii. De même, elle est la seule à avoir fait le voyage jusqu’à Diantra et, selon les informations que j’ai, elle travaille très fort à s’acheter un capital de sympathie auprès des nobles réunis ici. Pensez aussi à la cérémonie d’hommage où elle s’est présentée, parfaite image d’humilité. Une fois encore, elle est la seule à s’y être présenté. À votre avis, quel message cela envoie-t-il ? Pourquoi la sœur de Maciste aurait-elle intérêt à me voir disparaître si ce n’est pas pour revendiquer le trône ? C’est une occasion en or, pas besoin de prendre les armes ou de risquer les foudres de la couronne si la couronne décide elle-même que je suis coupable. C’est intelligent, je dois lui donner cela. Toutefois… » Elle s’arrêta, son regard posé devenant dur alors que la colère figeait les traits de son joli visage. « Méfiez-vous, les apparences peuvent être trompeuses, surtout au sud. Derrière les sourires et les belles paroles, les allégeances vacillent selon le sens des marées et lorsque le vent tourne, certaines sont prêtes à tout pour tirer leur épingle du jeu. Les choses seront révélées en temps et lieu, mais je vous le répète, méfiez-vous. » Tibéria insista lourdement sur les derniers mots en espérant silencieusement qu’il fasse lui-même le lien dans sa tête. Victoria di Maldi était dangereuse à bien des niveaux et la duchesse était déterminée à lui faire subir la justice du roi.
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Renaud d'Erac
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MessageSujet: Re: Pour l'heure du thé [Renaud]   Lun 11 Juin 2018 - 15:20

Renaud se rembrunit quand Tibéria parla des mariages d’intérêt. La douleur de son premier mariage, qui n'avait duré que l'espace de quatre ennéades avant qu'elle ne meurt de maladie, l'avait échaudé. Pour lui,le mariage ne servait qu'à servir des intérêts communs, il ne pensait plus du tout à l'amour, qu'il n'avait d'ailleurs pas encore connu

"J'en suis pleinement conscient, mais tout en vous mariant par intérêt, vous auriez pu tomber sur des époux bienveillants, à défaut d'être amoureux, et qui vous aurez bien traité, vous évitant d'arriver la ou vous en êtes. C'est pour cela que je disais que vous n'aviez pas eu de chance."

Il n'alla pas jusqu'à dire qu'il espérait que son prochain époux serait mieux. Vu son titre, et son âge, elle prendrait surement un nouveau mari, à moins qu'elle décide qu'elle en avait terminé avec ces problèmes. Après tout, avec sa grossesse, elle aurait un héritier, ce n'était donc plus une obligation de se marier, sauf à nouer une nouvelle alliance de poids. Il remarqua bien qu'elle se prenait le ventre, mais puisqu'elle continuait, cela ne devait pas être bien grave, d'autant qu'il se retrouva dans ce qu'elle dit ensuite. Il commençait à comprendre un peu ce qui l'avait amené dans cette situation, surtout vu la franchise qu'elle déployait, et qui lui apportait une nouvelle vue. A moins que ce ne soit une manipulatrice née. Elle ne semblait pas s'être résignée en tout cas, et continuait à avoir soif de diriger

"Je suis le troisième fils de ma fratrie, je vous comprends donc parfaitement. Moi non plus, je n'ai pas été éduqué pour diriger. Je pense que pour y parvenir, il faut le vouloir, votre volonté de conserver votre titre est déjà un bon début. Sinon cela n'aurait rimé à rien"

En effet, si elle n'avait pas démontré d'envie, alors à quoi bon rester Duchesse, et Renaud se serait alors fait une idée toute tracée. Tibéria continua, et il était évident qu'elle ne portait pas la Comtesse de Sybrondil dans son cœur. Elle semblait même la détester, et lui chercher toutes les tares du monde. Voila un ennemi qui serait de taille si elle remportait son procès, la Comtesse semblait être une personne qui ne lâcherait rien. Pour sur que Victoria se montrait pas mal, mais ayant signé la charte pour envoyer la Duchesse en procès, elle devait trouver des appuis. Il comprenait encore mieux le besoin de le Comtesse, vu l'idée qu'avait sa suzeraine sur elle. D'autant que la théorie de Tibéria se tenait, le frère de Victoria avait été Duc, elle pouvait donc prétendre à prendre sa suite, comme elle l'avait fait pour Sybrondil. Encore fallait il avoir les soutiens suffisants, surtout à Soltariel qui semblait si versatile. Tibéria le mit d'ailleurs en garde, Renaud souriait intérieurement, savait elle seulement qu'il se méfiait de tout le monde ? et que gagner sa confiance était compliqué ?

"Il me semble bien que la dame de Maldi et vous même n'êtes pas les meilleures amies du monde"

Il avait lancé cela avec un ton un brin humoristique, histoire de dégivrer l’atmosphère qui s'était fait. Mais revenons à ce qui l'intéressait

"Pour en arriver à signer une charte avec autant de signatures chez vous, celle-ci appuyée par le Grand-Chancelier, c'est que les griefs doivent avoir leur poids. Quels sont ils exactement ? Qu'est ce qu'on vous reproche donc ?"

Il n'avait pas lu la charte, et il ne savait donc pas ce qu'on lui reprochait. Il aurait eu le temps avant que celui-ci ne débute pour se renseigner, mais puisqu'il était en présence de la principale intéressée, autant lui demander en direct.

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Tibéria de Soltariel
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MessageSujet: Re: Pour l'heure du thé [Renaud]   Lun 11 Juin 2018 - 21:50


C’était tout ce qu’elle demandait. À défaut de vivre le grand amour, d’avoir au moins quelqu’un de bienveillant à ses côtés qui ne la traiterait pas comme son inférieur, mais comme son égal. Malheureusement, l’expérience lui prouvait que c’était trop demandé. « Peut-être que j’ai trop voulu plaire à tout le monde. C’est impossible d’y arriver, bien entendu, mais mes actions ont toujours été motivées afin d’éviter la guerre et les conflits. Quand on voit le résultat aujourd’hui... » Elle haussa les épaules en signe d’impuissance. « Naturellement, il est impossible de prévoir ce que les autres feront, impossible d’avoir des yeux et des oreilles partout… Il suffit d’un petit détail, un faux pas, pour que tout s’écroule. C’est effrayant, quand on y pense. Personne n’est à l’abri... » Une observation innocente, mais qui mettait en lumière la véritable signification de ce procès : quiconque pouvait subir le même sort. Il suffisait qu’un petit groupe d’opposants prenne la parole et les choses pouvaient alors débouler très rapidement.

« Je ne crois pas qu’il suffit de vouloir… Ceux qui veulent trop sont ceux qui sont prêts à tout pour parvenir à leur fin. Arichis voulait trop et Franco aussi. Il faut aussi voir ça comme une responsabilité, un devoir que l’on accepte de remplir. Ce n’est pas uniquement quelque chose qui nous revient de droit à cause de notre sang, c’est plus grand. Un bon dirigeant, je crois, c’est quelqu’un qui a compris cela. C’est aussi quelqu’un qui a l’humilité de reconnaître ses erreurs et a le désir de les réparer. » Tibéria était prête à tout faire pour réparer ce qui a été fait. Il faudra du temps pour réparer la fracture et certaines blessures ne guériront jamais. Par deux fois elle avait mis toute sa confiance en la mauvaise personne. Par deux fois on avait brisé ce lien fragile…

« J’étais prête à travailler avec elle comme j’ai accepté de travailler avec Franco même s’il a causé beaucoup de problèmes lors de mon bref mariage avec Arichis. Entretenir la rancœur n’apporte rien de bon, mais elle a signé cette charte… Et pas seulement ça. Il y a parfois tout un monde entre ce que l’on voudrait et ce que l’on a. » Tibéria sentit alors un pincement dans son ventre assez fort pour qu’elle fronce les sourcils. Elle se redressa dans son fauteuil afin d’être plus confortable et prit un biscuit qu’elle grignota du bout des dents. Elle n’avait pas vraiment faim, mais si elle n’avalait rien, ils feraient une scène et elle préférait éviter.

« Vous n’avez pas lu la charte? Je pensais qu’elle était connue de tous... En gros, on m’accuse de ne pas avoir défendu Ydril, de ne pas avoir respecté les règles de la guerre navale, d’avoir abusé de mon autorité en emprisonnant ma cousine et l’on souhaite me juger en lieu et place de Franco vu qu’il n’est pas là… Personne n’a fait l’effort de le rechercher vu que je suis là pour prendre le blâme à sa place. Ce n’est pas très encourageant… Toutefois, je n’irais pas jusqu’à dire que le grand chancelier l’ait appuyé. Sur le coup, j’ai été ennuyé, mais s’il avait rejeté la charte, Soltariel serait en pleine guerre civile, donc inapte à débarrasser Ydril de ses envahisseurs. Dans l’immédiat, le duché se concentre sur un but commun et évite ainsi la simple implosion... C’est pour cela que je lui ai donné ma voix lors du concile. »
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Renaud d'Erac
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MessageSujet: Re: Pour l'heure du thé [Renaud]   Mar 12 Juin 2018 - 7:20

"L'on ne peut pas plaire à tout le monde c'est indéniable, nous aurons des ennemis, ou des gens qui nous sont hostiles, car ne pensant pas de la même façon. Cela ne nous empêche pourtant pas d'essayer. Je ne vous reprocherais pas d'avoir tenté de satisfaire tout le monde, même si cela se révèle un échec."

Il était en effet impossible de tout prévoir, et cela angoissait le Duc plus qu'il ne le paraissait. C'était l'une des raisons qui l'avait amené à intensifier le nombre d'espions à Erac. Renaud était un fou furieux de l'information, il voulait tout savoir sur tout, et sur tout le monde, et pourtant, aujourd'hui encore, il avait des lacunes très importantes. Encore plus avec son éloignement d'Erac. Il correspondait régulièrement avec ses conseillers restés la bas. Et que dire du fait que personne n'était à l'abri ? est ce qu'elle voulait insidieusement lui faire comprendre que ce qui lui arrivait pourrait lui tomber dessus ? il ne le savait que trop bien. Cela lui valait sans doute une certaine compassion envers Tibéria, surtout maintenant qu'il lui parlait, et ce qu'il semblait comprendre

"Je fais une différence entre vouloir, et l'ambition démesurée. Il y a beaucoup de maux qui rongent la péninsule, et qui sont imputable à des gens assoiffé de pouvoir. Je ne fais pas parti de ceux-la, mais ça ne m'empêche pas de tout faire pour mon Duché, et le rétablir dans son intégrité."

Renaud ne releva pas sur le sang, car pour lui, c'était tout le contraire. C'était justement un droit du fait de son sang, et de sa lignée. D'où sa demande de justice concernant le retour de ses terres de jurés, et le combat de son père, Léandre, pour retrouver la légitimité sur Erac, après l'usurpation de Trystan. Il était par contre conscient que c'était une responsabilité, une charge même, et nul doute qu'aucun Duc, Marquis, Comte ou Baron ne l'oubliaient aux vus de la masse de travail que cela amenait, et de la suite de gens à tourner autour d'eux pour avoir leurs faveurs

"Il faut savoir reconnaitre ses erreurs, c'est un fait, afin de ne pas les reproduire. Il faut aussi réussir à s'entourer des meilleurs conseillers, pour palier aux lacunes qui pourraient être les nôtres. Mais plus que tout, même en les acceptant, il faut tout faire pour minimiser l'impact qu'elles ont."

Plus l'on connaitrait les erreurs, et plus l'on se poserait des questions sur sa capacité. Aussi, Renaud, même s'il analysait ses erreurs, et les acceptait, essayer de ne pas les ébruiter au plus grand nombre

"Le pardon est important, il faut savoir le donner, si la personne se repend sincèrement. Il faut aussi savoir faire quelques exemples"

Renaud préférait pardonner, comme il l'avait dit, si la personne faisait amende honorable. L'on ne pouvait pas garder des adversaires coriaces, et pardonner pouvait changer radicalement le comportement d'une personne, qui craignant des représailles, faisaient tout pour vous abattre.

"Je ne sais pas si vous avez déjà conversé avec elle ? du moins de manière approfondie. Peut être qu'il y a des incompréhensions entre vous, qui pourraient s'amoindrir, voir disparaitre, si vous avez une discussion franche et sincère"

Renaud ne connaissait pas la Duchesse, c'était la première fois qu'il la voyait. Il ne connaissait pas non plus la Comtesse, il lui avait parlé une seule fois. Si ces deux femmes se réconciliaient, sans savoir pourquoi, il avait l'impression que tous les problèmes des deux s'envoleraient, outre la guerre qui s'annonçait à Ydril. Encore fallait il que les barrières n'aient pas été franchie, avec aucun retour possible. Mais bon, il venait de lui dire ce qu'il pensait, ce n'était pas à lui de s'immiscer la dedans. Une fois de plus, elle sembla préoccupée par sa grossesse

"Vous allez bien, votre Altesse ? désirez vous que je vous laisse vous reposer ?"

Elle semblait vouloir aller au bout de cette entretien, malgré ses soucis

"Je ne l'ai malheureusement pas encore parcourue. L'on m'a expliqué brièvement, et je sais que j'ai encore du temps avant, mais puisque nous parlons ensemble, autant chercher à comprendre par les premiers concernés."

Par avant, il parlait du procès, mais il préféra ne pas utiliser le mot. Il avait entendu parler de l'emprisonnement de sa cousine, et cela l'intriguait

"En gros, l'on vous reproche les actes de votre époux alors que vous n'étiez pas en état de prendre les décisions aux vus de votre grossesse ? Par contre, qu'est ce qui vous a amené à emprisonner votre propre cousine ? "

En arriver à de telles extrémités était pour le moins, embarrassant quand on en venait à s'en prendre à sa propre famille. Renaud avait aussi remarqué que la Duchesse regardait un tableau au mur

"Ce tableau représente votre famille ?"

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Tibéria de Soltariel
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MessageSujet: Re: Pour l'heure du thé [Renaud]   Mar 12 Juin 2018 - 19:43

« Je comprends votre point, mais je n’ai pas vraiment l’énergie pour cela. Un jour, peut-être... » Renconter Victoria pour lui pardonner… En fait, ça lui couperait probablement l’herbe sous les pieds, mais Tibéria ne le fera pas. Les choses étaient allées trop loin pour ça. La duchesse ne voulait pas reculer et certaines choses ne se pardonnaient tout simplement pas. « Ne vous inquiétez pas, tout va bien. Je suis un peu fatiguée, c’est vrai, mais toutes les femmes le sont rendu à ce point. » Elle ponctua sa phrase d’un sourire en espérant qu’il soit suffisant pour apaiser les inquiétudes du duc. En fait, Tibéria aimait sa façon de penser. Ils n’étaient pas si différents l’un de l’autre et discuter avec lui ne lui donnait pas l’impression de subir un interrogatoire en règle. Elle espérait vraiment le revoir un jour dans un contexte différent, pouvoir discuter avec lui de projet pour Soltariel et Erac. Ça serait merveilleux de planifier ainsi l’avenir…

« J’ai été malade dès le début, incapable de manger quoi que ce soit. Même l’odeur de la nourriture m’était insupportable. On a éventuellement décidé de m’envoyer à Beronia. J’y suis arrivé au milieu de la quatrième ennéade de Favrius de la dixième année… et je ne suis pas rentré avant le début de Barkios. J’ai rencontré les représentants d’Ydril et de Naélis à la troisième ennéade et ça ne faisait que quelques jours… Donc oui, j’ai été absente très longtemps. Franco était présumément malade à ce moment-là et s’était retiré sur le domaine Celini. » Elle pouvait difficilement être tenue responsable d’avoir été malade au point de ne pas pouvoir remplir ses fonctions même si ses détracteurs trouveront toujours quelque chose à lui reprocher.

« J’ai fait enfermer Angelina de Solaria, car elle a révélé à travers une lettre qu’elle entretenait une relation avec Oscario d’Anoszia. Elle a clairement indiqué que le mariage avait eu lieu avant que le scandale n’éclate, mais elle laissait sous-entendre que la relation se poursuivait malgré tout. Sinon, quel était l’intérêt de m’avouer une telle chose? Un cas de conscience? Bref, compte tenu du contexte de la guerre avec Ydril, des intérêts que la famille Anoszia dans le comté en plus d’une potentielle menace à ma vie, j’ai décidé de le faire enfermer dans l’attente d’un procès. De plus, il faut savoir qu’Angelina a strictement refusé de lever ses troupes. Roderik de Wenden s’est empressé d’assouplir ses conditions de détention après le dévoilement de la charte. Il m’a révélé dans une lettre récemment qu’il avait amené ma cousine ici pour le concile, mais voilà qu’elle s’est enfuie. Par conséquent, les accusations à mon encontre concernant Angelina ont été levées, mais nous ne sommes pas plus avancés. Nous ne savons pas où elle se trouve ni si elle a rejoint Oscario. Je n’aurais pas enfermé ma cousine pour le plaisir de le faire, Altesse. » Non, Tibéria n’avait pas aimé se rendre jusqu’à une telle extrémité, mais quand la sécurité du duché et du royaume est en jeu, il faut savoir faire ce qui doit être fait. Angelina était libre et représentait peut-être une grave menace. Roderik de Wenden pourrait-il être considéré comme le fautif si quelque chose arrivait?

« Oui… C’est un vieux portrait. Il y a mon père, Tibérius Soltari-Beronti et ma mère Valentina de Sephren. Ensuite mes sœurs Marguerite, Antonia et Paula qui n’est qu’un poupon. Je suis là, entre Margot et Antonia. Je devais avoir 6 ans, je crois... »
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Renaud d'Erac
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MessageSujet: Re: Pour l'heure du thé [Renaud]   Jeu 14 Juin 2018 - 6:43

Entre la Comtesse et la Duchesse, il semblait que c'était à la vie, à la mort, surtout à la mort. Mais Renaud ne s'en préoccupait pas plus que cela, car ni Sybrondil, ni Soltariel, n'étaient voisines d'Erac. Enfin il espérait tout de même qu'elles attendraient la fin de la guerre contre Ydril pour s’écharper, si elles en arrivaient la. Dans le cas contraire, il réviserait peut être le maintien de ses troupes pour appuyer les forces du sud, ne voulant pas se retrouver au milieu d'un conflit bien plus important. D'après son récit, Tibéria avait été malade, et même absente du palais ducal, durant tout un mois. Il semblait donc difficile d'affirmer qu'elle avait prit part à des décisions si elle n'était même pas présente. Servait elle de bouc-émissaire ? ou cachait elle quelque chose ? Il serait temps de recouper tout ce qu'il avait apprit avec la Comtesse Victoria, et en ce moment, pour se faire une idée plus approfondie. Toutefois, aux vus de son ventre, il était indéniable qu'elle soit enceinte. Renaud n'y connaissait rien en grossesse, alors il serait bien en peine de comprendre certaines choses

"Le Duc était malade ? et il s'est enfuit ? l'était il vraiment ?"

C'était sorti tout seul, sans qu'il réfléchisse, se pouvait il qu'il soit parti en étant malade ? ou feignait il cet état pour avoir plus de tranquillité afin de préparer sa "fuite". Les charges contre la dame de Solaria étaient accablantes, à se demander comment elle avait pu être présente au concile, sans aucune entrave, ni garde pour la surveiller ? D'ailleurs elle s'était enfuie d'après ce que lui disait la Duchesse

"Je comprends mieux, vos vassaux étaient ils au courant de tout cela ? ouvrir une charte avec tous les faits que vous m'énoncez, c'est de l'hérésie"

Si Renaud comprenait tout, et si c'était la vérité, alors on reprochait beaucoup de choses à la Duchesse, mais rien de concret, et chaque point était défendable aisément. Puis la Duchesse parla du tableau qui représentait sa famille, et elle dit un mot qui fit frémir le Duc (intérieurement). N'avait elle pas dit Sephren ? Si, si elle l'avait dit. Comment se faisait il alors que ce ne soit pas sa famille qui dirige le Duché de Langehack ? car Renaud avait très rapidement fait le rapprochement. D'autant qu'il essayait de se rapprocher du Duché, et qu'il avait même fait une demande pour s'unir à Linaëlle. La situation était des plus cocasses, car il se rappelait la Duchesse fuir en criant qu'elle ne se marierait jamais, et le Vicomte de Tall dire que l'alliance serait intéressante, qu'il en parlerait au conseil de régence, tout en expliquant au Duc qu'il devait convaincre la Comtesse de Missède, qui était en charge de Linaëlle. La rencontre n'avait finalement pas eu lieu, car dans un nouveau caprice, la jeune femme avait décidé d'entrer dans les ordres. Ce qui était surprenant, c'était que la ou l'on aurait pu s'attendre à ce qu'on vienne rechercher la Duchesse de Langehack avec perte et fracas, on lui avait laissé une année pour être certaine de son choix. Et puis depuis ce temps, alors que le conseil de régence avait dit qu'il rechercheraient, et formeraient une nouvelle prétendante, les informations du Duc étaient tout autres. Les nobles commençaient à s'échauffer les uns, les autres, et il semblait qu'ils se préparent, cherchant des appuis pour faire monter leur propre famille sur le trône ducal. L'on disait même que les armes commençaient à être fourbie, ce qui n'augurait rien de bon. Apprendre à cet instant qu'une branche des Sephren était toujours vivante était surprenant, car c'était eux qui étaient les légitimes duc. Cela lui rappelait douloureusement l'usurpation de Trystan, alors que le titre revenait à Léandre. La curiosité de Renaud était donc piquée à vif en cet instant

"Votre mère est une descendante des Sephren de Langehack ?"

Il préférait demander, car après tout, peut être que cela n'avait rien à voir avec la famille régnante de l'époque

"Et ou sont donc vos sœurs ? elles ne vous soutiennent pas en étant à vos cotés ? Qu'est il donc arrivé à votre ainée ? Et comment se fait il que vous soyez Duchesse de Soltariel, et non de Langehack ?"

Renaud n'avait pas encore eu le temps de s’intéresser à la famille de la Duchesse, il se dit que c'était la une erreur à rectifier. Une idée venait de germer dans l'esprit du Duc, et dans sa tête un sourire carnassier faisait le jour aux interrogations des évènements dernier concernant la jeune Linaëlle.

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Tibéria de Soltariel
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MessageSujet: Re: Pour l'heure du thé [Renaud]   Ven 15 Juin 2018 - 13:48


« Il a feint d’être malade, une supercherie habilement montée, car deux guérisseurs me donnaient des rapports sur son état de santé et lorsque Franco a disparu, ils ont fait de même. Ont-ils été tués ou grassement payés, nul ne le sait. » Tibéria marqua un bref temps de silence. « Ils ont insinué, à un moment, que le duc aurait peut-être été empoisonné. J’y ai cru… Des témoins confirment que le duc à reçu au palais des représentants des Vrais Soltarii et que son malaise aurait commencé suite à cette rencontre. Ils faisaient les suspects idéaux. Toutefois, la fuite de Franco et la défection de Pasi… Non, ce ne sont qu’un groupe d’hommes qui veulent le pouvoir quitte à plonger Soltariel dans le chaos. Ils n’ont aucun autre intérêt que leur propre ambition. »

Renaud semblait surpris d’apprendre le nom de sa mère. Tibéria croyait pourtant que c’était connu de tous, ce mariage avant fait grand bruit à l’époque. Deux anciennes familles qui s’unissaient grâce au mariage, promettant de resserrer les liens entre Soltariel et Langehack. Malheureusement, les choses ne s’étaient pas tout à fait passées comme prévu. « Oui, ma mère est la sœur d’Arathor de Sephren, l’ancien duc de Langehack. Cela fait de mes sœurs est moi les dernières descendantes des Sephren bien que nous ne soyons pas de la lignée mâle. Si je ne suis pas duchesse du Langehack, c’est pour deux raisons. Premièrement, je porte le nom de Soltari-Beronti. Deuxièmement, c’est Arichis qui a planifié cette alliance. Si je suis légitime pour Soltariel, je suis tout de même issu d’une branche cadette de la famille régnante. Je peux prétendre au titre, mais pour l’avoir, j’avais besoin d’appuis et Arichis était l’un de ces appuis. De plus, à ce moment-là, Méliane était la duchesse de Langehack et avait épousé Oschide d’Anoszia… Ça réglait donc la question dès le départ. » Arichis n’aurait jamais cherché à nuire à son fils devenu duc. S’il y avait une chose que personne ne pourrait mettre en doute, ce sont les liens qui unissaient les membres de cette famille. « Fait amusant, je possède une seigneurie dans le Langehack. Le domaine qui revient à ma mère, Mélianne m’a rendu les titres de propriété comme cadeau de mariage. Je suis donc officiellement une vassale de Langehack, ce qui est très étrange… C’est inutile de dire que le domaine est administré par une tierce personne et que je n’y ai pas mi les pieds. Toutefois, j’en retire un revenu personnel et je paie également des taxes… au Langehack. » L’absurdité de la situation lui sautait aux yeux, mais personne ne s’en était plaint jusqu’à présent.

« Quant à mes sœurs les plus jeunes, elles sont présentement en sécurité dans l’attente du dénouement du procès. Je ne voulais pas les exposer inutilement. Elles souffrent suffisamment comme ça. Concernant Marguerite… Tout porte à croire qu’elle est morte. Elle n’a donné aucun signe de vie depuis des années. Je pensais qu’elle se manifesterait au moment de ma prise de pouvoir, mais non. Margot était obsédée par ça, par le pouvoir, et je pense que ça l’a tué... » Une nouvelle crampe, plus forte cette fois. Tibéria comprit immédiatement ce qui se passait et ce fut comme si un bloc de glace tombait dans son estomac. « Altesse, je crois que... » Elle leva les yeux vers le duc, son regard exprimant un mélange de surprise, de crainte et de gêne.
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Renaud d'Erac
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MessageSujet: Re: Pour l'heure du thé [Renaud]   Lun 18 Juin 2018 - 9:48

Et bien si Franco avait tout organisé pour sa fuite, il s'y était apparemment bien prit. Mais cela n’intéressait plus Renaud, qui s'était trouvé un nouvel intérêt pour la famille de Tibéria. Il écouta donc religieusement ce qu'elle expliquait, et il comprit. Son nom importait peu, une fois la branche mâle éteinte, cela aurait dû être à celle de Tibéria de prendre la suite. Mais en effet, si c'était Arichis qui avait tout manigancé, il ne risquait pas de faire monter la famille de la Duchesse sur le trône de Langehack, alors que son ainé avait prit le trône, en épousant une nouvelle branche. Il lui aurait fallu des appuis, en cas de rejet, c'était inévitable, cela donnait le tournis à Renaud qui était déjà en train de planifier certaines choses. Il lui faudrait vérifier certaines choses avant de se lancer. Il fut surpris du détachement avec lequel elle parlait de la possible mort de son ainée. Il était amusant d'apprendre que l'ancienne Duchesse avait donné une Seigneurie à celle qui aurait dû être à sa place. Toutefois, les doubles vassalités n'étaient pas rare, même si étonnantes par moment. Renaud était en train de réfléchir tout en écoutant ce que Tibéria lui disait, quand soudain, sa dernière phrase vint le faire réagir

"Pardon ? vous croyez que .. ?"

Lorsqu'il cru comprendre de quoi elle parlait, il blêmit soudainement

"Le bébé ? il a arriver ? maintenant ?"

Tout en parlant il s'était levé, et il regardait à droite et à gauche, comme s'il allait trouver miraculeusement une solution au problème qui se dressait

"Ne bougeait pas, je reviens, je vais chercher de l'aide"

Il parlait rapidement, de manière saccadée, tout en se dirigeant vers la porte, et en même temps le bras tendue vers la Duchesse pour lui indiquer de ne pas bouger. Regardant derrière lui en avançant, il percuta le pied de son fauteuil et tomba sur les genoux. Il se releva et repartit, ouvrant la porte en trombe

"DE L'AIDE, S'IL VOUS PLAIT"

Il ne fallu pas attendre très longtemps avant que cela ne réagisse. La salle se remplie rapidement, et prit dans le mouvement, il était de nouveau à l'intérieur. Hagard, il attendait la sans rien dire, ni bouger, ayant perdu la faculté de réfléchir, et ne sachant pas ce qu'il devait faire. Il avait été repoussé vers un mur ou il observait la scène qui se déroulait sous ses yeux.

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Tibéria de Soltariel
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MessageSujet: Re: Pour l'heure du thé [Renaud]   Mar 19 Juin 2018 - 1:26


Enfin, cette seigneurie, ce n’est pas comme si Tibéria prévoyait la garder à long terme, mais avoir cette terre sous la main pouvait s’avérer utile. Lorsque Méliane occupait le trône du Langehack, Tibéria n’y voyait pas de problème, la femme lui ayant elle-même cédé les titres. La situation ayant changé, garder la seigneurie pourrait s’avérer problématique. Toutefois, si Tibéria était destituée, elle pourrait toujours aller s’y réfugier si on lui interdisait de retourner à Soltariel.. Cela lui briserait le cœur de ne pas pouvoir retourner à Béronia, mais elle devait être pragmatique dans ses décisions. Elle aurait un toit, un revenu et l’occasion de se reconstruire. Tibéria pourra toujours céder la terre au nouveau duc ou duchesse de Langehack plus tard.

Tibéria croyait que dans les situations de crise, les hommes avaient, de façon générale, la capacité à faire preuve de sang-froid. Étonnement, Renaud en semblait dépourvu. À son visage blême et à l’incertitude qui marquait ses traits, Tibéria regrettait de le mettre dans une pareille position. Bon, elle savait que l’accouchement était pour bientôt, mais elle n’avait pas prévu que ça se passerait aujourd’hui. C’est sans oublier que le duc s’était fait désirer! La douleur était pourtant sans équivoque et son instinct… Pour une raison mystérieuse, sans même l’avoir déjà vécu, elle savait que c’était maintenant. « Dans la minute, je ne crois pas, mais oui, il arrive. » Dit-elle plus sèchement qu’elle ne l’aurait voulu. La douleur la rendait déjà irascible et ce n’était que le début. Rendu gauche dans la précipitation, Renaud s’empêtra les pieds et perdit l’équilibre. À un autre moment, elle aurait peut-être été amusée, mais pas cette fois.

À peine le duc eut-il appelé à l’aide que la porte s’ouvrit. D’abord il y avait Hernando qui suivait la conversation depuis le début, puis Cassio dans un état de panique similaire à celui de Renaud. Sa tante était également là, accompagnée par la sage femme, les deux seules personnes qui semblaient savoir ce qu’elles faisaient. Hernando, devant le chaos généralisé, commença à aboyer des ordres que tout le monde décida de protester. Dans cette cacophonie, la voix de Tibéria s’éleva. « Ça suffit! Laissez-moi avec Son Altesse… Juste une minute. » La petite troupe battit en retraite de l’autre côté de la porte sans pour autant la fermer totalement. Tibéria se leva de son fauteuil et attrapa la main de Renaud. « Je suis coupable… J’ai fait des choix en cherchant la paix, mais j’ai eu la guerre. J’aimerais pouvoir refaire les choses différemment, mais je ne peux pas, personne ne le peut. Je suis responsable de mes erreurs et j’en suis infiniment désolée. » Tibéria semblait terrifiée et peinait à contrôler l’émotion dans sa voix. « Promettez-moi de… de transmettre le message si jamais... » Les mots s’étranglèrent dans sa gorge et déglutirent dans l’espoir de soulager le nœud. « J’ai été ravi de vous rencontrer, Renaud d’Erac… Que les Cinq veillent sur vous. » Elle lâcha sa main puis se retourna pour quitter la pièce, du sang tachait sa robe. Hernando, entra peu après et s’inclina devant le duc. « Altesse, si vous le permettez, je vais vous escorter jusqu’à la sortie. »
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Renaud d'Erac
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MessageSujet: Re: Pour l'heure du thé [Renaud]   Mar 19 Juin 2018 - 6:55

Le sang-froid en période de crise était une chose, face à la naissance d'un nouveau né, c'était tout autre. Les hommes étaient bien incultes dans ce domaine, et c'était aussi l'une des raisons qui faisait qu'on les tenait toujours à l'écart dans la pièce à côté, afin d'éviter qu'ils ne fassent n'importe quoi. Renaud regardait tout ce beau monde s'affairait autour de la Duchesse quand elle demande à rester encore un instant avec Renaud. Cela le fit revenir sur terre, et il s'approcha, se baissant pour être à la hauteur de Tibéria. Il l'écouta, et il comprit qu'elle faisait amende honorable au cas ou elle trépasserait durant son accouchement. C4était la une possibilité que toute les richesses du monde ne pouvait éviter. Face à l'enfantement, les riches comme les pauvres, étaient au même niveau, si ce n'est que les nobles avaient de meilleurs médecins, ce qui n'était pas négligeable. Reprenant constance, Renaud lui adressa un sourire sortit du plus profond de lui, tout en serrant sa petite main dans la sienne pour tenter de la réconforter

"La, tout va bien se passer, et lorsque vous aurez récupéré, vous pourrez alors tout recommencer, comme vous le souhaitez, et sans obstruction. J'ai bien pris note de votre message"

Il ne savait pas si elle survivrait, ni si elle sortirait vainqueur de son procès, mais un mensonge pieux, dans le contexte qui se présentait à lui, n'était pas bien méchant. Il se retira ensuite, et quand il fut dehors, il souffla un grand bol d'air frais avant de repartir vers son manoir.

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Pour l'heure du thé [Renaud]
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