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 Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra

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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Mer 6 Juin 2018 - 12:45


Eté - 1er jour de la 4e ennéade de Verimios
10e année du XIe Cycle
Soir du Concile des Pairs

Sous le couvert de la nuit, une ombre se glissait par la sortie de service. Quelques pas dans la ruelle derrière les hauts murs de l’hôtel particulier et et rabattait une profonde capuche sur son visage juvénile, cachant son expression farouche et les grands yeux bleus qui prouvaient d'un regard qu'elle avait du murir avant l'heure.

La respiration haletante, les larmes de colères menaçant de la submerger, elle marchait droit devant elle. Elle ne savait pas exactement vers où, mais elle ne pouvait plus rester là. C'était fini ! Elle avait eut tort de penser ne serait-ce qu'un instant qu'elle pourrait faire mieux que sa mère. Le problème ne venait pas d'un ou deux nobles déshonorés mais de toute la noblesse qui avait perdu sa parole aussi bien que sa morale. Même Guilhem, même Cécilie auraient préférés qu'elle se taise ?! Elle comprenait que c'était par peur de ce qui pourrait lui arriver à elle, mais si même les gens de biens se cachaient derrière le mensonge pour protéger leurs intérêts comment tout cela pouvait-il s'améliorer ?! Elle en avait assez ! Tellement assez !

D'un geste rageur, elle se sécha les yeux. Autour d'elle, le cossu quartier du temple avait disparu. Elle n'avait pas la moindre idée de l'endroit ou elle se trouvait. Elle s'en fichait... Jusqu'à ce que trois hautes silhouettes se glissent telles des serpents autour d'elle.

De son côté, Romain le manchot fut réveiller par un cri aiguë. Il se retourna pesamment et s'apprêtait a gueuler un bon coup pour que la putrelle criarde la mette en sourdine, mais en ouvrant son oeil vaseux, il vit une jeune fille tenant un petit couteau vers quelqu'un, comme pour se défendre. Il se renfonça dans son coin d'ombre et observa plutôt en silence, la boule au ventre. S'il se laissait prendre par une bande de maraudeurs, il ne passerait pas la nuit...

Respirant à peine, il ne voyait pas bien la scène. Seules l'éclat des lames était parfaitement visible à cause d'une lointaine torchère. Et c'est donc tout à fait clairement qu'il vit un homme portant une grande faux agricole s'en aller en tenant fermement la jeune fille. A aucun moment l'idée qu'il soit juste reparti à son côté ne lui effleura l'esprit.



Eté - 2e jour de la 4e ennéade de Verimios
10e année du XIe Cycle


Cela faisait presque vingt-quatre heures de Linaëlle avait disparue et Anthoine piétinait.

Assi sur le rebord d'une fontaine, près de deux brebis maigrelettes qui buvaient à grande goulées sous l’œil attentif d'un garçonnet, il caressait la grosse tête de Tragen pour en calmer les pleurnichements.

- ça va aller mon vieux. on va retrouver ces salops et aller se mettre au frais.

Comme s'il avait compris, l'énorme chien noir au ventre brun plongea le museau dans l'eau. Le molosse n'aimait pas la chaleur et les températures étouffantes de Diantra depuis que le vent était tombé ne l'aidait vraiment pas. Le matin même, il avait entendu un vieux vendeur de rhubarbe qu'un orage se préparait. Il l'espérait de tout coeur, autant pour lui que pour son ami à quatre pattes. En attendant, le jeune soldat prit quand même le temps de finir son pain au fromage, d'ébouriffer ses courts cheveux châtains et d'épousseter l'armure de cuir et de mailles qui lui donnait l'air d'un mercenaire. Il n'avait pas dormit la nuit précédente, à peine fait une sieste et la soirée ne faisait que commencer.

- Allé l'ami, on s'y remet."
lança-t-il bientôt au gros angola qui se releva immédiatement pour suivre son valeureux maître sous les yeux craintif du garçonnet. Du haut de des 1m15 au garrot, l'animal fait presque sa taille et était bien plus imposant en terme de muscles, de crocs et de griffe. Pourtant c'est avec la gaieté d'un chiot qu'il agitait son minuscule bout de queue en trottinant au côté d'Anthoine, la truffe humant chaque parcelle d'odeur à portée de lui.

Depuis près de trois heures, le jeune homme cherchait à retrouver la trace d'un homme grand portant sur lui une faux agricole sans donner l'alerte à toutes les mafias de la ville. Dur travail que celui-ci... Pourtant d'après ce que lui avait dit le mendiant, il était dans le bon quartier. Tournant au coin de la place du lavoir, il aperçut une enseigne d'auberge. Une de plus... Combien en avait-il faites depuis la veille ?

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Grayle Gardair
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Mer 6 Juin 2018 - 19:55

L'arrivée de l'homme en armes fit accueillie par une indifférence absolument complète de la part des clients. Tous étaient attablés, soient après une courte journée de labeur, ou en train de l'éviter. Hommes et femmes (surtout hommes en fait) vaquaient à leurs occupations. Attablés au comptoir, ou autour de tables circulaires, potins, rumeurs, amitiés et argent s'échangeaient au fil du temps et des cartes. L'ambiance était bonne, tranquille, confortable même. Dans un coin de la pièce, un joueur de luth égrenait quelques notes qui, bien que discrètes, ajoutaient un rythme, une constante aux bavardages sourds de l'endroit.

Personne donc ne remarqua Anthoine, ou plutôt, personne ne lui accorda la moindre attention soutenue. Son chien par contre... quelques sourcils se levèrent, et une paire d'homme s'écartèrent, leurs chaises grinçant sur le sol de bois. L'aubergiste ouvrit des yeux ronds comme des soucoupes. Ce n'était pas un molosse ! C'était un véritable poney canin ! Anthoine put sentir sur lui son regard autoritaire. Un simple échange silencieux suffisait pour comprendre ce qu'il disait : surveille ton chien, ou ca va barder pour ton cul. Avec l'âge, les aubergistes, et leurs cousins taverniers, arrivaient à se faire comprendre d'un coup d'oeil, au point que les plus vieux pouvaient, selon les légendes, échanger de longues conversations, sans piper le moindre mot.

C'est sans doute pour ca que personne ne pouvait s'empêcher de leur demander des informations, même si, soyons honnête, 90% d'entre eux peuvent tout juste vous renseigner sur le nombre de chambres restantes ou le prix d'une bière. Et encore...

Aussi, l'aubergiste compris instantanément que ce jeune homme en arme se dirigeant d'un pas pressé vers lui ne venait pas demander une bière.

- Qu'est ce que je peux faire pour vous ? demanda t-il en essuyant machinalement un verre tellement propre qu'on pouvait admirer son reflet dedans. ILorsqu'Antoine lui disait chercher quelqu'un, il haussa un sourcil, avant de sourire d'un oeil malicieux derrière son épaisse moustache.

- On cherche tous quelqu'un petit. La vie est trop courte pour se faire seule, pas vrai ? Il reprit son sérieux en voyant que le jeune homme ne goûtait pas à sa plaisanterie. Bien, bien... allez, je t'écoute. Qui précisément ?

Un jeune homme. Avec... une faux agricole ? Pas banal. Il réfléchit. Ou plutot, fit semblant de réfléchir.

- Ici, c'est une auberge. On consomme. Pour que je te donne un lit, ou une boisson, il faut payer. Pour les informations, ca marche pareil.

Silence.

- C'est 4 écus. Meeerci.

Les pièces disparurent en un instant, remplacées presque instantanément par une chope de bière. L'aubergiste s'était mit à sourire, comme s'il se réjouissait à l'avance de voir un beau spectacle. Il chuchota, et, tandis qu'il parlait, jetait des coups d'oeils insistants vers sa gauche, comme pour montrer quelque chose, ou quelqu'un, à son interlocuteur.

- J'ai un de mes clients ici qui correspond...

Les deux hommes regardèrent en biais un troisième. Un jeune homme, attablé comme les autres clients. Il était seul, adossé au mur, regardant un âtre orphelin de son feu de cheminée. Ses yeux gris étaient plongés dans le vague et, à côté de lui se trouvait un épais sac de voyage. Grayle, plus pâle que d'habitude, les yeux soulignés par d'épaisses cernes, semblaient récupérer de quelque chose...

- C'tun brave type. Un gosse de la campagne. Soyez pas trop dur avec lui...


Dernière édition par Grayle Gardair le Ven 8 Juin 2018 - 17:36, édité 1 fois
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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Mer 6 Juin 2018 - 20:27


- Si c'est bien le type que je recherche, ça dépend pas de moi. Sinon il n'a rien à craindre. " s'excusa Anthoine avant de s'éloigner en direction de la port d'entrée sur un dernier hochement de tête.

Merde... Ce type était à peine un homme. Il aimait vraiment pas quand ça tournait comme ça. Tout en essayant de trouver la meilleure idée possible pour obtenir ce qu'il voulait du gamin, il ouvrit la porte et souffla à son chien en lui tapotant l'épaule. " Calme Tragen. " puis il claqua des doigts et pointa un coin d'ombre à l'extérieur à côté de la porte d'entré " Attend moi là. Tu sais ce que tu as a faire, gros monstre. " Le chien ne se fit pas prier et s'assit sur le pavé qui avait conserver un peu de sa fraicheur, mais l'idée ne perdre son humain de vue ne lui plaisait clairement pas. Tant pis. Anthoine devait rester entièrement concentré sur sa tache, il se rattraperait plus tard.

Une fois le dogue mis à la porte, il revint sur ses pas et cette fois commanda deux chopines pour le plus grand bonheur du patron. Avec les armées, des marchands avaient recommencer à revenir et les alcools avaient gagnés en qualité... et de beaucoup!

Une chope d'étain remplie de mousseuse atterri devant le gaillard aux yeux gris.

- Chaude journée, hein ? "
lança-t-il en s'asseyant tout de go en face du jeune homme sans essayer le moins du monde de cacher son accent missèdois à couper au couteau.  " Le tenancier m'a dit que tu venait de la campagne. Tu chercherais pas du travail dans l'une des fermes qui essaient de rouvrir dans les faubourgs par hasard ?" avec l'enthousiasme qui le caractérisait, il tendit la main tout en laissant le temps à son hôte de revenir de sa surprise.  " Je me présente, moi c'est Anthoine. "
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Louve Noire
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Jeu 7 Juin 2018 - 22:05

Ps: vue l'horaire, j'ai surement fait des fautes. Je corrigerais demain matin quand je serais debout :)

Je me promenais dans la ville de Diantra, l’ancienne capitale semblait reprendre vie par rapport à mon ancien voyage avec le Culte d’Othar. Je me souvins que c’était ici que j’avais rencontré Hanegard et j’avais bien appris les choses. C’était ici aussi que j’avais rencontrer sa femme Jena. Je me demandais si le couple était toujours là. Mon petit groupe de voyage séjournait dans la taverne des « Joyeux errants », réputée pour avoir accueilli de nombreux étrangers de différent milieu. C’était un bon endroit, mes deux amis d’Estrévent étaient en sécurité et ma fille par la même occasion.

Je ne comprenais pas leurs engouements pour Diantra et la raison de visiter cette cité en décomposition. Ils avaient surement la vision de voir Diantra comme une Thaar de la Péninsule. Une vision utopique de la ville. Peut-être, je n’étais pas dans leur esprit. Avec l’insalubrité, le danger était partout, il était facile de venir agresser les pauvres voyageurs. Ils auront une vision de la cité bien plus terne par rapport à leur imagination. Ce qui était triste pour eux. Mais bon, pour ma part, je n’avais pas de quoi à me plaindre. Je voulais me renouer avec le voyage pour un petit moment avant de retourner à Diantra. Avec ces deux estréventins, on partageait un pot commun. C’est-à-dire, j’avais de l’argent pour me nourrir comme une princesse et avoir un bon lit !  Puis, j’avais un couple qui pouvait garder Elia en cas de réel nécessité. Ne me jugez pas, je suis mère peut être mais je suis avant tout une femme. J’aime m’amuser et avoir des défis dans mon domaine.

Je me promenai dans les rues de la cité, admirant les premières reconstructions de la ville, mais la ville avait du mal à reprendre vie. La cité était toujours aussi ruinée. La Guerre n’avait pas épargné la Capitale. Le jeu de pouvoir a laissé au futur nouveau roi une piteuse ville.  

En me faufilant dans les quartiers un peu plus miteux de la ville, je découvris de quoi abreuver ma soif. Avec la chaleur, j’avais envie de boire, de me désaltérer. En Oesgard, l’été n’était pas aussi chaud que dans la capitale. Voir, la chaleur était plus doux. Je n’osais pas imaginer la vie en Estrévent, ça devait être une fournaise.

D’un coup sec, j’arrangeai ma tunique blanche utiliser pour le voyage, mon pantalon en lin noire et fixa d’avantage mon épée derrière mon dos. Je pris une petite corde pour accrocher ma longue chevelure ébène en une épaisse queue de cheval. Je tâtonnais de ma main un couteau, il me serait peut-être utile. A oesgard, il était préférable d’être armé et d’oublier la peur.
J’entrais dans la taverne. Tout de suite, je sentis le regard de quelques individus se poser sur moi. Quelques gueuses me fixèrent d’un air hébété, je les fixais du regard. Puis, peut être que si, des hommes peu recommandables me fixèrent avec avidité. D’accord, j’étais tombé dans une taverne miteuse, remplie de raclure. Je restais droit devant, je me posais devant le bar en face du tavernier. Ce dernier nettoya sa cruche, me fixant un moment du regard. Il semblait surpris de voir une femme avec une épée. Puis de la surprise, je vis du mépris.

« Que puis-je faire pour vous ? »

« Une bière »

L’homme prit la cruche, remplissant le breuvage au maximum. Il était en train de me fixer posant la cruche face à moi. Puis dans un ton indolent. Il tendit sa main

« 5 pièce d’écus »

Je le regardais droit dans les yeux. Je compris que ce mec était en train de me prendre pour une conne. Allez, Lyarra reste soumise et ne fait pas d’histoire. Je sortis ma petite bourse, donna les pièces au tavernier. Silencieuse, je profitais de ma bière.

Un chat se pointa, marcha sur le bar et s’approcha de moi. Il avait une épaisse pellage blanc, me fixant du regard. Je tentais de l’éloigner et me répondit en me crachant dessus. Je poussais un soupire, ignorant le chat. Bon sang, quelle idée de rentrer dans ce lieu pourrit. Quelle idée d’avoir quitté Missède. Bref….Diantra c’était vraiment de la merde

« C’était mon chat… » dit-il une voix étrangère qui s’approcher de moi

« Jolie chat » répondis-je platement.
« Tu as levé la main sur lui » s’approcha-t-il de moi à quelque mètre. « il a plus de droit d’être ici que toi, Femme. »

Je posais ma cruche, je baissais la tête.

« Je ne veux pas de soucis. Je suis désolée. » répondit-je, en entendant quelques rires aux loin…

Il s’approcha de plus près de moi. Je vis son sourire perfide. Je compris que j’avais à faire à un petit truand, croyant avoir affaire à une petite femme qui porter une épée. Il était sur que j'étais sa proie. Quel idée qu'une femme porte une épée. Pour beaucoup, une femme avec une épée était juste un subterfuge, un maquillage pour masquer le coté fragile. Au coin de l’œil, je vis deux hommes qui rigola. Ils étaient surement avec lui. Je le laissais approcher, je gardais mon calme, prête à bondir. Il fallait juste attendre et le broyer. Un jeu d'enfant.

« C’est dommage car tu vas avoir un … » approchant sa main gauche vers mon visage

Sans plus attendre, je saisis le haut de son habit, mon autre main saisis son épaisse chevelure. Je sortis du tabouret. Sans plus attendre, la mâchoire du type s’écrasa à l’arête du bar. Ces dents se fracassèrent contre le bois. Clairement, il était en train de déguster le bois. Je maintiens sa chevelure, enfonçant encore plus sa mâchoire contre le bois. Il était en train de pisser le sang. quand je disais qu'il pissait du sang, c'était équivalent d'une cruche de bière. Oups...j'étais un peu trop violente...

« Ce n’est pas des lapins qui va dresser un loup » répondis-je

Je le relevais, le fixant droit dans les yeux. Il était en pleine somnolence sur l’effet du coup. Je vis les dents tomber en morceau et quelque morceau de dents accrocher contre le bois. C'était beau! Par les dieux, je prenais mon pied d'éclater des hommes et de voir la sale tête de ces types!

« Maintenant, laisses moi boire tranquille. »

Je le poussais avec délicatesse. Ces compagnons virent le récupérer. Je les regardais en esquissant un sourire, un sourire un brin moqueur. Négativement, je secouais la tête, suggérant de ne pas m’attaquer


« Nenni nenni, je ne te conseille pas d’affronter une fanatique d’Othar. Surtout, une Corneille »
pointant du doigt mon épée à deux mains. Je souriais en voyant la peur dans leurs yeux. Je souriais d'avantage car mon mensonge était à moitié vrai. J'avais faillie devenir une Corneille.

Par la panique, le trio quitta la taverne. La guerrière reprit le tabouret, s’asseyant de nouveau. Je reposais mon doigt sur le bois du bar

« Une autre cruche et gratuit. Tu sais très bien pourquoi. Ne me prends pas pour une conne»

Le tavernier me fixa avec étonnement. Il voulut cracher quelque chose mais ravala son mépris. Avec silence, il me servit une autre bière. Pour une fois, j'avais ma tranquillité. Du moins, je l'espérais...
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Grayle Gardair
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Sam 9 Juin 2018 - 11:53

Depuis son aventure de la nuit dernière, Grayle était nerveux. Il n'aimait pas la ville. Tous ces gens les uns sur les autres, cette pierre partout, cette promiscuité, l'absence de grands espaces, d'oiseaux autres que des pigeons crasseux. Des visages plus soucieux que dans son petit village. Il ne se sentait pas bien. Presque malade.

Et maintenant, c'était pire. Il n'avait pas quitté l'auberge depuis la nuit, n'osant pas sortir. Il savait qu'il s'était attiré des ennuis. Il ne regrettait pas son geste, non. D'avoir défendu cette fille, contre ces hommes qui avaient, de toute évidence, cherchés à la violer.  Si ce n'est que maintenant, son épaule lui faisait mal. Il avait nettoyé et pansé sa plaie, utilisant une de ses chemises devenue rouge sang comme bandelettes, mais il savait qu'il aurait besoin de voir un vrai médecin.

Que faire ? Il avait failli tuer cet homme. Il se souvenait encore de son cri, et son bras qui pendant mollement. Ses deux comparses allaient le chercher... et le trouver. Et il ne savait pas à quoi ils ressemblaient, cachés par l'obscurité de la nuit.

Aussi, lorsqu'Anthoine s'assit devant lui, et essaya de nouer la conversation, Grayle compris instantanément pourquoi cet homme venait lui parler.

* Merdemerdemerdermerdermerdemerde *

Ca devait être un des hommes de la ruelle !  Bon dieu, et il avait un chien ! Enorme ! Et une épée ! Une arme, une vraie ! Grayle regrettait presque d'avoir laissé sa faux, récemment nettoyée à cause du sang laissée dessus, dans sa chambre. Il était désarmé.

* Bon... consistance Grayle ! Reste calme ! Inspire... *

- Non. Je ne fais que passer. Je n'aime pas cette ville dit-il avec une amertune difficile à détecter, tant sa voix coulait avec douceur d'entre ses lèvres.

Il tendit sa main avec lenteur, grimaçant lorsque l'homme -légèrement plus âgé que lui- la serra, sans trop forcer, mais avec fermeté. Un éclair de douleur traversa Grayle, qui n'en pipa pas le moindre mot. Juste l'humidité soudaine et temporaire de ses yeux le trahit.

- Je m'appelle Grayle

Comme on le lui avait appris, Grayle ne mentait jamais. Ce qui n'allait pas faciliter sa tâche dans les mois à venir... Il prit une grande inspiration. Il fixait Anthoine d'un air concentré, entre ses deux yeux. Puis, alors qu'il allait ouvrir la bouche, un grand bruit mat se fit entendre, et son attention se reporta sur une femme, grande, en train de tabasser un homme.

Il la regarda bouche-bée. Il n'avait jamais connu que des paysannes, s'occupant des travaux de ferme ou de la prêtrise. En voir une, avec une épée, en train de casser la gueule d'un homme, et avec fierté, était totalement nouveau pour lui. Et une nouveauté qui n'était pas vraiment désagréable... pendant un bref moment, alors que la beauté sauvage et brutale intimidait le tavernier à lui servir une bière, son jeune coeur d'adolescent se mit à battre plus vite.

Il resta au moins plusieurs secondes, comme ca, à la regarder et oubliant complètement la présence d'Anthoine, avant de cligner des yeux et secouer la tête pour reprendre ses esprits.

- Pa... pardon. il reprit son sérieux. Ecoutez Anthoine, je suis qu'un garçon comme tant d'autres qui n'a rien de spécial. Pourquoi vous venez me faire la conversation à moi précisément ?


Dernière édition par Grayle Gardair le Sam 9 Juin 2018 - 21:18, édité 1 fois
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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Sam 9 Juin 2018 - 15:32


Bon. Clairement, le garçon n'avait pas l'habitude des ennuis ou même de la ville. C'était un vrai voyageur de campagne. Peut-être traversait-il la Péninsule avec des réfugiés ? Pour aller en Edelys surement. Le Grand Prieuré avant aidé tant de pauvres aires, pas étonnant qu'il en attire de plus en plus... Mais il y avait plus étonnant. Anthoine lâcha sa main en le sentant se tendre légèrement, comme s'il lui avait fait mal. Il fronça les sourcils, ne pouvant s'empêcher de le scruter tandis que le le voyageur se voyait happé vers l'origine d'un bruit qu'Anthoine avait clairement identifier comme le début d'une bagarre de comptoir et rangé dans la case "inintéressant" de son esprit. Il était blessé ? Que s'était-il passé ?

Il cherchait si fort à percer la mentalité de ce type, qu'il mit un certain tant avant d'identifier le trouble sur le visage de Grayle. Et quand il en vit la cause... il se tourna aussi sec de façon à ce que la nordienne ne puisse pas voir son visage. Il se rappelait d'elle... Lourmel, Missède, le Cloitre, et avant tout Amblère. Jindanor avait du la garder à l'oeil après avoir échouer à la renvoyer aux fraises. S'il voulait avoir une petite chance de retrouver Linaëlle sans que la moitié de la ville n'y passe il valait mieux pas qu'elle s'y mêle... D'ailleurs c'était déjà un miracle qu'elle n'ai pas remarqué Tragen à l'entré de la buvette.

Au final, ce fut Grayle qui le tira de ses élucubrations. Quelle que soit son origine, le bougre avant de la suite dans les idées. Très bien.

Perdant la bonhomie qu'il s'était imposée pour abordé le jeune homme, il opta plutôt pour l'expression dure et autoritaire qu'il servait aux nouvelles recrues de la garde.

- Très bien. Je viens à propos d'une gamine qui a disparut hier soir. Assez grande, maigrichonne, cheveux noirs, regard farouche, sale caractère. Elle fait parti de la suite de la Dame pour laquelle je travaille. On m'a dit que tu savais ou elle était. " La façon dont sa main d'arme effleurait à peine le bois de la table, prête à sauter sur le pommeau de son épée était on ne pouvait plus clair. Soit il obtenait des réponses calmement en discutant autour d'une bière. Soit il les obtiendrait de façon moins sympathique.
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Grayle Gardair
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Sam 9 Juin 2018 - 22:07

Grayle inspira longuement en voyant la main d'Anthoine effleurer doucement la table, vers une poignée que Grayle ne voyait pas, mais devinait. Ce type... était prêt à le mutiler, voir le tuer pour avoir ces informations. Le coeur du jeune homme battait à toute vitesse, et ses jambes tremblaient distinctement sous la table. Une énergie nouvelle, violente, irrépressible, envahit son corps. L'aldrénaline. Inspiration. Expiration. Le paysan essayait tant bien que mal de juguler ce raz-de-marée de violence qui couvait en lui.

Toutefois, quelque chose le rassurait un peu. Cet homme n'était pas un brigand ou un tueur. Il connaissait cette jeune fille. Il était du côté des gentils ! Oui, il pouvait lui faire confiance.

- Elle...

Grayle referma la bouche, et fronca les sourcils.

* Attend un peu Grayle... *

Son esprit était clair. Lucide. A l'affût. La peur panique disparaissait peu à peu, remplacée par l'instinct de survie. Mais pas celui du lâche.

- Attendez deux secondes.

Grayle ferma les yeux, secouant la tête.. avant de se redresser sur sa chaise et de se reculer légèrement. Comme pour mieux voir son interlocuteur. Il penchait la tête légèrement sur le côté.

- Je sais de qui vous parlez. Et je sais où elle est.

Il pouvait presque sentir Anthoine vibrer. Il lui laissa enregistrer l'information. Avant de parler. Il se sentait dans un état second, ses mots sortants presque tout seuls de sa bouche, et avait l'impression de se regarder lui-même, de facon distanciée.

- Je suis ignorant, mais pas stupide. Je suis le seul à savoir où elle est. On est dans une taverne, avec des gens partout. Je ne pense pas que me tabasser en public vous arrangerait.

Il se souvint de quelque chose. La femme qui avait cassé la figure de ceux qui lui avaient cherchés des noises. Anthoine... avait vite détourné son visage. Est ce qu'il la connaissait ? Cherchait-il à l'éviter, même ? Un plan, rapide et complètement incertain, germait dans l'esprit de Grayle.

- Vous dites travailler pour la même suite que Linaëlle. Elle ne m'a pas parlé de vous.

Il l'avait fait. Il avait lâché son nom. Il s'attendait à ce que qu'Anthoine lui saute dessus.

- Est-ce-vrai ? Vous mentez peut-être. Les meilleurs menteurs ont la tête d'hommes sincères. Si ca se trouve, vous lui voulez du mal.

Il gonfla sa poitrine, et respira. Il suait. Grayle était fatigué.

- Vous me faites peur, mais je ne vais pas arrêter de réfléchir pour autant.

Il se souvint de quelque chose. La femme qui avait cassé la figure de ceux qui lui avaient cherchés des noises. Anthoine... avait vite détourné son visage. Est ce qu'il la connaissait ? Cherchait-il à l'éviter, même ? Un plan, rapide et complètement incertain, germait dans l'esprit de Grayle. Il ne faisait pas confiance à Anthoine. Il n'avait aucune raison de le faire. Lui était un homme de la campagne. Il ne connaissait rien de la ville. Tous pouvaient exploiter son ignorance. Sa naïveté. Grayle essayait de maîtriser ses paroles, de ne pas trembler, alors qu'il hurlait d'envie de hurler et de fuir.

- Donnez moi une raison de vous dire ce que je sais, une garantie autre que ne pas finir empalé sur votre lame. Et je n'inviterais pas la Dame au comptoir à boire un verre avec nous. Je vous ai observé. Vous n'avez pas l'air d'avoir envie de la voir...

Tenir une conversation de ce genre. Une bataille de mots. Cela l'excitait, étrangement, même s'il continuait de froler la panique. Et s'il avait été ridicule ? Et si Anthoine, sans doute bien meilleur que lui à  ce jeu, se mettait à balayer ses arguments d'un revers de main ? Il n'avait jamais fait ca. Argumenter.

Inviter une femme à boire, il ne l'avait jamais fait non plus...
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Dim 10 Juin 2018 - 12:23


Anthoine cru bien que ça allait se passer sans heurt et son estomac se détendit. Avant c'était Jindanor le méchant et lui qui essayait de le tempérer, mais la taille mastodontesque de son ami déliait les langues sans soucis... Maintenant il devait assurer sur tous les front et même s'il savait qu'il tiendrait le coup pour pouvoir se regarder en face, la carapace que le jeune homme avait forgé ne représentait en rien le cœur d'or et de guimauve qu'il y cachait.

Manqué...

Le gamin recula sur son siège et pris des airs sûr de lui, comme s'il était en mesure de contrôler quoi que ce soit de cette conversation maintenant qu'il avait révélé qu'il était bien lié à l'enlèvement d'une Duchesse ! Son sang se mit à bouillir et il allait se lever pour le saisir au col lorsque le jeune homme dit un mot qui lui fit froncé les sourcils au point de transformer ses yeux en deux fentes noires. Linaëlle... Il connaissait son nom... La gamine lui avait parlé... Il en parlait comme d'une amie ou d'une connaissance, pas comme un rapace parle d'une proie qu'il garde au chaud pour la récompense. Et même s'il venait d'agir en faisant preuve d'une stupidité manifeste, au moins cela prouvait qu'il n'était ni un menteur aguerri, ni habituer aux embrouilles et à la présence de la garde.

Mais alors quand le jeune blanc bec essaya de le menacer...

Cette fois, Anthoine se leva et tendit le bras au-dessus de la table. IL avait hésité à refermer la main sur l'épaule endolorie du  gringalet, mais même dans ce genre de situation il n'était pas sadique pour un sou. Il le chopa donc par la nuque, l'obligeant à se lever, collant presque son visage au sien, le regard noir. A cette distance, le campagnard pouvait sans peine apercevoir les profondes cernes et les yeux rougis du militaire.

" Écoute moi bien. Je ne tolèrerai pas qu'on plaisante avec la vie d'une gamine. Cette fille à disparue hier soir et vu sa mauvaise tête elle est sûrement en grand danger à l'heure qu'il est alors tu vas me dire où et quand tu l'as vue. Je n'ai pas de temps à perdre avec un jeune coq dans ton genre. " Il avait parlé de façon à ce que le jeune homme soit le seul à entendre, puis il ajouta à l'attention du reste de la salle en levant bien haut l'ordre de mission qu'il venait de cueillir dans son aumônière. Bien peu pourraient le lire, mais il se terminait par les cachets et les signatures de la Comtesse de Missède et du Vicomte de Tall. " Tout va bien braves gens. J’opère au nom de la Comtesse Cécilie de Missède. "

le Comté de Missède et le Duché de Langehack étaient ceux qui avaient le plus tenus Diantra de manière à protéger les habitants, briser les mafias et assurer le ravitaillements pendant plus de deux ans, après les guerres civiles et les incendies champêtres qu'avaient causés les problèmes de succession royale. Soltariel avait mêlé ses effort aux leurs lors du dernier hiver et les habitants du cru avaient l'habitude de voir des suderons et des langecins agirent pour remettre de l'ordre. De plus, si beaucoup dans la salle s'en fichaient à l'heure qu'il était, les cargaisons de grain dont la ville avait dépendue pendant plus d'un an alors que le nord avait rompu ses routes commerciales, portaient en très grande majorité le sceau de Missède. Le jeune campagnard ne pouvait pas le savoir, mais l'accent missèdois d'Anthoine était en soit un gage de sympathie.

Plusieurs froncement de sourcils et quelques tristes mines dans la salle, sans qu'on sache si c'était à l'intention d'Anthoine ou du type qu'il tenait.

Anthoine n'était pas un diplomate, encore moins un politique. C'était un soldat et c'était de façon assez peu orthodoxe qu'il avait brigué un poste d'officier subalterne. Alors la meilleur façon de finir cela rapidement était de flanquer une bonne frousse. Il comptait surtout s'arrêter à la sortie de la taverne et le convaincre de déballer tout ce qu'il savait sur Linaëlle mais il restait un grain de sable à retirer de l'engrenage. A contre cœur, il ajouta donc en s'efforçant de faire comme si tout était calculer depuis le départ :

" Dame Emilie, vous m'aidez à le ramener ? Sa Grandeur a besoin de toute l'aide disponible. "

Pendant ce temps, le mastard qui avait sucé le comptoir était sorti de là à grand peine par quelques copains encore gaillards. Homme ou femme, quand un garde en mission officielle était dans le coin, mieux valait ne pas trop faire de vagues.
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Louve Noire
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Mar 12 Juin 2018 - 17:12

Pendant que je buvais ma choppe en toute tranquillité. Je réfléchissais à mes éventuels projets futurs. Qu’allais-je faire après ? Aujourd’hui, je reprends pour un petit temps ma vie de nomade mais je sais que c’était bien éphémère. Dans quoi quelques mois, je serais de nouveau à Missède et je trouverais de quoi me loger. Missède était mon coup de cœur. Quand mon corps sera une vielle carcasse, je voudrais mourir ici. Pour ma fille, Missède était peut-être le bon endroit pour qu’elle puisse épanouir. C’était certains, mon véritable chez moi était Missède. Mon point fixe était là et je ne chagerais pas d’endroit. Le voyage sera juste le bon plaisir de découvrir de nouveaux horizons, découvrir ce que je n’avais jamais vue. Pour Elia, le voyage était le meilleur moyen de grandir, de croiser. D’ailleurs, il était temps de la préparait…il était temps de la préparer à devenir femme. 11 ans…Déjà…ça passe trop vite et je sens qu’elle ne veut pas rentrer dans cet étroit passage. Rusée, intelligente…Elle était mais je sens qui reste encore les restes de la petite fille.En soit, elle ne voulait pas grandir. Ce qui était dérangeant. C’était nier la vérité en face… ? A contre cœur, je vais devoir casser ce petit lien de petite fille. Dans peu de temps, je vais devoir être strict, lui donner des responsabilité…. Comment, pourrais-je faire ? Je ne sais pas. Je n’ai jamais été mère. Pour ne pas dire, mon éducation n’était pas la meilleure pour éduquer ma fille. Là, je vogue dans un brouillard complet.

Puis, ma réflexion s’interrompit. Je portais mon regard vers le sujet du problème. Mon regard se portait sur le premier homme. Je semblais reconnaitre son visage. C’était Anthoine. Qu’est qu’il foutait là lui ? Si, cet homme était là. Cécilie était surement présente. Il faut croire que le destin force à nous croiser souvent. Cependant, le chevalier prit en otage un pauvre paysan. Il était plutôt jeune…Je restais songeuse

« Tout va bien braves gens. J’opère au nom de la Comtesse Cécilie de Missède. »rassura-t-il

Les poivrots qui peuplaient la taverne ne laissèrent aucun son mais leurs regards étaient remplis de message insidieux. Mais, à mes yeux, le monde semblait s’en foutre. Cependant, Anthoine s’approcha de moi à la hâte. Qu’est qu’il me voulait ? Je ne prêtais pas attention. Je retournais boire ma cruche sans me poser la question.

" Dame Emilie, vous m'aidez à le ramener ? Sa Grandeur a besoin de toute l'aide disponible. "


Je terminais ma Cruche, il me fixait intensément. Bon, je ne savais pas dans quoi on m’emmenait. Au vue du regard d’Anthoine, il voulait vraiment de mon aide.

« Arrête avec le langage solennel. Je déteste ça." soupirais-je avant de conclure "je viens, ne te fais pas de soucis."

J’adressais un regard à ce jeune homme. Je le détaillais de fond en comble. Il était surprenant de voir un pauvre bougre avoir un souci avec Antoine. Je ne tardais pas à découvrir la raison.
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Grayle Gardair
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Mar 12 Juin 2018 - 23:12

Tête contre tête, les deux jeunes hommes, des gamins aux yeux du reste du monde, se fixaient, l'un, colérique et sur le point d'exploser, et l'autre, calme et composé. Il s'était attendu à ce que le soldat se calme un peu, mais ce dernier avait manqué d'exploser. Il était en colère, mais Grayle ne reconnaissait pas ici la frustration de celui à qui son désir échappe. C'était une colère née de l'inquiétude, et, à ce moment précis, alors qu'Anthoine se voyait surement en train de lui casser la figure, Grayle fut légèrement plus rassuré sur les intentions réelles de l'homme.

Ses craintes furent définitivement balayées lorsque ce dernier annonça à la ronde son ordre de mission. Le paysan n'imaginait pas qu'un criminel puisse en falsifier un aussi vite. Toutefois, son statut, celui de simple paysan, par rapport à un homme qui, grâce à un bout de papier, avait plus de droits que lui, avait un goût amer dans sa bouche... Anthoine le remit en place sur sa chaise, brutalement, avant d'aller voir la dame au comptoir, à qui il demanda de l'assister.

* Emilie... c'est un joli nom* pensa Grayle, oubliant un bref instant sa condition, qui lui revint en pleine face lorsqu'Anthoine et la dite-Emilie se retrouvèrent en face de lui.

- Moi c'est Grayle dit-il dans un pâle sourire, à mi chemin entre l'embarras et une tentative assez maladroite d'être séduisant. Il put presque visualiser Anthoine lui en coller une. Il se leva alors, pour la première fois, et ils purent prendre mesure du gabarit du paysan. Il dépassait Anthoine de quelques centimètres, mais était aussi et surtout beaucoup plus large, avec des jambes épaisses et des bras puissants, qui tranchaient avec son visage juvénile, fiché sur un cou d'homme mûr.

* Respire, respire Grayle* Pour l'instant, il était assez fier de lui. Il arrivait à garder la tête froide. Quoi qu'on en dise, sortir du village allait lui permettre de mûrir plus vite !

- Je... écoutez Anthoine. Je n'allais pas dire tout ce que je sais au premier inconnu prétendant connaître Linaëlle que je croise, n'est ce pas ?

Il chuchotait avec douceur, comme lorsqu'on console un petit enfant effrayé la nuit. Il regarda autour d'eux.

- Vous voulez me suivre dans ma chambre ? Personne ne nous entendra.

Ils acceptèrent, mais, à la surprise de Grayle, un 4 eme protagoniste fit son entrée : un chien, énorme, un molosse d'une taille absolument effroyable qui jeta un souffle de terreur dans la pièce. Le tavernier manqua de s'étrangler, mais, après la démonstration d'Anthoine, personne n'osa rien dire. Grayle, lui, regardait le chien avec fascination, quand bien même ce dernier, comprenant l'hostilité de son maître envers le paysan, grondait d'un air menacant.

Grayle, qui avait vécu toute sa vie entouré par les animaux, fut lutter contre une irrésistible envie d'essayer de caresser le molosse. Lui aussi avait eu un chien. Marble. Un magnifique chien de berger. Le voir mourrir de vieillesse, alors que lui-même n'avait que 15 ans, était un des plus difficiles souvenirs de Grayle.

Il chassa ces souvenirs et se contenta d'un " C'est un beau chien... il s'appelle comment ? " puis, il leur fit signe de le suivre.

Sa chambre était au dernier étage de l'auberge, tout au fond du couloir de droite. Il ne marchait ni trop vite, ni trop lentement, les mains bien en évidence. Ils pouvaient tous les deux voir la balafre qui allait de l'arrière de son crâne jusqu'à son oreille, tracant un sillon encore violacé bien visible malgré les cheveux qui le recouvrait. Lorsqu'ils arrivèrent devant la porte, il s'écarta, donnant les clés à Anthoine, l'invitant à entrer en premier.

- J'ai une faux à droite tout de suite en entrant

Ils entrèrent, verouillant la porte derrière eux. La chambre n'était pas luxueuse. Un lit simple peu confortable, une minuscule table avec un tabouret, et un meuble trop petit pour ranger beaucoup de vêtements. Il faisait chaud, la petite pièce conservant très bien la chaleur. Dans un coin se trouvait un seau d'eau à moitié recouvert par une chemise sanglante, dont le liquide carmin s'était mélangé avec l'eau.

La faux de Grayle reposait contre le mur sur son côté gauche, menaçante, juste en face du lit. En s'approchant, ils pouvaient voir que l'outil sortait un peu de l'ordinaire. Son manche était solide et avait été manifestement taillé et entretenu par quelqu'un compensant son absence de talent d'exception par une dévotion manifeste.

Mais surtout, sa lame. De fines ondulations couraient sur cette dernière, donnant naissance à des motifs anarchiques, aléatoires, mais néanmoins fascinants. Enfin, surtout, une inscription était gravée sur la partie supérieure et non tranchante de la lame, suivant la courbure tout du long.

"Pour que les autres puissent vivre"

Enfin, sur le meuble, une urne, long rectangle mettalique, était posée bien en évidence.

Grayle s'était installé dos à la fenêtre, le plus loin possible de la porte, se coupant lui même sa seule voie d'échappatoire. Il alla droit au but.

- J'ai croisé Linaëlle avant hier soir. Après minuit je crois... je me baladais et j'ai entendu un cri, alors je suis venu. C'était dans une ruelle de la basse-ville, et trois hommes étaient en train de l'agresser et de l'insulter. Je n'ai pas vraiment vu leur visage. Il faisait nuit...

Il revoyait encore la scène. La jeune fille criant de terreur, son corps projeté contre un mur. Le bruit du ceinturon qui se défait. S'enfuir ne lui était même pas venu à l'esprit. Il avait eu une sœur, du même age... ne pas venir à son secours l'aurait poursuivi toute sa vie.

- Je suis intervenu du coup. Il désigna sa faux d'un signe de tête.

- L'un d'entre eux a failli laisser un bras je crois. J'ai failli perdre le mien aussi dit-il en tirant légèrement sa chemise sur le côté. Sa clavicule gauche était salement marquée par un bleu et une entaille saignante, maladroitement cachée par une bandelette. La main tirant sa chemise n'était pas non plus épargnée. Il lui manquait le petit doigt.

- Je me suis enfui avec elle ensuite. Elle m'a dit avoir fugée. Enfuie. Qu'elle voulait plus revenir. Qu'elle en avait marre des mensonges de la noblesse, que je pouvais pas comprendre.

Il se gratta derrière la tête, embarassé, ses doigts courant sur sa cicatrice.

- Je ne pouvais pas la laisser toute seule, surtout après ce qui s'est passé... mais ce n'était pas non plus à moi de lui dicter quoi faire... elle m'avait dit que sa famille était morte, et que les nobles qu'elle servait étaient des tyrans. Je comprenais qu'elle veuille être libre. Elle ne m'aurait pas laissé la ramener de toute facon, et ne m'a pas dit d'où elle venait. Mais j'ai réussi à la raisonner. Je l'ai amené au temple des martyrs. Vous savez, celui qui acceuille les orphelins et les dépossédés. Je me suis dit qu'elle y serait à l'abri, qu'elle pourrait y trouver de nouveaux vêtements, de la nourriture, et qu'elle pourrait réfléchir un peu...

Silence.

- Je peux vous y amener, naturellement. Après ce qu'elle m'a dit... je ne sais pas trop si elle veut vous voir. Mais... je pense que c'est la meilleure chose à faire. Je comptais aller la voir de toute facon.

Il ne savait plus quoi penser. Anthoine semblait réellement s'inquiéter pour elle, mais la jeune fille lui avait dit que ceux qu'elle servait était horrible. Est ce qu'elle avait raconté des bobards ? Mais elle semblait si sincère ! Il ne savait plus qui croire, ni quoi penser... il avait fait ce qui lui semblait être la meilleure chose à faire, et malgré ca, il n'arrivait pas à s'enlever de la tête qu'il avait échoué, encore une fois.

Il soupira, étouffant un sanglot, plus de fatigue et de lassitude qu'autre chose, avant de passer son visage entre ses mains. Ses jambes recommencaient à trembler, d'inquiétude plus pour elle qu'autre chose.

- Par Néera, qu'est ce que j'étais sensé faire... je sais pas... je suis pas fait pour ca. Je sais plus qui croire...


Dernière édition par Grayle Gardair le Mer 13 Juin 2018 - 12:51, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Mer 13 Juin 2018 - 11:57


A côté de Tragen qui remuait son moignon de queue, Anthoine se trouvait pour le moins... con. Il passa une main sur son reliquat de barbe mal rasée due à sa nuit blanche et se gratta la tête. Ce gosse était tailladé de partout et sacrément taillé pour son âge supposé... Dans un sens, il lui faisait penser à Jindanor et ça n'arrangeait strictement rien. Bande de gueule cassées au grand cœur de mes deux !

Quoi qu'il en dise... Il y était allé fort... Trop fort... Il avait besoin de retrouver cette gamine et d'une bonne nuit de sommeil pour retrouver son équilibre mental. La préparation du Concile et maintenant ça... Cécilie voulait sa mort.

Alors que le jeune homme retenait ses sanglots et exprimait son trouble, il fit signe à Emilie de s'écarter un peu de lui pour lui parler à voix basse. Il pourrait peut-être entendre mais le but était surtout de faire preuve d'une certaine pudeur. Il n'avais jamais su comment gérer les femmes qui pleurent alors les hommes...

- Voilà l'histoire. Comme tu l'as sans doute compris maintenant, Linaëlle a disparue hier soir. Tous les Langecin de Diantra sont sur le qui-vive et c'est la première piste sérieuse qu'on trouve. Il faudrait que j'aille prévenir mes supérieurs. Si je te le confie, vous pourriez aller au temple des martyrs pour vérifier ce qu'il dit ? Si Linaëlle y est tu auras plus de chance de la convaincre de rentrer que moi. Tu as passer plus de temps avec elle aux Espérines. Et tu pourras les ramener tous les deux au manoir, histoire qu'on éclaircisse tout ça a postériori et que ce type soit correctement récompensé. Et si il a menti, bah ramène le et ce sera à sa Grandeur et au Seigneur de Tall de trouver quoi faire de lui." De toutes les personnes dont il aurait aimé avoir le concourt, elle ne figurait pas en première place, mais il était au moins sûr qu'elle ne laisserait ni Linaëlle en mauvaise posture, ni un kidnappeur s'en tirer librement. Tout en parlant, il jetait des regard plus amicaux et encourageants qu'il ne l'aurait voulu envers le jeune homme bouleversé. L'écart entre toutes ses blessures, sa façon de parler et son air juvénile était si grand que s'en était quelque peu déstabilisant. " Tu pourrais faire ça pour nous ? "

Si tel était le cas, il ne tarderait pas à sortir avec Tragen pour courir donner la position supposer de Linaëlle et le signalement de son informateur à la Comtesse, Tall et aux Vertueux de leur suite. Dans le cas contraire... Et bien il devrait les accompagner au pas de course jusqu'au temple.
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Mer 13 Juin 2018 - 13:20

Pendant que le petit duo était en train de parler. Je regardais la Chambre du petit Paysan. A ma manière, j’étais attentive à leurs discutions pendant que mon regard se posait sur chaque coin de la chambre. Je découvrais à peut prêt comment ce petit jeune homme vivait seul. Il était assez ordonné. En clair, c’était un jeune homme avec un esprit ordonné et calculateur. Sur le coup, il avait une qualité que je n’en avais pas dans ce domaine.  Ce petit homme avait des qualités, mais, je m’obligeais à ne faire aucune remarque.

Lorsque le sujet du problème était la disparition de Linaelle. Je restais muette, j’écoutais avec attention les paroles de Grayle….D’accord, j’ai saisis le soucis. Une fugue…Puis, le problème était une tentative de viol et Grayle l’a sauvé avec sa faux. Les malfaiteurs n’allaient pas l’agresser, ils allaient la violée. Sur le coup, je reçus un excès de rage, mordant ma lèvre inférieure.  Bien heureux que le type soit bien blessé. Bien fait pour sa gueule ! Si c’était moi, je l’aurais arraché ces couilles et je l’aurais mis dans ses couilles. Si, cela tenait qu’à moi.

- Par Néera, qu'est ce que j'étais sensé faire... je sais pas... je suis pas fait pour ca. Je sais plus qui croire...

Je regardais le jeune homme droit dans les yeux, découvrant des sanglots qui tenter malheureusement de cacher. C’était mignon. Un brin d’innocence que je n’avais pas envie qu’il disparaisse si vite. Cette situation était dangeureux mais il a fait sans le savoir le rôle d’homme. Peu d’homme oserait prendre telle risque. Les vrais hommes ne courent pas dans les rues. Ce qui manque cruellement dans la Péninsule…

Puis, Anthoine s’approcha et me parla à voix basse.

- Voilà l'histoire. Comme tu l'as sans doute compris maintenant, Linaëlle a disparue hier soir. Tous les Langecin de Diantra sont sur le qui-vive et c'est la première piste sérieuse qu'on trouve. Il faudrait que j'aille prévenir mes supérieurs. Si je te le confie, vous pourriez aller au temple des martyrs pour vérifier ce qu'il dit ? Si Linaëlle y est tu auras plus de chance de la convaincre de rentrer que moi. Tu as passer plus de temps avec elle aux Espérines. Et tu pourras les ramener tous les deux au manoir, histoire qu'on éclaircisse tout ça a postériori et que ce type soit correctement récompensé. Et si il a menti, bah ramène le et ce sera à sa Grandeur et au Seigneur de Tall de trouver quoi faire de lui. Tu pourrais faire ça pour nous ? "

Avec délicatesse, je posais ma main sur l’épaule d’Anthoine, lui donnant une caresse pour le réconforter ou lui retirer du poids. Il serait surement surpris de voir une femme d’épée avoir une grande délicatesse. Peut-être…Je ne sais pas vraiment. Il était sûr que l’homme était éprouvé, fatiguée et la peur rongeait l’intérieur de cet homme.

« Fais ce que tu dois faire. Mais, surtout, reposes toi. Ton visage est marqué. Je me débrouillerais, rassures toi. Pense à toi maintenant. La peur t’a trop rongé. Rassures Cécilie que je protègerais Linaelle comme à l’Espérine. Je ne laisserais aucune personne la toucher. »


Puis, mon attention se porta sur Grayle. Je le regardais avec attention. OPendant que l’homme se morfond sur lui-même. Je m’approchais de lui. Avec mon doigt, je lui relevais le menton. Mes yeux bleus se fixèrent aux siens. D’un geste simple, je retirais le sanglot

« Pas la peine de pleurer. » repris-je avant de continuer « tu as fais ton rôle d’homme. Etre un homme n’est pas facile. Mais, tu l’as bien fait. Alors sois fier ce que tu es. Saches le. Toi et Antoine, vous êtes des hommes. Et les vrais hommes ne courent pas dans les rues. »

Un moment, je fronçais les sourcils, regardant la fenêtre de la ville. J’étais contrarié. Dans la ville, les brigands ou les syndicats du crime n’étayent pas enclin à rester les bras croisés. Les hommes voudront la mort de ce paysans ou ma mort. Il était certain que le danger était à nos porte. Donc, il était prudent d’être méfiant. Je ne pouvais plus me permettre d’être calme, détendue. Je restais aux aguets, n’hésitant plus à sortir ma lame.  

Emmène-moi à elle, Grayle. Cependant, gardes les yeux ouverts. Les renards rodent dans les rues et je vais te demander d’être un Loup. Les malfaiteurs ne vont pas rester sur leurs faims. La raclé que tu as mis hier et moi avec le type de la taverne.Il y a un fort risque de vendetta. Ils ne vont pas rester calme. On doit faire vite, discret. » respirais-je un bon coup avant de terminer « Pardonnes moi d’avance. Si le danger vient, je risquerais d’être très violente. La taverne n’est rien par rapport à ce que je pourrais faire contre éventuel malfrat. Si, je risque de te choquer ou te faire peur. Pardonne-moi. Bref, on y va. On perd du temps. »
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Jeu 14 Juin 2018 - 15:44

Grayle respirait profondément, essayant de se calmer. Comment pouvait-il être aussi malchanceux ? D’abord, son père, et maintenant… il ne comptait rester à Diantra qu’un jour ou deux, afin de prier tous les dieux, et voilà qu’il était mêlé à une affaire de disparition d’une noble. Etait-ce une épreuve que Néera avait mise sur son chemin, pour le tester, encore ?

Il regarda Anthoine et Emilie se chuchoter quelqu’un chose, avant qu’elle lui caresse affectueusement l’épaule. Etaient-ils amis ? Amants ? Grayle n’y connaissait pas grand-chose dans les relations hommes-femmes. Il trouvait les femmes belles, mais n’était jamais tombé amoureux. Il n’avait pas eu le temps d’y penser ou d’y consacrer son temps de toute facon, passant ses journées dans les champs ou les bois, dormant parfois à même le sol, dehors, pour reprendre plus vite le travail.

« Mon fils, tu épouseras une femme lorsqu’on pourra se le permettre. »
lui avait dit son père d’un air absent, une bouteille à la main, lorsque Grayle lui avait demandé.

Il n’avait pas insisté. Grayle n’était pas du genre à s’opposer à son colossal paternel, d’autant que ce dernier, qui sombrait peu à peu dans l’alcool et la mélancolie, était de moins en moins en état de travailler aux champs. C’est sur les épaules de Grayle que reposait en bonne partie la survie de la famille. Il n’avait pas le temps de convoler, et la famille n’avait pas de quoi payer le Prix.

Aussi, lorsqu’Emilie s’approcha de lui, il eu un léger mouvement de recul. Il n’avait jamais été approché, ni touché par une inconnue, et il resta ainsi, tendu et immobile, alors qu’il essuyait ses larmes, comme sa mère le faisait, du bout des doigts, avec cette douceur melée de fermetée. Il regarda Anthoine.

- Très bien. J’irais parler à Linaëlle…

Il reporta son attention sur la femme, qui avait tirée son épée. Les yeux gris de Grayle glissèrent sur la lame, avant qu’il ne réponde avec un pâle sourire.

- Ne vous inquiétez pas pour. Mais, dans l’idéal, j’aimerais que personne ne meure aujourd’hui.

Il se dirigea vers le bureau, sur laquelle reposait l’urne. Il se saisit de cette dernière, la rangeant dans son sac avec précaution, avant de prendre sa faux et de s’en saisir avec douceur. La lame semblait dégager de légère vibrations, alors qu’elle fendait l’air.

- Je préfère éviter le danger. Y a rien à gagner à tuer quelqu’un.

Il regarda Anthoine, avant de s’incliner avec respect.

- Bonne chance et merci. Je vais réparer mon échec.

Il regarda le chien, qui lui rendait son regard avec une curiosité canine. Le paysan approcha sa main. Le chien y sentit l’odeur de la campagne, de l’herbe fraiche, de la terre retournée, du blé et de la mousse. C’était une bonne odeur, puissante et apaisante, et il lui lécha la main, avant de gronder de plaisir sous quelques caresses bien ciblées autour de son oreilles.

C’est donc accompagné d’Emilie que Grayle se dirigea vers l’église des martyrs. Ils en avaient au moins pour une vingtaine de minutes. Grayle menait le duo, très légèrement devant la femme, connaissant le chemin.

Les gens s’écartaient devant eux, fixant l’étrange couple, et parfois, la grande faux de Grayle, avec circonspection. Le soleil était haut dans le ciel, et la foule, nombreuse, bruyante et bigarée. Le paysan était clairement nerveux au milieu de tout ce monde.

- Dame Emilie, demanda Grayle , alors qu’il continuait de marcher d’un air lent, mais décidé. Pourquoi… enfin… comment vous… pourquoi avez-vous une épée ?

Il ne savait pas comment poser la question sans risquer de passer pour un ignorant, ou quelqu’un attaquant directement son statut. Pour Grayle, la femme était plus faible que l’homme, et devait rester hors de danger. Il n’aimait pas qu’une porte l’épée, pas par fierté masculine, mais par crainte qu’elle soit blessée. Mais en même temps, il trouvait ca encore plus méritant, et… impressionnant.

- Est-ce que c’est… parce que vous êtes une noble, ou quelque chose comme ca ?

Après quelques échanges, où Grayle faisait en sorte de ne pas fixer la guerrière sans jamais paraître impoli, ils arrivèrent devant le temple. C’était un grand bâtiment, sobre, presque timidement caché au milieu des maisons et commerces de la ville, située à la frontière entre les quartiers commerciaux et la basseville. Assis contre le mur, un mendiant héla Grayle, qui le repoussa timidement.

- Je n'ai pas le temps monsieur...

Il ne savait pas comment interagir avec eux. A la campagne, il n'y en avait pas. Ils lui faisait pitié, mais Grayle se méfiait des gens de la ville. Il se sentait honteux, de ne pas l'aider... respirant afin de se calmer, il frappa à la porte.
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Mer 20 Juin 2018 - 8:47

Nous marchions ensemble en direction du lieu de refuge de Linaelle. Les gens nous regardèrent avec surprise ou dédains. Je m’en doutais, on allait surement attirer les criminels de cette ville et devoir être violent. Grayle avait demander que personne ne devait mourir…La naïveté. Chez le culte d’Othar, je savais une chose. Il fallait créer la peur dans le cœur de ses adversaires. Pas une petite peur, il fallait créer la Terreur qui pousserait le monde à fuir. En soit, vous devez être l’incarnation de la Mort, voir être la messagère de Tyra.

- Dame Emilie,  Pourquoi… enfin… comment vous… pourquoi avez-vous une épée ?


Mon regards se posa aux alentours, fouillant chaque recoins avec mon regard. Je me méfiais de tout le monde jusqu’au enfant.

« L’indépendance. Tout simplement. De là ou je viens, une femme est souvent victime de viole et de massacre commis par les hommes à cause de la guerre. Je n’ai pas envie de dépendre d’un homme pour ma sécurité. Je sais me battre, donc assurer ma protection. »

- Est-ce que c’est… parce que vous êtes une noble, ou quelque chose comme ca ?


« Je ne suis pas noble. Je l’ai acheté très cher et je suis mercenaire de base. De fait, j’ai certains avantage ».

D’un geste de la main, je pointais du doigt la foule. Je le mettais en garde et je regardais toute la population avec un air méfiant. Je savais qu’il y avait des espions, des guetteurs ou autre qui est en lien avec la criminalité.

« Pas de mort, aujourd’hui…Moi je te dis, prépares toi à toutes les éventualités. Méfie toi de tout. Méfie-toi des femmes, des hommes, des vieillards et des enfants. N’hésite pas à tuer pour sauver ta peau. Néera à tant donner pour nous mais L’homme n’a bien rien à foutre de sa déesse. Il est pire qu’hypocrite et vicieux. Ça je te dis de mon expérience. Un enfant peut mener à ta mort. Donc méfies toi de tout »

Après une longue petite marche, nous étions entre les quartiers commerciaux et la basse ville. Un grand bâtiment se dressait face à nous avec une architecture les plus simples. On sentait que le bâtiment avait vieillie et meurtrie par tant de chaos dans la Cité.

- Je n'ai pas le temps monsieur...

Je regardais le jeune homme avec sa faux. Il se sentit honteux, méfiant. Il avait tout un pèle mèle de sentiment, remplie de contrariété. Il n’était pas vraiment un homme des villes et il n’avait pas encore le sens de l’observation. Pendant qu’il frappait la porte. Je sortis 2 pièces de ma bourse, je le déposais sur les paumes abimées du mendiant. Ce dernier me regarda. Son sourire édenté adressait silencieusement la joie. Ses yeux remplie de cerne de sa mauvaise condition était remplie de larmes. Pauvre petit homme…ta vie est plus qu’un fardeau.

« Pour vous. Je te suggère de te réfugier au Temple de Néera dans le quartier commerçant. Ils prendront soins de Toi. Dis-lui, que je suis la fille de Elisabeth Chantenuit, prêtresse de Néera. Ils connaissent cette personne. Ils vont t’offrir ce dont tu as besoin. »

Je l’aidais à le relever. L’homme me prit dans ses bras avant de partir rejoindre le fameux temple. J’arrangeais ma tenue, posant mon regard sur Grayle.

« J’ai peut-être sauvé d’un homme d’une mort certaine. »

Puis la porte s’ouvrit. Qui sait, Linaelle était peut être à l’intérieur.
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Grayle Gardair
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Mer 20 Juin 2018 - 21:24

Grayle haussa légèrement les sourcils, peu convaincus.

- J'espère que cette accolade était pour vous remercier et pas voler votre bourse dit-il en désignant le mendiant qui partait d'un pas relativement pressé.

Coupant court au débat, la porte s'ouvrit, devant une femme d'âge mûr à l'air sévère. Son visage s'illumina légèrement en voyant Grayle. Il chuchota.

- Bonjour. On s'est vus hier soir, n'est-ce pas ? Je suis venu voir Linaëlle. Est-elle toujours chez vous ?

Pas de réponse. Il se frappa la tête de la paume de sa main;

- Pardon, j'avais oublié votre voeu. Est-ce que mon am... co... euh, partenaire et moi pouvons entrer s'il vous plaît ? Je voudrais lui parler.

La femme s’avança légèrement, jetant un regard aussi aimable qu'une porte de prison à Dame Emilie, fronçant les sourcils en voyant l'épée. Mais elle recula, et fit signe à Grayle d'entrer. Il la remercia avec chaleur, s'inclinant bien bas. Elle se mit à les suivree.

L'intérieur du temple était la sobriété même, avec des murs de pierre ocre et des meubles en bois, très simples. Le couloir d'entrée donnait sur deux pièces, puis une grande salle principale, avec des tables et tabourets en bois. La salle de souper. Deux jeunes enfants y mangeait. En silence. Les moines et moniales, qui respectaient leur voeux, ne disaient rien, regardant Grayle passer avec chaleur, un d'entre eux lui faisant même un bonjour, auquel le paysan répondit. Ils ne prettaient pas attention à la faux du paysan, qui était venu ici la nuit dernière.

Grayle demanda aux enfants si ils avaient vus Linaëlle. Jeune fille aux longs cheveux bruns, un peu fatiguée. Aucun ne l'avait vue. Il ne s'inquiéta pas pour autant. Elle était sûrement restée dans sa chambre.

Ils montèrent les escaliers.

- Elle a eu droit à une chambre au deuxième étage. Elle y sera à l'abri. chuchota t-il, avat de faire un regard désolé à dame de l'acceuil.

Cette dernière ouvrit la porte de la chambre... qui était vide.

* Merde *

Grayle avanca dans la pièce, avec lenteur. La chambre était petite, avec un lit simple, une chaise et... et rien d'autre en fait.

Il y avait une fenêtre aussi. Petite. Grande ouverte surtout, avec des draps noués autour du pied du lit, qui passaient par la fenêtre, et descendaient dans une petite ruelle, sans vis à vis.

* merdemerdemerdemerdemerdemerdemerde *

Elle s'était... Grayle ferma les yeux, inspira lentement, avant d'expirer, parlant avec un calme olympien.

- Elle s'est échappée.

* CETTE PETITE CONNE S'EST ENFUIE. AHURIE ! GAMINE ! J'AI FAILLI ME FAIRE TUER A CAUSE D'ELLE ET ELLE S'ENFUIE SEULE ? ET JE VAIS ME FAIRE TUER UNE SECONDE FOIS A CAUSE D'ELLE. POURQUOI, POURQUOI, POURQUOI ?!!!!!! *

Elle lui rappellait sa petite soeur, sa petite soeur adorée mais tellement stressante qui adorait s'enfuir et "jouer à cache-cache avec Grayle ", qui avait du une fois parcourir près de 10km pour la retrouver, alors qu'elle s'était perdue en forêt. Le calme paysan lui avait administré l'engueulade de sa vie.

Le calme paysan fit quelque pas vers un mur et, lentement, le percuta avec son front.

- Elle s'est échappée...

Il cligna des yeux, et fouilla la pièce. Dans un coin de la pièce, il reconnu les vêtements de la jeune fille, qu'elle portait lorsqu'il l'avait rencontrée. Il s'en saisit, et les lanca vers Emilie.

- Il faut la retrouver. Le chien d'Anthoine pourrait peut-être la pister avec ceci... non ?

Il se pencha à la fenêtre, regardant la rue.

- Je dois la retrouver. Elle est en danger.

Il jeta sa faux par la fenêtre, l'outil agricole tombant dans un "clang ! " sur le sol, avant de l'enjamber, et de se laisser tomber. Le jeune homme atterit avec force sur le sol, poussant un grognement, avant de se relever et de reprendre son arme, regardant autour de lui.

Les jeunes filles et leurs pulsions de fuite...


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Louve Noire
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Lun 25 Juin 2018 - 16:22

Lorsque je le vis en train de percuter la tête contre le mur, de m’envoyer la robe et de sauter à travers la fenêtre. Je clignais des yeux, hébétée par tant de connerie. Est-il sérieux de sauter d’un étage comme un beuh… Il était vraiment sérieux ce petit énergumène de prendre le risque inutile. Je plaquais ma main sur mon visage, poussant un soupire. Par Othar, je ne supportais pas les cons qui ne réfléchisse pas !

« Il faut vraiment être con pour sauter de la fenêtre. Je vais le taper. S’il s’est péter une jambe, je vais le tuer sur place. Je le sens… »

Respire…respire. Il n’était pas bon de se mettre en colère. Mais, je ne pouvais pas supporter la connerie humaine et par un imprudent. 17 ans d’âge et aucune maturité…ça va être simple, je vais le recadrer, offrir mon plus froid regard. Il va vite se remettre d’aplomb ! Je gardais la tenue de la jeune fille, sortant de la chambre, prenant le couloir, l’escalier pour me retrouver dehors. Je cherchais du regard Grayle avant de figer mon regard sur le siens. Je m’approchais de lui avec un sourire, une putain de sourire moqueur. Je m’approchais de lui, il me dépassait avec sa grande taille.

Sans état d’âme, lorsqu’il fit le premier pas vers moi, je fauchais les jambes de ce petit con, il se retrouvait au sol, le dos allonger sur le sol. Rapidement je me mis sur lui, saisissant par le col de la chemise, fusillant du regard. Je maintenais mon emprise sur lui, le regardant bien dans les yeux. Dans un ton froid, cassant, je le menaçais

« Par Othar ! Si, tu fais le con de la sorte ou que tu te pètes la jambe par ta connerie de voler comme un oiseau ! Je te jure, je vais te faire bouffer le sol, je vais tellement de faire peur que tu vas te chier dessus. Refais la même connerie, tu ramasses ! »
je le regardais avant de conclure. Il se contentait de me fixer passivement. J'avais réellement envie de le frapper « maintenant, tu fais ce que je te dis sans discuter. Je te jure, je te foutrais mon poing dans la figure. Je ne supporte pas la connerie humaine. Réfléchis, bon sang. Tu as un cerveau. Fais-le fonctionner ! »

Je repoussais Grayle contre le sol, fixant les passants qui était en train de regarder la scène…La discrétion était fichu…Ils vont surement nous tomber dessus les criminels de la ville. Je les ignorais, je repris la marche en direction du manoir des Lourmel.
« Bouges ton cul ! ET MAINTENANT » hurlai-je dans un ton rageur

Il fallut quelque minute, après une bonne petite recherche pour retrouver les beaux quartiers de Lourmel. Ma seule façon de reconnaître le manoir de Lourmel était l’emblème familiale qui ressemblait à Lourmel la ville. Il fallut vraiment rechercher dans tout ce beau quartier pour retrouver ce fameux manoir. La demeure était à quelque mètres de nous. Un garde assurer la protection de la porte. A voix basse, je fusillais du regard Grayle

« Pas de bêtise…Hein.»

Nous avancions en directement du manoir, puis, nous rencontrions le garde. Ce dernier nous regarda avec surprise. Il était surement médusé de voir une femme avec une épée et jeune homme avec une faux. Je m’inclinais avec grâce devant le gard. Il redoubla de surprise de voir la révérence digne d'une noble. Pour lui, j'étais un étrange paradoxe. J'esquissais un sourire amusée.

« Bonjour monsieur, serait-il possible de voir Anthoine ? C’est Emilie Chantenuit. Je viens au nom de Cécilie pour une affaire qui est d’une grande importance. »

« Pour quelle affaire, gente dame ? »
« Je suis navré, je ne peux pas dire davantage. Je sais juste qu’Anthoine a demandé mon aide et que j’ai besoin de lui. Je peux attendre ici. Si vous voulez… »
« Mh….Attendez ,demoiselle. Je vais appelez un de mes hommes pour venir prévenir Anthoine. » il ouvrit la porte, prévenue le premier valet de la cour. « Allez Cherchez Anthoine. Emilie chantenuit demande à le voir ! » il referma la porte et me regarda droit dans les yeux « il va arriver, gente dame. »


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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Lun 25 Juin 2018 - 17:18


- IMBÉCILE !!! " explosa la gouvernante en poussant le valet de plus en plus loin de la chambre qu'il essayait d'atteindre quatre à quatre. " Le petit mérite bien quelques heures de sommeil.
- Mais...
- Tatata! La Comtesse. Et au pas de course. Elle est au salon bleu. "

Sans demander son reste, le garçon s'éclipsa vers l'escalier le plus proche. La gouvernante, une femme plantureuse dans la force de l'âge rangea machinalement ses mains sous son tablier en rouspétant, le regard maternellement posé sur le page avant de reprendre sa route vers la tâche qui l'attendait.

Quelques secondes plus tard, trois coups sonnaient à la porte du salon bleu. Une voix de femme encore juvénile l'invita à entrer et il se fendit d'une révérence aussi parfaite que lui permettait son éducation et son empressement. Devant l'immense porte-fenêtre qui donnait sur un balcon, une femme d'une vingtaine d'année était agenouillée sur le tapis au côté d'un bambin aux cheveux clairs et d'une jeune fille dans la quinzaine qui lui ressemblait étrangement. Toutes deux redressées sur un bras, seule la plus jeune fixait le garçon de ses grands yeux bleus rieurs.

- Pardonnez moi Votre Grandeur. Emilie Chantenuit est à la porte et demande à voir Anthoine. On m'a dit de venir vous voir directement... " ajouta-t-il, doutant encore des instruction de la gouvernante. Aussitôt, le visage de la jeune femme se fit plus soucieux. Elle se releva avant même que sa jeune sœur ne vienne à son aide, réussissant par miracle à ne marcher ni sur les amples pans de sa légère robe estivale, ni sur ses longues manches missèdoises. Elle se pencha à tâtons sur la droite, trouvant avec une facilité déconcertante un bâton de marche appuyé contre un fauteuil puis se tourna dans la direction globale de la porte, ordonnant d'une voix ferme au garçon.

- Conduit-moi. " Il fallut quelques instants au valet pour comprendre qu'on lui demandait d'aller jusqu'à la Comtesse pour lui tenir la main mais il finit par sursauter et se précipiter vers elle. " Colombe tu...
- Je m'occupe de Maël. Tout va bien. "

Un sourire illumina rapidement la peau de lait de la jeune femme.

- Je reviens vite mon petit prince. "


Puis elle partit, tirée par la main du gamin qui la menait vers la porte principale, son bâton ouvragé dans la main gauche. Plusieurs fois, elle manqua de tomber, trébuchant à cause de l'inexpérience du garçonnet, mais réussit à se rétablir sans trop de mal. Enfin, elle sentit la chaleur extérieure lui caresser le visage. Ses cheveux auburn soigneusement tressés et attachés pour dégager sa nuque par un temps si chaud prenaient une teinte rousse sous le soleil faiblissant, tranchant sur sa robe de lin bleu et blanche. Leurs pas rapides sur les carreaux de la cour rebondissaient sur les hauts murs du manoir urbain, amplifiant leur claquement régulier. Le garde se redressa. L'épaisse porte cochère en bois s'ouvrit et la Comtesse apparue, légèrement essoufflée. Elle tendit sa main libre en un geste que Lyarra connaissait bien et qui n'attendait en réponse qu'une poignée de main de la par de celle dont elle voulait s'assurer l'identité. Les doigts de la guerrière avaient à peine effleurés ceux de la noble dame que cette dernière demandait d'une anxieuse.

- Où est-elle ?! "

Sur le chemin, une mèche de ses cheveux était tombée par dessus la chaînette d'argent qui lui barrait le front et les deux pendentifs qui marquaient habituellement fort élégamment la naissance de sa poitrine s'étaient pris dans le plus haut lacet de sa tenue. Ses yeux d'un bleu azur brillaient d'inquiétude, mais ils rataient le regard de Lyarra de quelques centimètre pour se perdre sur un horizon qu'ils étaient seuls à percevoir.
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Louve Noire
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Lun 25 Juin 2018 - 18:35

A peine sorti, je sentis toute la détresse, la nervosité et la panique dans le cœur de Cécilie. Je gardais sa main auprès de moi me voulant être rassurante. Le souci dans cette situation, j’avais affaire à une amie qui était paniquer, surement en colère de ma bêtise de ne pas l’avoir prévenue de mon envie de voyage pour une courte durée. Je respirais longuement, cherchant les mots.

« Elle va bien mais l’affaire est un peu plus compliquée. Le jeune homme à coté de moi qui se nomme Grayle avait mis en sécurité la fille dans un monastère spéciale. Le souci, elle a fugué…Cependant, on a trouvé un moyen de la retrouver facilement. J’ai sa robe qui possède surement son odeur. Je voulais voir Anthoine avec son chien pour la retrouver. »


Je regardais Grayle un moment. Je ne savais pas quelle réaction il allait avoir. Mais je reportais mon attention sur Cécilie. Je me voulais être rassurante auprès de mon amie.

« J’en suis sûr qu’on va la retrouver rapidement. Plus vite qu’on ne le croit. Permets-tu avec Anthoine de la retrouver. Je ferais en sorte de mettre à l’aise Linaelle, de la rassurer. N’ai crainte, je la protègerais coute que coute et je te la ramène ici. »
je réfléchissais un moment « Cependant…Cécilie…pourrais-tu me donner des informations que je pourrais utiliser pour réussir ma tâche ? Je suis au courant du problème. Je voudrais avoir toute ma chance à mes côtés. »
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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Lun 25 Juin 2018 - 19:17


" Entrez." Sans tergiverser d'avantage, Cécilie fit un pas en arrière pour laisser entrer les deux visiteurs tout en lançant au garde portier " Allez chercher Tragen et réveiller Anthoine. " Le pauvre n'aurait pas put dormir plus d'une heure mais c'était toujours ça de pris.

Cécilie resta là, la main sur le mur, l'autre serrant son bâton, le maintien calme mais le visage anxieux pendant que Lyarra terminait ses explications. Une odeur de sueur et de poussière s'insinuait alentours et... du sang. Elle retroussa le nez sans perdre le fil des question de la guerrière.

- Tu auras toutes tes chances. Je viens avec vous. " déclara-t-elle sans la moindre once d'hésitation dans la voix. Son maintient se fit un peu plus assuré. S'ils avaient une piste, elle ne pouvait pas rester plus longtemps en arrière. Colombe serait là au cas ou la jeune fille rentrerait.

En attendant qu'Anthoine n'arrive, et sans laisser à Lyarra l'occasion de répliquer quoi que ce soit, Cécilie envoya le page, discret comme une ombre, chercher une cape pour elle avant de tourner l'oreille du côté de la seconde pair de pas qui s'était immobiliser près d'elle.

- Enchantée de faire votre connaissance, Grayle. " reprit-elle sur un ton à la fois moins dur et moins émotif que celui dont elle avait fait preuve en parlant avec la guerrière. " Merci d'avoir protéger Linaëlle. Croyez bien que nous saurons nous montrer reconnaissant. " Elle lui adressa un sourire mesuré, tendant une main vers lui paume vers le ciel. Puis elle ajouta avec une certaine sollicitude " C'est en la défendant que vous vous êtes blessé ou cela n'a rien à voir ? "
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Grayle Gardair
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Jeu 28 Juin 2018 - 22:40

Grayle ne dit rien lorsque la mercenaire le plaqua au sol et l'apostropha dans la rue, furieuse et méchante. Il se contenta de la regarder. Il l'écoutait à moitié, et ne prenait pas vraiment en compte ce qu'il écoutait. Les menaces de coups n'impressionnaient guère le paysan, qui y avait gouté une bonne partie de son enfance.

Il n'avait pas lâché sa faux durant tout le sermon.

Lorsqu'enfin, elle le relâcha, il se remit simplement debout, époussetant ses vêtements et grimacant alors que son épaule le relançait. Il se contenta alors de la suivre. Il restait silencieux, regardant autour d'eux, espérant -stupidement- trouver la jeune fille. Parfois, ses yeux s'égaraient sur la mercenaire, avant de reprendre leur tâche.

Lorsqu'ils arrivèrent au manoir, il resta silencieux, derrière Lyarra. La voir parler avec le garde le fit rire intérieurement. Il n'était pas sur que "gente dame" et "demoiselle" s'appliquaient bien à elle...

A sa grande surprise et déception, ils ne furent pas invités à entrer. Grayle n'avait vu un manoir de l'intérieur. Il se demandait comment les nobles vivaient, et à quoi ressemblaient leurs propriétés. Lui n'avait connu que les fermes et les églises. Il ne dit rien mais on pu voir la tristesse sur son visage, puis l'illumination lorsque "Dame Cécilie" arriva.

C'était une jeune femme, petite et mince. Vêtue d'une élégante robe, elle ressemblait exactement à ce que Grayle s'imaginait d'une noble. Distinguée. Belle. Fragile. Il la regarda, interdit, en voyant l'enfant qui tenait sa main, et son bâton de marche. Ses yeux gris plongèrent dans ceux de la femme.

Elle était aveugle.

Il ne savait pas quoi dire, ni faire. C'est la première fois qu'il rencontrait une personne comme elle, et une immense sensation de tristesse l'envahit. Ne rien voir. Uniquement le noir, l'obscurité. Lui qui avait peur de la nuit quand il était petit, et qui la redoutait toujours, était un homme du printemps et de l'été. Le soleil, la lumière, le paysage s'étendant devant ses yeux, étaient ce qui le faisait vivre. Il n'arrivait pas à imaginer un tel calvaire. Etait-ce de naissance. Si oui, était-ce une punition, un chatiment divin ?

Lorsque les Lorench, des fermiers de Donzenac, avaient eu un enfant né aveugle, ils l'avaient noyé.

Elle tendit la main, et Emilie y apposa la sienne, doucement, geste de salutation inconnu pour le jeune homme à la faux. Lorsqu'elle demanda où était Linaëlle, il mourut d'envie de la rassurer, voir même de la consoler et la prendre dans ses bras, comme il le faisait avec sa mère après que père l'ait frappée.

Grayle ferma les yeux, se privant volontairement de la vue alors que les deux femmes discutaient. Il voulait savoir... ce que ca faisait d'être aveugle.

Il rouvrit les yeux lorsque la mercenaire parla de lui. Il remarqua alors qu'elle le fixait, et qu'elle avait sans doute du voir son manège. Il détourna honteusement le regard.

Prise d'une inspiration soudaine, Cécilie les fit entrer. Grayle, avec la prudence d'un serpent dans une fabrique de sacs à main. Mais, sans prévenir, la noble s'adressa à lui. Elle regardait... vers lui. Dans sa direction.

Il fit un pas de côté pour être en face d'elle et la regarder dans les yeux. Il n'aimait pas qu'elle regarde à côté. Cela le rendait triste. Il se serait senti impoli de ne pas rendre son regard. Elle tendit la main vers lui, et il resta interdit, tant par son geste que ses paroles. Comment pouvait-elle deviner ?

Il regarda son épaule, et vit avec horreur que le sang était cette fois bien distinct sur la chemise. Sa blessure s'était-elle rouverte ? Pouvait-elle... sentir l'odeur de sang qui suivait le paysan.

- Je...

Il se rappella de ce qu'avait fait Emilie. La faux changea de main, sa lame sifflant un son aigu et tranchant dans l'air, malgré la lenteur du geste. Il posa sa paume contre celle de la femme. Le paysan était visiblement gêné.

Si ce n'est sa mère, sa soeur et la prêtresse, il n'avait jamais touché les mains d'une femme. Celle de Cécilie était petite et douce, sans doute plus que ses mains calleuses. Il avait peur de les casser en serrant trop fort, et se surpris de les caresser avec curiosité. L'aveugle pouvait distinctement sentir la chaleur et le tremblement de la main de Grayle, mais aussi le doigt manquant, arraché au niveau de la base.

- Je... vous ne me devez rien. C'était normal.

Il retira sa main, visiblement embarassé. L'autre tenait le manche de la faux avec une telle force que les doigts en étaients blancs. Ses yeux gris étaient plongés dans ceux de la noble. Lorsqu'elle pointa sa blessure, il répondit.

- Oui. Mais c'est superficiel. Ca guérira. Ne vous inquiétez pas. S'il vous plaît.

Il ne savait pas quoi faire. Ni quoi dire. Grayle, qui était capable de rester calme en toute circonstance et de maintenir un visage serein, se voyait renvoyé en pleine face son statut, son passé, et son ignorance en... presque tout en fait. Il était flatté d'avoir l'attention sur lui, mais horrifié à l'idée de décevoir la noble... la décevoir de quoi d'ailleurs ?

Pour la première fois de sa vie, il aurait aimé qu'Anthoine soit là. C'était... plus facile d'interagir avec lui. Par peur du silence, il reprit la parole. Avait-il le droit ? Devait-il demander la permission ? Allait-il être puni ?

- Je suis tombée sur elle la nuit, par hasard. Des hommes voulaient la...

Il hésita, mais préféra ne pas s'épancher sur le sujet.

... lui cherchait des ennuis. Je me suis battu, et j'ai été blessé comme ca.

Il déglutit.

- Je l'ai emmenée au couvent des Martyrs pour qu'elle y soit en sécurité, mais elle s'est enfuie... je suis désolé. J'aurais du mieux la surveiller.


Dernière édition par Grayle Gardair le Mar 3 Juil 2018 - 9:29, édité 1 fois
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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Ven 29 Juin 2018 - 9:01


Cécilie nota mentalement la présence d'une lame longue et haute, surement une arme d'hast, quelque part sur sa gauche. Cet homme n'était pas le dernier des voyageurs sans défense.Tremblantes mais fortes. Larges. Caleuses. Les sillons de sa paume formaient monts et vallées pour pârer les muscles épais si semblaient ne pas vouloir peser trop lourd ou serre trop fort la petite menotte blanche qui s'était tendue vers eux. Elle la saisit avec douceur pour y laisser courir ses doigts. Il était tendu. Sans doute plus par la gêne ou le dégoût que la colère... Et il lui manquait un doigt. Une blessure chaotique. Ecrasé ou araché plutôt que trancher nettement comme certains fiefs le faisaient pour les voleurs. Un accident. Passant son pouce sur le revers de cette épaisse paluche, elle ne senti que quelques cicatrices. Des mains de travailleur de force. De bucheron ou de paysan. Mais même pour un paysans, entre l'étrange lance qu'elle avait entendu sonnée et la façon flegmatique avec laquelle il prenait ses blessures, sa vie n'avait certe pas été de tout repos. Et malgré tout, il s'était interposé pour sauver une jeune fille qu'il ne connaissait pas.

Tenant toujours sa main, elle lui adressa réellement un sourire. Ce genre d'expression à la fois empathique et fière qui montrent silencieusement un respect non feint.

Il retira soudain sa main. Son inconfort était donc si grand...

Sans le moindre mouvement d'humeur ou de déception à cette idée, elle l'écouta attentivement. Ce n'était pas le premier à réagir de la sorte et ce ne serait surement pas le dernier. Après tout, n'était-elle pas maudite par Arcam ?

Linaëlle avait donc bien été agressée... Néera soit louée pour cette intervention. La Comtesse ne savait trop si elle craignait plus de la savoir morte dans un fosset ou d'apprendre que la jeune fille avait suriné quelqu'un a mort.

- Ce n'était point votre rôle de surveiller une rosière inconnue. Vous avez fait preuve d'une grande bonté en l'escortant jusqu'à un lieu saint. Nous...
- Votre Grandeur ! " L'interrompit soudain une voix forte.

Anthoine, vêtu de la même armure de cuir, les yeux rouges et ses cheveux bruns en bataille, avançait à grands pas dans la cours depuis la porte des dépendances. Sur ses talons, Tragen trottinait, les oreilles en avant et la truffe au vent, l'air guilleret. Même avec sa carrure, il était si jovial qu'il n'avait pas l'air dangereux pour deux sous.

- Quelles nouvelles ?
- Linaëlle n'était plus au couvent " Anthoine fronça les sourcils en direction de Grayle. Si elle n'était pas au couvent, c'est qu'il avait menti... " mais nos amis ont retrouvé une pelisse lui appartenant.
- Oh ? Je vois... Et bien Tragen n'est pas des plus expérimenté, son dressage n'est pas encore parfait, mais nous pouvons toujours tenter. " Il échangea un regard avec Lyarra et le jeune homme tandis qu'un jeune homme traversait la cour avec un long pan de laine noir dans les bras. Puis il se tourna vers la Comtesse en essayant maladroitement de se peigner d'une main. "  Vous pouvez nous faire confiance, Votre Grandeur.
- Je n'en doute pas Anthoine. " Le serviteur se glissa dans le dos de la noble dame pour poser la longue cape sur ses épaules. Le mantel était des plus sobres. " Mais je viens avec vous.
- Non.
- ... Pardon?
- Je veux dire... Pardonnez moi votre Grandeur mais ce ne serait pas raisonnable. Vous risquez de nous ralentir et...
- Et si vous la retrouvez et que je suis là, elle ne s'enfuira pas.
- Comment pouvez-vous en être si sûre ?
- Je le suis Anthoine. " Elle frola son bras bardé de cuir d'un lent geste appaisant. Elle n'avait pas levé la voix ni durci le ton de toute la discussion et semblait encore habitée d'une assurance tranquile. " Cela devrait vous suffire. "

Le garde Missèdois grimaça, soupira, puis se fendit d'un respectueux salut.

- Bien Votre Grandeur. Mieux vaut retourner au couvent avant de tenter de suivre sa trace. Ici, tout doit être en partie imprégner de son odeur. "

- Grayle, c'est bien cela ? " poursuivit Cécilie tandis qu'Anthoine se tournait vers l'importante tâche de faire sentir les vêtements de la jeune fille à Tragen. " Je suis navrée de ne pas pouvoir vous le proposer tout de suite mais dès que nous aurons tirer cela au clair, nous nous occuperons de votre blessure. Inutile de tenter le diable avec une infection. "
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Louve Noire
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Sam 30 Juin 2018 - 16:45

Pendant que la discussion se déroule devant moi. Mon sang se chauffa, ma nervosité et l’anxiété était à son maximum. On ne retrouva pas Linaelle, mon amie avait la chouette idée de partir avec nous. Est-elle pire que moi ?! Prendre des risques inutiles ! Il est très, voir très probable que les rivaux de ma tendre amie veulent sa peau. Dans ce monde perfide, les nobliaux étaient prêts à payer cher des petits brigands, des petites frappes pour assassiner un personnage important. Dianta était comme Oesgard ! Le danger était partout. La noblesse était bien pire et vieille que les drow. Je frissonnais de peu…Devrais-je dire de colère que je tentais de maitriser…étrange paradoxe n’est-ce pas ? La femme inconsciente que je suis critique une personne de prendre les mêmes risques que moi…Ce qui est légitime était la peur de perdre mon Amie ! Une rare amie qui me protège, qui m’aide et qui m’accepte comme je suis ! J’étais bien terrifié de la perdre ! De plus, Je n’ai pas du tout confiance à ce Paysan ! Brave jeune homme ! Certes ! Mais, son inconscience était plus que dangereux !

Pauvre de toi, anthoine….

Je figeai mon regard sur celle de Grayle. Je retirais avec douceur la main de mon amie. Je sortis de ma petite sacoche derrière le ceinturon un pot remplie d’onguent médicinale. Je l’envoyais à Grayle

« Mets ça. On ne plaisante pas avec une blessure. Une gangrène arrive vite et une terrible infection aussi. Mets ça sur ta peau, ca va retarder tout risque de maladie… »


Je regardais Cécilie qui était prête à partir. Au risque de surprendre l’assemblée, je n’étais pas comme Anthoine qui se retenait de dire le fond de sa pensée…


« Je ne veux pas que tu sortes. C’est trop dangereux. Diantra est comme Oesgard, le danger est partout. Les nobles qui veulent ta peau n’hésiteront pas à utiliser les petites frappes, des brigands ou assassins pour t’assassiner ! Les toits, les fenêtres…tout est dangeureux ! C’est trop de risque. Linaelle est en danger ! Mais deux femmes d’importances dans un même lieux est vraiment trop dangeureux ! Je ne suis pas d’accord ! Même que tu sois comtesse ! Je ne suis pas d’accord ! »


Un moment je m’arrêtais…je poussais un soupire frustrée. Avant même que Cécilie eu l’occasion de dire quelque chose. Je répondis déjà à sa phrase. J’en étais certains qu’elle s’amusait de me voir énerver. Cécilie était de la même trempe que moi. Au début, je la croyais très fragile, mais elle était aussi téméraire que moi. Lorsqu’une idée était dans sa tête ! Elle ne démordait pas.

« Pas la peine…de me faire la paraphrase. Tu es aussi têtue que moi…Voir pire que moi. Je peux bien te crier dessus, tu vas foncer… » devrais plus dire Hirondelle mais une sacrée Renarde… » rallais-je « Cependant…on va tous sortir. Cependant, un moindre signe de danger, Anthoine vient te secourir et vous prenez vite refuge ! Toi, Grayle, je te jure ! Si tu as ce coup de chaud de faire n’importe quoi ! comme sauter par la fenêtre ! Ou que tu agis sans réfléchir ! Je te jure ! Par Othar, tu vas avoir du marron dans ton froc ! »
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Grayle Gardair
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Mar 3 Juil 2018 - 10:53

Grayle ne put s'empêcher de hausser les sourcils d'un air faussement étonné et pas du tout intimidé par les menaces de la mercenaire. Il avait eu peur au début, de finir en prison, jeté aux fers, poursuivi par la noblesse. Peur pour la sécurité de la jeune fille. Mais de simple menaces de tabassage plus jetés en l'air par principe ne lui faisaient pas grand chose.

- D'accord madame répondit-il d'un air poli et avec un ton apaisant.

Toutefois, il était d'accord avec elle. Il n'aimait pas que la noble aux cheveux de feu vienne les accompagner, même s'il la comprenait. Toutefois, il jugea bon de ne pas s'exprimer. Il n'avait pas voix au chapitre.

Lorsqu'Anthoine passa près de lui, Grayle lui tendit sa gourde. Le jeune homme semblait complètement claqué et son visage hurlait " LAISSEZ MOI DORMIR BON DIEU "

- De l'eau ?

Le soldat l'ignora et Grayle soupira, buvant une gorgée. Il regarda le chien renifler le vêtement avec entrain, remuant son petit morceau de queue, avant d'humer l'air, puis de se diriger vers une ruelle. Ils se mirent donc à suivre le chien, qui reniflait l'air plus que le sol. Grayle marchait devant, bien en vue d'Anthoine, qui servait de guide à Cécilie, tandis que la mercenaire fermait la marche.

Le chien eu des difficultés à suivre la piste. A vrai dire, après un moment, il se mit à couiner et regarder Anthoine d'un air désolé. Ils se mirent d'accord pour partir du couvent, là où l'odeur serait plus forte. Grayle les guida dans la petite ruelle.

- Sa chambre était ici dit-il en désignant avec sa faux la fenêtre désormais fermée. Elle a utilisée des draps attachés ensembles pour descendre.

Le chien, lui, était désormais excité comme une puce, aboyant partout. Anthoine avait laché le bras de Cécilie, forcé de retenir le chien pour l'empêcher de détaler à la poursuite de l'odeur, tandis que Dame Emilie, visiblement pressée de retrouver la fille, l'avait suivi.

Grayle s'avanca vers Cécilie, qui se tenait désormais immobile, s'appuyant sur son bâton. Avec lenteur, il toucha doucement son épaule du bout des doigts.

- Puis je vous guider ?

Elle tourna sa tête et le regarda, sans le voir et lorsqu'elle hocha la tête, son coeur bondit. Il n'aurait pas bien pris un refus. Il se saisit doucement du bras gauche de Cécilie et le passa sous son bras à lui, avant qu'elle puisse s'en saisir avec sécurité. Il vit Dame Emilie le fusiller du regard.

- Comment voulez vous nous défendre en cas d'attaque si vous la tenez ? dit-il avant qu'elle ne puisse protester.

Le chien se mit à aboyer et reprendre sa traque. Grayle ne connaissait pas la ville, et ne savait pas si la piste était une bonne ou mauvaise chose. Il se contentait d'aider Cécilie à avancer, marchant à un rythme aussi constant que possible, ni trop rapide, ni trop lent. Il avait observé comment Anthoine faisait, et essayait d'imiter ses gestes
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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Mar 3 Juil 2018 - 12:22


Avant qu'ils ne parte, tandis qu'Anthoine refusait l'eau de Grayle avec un air suspicieux, Cécilie profita du moment de flottement pour souffler à la guerrière :

- Il serait bon que tu te calmes et que tu réfléchisse avant de proférer de nouveau des insanités. Tu n'es ni mon garde ni même dans ton droit de te trouver ici et ni moi ni mes gens n'avons de compte à te rendre. Pour l'instant, Linaëlle passe avant tout, mais nous n'en avons pas fini toutes les deux. "

Sa voix n'avait pas été plus forte qu'un murmure et gardait son apparente douceur habituelle mais sa maitrise ne souffrait aucune réplique.

Sur le chemin, ils marchèrent vite. La présence de Cécilie ne les ralentissait aucunement tant elle était habituée à marcher au bras d'Anthoine. Il n'avait certes pas le genre de code simple qu'elle utilisait autrefois avec Rose, mais elle lui faisait suffisamment confiance pour se fier à lui. Les bruits et les odeurs se succédaient et se mêlaient en entrelacs chaotiques. Elle fronça le nez en passant près de ce qui aurait put être une fausse d'aisance tant cela empuantissait l'espace. Pourtant autour d'elle, personne ne faisait de remarque. Retenant ses hauts le coeur, ils arrivèrent finalement au couvent.

Linaëlle... Sortie par une fenêtre... Elle avait du mal à y croire. Ou alors était-elle retenue contre son gré dans ce lieu de prière ?

Dans les pans de ses jupes, Cécilie crispa les mains sur son tendre livre. Depuis le matin, elle essayait de se sortir de la tête l'idée d'y fouiller à nouveau. Un sort de localisation existait sans doute entre ses pages, mais maintenant que Maël était en sécurité, elle devait essayer d'aller de l'avant.

Tragen s'excita soudain. Anthoine lacha brusquement son bras, manquant d'arracher le livre de sa poche au passage. Un coin de l'ouvrage enroulé dans un carré de velours rouge apparu subrepticement à la lumière du jour avant de retomber dans sa cachette. Son cœur rata un battement. Les pas de Lyarra suivirent ceux du chien et ceux d'Anthoine. Et avant qu'elle n'ait put retrouver le fils, une main se posa sur son épaule. Elle sursauta en se tournant à demi et leva la toile qui la séparait de l’infinité de mélodie du Monde. Son esprit s'était tendu vers celui qui venait de la surprendre mais les accents paisibles qui émanaient de sa ligne mélodique étaient aussi parlant que le ton de sa voix.

- Puis-je vous guider ? "

Elle respira en acquiesçant, préférant de reprendre ses esprits avant d'ouvrir la bouche. Sa main vérifia fébrilement que son livre était bien a sa place et ne risquait pas de s'échapper, tandis qu'ils faisaient leurs premiers pas côte à côte. Si quelqu'un avait pu entrevoir l'existence du livret, cela ne pouvait être que Grayle. Les autres étaient déjà bien trop loin... Et elle espérait tout de même que même le jeune voyageur n'y prêterait pas attention. Il se débrouillait bien. En tout cas, il faisait attention et la prévenait en cas d'obstacle, ce qui leur permettait d'avancer d'un bon pas. Toujours partiellement plongée dans la Musique, Cécilie guettait la présence familière de Linaëlle sans parvenir à la percevoir, d'aussi loin que portait son oreille. Quelques note bien plus proches attiraient cependant son attention.

- Vous êtes tendu. Respirez. " conseilla-t-elle à son guide du jour avec un sourire courageux. " Cela ne n'avance jamais à rien de se retourner l'estomac. "

De nouveau les bruits et les odeurs changèrent. Ils retournait dans des quartiers plus fréquentable. Le bois et le vernis. La rue des luthiers. Le Quartier du Temple. Ils s'en retournaient vers leur point de départ ?

- Nous sommes de nouveau près du manoir ? " demanda-t-elle a la cantonade.

En réalité c'était plutôt sur l'esplanade de Sainte Deina qu'ils allaient débouché d'ici peu. Tragen y tournait en rond comme un beau diable, éternuant dans la poussière tout en essayant de démêler les odeurs qu'il percevait.
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Grayle Gardair
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Dim 8 Juil 2018 - 10:08

- Je n'arrive pas à ne pas m'inquiéter. répondit Grayle dans un souffle. Depuis quelques semaines, sa vie n'était qu'une succession de soucis, et il n'arrivait pas à retrouver sa sérénité habituelle. Il posa une main sur l'avant bras de la noble, le caressant brièvement du pouce, comme lorsqu'il signalait sa présence à sa désormais défunte petite soeur.

- Merci.

Ils continuèrent de suivre Anthoine, son chien et la Louve Noire. Et en effet, ils quittaient les bas quartiers pour revenir dans les beaux quartiers, arrivant même devant l'Eglise de Sainte Diena. Grayle crépondit à Cécilie

- Non, c'est Sainte Diena...

Tous trois regardèrent le chien, qui tournaient en rond, cherchant l'odeur qu'il avait définitivement trouvée, avant d'avancer vers l'Eglise. Grayle chuchota à Cécilie. Là, il ne voulait vraiment pas être entendu par Anthoine et Emilie...

- Ne m'en voulez pas, mais si elle s'échappe de là où je l'ai abritée pour aller dans un autre abri, je serais presque vexé...

Il poussa un petit rire, le premier signe de bonne humeur depuis longtemps, afin de montrer qu'il n'était pas très sérieux. Mais quand même... si elle est réfugiée ici, tout ca passera pour une bonne blague...

Puis, Tragen sembla se décider, et fonca dans le hall de l'Eglise, sans tenir compte des habitants sur son passage.


Dernière édition par Grayle Gardair le Mer 11 Juil 2018 - 23:16, édité 1 fois
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