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 Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra

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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Mer 6 Juin 2018 - 12:45


Eté - 1er jour de la 4e ennéade de Verimios
10e année du XIe Cycle
Soir du Concile des Pairs

Sous le couvert de la nuit, une ombre se glissait par la sortie de service. Quelques pas dans la ruelle derrière les hauts murs de l’hôtel particulier et et rabattait une profonde capuche sur son visage juvénile, cachant son expression farouche et les grands yeux bleus qui prouvaient d'un regard qu'elle avait du murir avant l'heure.

La respiration haletante, les larmes de colères menaçant de la submerger, elle marchait droit devant elle. Elle ne savait pas exactement vers où, mais elle ne pouvait plus rester là. C'était fini ! Elle avait eut tort de penser ne serait-ce qu'un instant qu'elle pourrait faire mieux que sa mère. Le problème ne venait pas d'un ou deux nobles déshonorés mais de toute la noblesse qui avait perdu sa parole aussi bien que sa morale. Même Guilhem, même Cécilie auraient préférés qu'elle se taise ?! Elle comprenait que c'était par peur de ce qui pourrait lui arriver à elle, mais si même les gens de biens se cachaient derrière le mensonge pour protéger leurs intérêts comment tout cela pouvait-il s'améliorer ?! Elle en avait assez ! Tellement assez !

D'un geste rageur, elle se sécha les yeux. Autour d'elle, le cossu quartier du temple avait disparu. Elle n'avait pas la moindre idée de l'endroit ou elle se trouvait. Elle s'en fichait... Jusqu'à ce que trois hautes silhouettes se glissent telles des serpents autour d'elle.

De son côté, Romain le manchot fut réveiller par un cri aiguë. Il se retourna pesamment et s'apprêtait a gueuler un bon coup pour que la putrelle criarde la mette en sourdine, mais en ouvrant son oeil vaseux, il vit une jeune fille tenant un petit couteau vers quelqu'un, comme pour se défendre. Il se renfonça dans son coin d'ombre et observa plutôt en silence, la boule au ventre. S'il se laissait prendre par une bande de maraudeurs, il ne passerait pas la nuit...

Respirant à peine, il ne voyait pas bien la scène. Seules l'éclat des lames était parfaitement visible à cause d'une lointaine torchère. Et c'est donc tout à fait clairement qu'il vit un homme portant une grande faux agricole s'en aller en tenant fermement la jeune fille. A aucun moment l'idée qu'il soit juste reparti à son côté ne lui effleura l'esprit.



Eté - 2e jour de la 4e ennéade de Verimios
10e année du XIe Cycle


Cela faisait presque vingt-quatre heures de Linaëlle avait disparue et Anthoine piétinait.

Assi sur le rebord d'une fontaine, près de deux brebis maigrelettes qui buvaient à grande goulées sous l’œil attentif d'un garçonnet, il caressait la grosse tête de Tragen pour en calmer les pleurnichements.

- ça va aller mon vieux. on va retrouver ces salops et aller se mettre au frais.

Comme s'il avait compris, l'énorme chien noir au ventre brun plongea le museau dans l'eau. Le molosse n'aimait pas la chaleur et les températures étouffantes de Diantra depuis que le vent était tombé ne l'aidait vraiment pas. Le matin même, il avait entendu un vieux vendeur de rhubarbe qu'un orage se préparait. Il l'espérait de tout coeur, autant pour lui que pour son ami à quatre pattes. En attendant, le jeune soldat prit quand même le temps de finir son pain au fromage, d'ébouriffer ses courts cheveux châtains et d'épousseter l'armure de cuir et de mailles qui lui donnait l'air d'un mercenaire. Il n'avait pas dormit la nuit précédente, à peine fait une sieste et la soirée ne faisait que commencer.

- Allé l'ami, on s'y remet."
lança-t-il bientôt au gros angola qui se releva immédiatement pour suivre son valeureux maître sous les yeux craintif du garçonnet. Du haut de des 1m15 au garrot, l'animal fait presque sa taille et était bien plus imposant en terme de muscles, de crocs et de griffe. Pourtant c'est avec la gaieté d'un chiot qu'il agitait son minuscule bout de queue en trottinant au côté d'Anthoine, la truffe humant chaque parcelle d'odeur à portée de lui.

Depuis près de trois heures, le jeune homme cherchait à retrouver la trace d'un homme grand portant sur lui une faux agricole sans donner l'alerte à toutes les mafias de la ville. Dur travail que celui-ci... Pourtant d'après ce que lui avait dit le mendiant, il était dans le bon quartier. Tournant au coin de la place du lavoir, il aperçut une enseigne d'auberge. Une de plus... Combien en avait-il faites depuis la veille ?

HRP:
 
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Grayle Gardair
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Mer 6 Juin 2018 - 19:55

L'arrivée de l'homme en armes fit accueillie par une indifférence absolument complète de la part des clients. Tous étaient attablés, soient après une courte journée de labeur, ou en train de l'éviter. Hommes et femmes (surtout hommes en fait) vaquaient à leurs occupations. Attablés au comptoir, ou autour de tables circulaires, potins, rumeurs, amitiés et argent s'échangeaient au fil du temps et des cartes. L'ambiance était bonne, tranquille, confortable même. Dans un coin de la pièce, un joueur de luth égrenait quelques notes qui, bien que discrètes, ajoutaient un rythme, une constante aux bavardages sourds de l'endroit.

Personne donc ne remarqua Anthoine, ou plutôt, personne ne lui accorda la moindre attention soutenue. Son chien par contre... quelques sourcils se levèrent, et une paire d'homme s'écartèrent, leurs chaises grinçant sur le sol de bois. L'aubergiste ouvrit des yeux ronds comme des soucoupes. Ce n'était pas un molosse ! C'était un véritable poney canin ! Anthoine put sentir sur lui son regard autoritaire. Un simple échange silencieux suffisait pour comprendre ce qu'il disait : surveille ton chien, ou ca va barder pour ton cul. Avec l'âge, les aubergistes, et leurs cousins taverniers, arrivaient à se faire comprendre d'un coup d'oeil, au point que les plus vieux pouvaient, selon les légendes, échanger de longues conversations, sans piper le moindre mot.

C'est sans doute pour ca que personne ne pouvait s'empêcher de leur demander des informations, même si, soyons honnête, 90% d'entre eux peuvent tout juste vous renseigner sur le nombre de chambres restantes ou le prix d'une bière. Et encore...

Aussi, l'aubergiste compris instantanément que ce jeune homme en arme se dirigeant d'un pas pressé vers lui ne venait pas demander une bière.

- Qu'est ce que je peux faire pour vous ? demanda t-il en essuyant machinalement un verre tellement propre qu'on pouvait admirer son reflet dedans. ILorsqu'Antoine lui disait chercher quelqu'un, il haussa un sourcil, avant de sourire d'un oeil malicieux derrière son épaisse moustache.

- On cherche tous quelqu'un petit. La vie est trop courte pour se faire seule, pas vrai ? Il reprit son sérieux en voyant que le jeune homme ne goûtait pas à sa plaisanterie. Bien, bien... allez, je t'écoute. Qui précisément ?

Un jeune homme. Avec... une faux agricole ? Pas banal. Il réfléchit. Ou plutot, fit semblant de réfléchir.

- Ici, c'est une auberge. On consomme. Pour que je te donne un lit, ou une boisson, il faut payer. Pour les informations, ca marche pareil.

Silence.

- C'est 4 écus. Meeerci.

Les pièces disparurent en un instant, remplacées presque instantanément par une chope de bière. L'aubergiste s'était mit à sourire, comme s'il se réjouissait à l'avance de voir un beau spectacle. Il chuchota, et, tandis qu'il parlait, jetait des coups d'oeils insistants vers sa gauche, comme pour montrer quelque chose, ou quelqu'un, à son interlocuteur.

- J'ai un de mes clients ici qui correspond...

Les deux hommes regardèrent en biais un troisième. Un jeune homme, attablé comme les autres clients. Il était seul, adossé au mur, regardant un âtre orphelin de son feu de cheminée. Ses yeux gris étaient plongés dans le vague et, à côté de lui se trouvait un épais sac de voyage. Grayle, plus pâle que d'habitude, les yeux soulignés par d'épaisses cernes, semblaient récupérer de quelque chose...

- C'tun brave type. Un gosse de la campagne. Soyez pas trop dur avec lui...


Dernière édition par Grayle Gardair le Ven 8 Juin 2018 - 17:36, édité 1 fois
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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Mer 6 Juin 2018 - 20:27


- Si c'est bien le type que je recherche, ça dépend pas de moi. Sinon il n'a rien à craindre. " s'excusa Anthoine avant de s'éloigner en direction de la port d'entrée sur un dernier hochement de tête.

Merde... Ce type était à peine un homme. Il aimait vraiment pas quand ça tournait comme ça. Tout en essayant de trouver la meilleure idée possible pour obtenir ce qu'il voulait du gamin, il ouvrit la porte et souffla à son chien en lui tapotant l'épaule. " Calme Tragen. " puis il claqua des doigts et pointa un coin d'ombre à l'extérieur à côté de la porte d'entré " Attend moi là. Tu sais ce que tu as a faire, gros monstre. " Le chien ne se fit pas prier et s'assit sur le pavé qui avait conserver un peu de sa fraicheur, mais l'idée ne perdre son humain de vue ne lui plaisait clairement pas. Tant pis. Anthoine devait rester entièrement concentré sur sa tache, il se rattraperait plus tard.

Une fois le dogue mis à la porte, il revint sur ses pas et cette fois commanda deux chopines pour le plus grand bonheur du patron. Avec les armées, des marchands avaient recommencer à revenir et les alcools avaient gagnés en qualité... et de beaucoup!

Une chope d'étain remplie de mousseuse atterri devant le gaillard aux yeux gris.

- Chaude journée, hein ? "
lança-t-il en s'asseyant tout de go en face du jeune homme sans essayer le moins du monde de cacher son accent missèdois à couper au couteau.  " Le tenancier m'a dit que tu venait de la campagne. Tu chercherais pas du travail dans l'une des fermes qui essaient de rouvrir dans les faubourgs par hasard ?" avec l'enthousiasme qui le caractérisait, il tendit la main tout en laissant le temps à son hôte de revenir de sa surprise.  " Je me présente, moi c'est Anthoine. "
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Louve Noire
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Jeu 7 Juin 2018 - 22:05

Ps: vue l'horaire, j'ai surement fait des fautes. Je corrigerais demain matin quand je serais debout :)

Je me promenais dans la ville de Diantra, l’ancienne capitale semblait reprendre vie par rapport à mon ancien voyage avec le Culte d’Othar. Je me souvins que c’était ici que j’avais rencontré Hanegard et j’avais bien appris les choses. C’était ici aussi que j’avais rencontrer sa femme Jena. Je me demandais si le couple était toujours là. Mon petit groupe de voyage séjournait dans la taverne des « Joyeux errants », réputée pour avoir accueilli de nombreux étrangers de différent milieu. C’était un bon endroit, mes deux amis d’Estrévent étaient en sécurité et ma fille par la même occasion.

Je ne comprenais pas leurs engouements pour Diantra et la raison de visiter cette cité en décomposition. Ils avaient surement la vision de voir Diantra comme une Thaar de la Péninsule. Une vision utopique de la ville. Peut-être, je n’étais pas dans leur esprit. Avec l’insalubrité, le danger était partout, il était facile de venir agresser les pauvres voyageurs. Ils auront une vision de la cité bien plus terne par rapport à leur imagination. Ce qui était triste pour eux. Mais bon, pour ma part, je n’avais pas de quoi à me plaindre. Je voulais me renouer avec le voyage pour un petit moment avant de retourner à Diantra. Avec ces deux estréventins, on partageait un pot commun. C’est-à-dire, j’avais de l’argent pour me nourrir comme une princesse et avoir un bon lit !  Puis, j’avais un couple qui pouvait garder Elia en cas de réel nécessité. Ne me jugez pas, je suis mère peut être mais je suis avant tout une femme. J’aime m’amuser et avoir des défis dans mon domaine.

Je me promenai dans les rues de la cité, admirant les premières reconstructions de la ville, mais la ville avait du mal à reprendre vie. La cité était toujours aussi ruinée. La Guerre n’avait pas épargné la Capitale. Le jeu de pouvoir a laissé au futur nouveau roi une piteuse ville.  

En me faufilant dans les quartiers un peu plus miteux de la ville, je découvris de quoi abreuver ma soif. Avec la chaleur, j’avais envie de boire, de me désaltérer. En Oesgard, l’été n’était pas aussi chaud que dans la capitale. Voir, la chaleur était plus doux. Je n’osais pas imaginer la vie en Estrévent, ça devait être une fournaise.

D’un coup sec, j’arrangeai ma tunique blanche utiliser pour le voyage, mon pantalon en lin noire et fixa d’avantage mon épée derrière mon dos. Je pris une petite corde pour accrocher ma longue chevelure ébène en une épaisse queue de cheval. Je tâtonnais de ma main un couteau, il me serait peut-être utile. A oesgard, il était préférable d’être armé et d’oublier la peur.
J’entrais dans la taverne. Tout de suite, je sentis le regard de quelques individus se poser sur moi. Quelques gueuses me fixèrent d’un air hébété, je les fixais du regard. Puis, peut être que si, des hommes peu recommandables me fixèrent avec avidité. D’accord, j’étais tombé dans une taverne miteuse, remplie de raclure. Je restais droit devant, je me posais devant le bar en face du tavernier. Ce dernier nettoya sa cruche, me fixant un moment du regard. Il semblait surpris de voir une femme avec une épée. Puis de la surprise, je vis du mépris.

« Que puis-je faire pour vous ? »

« Une bière »

L’homme prit la cruche, remplissant le breuvage au maximum. Il était en train de me fixer posant la cruche face à moi. Puis dans un ton indolent. Il tendit sa main

« 5 pièce d’écus »

Je le regardais droit dans les yeux. Je compris que ce mec était en train de me prendre pour une conne. Allez, Lyarra reste soumise et ne fait pas d’histoire. Je sortis ma petite bourse, donna les pièces au tavernier. Silencieuse, je profitais de ma bière.

Un chat se pointa, marcha sur le bar et s’approcha de moi. Il avait une épaisse pellage blanc, me fixant du regard. Je tentais de l’éloigner et me répondit en me crachant dessus. Je poussais un soupire, ignorant le chat. Bon sang, quelle idée de rentrer dans ce lieu pourrit. Quelle idée d’avoir quitté Missède. Bref….Diantra c’était vraiment de la merde

« C’était mon chat… » dit-il une voix étrangère qui s’approcher de moi

« Jolie chat » répondis-je platement.
« Tu as levé la main sur lui » s’approcha-t-il de moi à quelque mètre. « il a plus de droit d’être ici que toi, Femme. »

Je posais ma cruche, je baissais la tête.

« Je ne veux pas de soucis. Je suis désolée. » répondit-je, en entendant quelques rires aux loin…

Il s’approcha de plus près de moi. Je vis son sourire perfide. Je compris que j’avais à faire à un petit truand, croyant avoir affaire à une petite femme qui porter une épée. Il était sur que j'étais sa proie. Quel idée qu'une femme porte une épée. Pour beaucoup, une femme avec une épée était juste un subterfuge, un maquillage pour masquer le coté fragile. Au coin de l’œil, je vis deux hommes qui rigola. Ils étaient surement avec lui. Je le laissais approcher, je gardais mon calme, prête à bondir. Il fallait juste attendre et le broyer. Un jeu d'enfant.

« C’est dommage car tu vas avoir un … » approchant sa main gauche vers mon visage

Sans plus attendre, je saisis le haut de son habit, mon autre main saisis son épaisse chevelure. Je sortis du tabouret. Sans plus attendre, la mâchoire du type s’écrasa à l’arête du bar. Ces dents se fracassèrent contre le bois. Clairement, il était en train de déguster le bois. Je maintiens sa chevelure, enfonçant encore plus sa mâchoire contre le bois. Il était en train de pisser le sang. quand je disais qu'il pissait du sang, c'était équivalent d'une cruche de bière. Oups...j'étais un peu trop violente...

« Ce n’est pas des lapins qui va dresser un loup » répondis-je

Je le relevais, le fixant droit dans les yeux. Il était en pleine somnolence sur l’effet du coup. Je vis les dents tomber en morceau et quelque morceau de dents accrocher contre le bois. C'était beau! Par les dieux, je prenais mon pied d'éclater des hommes et de voir la sale tête de ces types!

« Maintenant, laisses moi boire tranquille. »

Je le poussais avec délicatesse. Ces compagnons virent le récupérer. Je les regardais en esquissant un sourire, un sourire un brin moqueur. Négativement, je secouais la tête, suggérant de ne pas m’attaquer


« Nenni nenni, je ne te conseille pas d’affronter une fanatique d’Othar. Surtout, une Corneille »
pointant du doigt mon épée à deux mains. Je souriais en voyant la peur dans leurs yeux. Je souriais d'avantage car mon mensonge était à moitié vrai. J'avais faillie devenir une Corneille.

Par la panique, le trio quitta la taverne. La guerrière reprit le tabouret, s’asseyant de nouveau. Je reposais mon doigt sur le bois du bar

« Une autre cruche et gratuit. Tu sais très bien pourquoi. Ne me prends pas pour une conne»

Le tavernier me fixa avec étonnement. Il voulut cracher quelque chose mais ravala son mépris. Avec silence, il me servit une autre bière. Pour une fois, j'avais ma tranquillité. Du moins, je l'espérais...
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Grayle Gardair
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Sam 9 Juin 2018 - 11:53

Depuis son aventure de la nuit dernière, Grayle était nerveux. Il n'aimait pas la ville. Tous ces gens les uns sur les autres, cette pierre partout, cette promiscuité, l'absence de grands espaces, d'oiseaux autres que des pigeons crasseux. Des visages plus soucieux que dans son petit village. Il ne se sentait pas bien. Presque malade.

Et maintenant, c'était pire. Il n'avait pas quitté l'auberge depuis la nuit, n'osant pas sortir. Il savait qu'il s'était attiré des ennuis. Il ne regrettait pas son geste, non. D'avoir défendu cette fille, contre ces hommes qui avaient, de toute évidence, cherchés à la violer.  Si ce n'est que maintenant, son épaule lui faisait mal. Il avait nettoyé et pansé sa plaie, utilisant une de ses chemises devenue rouge sang comme bandelettes, mais il savait qu'il aurait besoin de voir un vrai médecin.

Que faire ? Il avait failli tuer cet homme. Il se souvenait encore de son cri, et son bras qui pendant mollement. Ses deux comparses allaient le chercher... et le trouver. Et il ne savait pas à quoi ils ressemblaient, cachés par l'obscurité de la nuit.

Aussi, lorsqu'Anthoine s'assit devant lui, et essaya de nouer la conversation, Grayle compris instantanément pourquoi cet homme venait lui parler.

* Merdemerdemerdermerdermerdemerde *

Ca devait être un des hommes de la ruelle !  Bon dieu, et il avait un chien ! Enorme ! Et une épée ! Une arme, une vraie ! Grayle regrettait presque d'avoir laissé sa faux, récemment nettoyée à cause du sang laissée dessus, dans sa chambre. Il était désarmé.

* Bon... consistance Grayle ! Reste calme ! Inspire... *

- Non. Je ne fais que passer. Je n'aime pas cette ville dit-il avec une amertune difficile à détecter, tant sa voix coulait avec douceur d'entre ses lèvres.

Il tendit sa main avec lenteur, grimaçant lorsque l'homme -légèrement plus âgé que lui- la serra, sans trop forcer, mais avec fermeté. Un éclair de douleur traversa Grayle, qui n'en pipa pas le moindre mot. Juste l'humidité soudaine et temporaire de ses yeux le trahit.

- Je m'appelle Grayle

Comme on le lui avait appris, Grayle ne mentait jamais. Ce qui n'allait pas faciliter sa tâche dans les mois à venir... Il prit une grande inspiration. Il fixait Anthoine d'un air concentré, entre ses deux yeux. Puis, alors qu'il allait ouvrir la bouche, un grand bruit mat se fit entendre, et son attention se reporta sur une femme, grande, en train de tabasser un homme.

Il la regarda bouche-bée. Il n'avait jamais connu que des paysannes, s'occupant des travaux de ferme ou de la prêtrise. En voir une, avec une épée, en train de casser la gueule d'un homme, et avec fierté, était totalement nouveau pour lui. Et une nouveauté qui n'était pas vraiment désagréable... pendant un bref moment, alors que la beauté sauvage et brutale intimidait le tavernier à lui servir une bière, son jeune coeur d'adolescent se mit à battre plus vite.

Il resta au moins plusieurs secondes, comme ca, à la regarder et oubliant complètement la présence d'Anthoine, avant de cligner des yeux et secouer la tête pour reprendre ses esprits.

- Pa... pardon. il reprit son sérieux. Ecoutez Anthoine, je suis qu'un garçon comme tant d'autres qui n'a rien de spécial. Pourquoi vous venez me faire la conversation à moi précisément ?


Dernière édition par Grayle Gardair le Sam 9 Juin 2018 - 21:18, édité 1 fois
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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Sam 9 Juin 2018 - 15:32


Bon. Clairement, le garçon n'avait pas l'habitude des ennuis ou même de la ville. C'était un vrai voyageur de campagne. Peut-être traversait-il la Péninsule avec des réfugiés ? Pour aller en Edelys surement. Le Grand Prieuré avant aidé tant de pauvres aires, pas étonnant qu'il en attire de plus en plus... Mais il y avait plus étonnant. Anthoine lâcha sa main en le sentant se tendre légèrement, comme s'il lui avait fait mal. Il fronça les sourcils, ne pouvant s'empêcher de le scruter tandis que le le voyageur se voyait happé vers l'origine d'un bruit qu'Anthoine avait clairement identifier comme le début d'une bagarre de comptoir et rangé dans la case "inintéressant" de son esprit. Il était blessé ? Que s'était-il passé ?

Il cherchait si fort à percer la mentalité de ce type, qu'il mit un certain tant avant d'identifier le trouble sur le visage de Grayle. Et quand il en vit la cause... il se tourna aussi sec de façon à ce que la nordienne ne puisse pas voir son visage. Il se rappelait d'elle... Lourmel, Missède, le Cloitre, et avant tout Amblère. Jindanor avait du la garder à l'oeil après avoir échouer à la renvoyer aux fraises. S'il voulait avoir une petite chance de retrouver Linaëlle sans que la moitié de la ville n'y passe il valait mieux pas qu'elle s'y mêle... D'ailleurs c'était déjà un miracle qu'elle n'ai pas remarqué Tragen à l'entré de la buvette.

Au final, ce fut Grayle qui le tira de ses élucubrations. Quelle que soit son origine, le bougre avant de la suite dans les idées. Très bien.

Perdant la bonhomie qu'il s'était imposée pour abordé le jeune homme, il opta plutôt pour l'expression dure et autoritaire qu'il servait aux nouvelles recrues de la garde.

- Très bien. Je viens à propos d'une gamine qui a disparut hier soir. Assez grande, maigrichonne, cheveux noirs, regard farouche, sale caractère. Elle fait parti de la suite de la Dame pour laquelle je travaille. On m'a dit que tu savais ou elle était. " La façon dont sa main d'arme effleurait à peine le bois de la table, prête à sauter sur le pommeau de son épée était on ne pouvait plus clair. Soit il obtenait des réponses calmement en discutant autour d'une bière. Soit il les obtiendrait de façon moins sympathique.
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Grayle Gardair
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Sam 9 Juin 2018 - 22:07

Grayle inspira longuement en voyant la main d'Anthoine effleurer doucement la table, vers une poignée que Grayle ne voyait pas, mais devinait. Ce type... était prêt à le mutiler, voir le tuer pour avoir ces informations. Le coeur du jeune homme battait à toute vitesse, et ses jambes tremblaient distinctement sous la table. Une énergie nouvelle, violente, irrépressible, envahit son corps. L'aldrénaline. Inspiration. Expiration. Le paysan essayait tant bien que mal de juguler ce raz-de-marée de violence qui couvait en lui.

Toutefois, quelque chose le rassurait un peu. Cet homme n'était pas un brigand ou un tueur. Il connaissait cette jeune fille. Il était du côté des gentils ! Oui, il pouvait lui faire confiance.

- Elle...

Grayle referma la bouche, et fronca les sourcils.

* Attend un peu Grayle... *

Son esprit était clair. Lucide. A l'affût. La peur panique disparaissait peu à peu, remplacée par l'instinct de survie. Mais pas celui du lâche.

- Attendez deux secondes.

Grayle ferma les yeux, secouant la tête.. avant de se redresser sur sa chaise et de se reculer légèrement. Comme pour mieux voir son interlocuteur. Il penchait la tête légèrement sur le côté.

- Je sais de qui vous parlez. Et je sais où elle est.

Il pouvait presque sentir Anthoine vibrer. Il lui laissa enregistrer l'information. Avant de parler. Il se sentait dans un état second, ses mots sortants presque tout seuls de sa bouche, et avait l'impression de se regarder lui-même, de facon distanciée.

- Je suis ignorant, mais pas stupide. Je suis le seul à savoir où elle est. On est dans une taverne, avec des gens partout. Je ne pense pas que me tabasser en public vous arrangerait.

Il se souvint de quelque chose. La femme qui avait cassé la figure de ceux qui lui avaient cherchés des noises. Anthoine... avait vite détourné son visage. Est ce qu'il la connaissait ? Cherchait-il à l'éviter, même ? Un plan, rapide et complètement incertain, germait dans l'esprit de Grayle.

- Vous dites travailler pour la même suite que Linaëlle. Elle ne m'a pas parlé de vous.

Il l'avait fait. Il avait lâché son nom. Il s'attendait à ce que qu'Anthoine lui saute dessus.

- Est-ce-vrai ? Vous mentez peut-être. Les meilleurs menteurs ont la tête d'hommes sincères. Si ca se trouve, vous lui voulez du mal.

Il gonfla sa poitrine, et respira. Il suait. Grayle était fatigué.

- Vous me faites peur, mais je ne vais pas arrêter de réfléchir pour autant.

Il se souvint de quelque chose. La femme qui avait cassé la figure de ceux qui lui avaient cherchés des noises. Anthoine... avait vite détourné son visage. Est ce qu'il la connaissait ? Cherchait-il à l'éviter, même ? Un plan, rapide et complètement incertain, germait dans l'esprit de Grayle. Il ne faisait pas confiance à Anthoine. Il n'avait aucune raison de le faire. Lui était un homme de la campagne. Il ne connaissait rien de la ville. Tous pouvaient exploiter son ignorance. Sa naïveté. Grayle essayait de maîtriser ses paroles, de ne pas trembler, alors qu'il hurlait d'envie de hurler et de fuir.

- Donnez moi une raison de vous dire ce que je sais, une garantie autre que ne pas finir empalé sur votre lame. Et je n'inviterais pas la Dame au comptoir à boire un verre avec nous. Je vous ai observé. Vous n'avez pas l'air d'avoir envie de la voir...

Tenir une conversation de ce genre. Une bataille de mots. Cela l'excitait, étrangement, même s'il continuait de froler la panique. Et s'il avait été ridicule ? Et si Anthoine, sans doute bien meilleur que lui à  ce jeu, se mettait à balayer ses arguments d'un revers de main ? Il n'avait jamais fait ca. Argumenter.

Inviter une femme à boire, il ne l'avait jamais fait non plus...
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Dim 10 Juin 2018 - 12:23


Anthoine cru bien que ça allait se passer sans heurt et son estomac se détendit. Avant c'était Jindanor le méchant et lui qui essayait de le tempérer, mais la taille mastodontesque de son ami déliait les langues sans soucis... Maintenant il devait assurer sur tous les front et même s'il savait qu'il tiendrait le coup pour pouvoir se regarder en face, la carapace que le jeune homme avait forgé ne représentait en rien le cœur d'or et de guimauve qu'il y cachait.

Manqué...

Le gamin recula sur son siège et pris des airs sûr de lui, comme s'il était en mesure de contrôler quoi que ce soit de cette conversation maintenant qu'il avait révélé qu'il était bien lié à l'enlèvement d'une Duchesse ! Son sang se mit à bouillir et il allait se lever pour le saisir au col lorsque le jeune homme dit un mot qui lui fit froncé les sourcils au point de transformer ses yeux en deux fentes noires. Linaëlle... Il connaissait son nom... La gamine lui avait parlé... Il en parlait comme d'une amie ou d'une connaissance, pas comme un rapace parle d'une proie qu'il garde au chaud pour la récompense. Et même s'il venait d'agir en faisant preuve d'une stupidité manifeste, au moins cela prouvait qu'il n'était ni un menteur aguerri, ni habituer aux embrouilles et à la présence de la garde.

Mais alors quand le jeune blanc bec essaya de le menacer...

Cette fois, Anthoine se leva et tendit le bras au-dessus de la table. IL avait hésité à refermer la main sur l'épaule endolorie du  gringalet, mais même dans ce genre de situation il n'était pas sadique pour un sou. Il le chopa donc par la nuque, l'obligeant à se lever, collant presque son visage au sien, le regard noir. A cette distance, le campagnard pouvait sans peine apercevoir les profondes cernes et les yeux rougis du militaire.

" Écoute moi bien. Je ne tolèrerai pas qu'on plaisante avec la vie d'une gamine. Cette fille à disparue hier soir et vu sa mauvaise tête elle est sûrement en grand danger à l'heure qu'il est alors tu vas me dire où et quand tu l'as vue. Je n'ai pas de temps à perdre avec un jeune coq dans ton genre. " Il avait parlé de façon à ce que le jeune homme soit le seul à entendre, puis il ajouta à l'attention du reste de la salle en levant bien haut l'ordre de mission qu'il venait de cueillir dans son aumônière. Bien peu pourraient le lire, mais il se terminait par les cachets et les signatures de la Comtesse de Missède et du Vicomte de Tall. " Tout va bien braves gens. J’opère au nom de la Comtesse Cécilie de Missède. "

le Comté de Missède et le Duché de Langehack étaient ceux qui avaient le plus tenus Diantra de manière à protéger les habitants, briser les mafias et assurer le ravitaillements pendant plus de deux ans, après les guerres civiles et les incendies champêtres qu'avaient causés les problèmes de succession royale. Soltariel avait mêlé ses effort aux leurs lors du dernier hiver et les habitants du cru avaient l'habitude de voir des suderons et des langecins agirent pour remettre de l'ordre. De plus, si beaucoup dans la salle s'en fichaient à l'heure qu'il était, les cargaisons de grain dont la ville avait dépendue pendant plus d'un an alors que le nord avait rompu ses routes commerciales, portaient en très grande majorité le sceau de Missède. Le jeune campagnard ne pouvait pas le savoir, mais l'accent missèdois d'Anthoine était en soit un gage de sympathie.

Plusieurs froncement de sourcils et quelques tristes mines dans la salle, sans qu'on sache si c'était à l'intention d'Anthoine ou du type qu'il tenait.

Anthoine n'était pas un diplomate, encore moins un politique. C'était un soldat et c'était de façon assez peu orthodoxe qu'il avait brigué un poste d'officier subalterne. Alors la meilleur façon de finir cela rapidement était de flanquer une bonne frousse. Il comptait surtout s'arrêter à la sortie de la taverne et le convaincre de déballer tout ce qu'il savait sur Linaëlle mais il restait un grain de sable à retirer de l'engrenage. A contre cœur, il ajouta donc en s'efforçant de faire comme si tout était calculer depuis le départ :

" Dame Emilie, vous m'aidez à le ramener ? Sa Grandeur a besoin de toute l'aide disponible. "

Pendant ce temps, le mastard qui avait sucé le comptoir était sorti de là à grand peine par quelques copains encore gaillards. Homme ou femme, quand un garde en mission officielle était dans le coin, mieux valait ne pas trop faire de vagues.
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Louve Noire
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Mar 12 Juin 2018 - 17:12

Pendant que je buvais ma choppe en toute tranquillité. Je réfléchissais à mes éventuels projets futurs. Qu’allais-je faire après ? Aujourd’hui, je reprends pour un petit temps ma vie de nomade mais je sais que c’était bien éphémère. Dans quoi quelques mois, je serais de nouveau à Missède et je trouverais de quoi me loger. Missède était mon coup de cœur. Quand mon corps sera une vielle carcasse, je voudrais mourir ici. Pour ma fille, Missède était peut-être le bon endroit pour qu’elle puisse épanouir. C’était certains, mon véritable chez moi était Missède. Mon point fixe était là et je ne chagerais pas d’endroit. Le voyage sera juste le bon plaisir de découvrir de nouveaux horizons, découvrir ce que je n’avais jamais vue. Pour Elia, le voyage était le meilleur moyen de grandir, de croiser. D’ailleurs, il était temps de la préparait…il était temps de la préparer à devenir femme. 11 ans…Déjà…ça passe trop vite et je sens qu’elle ne veut pas rentrer dans cet étroit passage. Rusée, intelligente…Elle était mais je sens qui reste encore les restes de la petite fille.En soit, elle ne voulait pas grandir. Ce qui était dérangeant. C’était nier la vérité en face… ? A contre cœur, je vais devoir casser ce petit lien de petite fille. Dans peu de temps, je vais devoir être strict, lui donner des responsabilité…. Comment, pourrais-je faire ? Je ne sais pas. Je n’ai jamais été mère. Pour ne pas dire, mon éducation n’était pas la meilleure pour éduquer ma fille. Là, je vogue dans un brouillard complet.

Puis, ma réflexion s’interrompit. Je portais mon regard vers le sujet du problème. Mon regard se portait sur le premier homme. Je semblais reconnaitre son visage. C’était Anthoine. Qu’est qu’il foutait là lui ? Si, cet homme était là. Cécilie était surement présente. Il faut croire que le destin force à nous croiser souvent. Cependant, le chevalier prit en otage un pauvre paysan. Il était plutôt jeune…Je restais songeuse

« Tout va bien braves gens. J’opère au nom de la Comtesse Cécilie de Missède. »rassura-t-il

Les poivrots qui peuplaient la taverne ne laissèrent aucun son mais leurs regards étaient remplis de message insidieux. Mais, à mes yeux, le monde semblait s’en foutre. Cependant, Anthoine s’approcha de moi à la hâte. Qu’est qu’il me voulait ? Je ne prêtais pas attention. Je retournais boire ma cruche sans me poser la question.

" Dame Emilie, vous m'aidez à le ramener ? Sa Grandeur a besoin de toute l'aide disponible. "


Je terminais ma Cruche, il me fixait intensément. Bon, je ne savais pas dans quoi on m’emmenait. Au vue du regard d’Anthoine, il voulait vraiment de mon aide.

« Arrête avec le langage solennel. Je déteste ça." soupirais-je avant de conclure "je viens, ne te fais pas de soucis."

J’adressais un regard à ce jeune homme. Je le détaillais de fond en comble. Il était surprenant de voir un pauvre bougre avoir un souci avec Antoine. Je ne tardais pas à découvrir la raison.
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Mar 12 Juin 2018 - 23:12

Tête contre tête, les deux jeunes hommes, des gamins aux yeux du reste du monde, se fixaient, l'un, colérique et sur le point d'exploser, et l'autre, calme et composé. Il s'était attendu à ce que le soldat se calme un peu, mais ce dernier avait manqué d'exploser. Il était en colère, mais Grayle ne reconnaissait pas ici la frustration de celui à qui son désir échappe. C'était une colère née de l'inquiétude, et, à ce moment précis, alors qu'Anthoine se voyait surement en train de lui casser la figure, Grayle fut légèrement plus rassuré sur les intentions réelles de l'homme.

Ses craintes furent définitivement balayées lorsque ce dernier annonça à la ronde son ordre de mission. Le paysan n'imaginait pas qu'un criminel puisse en falsifier un aussi vite. Toutefois, son statut, celui de simple paysan, par rapport à un homme qui, grâce à un bout de papier, avait plus de droits que lui, avait un goût amer dans sa bouche... Anthoine le remit en place sur sa chaise, brutalement, avant d'aller voir la dame au comptoir, à qui il demanda de l'assister.

* Emilie... c'est un joli nom* pensa Grayle, oubliant un bref instant sa condition, qui lui revint en pleine face lorsqu'Anthoine et la dite-Emilie se retrouvèrent en face de lui.

- Moi c'est Grayle dit-il dans un pâle sourire, à mi chemin entre l'embarras et une tentative assez maladroite d'être séduisant. Il put presque visualiser Anthoine lui en coller une. Il se leva alors, pour la première fois, et ils purent prendre mesure du gabarit du paysan. Il dépassait Anthoine de quelques centimètres, mais était aussi et surtout beaucoup plus large, avec des jambes épaisses et des bras puissants, qui tranchaient avec son visage juvénile, fiché sur un cou d'homme mûr.

* Respire, respire Grayle* Pour l'instant, il était assez fier de lui. Il arrivait à garder la tête froide. Quoi qu'on en dise, sortir du village allait lui permettre de mûrir plus vite !

- Je... écoutez Anthoine. Je n'allais pas dire tout ce que je sais au premier inconnu prétendant connaître Linaëlle que je croise, n'est ce pas ?

Il chuchotait avec douceur, comme lorsqu'on console un petit enfant effrayé la nuit. Il regarda autour d'eux.

- Vous voulez me suivre dans ma chambre ? Personne ne nous entendra.

Ils acceptèrent, mais, à la surprise de Grayle, un 4 eme protagoniste fit son entrée : un chien, énorme, un molosse d'une taille absolument effroyable qui jeta un souffle de terreur dans la pièce. Le tavernier manqua de s'étrangler, mais, après la démonstration d'Anthoine, personne n'osa rien dire. Grayle, lui, regardait le chien avec fascination, quand bien même ce dernier, comprenant l'hostilité de son maître envers le paysan, grondait d'un air menacant.

Grayle, qui avait vécu toute sa vie entouré par les animaux, fut lutter contre une irrésistible envie d'essayer de caresser le molosse. Lui aussi avait eu un chien. Marble. Un magnifique chien de berger. Le voir mourrir de vieillesse, alors que lui-même n'avait que 15 ans, était un des plus difficiles souvenirs de Grayle.

Il chassa ces souvenirs et se contenta d'un " C'est un beau chien... il s'appelle comment ? " puis, il leur fit signe de le suivre.

Sa chambre était au dernier étage de l'auberge, tout au fond du couloir de droite. Il ne marchait ni trop vite, ni trop lentement, les mains bien en évidence. Ils pouvaient tous les deux voir la balafre qui allait de l'arrière de son crâne jusqu'à son oreille, tracant un sillon encore violacé bien visible malgré les cheveux qui le recouvrait. Lorsqu'ils arrivèrent devant la porte, il s'écarta, donnant les clés à Anthoine, l'invitant à entrer en premier.

- J'ai une faux à droite tout de suite en entrant

Ils entrèrent, verouillant la porte derrière eux. La chambre n'était pas luxueuse. Un lit simple peu confortable, une minuscule table avec un tabouret, et un meuble trop petit pour ranger beaucoup de vêtements. Il faisait chaud, la petite pièce conservant très bien la chaleur. Dans un coin se trouvait un seau d'eau à moitié recouvert par une chemise sanglante, dont le liquide carmin s'était mélangé avec l'eau.

La faux de Grayle reposait contre le mur sur son côté gauche, menaçante, juste en face du lit. En s'approchant, ils pouvaient voir que l'outil sortait un peu de l'ordinaire. Son manche était solide et avait été manifestement taillé et entretenu par quelqu'un compensant son absence de talent d'exception par une dévotion manifeste.

Mais surtout, sa lame. De fines ondulations couraient sur cette dernière, donnant naissance à des motifs anarchiques, aléatoires, mais néanmoins fascinants. Enfin, surtout, une inscription était gravée sur la partie supérieure et non tranchante de la lame, suivant la courbure tout du long.

"Pour que les autres puissent vivre"

Enfin, sur le meuble, une urne, long rectangle mettalique, était posée bien en évidence.

Grayle s'était installé dos à la fenêtre, le plus loin possible de la porte, se coupant lui même sa seule voie d'échappatoire. Il alla droit au but.

- J'ai croisé Linaëlle avant hier soir. Après minuit je crois... je me baladais et j'ai entendu un cri, alors je suis venu. C'était dans une ruelle de la basse-ville, et trois hommes étaient en train de l'agresser et de l'insulter. Je n'ai pas vraiment vu leur visage. Il faisait nuit...

Il revoyait encore la scène. La jeune fille criant de terreur, son corps projeté contre un mur. Le bruit du ceinturon qui se défait. S'enfuir ne lui était même pas venu à l'esprit. Il avait eu une sœur, du même age... ne pas venir à son secours l'aurait poursuivi toute sa vie.

- Je suis intervenu du coup. Il désigna sa faux d'un signe de tête.

- L'un d'entre eux a failli laisser un bras je crois. J'ai failli perdre le mien aussi dit-il en tirant légèrement sa chemise sur le côté. Sa clavicule gauche était salement marquée par un bleu et une entaille saignante, maladroitement cachée par une bandelette. La main tirant sa chemise n'était pas non plus épargnée. Il lui manquait le petit doigt.

- Je me suis enfui avec elle ensuite. Elle m'a dit avoir fugée. Enfuie. Qu'elle voulait plus revenir. Qu'elle en avait marre des mensonges de la noblesse, que je pouvais pas comprendre.

Il se gratta derrière la tête, embarassé, ses doigts courant sur sa cicatrice.

- Je ne pouvais pas la laisser toute seule, surtout après ce qui s'est passé... mais ce n'était pas non plus à moi de lui dicter quoi faire... elle m'avait dit que sa famille était morte, et que les nobles qu'elle servait étaient des tyrans. Je comprenais qu'elle veuille être libre. Elle ne m'aurait pas laissé la ramener de toute facon, et ne m'a pas dit d'où elle venait. Mais j'ai réussi à la raisonner. Je l'ai amené au temple des martyrs. Vous savez, celui qui acceuille les orphelins et les dépossédés. Je me suis dit qu'elle y serait à l'abri, qu'elle pourrait y trouver de nouveaux vêtements, de la nourriture, et qu'elle pourrait réfléchir un peu...

Silence.

- Je peux vous y amener, naturellement. Après ce qu'elle m'a dit... je ne sais pas trop si elle veut vous voir. Mais... je pense que c'est la meilleure chose à faire. Je comptais aller la voir de toute facon.

Il ne savait plus quoi penser. Anthoine semblait réellement s'inquiéter pour elle, mais la jeune fille lui avait dit que ceux qu'elle servait était horrible. Est ce qu'elle avait raconté des bobards ? Mais elle semblait si sincère ! Il ne savait plus qui croire, ni quoi penser... il avait fait ce qui lui semblait être la meilleure chose à faire, et malgré ca, il n'arrivait pas à s'enlever de la tête qu'il avait échoué, encore une fois.

Il soupira, étouffant un sanglot, plus de fatigue et de lassitude qu'autre chose, avant de passer son visage entre ses mains. Ses jambes recommencaient à trembler, d'inquiétude plus pour elle qu'autre chose.

- Par Néera, qu'est ce que j'étais sensé faire... je sais pas... je suis pas fait pour ca. Je sais plus qui croire...


Dernière édition par Grayle Gardair le Mer 13 Juin 2018 - 12:51, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Mer 13 Juin 2018 - 11:57


A côté de Tragen qui remuait son moignon de queue, Anthoine se trouvait pour le moins... con. Il passa une main sur son reliquat de barbe mal rasée due à sa nuit blanche et se gratta la tête. Ce gosse était tailladé de partout et sacrément taillé pour son âge supposé... Dans un sens, il lui faisait penser à Jindanor et ça n'arrangeait strictement rien. Bande de gueule cassées au grand cœur de mes deux !

Quoi qu'il en dise... Il y était allé fort... Trop fort... Il avait besoin de retrouver cette gamine et d'une bonne nuit de sommeil pour retrouver son équilibre mental. La préparation du Concile et maintenant ça... Cécilie voulait sa mort.

Alors que le jeune homme retenait ses sanglots et exprimait son trouble, il fit signe à Emilie de s'écarter un peu de lui pour lui parler à voix basse. Il pourrait peut-être entendre mais le but était surtout de faire preuve d'une certaine pudeur. Il n'avais jamais su comment gérer les femmes qui pleurent alors les hommes...

- Voilà l'histoire. Comme tu l'as sans doute compris maintenant, Linaëlle a disparue hier soir. Tous les Langecin de Diantra sont sur le qui-vive et c'est la première piste sérieuse qu'on trouve. Il faudrait que j'aille prévenir mes supérieurs. Si je te le confie, vous pourriez aller au temple des martyrs pour vérifier ce qu'il dit ? Si Linaëlle y est tu auras plus de chance de la convaincre de rentrer que moi. Tu as passer plus de temps avec elle aux Espérines. Et tu pourras les ramener tous les deux au manoir, histoire qu'on éclaircisse tout ça a postériori et que ce type soit correctement récompensé. Et si il a menti, bah ramène le et ce sera à sa Grandeur et au Seigneur de Tall de trouver quoi faire de lui." De toutes les personnes dont il aurait aimé avoir le concourt, elle ne figurait pas en première place, mais il était au moins sûr qu'elle ne laisserait ni Linaëlle en mauvaise posture, ni un kidnappeur s'en tirer librement. Tout en parlant, il jetait des regard plus amicaux et encourageants qu'il ne l'aurait voulu envers le jeune homme bouleversé. L'écart entre toutes ses blessures, sa façon de parler et son air juvénile était si grand que s'en était quelque peu déstabilisant. " Tu pourrais faire ça pour nous ? "

Si tel était le cas, il ne tarderait pas à sortir avec Tragen pour courir donner la position supposer de Linaëlle et le signalement de son informateur à la Comtesse, Tall et aux Vertueux de leur suite. Dans le cas contraire... Et bien il devrait les accompagner au pas de course jusqu'au temple.
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Mer 13 Juin 2018 - 13:20

Pendant que le petit duo était en train de parler. Je regardais la Chambre du petit Paysan. A ma manière, j’étais attentive à leurs discutions pendant que mon regard se posait sur chaque coin de la chambre. Je découvrais à peut prêt comment ce petit jeune homme vivait seul. Il était assez ordonné. En clair, c’était un jeune homme avec un esprit ordonné et calculateur. Sur le coup, il avait une qualité que je n’en avais pas dans ce domaine.  Ce petit homme avait des qualités, mais, je m’obligeais à ne faire aucune remarque.

Lorsque le sujet du problème était la disparition de Linaelle. Je restais muette, j’écoutais avec attention les paroles de Grayle….D’accord, j’ai saisis le soucis. Une fugue…Puis, le problème était une tentative de viol et Grayle l’a sauvé avec sa faux. Les malfaiteurs n’allaient pas l’agresser, ils allaient la violée. Sur le coup, je reçus un excès de rage, mordant ma lèvre inférieure.  Bien heureux que le type soit bien blessé. Bien fait pour sa gueule ! Si c’était moi, je l’aurais arraché ces couilles et je l’aurais mis dans ses couilles. Si, cela tenait qu’à moi.

- Par Néera, qu'est ce que j'étais sensé faire... je sais pas... je suis pas fait pour ca. Je sais plus qui croire...

Je regardais le jeune homme droit dans les yeux, découvrant des sanglots qui tenter malheureusement de cacher. C’était mignon. Un brin d’innocence que je n’avais pas envie qu’il disparaisse si vite. Cette situation était dangeureux mais il a fait sans le savoir le rôle d’homme. Peu d’homme oserait prendre telle risque. Les vrais hommes ne courent pas dans les rues. Ce qui manque cruellement dans la Péninsule…

Puis, Anthoine s’approcha et me parla à voix basse.

- Voilà l'histoire. Comme tu l'as sans doute compris maintenant, Linaëlle a disparue hier soir. Tous les Langecin de Diantra sont sur le qui-vive et c'est la première piste sérieuse qu'on trouve. Il faudrait que j'aille prévenir mes supérieurs. Si je te le confie, vous pourriez aller au temple des martyrs pour vérifier ce qu'il dit ? Si Linaëlle y est tu auras plus de chance de la convaincre de rentrer que moi. Tu as passer plus de temps avec elle aux Espérines. Et tu pourras les ramener tous les deux au manoir, histoire qu'on éclaircisse tout ça a postériori et que ce type soit correctement récompensé. Et si il a menti, bah ramène le et ce sera à sa Grandeur et au Seigneur de Tall de trouver quoi faire de lui. Tu pourrais faire ça pour nous ? "

Avec délicatesse, je posais ma main sur l’épaule d’Anthoine, lui donnant une caresse pour le réconforter ou lui retirer du poids. Il serait surement surpris de voir une femme d’épée avoir une grande délicatesse. Peut-être…Je ne sais pas vraiment. Il était sûr que l’homme était éprouvé, fatiguée et la peur rongeait l’intérieur de cet homme.

« Fais ce que tu dois faire. Mais, surtout, reposes toi. Ton visage est marqué. Je me débrouillerais, rassures toi. Pense à toi maintenant. La peur t’a trop rongé. Rassures Cécilie que je protègerais Linaelle comme à l’Espérine. Je ne laisserais aucune personne la toucher. »


Puis, mon attention se porta sur Grayle. Je le regardais avec attention. OPendant que l’homme se morfond sur lui-même. Je m’approchais de lui. Avec mon doigt, je lui relevais le menton. Mes yeux bleus se fixèrent aux siens. D’un geste simple, je retirais le sanglot

« Pas la peine de pleurer. » repris-je avant de continuer « tu as fais ton rôle d’homme. Etre un homme n’est pas facile. Mais, tu l’as bien fait. Alors sois fier ce que tu es. Saches le. Toi et Antoine, vous êtes des hommes. Et les vrais hommes ne courent pas dans les rues. »

Un moment, je fronçais les sourcils, regardant la fenêtre de la ville. J’étais contrarié. Dans la ville, les brigands ou les syndicats du crime n’étayent pas enclin à rester les bras croisés. Les hommes voudront la mort de ce paysans ou ma mort. Il était certain que le danger était à nos porte. Donc, il était prudent d’être méfiant. Je ne pouvais plus me permettre d’être calme, détendue. Je restais aux aguets, n’hésitant plus à sortir ma lame.  

Emmène-moi à elle, Grayle. Cependant, gardes les yeux ouverts. Les renards rodent dans les rues et je vais te demander d’être un Loup. Les malfaiteurs ne vont pas rester sur leurs faims. La raclé que tu as mis hier et moi avec le type de la taverne.Il y a un fort risque de vendetta. Ils ne vont pas rester calme. On doit faire vite, discret. » respirais-je un bon coup avant de terminer « Pardonnes moi d’avance. Si le danger vient, je risquerais d’être très violente. La taverne n’est rien par rapport à ce que je pourrais faire contre éventuel malfrat. Si, je risque de te choquer ou te faire peur. Pardonne-moi. Bref, on y va. On perd du temps. »
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Jeu 14 Juin 2018 - 15:44

Grayle respirait profondément, essayant de se calmer. Comment pouvait-il être aussi malchanceux ? D’abord, son père, et maintenant… il ne comptait rester à Diantra qu’un jour ou deux, afin de prier tous les dieux, et voilà qu’il était mêlé à une affaire de disparition d’une noble. Etait-ce une épreuve que Néera avait mise sur son chemin, pour le tester, encore ?

Il regarda Anthoine et Emilie se chuchoter quelqu’un chose, avant qu’elle lui caresse affectueusement l’épaule. Etaient-ils amis ? Amants ? Grayle n’y connaissait pas grand-chose dans les relations hommes-femmes. Il trouvait les femmes belles, mais n’était jamais tombé amoureux. Il n’avait pas eu le temps d’y penser ou d’y consacrer son temps de toute facon, passant ses journées dans les champs ou les bois, dormant parfois à même le sol, dehors, pour reprendre plus vite le travail.

« Mon fils, tu épouseras une femme lorsqu’on pourra se le permettre. »
lui avait dit son père d’un air absent, une bouteille à la main, lorsque Grayle lui avait demandé.

Il n’avait pas insisté. Grayle n’était pas du genre à s’opposer à son colossal paternel, d’autant que ce dernier, qui sombrait peu à peu dans l’alcool et la mélancolie, était de moins en moins en état de travailler aux champs. C’est sur les épaules de Grayle que reposait en bonne partie la survie de la famille. Il n’avait pas le temps de convoler, et la famille n’avait pas de quoi payer le Prix.

Aussi, lorsqu’Emilie s’approcha de lui, il eu un léger mouvement de recul. Il n’avait jamais été approché, ni touché par une inconnue, et il resta ainsi, tendu et immobile, alors qu’il essuyait ses larmes, comme sa mère le faisait, du bout des doigts, avec cette douceur melée de fermetée. Il regarda Anthoine.

- Très bien. J’irais parler à Linaëlle…

Il reporta son attention sur la femme, qui avait tirée son épée. Les yeux gris de Grayle glissèrent sur la lame, avant qu’il ne réponde avec un pâle sourire.

- Ne vous inquiétez pas pour. Mais, dans l’idéal, j’aimerais que personne ne meure aujourd’hui.

Il se dirigea vers le bureau, sur laquelle reposait l’urne. Il se saisit de cette dernière, la rangeant dans son sac avec précaution, avant de prendre sa faux et de s’en saisir avec douceur. La lame semblait dégager de légère vibrations, alors qu’elle fendait l’air.

- Je préfère éviter le danger. Y a rien à gagner à tuer quelqu’un.

Il regarda Anthoine, avant de s’incliner avec respect.

- Bonne chance et merci. Je vais réparer mon échec.

Il regarda le chien, qui lui rendait son regard avec une curiosité canine. Le paysan approcha sa main. Le chien y sentit l’odeur de la campagne, de l’herbe fraiche, de la terre retournée, du blé et de la mousse. C’était une bonne odeur, puissante et apaisante, et il lui lécha la main, avant de gronder de plaisir sous quelques caresses bien ciblées autour de son oreilles.

C’est donc accompagné d’Emilie que Grayle se dirigea vers l’église des martyrs. Ils en avaient au moins pour une vingtaine de minutes. Grayle menait le duo, très légèrement devant la femme, connaissant le chemin.

Les gens s’écartaient devant eux, fixant l’étrange couple, et parfois, la grande faux de Grayle, avec circonspection. Le soleil était haut dans le ciel, et la foule, nombreuse, bruyante et bigarée. Le paysan était clairement nerveux au milieu de tout ce monde.

- Dame Emilie, demanda Grayle , alors qu’il continuait de marcher d’un air lent, mais décidé. Pourquoi… enfin… comment vous… pourquoi avez-vous une épée ?

Il ne savait pas comment poser la question sans risquer de passer pour un ignorant, ou quelqu’un attaquant directement son statut. Pour Grayle, la femme était plus faible que l’homme, et devait rester hors de danger. Il n’aimait pas qu’une porte l’épée, pas par fierté masculine, mais par crainte qu’elle soit blessée. Mais en même temps, il trouvait ca encore plus méritant, et… impressionnant.

- Est-ce que c’est… parce que vous êtes une noble, ou quelque chose comme ca ?

Après quelques échanges, où Grayle faisait en sorte de ne pas fixer la guerrière sans jamais paraître impoli, ils arrivèrent devant le temple. C’était un grand bâtiment, sobre, presque timidement caché au milieu des maisons et commerces de la ville, située à la frontière entre les quartiers commerciaux et la basseville. Assis contre le mur, un mendiant héla Grayle, qui le repoussa timidement.

- Je n'ai pas le temps monsieur...

Il ne savait pas comment interagir avec eux. A la campagne, il n'y en avait pas. Ils lui faisait pitié, mais Grayle se méfiait des gens de la ville. Il se sentait honteux, de ne pas l'aider... respirant afin de se calmer, il frappa à la porte.
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Hier à 8:47

Nous marchions ensemble en direction du lieu de refuge de Linaelle. Les gens nous regardèrent avec surprise ou dédains. Je m’en doutais, on allait surement attirer les criminels de cette ville et devoir être violent. Grayle avait demander que personne ne devait mourir…La naïveté. Chez le culte d’Othar, je savais une chose. Il fallait créer la peur dans le cœur de ses adversaires. Pas une petite peur, il fallait créer la Terreur qui pousserait le monde à fuir. En soit, vous devez être l’incarnation de la Mort, voir être la messagère de Tyra.

- Dame Emilie,  Pourquoi… enfin… comment vous… pourquoi avez-vous une épée ?


Mon regards se posa aux alentours, fouillant chaque recoins avec mon regard. Je me méfiais de tout le monde jusqu’au enfant.

« L’indépendance. Tout simplement. De là ou je viens, une femme est souvent victime de viole et de massacre commis par les hommes à cause de la guerre. Je n’ai pas envie de dépendre d’un homme pour ma sécurité. Je sais me battre, donc assurer ma protection. »

- Est-ce que c’est… parce que vous êtes une noble, ou quelque chose comme ca ?


« Je ne suis pas noble. Je l’ai acheté très cher et je suis mercenaire de base. De fait, j’ai certains avantage ».

D’un geste de la main, je pointais du doigt la foule. Je le mettais en garde et je regardais toute la population avec un air méfiant. Je savais qu’il y avait des espions, des guetteurs ou autre qui est en lien avec la criminalité.

« Pas de mort, aujourd’hui…Moi je te dis, prépares toi à toutes les éventualités. Méfie toi de tout. Méfie-toi des femmes, des hommes, des vieillards et des enfants. N’hésite pas à tuer pour sauver ta peau. Néera à tant donner pour nous mais L’homme n’a bien rien à foutre de sa déesse. Il est pire qu’hypocrite et vicieux. Ça je te dis de mon expérience. Un enfant peut mener à ta mort. Donc méfies toi de tout »

Après une longue petite marche, nous étions entre les quartiers commerciaux et la basse ville. Un grand bâtiment se dressait face à nous avec une architecture les plus simples. On sentait que le bâtiment avait vieillie et meurtrie par tant de chaos dans la Cité.

- Je n'ai pas le temps monsieur...

Je regardais le jeune homme avec sa faux. Il se sentit honteux, méfiant. Il avait tout un pèle mèle de sentiment, remplie de contrariété. Il n’était pas vraiment un homme des villes et il n’avait pas encore le sens de l’observation. Pendant qu’il frappait la porte. Je sortis 2 pièces de ma bourse, je le déposais sur les paumes abimées du mendiant. Ce dernier me regarda. Son sourire édenté adressait silencieusement la joie. Ses yeux remplie de cerne de sa mauvaise condition était remplie de larmes. Pauvre petit homme…ta vie est plus qu’un fardeau.

« Pour vous. Je te suggère de te réfugier au Temple de Néera dans le quartier commerçant. Ils prendront soins de Toi. Dis-lui, que je suis la fille de Elisabeth Chantenuit, prêtresse de Néera. Ils connaissent cette personne. Ils vont t’offrir ce dont tu as besoin. »

Je l’aidais à le relever. L’homme me prit dans ses bras avant de partir rejoindre le fameux temple. J’arrangeais ma tenue, posant mon regard sur Grayle.

« J’ai peut-être sauvé d’un homme d’une mort certaine. »

Puis la porte s’ouvrit. Qui sait, Linaelle était peut être à l’intérieur.
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Grayle Gardair
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MessageSujet: Re: Le bon, la brute et la truande | Grayle & Lyarra   Hier à 21:24

Grayle haussa légèrement les sourcils, peu convaincus.

- J'espère que cette accolade était pour vous remercier et pas voler votre bourse dit-il en désignant le mendiant qui partait d'un pas relativement pressé.

Coupant court au débat, la porte s'ouvrit, devant une femme d'âge mûr à l'air sévère. Son visage s'illumina légèrement en voyant Grayle. Il chuchota.

- Bonjour. On s'est vus hier soir, n'est-ce pas ? Je suis venu voir Linaëlle. Est-elle toujours chez vous ?

Pas de réponse. Il se frappa la tête de la paume de sa main;

- Pardon, j'avais oublié votre voeu. Est-ce que mon am... co... euh, partenaire et moi pouvons entrer s'il vous plaît ? Je voudrais lui parler.

La femme s’avança légèrement, jetant un regard aussi aimable qu'une porte de prison à Dame Emilie, fronçant les sourcils en voyant l'épée. Mais elle recula, et fit signe à Grayle d'entrer. Il la remercia avec chaleur, s'inclinant bien bas. Elle se mit à les suivree.

L'intérieur du temple était la sobriété même, avec des murs de pierre ocre et des meubles en bois, très simples. Le couloir d'entrée donnait sur deux pièces, puis une grande salle principale, avec des tables et tabourets en bois. La salle de souper. Deux jeunes enfants y mangeait. En silence. Les moines et moniales, qui respectaient leur voeux, ne disaient rien, regardant Grayle passer avec chaleur, un d'entre eux lui faisant même un bonjour, auquel le paysan répondit. Ils ne prettaient pas attention à la faux du paysan, qui était venu ici la nuit dernière.

Grayle demanda aux enfants si ils avaient vus Linaëlle. Jeune fille aux longs cheveux bruns, un peu fatiguée. Aucun ne l'avait vue. Il ne s'inquiéta pas pour autant. Elle était sûrement restée dans sa chambre.

Ils montèrent les escaliers.

- Elle a eu droit à une chambre au deuxième étage. Elle y sera à l'abri. chuchota t-il, avat de faire un regard désolé à dame de l'acceuil.

Cette dernière ouvrit la porte de la chambre... qui était vide.

* Merde *

Grayle avanca dans la pièce, avec lenteur. La chambre était petite, avec un lit simple, une chaise et... et rien d'autre en fait.

Il y avait une fenêtre aussi. Petite. Grande ouverte surtout, avec des draps noués autour du pied du lit, qui passaient par la fenêtre, et descendaient dans une petite ruelle, sans vis à vis.

* merdemerdemerdemerdemerdemerdemerde *

Elle s'était... Grayle ferma les yeux, inspira lentement, avant d'expirer, parlant avec un calme olympien.

- Elle s'est échappée.

* CETTE PETITE CONNE S'EST ENFUIE. AHURIE ! GAMINE ! J'AI FAILLI ME FAIRE TUER A CAUSE D'ELLE ET ELLE S'ENFUIE SEULE ? ET JE VAIS ME FAIRE TUER UNE SECONDE FOIS A CAUSE D'ELLE. POURQUOI, POURQUOI, POURQUOI ?!!!!!! *

Elle lui rappellait sa petite soeur, sa petite soeur adorée mais tellement stressante qui adorait s'enfuir et "jouer à cache-cache avec Grayle ", qui avait du une fois parcourir près de 10km pour la retrouver, alors qu'elle s'était perdue en forêt. Le calme paysan lui avait administré l'engueulade de sa vie.

Le calme paysan fit quelque pas vers un mur et, lentement, le percuta avec son front.

- Elle s'est échappée...

Il cligna des yeux, et fouilla la pièce. Dans un coin de la pièce, il reconnu les vêtements de la jeune fille, qu'elle portait lorsqu'il l'avait rencontrée. Il s'en saisit, et les lanca vers Emilie.

- Il faut la retrouver. Le chien d'Anthoine pourrait peut-être la pister avec ceci... non ?

Il se pencha à la fenêtre, regardant la rue.

- Je dois la retrouver. Elle est en danger.

Il jeta sa faux par la fenêtre, l'outil agricole tombant dans un "clang ! " sur le sol, avant de l'enjamber, et de se laisser tomber. Le jeune homme atterit avec force sur le sol, poussant un grognement, avant de se relever et de reprendre son arme, regardant autour de lui.

Les jeunes filles et leurs pulsions de fuite...
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