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 Mon ami Bobo [Pv]

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Thibaud de Kelbourg
Humain
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Date d'inscription : 07/09/2016

Personnage
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MessageSujet: Mon ami Bobo [Pv]   Ven 8 Juin 2018 - 11:02



Ce matin là, il s'en était allé vivoter dans les ruelles regorgeant de putains et d'autres scélérats mal-plumés. Peu de cités pouvaient se vanter de posséder avec autant de vigueur toute la lie de la société en un seul et même endroit. C'était ça qui donnait à Diantra sa singularité et son petit côté pittoresque. Pour sûr, dans ces quartiers malfamés, l'on y voyait que très rarement de beaux noblions aux atours riches et clinquants. Il fut certain qu'un tel couillon se serait retrouvé éventré en deux temps trois mouvements dans un pareil décorum. Contrairement à eux, Thibaud déambulait comme un local du cru, sans se soucier des mendiants affalés sur la boue où des pestiférés enfermés dans les hospices. Là-bas, ça criait, ça crachait, ça se bousculait pour choper quelques piécettes mal gardées. Ses yeux fuyaient de temps en temps sur les décolletés plongeants des rombières à la vulgarité affolante. Étonnamment, cela lui donnait la trique. Il eut même, l'espace d'un instant, l'envie d'aller fourrer une putain aux cheveux argentés et à la peau lisse et sûrement douce. Mais un rugissement sorti de nulle part l'en empêcha et le stoppa net dans sa pérégrination. L'herbe et les putes attendraient ! Le cri d'un monstre venait de susciter sa curiosité.

D'où venait-il ? Il se retourna et attendit qu'un énième rugissement se fasse entendre. Foutre-dieux ! La bête gueulait à s'en péter les vocalises. En regardant une bâtisse à l'air abandonné, il ne put en déduire que la chose se trouvait derrière ces murs. À la porte cochère en contre-bas qui faisait la gueule, des hommes allaient et venaient sans cesse. Cela humait bon la bonne compagnie. C'est donc avec un zèle bien à lui qu'il y pénétra pour découvrir une multitude de badauds puants regroupés autour d'une arène de combat dans laquelle un ours haut comme deux hommes combattait trois gros chiens aux babines dégoulinantes de sang.

L'ours était aux abois. Depuis combien de temps se battait-il ? Combien de chiens étaient passés avant ceux-là pour tenter de l'abattre ? De voir ainsi l'emblème de sa maison lutter contre quelques paris de magouilleurs lui fendit le cœur. Pis encore, les rugissements de l'ours allaient maintenant jusqu'à lui hérisser les poils. L'un des clébards se jeta à la gorge de la bête acculée pour la faire saigner d'autant plus. L'animal riposta à son tour pour venir éventrer le chien d'un seul coup de mâchoire. Il en eut presque la larme à l'œil à tel point il en jubila. Mais les autres chiens, plus remontés que jamais, vinrent finir leur sale besogne en profitant d'un moment d'égarement de l'ours pour le finir une bonne fois pour toute. Il n'eut nul sourire pour ce pathétique moment de curée. Les parieurs, à côté, quant à eux, poussèrent des cris de victoire en flairant leur prochaine mise.

– P'tain d'ours, entendit-il à ses côtés. J'ai tout perdu...

– Fallait m'ser sur les chiens pov couillon !

– Ferme donc ta boîte à dent avant que j'te la pète du con !

Comprenant que les esprits allaient s'échauffer, Thibaud laissa à ces hommes le bon plaisir de se mettre sur la gueule et s'en alla trouver les organisateurs de cette piteuse mascarade. Au fond de la salle, il vit un petit groupe de lascars attablés, comptant les pièces en faisant des petits tas. Sans trop se tromper, ces bougres étaient probablement affiliés à la pègre diantraise connue et réputée à travers tout le royaume. En s'avançant, l'un d'eux lui jeta un regard noir. Trop noir.

– fais la queue comme les autres si tu veux miser mon gars ! Pas de passe droit ici.

– D'où venait l'ours abattu, dites moi ? Répliqua-t-il sans se démordre.

– T'as pas compris ce qu'on t'a dit ? Tu veux crever dans la fosse toi aussi ?

Il s'avança d'un peu plus près, faisant semblant de tendre l'oreille comme pour signaler qu'il avait mal entendu.

– Ouais je crois qu'il veut y aller ! Reprit un autre en gaussant allégrement.

Si seulement ces hommes avaient su dans quelle merdier ils s'étaient fourrés. Il n'en montra pourtant aucune agressivité et se contenta de faire le piquet jusqu'à ce qu'on daigne lui fournir une réponse. Voyant qu'il n'avait ni reculé, ni cherché à se fondre en excuse, l'un des gars dut s'émouvoir où s'interroger sur sa ténacité.

– Il venait du bois aux ours, maintenant casse toi où je te fracasse.

Le bois aux ours ! Il ne manquait plus que ça. Des braconniers s'en étaient allés sur ses terres pour y ramener des ours dans le seul but des envoyer combattre contre de l'argent...

– Dites moi donc où se trouve l'ancien propriétaire et je ne vous embêterais plus, promis juré !

Le même type qui lui avait répondu souffla fort avant de pointer du doigt un vieux croûton allant dans une arrière salle. Thibaud hocha du chef pour le remercier et s'en alla tout naturellement sur la trace de ce marchand au crâne dégarni et à la barbe broussailleuse. Ce dernier, il retrouva d'ailleurs non loin de plusieurs cages dans lesquelles les animaux trépignaient. Des chiens, des coqs, des fauves dont il ignorait la provenance et.... un autre ours. Bien plus petit que celui qui avait combattu. Celui-ci ne devait être qu'un ourson.

– Et toi, là-bas !! Qu'est ce que tu viens foutre ici ? C'est interdit aux parieurs !

– Mille excuses mon brave, mais l'on m'a dit que je vous trouverais ici. Êtes vous donc le propriétaire de ces joyeuses bêtes ?

Le vieillard était sur la défensive et continua à geindre comme une pucelle mal déflorée.

– Beh ouais, c'est pas la peine de me soudoyer pour que je saigne l'une d'elle avant le combat.

– Oh non, loin de moi cette fâcheuse idée. Mais voyez-vous, je m'intéresse particulièrement à l'ourson qui se trouve dans la cage là-bas. Où l'avez-vous trouvé, dites-moi ?

– C'était le fiston de celle qui vient de crever dans la fosse. Bientôt un petit monstre qui me rapportera pas mal de pognon pour sûr ha !

– Je n'en doute pas un seul instant, mon brave. Néanmoins, voyez-vous, cela me chagrine car il vient du bois aux ours n'est-ce pas ?

– Ouais ! C'est là bas que je les trouve généralement. Un bon vivier qui rapporte, lâcha-t-il avec des étoiles dans les yeux. Et qu'est-ce qui vous chagrine donc ?

– Et bien... malheureusement pour vous, cette forêt dans laquelle vous trouvez vos bêtes de guerre m'appartient.

Les étoiles disparurent pour laisser place à une certaine interrogation.

– Ouais et moi je suis le Roi de Diantra, c'est ça !

Il s'avança lentement vers lui et jeta un œil autour. Il n'y avait qu'eux et les animaux en captivité. Juste avant d'arriver sur le vieux, Thibaud sorti une petite dague dissimulée sous ses habits et vint la planter sous le bras du gaillard pour atteindre le cœur au plus vite.
– Pas de chance pour toi le Roi de Diantra, je suis le seigneur de Kelbourg, dit-il en retirant sa dague ensanglantée.

Le vieux tomba par terre comme une pauvre merde sortant de son cul. Les yeux du rustre ne le quittèrent point un seul instant jusqu'à ce que ses paupières se ferment. Il avait voulu jouer. Il avait dorénavant perdu. Coutumier de ce genre de crime, Thibaud le releva pour le mettre sur une chaise, le bras posé sur la table en feignant de tenir une chope. De loin, l'on eut dit que l'homme avait picolé jusqu'à perdre connaissance. De son côté, le boucher profita des quelques dernières secondes d'accalmie avant de s'approcher de la cage où se trouvait l'ourson.

– Toi, l'héritier du Roi, tu vas rentrer à la maison !

L'animal restait penaud et craintif devant lui. Il n'avait qu'à le choper par le corp pour le porter. Lorsqu'il le souleva, il sentit subitement tout le poids de la bête et en eut presque le souffle coupé.

– Je sais comment je vais t'appeler. Bobo, le fils du Roi !

Avant que les bandits n'entrent dans l'arrière salle pour mander au vieux – maintenant crevé – d'emmener une autre bête dans la fosse, Thibaud était déjà sorti par une trappe flanquée dans un des murs. Nombreux furent les badauds à s'étonner en le voyant courir dans les rues avec un petit ours. Sans le savoir, le plus redouté et sadique des berthildois venait probablement de commettre l'action la plus honorable de toute sa vie. A moins que... l'ours ne devienne, à ses côtés, bien pire que tous les autres ours de l'Argonne. Seul l'avenir le dirait.
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