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 [Souffle prisonnier] Rassemblement 2 - Les eaux calmes de l'Oliyenne

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Cécilie de Missède
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MessageSujet: [Souffle prisonnier] Rassemblement 2 - Les eaux calmes de l'Oliyenne   Dim 8 Juil 2018 - 23:28

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Rp de rassemblement N°2

2e jour de la 2e ennéade de Karfias ~ été
11e année du XIe Cycle
Grand large de la mer Olienne entre Missède et Naélis


Règles spécifiques à ce RP :
  • Pas de longueur de poste minimale
  • Double posts acceptés
  • Libre à tous ceux qui veulent jouer dans l'évènement "Le Chant du Souffle Prisonnier"
  • Pas de tour de parole
  • Seules les informations qui seront partagées dans le RP seront considérées comme connues de la troupe et pourront servir à organiser le reste du voyage


Information à respecter sur la période de RP :
  • Voyage de la caravane Diantra - Beaurivages : 4 jours (3 par la route d'or pour arriver à Missède puis 1 par les petites routes de campagnes Missèdoises)
  • Attente jusqu'à l'appareillage : 2 jours. Vous pouvez - si vous le souhaitez - être logé à la Citadelle de Beaurivages (grande place forte au-dessus de la ville, au sommet d'une falaise et dans laquelle demeure le château)
  • Appareillage au levé du soleil le 9e jour de la 1ere ennéade de Karfias - beau temps
  • Voyage en bateau Beaurivages - Naélis : 3 jours en s'éloignant des côtes pour couper au plus court. L'arrivée est donc prévu pour le lendemain de ce RP.
  • Le navire est une Galéasse (navire avec une bonne voilure et une vingtaine de rangs de rameurs) portant le nom de l'Eulalie, l'équipage d'une cinquantaine de marins Missèdois discipliné
  • Les femmes se partagent deux cabines avec des lits superposés, les hommes dorment avec l'équipage dans le dortoir du pont inférieur dans des hamacs.
  • Les Missèdois étant superstitieux ils pensent qu'avoir une femme a bord porte malheur (surtout si elle est plus jolie que Tyra), toutes les femmes doivent être habillées en homme tant qu'elles sont sur le bateau pour conjurer le courroux divin et éviter de s'attirer la jalousie de Tyra.


Les joueurs participant à l'évènement sont priés de ne pas ouvrir de RP se déroulant après la date de ce RP jusqu'à la clôture de celui-ci.

N'oubliez pas que vous pouvez ouvrir les RP perso que vous voulez sur le trajet. Ce n'est pas parce que ce RP est ouvert qu'il doit être priorisé dès maintenant.

Sujet HRP de l'évènement


Clôture : Dimanche 12 Août à 23h


Les embruns fouettaient le le visage de Renard, agitait sa crinière blonde et caressait les mains qu'il gardait fermement encrés sur l'imposant gouvernail. Un vieux chant Missèdois dans la tête depuis le matin, il sifflotait en regardant les voiles inhabituellement gonflée et les rameurs qui pouvaient prendre un peu de bon temps pendant qu'ils profitaient du grand largue de 20 nœuds qui faisait leur boulot.

L'étrange équipée qu'il avait pris à son bord vaquait à ses occupations, comme c'était le cas depuis deux jours. Les gardes gardaient et les passagers un peu plus débrouillards avaient été mis à contribution pour poncer les rambardes, graisser les poulies, éplucher des patates, aider le Calfat, repriser les voiles, cirer le pont extérieur... Bref, garder le navire en état. Les gamines avaient été affectées à l'infirmerie et le médecin de bord, son vieil ami Ferdinand, en profitait pour faire un inventaire complet. Boulot ingrat mais en total sécurité. Au moins le vieux guérisseur avait sept enfants d'une même femme malgré tout le temps passé en mer et gardait un sens de l'humour qui rendait même les traitements les plus amers supportables, alors il devait réussir à se débrouiller.

" Dans les prisons de Lantes..." fredonnait encore le capitaine.

Jusqu'ici, ils n'avaient pas eut grand problème. La caravane était passé sans encombre de Diantra à Missède, de Missède à Beaurivages et son navire était prêt à partir au jour prévu. La chaleur de l'été était bien plus supportable en mer. Elle en devenait même agréable. Les discussion allaient bon train et Renard se prenait à espéré que les voyageurs avaient commencé à sympathiser, que ce soit sur son bâtiment ou pendant le voyage à terre. Il avait assez bourlinguer pour savoir qu'un équipage soudé était un équipage qui pouvait affronté n'importe quoi.

- Hey ! Capitaine ! "


Renard tourna la tête vers le bosco qui montait le long de l'escalier. Le gaillard d'une trentaine d'année vint un peu trop rapidement à la rencontre du maître des lieux pour que ce ne soit qu'une question de courtoisie.

- Monsieur Bartrand ?
- On a peut-être deux problèmes. Vous voulez lequel en premier ?
- Et la bonne nouvelle pour faire passer la pilule, alors ?
- le Coq prépare une soupe de palourde pour ce soir. " sourit le bosco malgré la tension qui restait perceptible sous le calme des deux marins.
- Vous voyez, ce n'est pas si compliquer. Je vous écoute.
- Philippe a les articulations grippées et la Mouette vient apercevoir un navire sans pavillon sur l'horizon. Tribord. J'ai préférer éviter de le gueuler sur le pont.

Tranquillement, comme si ce n'était rien de grave n'était en jeu, Renard se tourna vers la droite et déplia la longue vue qu'il gardait à la ceinture pour scruter l'horizon. Oui... Il y avait bien un navire par là-bas... Hors les navires commerciaux suivaient la route du golfe et ils étaient encore trop loin de la côte pour que ce soit un navire de surveillance Naélisien. Étant donné la force du vent et leur position, ils avaient encore de la marge. Il fallait changer de cap avant de se faire repérer... En espérant que ce ne soit pas déjà fait.

- Appelez l'équipage aux postes de manœuvre. On vire bâbord à mi-rame.

- Le Cap ?
- Idéalement Nord-Nord-Est. Je recalculerai précisément quand on sera hors de vue.
- A vos ordres capitaines.

En quelques minutes, les matelots étaient parés et le navire commençait à tourner sous le regard intrigué des passagers auxquels ont répétaient depuis la veille au soir qu'ils n'avaient plus qu'à voguer droit vers Naélis.


Dernière édition par Cécilie de Missède le Dim 12 Aoû 2018 - 22:18, édité 1 fois
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Yenaël
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MessageSujet: Re: [Souffle prisonnier] Rassemblement 2 - Les eaux calmes de l'Oliyenne   Mer 11 Juil 2018 - 15:01


~ Chaque filet d’eau a son chemin ~

Yenaël avait le regard rivé au loin. Depuis maintenant bien une heure, il avait terminé de participer à la préparation du repas quotidien. C’était la tâche qu’on lui avait attribué dès l’embarquement sur le navire. En effet, le jeune homme avait su faire montre de ses talents culinaires lors de la première partie du voyage. Et cela avait été rapidement mis à profit pour l’ensemble de l’équipe. Le jeune mage trouvait ce voyage étrange. Il réunissait des gens de tous horizons sans qu’ils n’aient rien en commun si ce n’est le fait d’être humains. Pauvres, riches, nordiens, sudistes, estréventins, femmes, hommes … Il y en avait pour tous les gouts. Bien qu’étrange, cette mixture semblait prendre à sa façon. Une certaine cohésion s’était créée sous le commandement du capitaine Renard.

Yenaël était triste depuis deux jours car on lui avait interdit d’utiliser sa magie. Les autres hommes sachant pertinemment qu’il avait l’habitude d’user les flammes pour faire ses tours de passe-passe, ils s’étaient méfiés d’une possible avarie en pleine mer. Il faut dire qu’une bille de feu liquide formée par le jeune homme aurait eu tôt fait de percer la coque de l’Eulalie et d’avoir des conséquences dramatiques. Ainsi, lors de son temps libre, il passait son temps à regarder au loin.

Le bateau, ce n’était pas le truc de Yenaël. Cela n’était pas la première expérience du jeune homme sur un navire, pourtant il n’était pas plus à l’aise que la première fois. Il y a désormais un an, lorsque Yenaël et son compagnon Zaahrian étaient venus en Péninsule depuis l’estrévent, ils avaient emprunté les routes. Force est de constaté que le jeune homme avait été ravi de cette décision à l’époque. Il avait toujours gardé en tête un souvenir d’un voyage en mer lors de son jeune âge et de sa formation magique. A ce souvenir n’étaient associés que nausées et sentiments fortement désagréables.

Alors qu’il regardait au loin, le jeune homme vit quelque chose. C’était imperceptible, un petit point dans la mer mais … un point. Alors qu’il était en train de plonger de nouveau dans ses pensées, le jeune homme sentit que l’Eulalie était en train de changer de cap. C’était léger, mais perceptible. D’autant plus pour un mage qui avait l’habitude de se concentrer sur ce qu’il percevait. Alors, ce que Yenaël avait imaginé comme une microscopique île abandonnée au milieu de l’océan était peut-être un autre navire. Instinctivement, le cœur de Yenaël se mit à bondir dans sa poitrine. Le voyage n’avait pas été très palpitant jusqu’alors mais peut-être allait-il enfin le devenir !

Le jeune homme quitta sa position et se rendit en direction du pont du navire. Il voulait voir si d’autres gens avaient remarqué ce changement de cap. Il jeta quelques regards aux alentours, rien. Les voyageurs semblaient tous calmes et quelque peu exténués par le voyage. Alors, le jeune homme se remit à regarder en direction du point qu’il avait aperçu au loin. Il s’approcha de la rambarde pour mieux l’apercevoir. La perception était difficile, surtout embarqué sur un navire filant à travers les mers et balloté au grès des vagues. Alors, comme pour montrer qu’il était prêt, il se dit qu’un petit exercice magique pouvait s’avérer amusant tout en lui permettant de se remettre à pratiquer l’art.

Il se concentra afin d’attirer à lui un peu de l’eau de l’Olienne qui entourait le navire. La maîtrise de l’eau n’était vraiment pas son fort. Heureusement, le vieux mage qui l’avait formé dans sa jeunesse avait lourdement insisté pour que Yenaël maîtrise au moins un minimum chaque élément. Au bout de quelques secondes, il parvint à attirer quelques bulles d’eau qui faisaient une dizaine de centimètres de diamètre chacune. Lentement, il se mit à faire tournoyer ses bras afin d’insuffler assez d’énergie pour faire bouger les grosses gouttes volantes. Les spectateurs, s’il y en avait, pouvaient admirer de magnifiques sphères aquatiques d’une rondeur approchant la perfection. Et s’ils portaient leur regard un peu plus loin, ils pourraient également se rendre compte que, même en mer, personne n’est jamais seul.


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Hadalie
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MessageSujet: Re: [Souffle prisonnier] Rassemblement 2 - Les eaux calmes de l'Oliyenne   Ven 27 Juil 2018 - 1:34


Hadalie avait toujours eu un faible pour la mer Olienne. Ah, son calme plat, ses brumes mystérieuses et ses navires prêts à être pillés! Du haut du hunier, accrochée au mât d'artimon, la jeune femme observait fixement un point à l'horizon vers lequel Le Rokvenha, bateau pirate sous la commande de l'indomptable capitaine Omma se dirigeait. La jeune pirate campée dans son rôle de gabier tendait l'oreille, afin de ne rien rater de ce qui se passait en bas. Elle venait de détacher la brigantine, permettant au navire à trois-mâts de se diriger plus aisément en direction de sa victime au loin. À plusieurs mètres en bas, les pirates s'affairaient, préparant armes et scorpions. La fébrilité était palpable. La capitaine Omma hurlait ses ordres, dans le but de motiver les troupes.

- À l'abordage! MONTEZ-MOI CES CHAÎNES PLUS VITE QUE ÇA BANDE DE BONS À RIEN!

Le vent lui frappait le visage, et Hadalie renifla, s'essuya le dessous du nez avec le revers de la main qui ne tenait pas le cordage, et sortit sa flasque de sa poche avant d'en prendre une gorgée. Elle poussa un petit soupir de pitié lorsqu'elle vit le navire qu'ils poursuivaient tenter un changement de cap. Le Rovenkha était un bateau très rapide, et possédait -Hadalie se plaisait à s'en féliciter- un gréement en excellente condition et superbement manœuvré. À cette seule pensée, une gorgée suivit une autre, puis une autre, sans compter les quelques unes précédentes. L'euphorie lui venait.

La course ne fut pas longue, et à quelques mètres à peine de sa cible, le premier coup de scorpion du Rokvenha retentit. La jeune pirate esquissa un sourire féroce: l'appât du butin commençait à titiller ses sens de pirate. L'équipage en bas sur le pont hurlaient et se préparaient à descendre les planches afin de faire intrusion sur le navire victime. L'échange de coups de scorpions n'avait pas duré bien longtemps, et l'abordage avait lieu. Hadalie, qui était descendue au bas du mât d'artimon agrippa fermement le cordage qu'elle avait dénoué pour l'occasion, l'enroulant savamment autour de son bras et de sa jambe droite. Puis, comme mus par un instinct commun, tous les pirates firent irruption sur le navire qu'ils s'apprêtaient à piller sans vergogne. À ce moment précis, Hadalie lâcha le mât, et se donna un fort élan, traversant l'espace entre les deux bateaux, bien agrippée à sa corde. Les cris effrayés et les rires gras des pirates se faisaient entendre, alors qu'Hadalie poussait un « Wouuuuh » empreint de vapeurs de rhum.

Une fois au-dessus du navire, la jeune femme lâcha la corde et fit un atterrisage un peu chancelant, le sabre à la main, et le chapeau de guingois. Esquivant de justesse un coup d'épée, elle frappa le flanc de son assaillant par dessous, lui faisant plier le genou et gémir de douleur. Il est vrai que ça devait faire bien mal...


Dernière édition par Hadalie le Sam 28 Juil 2018 - 21:12, édité 1 fois
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Louve Noire
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MessageSujet: Re: [Souffle prisonnier] Rassemblement 2 - Les eaux calmes de l'Oliyenne   Sam 28 Juil 2018 - 16:48

Le doute s’était vite effacé. Les pirates allaient nous attaquer avec leur bateau. Elia était en sécurité dans le point inférieur.Nul doute que l’attaque allait avoir lieu. Les deux lames étaient accrochées à l’arrière du fessier, le regard était rivé sur le bateau qui s’approchait dangereusement. L’attaque était imminente. Les marins s’attelaient à protéger le navire contre la piraterie. Ils se mettaient en position, le capitaine donna l’ordre d’être en formation de combat. Silencieuse, je sortis mes deux lames, préparée à réceptionner le navire qui s’approche. Les jets de Scorpions attaquèrent le navire. Les hurlements s’élevèrent dans le navire. Il y avait-il un blessé ? Un mort ? Je ne sais pas, mon regard était rivé sur le navire qui s’approcher. On entendait les hurlements des pirates, des cris d’intimidation

« On va vous faire la peau ! On va vous faire la peau ! Bande de petits marins ! » hurlait un pirate

A côté de moi, un vétéran me fixa du regard et le navire qui s’approchait.

« Ils font le beau. Ils ne vont rien comprendre de ce qu’ils leur arrive. » répliqua un lieutenant du navire en me fixant. « T’es prêtes, la Corneille »

« Plus que prête. » j’adressai un petit sourire en coin, gardant mes épées dans mes mains.

Lorsque le navire ennemi aborda notre bateau. Les premiers pirates s’élancèrent sur le pont. Le lieutenant et son groupe étaient en formation serré réception les ennemis. Le premier pirate arriva face à moi. Il étira un sourire provocateur, son regard renfrogné renforcé par ses larges cicatrices au visage. Il s’approchait de moi avec son cimeterre.
En contrepartie, je m’approchais de lui rendant un sourire tout aussi charmeur.

« Je vais t’attraper ma Belle. » sort-il dans un ton rempli d’amusement.

« Attrapes moi dans ce cas » lançais-je d’un hochement de tête.

Nos deux corps s’élancèrent l’un contre l’autre. Avec son glaive, il m’attaqua le ventre. Je sentis  une coupure arracher mon habit et une sensation de brulure arriva sur mon ventre. J’esquivai en arrière, fixant un coup d’œil mon ventre. C’était une légère blessure. Le fils de chien était rapide et vivace. Je le vis en train de réattaquer de nouveau, cependant, je brisai son élan par un coup de pied dans le ventre. Il esquiva sur le côté droit, profitant de m’attaquer vers la jambe droite avec son épée. A peine j’eu le temps d’esquiver son coup, je sentis la lame couper la peau de ma jambe laissant un autre filet de sang couler sur ma cuisse. Il était rapide, il me frôlait sans arrêt.  Je profitai de contre-attaquer en estoc avec ma main gauche sur son ventre.  Il para mon coup d’estoc avec sa lame, j’en profitai pour faire une attaque retournée, attaquant son visage par une attaque circulaire. Ma lame entailla assez profondément son torse. Il me regarda, se touchant le torse sous l’effet de la surprise. Un bon filet de sang coulait. Il n’était pas assez profond pour le tuer, mais suffisamment pour l’affaiblir. J’esquissai un sourire, profitai de sa surprise pour l’attaquer de face avec mes deux lames en avant. Il recula en titubant, évitant mon coup. Il se tenait la blessure, je jouis de l’occasion pour foncer vers lui, et plonger l’épée à l’intérieur de son épaule. Ce fumier évita par chance le coup fatal, faiblement il tenta de contre attaquer sur mon flanc gauche. Le pirate était trop épuisé par la blessure pour être rapide. J’esquivai d’un pas sur le côté, en profitai pour le frapper contre le bide avec ma jambe. Il encaissa le coup en contractant ses abdos, c’était l’occasion rêvée de lui mettre mon pied dans sa gueule à cet enfoiré. Le pirate était complètement sonné, cherchant l’épée qu’il avait lâchée. Je le regardai droit dans les yeux, levai mes deux lames vers le ciel et abattis mes épées au plus profond de sa chair. Il tomba à genoux, le regard surpris et terrifié. Je sortis mes deux lames, regardant le corps tomber par terre, dans un lourd fracas. Puis, à ma droite je vis un groupe de pirate composé d’hommes et d’une femme ( Hadalie qui est la femme) qui fit plier le genou au marin.

Je courrai vers la fille avec mes deux lames toujours en mains. Un assaillant m’attaqua de face.  Je bloquai son coup d’estoc, profitant de l’occasion pour fendre mon épée sur son visage. Il esquiva sur le côté. Je répondis d’un coup de pied en face. Cependant, mon pied d’appui fuit à toute jambe, je glissai contre quelque chose me retrouvant lamentablement par terre.  Merde, d’où j’ai glissé ! Merde d’où j’ai glissé ! Sur le côté…L’eau et le sang…..Maudit soit ce navire. De peu, j’esquivai les coups d’estoc de mon adversaire. Je tentai de le repousser de mon pied, mais il relança son attaque.  J’évitai sur ma gauche. Il était assez proche pour lui sauter dessus. Il tomba par terre. À califourchon sur lui, je tentai de planter ma lame contre son visage

Il saisit ma lame de sa main, la glissant vers le bois. J’en profitai pour abaisser la longueur de l’épée vers son cou. Il la bloqua avec ses deux mains mais elle s’approchait dangereusement de lui. La lutte fut longue, j’utilisai mon poids pour abaisser ma lame. Il la retient avec sa force.

« Pétasse ! » insulta le marin
« Connard! » répondis-je
« Fille de pute ! »
« Va chier ! »

J’appuyai davantage sur mon corps pour abaisser la longueur de la lame vers sa gorge. Il commençait à faiblir, et ses mains à saigner abondamment. Il se fatiguait ! Je le tenais ! Il allait bientôt crever !  Je poussai un cri de rage, effectuant une dernière pression. Peu à peu, il perdit la force avant que la longueur de lame ne rentre dans sa gorge.

Je jetai un dernier regard, je me levai en titubant légèrement sous les effets du remoud de la mer.  J’étais satisfaites

Sur ma gauche, la femme pirate. (Hadalie) Je repris mes deux armes, l’accueillant avec un malicieux sourire. Le visage baissé, mon regard était rivée sur le siens.

« A toi maintenant. Pirate ! Par Othar, offres moi un beau combat ! »

J’étais sure d’une chose. Le combat était dans mon sang, je ne pouvais plus le nier ou le remettre en doute.
Ps : hadalie c'est toi la pirate envers qui je m'adresse :)
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Grayle Gardair
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MessageSujet: Re: [Souffle prisonnier] Rassemblement 2 - Les eaux calmes de l'Oliyenne   Dim 29 Juil 2018 - 22:57

Le repos, enfin.

Comme l'avait affirmé, puis ordonné le Capitaine, Grayle était au repos. Aucun travail ne pouvait lui être demandé, et le jeune paysan, dont les dernières semaines avaient été éprouvantes, goûtait à ces vacances avec un plaisir non dissimulé. Il passait ainsi la totalité de son temps sur le pont supérieur, allongé au soleil, les yeux fermés et un fin sourire sur son visage. Pour la première fois depuis longtemps, il était heureux, bercé par l'océan, et son regard se perdant régulièrement dans l'infinité aquatique qui les entouraient.

Il en avait un peu peur de l'eau. Il ne savait pas nager...

- On nous attaque !

Grayle se leva, regardant autour de lui, et vit en effet qu'un navire approchait. Il se rhabilla de son haut -un simple chemise beige de matelot- et pris sa faux, qui ne le quittait jamais, au grand dam des marins qui n'aimaient pas voir un tel instrument se balader sur le navire. Rapidement, Grayle descendit les escaliers, pour arriver sur le pont, là où la plupart des spectateurs se tenaient.

Le Capitaine donnait des ordres. Les marins prenaient les armes. Grayle vit Dame Emilie, le sourire aux lèvres. En voilà une qui devait être dans son élément...

Il vit également celui qui s'appellait Yenaël, un jeune mage. Grayle se sentait... un peu jaloux de cet homme. Plus grand, bien plus beau, plus musclé que lui. Et mage en plus. Et un elfe ! Grayle avait peur de ce peuple, dont Yenaël était le seul représentant qu'il connaissait. Et même s'il semblait etre quelqu'un de correct, le paysan avait entendu bien trop d'histoire pour baisser sa garde.  

Mais Il le regarda... créer des bulles ? Il ne savait pas si cela allait être utile, et se jura de s'en tenir éloigné. Prit d'un élan de solidarité envers celui qui s'approchait le plus de lui-même en âge, il ne put s'empêcher de lui adresser la parole.

- Faites attention Yenaël !

Il s'en alla, un peu précipitamment, et vit Cécilie, qui était sur le pont.

- Madame... mettez vous à l'abri ! Les hommes s'en chargeront... on s'en chargera ! Il frappa son torse pour essayer de la rassurer et se donner meilleure contenance. Les femmes (la Louve Noire exceptée), les enfants et autre personnel non-combattant se réfugièrent

De longues minutes, puis l'impact. Le bateau percuta lourdement l'Eulalie, avant que les pirates ne sautent sur le pont. Rapidement, la mêlée, brutale, sanglante et vive, s'engagea. Grayle, lui, restait en retrait, gardant la porte verouillée qui donnait sur la cabine. Il espérait que personne ne lui prêterait attention.

Bien entendu, il voulait aider, mais ca, c'était un combat, un vrai. Il n'était qu'un paysan avec une faux. Il e voulait pas mourir. Pas perdre un bras, ou une jambe. Il avait peur, et respirait avec force, le visage pâle, alors que le son des lames s'entrechoquant et mordant la chair résonnait dans son crâne.

Puis, il le vit. Le pirate. Un grand homme qui, après avoir tué un des marins, vit Grayle. Il se mit à sourire, comme un loup voyant une brebis égarée. Il dépassait Grayle d'une demi-tête, et portait une machette sanglante. Avisant la porte, et remarquant la posture défensive de Grayle, faux dirigée vers lui, il comprit que le jeune homme gardait quelque chose. Ou quelqu'un...

- N'approchez pas ! Hurla presque Grayle. Ses mains étaient blanches à force de tenir la faux, et il regardait par intermittence autour d'eux, cherchant à la fois une échappatoire, espérant un allié, ou inquiet de l'arrivée d'un autre ennemi.
- Ah ouais ? Tu compte me tuer ?
- Oui !
- Ah !

Il s'approcha, encore et encore. Grayle se maudit de ne pas avoir une lance. Il essaya de repousser son ennemi, qui dévia la hampe de la faux et frappa Grayle, qui tenta d'esquiver.

Plus petit, moins expérimenté, coincé contre le bord, avec une arme peu pratique, Grayle se fit balader par le coups de taille rapides et puissants du pirate. Il ne dut sa survie qu'à la chance et ses reflexes, et surtout, la solidité surprenante de la lame de sa faux, qui résonnait d'un bruit étrange à chaque contact.

Il n'avait plus peur. Ou plutot, il avait tellement peur que tout allait mieux. Il avait froid. Il était pâle. Mais ses sens étaient à l'affûts. Il sentait le bruit de leurs pas sur le bois, comme une danse rythmée. Paf, paf, pafpafpaf, paf. Son regard était vif, concentré, voyant les mouvements clairs de la machette de l'edversaire. Il sentait son corps réagir comme il le souhaitait. Bourré d'aldrénaline, Grayle ne s'était jamais senti aussi fort, aussi puissant que lorsqu'il avait tué son père. Mais ce n'était pas suffisant. Il n'avait pas ce feu qui brûlait en lui, concentré uniquement sur sa survie.

Ne pouvant plus que se protéger, les yeux fixés sur l'arme, il ne fit attention que trop tard à la jambe de son adversaire, qui s’enfonça dans son thorax, lui coupant la respiration.

Le pirate n'était pas bête. Il faisait attention aux geste de Grayle, devinant un débutant de la guerre, mais qui savait ce qu'il faisait faux en main. Il était prudent, et maintenant, il mordait. Son poing suivi le pied, et percuta le visage de Grayle, cassant son nez, l'envoyant en arrière. Le jeune homme lâcha sa faux, qui tomba par terre.

Il sentit le vide en dessous de lui, et, en une fraction de seconde, constata qu'il était contre le rebord du bateau, et prêt à tomber dans la mer. Il se redressa et vit la lame se diriger vers lui. Glisser sur la droite ? La gauche ? Il se laissa tomber, les jambes flageolantes, tombant le cul sur le pont. La lame le rata, entaillant le rebord du bois, et le dessus du crâne de Grayle.

Pas le temps de se réjouir. Un coup de genou percuta le visage du paysan.

Il avait mal. Horriblement mal. Son cerveau hurlait, son nez était l'incarnation de la douleur. Son sang recouvrait le bas de son visage, coulait sur son menton. Ses yeux étaient presque sur le point de sortir de leurs orbites. Il gouta à son sang. Ferreux. Brûlant. Il voyait rouge. Il voyait le pirate se tenant sur une jambe. Il voyait une faille. Il voyait la mort.

iL hurla et se jeta en avant, faisant tomber le pirate déséquilibré qui poussa un juron. Un coup de machette. Un coup dans le vent. Le jeune homme s'était déjà écarté avant même d'avoir jeté son ennemi à terre. Ou était-il parti ? Ramasser sa faux. Le pirate réalisa la situation. Grayle leva sa faux, la tenant par le bout du manche, d'une seule main. Le pirate se leva précipitamment, encore à moitié courbé vers l'avant. La faux s'abbatit sur lui de haut en bas. La pointe, cette pointe qui n'aurait pas du être aiguisée, pénétra dans le dos de l'homme, passant à travers la chair et frottant contre les os. Il hurla.

A son tour d'avoir mal. La lame s'échappa de son corps, suivie par un magnifique arc de cercle sanglant, puis d'un second et horrible cri de douleur du pirate. Grayle, sans perdre de temps, le regard fixe et perdu dans le vide, dans un geste presque mécanique, fit tourner la faux entre ses mains. Changeant l'orientation de son torse et de ses pieds, et frappa cette fois de bas en haut. La lame en croissant de lune s'enfonca dans le ventre de l'homme, percant son poumon. Le sang projeté auparavant dans les airs retomba en averse sur le sol et les deux adversaires.

Ils se fixèrent. Le pirate, debout, les yeux écarquillés, tétanisés de doubleur, le torse ouvert et d'où cascadait le sang, incapable de parler. Il poussa quelques gargouillis, alors que du sang coulait en abondance de sa bouche.

Grayle hurla. De rage. De douleur. De délivrance. Il ria aussi. Et puis, dans un cri de victoire, il retira sa lame, refit tourner la faux entre ses mains. Le pirate, agonisant, tomba en arrière, avant que son corps ne se fasse massacrer, une fois, deux fois, trois fois, par un Grayle fou furieux qui s'acharna sur le corps jusqu'à ce qu'il était clair qu'il ne s'agissait plus que d'un morceau de viande sans vie.

Son visage était recouvert de sang. Le sang qui coulait de sa fine et rectiligne blessure en haut de son crâne, coulant sur son front en un mince filet. Le sang coulant de son nez cassé. Le sang éclaboussé sur son visage et son corps. Et qui trempait le sol en élégants et morbides arcs de cercle.

Avec un regard terrifié et un sourire de prédateur, Grayle regarda autour de lui, respirant avec force.
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Hadalie
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MessageSujet: Re: [Souffle prisonnier] Rassemblement 2 - Les eaux calmes de l'Oliyenne   Dim 29 Juil 2018 - 23:31

Il faisait salement chaud cet après-midi-là sur le pont de l’Eulalie. L’odeur du sang se mêlait à l’air salin, et les cris de douleurs au son des vagues percutant la coque du navire. Hadalie venait de blesser sa première victime qui avait posé un genou à terre sous la douleur. Elle lui envoya un coup de pied en plein nez. Ça devrait faire l’affaire. La tête du malheureux bascula en arrière dans un gargouillis étouffé. Il devrait s’en sortir.

Alors que la pirate rajustait son chapeau mangé par les mites, une assaillante se présenta à elle. Hadalie la regarda, le sourcil interrogateur. Elle avait l’air d’en bouffer au déjeuner des pirates, cette fille là… Hadalie savait qu’elle ne ferait pas le poids. Elle voulait un beau combat en plus? C’était mal connaître la jeune pirate : elle voulait le fric, pas la baston! Hadalie poussa un soupir en fixant la guerrière. Quand fallait y aller…

Elle se jeta en avant, sabre à la main, et assena son premier coup, que son assaillante para sans difficulté. Elle avait deux armes en plus! Son attention se porta quelques secondes sur la barre où le capitaine tentait tant bien que mal de manœuvrer son navire. Si seulement elle pouvait s’y rendre… Ralentie par les vapeurs de rhum et par son inattention, Hadalie laissa la guerrière la blesser au bras. Il s’en était fallu de peu! La pirate grimaça et grogna en reculant, alors qu'elle sentait le sang chaud lui couler le long du bras.

Elle planta son regard dans celui de la femme aux deux épées avant de lâcher un petit «Tssk», comme insultée qu’on l’aie blessée.

- Ce fut un beau combat, bonne chance pour la suite!

Bien évidemment ce ne devait pas être un combat très satisfaisant pour la guerrière, mais c’était bien assez suffisant pour Hadalie qui avait maintenant une autre idée en tête. Elle prit donc ses jambes à son cou, laissant son assaillante en plan. La pirate se dirigeait agilement vers les quelques marches la séparant du capitaine, tout en évitant les coups. Elle passa devant un jeune homme qui semblait s’acharner sur le cadavre de Grand Pierre, le cuistot. Il devait être bien fier d’avoir massacré le cuistot celui-là! Avant d’enjamber la première marche, Hadalie lui fit un clin d’œil et lui envoya un baiser soufflé. C’est qu’il était mignon le jeune!

Elle espérait surtout que son assaillante ne l’ait pas suivie. C’était une dure à cuire cette fille! Une fois qu’elle eût monté la dizaine de marches, Hadalie jeta un regard en arrière, vers le pont où le combat faisait rage. Ça n’augurait pas bien pour les pirates… C’était quoi ce navire? Un navire de guerriers?

Elle avança vers le capitaine, un sourire sournois au visage. Lorsqu’il la vit, celui-ci tenta bien de sortir son épée, mais pas avant qu’Hadalie ne lui assène un violent coup de pommeau à la tête, lui faisant perdre connaissance. Rapidement, elle prit les commandes de la barre, et la tourna à fond, afin de faire perdre pied aux matelots les moins expérimentés du navire. Peut-être que sa diversion permettrait aux pirates de mettre la main sur le butin au plus vite… Sa blessure l’élançait, mais somme toute, elle avait été épargnée, pour l’instant.
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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: [Souffle prisonnier] Rassemblement 2 - Les eaux calmes de l'Oliyenne   Lun 30 Juil 2018 - 13:03


Envoyée dans la cale avec Jena et la deux gamines, Cécilie avait refusée de descendre jusqu'à l'infirmerie où elles auraient logiquement du toutes se cacher. Sur le pont inférieur, accrochée d'une main à l'une des poutres qui soutenaient la structure de la galéasse, elle tendait l'oreille. Trois cris. Non quatre. Le rugissement victorieux de Lyarra. Un rire dément qui la fit frissonner. Elle ne reconnaissait pas la voix. Un ennemis ? Elle s'assit, sortit un vieux livre des pans de sa veste, inspira profondément et souffla en levant les mains. Instantanément, elle se retrouva projetée au milieu de la Musique chaotique d'une bataille dépourvue de sens. La douleur. La peur. Elle suffoqua. L'odeur du sang parvint jusqu'à elle. Certaines perdaient pied, grisées dans leurs plus bas instincts par une danse de mort. Les notes voltigeaient, se percutant tel des tambours, s'enfonçant dans sa chair comme autant de lames. Ici, Lyarra presque méconnaissable. Là, Yenaël. Renard en chef d'orchestre tenait la barre. Le vent les poussait toujours tandis qu'ils valsaient avec le bateau adverse. Anthoine et son jeune compère protecteur de Jena s'étaient élancé sur le pont, ferraillant pour protéger plutôt que pour tuer.

Elle aurait voulu apaiser les cœurs mais dans une si grande cacophonie, elle n'aurait put choisir qu'une cible et cela lui aurait sans doute demander toute sa concentration. Alors elle se contentait de survoler. Sentant chaque Souffle tomber en un temps de silence, chaque blessure en croche aiguë et vrillante, chaque douleur en ronde basse. Ses yeux dansaient derrière ses paupières. Un ennemis à la mélodie flouté par l'alcool s'éloigna brusquement de Lyarra pour courir vers le gaillard arrière. Oncle Renard ! Que faire ?! Une pierre tomba sur sa poitrine. Il ne pouvait pas quitter son poste. Elle devait le protéger. Comment ?!

Son poignard était déjà dans sa main. Le Livre ouvert à la dernière page. En une inspiration, elle traçait cinq traits sur sa paume du bout de sa lame. Sa peau ensanglanté heurta le papier rêche, mêlant à l'odeur d'encre, d'iode et de sel une note métallique, lourd prolongement de ce qui se passait à l'extérieur.

Le feu se répandit le long de ses veines, remontant le long de son bras à la vitesse de l'éclair. Le dos de sa main se couvrait de veinures noires disparaissant sous la manche de sa veste. Ses lèvres s'agitèrent, laissant s'échapper une voix de basse qui n'avait rien à voir avec le timbre cristallin qu'elle déployait d'ordinaire. Une langue sifflante et inconnue vibrait de sa poitrine à sa gorge, emplissant sa tête, sa langue, ses mots. L'alcool rendait l'esprit de l’ennemi plus perméable. La pirate ne sentirait qu'un désagréable frisson glacer lui secouer l'échine.

Près de la barre, Renard eut tout juste le temps de faire un bond en arrière pour éviter le coup de pommeau de la jeune femme. Sabre en main, il resta interdit une seconde en la voyant s'arrêter comme si son coup avait porter, repousser quelque chose d'invisible du bout du pied et saisir la barre en lui tournant le dos. D'un ample mouvement, elle fit tourner le gouvernail, manquant de faire verser leur embarcation. Il fut projeté sur le côté et se rattrapa in extremis au mât.

La pirate, elle, pouvait contempler le corps inconscient du capitaine Renard rien qu'en baissant les yeux. Les mains sur la barre, elle sentit soudain quelque chose de froid  et humide la ceinturer et une lame pressée contre son cou. Une odeur de pourriture, de vase et d'humidité froide se glissa dans ses narines. La lame sur sa gorge accrocha sa peau, y laissant une marque douloureuse, prête à la trancher. On la serra plus encore. Des cheveux détrempés glissèrent sur son épaule. En baissant les yeux, elle pouvait voir deux longues mains osseuses floutées par un étrange voile d'un bleu nébuleux alourdit par l'eau qui s'en écoulait sans discontinuer.

Une voix d’outre-tombe susurra à son oreille.

- Tout ce qui est sur ce navire est à moi. Va-t-en. " Un échos venant de la mer elle-même insista encore " Va-t-en. "

Un grondement de tonnerre. Puis plus rien. L'eau avait disparue, comme le contact.

Hadalie était seule témoin de l'apparition. Si elle la cherchait des yeux, elle verrait une silhouette fantomatique, voilée d'un bleu presque noir, perchée sur l'arrière de la galéasse. Au milieu de la mêlée, un hurlement de terreur pure surpassa tout le reste. Un pirate d'une bonne carrure était recroquevillé sur le flanc, tremblant de tous ses membres, le teint cireux et les yeux exorbités. L'épée avec laquelle il avait tenté de frapper Anthoine dans le dos était tombée à côté de lui.
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Yenaël
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MessageSujet: Re: [Souffle prisonnier] Rassemblement 2 - Les eaux calmes de l'Oliyenne   Lun 30 Juil 2018 - 14:26



Tout s’était passé très vite. Les pirates s’étaient rapprochés à la vitesse de l’éclair. Le pont de l’Eulalie avait été envahi en un rien de temps. Yenaël avait rapidement été submergé par trop d’informations. Heureusement, il ne s’était pas simplement contenté de former des sphères aquatiques, il les avait également fait chauffer au fur et à mesure qu’elles tournoyaient. Comme à son habitude, c’était le feu qui reprenait le dessus dans les éléments qu’il maitrisait. Sa bague fétiche s’était teintée d’une couleur unique, un bleu sombre aux reflets rouges. Puis il s’était servi de ses bulles bouillantes pour … Brûler ces adversaires. Cette technique avait le mérite de ne pas faire risquer une avarie à l’Eulalie. Un incendie en pleine mer ne serait certainement pas le bienvenu.

Après avoir grièvement brûlé trois différents hommes, le jeune mage se replia. Dans le tumulte, il entendit un homme qu’il avait rencontré durant ce voyage, un certain Grayle, l’inviter à faire attention à lui. Yenaël se contenta de lui sourire, il appréciait cette marque d’affection. Peut-être que les deux hommes auraient l’occasion de davantage converser durant la suite la suite du voyage. Enfin toujours était-il qu’il allait falloir que la troupe survive à cet assaut.

Yenaël se mit à l’écart de la bataille et recula jusqu’à la poupe du navire. Il réfléchit aux possibilités qui s’offraient à lui. Il aurait pu se servir de la pyromancie pour endommager sérieusement le navire pirate mais cela aurait eu pour conséquence de coincer les pirates définitivement à bord de l’Eulalie. La plan aurait plutôt été d’effrayer les pirates afin qu’ils retournent sur leur navire. Les idées fourmillaient dans sa tête mais aucune ne lui semblait brillante. Alors, le jeune homme posa un genou à terre et se mit à réfléchir tout en fermant les yeux. Il savait qu’il était extrêmement vulnérable ainsi mais il s’était suffisamment mis en retrait pour ne pas attirer l’attention.

Soudain, un brusque virement de cap lui fit perdre sa concentration. L’Eulalie semblait comme dominée par une force à laquelle elle ne voulait pas obéir. S’en était assez. Il devait faire quelque chose. Le jeune homme se mit le plus à l’arrière possible du navire et leva les bras vers le ciel. Lentement, il se mit à exécuter un mouvement qu’il avait répété de nombreuses fois lors de sa formation. Sa bague se teinta d’un bleu ciel des plus purs. Un léger vent se leva et vint caresser la coque et les voiles de l’Eulalie. Yenaël continuait à agiter ses bras, de plus en plus vite. Le vent se mit à croitre, aussi bien que tous les gens à bord du navire pouvaient le sentir. Le vent traversait le pont de manière perpendiculaire, en venant du côté libre de l’Eulalie et en « poussant » les pirates vers leur navire.

Bien sûr, le jeune mage n’avait pas le pouvoir suffisant pour renforcer le vent qu’il créait à un tel point que l’équilibre des hommes à bord soit mis en jeu. Et puis cela aurait pu blesser l’équipage de l’Eulalie. Mais une idée était venue au jeune homme, pourquoi ne pas se servir de ses capacités qu’il avait travaillé ces derniers mois à mélanger le feu et la pierre ? Progressivement, le vent commença à se charger de minuscules cailloux et à se réchauffer. Le mage, très concentré, savait qu’il possédait une énergie limité et il avait essayé de penser son plan pour pallier à cela. Le vent, une fois éloigné de l’Eulalie, puisque réchauffé, s’élevait dans les airs naturellement. Yenaël veillait à ce que sa magie l’attire et lui fasse faire une boucle pour qu’il revienne percuter le bateau … A l’infini. Ainsi, une mini tornade désertique chargée de sable se mit en place progressivement. Les hommes à bord étaient très certainement majoritairement aveuglés. Yenaël aussi était incommodé par son propre sort. Il ferma les yeux, tout en continuant ses mouvements. C’était la première fois que Yenaël arrivait à combiner trois éléments ainsi. Il allait très certainement s’épuiser rapidement, malgré tout ce qu’il avait pu préparer.

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Louve Noire
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MessageSujet: Re: [Souffle prisonnier] Rassemblement 2 - Les eaux calmes de l'Oliyenne   Jeu 2 Aoû 2018 - 16:39

La pirate s’évada à toute jambe du combat. Je la regardais se diriger vers le capitaine. Au loin, je vis quelque chose d’étrange, bien étrange. Cependant, je n’eu pas le loisir d’intervenir quand les fidèles compagnons de Renards portèrent secours à leur capitaine. Cependant, la porte inférieure devait être protéger. Je n’étais à quelques pas de la porte qui menait à la porte inférieur.

Au même moment, une Tornade m’aveugla le navire. Je mis mes ma main devant mes yeux, presque aveuglé par cette scène surnaturelle. Je vis à quelque pas de moi, Grayle en train de se défendre bête et ongle contre un pirate. Il était dans un état de Folie…Il était dans un état de folie…Il était dangereux pour lui-même et pour nous. Un groupe de pirate dirigé par un lieutenant se dirigea vers la porte pour éliminer Grayle.  Un des malfrats tenta de glissait vers Grayle. Cependant, je contrecarrais l’assaut du pirate, plantant mon épée dans son bras.  Il poussa un crie de souffrance avant d’être tut par un coup de lame. Je restais éloigné de Grayle, tout en assurant ses arrières. On était deux à protéger la porte. On était comme cul et chemise, on n’allait pas se laisser faire.

Nous nous défendions, je m’assurais à protéger Grayle contre les attaques fourbes. Cependant, un pirate à la peau noire et musclé profita de me placarder contre la porte. La violence du choc me fit perdre la respiration. La porte céda sous le choc. Nous tombions ensemble dans le pont inférieur, perdant mes armes sur le pont supérieur

Mon dos se fracassa contre le sol, la tête était complètement sonnée par la violence du choc. Je toussais bruyamment, retrouvant péniblement ma respiration. L’homme se tint le visage ensanglanté par sa chute. Je me tenais péniblement debout, je pris une chaise, levant vers le plafond pour le fracasser contre son dos. Il retomba au sol, se tenant le dos. Cependant, deux autres pirates s’engouffrèrent dans la pièce, me forçant à reculer.

«Va prendre cette Catin. Tue là si c’est nécessaire ! et je Choppe cette Rousse ! » hurla-t-il le pirate  

Toute de suite, ma tête vira sur Cécilie qui était derrière un un hamac dans un coin d'ombre avec son livre.La scène semblait surréaliste, Cécilie était dans sur un hamac, ignorant totalement le danger. Était-elle folle ? Sans prendre le temps de répondre à ma question. Le pirate s’approcha dangereusement de Cécilie. Je couru vers lui envoyant mon pied dans son ventre, il fut projeté contre le mur. Lorsque ce dernier se cogna contre le mur. Tout d’un coup je sentis la lame glacée coupait ma peau sur la longueur de mon dos. Je me retournais droit devant eux. Cécilie était derrière moi. Le pirate avait son cimeterre dont la pointe de son épée était ensanglantée.
Un moment de silence flotta. L’homme face à moi me chargea avant de tomber lamentablement au sol.Il se tordit de douleur, poussant un crie abominable. Il ne semblait pas blessé et ni toucher par qeulque chose. Pourtant, en entendre son crie, on croyait qu’il était en train d’être torturé. J’étais là, surprise… Sans perdre mon temps, j’en profitais pour écraser mon pied dans sa gueule et le faire taire. Je saisis par la même occasion son épée.

« Cécilie mets toi en sécurité ! S’il te plait ! » suppliais-je en hurlant.

« Tu vas crever Salope ! »

L’homme contre le mur, me chargea avec son épée. Je le parais avec ma lame avant de rentrer en estocade sur sa gueule. La lame rentra profondément dans sa chaire avant de le voir tomber par terre. Mon regard se riva sur le dernier homme de la pièce. Le grand musclé à la peau noire se releva, il sortit son épée. Son regard était noir comme la nuit. Il était certain qu’il voulait me faire la peau.
« mes deux frères sont mort…je vais te fracasser, te prendre. Sale garce ! Je vais te pourrir jusqu’à la mo…. »

Je le chargeai de toute mes forces, le frappant de tout les cotés avec mon épée. Il en profita pour me foutre un coup de poing en pleine figure. Je tombais au sol sous l’effet du coup et le mouvement du navire. Il prit ma chevelure, envoyant ma tête contre le sol. Je poussais un grognement de douleur. Il maintient mon visage contre le sol, souriant. J’haletais, voyant mon propre sang en train de m’aveugler. Il prit mon visage et m’envoya contre le mur. J’amortis le choc avec ma main. L’homme s’approcha de moi, m’étrangla avec sa poigne. Pendant un instant, la panique générale était bien présente. Je suffoquais par sa poigne. Je sentais qu’il suffisait d’une pression pour me broyer le coup.

J’oubliais la panique, mes deux doigts s’enfoncèrent dans es yeux. L’homme hurla de douleur, couvrant son visage avec ses mains. Il beugla comme un fou, hurlant qu’il ne voyait plus rien. Je saisissais le cimeterre de ma main.  Je le fixais droit dans les yeux, je le chargeais plantant ma lame dans son torse. Je tombais avec lui. Son corps mort réceptionna ma chute.

En califourchon sur lui, je maintenais le cimeterre d’une main. Haletante….

« Fermes là. Juste fermes là… » répondis-je enlevant du sang de mon visage..
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Hadalie
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MessageSujet: Re: [Souffle prisonnier] Rassemblement 2 - Les eaux calmes de l'Oliyenne   Lun 6 Aoû 2018 - 19:50


Hadalie affichait une moue victorieuse à la barre de l’Eulalie qui tanguait dangereusement sous les manœuvres volontairement erratiques de la jeune femme. Lorsqu’on la ceintura par derrière, la toute première émotion dans l’esprit de la pirate ne fut pas la peur, mais plutôt l’amusement : elle ne craignait personne au sein de ce navire plein de gentils personnages. Puis, une lame glacée se posa sur son cou, et Hadalie perdit tout sourire. Rapidement, elle cherchait des yeux un camarade pirate pour venir la sortir de son pétrin. Elle en trouva un, occupé à couper les cordages de l’Eulalie, et alors qu’elle voulut crier à l’aide, aucun son ne sortit de sa gorge.

Un frisson de dégoût et de panique l’envahit lorsqu’elle se rendit compte que la chose qui l’enlaçait ne semblait pas humaine. La douleur de la lame sur sa gorge, ça passait : elle avait vécu pire. Mais cette apparition jouait sur la corde sensible d’Hadalie qui détestait tout ce qui relevait du surnaturel. Et en plus ça proférait des menaces ce truc osseux et froid! La jeune pirate serrait les dents de dégoût et de frustration. Se faire dire qu’un butin ne lui appartenait pas, c’était extrêmement frustrant pour tout pirate qui se respecte! Sauf qu’elle n’argumenterait pas avec cette chose bleue et floue, qui disparut comme si de rien n’était, libérant son emprise sur la jeune femme.

Enfin libérée, mais avec un goût amer en bouche, Hadalie observa les combats sur le pont avant de se rendre compte que les passagers de l’Eulalie semblaient vaincre les pirates de la Rokvenha. Soudain, le vent se leva, traînant avec lui des particules de… sable? Comment cela était-ce possible en pleine mer? Hadalie soupira. Ce foutu navire était plein de magiciens. Alors qu’elle fermait les yeux et pinçait les lèvres pour se protéger du vent et du sable, Hadalie continuait de s’agripper après la barre du navire, le faisant violement vaciller. Jusqu’à ce que la voix de la capitaine Omma se fasse entendre.

- REPLIEZ-VOUS IMMÉDIATEMENTS SALES GUEUX! ON MET LES VOILES!

Hadalie soupira. Elle n’avait pas l’intention d’obéir aux ordres de l’apparition osseuse, mais elle devait obéir à ceux de son capitaine. Elle lâcha la barre de l’Eulalie qui se mit à tourner rapidement, faisant basculer le navire dans un dernier balancier. Puis, se protégeant les yeux à l’aide de ses bras, la pirate pris ses jambes à son cou et sauta par-dessus le bastingage. La chute était assez impressionnante, mais pour quelqu’un qui avait passé des années en mer, l’Olienne n’était guère intimidante.

Quiconque l’observait aurait pu croire au pire, mais Hadalie refit surface en crachant une bonne lampée d’eau salée, attrapa son précieux chapeau qui flottait à côté d’elle et s’agrippa fermement à une corde que l’équipage du Rokvenha lui avait lancé. Elle fut hissée à bord, et s’étendit de tout son long sur le pont du bateau, trempée et essoufflée, mais avec un sourire niais au visage. Elle prit une autre rasade de rhum. On ne pouvait pas toujours gagner!
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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: [Souffle prisonnier] Rassemblement 2 - Les eaux calmes de l'Oliyenne   Jeu 9 Aoû 2018 - 12:05


Ses yeux roulaient derrière ses orbites. Les veinules noire sur main qu'elle avait posée sur le livre s'étaient dentelées, découpées. Elles continuaient à glisser sur sa peau blanche non sous forme de fluide mais sous forme de mots dont les caractères oubliés depuis longtemps par les humains évoquaient des sons à la fois hypnotiques et douloureux à l'oreille.

Le chaos faisait toujours rage. Anthoine sauvé de l'attaque à revers, elle était resté aux aguets pour aider les siens mais la situation, noyée dans un nouveau courant magique orchestré par Yenaël, devint totalement indéchiffrable. Des combats s'étaient approchés d'elle. Elle ne fut même pas conscience de leurs menaces, simplement de leur présence et de leur fureur. Un homme avait presque dépassé Lyarra pour s'en prendre à la jeune mage. La peur était plus subtile à instillée que la douleur et demandait plus de temps pour naviguer dans la psyché de l'adversaire. Sans un éclair d'hésitation, elle s'était insinuée en lui, prenant juste le temps de transformer toute perception en souffrance sans chercher a faire de distinction. Il hurla à s'en arracher les cordes vocales et tomba à terre, recroquevillé sur lui-même.

Les deux autres combattants s'acharnèrent sur Lyarra tandis que la musicienne tentait tant bien que mal de retrouver la trace d'Anthoine et Renard. Sans succès. La mélopée qui glissait entre ses lèvres se tue. Les écrits qui flottaient sur sa main réintégrèrent le Livre. Elle rouvrit les paupières, ses yeux d'un bleu aussi céleste qu'innocent posés sur une ligne d'horizon qu'elle était la seule à distinguer. Son cœur retrouva une vitesse normal et elle glissa le manuscrit dans sa veste. Juste avant qu'elle ne le referme, un érudit aurait pu s'étonner de voir qu'il n'y avait pas une trace de sang sur les pages, même celle ou était plaquée sa main blessée.

Sa paume d'ailleurs était parfaitement propre. Seules les quelques lignes du sigil ressortaient en un rouge sombre sur sa peau blanche en de fines mais récentes cicatrices. Elle était... parfaitement calme.

- Fermes là. Juste... fermes là… » cracha une voix meurtrière à quelques pas de là tandis que le pirate endoloris obéissait à l'ordre de replis qui venait d'éclater sur le pont supérieur en se trainant le long de l'escalier, gémissant et tremblant de tous ses membres.

Cécilie n'y prêta pas la moindre attention, tâtonnant autour d'elle pour retrouver le poignard avec lequel elle s'était elle-même entaillée.

Au-dessus de leurs tête, effervescence continuait dans un autre genre. Cinq pirates avaient été mis à mort. Sept des nôtres étaient sur le planché. Tout acte avait des conséquences. Foncer plutôt que de protéger en faisait partie. Aujourd'hui, les conséquences s'élevaient à cinq morts et deux blessés graves. Les marins étaient étaient déjà en train de déblayer les lieux du sable et des corps, s'acharnant pour certain à réanimer ceux qui ne respireraient plus jamais. Les équipages comme les compagnies étaient de grandes famille et celle ci venait d'être touchée.

Dans un fracas au moins aussi grand que la chute initiale de Lyarra et de ses opposants, les pas de deux gaillards déboulèrent dans l'escalier juste avant que la guerrière ne s'adresse à la missèdoise.

- Ouvrez la trappe ! " gueula le premier à Lyarra.
- Il respire tout juste ! " annonça le second en aidant son compère à faire descendre le blessé jusqu'à l'infirmerie.

Un blessé! Ils transportaient un blessé! Dans son monde de sons, Cécilie sentit sa gorge se serre. Qui cela pouvait-il bien être ?!

- Qui ?!
- Vot' gars, ma Dame. "

Un grognement plus qu'une réponse articulée juste avant de disparaitre dans les étages inférieurs. Anthoine?! Anthoine avait été touché ! Elle n'avait pas pu protéger ses arrières. Elle avait préféré protéger sa propre vie et l'avait laissé se perdre dans la tempête qui faisait rage sur le pont. L'angoisse lui serra soudain la gorge et elle se leva dans la foulée, les larmes aux yeux. Elle n'avait pas remis la main sur son couteau mais peu importait. Elle...

Elle fut prise d'un haut le corps, son visage encore plus pâle que d'ordinaire, et se rattrapa comme elle put aux filets qui maintenaient les paquetages de l'équipage le long du mur.

Oui décidément, tout acte avait des conséquences...

Et qui sait quelles seraient les conséquences dans la suite de leur périple...

survie d'Anthoine:
 
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Yenaël
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MessageSujet: Re: [Souffle prisonnier] Rassemblement 2 - Les eaux calmes de l'Oliyenne   Ven 10 Aoû 2018 - 19:43



Le choix qu’avait fait Yenaël était risqué. En effet, si la tempête de sable qu’il avait progressivement généré avait eu l’effet escompté en repoussant les envahisseurs, elle avait aussi semé une certaine confusion au sein de l’équipage de l’Eulalie. Dans un premier temps, le jeune magicien ne s’en était pas réellement rendu compte. Il faut dire que l’ensemble de flux magiques qu’il avait dû manipuler pour générer cette tempête l’avait réellement épuisé.

Il avait été tellement concentré sur ce qu’il faisait qu’il ne s’était pas rendu compte des différents changements de cap du navire. Fort heureusement, personne n’était venu l’interrompre lors de son incantation. Afin de relâcher les flux magiques qu’il avait concentré, Yenaël agit progressivement. Il ralentit ses mouvements avant de baisser définitivement les bras et de rouvrir les yeux. Il était épuisé. Encore quelques mois plus tôt, un tel effort aurait été impossible pour lui. Quand bien même il aurait réussi, il se serait surement évanoui en plein milieu de sa canalisation magique.

Le calme revint progressivement à bord de l’Eulalie. Le jeune homme pouvait le constater de ses propres yeux même si sa vision était légèrement floue. Il était fatigué. Haletant, il tâcha de se rendre le pont du navire. La marche fut longue et hésitante. Yenaël ne connaissait pas grand monde à bord. Il avait sympathisé avec la commanditaire de cette expédition, Cécilie, mais c’était à peu près tout pour l’instant. Alors, il chercha à s’enquérir de la bonne santé de la comtesse.

Elle n’était pas dans son champ de vision pour l’instant. Il faut dire que les gardes rapprochés de la comtesse avaient dû faire leur maximum pour la protéger. Le jeune mage se demandait si elle avait pu faire usage de sa magie pendant la bataille. A vrai dire, il ne savait que trop peu comment un mage de l’immatériel pouvait influer en temps réel sur le cours d’une bataille. Il espérait simplement que la jeune femme était saine et sauve. Non seulement parce qu’il avait sympathisé avec elle mais aussi parce que sans elle, cette expédition risquait de perdre une partie de son intérêt. Fatigué, le jeune homme se mit dans un coin pour ne pas gêner les gens qui s’activaient sur le pont. S’il estimait avoir été utile pendant la bataille, son utilité se limiterait désormais du fait de sa fatigue physique et de son manque de connaissances dans les domaines médicaux.


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Grayle Gardair
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MessageSujet: Re: [Souffle prisonnier] Rassemblement 2 - Les eaux calmes de l'Oliyenne   Sam 11 Aoû 2018 - 11:27

Tout était rouge.

Grayle était rouge de sang. Le liquide carmin recouvrait son visage, son corps, était éclaté en élégants arcs de cercles sur le sol du bateau. Des rigoles pourpres s'écoulaient de gauche à droite, alternativement, en fonction des mouvements du navire remué par les flots. Peu habitué à la mer, les sens complètement déboussolés, mais aussi ivre, ivre de carnage et d'aldrénaline, Grayle avait du mal à rester droit. Il regardait autour de lui d'un air ahuri, essayant de comprendre ce qui se passait, ou plutôt, de comprendre ce qui s'était passé.

Le monde n'était qu'une succession de cris et de sons indistincts. Les êtres autour de lui étaient flous, alors qu'il ne voyait plus qu'en nuances écarlates. Les fragrances de sang ferreux mélangé à celui de la mer picotaient son nez et achevaient d'embrouiller les quelques limbes de conscience qui lui restait.

Il se souvenait... il se souvenait d'une grande détresse. Un vent froid, qui avait remué ses entrailles et son coeur, le plongeant dans la détresse pendant un bref instant, alors qu'il sentait la panique se répandre sur le bateau comme un feu de forêt. Puis, le chaos. La tempête, le sable, la vue brouillée, le visage martyrisé par ce vent, les yeux en larmes. Et enfin, cette femme et ces hommes qui étaient venus vers lui, et le combat qui s'était ensuivi. Les lames volant dans tous les sens. Il se souvint d'avoir tué un homme. Peut-être même un deuxième ? Il regarda sa faux, dégoulinante de sang et à laquelle étaient accrochés quelques morceaux de chair. Ces derniers glissaient mollement sur la lame, avant de s'écraser dans un petit "splotch" sur le sol. Les lettres gravées sur la lame ressortaient encore plus que d'habitude.

" Pour que d'autres puissent vivre "

Etait-ce pour ca qu'il tuait ?

* Il y a quelqu'un ? * demandait-il à la ronde, sans qu'un seul son ne sorte de sa bouche. Il regardait d'un air perdu les pirates partir et les marins essayer de ranimer les blessés. Plusieurs le virent et se dirigèrent vers lui, échangeant des mots qu'il ne comprenait pas. Lorsqu'il entendit son nom, ses yeux gris devinrent exorbités et il revint dans le monde des vivants.

" Hein ?! " les deux marins se regardèrent d'un air étonné en voyant Grayle leur répondre ainsi. Le jeune homme regarda autour de lui " Merde ! Tout le monde va bien ?!"

" 5 morts et 2 blessés. Tu va bien petit ? T'es couvert de sang ! " Du sang coulait de la légère fente au milieu de son crâne. De sa faux. De son visage. Du sang avait achevé de ruiner sa chemise, éclaté sur son torse et ses bras.

Il se mit à pleurer. Des gens étaient morts. Comme sa famille. Tués pour rien, par des salauds de pirates. Des hommes qui avaient des amis, des femmes et des enfants, des envies... les larmes se mélangèrent au sang sur son visage. Il sursauta.

" Ou est Cécilie ?! "

Il avait complètement oublié Yenaël, et ne s'inquiétait pas pour Lyarra. Si lui avait survécu, et il avait encore du mal à se souvenir comment, alors la Louve Noire devait aller bien.

Il se précipita vers le pont inférieur, toujours tenant sa faux. Les marins ne furent pas assez rapides pour le retenir, même s'ils furent rassurés, d'une certaine manière. Malgré son apparence déplorable, le paysan ne semblait pas gravement atteint. Il la vit, acrrochée contre le mur, pâle comme la neige qu'il n'avait vu qu'une fois, malade. Lyarra était près d'elle.

" Vous... vous allez bien ? "
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Louve Noire
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MessageSujet: Re: [Souffle prisonnier] Rassemblement 2 - Les eaux calmes de l'Oliyenne   Sam 11 Aoû 2018 - 16:10



Jax "le beau sourire"
Par terre, sur le ventre. Le nez complètement fracassé. Je respirais lentement, sentant mon nasal et mes dents complètement pétées par cette salope. Cette chienne de putain m’a ensorcelée avec sa magie. Elle m’a remplie de terreur, de crainte, remontant en moi mes terribles souvenir. Cette chienne a usée sa magie pour me vaincre et me frappa avec son pied. Elle avait cru que j'étais assommée. La sale bougresse, je vais lui faire payer quitter à crever!

Elle a tué deux de mes frères, cette trainée a tuer Willy et Gox ! Je vais la faire saigner. Quitte à crever, je vais l’emporter avec moi. Ces misérables larves ne vont pas me faire de cadeau. Quitte à crever, je vais l’emporter avec moi cette chienne de putain. Je veux sa mort, je veux la voir pétrir de mon sourire psychopathe. Je vais la poignardé avant de me faire empaler par ces chiens.  Je restais allongé, silencieux comme la mort était si silencieuse. Cette sorcière, je vais la faire payer. Pendant que cette brune était en train d’aider ces marins en étant a côté d’un grand homme avec sa faux. Tout le monde était occupé à s’occuper du blessé avec sa gueule d’ange ravagé ( Anthoine) . Il avait une belle gueule maintenant ce connard ! Haha ! Ils étaient tous occupé sur l’état de santé de ce type. Un moment importun de frapper.  Une porte s’ouvrit. Une jeune fille se manifesta. On entendit derrière la porte des femmes qui étaient en train de désapprouver  

« Maman ! Tu vas bien ! » hurla une jeune fille avec une voix remplie d’inquiétude Lentement, je regardais la scène. La sorcière qui était à côté du grand gaillard fixa ce qui semblait être sa fille.  

« Elia rentre de nouveau à l’intérieur ! C’est dangereux ! »

réprimanda la femme s’approchant de sa fille. Son dos pissait du sang. Elle avait du mal a marché. L’occasion était là ! Je saisis discrètement mon couteau dans ma poche.

Je vais l’emporter avec moi ! Haha, je vais la tuer sur place devant les yeux de sa fille ! Je respirais, je respirais…Je respirais et je mis mes dernières forces pour me lever et charger cette pétasse ! Je me levais, je courrais vers elle ! Elle m’évita sur le côté. Je me fracassais contre le bois du navire. Elle tenta de me frapper avec son poing, elle rata pitoyablement son coup frappant contre le bois. J’en profitais pour rentrer mon couteau dans son bide. Sa main valide arrêta mollement mon coup de couteau.  Elle tomba par terre se tenant le ventre, tenta péniblement de se relever et de m’attaquer.

Elle était à moi ! ELLE ETAIT A MOI ! JE SOURIAS A L IDEE DE L’EMPORTER AVEC MOI CETTE SALOPE !  Je levais mon couteau pour l’abattre en entendant le crie de sa fille

« MAMAN! Non ! »
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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: [Souffle prisonnier] Rassemblement 2 - Les eaux calmes de l'Oliyenne   Sam 11 Aoû 2018 - 17:30


Alors qu'elle chancelait en se raccrochant à ce qu'elle pouvait, une voix timide vint s'enquérir de l'état de la jeune femme. Une chaleur anormale lui montait à la tête, agissant comme une gangue de coton sur ses sens, aussi lui fallut-il quelques instant pour réaliser qu'on lui parlait. Grayle... D'où venait-il ? Elle était presque sûre de l'avoir cherché pendant la bataille mais ne l'avait pas trouvé. Avec toute la mauvaise fois et toute l'application du monde, elle resserra aussi fort que possible les mains sur le gros maillage de corde pour parvenir à offrir ne serait-ce qu'un pitoyable sourire.

- Je vais bien... C'est seulement la p-peur... éprouvant...


Sa voix était rauque et ses jambes tremblaient. Un claquement. Des pas rapides. La tête de la jeune Comtesse se redressa bien inutilement pour regarder dans la direction des pas léger surgissant de là ou venait de disparaitre le blessé.

-  Maman ! Tu vas bien !

Elia?!

En une fraction de seconde le monde bascula. Pourtant, comme lors de la tentative d'assassinat à Diantra, le temps semblait se distordre. Au limite de sa conscience, une mélodie soudaine et agressive. Une menace. Juste là, à porté de bras. Le pas de Lyarra se dirigea vers sa fille. Non... Son cœur rata un battement.

- Elia ! Redescend ! " rugit-elle une seconde après sa mère, perdant soudain toute retenue pour une colère empreinte d'une réelle terreur.

Trop tard. La coque vibra sous l'impacte du combat.

- ELIA ! "

Les mailles échappèrent des doigts de Cécilie qui ne se retenait plus que d'une main, l'autre dansant dans l'air comme si elle jouait sur un instrument invisible. Elle inspira d'un grand trait. Elia ne devait pas voir ça ! Elle était encore si jeune ! Elle ne la laisserai pas ! Avant que Lyarra ne la récupère et ne l'emmène à droit à gauche pour la trainer vers une vie instable et dangereuse, elle s'était déjà promis de veiller sur elle. Elle l'avait retrouvée à Serramire et avait veillé à ce qu'elle ne manque de rien. Elle la protègerai !

- Je ne... Aline... " haleta-t-elle sans s'en rendre compte

L'air lui brulait la gorge. Les craquements faibles du navire se changèrent en musique discordante, lointaine. Elle avait chaud et froid en même temps. Le poing de Lyarra s'abattit contre le bois. Les tremblements s'intensifiaient. La mage profita de la peur de la jeune fille comme d'une brèche pour s'engouffrer dans son esprit.

- MAMAN! No... !

L'exclamation d'Elia fut coupée nette. La jeune fille s'effondra sur le planché, durablement inconsciente, l'esprit déconnecté de ses sens dans en un sommeil paisible et sans rêve. A bout de souffle, le visage grisâtre, les mains glacées et la tête en feu, Cécilie ne sentit même pas ses doigts lâcher le filet et son corps basculé vers l'avant.
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Louve Noire
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MessageSujet: Re: [Souffle prisonnier] Rassemblement 2 - Les eaux calmes de l'Oliyenne   Dim 12 Aoû 2018 - 21:00

Grayle saisit violemment le pirate pour l’empêcher de frapper à nouveau. Plaqué contre la coque, l’homme se débattait comme un beau diable. Un coup de tête bien placé et le jeune paysan reculait en titubant. Les marins approchèrent au pas de course. Le fou n’eut pas le temps d’achever la guerrière qu’il se retrouva avec un sabre dans les tripes.  Deux sabres. Le souffle coupé, il garda son couteau en hauteur, les yeux exorbités.  Les marins avaient la haine. Le sang avait trop coulé ! Ils ne laisseraient plus un enfoiré de pirate leur prendre quoi que ce soit ! Il s’effondra.

Des cris. Des appels. Près d’elle, un marin agenouillé fixait la blessure, la mâchoire serrée. Le sang coulait entre les doigts de la guerrière. Il arrivait par saccade au lieu de se répandre. Son visage pâlissait de seconde en seconde. Merde… Il appuya des deux mains sur celles de la jeune femme pour compresser la blessure autant que possible. Elle grogna de douleur. Merde ! MERDE !

« Bon sang ! Jonas ! Appelle le toubib ! Elle ne va pas tenir ! »


Le barbu dégringola les marches comme un dératé sans poser de question. Une seconde plus tard, le toubib sortait des profondeurs de la cale avec sa mallette de cuir, abandonnant Anthoine pour se ruer près de la nouvelle blessée. Lui seul était capable d’agir en conséquence. Avant de rejoindre le navire, il était un médecin de guerre soignant des vétérans de guerre. On peut dire, il en avait vue les dégâts. Son œil d’expert était implacable. Il savait qui allait vivre ou mourir et avouait lui même qu’il aurait préféré se tromper plus souvent.

Lorsqu’il vit son frère d’arme tenir la guerrière, sans la moindre délicatesse, il redoubla de vitesse. Sans se soucier des regards indiscrets, il ordonna au marin de tenir les mains de la jeune femme éloigner de sa plaie et déchira l’avant de sa chemise pour y avoir accès. Son visage sérieux ne bougea pas. Derrière lui, deux visages à la peau sombre avaient fait leur apparition, retenant leur souffle, la boule au ventre. Il ne leur accorda pas un regard et souffla au grand costaud qui s’était occupé de sa patiente jusque là.

« il faut l’opérer. Elle saigne trop. Aide-moi. »

Le marin souleva immédiatement la guerrière et partit en direction de l’infirmerie, le toubib sur ses talons. Jihane se poussa pour les laisser passer, ses grands yeux noirs ne parvenant pas à lâcher le coin d’ombre dans lequel la chemise ensanglanté venait de disparaître. Une main se posa sur son épaule.  Jennad. Il lui souriait mais son front était marqué de rides d’anxiété.

Dans l’infirmerie, Lyarra fut allongée sur l’un des deux lits qui servaient aux patients. Dans l’autre, le grand corps d’Anthoine reposait sans un mouvement de cil. Il ne gémissait même pas. Henri pressait un chiffon déjà imbibé de rouge sur son visage, ne laissant qu’un minuscule espace à son nez pour qu’il puisse respirer. A l’entrée fracassante du toubib, les deux hommes se fixèrent un instant.

« Encore un ?! »

« Oui, mais son état est pire. Tu t’en sors de ton coté »
« J’crois que le cataplasme agit. Il saigne moins. J’aurais besoin de toi après. »

Ferdinand hocha distraitement la tête mais son attention était entièrement dévolue à la femme sur laquelle ses mains s’affairaient déjà. De l’alcool, de l’eau, des linges

« De l’eau douce. » lança-t-il à la cantonade en attrapant son couteau fin, certain que quelqu’un irait bien lui chercher. « Et fermez cette putain de porte. »

Il inspecta la plaie des yeux puis du bout des doigts. Le ventre était ouvert sur une main de profondeur. Ce fumier l’avait pas ratée. Sa main s’arrêta sur un détail, écartant les chairs pour lui permettre d’observer. Les intestins étaient touchés. Une artère plus entamée qu’il ne l’avait cru. La blessure sur son dos ne l’aidait en aucun cas. Si la septicémie ne se déclarait pas dans les prochaines heures, le manque de sang lui serait fatal dans les prochaines minutes. Il serra les doigts autour du vaisseau lésé pour limiter les dégâts, sentant palpiter la vie de cette femme. Son autre main attrapa la lampe l’une des lampe à huile suspendue dans la petite pièce.

Tout en sortant une tige de métal large et plate pour la passer sur la flamme, il regarda la guerrière un moment, elle s’essoufflait, sa peau parsemée de plaques pâles au milieu des marques sanglantes. Inutile de gaspiller du fil. Un parti de sa personne voulait toujours sauver tout le monde. Hélas, son esprit critique lui rappelait aussi souvent la réalité de son métier.

Sans un mot, il retira la main de sa plaie et y plongea le métal chauffé. Un grésillement sinistre accompagna une soudaine odeur de viande mêlée au fer du sang frais. La guerrier n’eut pas même la force de hurler. Après avoir minutieusement refermé ce qui pouvait l’être, il retira la tige et la balança dans un sceau d’eau salée suspendu un peu plus loin avant de remettre la lampe à huile à sa place. A bout de souffle, la guerrière le regardait faiblement. Lorsqu’il plongea ses yeux verts dans les siens, ils étaient voilés de fatigue et cernés de noir. Un voile de sueur froide recouvrait sa peau livide. Elle glissa son doigt sur sa manche et il lui prit la main en soufflant aussi calmement que possible. Il ne pouvait rien faire de plus. La retourner pour cautériser également son dos rouvrirait à coup sûr ses boyaux. Soit elle se battait, soit elle y restait. Il préférait se dire que Néera suivait leur équipé et agirait sur ce cas que lui même jugeait comme bien peu encourageant. Après tout, ils avaient sa gardienne à bord.

« Vous allez tenir… » dit-il d’une voix posée.
Elle ria amèrement regardant le plafond
« Mensonge… Je sais que je vais y rester... Le regard parle plus que les mots. Je vais mourir. »
« Vous êtes une guerrière. Battez-vous. »

Il sourit avec sympathie et s’apprêtait de nouveau à parler lorsque la respiration sifflante de la jeune femme forma de nouveaux mots.
« Je… Je sais….je m’étais préparé....J’ai choisi cette vie..un jour ou l’autre, j’allais y passer…. »

Elle disait vrai. Mais comme tous ceux qu’il avait accompagné dans ce genre de moment, elle avait peur. Le peur de ceux qui hésite à abandonner malgré toute leurs résolutions passées. Ses yeux bordés de larmes avaient du mal à se poser sur quelque chose de concret. Tyra happait déjà son regard.

« Enfin…non, j’ai peur… » avoua-t-elle « ma fille…je voulais…j’ai raté ma vie… »
« Vous vous trompez.  »

Il serra plus fort sa main en sourit paisiblement, ravalant la boule dans sa gorge pour offrir un refuge à sa patiente.

« Personne ne rate sa vie. Vous avez une fille ravissante et intelligente. Elle m’a dit que votre mère était prêtresse de Néera et que c’est avec la Comtesse que vous aviez embarqué. Vous vous connaissez depuis longtemps ? »
mourir dans un endroit connu, l’esprit emplit de ses souvenirs au lieu du gouffre à venir était tout ce qu’il pouvait accorder parfois. Il était devenu maître à ce petit jeu mais la guerrier peinait à parler. Alors il continua. «  Vous êtes aimée. Quelles qu’aient été vos erreurs. »

Le silence s’étira. La guerrière respirait faiblement, son regard perdu vers le plafond. Son corps était lourd et froid. L’éclat d’une flamme dansante sur le fil d’une lame attira son attention tandis que sa tête tombait doucement sur le côté, refusant de laisser voir pleinement ses larmes. Une lame. Un mur de lame. De toutes les tailles. Ferdinand suivit son regard vers les crochets ou pendaient ses instruments. Il déglutit, soupira, et se saisit de son couteau.

« Vous voulez que j’aille chercher quelqu’un avant ? » Il n’aimait pas du tout dire cette phrases. C’était horrible de donner les dernières instructions. Mais non. Sa fille était inconsciente alors à quoi bon ? Il n’y avait que quelques mots à prendre en note sur un vélin qu’il fit tout son possible pour ne pas tâcher de sang, sans grande réussite. Lorsqu’elle récita la dernière phrase….La guerrière le regarda droit dans les yeux.

« Faites ce que vous avez à faire…. »

Il déposa la pointe du couteau sous son sein, il pouvait atteindre facilement le cœur. Le cœur serré mais les mains solides, ce n’était pas la première fois qu’il devait donner miséricorde. Néera fallait-il qu’il ait du courage pour se souvenir de chaque nom et de chaque visage. S’il avait quitté la guerre pour rejoindre Renard, c’était en partie pour ça.

Un coup de gnôle n’y ferait rien. Le poison mettrait autant de temps à la tuer que l’hémorragie.  Il y avait juste cet acte barbare. Il la regarda une dernière fois. Droit dans les yeux. Elle acquiesça simplement. Elle ne tremblait plus. Seule la douleur et une résolution calme se lisait dans ses iris. Iris qu’il vit brusquement s’agrandir. La douleur. La surprise.

Puis plus rien.

Doucement, il sortit la lame couverte de sang et couvrit la jeune femme jusqu’au cou pour la rendre décente. Peut-être voulait-il aussi cacher la marque que laissait son dernier acte de compassion. Ses doigts empoissés fermèrent les paupières immobiles. Il avait la nausée. Sa main se crispa avant de balancer violemment la lame contre le mur. Henri rentra la tête dans les épaules en sentant le coutelas rebondir près de son bras.

« Merde….Merde…Ces fils de putes !  »
« Je sais..je sais.. » répliqua Henri dans un ton grave «  Oh moins ils ont le repos…Ils ne vont plus connaître la souffrance. »
« Elle a une fille, Henri ! La gamine est à bord ! » termina-t-il se posant contre la chaise. «  les autres n’ont pas intérêt à crever…j’ai eu assez mon lot de mort pour aujourd’hui… Pour l’instant, dis rien..je dirais moi. »
« Tu prends ton métier trop à cœur, mon pote. »
« C’est mon rôle. »
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MessageSujet: Re: [Souffle prisonnier] Rassemblement 2 - Les eaux calmes de l'Oliyenne   

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