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 Il fait également l'été, et pourquoi pas l'hiver !

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Haldin Barbedrue
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MessageSujet: Il fait également l'été, et pourquoi pas l'hiver !   Lun 23 Juil 2018 - 16:20



À la suite d'Un dragon ne fait pas (que) le printemps...

11° Année - XIe Cycle
Karfïas•Été


« HARDREK ! » Le son de ta voix rauque, éreintée, perça une fois de plus les ténèbres. Il portait loin dans l'obscurité, tel l'éclaireur de ta volonté. Ou de ta folie. Ta voix lancée à l'assaut, voix dont tu faisais appel depuis des heures à l'approche du Kirgion, avait de quoi inquiéter les habitants des premières bâtisses de la cité en reconstruction.

Un « HÂÂRDREEEEK ! » déchirait le silence après chacune de tes rapides foulées, et se répétait inlassablement. Enfin proche de ta destination, tu avais rameuté depuis maintenant plusieurs centaines de pieds, une foule de gardes et de badauds venus comprendre quelque chose à cet étrange tapage nocturne.

« ÉCARTEZ-VOUS, BANDE DE CRÉTINS, D'IMBÉCILES ! DE... DE... » Et ainsi allais-tu insultant toutes et tous sur ton passage, dirons-nous presque comme à ton habitude lorsque les gens t'exasperaient. Seulement tu étais porté disparu depuis plusieurs ennéades, et tu revenais aujourd'hui, seul, hystérique, sauvage, troublant la nuit et sa quiétude. Troublant, troublé !

Ceux et celles qui tentaient de ralentir ta folle démarche se voyaient accablés par la démente allure qui te décrivait, mais surtout par ton odeur et le regard fou que tu leur lançait, yeux rouges, exorbités et rayonnants de peur... Tu étais pour ainsi dire dans un état plus que lamentable, tes vêtements en lambeaux sous la peau d'une bête encore dégoulinante de sang coagulé. Les moyens du bord semblait-il pour pouvoir survivre au froid de l'altitude. Ta barbe était souillée, tes mains écorchées, tu présentais moultes blessures. Tu faisais peur à voir. Tu flairais aussi bien la mort qu'un charognard voire que la charogne elle-même. Si certains t'avaient vraisemblablement reconnu à en voir leurs rostres affichant affres et pitié, d'autres insistaient à mesure que tes pas s'approchaient inexorablement du suzerain dawi.


« MAIS JE SUIS HALDIN ! HALDIN BARBEDRUE ! HAUT-CONSEILLER DE THANOR ET COPAIN DU GRAND-ROI ! ALLONS DON' D'MANDEZ AUX ZOUAVES, AUX IDIOTS ÉBAUBIS ICI PRÉSENTS, Y ME CONNAISSENT, Y ME CONNAISSENT ! » Face à ton air de nain sauvage, l'on t'aurai cru tout droit sorti de la Malenuit.« HARDREK ! » Criais-tu alors triomphalement, en apercevant ton Roi. Il était ta mission, enfin tu le retrouvais récompensant la terrible épreuve que tu venais d'affronter.

Une idée vint subitement à ton esprit car pas moins que perturbé, l'idée aussi explosive que toutes celles qui te faisaient crier depuis le début, déforma s'il était possible d'avantage tes trais.

C'était bien lui l'instigateur de vôtre expédition ! Non ? Si ! Il était le Grand-Roi après tout ! Et comme Mogar avait pour vous cessé d'exister dans vos cœurs encore fragiles, s'était bien lui maintenant le Père de vos joies et de vos souffrances !


« C'EST TA FAUTE ! TA FAUTE POING-DE-FER. TAAAA FAAAAAAUUUUUUUTE... » Criais-tu en fonçant vers le nain ahuri et tout juste sorti du lit après que l'on ai exhorté Sa Majesté d'accourir en peignoir. Enfin arrivé à sa hauteur, après avoir croisé son regard, sans avoir vu les gardes sauter vers ta bondissante personne, les esquivant, tu agrippais fermement la ceinture de ton bon ami. « ILS SONT MORTS ! LES AUTRES SONT MORTS ! MORTS JE TE DIS ! MOOOOOOOOOORTS ! HAAAAAAARDREK... NON...

Tes lamentations allaient bon train, mêlant pleurs et paroles en un terrifiant charabia. « MOULTES PÉRILS !! EMBUUSCAADE ! LE SANG DAWI ! LES GRO... GROB... GROBIS ! Se... Serv... Servent... Le... DES CAVEEEEERNES ! » Étaient les seuls mots compréhensibles de ta loghorrée rudement fournies en onomatopées.

[i]Impossible. Mais vrai. En comprenant la base de ton récit, l'on apprit que tu avais été fait prisonnier lorsque l'on avait subitement massacré les membres de ton expédition. Tu t'en étais échappé, bel et bien remis à l'adrenaline ou à la folie. Peut-être un peu aux deux.

Mais il y avait autre chose...

Dès lors que ton odeur fût insupportable et tes sursauts encombrants, ta locution pénible, c'est à dire peu de temps après vos retrouvailles, il fallut te sédater, irrémédiablement.

Le Grand-Roi se retourna dans ses appartements alors que tu reposais dans le lit d'une chambre non lointaine, assalli de cauchemars. Hardrek Poing-de-fer quant à lui semblait assaillit à de biens pires cauchemars, car il était éveillé et rongé par la panique. Ce retour fracassant avait donné matière à réfléchir au suzerain quelque peu choqué et c'est la mort dans l'âme qu'il vida une bouteille de tord boyau avant d'aller veiller son bon ami... Il avait milles questions, mais cela pouvait attendre ton repos, l'alcool comme outil de patience, indispensable, il ne cessait de se poser ces questions une à une... Il y avait-il d'autres rescapés, d'autres prisonniers ? Quid du Dragon Noir, l'aviez-vous déniché ? Te souvenais-tu du chemin ? Que... Que pouvait bien avoir subi, vécu Haldin Barbedrue. Il se demandait tout cela et bien plus...

Quelques heures plus tard ton réveil vint assouvir sa soif de réponses, que l'alcool n'avait su lui-même étancher...

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Haldin Barbedrue
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MessageSujet: Re: Il fait également l'été, et pourquoi pas l'hiver !   Ven 27 Juil 2018 - 9:40




Tes yeux s'ouvrirent doucement, papillonnant à la chiche lumière d'une chandelle, à la recherche de netteté ; reprenant peu à peu tes esprits tu gigotais dans tes draps comme s'ils entravaient ta récente liberté. Après plusieurs douloureuses tentatives d'expression et de raclements de gorge incessants, tu te redressa promptement, les yeux exorbités et les mains tremblantes.

Grande était la déchirure de ton âme.


« Hardrek... » dis-tu enfin, et cela changeait de tes cris de la veille.

Et qui sait si un jour futur tu te remettrais de tes émotions. Il y avait fort à parier que ton état de choc voire de complète panique lorsque tu te mettais à penser, ne perdurent jusqu'à la consommation de ton temps sur Miradelphia, c'est-à-dire jusqu'à la mort, car bien lourde semblait ta douleur.
Les jours suivants te verraient d'ailleurs errer dans la ville telle la tristesse incarnée, les yeux rougis par un malheur indicible.

Toujours est-il que, au détour d'une accoutumance à la drogue qui te maintenait alité, prisonnier, au plus profond des Hautes-Terres, au plus proche du nid appartenant au Dragon Noir, au plus à la mercie des ses verts serviteurs gobelins à l'haleine fétide, tu avais réussi à t'échapper ! Alors tu te mis à raconter, cette fois-ci beaucoup plus calmement, ton périple, ayant déjà oublié ton arrivée fracassante.

À la fin de ton rapport – car s'en était un et des plus précis – tes yeux bleus interrogèrent le regard suzerain, et il y avait dans celui-ci beaucoup de compassion qui répondait inlassablement à ta culpabilité comme pour l'apaiser ; une fois ton évasion perpétrée – et qui avait sans doute été le fruit du hasard – il allait de soit que le sentiment d'avoir abandonné tes homologues aux griffes de si vils geôliers, t'avait donné des ailes à travers les montagnes. À défaut de pouvoir les sauver car toute tentative aurait été vouée à l'échec, tu pris tes courtes jambes à ton cou, et dévala pentes et ravins. Tel un animal sauvage tu avais grâce à ton instinct de survie, celui d'un être dont la nature n'est pas une perfide étrangère, déjoué chaque piège, chaque chasse que l'on menait à ton encontre. Tu devins rapidement une proie pour le moins facile à attraper, crapahutant au diable et de vive allure, parfois le jour évitant de te faire voir sur un plateau ou travers de montagne dégagée, tu étais l'heureux bénéficiaire des meilleures cachettes ; puis la nuit tu reprenais ton rythme effréné, parfois courant malgré ton âge plusieurs heures d'affilées.
Tu avais dévoré cru le tendre gibier qu'était l'enfant d'une biche ; la mère tu l'avais dépecée pour t'en faire une bien rustique fourrure ! Bref, si bien mené par ta folie tu te focalisais sur le but de ta survie : prévenir ton suzerain que trois de ses sujets étaient retenus en otage, et tu savais exactement où ils l'étaient.

Grande était la peine du Grand-Roi.


« Haldin... » dis le dawi le plus important du Zagazorn, émettant un souffle accablé.

Hardrek Poing-de-fer se tenait assis face à ton lit et il te regardait pleurer sans ajouter un seul mot, sage grommtrommi aux allures de nouveau né désabusé, pauvre esprit traumatisé que tu étais ; tu semblais perdu, les yeux fous, était-ce encore là un de ces cauchemars qui te hantaient avant de t'échapper ? Impossible, ta fugue était trop détaillée et les traits de Hardrek tellement justes... Tu étais en sécurité, tu n'avais plus rien à craindre... Tu étais bel et bien revenu chez les tiens.

Insoutenable avait été son affliction dès lors que tu avais commencé à lui narrer la suite et drastique fin de vôtre expédition. Du jour au lendemain à Fort-Garmin, l'on avait plus eu de vos nouvelles. Le Grand-Roi avait passé des journées entières à guetter trace de vous dans le ciel ; mais jamais ses terribles heures d'attente n'avaient été congratulées par l'imminence d'une reconnaissable tâche noir, fier corbeau porteur de vos nouvelles en égayant le ciel du Nord.

Et tu étais revenu toi, à défaut de piaf, porter à ton Roi de bien tristes nouvelles... Pour l'heure il te fallait du repos. Et c'est jusqu'à la fin du mois de Karfïas d'été que le Grand-Roi te laissa reprendre un peu du poil de la bête en t'accompagnant le mieux possible.

L'automne pointant le bout de son nez, mais que le bout car la chaleur régnait encore maîtresse, tu déclaras un soir, sans préambules :
« Je suis prêt à repartir, sauver les nôtres si toutefois ils vivent encore... »

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Hardrek Poing-de-Fer
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MessageSujet: Re: Il fait également l'été, et pourquoi pas l'hiver !   Lun 27 Aoû 2018 - 14:44

Sombres avaient été les dernières ennéades dans l'esprit du Roi, pleines d'inquiétudes et de questionnements auxquelles si peu de réponses se trouvaient hélas apportées. Le retour du maître-éleveur, unique rescapé de la malheureuse expédition visant à localiser la tanière du dragon noir jusque dans les tréfonds des monts du Septentrion, avait jeté un grand trouble dans les galeries souterraines Kirgan comme dans les tours de garde de Fort Garmin. L'ancien des Barbedrue faisait peine à voir, loque errante dépenaillé et à moitié rendu fou par sa captivité. Il avait fallu l'isoler longuement dans une chambre de la forteresse pour lui laisser reprendre des forces et retrouver figure de vrai grognard.

Hélas, mille fois hélas, ce retour ne permettait même pas d'identifier la source du mal. Drogués, meurtris, les prisonniers n'avaient pas pu identifier avec précision la tanière du Grand-Ver dans laquelle ses séides gobelins les retenaient captifs. Mille chemins parcouraient ces cimes inhospitalières, mille pistes s'entrecroisaient dans ces territoires sauvages où seuls régnaient les peaux-vertes et les loups, milles cavernes s'enfonçaient dans les montagnes comme refuges possibles. Sans l'aide d'un guide qualifié, il paraissait au Grand-Roi impossible de trouver où Morek et les autres se trouvaient serrés dans d'inhospitalières geôles glaciales.

Les derniers rayons de l'été se couchaient sur le Zagazorn, annonçant déjà les premiers frimas automnaux, lorsqu'Haldin vint voir son suzerain pour lui demander de le laisser repartir au Nord dans le vain espoir de libérer ses compères. Un sourire triste et quelque peu désabusé apparut dans la barbe fournie du monarque face à la folie de cette résolution, pourtant tellement compréhensible lorsqu'on y réflechissait. A la place d'Haldin, aurait-il voulu ou pu agir autrement ? Probablement pas, il n'est nul chagrin plus profond ni nulle honte plus grande pour un dawi que de laisser ses frères de hache affronter seuls le danger.


Te laisser repartir, mon vieil ami ? Crois-tu donc pouvoir succéder seul alors qu'un groupe de vaillantes barbes a échoué ? Par où commencerais-tu ce périple alors que tu ignores même où tu étais retenu ?

Cruauté que de rappeler la faiblesse des moyens disponibles, dureté de pointer ainsi du doigt l'échec patent d'une seconde expédition avant même son lancement. Mais régner impose de dures décisions et Hardrek se refusait à laisser le maître-éleveur se sacrifier pour apaiser ses remords. Nulle galerie ne se perce sur de tels sentiments. Seul le froid impact du pic sur la pierre, dénué de tout sentiment autre que le souci de l'efficacité, permet de creuser jusqu'au filon tant désiré. Ainsi en serait-il de cette quête qui désormais liait tous les dawis.

Le récit de ton expédition nous a toutefois appris une chose : les gobelins savent où niche le Grand-Ver puisqu'ils vous servaient de geôliers dans sa tanière. Par ces fétides peaux-vertes nous pouvons donc remonter le chemin jusqu'à lui.

Faire confiance à un gobelin ? Certes pas, mais le Grand-Roi ne comptait pas s'en tenir à "un", expliquant à Haldin que des groupes rôdaient toujours aux frontières nord du Kirgion, groupes qu'il conviendrait de capturer pour en tirer la substantifique moelle des renseignements désirés avant de s'en débarrasser d'un coup de hache bien senti. En croisant les aveux de ces misérables pour extraire le diamant de sa gangue de pierre, peut-être quelque chose d'utile viendrait briller entre leurs pognes.

Prends une vingtaine de nos meilleurs cognards et suit la route du Kadrinin. En compagnie de la jeune joufflue des Odomar j'y avais combattu les peaux vertes l'an dernier. Nulle doute que cette engeance s'est multipliée de nouveau dans la région. Trouves les, traques les, et interroges-les tous sur le Ver avant de les tuer.

A défaut de réponses, cette chasse permettrait au moins à Haldin de se libérer temporairement de ses démons. Et puis un coup de chance n'était pas à exclure, Hardrek prenant le pari que les gobelins atteignant le Kadrinin le faisait après avoir été chassés par des clans plus forts installés dans le Nord. Parmi ces réfugiés s'en trouverait-il peut-être un ayant eu jadis accès à la tanière tant recherchée ?
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Haldin Barbedrue
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MessageSujet: Re: Il fait également l'été, et pourquoi pas l'hiver !   Lun 15 Oct 2018 - 15:29






L'été s'achevait pour ainsi dire de bien satisfaisante façon : l'on t'avait donné une mission des plus alléchante pour un nain qui comme toi, plus que les autres, avait récemment essuyé l'affront de ces vertes, maudites engeances.
Parcourant en compagnie de tes rudes cognards la route du Kadrinin, macabres messagers ou encore heureux préparateurs de chair à pâté, vous vous mîtent sous la dent tout gobelin que vous croisâtes alors, et ce à longueur de journée. Bien sûr ce ne fût qu'à partir de la deuxième ou troisième rencontre mortuaire que tes camarades tentèrent tant bien que mal de calmer tes ardeurs ; tuer splendidement ces enfoirés ne devait pas être vôtre unique préoccupation, vous deviez surtout soutirer la plus précieuse information que vous pûtes détenir en ce moment : la localisation précise du Ver Infâme, autrement dit, du Dragon Noir... Il fallait le dénicher, impérativement découvrir sa tanière, son Royaume, afin de délivrer vos sœurs et vos frères, puis accessoirement de détruire l'impitoyable geôlier. Telle était la volonté du Grand-Roi, telle était donc la teneur de votre mission. Il fallait à tout prix débusquer la terreur, et l'enfouir à jamais sous vôtre déjà bien lourd passé... Mais il vous fallait cette précieuse information qu'hélas, seul un gobelin était succeptible de détenir. Ce ne fût pourtant pas faute d'inlassablement essayer, de quelque façon qui soit, possible ou imaginable : la menace, la ruse, la torture, tout devait être par vos soins mis en œuvre afin d'obtenir ces renseignements... Et tu t'y donnais à cœur joie dans la traque, sans y aller de main morte lors de vos assauts et de vos interrogatoires.

Cependant... Rien. Rien ne sortait de leurs gueules aux haleines putrides mis à part l'expression de leur douleur, et rien ne pouvait vous aider à percer le mystère de l'emplacement reptilien... Vous n'étiez pas plus avancé qu'au début de vôtre carnage, bien que sur vos compteurs s'étaient ajoutés d'avantage de grobis jetés en charognes sur la terre de vos ancêtres...

Avant que l'automne ne vienne définitivement s'installer, les vingt guerriers qui t'avaient accompagné n'en purent plus de ton exacerbé sadisme, bien que l'élimination de grobis leur soit également délectable...


♣♣♣

Grommtrommi, cela suffit.

Affairé sur un corps difforme, tu ne semble percevoir les voix amies qu'en tant que fond sonore. Tu es bien trop occupé à trifouiller ledit corps aux effluves peu appétantes.

Grommtrommi !

Une main se pose sur ton épaule et l'aggripe fermement, attirant enfin ton attention sur les visages grimaçants de tes braves compagnons. C'est le brave Akhl que Hardrek a sciemment placé dans le groupe afin de tenir un œil sur ta personnalité oscillante, qui ne lâche ni ton épaule ni ton regard afin d'obtenir quelque peu de ta folle concentration. C'est bien lui qui au bout de trente ou quarante gobelins désossés a insisté afin que tu leurs laisses la vie sauve, au moins le temps de les interroger. C'est lui aussi qui, aujourd'hui au bout de tant de jours de traque et de torture, tente de te faire retrouver ta bien entamée raison.

Nous devons rentrer, Grommtrommi... Le Grand-Roi nous a imposé une limite de tem...
Non ! Nous devons savoir où se cache leur maître ! Le Ver détient nos frères, retient nos sœurs, il... Nous devons continuer les interrogatoires... Nous ne pouvons pas abandonner... Je ne peux... Je me dois de... Tu réprimes plusieurs vagues d'émotions confondues.
Il s'agit d'une mission échouée, Haldin, et non plus d'assouvir soif de vengeance... Nous recommencerons bien assez tôt la traque, je vous le promet Haldin. Nous irons sillonner le Zagazorn à la recherche de celui qui trahira le Mal, nous le trouverons, le tuerons et délivrerons vôtre ami et les autres... Je vous le promet, Grommtrommi. Je vous le promet. Pour l'heure nous devons rentrer, bredouilles, certes... Mais nous devons rentrer.

Tu retires enfin ta main du gobelin dans lequel tu remues les boyaux, et te mets à verser sur le cadavre quelques larmes de frustration. Enfin, comme un enfant à qui l'on vient de retirer un jouet, tu tapes sur les boyaux qui explosent tout autour de vous, dégageant à la ronde une odeur nauséabonde.

T... Tr-tès bien..., dis-tu, accablé, crasseux, odorant. Très bien.

L'été s'achève finalement sur une note plutôt amère alors que tu rentres bredouille, la rage au cœur. Tu as encore échoué... Cependant, la justice de la hache continuera tant que les vôtres, du dragon resteront les captifs.


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