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 [Solo] Trahir le Souffle perdu

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Lœthwil
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MessageSujet: [Solo] Trahir le Souffle perdu   Ven 27 Juil 2018 - 0:20


Oglicos de la Quatrième ennéade de Karfïas
Onzième année du Onzième Cycle
Aduram costal



Un rayon de lumière dans la sombre Aduram. Une silhouette phosphorescente parmi les ténèbres tordues de la forêt maudite. Des rayons d’or se muant lentement en bronze. Un métal pur souillé par le fer. Un métal pur souillé par le sang. Ta langue cueille les gouttes du liquide entachant tes dents. Ton pouce cueille les filets du fluide vital glissant à tes joues pour les ramener à tes lèvres. L’odeur de l’infortuné animal est toujours imprégnée dans  tes narines. Les cris de l’animal sonneraient toujours à ton oreille, s’il n’y avait pas autre chose. S’il n’y avait pas cette chose. Et ce n’est pas la Dissonance non. Ce n’est pas l’éternelle complainte de l’ancien Linoïn.

Cette chose, elle t’effraie plus que ne t’ont jamais effrayé les hymnes déchirés de cette forêt. Cette chose te susurrait des mots doux tout en se moquant allègrement de toi. Cette chose te rappelait à quel point tu n’étais rien tout en te soufflant comme tu pourrais être tout. Cette chose te murmurait à l’oreille l’étendue du pouvoir qui te fut offert, tout en t’en arrachant le lobe pour te faire payer chaque goutte reversée au vent.
Des rires. Des rires enfantins, tintant comme des perles de cristal au cœur d’une Symphonie de basses. Des rires éclatant chaque fois que le sang perlant encore sur tes joues abreuvait le sol. Et l’Aduram rugissait. L’Aduram rugissait avec force sans réussir à les étouffer, l’Aduram hurlait à la mort sans jamais trancher au travers d’eux, parce que ces rires, ces moqueries, elles étaient méritées.

Pensais-tu véritablement pouvoir lutter contre ton propre choix ? Pensais-tu véritablement pouvoir agir comme si ton Souffle n’était pas prisonnier ? T’imaginais-tu sincèrement capable d’échapper à la terrible réalité derrière la légèreté de ton cœur ? La cacophonie du Linoïn, le silence de Thaar, en aucun cas ils ne posent le moindre obstacle à la Déesse. La cacophonie du Linoïn, le silence de Thaar, ce sont autant d’outils pour une Mère face à un enfant ayant entrepris de traverser l’un des plus difficiles de ses enseignements.
Un rayon de lumière dans la sombre Aduram. Une silhouette phosphorescente parmi les ténèbres tordues de la forêt maudite. Des rayons d’or se muant lentement en bronze. Le dos de ta main frotte frénétiquement ton menton, mais le sang refuse d’arrêter de couler. Tes crocs cherchent à savoir d’où il vient, mais tu ne fais que te mordre la lèvre, sans trouver là aucune autre chair que la tienne. La pensais-tu réellement incapable de te briser, alors que c’est elle qui t’a donné cette force ? La pensais-tu réellement prête à t’abandonner, quand c’est sous ses ordres que tu t’étais laissé vaincre, puis sous ses ordres que tu t’étais laissé emmener, sous ses ordres que tu t’étais laissé duper, sous ses ordres que tu t’étais battu, sous ses ordres que tu avais tué, sous ses ordres que tu étais revenu, et sous ses ordres que tu avais été mis face à ce que tu es. Ce qu’elle a fait de toi. Ce qu’elle t’a offert d’être.

Un rayon de lumière dans la sombre Aduram. Une silhouette phosphorescente parmi d’autres.
Les serpents d’eaux de pluies creusant le sol de l’ancien Linoïn répondent à ta présence, s’illuminent sur ton passage, et tu marches, tu marches lentement, fasciné par la magie à l’œuvre. Tu marches, lentement, les jambes endolories comme ce jour à Malereg, tu sens la brûlure du jugement de Melien peser à nouveau sur elles, tu sens l’Inconstante reprendre possession d’un corps que tu pensais ne plus lui appartenir et y poser sa marque.

La Dame Sauvage est ton guide, mais La Folle est ton aînée, celle qui s’est faite la Gardienne de ta vie.

Un rayon de lumière dans la sombre Aduram. Une silhouette phosphorescente parmi les ténèbres.
Des yeux. Des centaines d’yeux. Des milliers d’yeux. Des milliers de perles fendues te dévorant du regard. Et l’odeur de ton sang. L’odeur de ton sang s’empêtrant dans tes narines. Et tu t’étouffes, entame une course contre la suffocation, une course pour ta vie, que tu sais ne pas pouvoir gagner. Tu fuis des fantômes aussi longtemps que tes poumons sifflants te l’autorisent, gagnant tout le temps que te gagne tes dernières forces avant que le brame ne sonne le glas de ton escapade.

La Dame Sauvage est ton guide, mais sans ton Souffle, tu tombes entièrement sous la coupe du Roi des Bêtes.

Tu trébuches, rampes, racles le sol, cherche des appuis, tandis que cette chose continue de se moquer de toi. Le brame se fait plus puissant. Tes griffes se plantent dans un arbre, alors qu’en apnée tu tentes de trouver les hauteurs, comme si le ciel pouvait t’offrir plus d’air que la canopée n’en soupire dans le sous-bois, mais ton corps se refuse à suivre ta pensée. Ton corps n’est plus. Les prédateurs ont fini par te l’arracher, bouchée après bouchée, et alors, tu n’es plus rien. Tu n’es plus rien qu’un pathétique squelette s’accrochant à l’existence.
Tu n’es plus rien qu’un esprit sans Souffle ni chair, dévoré par son propre pouvoir. Tu n’es plus rien d’autre que ton pouvoir, ce pouvoir qui t’a sauvé d’entre les griffes de l’Eldéenne de Thaar. Tu n’es plus rien d’autre que la substance arrachée aux enseignements d’Elenmàr. Mais tu es vivant, du moins tu possèdes encore assez de vie pour continuer d’avancer, pour continuer d’essayer de te sauver. Tu possèdes encore assez de vie pour ressentir la brûlure creusée par la lumière dans tes entrailles.

Cette chose, cette chose continue de s’esclaffer, alors que ton monde s’éteint à petit feu, dévoré par le soleil grandissant en ton sein. Cette chose rit, candide, devant l’elfe qui a mordu dans plus qu’il ne pouvait assumer. Cette chose te regarde finalement ployer, et plier le genou devant son invisible figure. Et là seulement elle se tait.

Le goût du sang de ta proie te caresse à nouveau les papilles.
Et enfin les Leylines trouvent leur repos, dans un dessin bien plus complexe qu’il ne l’était il y a quelques jours encore.
Et ton oreille déstabilisée n’entend plus le rire. Mais ton corps perçoit la force à son origine.


La Dissonance seule te lacère l’oreille. La force qu’est l’éther ne s’y mêle plus.
La Dissonance seule te lacère l’oreille. La force que sont les arcanes pèse sur un autre plan.
Un plan dont ton corps fait partie.
Une vibration qui est aussi la tienne.
Une vibration aussi sauvage qu’un Sans-le-Souffle.
Un rythme guerrier qui n’est que le tien.

Tu hurles. Enfonces ton visage dans le sol. Tu implores pardon à Hiril Löthren. Tu implores pardon à La Déesse. Parce qu’elle t’a donné le pouvoir de déplacer les montagnes, et que tu en as usé pour ouvrir la cheminée du Volcan.
Tu hurles. Tu implores pardon à La Mère. Et tu promets service. Parce qu’il est de ton devoir maintenant, de faire écran aux braises ardentes qui se déverseront bientôt.

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Dernière édition par Lœthwil le Lun 30 Juil 2018 - 16:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Solo] Trahir le Souffle perdu   Ven 27 Juil 2018 - 18:00


Julas de la Cinquième ennéade de Karfïas
Onzième année du Onzième Cycle
Aduram Central




L’arche de pierre cède dans un gémissement sourd sous la patte griffue de la monstrueuse créature.
Tu roules, le choc à peine atténué par une réception maladroite, mais avant que l’assaut de la bête ne vienne t’achever, ton bras droit trouve un appui, ta jambe gauche le suit, et dans une improbable contorsion, tu te propulse hors de portée de la gigantesque paume. Un hurlement de rage fait trembler la forêt entière, toi y compris, mais ton regard refuse de se détourner des proéminents globes de ton adversaire. Tu feules comme un chat sauvage défendant son territoire, quand en réalité c’est toi l’intrus sur les terres du monstre.

Tu sautes en arrière, juste à temps pour que claquent devant toi des crocs grands comme la moitié de ta coudée. Tu chasses de ta joue une projection de salive poisseuse, serrant à ton tour les dents sur un sourire dégustant déjà sa contre-offensive. Un rayon de lumière au milieu des ténèbres, les runes tracées sous la surface de ta peau s’enflamment, et à la demande de tes doigts plongés dans le sol, la terre se soulève sous la créature, des rochers mal aiguisés cherchent à lui percer le poitrail, mais aucun ne parvient à percer ses défenses.
De bond en bond, tu tournes autour de la créature dans une continuelle provocation, arrachant la terre devant et sous elle pour la maintenir à distance, utilisant le recul de puissants jets d’eau pour te mettre en sécurité plus que dans l’espoir de la vaincre, et le monstre sans flancher la moindre seconde brise la pierre et ignore l’eau, profite de son inertie dans une course vers une proie qu’il est certain, si la situation n’évolue pas, de vaincre à l’usure.

Que son esprit ait été autrefois sauvegardé pour sa force ou sa sagesse, la créature te faisant face n’est aujourd’hui ni moins folle, ni moins mortelle que toi. Par contre, tu ne tarderais pas à lui prouver qu’elle était moins puissante. Bien moins puissante.

Une claque monumentale s’abat sur ton flanc recroquevillé en préparation à l’impact. Tu te laisses propulser, ne te ralentissant que le strict minimum nécessaire à avoir la main sur ta trajectoire. Tu as gagné la distance qu’il te faut. Fini le jeu du chat et de la souris. Il est temps pour toi de déplacer les montagnes.
Tes mains se joignent autour d’une sphère imaginaire, tandis que sous la créature, l’eau se condense en cette même forme. Tes bras s’écartent, et la bille cède sous la pression, arrachant ton adversaire à l’emprise de la gravité l’espace d’un instant. Et avant même qu’il ne soit retombé, c’est au tour des flammes de venir le lécher. L’explosion retentit, aussi sonore que le cri de la bête dont l’épaisse peau est rongée par la chaleur. La rage prend les tripes de la créature constatant l’imminence de sa défaite, mais il est déjà trop tard.

Tu griffes le ciel, écarte les bras de vapeur t’ayant atteint, alors que le mastodonte cherche désespérément à s’échapper du nuage dont les gouttelettes se déposent cruellement sur son épiderme écorché. Soudain la vapeur d’eau s’assombrit, le sous-bois est comme un ciel d’orage, et la foudre s’abat sur le titan.

La créature s’écroule, morte, face à toi. Son territoire est maintenant le tien. Tu es libre de régner sur ce qui était sa merveille du temps où le Linoïn ne pleurait pas.

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MessageSujet: Re: [Solo] Trahir le Souffle perdu   Sam 28 Juil 2018 - 5:05


Accepte d’un enfant offrande du sang d’un autre,
Et que légion naissent au prix de sa vie.
Que la part de lui qui deviendra la nôtre,
Soit faite force de ceux qui te sont soumis.
Et cette force est au service de tes Chants,
De l’équilibre maintenu au sein de ton foyer.
Et cette force est celle de tes enfants,
De chaque créature ayant consenti à t’aimer.
Car si le sang coule entre les lèvres des chasseurs
Ce n’est pas que ta création est cruelle.
C’est car il n’y a pas d’existence plus belle,
Que celle de l’enfant qui sent battre son cœur.

Et le mien bat, et je redouble de ferveur,
Car Mère, les temps à venir réveillent mes frayeurs.

Que la part de lui qui deviendra mienne,
Me donne la force de les protéger.
Moi qui pour protéger les secrets d’Anaëh
De ses ennemis ai excité la haine.

De toi j’ai reçu un immense pouvoir,
Mais comment puis-je accomplir mon devoir,
Tant que je ne saurai convaincre mes frères d’y croire ?

Je te prie que mes paroles résonnent des tes Chants.
Que les cœurs des elfes battent tous à l’unisson.
Que mes mots soient par toi rendus justes et puissants.
Que pour leur foyer tes enfants retrouvent passion.




Perché sur le toit des ruines d’une Cité qui n’est plus, tu tiens en ta main le cœur d’une bête puissante. Les yeux perdus dans la canopée, tu adresses ta prière d’une voix chevrotante. Car l’enfant que tu es a accepté le défi d’un des Aînés, et grâce à la Folie d’Aduram l’a remporté.
Les flammes se lèvent, et dansent autour de toi en une sphère parfaite, alors que cérémonieusement tu portes le cœur du Gardien vers les deux Lunes. Le feu crépite et gonfle en intensité, quand la force que tu lui as retiré, tu te l’es appropriée. Quand tes crocs se sont plantés dans l’organe, que le sang a giclé et qu’une fois de plus tes larmes ont coulé. Quand la magie a traversé ton corps, que la vibration s’est emparé de ton être, et que tu t’es senti soulevé plus haut que tu ne l’avais jamais été.

Quand tu as accepté être un bête parmi les bêtes. Quand tu as reconnu que de là venait ta paix. Quand en prenant la vie d’un Gardien tu as pris sa place. Quand en prenant la vie d’un Gardien tu as pris Ta place.


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MessageSujet: Re: [Solo] Trahir le Souffle perdu   Lun 30 Juil 2018 - 18:29


Elenwënas de la Cinquième ennéade de Karfïas
Onzième année du Onzième Cycle





Choisir le bon bois, tordre l’écorce, nouer ensemble les lianes et les branches. Briser les dents, réduire les os en poudre, arracher les fourrures touffe par touffe. Arranger ensemble plantes poils et plumes. Faire coexister animal et végétal. Tresser un vêtement à-même ton corps, à partir d’autant de trophées de cueillette que de chasse. Te bâtir un vêtement qui soit autant une armure qu’une couronne, aussi létal que cérémonieux. Te tresser la crinière de Leomenis qui laissera voir au monde quels crocs tu possèdes avant même que tu n’aies à rugir.

Perdre le Souffle ne t’as pas retiré l’Art. Perdre le Souffle ne t’as pas retiré l’intelligence. Bien au contraire. Il est des concepts que depuis ta renaissance tu comprends bien mieux qu’auparavant, que tu vis plus intensément, que tu ressens plus profondément. L’on aurait pu croire que perdre ta liberté t’empêcherait d’imaginer, mais au contraire. Tu es capable maintenant de voir la lumière et l’ombre, les formes et les vides avec l’œil de l’animal. Tu es apte maintenant à te créer une silhouette, une gestuelle, une sonorité qui reflètent ta place dans cet univers sauvage.

Parce que tu ne sais pas combien de temps tu resterais sous le couvert du bois Dissonant. Tu n’as ni la moindre idée de l’heure à laquelle l’Aduram voudra bien te relâcher, ni la moindre idée du temps déjà passé à errer en son sein. Comme toutes ses autres bêtes, et comme toutes les fois où tu l’as parcouru, tu t’y perds, tu t’y perds et tu t’y confortes, t’abandonnes à la simple nécessité de survivre, à l’irrépressible envie d’y marquer ton territoire, à la délicieuse idée d’y devenir un maître.

Une bête parmi les bêtes.

Mais  contrairement à la majorité de ses autres bêtes, tu portes une intelligence toute particulière, une expérience du monde que seuls peuvent se targuer d’avoir vécu les êtres pensants. Contrairement à la majorité des autres bêtes, ton Souffle, si tu l’as offert à une cause, il n’en a pas moins forgé ton esprit. Contrairement à la majorité des autres bêtes, ton Souffle a connu autre chose, ton esprit sait la différence entre les Chants Originels et la Symphonie Tordue. Contrairement à la majorité des bêtes, tu sais encore voir que ta place n’est pas ici. Tu ne sais seulement pas quand sera l’heure de ton échappée.
Alors tu marches. Tu continues d’errer. Tu continues de te mesurer aux puissants de la forêt maudite, et de dévorer leurs forces pour nourrir ton combat vers l’extérieur. Un pas après l’autre. Trois en arrière pour quatre en avant. Tu finiras par trouver la sortie. Tu finiras par retrouver l’Anaëh. Tu finiras par retrouver ta moitié et ton cœur. Tu finiras par retrouver ton clan. Et lorsque tous seront rassemblés, lorsque toutes les parties de ton être se seront assemblées à la force que tu t’es trouvé forcé de voler, plus rien ni personne ne pourra t’arrêter.

Lorsque tu seras entier. Tu te soulèveras seul face à l’Elda s’il le faut. Tu te soulèveras seul face à l’Ithri’Vaan s’il le faut. Tu te soulèveras seul face à la Péninsule s’il le faut. Mais lorsque tu seras entier, plus jamais l’Anaëh n’aura à faire le moindre pas en arrière.

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MessageSujet: Re: [Solo] Trahir le Souffle perdu   Sam 4 Aoû 2018 - 23:22


Tariho de la cinquième ennéade de Karfïas
Onzième année du Onzième Cycle
Centre d’Aduram




Une bête parmi les bêtes, ayant pour devoir de protéger un peuple entier. Un peuple auprès duquel elle n’était pas, et un peuple auprès duquel elle n’arrivait pas à retourner. Pourtant il était là le chemin, visible comme les bois sur le crâne d’un Fanuël, audible comme une seul accord majeur au milieu des pleurs, quelques notes Chantées par les racines de l’Estel, irradiant de la puissance des dernières volontés de Myrhammen jusqu’au milieu des bois maudits.
Suivre l’appel de l’Estel vers l’extérieur aurait été tellement simple. Echapper à la sauvagerie d’Aduram aurait été si facile, si seulement quelque chose d’autre ne te taraudait pas, si seulement tes tripes ne s’arrachaient pas à la simple idée que tu puisses alléger ton esprit du poids de la Dissonance. Non, tu n’appartenais pas à l’Aduram. Non, l’Aduram ne t’appartenait pas. Mais le Linoïn tenait à toi, pleurait ton départ plus que de raison, implorait ta main lorsque ton oreille se tendait, et la forçait lorsque ton œil regardait au loin.

Tu étais une bête parmi les bêtes oui, mais ton rugissement n’était pas le plus retentissant en ces bois. Et chaque fois que tu avais pensé voir une fenêtre s’ouvrir vers l’extérieur de ce monde, l’Aduram avait pris soin de te le rappeler. Le sang de créatures puissantes coule dans tes veines, mais ton sang coule dans celles de créatures plus puissantes encore. Quelques jours d’errance de plus, quelques jours d’opposition ont suffi pour que les éraflures se creusent en de véritables sillons, que ta peau goûte la saveur de ton propre sang, que tu sois forcé au repos et à la retenue au sein de cet environnement qui te rappelait que tu n’en étais pas le maître.
Tu n’en es pas le maître, et tu ne peux donc pas lui imposer ta volonté, puisse-t-elle-même venir de la Prime Déesse. Tu n’en es pas le maître, alors puisqu’il veut te retenir, tu ne peux qu’abdiquer, et te laisser aller à une nouvelle descente vers une folie rageuse, jusqu’à ce que Mëlien te décide ayant sombré assez profond pour te relâcher… ou alors attendait-elle que tu trouves un autre chemin ? Un chemin qu’elle n’aurait pas à te pointer du doigt ? Peut-être étais-ce là la véritable leçon dans ce combat contre l’Aduram. Il ne s’agissait plus cette fois d’apprendre à l’entendre. Il s’agissait d’apprendre à lui échapper. Et pour lui échapper, il fallait en devenir le Maître.

Pour échapper à Aduram il fallait en devenir Seigneur.
Seulement tu n’es pas assez fort pour en devenir Seigneur, pas à toi seul.
À toi seul, même si tu pouvais retenir les Gardiens d’Aduram, tu ne pouvais pas leur porter le coup fatal.
Alors soit il te fallait attendre que ta puissance continue de croître, attendre d’être en mesure de défier et de vaincre les Seigneurs d’Aduram, soit il te fallait une aide. Et une aide qui ne soit pas des terres devant lesquelles les Gardiens s’érigent en barricades. Il te faut l'aide d’autres pour rejoindre les tiens.

L’odeur pestilentielle de cadavres brûlés t’étouffait, mais il te fallait poser les yeux ici. Il te fallait envoyer le regard vers là où t’attirait la Dissonance, tendre l’oreille vers la pulsation tentatrice une dernière fois. Il te fallait savoir qui était ton adversaire avant de te jeter dans une nouvelle bataille. Après tout, peut-être ne survivrais-tu même pas à ses préparatifs.

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