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 Une claque pour tomber, et pour se relever

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Sangarah d'Orneyad
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MessageSujet: Une claque pour tomber, et pour se relever   Jeu 2 Aoû 2018 - 9:35

Chrystabel était finie par tomber, comme tout le monde pouvait s'en douter. Les armées nordiennes avaient rondement menées le siège, obligeant les derniers dissidents retranchés à se découvrir dans un hélant désespéré.
Sangarah et la centaine de chevaliers Nérissois ayant fait route avec le sénéchal, depuis la remise au pas de l'ancenois, avaient assisté avec passivité au parachèvement de la campagne militaire. Ils n'avaient participé ni aux pillages de la petite guerre, ni aux brefs assauts sur la dernière cité. Leur simple présence fût gage de leur coopération avec le sénéchal du Royaume.
Avec un arrière goût de gâchis pour les seigneurs butés de l'ancenois, Sangarah n'était pas même parvenu à louer assez de temps à Renault, Duc d'Erac et légitime suzerain des baronnies médianaises. Il fallait pourtant relever les manches, et espérer que la Baronne Bathilde d'Ancenis n'eut pas pris de soufflet trop violent pour ses jeunes épaules. Raymond défait, restait à remettre Ancenis sur de bons rails. Mais le chevalier de Néris ne savait pas encore avec qui ils auraient à composer.
Lorsque les grands seigneurs du Nord se remirent en marche pour Diantra, Sangarah estima son contrat rempli. Il convergea alors avec ses hommes en la châtellenie familiale.

Plusieurs ennéades passèrent...


La fin de matinée était déjà ardente. Sur les dalles en pierres de la terrasse, l'on pouvait y faire cuir un œuf. Il y avait tout juste assez d'ombre pour que le gros chien blanc s'y couche, tapis contre le mur tiède de la maison. L'été et son mois de Karfias pesaient telle une chape invisible sur l'ancenois.
A quelques mètres du petit escalier qui jouxtait la terrasse, à mi-couvert des oliviers centenaires, Sangarah et son cousin Briac retournaient la terre sablonneuse à chacun de leurs pas. Les volutes de poussières s'élevaient, les cailloux roulaient sous les chausses ternies, et les gouttes de sueurs abreuvaient le sol sec telles le reste d'une outre dans le gosier d'un voyageur en plein désert. Le chant des cigales accompagnait leur danse, et les reniflements de souffles courts agrémentaient l'atmosphère lourd. Leur torse nu et poisseux luisaient à la vive lumière du soleil, et leurs sourcils froncés ne parvenaient plus à contenir la transpiration qui ruisselait sur leur visage crispé. Les regards alertes, cherchant la faille, étaient marqués par les récents échanges.
Soudain Briac bondit en avant, envoyant son poing gauche vers le visage de son aîné. L'adolescent manqua sa cible, amoindri par ses assauts précédents. Il parvint à reprendre appuis sur sa jambe avant, l'empêchant d'être emporté par son hélant. Mais la longue seconde fût trop courte pour éviter le contre. Briac encaissa une énorme claque qui le fit partir à la renverse. Il s'écroula, la vue trouble et l'oreille sifflante.
- Je te donne cinq secondes.
Comme s'il se réveillait d'un sommeil difficile, Briac n'essaya même pas de se relever.
- J'en peux plus...
Il roula sur son dos, une grimace lui barrant le visage. Sangarah le toisa, les mains sur la taille.
- C'est ce que tu m'as dit tout à l'heure.
- Mais la... je crois que je vais vomir...
Son abdomen gonflait et se vidait à un ritme effréné. Il entre-ouvrit les yeux, mais ne vit qu'une silhouette sombre devant la blancheur du jour.
- Et bien vomis. Et relèves-toi.
Briac laissa échapper un râle d'impuissance, comprenant que sa raclée n'était pas terminée.
- Juste un peu d'eau alors, implora-t-il en se redressant péniblement.
Le temps écoulé, Sangarah lui tomba dessus, avant-même qu'il ne se rassoit complètement. Il passa dans son dos avec souplesse, et lui saisit le cou en glissant son avant-bras sous son menton, qu'il verrouilla solidement. Briac essaya vainement de se dégager, alors qu'il sentait la vie le quitter. Il tapa de la main plusieurs fois, et l'étau se desserra, laissant l'air lui revenir bruyamment.

- Ca faisait longtemps ! lança une voix profonde du haut de l'escalier.
Faraj se tenait là debout, appuyé sur sa canne, le chien blanc à ses côtés. Il pointa négligemment les duellistes.
- C'est bien qu'il apprenne, très bien.
Sangarah aida son jeune cousin à se mettre debout, et ce dernier fit l'effort de saluer le seigneur en s'inclinant douloureusement.
- Que nous vaut votre visite, père ?
Le chevalier de Néris vint à sa rencontre, franchissant les marches chaudes, pour empoigner le paternel.
- Tu aimes cet endroit, observa-t-il en éludant la question.
Par-dessus l'oliveraie, ils pouvaient tous deux admirer les fortifications de Néris se dresser fièrement.
- Pas autant que vous, c'est certain.
Un rictus se dessina dans la barbe blanche de Faraj, et ses souvenirs se ravivèrent. Lorsqu'il était arrivé à Néris, par le port de Berdès, son premier employeur fût l'ancien propriétaire de ces lieux. Un vieux paysan, cultivant une partie du champs; un homme seul, mais assez malin et travailleur pour être parvenu à se mettre à l’abri du besoin pour ses dernières années d'errance sur terre. Faraj, à l'époque dans la force de l'âge, s'était attelé à toutes sortes de travaux nécessitant plus de muscle et d’endurance que de cervelle, aidant même à retaper une partie de la demeure défraîchie. Il avait logé une année dans l'une des chambres, avec vue sur le château d'Abriel de Néris.

- Dînons ensemble, mon fils. J'ai à te parler.
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