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 Du rififi à Carasco [Libre]

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Cosimo Tête Pelée
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MessageSujet: Du rififi à Carasco [Libre]   Jeu 9 Aoû 2018 - 19:17


Les compaings s’étaient mêlés à la foule un à un ou deux par deux. Cosimo fermait la marche juché sur une charrette tirée par un mulet, jonchée de paille, avec quelques jambons emballés dans de grands torchons. Sous la paille, les arbalètes, les rapières et les poignards. Une couverture élimée couvrait le banc de la charrette sur lequel on trouvait Cosimo.

Quelques étals couvraient l’espace entre les maisons, et la foule se pressait au centre de cette arène. Voyageurs, réfugiés, mais surtout les gens du cru venus en masse acheter des victuailles avant de se replier dans les collines, où on attendrait que la tempête passe.

« Hue dia », dit Cosimo en titillant le mulet avec sa cravache, sa vieille cravache de cuir fermentée dans le sang et la sueur des chevaux. Le mulet porte les traces du traitement, administré entre deux rasades de monte-à-l’assaut, le tord-boyaux que s’envoyait les mercenaires avant les combats. Du courage en outre qui en rendait certains aveugles.  La charrette s’engagea sur la petite place. Du coin de l’œil, le capitaine avait reconnu ses hommes qui convergeaient vers lui. Et surtout les deux sergents, qui s’approchaient aussi d’un air curieux, reniflant l’air.  La cloche de la chapelle sonna deux coups.


Dans les bois.

Du haut de son marronnier, Samperio scrutait le bas de la vallée. A la cime des arbres, le soleil l’écrasait sans pitié. Dans le creux, Carasco, au pied de la motte d’un manoir. Le reste n’était que collines et forêts. On devinait la mer au loin. Samperio jeta un coup d’œil en bas. Les compaings tenaient fermement leurs montures en place, bâillonnées et les yeux bandés. Certains chargeaient une arbalète, soupesaient leurs épieux. L’outre de monte-à-l’assaut tournait entre les reîtres. Le clocher sonna deux coups. Immédiatement, les cavaliers se mirent en selle. Ils n’attendaient plus qu’un geste de Samperio pour quitter la clairière puis dévaler la route vers Carasco.    




Dernière édition par Cosimo Tête Pelée le Dim 12 Aoû 2018 - 13:39, édité 1 fois
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Kurt Vondörff
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MessageSujet: Re: Du rififi à Carasco [Libre]   Dim 12 Aoû 2018 - 17:21



Kurt Vondörff, dit sergent Roublard ou Roublard tout court ou encore Rourou, attendait patiemment à la lisère de la forêt. De là, la vue sur le manoir et le centre du hameau nommé Carasco était bien belle. Depuis l'aube déjà, on matait le vilain et la paillarde en train de s’affairer sur la petite place réservée au marché. Là-bas, ça piaillait à tout va que la morue était bonne où que la salade était peu chère. Trop pour eux assurément. Après une petite rasade de monte-à-l'assaut dans le gosier, Roublard alla se vider sur un arbre en oubliant pas de garder un œil sur les agissements en contre-bas. C'est que la Tête pelée leur avait filé une sale mission. Celle d'attendre le grabuge pour s'activer. Pis que ça, parce que la Tête pelée en avait quand même des bonnes dans la caboche des fois, c'est qu'il leur avait refourgué Semporio le baguenaud, aussi à l'aise sur un ronçin que dans la flotte parce qu'il savait pas nager. Pour sûr, le capistan avait fait ça pour s'éviter les emmerdes dans le hameau. C'est que le nigaud était pas non plus réputé pour sa maîtrise des armes... Alors on se limitait à lui donner des missions pour qu'il se sente utile. Comme celle de faire le poireau en haut d'un arbre.

Le gamin dut faire un geste bizarre pour que l'houlier, non loin de lui, vienne le déconcentrer dans sa vidange.

Roublard, héla-t-il. Viens refoutre ton cul sur ton cheval, ça commence à bouger là-bas.

Kurt termina de se secouer le manche pour se vider des dernière gouttes. Trop souvent, celles-là se faisaient dans ses braies et foutaient une sale odeur tout le restant de la journée.

Ouais, ouais, t'as pas fini de gueuler comme un soiffard ?! On entend que toi l'houlier !

L'houlier était son petit surnom donné par la compagnie. Car le rustre était bien plus pillard et queutard que guerrier, et on le voyait souvent revenir les poches plaines après une bataille tandis que les autres compaings se vidaient de leurs tripes. Alors l'affreux se vidait ensuite les poches en se vidant les couilles dans la première puterelle venue. Pour lui, c'était qu'une question de destin et de fatalité. Avoir les moyens de forniquer, c'était avoir les moyens de vivre. En vrai, le compère se nommait Manfred et l'accompagnait depuis des lustres. C'était l'un des gars de la première heure avec qui il avait combattu en sgarde contre les hommes-morts et les puysards. Mais ça c'est une autre histoire.

Deux sons de cloche plus tard, Roublard s'activa pour grimper de nouveau sur la Flèche qui se mit à hennir dès qu'il posa son cul. La Flèche était son ronçin avec qui il avait fait toute la campagne du Médian et maintenant d'Ydril. Sauf que pour le coup, au fur et à mesure, la Flèche s'était transformée en brique et se déplaçait à présent en boitant d'une patte.

Bon, alors, pourquoi qu'il gesticule le coq'bert là-haut ?! pesta Kurt en jetant un regard noir au corniaud perché dans son marronnier. T'as intérêt d'avoir vu un truc, gamin, sinon je t'explose les guibolles dès que t'es en bas ! menaça-t-il en levant son poing.

Et effectivement, en regardant de nouveau du côté du hameau, il y vit un peu d'agitation sans pour autant que ça se castagne.

Allez un p'tit coup pour la route, dit-il en levant son outre pour avaler une petite goutte de monte-à-l'assaut. Ah la peste, j'ai encore envie d'pisser...
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Cosimo Tête Pelée
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MessageSujet: Re: Du rififi à Carasco [Libre]   Jeu 16 Aoû 2018 - 10:17



Cosimo fit mine de se moucher pour éviter le regard des deux factionnaires. Il tira de sa poche un vieux mouchoir, un tire-jus immonde dans lequel il enfouit son nez. Le routier s’essuya de sa manche avant de baisser les yeux vers les gardes. Il porta ses doigts à son grand chapeau de paille, présenta ses salutations. Le capitaine imitait passablement le patois local, la boisson étant source de progrès linguistiques considérables. Qu’essequi transporte ? Des jambons fumés, du lard. A ces mots, les mercenaires qui feignaient de faire les badauds s’avancèrent d’un pas résolu vers la charrette. Les deux sergents se crispèrent, quelque chose ne tournait pas rond. L’un d’eux, un petit moustachu ventru, croisa le regard  du prétendu vendeur de jambons, qui brandissait maintenant une immense rapière. Un instant plus tard, six pouces d’acier dans sa bouche achevèrent de confirmer ses soupçons. L’autre sergent criait déjà pour donner l’alarme, avant que deux carreaux dans les côtes ne le fissent taire. Le mal était fait, le sang coulait et des paysans se mirent à hurler de terreur.  Mais la majorité observait encore placidement la scène, n’arrivant pas à réaliser la gravité de la situation.

Les dix compaings ne chargèrent pas les portes du manoir, encore ouvertes et derrière lesquelles on percevait de l’agitation. Ils n’avaient pas d’armures. Juché sur un tonneau de porc salé, Cosimo dirigeait les opérations en sabrant l’air de sa rapière et en postillonnant copieusement. Les compaings déchargèrent un petit bélier renforcé d’une tête métallique, un essentiel pour le pillard qui voyage léger. Puis le capiston se mit à injurier violemment la sentinelle ahuri sur la tourelle du manoir. On attenta, entre autres, à l’honneur de sa mère, sa sœur et sa fille. Ulcéré, le sergent en faction pointa une puissante arbalète sur ce grand gibier de potence. Cosimo plongea derrière la charrette alors que le carreau sifflait à ses oreilles. Les compaings l’a renversèrent d’une poussée. On rechargeait quatre grandes arbalètes à manivelles, les autres tenaient qui une dague, qui une épée. La foule de paysans s’éparpillait comme de la volaille, en piaillant aigu. La cloche du temple se mit à sonner frénétiquement. Kurt devait frétiller d'aise avec ses gars après cette longue d'attente : le bal était ouvert !  
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Kurt Vondörff
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MessageSujet: Re: Du rififi à Carasco [Libre]   Hier à 9:09



-Ça commence à se bastonner sécos là-bas, observa Crapaud juste à ses côtés.

C’était une bonne observation puisqu’on entendait déjà le bruit des échauffourées en plein cœur de Carasco. Pour ça, plus besoin d’avoir un Semporio faisant le guet du haut de son marronnier. Kurt, lui, avait toujours la même envie de pisser qui rendait la situation d’attente intenable. Les autres gars, eux, semblaient regarder la scène en contre-bas avec une vive attention pour ne pas dire que la plupart s’en cognaient royalement. C’est que le plan, quoique simple, était quand même casse-gueule et digne d’un capitaine pour qui la chance avait toujours souri jusque-là.

-Ouais, va p’t-être falloir se bouger l’cul, Roublard, non ? s’enquit l’houlier.

Mimant un grand moment de réflexion, Kurt donna l’air de penser à la meilleure technique d’approche du village. Mais lorsqu’on vit, dégouliner de ses braies un liquide jaunâtre et mal odorant, on comprit seulement qu’il était en train de se soulager.

-Bordel à queue ! pesta-t-il en voyant son cheval recouvert de pisse.

-Sergent, on y va ?

L’œil mauvais, il regarda l’Houlier avec la profonde envie de lui en coller une en pleine poire. Puis son regard se reporta de nouveau vers le centre de Carasco où les autres compaings semblaient être en proie à un véritable déluge de carreaux.

-Fermez tous vos claques-merdes, on y va et fissa !

Deux coups d’étriers plus tard et un coup du plat de sa lame sur le cul de la Flèche, et il partit au galop le premier pour dévaler la pente. Le reste suivit, non sans faire un boucan de tous les dieux. Et dix gredins finirent par rejoindre la place du marché pour y déverser à leur tour une bonne rincée de carreaux. Une grande majorité termina sa course dans les choux, mais fallait avouer que l’attaque surprise avait bien fait chier les gardes du castel. Preuve en est, on y voyait plus une caboche traîner. Ce petit temps d’accalmie permis à Cosimo et à ses gars de relever la tête pour entamer la deuxième étape du plan. Pourtant, Kurt retomba vite sur terre lorsqu’il vit Caribert, dit Gueulard, en train de geindre comme une truie qu’on égorge. Le bougre s’en était prise une bonne dans le fessier et pleurait maintenant sa mère et tous les saints.

-Gueulard ! FERME TA GUEULE ! lança-t-il dans sa direction. Les autres, vous m’arrosez toutes les gueules qui se pointent.

Le sergent scruta Cosimo qui venait d’arriver non loin de lui.

-Ça chiale aussi de ton côté Capiston où on peut se mettre au boulot ?
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