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 Les maux entraînants les mots - Haldren

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Elenwë Elendil
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MessageSujet: Les maux entraînants les mots - Haldren   Ven 17 Aoû 2018 - 16:21


Ce regard. Cette odeur. Cette chaleur fiévreuse. Cette mort prématurée.

Elle n’oublierait jamais tout cela, elle n’oublierait jamais le regard de l’animal qui était venu trouver refuge dans un coin où l’elfette cueillait quelques fruits sauvages. Elle était là, agenouillée au niveau d’un buisson à ramasser les perles sucrées et acidulées quand l’animal avait débarqué. Malade. Il était malade mais elle n’avait rien pu faire, elle n’avait reconnu aucun des symptômes du mal dont souffrait la pauvre bête qui s’était éteint comme neige au soleil.

Voilà ce qui l’avait attiré ici, à Malereg. Elle avait fouillé les livres à la recherche d’une réponse sur le mal qui avait rongé la bête jusqu’à lui offrir la mort dans la grande bibliothèque d’Alëandir. Elle avait bien essayé la magie, puisant sa force dans l’eau pour jouer de son statut de médicienne sur les cordes de vie de l’animal mais rien, elle avait essayé de dénouer les nœuds présents, de lisser ces cordes mais rien. Les nœuds se consolidaient, les cordes cassaient et l’animal rendait ses derniers souffles, le regard gratifiant pour son aide vain.

Elle s’en était voulu, elle en avait eu une larme coulant le long de la joue mais si la créature n’avait pas perdu la vie dans ses bras, elle l’aurait perdu seule, dans l’oubli et l’anonymat le plus pur qui pouvait exister. La larme tombée, elle s’était faite curieuse, notant chaque détail des maux de l’animal dans un coin de son cerveau pour aller chercher dans la bibliothèque ce qu’elle avait oublié, ce qu’elle n’avait pas retenu. Elle voulait savoir où elle avait failli, ce qu’elle n’avait su reconnaître.

Rentrant dans la cité, elle avait épluché les écrits avec attention, elle avait lu les phrases et les mots dans les ouvrages qu’elle avait trouvés mais rien. Nada. Il n’y avait, dans les mots travaillé avec attention, aucune réponse sur le cas qu’elle venait de rencontrer, aucune aide sur le mal étrange dont souffrait la pauvre bête qui appartenait maintenant au royaume des morts. D’un geste d’énervement, elle avait claqué son livre en le fermant, sans douceur pour les tendres pages qui ne demandaient pas un tel traitement de brusquerie.

Elle avait pris sa décision sur un coup de tête, si elle ne trouvait pas réponse ici, elle trouverait réponse ailleurs. L’étoile statique allait devenir étoile filante. Chaque cité possédait ses secrets, ses écrits uniques et peut-être que les réponses à ses questions n’étaient pas cachées dans son cocon douillet mais dans un autre lieu du vaste monde, dans un endroit qu’elle allait visiter pour la première, qu’elle allait pouvoir dévorer du regard et croquer dans son esprit pour enfin tracer la carte du monde de son corps et non seulement du bout de ses doigts sur un planisphère reposant là.

Elle avait alors pris la route, informant au passage quelques maîtres médecins de son départ imminent vers d’autres contrées, à la recherche de ce savoir qui lui manquait pour faire d’elle une médicienne encore meilleure. Ils avaient tous réagis à leur manière, là où certains voulaient lui tenir compagnie durant le voyage, d’autres la regardaient d’un mauvais œil, la prenant pour une originale refusant de rester à sa place de gentille petite elfe des cités. Elle surprit des sourires fiers chez certains de ses professeurs, fiers de cet engouement qu’avait la fille étoilée à partir ainsi pour combler les lacunes de ses connaissances, fiers de cette force de caractère cachée sous l’aura de douceur qui l’entourait de sa brume la plus fine.

La décision prise, ses bagages furent faits avec une rapidité certaine, n’emportant avec elle que le strict minimum, que les biens dont elle avait réellement besoin. Quelques robes de lins, sa robe de soie automnale, un peigne pour ses cheveux, quelques bijoux, un flacon de parfum, sa sacoche de médecin et quelques feuilles de parchemin accompagné d’un pot d’encre et d’une plume fine. Elle n’avait pas mis longtemps pour arriver dans une nouvelle cité, dans un nouvel environnement qu’elle dégustait du regard encore du regard lorsqu’elle n’était pas plongée dans quelques ouvrages uniques trouvés ici où là dans quelques petites bibliothèques bien plus sobres que celle qu’elle connaissait.

Maintenant, elle était là, assise à l’orée de la cité elfique à lire un ouvrage possédant quelques passages dans un dialecte qu’elle n’était pas certaine de comprendre combien même les croquis accompagnant les mots était parlant. Les rayons solaires léchaient sa peau de stellaire, marquait ses chaires d’une douce couleur rosée en signe d’un coup de soleil qu’elle attrapait sans s’en rendre compte, bien trop plongée dans sa lecture pour ne ressentir autre chose que les mots qui courraient sous ses yeux.
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Haldren Umbarion
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MessageSujet: Re: Les maux entraînants les mots - Haldren   Jeu 23 Aoû 2018 - 15:50

Haldren avait encore eu des mots avec Findilas.

La prêtresse ne cessait de le tanner au sujet de la cérémonie du Choix, de l'inciter à y réfléchir pour réellement devenir un elfe d'Anaëh dans son cœur, ce à quoi l'ancien eldéen lui répondait qu'il n'avait guère besoin de toutes ces salamalecs pour savoir qui il était et que Kÿria ou Tari devaient déjà très bien le connaitre. Autant l'importance de cette cérémonie marquait fort justement le passage à l'âge adulte pour des jeunes elfes en constituant leur vrai départ dans la vie, autant pour un archimage millénaire cela paraissait totalement anachronique. Mais la prêtresse semblait ne pas comprendre qu'il aurait préféré une cérémonie à minima et répétait en boucle que tout le protocole devait avoir lieu dans les règles de l'art.

Excédé, Haldren avait fini par quitter sa maison. Depuis son retour d'Aduram où l'écho vivant de ses ancêtres pulsait encore dans la trame de la Dissonance, il comprenait mieux ce qui le différenciait des autres elfes auprès desquels il vivait depuis son exil du Puy : leur manichéisme et leurs traditions lui apparaissait constituer des carcans qu'ils s'imposaient à eux-mêmes, comme s'ils y trouvaient une fausse sécurité pour refuser de comprendre les évolutions du monde où ils se trouvaient. Enfant de deux mondes, Haldren portait au fond de lui-même une volonté de changement qui heurtait souvent le conservatisme de Findilas.

Pour chasser son agacement, Haldren se rendit jusque chez un bouquiniste de sa connaissance afin d'y voir quelles nouveautés le gaillard pourrait lui proposer. Sa bibliothèque du Puy étant définitivement perdue, celle d'Abyssea bien loin, l'archimage s'était décidé à reconstituer à Malereg une nouvelle fontaine de savoir. Coup de chance, ce jour-là le libraire venait justement de rentrer de nouveaux ouvrages dans son stock et ils passèrent plusieurs heures à les trier soigneusement, séparant le bon grain de l'ivraie, la perle rare de la banalité, l'ouvrage pour amateur éclairé de celui donné au néophyte vulgaire. Aider ainsi à classer des livres ne gênait pas Haldren qui apprenait peu à peu à se rendre utile pour toute action relevant de son domaine de compétence.

Lorsqu'il ressortit de l'échoppe, notre héros sans peur ni reproche tenait sous son bras un recueil de poésie érotique du VIème cycle ainsi qu'un traité sur les relations entre Nisétis et l'Ithri'Vaan dans les dernières décennies avant la chute de l'Empire. Comme vous le constatez, Haldren avait des goûts éclectiques en matière littéraire, ce d'autant plus qu'il suivait les conseils de Loethwil sur l'importance de comprendre la culture elfe pour pleinement s'en imprégner. Ce fut donc d'un pas bien plus allègre qu'à l'aller qu'il repris la direction de sa maison.

Alors qu'il passait à proximité des portes de la cité, quelle ne fut pas sa surprise de voir une jeune femme à la peau d'albâtre assise sur une borne sans se soucier du soleil de plomb qui pesait sur elle en ces heures où l'astre diurne trônait au zénith. Sans même voir son visage, Haldren sut qu'une seule elfe pouvait ainsi oublier totalement son environnement lorsqu'un sujet la passionnait.


Elenwë !

Son exclamation joyeuse fit lever les yeux de la voyageuse stellaire.

Que fais-tu ici ? Non, ne me dis rien encore, suis-moi plutôt. Tu vas voir, je suis bien installé ici.
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Elenwë Elendil
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MessageSujet: Re: Les maux entraînants les mots - Haldren   Jeu 20 Sep 2018 - 17:37



Elles se perdait dans les mots comme on se perd en mer. Elle naviguait entre les phrases comme un marin voguait entre les vagues en pleine tempête, sans autre repère que le but poursuivi. S’évader ainsi tout en sentant la brûlure du soleil sur ses frêles épaules était d’une douceur exquise.

Elle ferma les yeux un instant et planta son nez au ciel pour laisser les rayons du dieu-soleil lui lécher le visage avec avidité. Les mots se mélangeaient de plus en plus dans son esprit si bien qu’il lui fallait quelques secondes de pause pour attaquer de nouveau le déchiffrage de cet ouvrage. Elle prenait des notes, s’essayait à des traductions plus hasardeuses les unes que les autres mais elle essayait même si elle savait qu’elle allait devoir aller demander de l’aide afin d’avancer sinon elle allait stagner comme l’eau d’un étang qui devenait verte avec le temps sauf que elle, elle allait perdre du temps, de l’espoir et de la joie plus que des couleurs puisque les couleurs ne tenaient pas sur son être gracile.

Un soupire tandis qu’elle tombait sur un symbole qu’elle avait vu sur plus d’une page. Symbole qu’elle n’arrivait pas à user dans son esprit, symbole qui, à ses yeux, n’était que dessin ou gribouillis mais pas lettre ou mot. Une brise fit tourner quelques pages de son ouvrage, la guidant sur une page où le symbole était encore et toujours présent. La concentration était intense et le sursaut l’a saisi par le bras pour l’attirer dans un sursaut de surprise lorsqu’une voix fit résonner son prénom.

La stellaire leva les yeux, à la recherche d’un quelconque mirage auditif mais la vérité était plus douce qu’un mirage, qu’une oasis en plein désert. C’était un être qui l’avait appelé, un grand voyageur des étoiles qu’elle avait par une fois croisé, par deux fois embrassé, par trois fois regardé. Elle lui offrit un tendre sourire, le souvenir de la nuit toujours marqué dans un coin de son esprit.

Il ne lui laissa pas le temps de poser quelques mots qu’il l’attirait déjà sur son vaisseau stellaire pour lui faire vivre un nouveau voyage entre les étoiles. Un petit rire cristallin s’échappa de ses lèvres tandis qu’elle prenait le temps de refermer l’ouvrage en se servant d’une petite chaîne d’argent portant une petite lune qui, quelques secondes auparavant, était autour du coup de la douce sœur étoilée.

Cette fois, elle n’était pas ivre et lui non plus, du moins il ne le semblait pas. C’était une nouvelle rencontre entre stellaires que se jouait cette fois-ci sur la corde de la sobriété. Elle se redressa tout en époussetant sa tenue du revers de la main, l’autre serrant le livre en cours de déchiffrage.

Bonjour à toi aussi Haldren. La voix était la même quoique plus douce. L’alcool la rendait plus forte mais la nature voulait que sa voix soit aussi frêle que ses épaules. La raison de ma venue en ces terres peut attendre quelques instants encore pour être dévoilée en effet.

Elle sourit et se plaça à la hauteur du masculin, prête à le suivre tandis qu’une nouvelle brise s’amusait à faire voler ses cheveux savamment attachés par quelques épingles argentées. Sa peau albâtre faisait tâche dans le décor, elle était une petite étoile d’argent pâle perdue dans une monde de couleur diurne.

Je pense que nous pouvons y aller et je pense qu’il est plus juste que je me laisse guider. Si ivre je pars au nord quand il faut aller à l’est, dans une nouvelle cité je partirai bien au sud alors que c’est au nord qu’il faut aller.

Petite moue attendrissante pour marquer les quelques mots d'autodérision. Elle n'était pas très doué en orientation lorsque ses sœurs ne brillaient pas dans le ciel mais elle n'y pouvait pas grand chose, elle avait reçu de ses parents et des dieux tendresse, gentillesse et douceur compléter par le don de se perdre dans les endroits les plus simples.

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Haldren Umbarion
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MessageSujet: Re: Les maux entraînants les mots - Haldren   Mar 25 Sep 2018 - 15:48

Quelque peu perdu, l'archimage fixa l'elfette en essayant de la suivre dans ses explications alambiquées qui dénotaient une orientation dans l'espace pouvant aisément fluctuer au gré des humeurs de la belle. Que d'étranges tribulations devaient ainsi aboutir d'une telle girouette !

Au nord de Malereg, il y a de l'eau.

Haldren s'était vaguement senti obligé de dire quelque chose d'utile, quand bien même il sentait au tréfonds de son être ne pas avoir révolutionné les arcanes de la géographie par cette constatation que l'Anaëh se voyait bordée au nord par la mer nordique. Souvent peu portés sur l'humour, les géographes n'auraient guère imaginé l'appeler mer orientale, tout du moins pour ce qu'en comprenait l'ancien drow qui ne voyait dans les cartes que des auxiliaires fort utiles dont la genèse ne l'intéressait guère.

Viens, suis-moi.

Guidant Elenwë à travers les rues tortueuses de la cité insulaire, Haldren la mena jusqu'à sa maison dont il entrepris aussitôt de lui faire le tour du propriétaire. Cuisine, chambres, bureau, salon et salle d'eau défilèrent ainsi sous les yeux de la voyageuse stellaire avant qu'Haldren ne l'amène jusqu'à la pièce qui probablement se révélerait pour elle la plus intéressante.

Et ici, la bibliothèque.

Ouvrant une double porte, l'archimage entra dans une pièce d'une vingtaine de mètre de long sur la moitié moins de large. Tout le long des murs et jusqu'au plafond se trouvaient des étagères destinées à accueillir les manuscrits, tandis qu'au milieu une belle table en bois permettait au lecteur assidu de s'installer et d'y poser les ouvrages choisis pour en extraire le suc, la saveur, la substantifique moelle de connaissance. Certes les étagères restaient pour nombre d'entre elles plus qu'à moitié vides, ce dont s'expliqua Haldren :

Je n'ai pas encore pu reconstituer mes collections telles que je le souhaiterais et il me faudra surement plusieurs mois avant de disposer d'une bibliothèque acceptable.

Inutile de préciser à l'elfette que maints ouvrages venaient de ses appartements d'Abyssea ou de Thaar, lieux où il se rendait de moins en moins souvent. Par ailleurs, la cité des marais comme celle d'Ithri'Vaan ne pouvaient pas assurer la garantie de tranquillité de Malereg pour cette collection qu'Haldren cherchait sans cesse à enrichir. Malheureusement, bien des ouvrages perdus dans ses appartements du C'nros suite à son exil du Puy d'Elda ne seraient pas aussi aisément remplacés. Il fallait en prendre son parti et se dire que la recherche d'un livre rare constituait une quête fort noble en soi, pouvant apporter une grande joie lorsque la perle rare s'extrayait d'un amas poussiéreux de parchemins sans valeur.

Revenant à son invitée, Haldren aborda le sujet laissé un peu plus tôt sous le boisseau :


Et donc, ma chère, que vaut à Malereg le plaisir de ta visite ?
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