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 En Ancenois apparut le Dragon Blanc endeuillé [Libre]

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Arthur
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MessageSujet: En Ancenois apparut le Dragon Blanc endeuillé [Libre]   Dim 9 Sep 2018 - 8:54

1ère ennéade de Favriüs, An 11

Un oiseau de mauvais augure m’apporta, peu avant les festivités célébrant le passage de l’été à l’automne, un message qui avait fait un très long voyage à travers le réseau de mes connaissances… D’Ancenis, rédigé de la main d’un homme de confiance à qui j’avais confié la gestion des biens qu’il me restait en quittant la Péninsule, mis à la disposition, au confort et au service de mon ancien intendant et de sa famille, il avait traversé l’Olienne pour parvenir à Thaar, circulant à travers les méandres de la cité, jusque dans les couloirs du palais des Lythandas, dans les mains de la Princesse-Marchande. De là, il s’était envolé jusqu’à Naelis et finalement, jusqu’en la Cité Blanche pour me parvenir.
Me parvenir pour m’annoncer le déclin de mon ancien intendant, loyal serviteur de ma famille et ami, Jonas. Ces mots m’arrachèrent sans peine à mes leçons, et je m’excusais auprès de Lùthon en lui annonçant que je devais partir, et bien que nous ne percevions pas cette fatalité inévitable qu’est la mort de la même manière, il comprit et accepta sans broncher, non sans me donner, à moi et Monarth, quelques instructions.
Ainsi, à l’aube, après l’avoir reçu, je quittais la Cité Blanche.
 
Le monde s’était réduit, énormément réduit... Les distances s’effaçaient et les détails se confondaient et se mêlaient… Un océan de verdure laissa sa place à un plus petit dont émanait, même d’ici, si haut dans le ciel, une plus sinistre atmosphère sans toutefois nous affecter.
Une longue journée de vol, durant laquelle nous fîmes quelques courtes pauses pour que je me dégourdissent des jambes moins gênées par la fraîcheur et les vents qui ne m’affectaient plus que par une position assise maintenant des heures durant.
Une demi-journée en tout et pour tout pour parcourir une distance folle qui séparait la Cité Blanche des vallées de l’Ancenois… Je prenais toute la mesure de ce que me permettait Zéphyr à ce sujet et osait à peine en effleurer le champ des possibles qui s’ouvrait, mais je compris, plus que jamais je compris qu’il était facile de ne posséder aucune attache à la terre quand ses ailes réduisent à ce point l’espace… Plus il grandit, et plus les cieux de l’Ithri’Vaan lui parurent certainement étroit… Il contemplait des montagnes au loin mais néanmoins si proche.
Il allait me falloir réviser dans les grandes longueurs la carte mentale que j’avais du continent… Elle n’avait pour nous plus grand sens en ce qui concernait le temps.
 
Nous établîmes notre camp de fortune dans une bâtisse en ruine, dans les hauteurs, non loin de Néris, mais surtout non loin du village plus bas dans lequel Jonas et sa compagne s’étaient installés pour couler paisiblement leurs vieux jours. La guerre récente, je devais l’apprendre, les avait quelque peu secouer, sans être pour autant responsable de l’aggravation de son état… l’âge, tout simplement lui pesait et Tyra l’appelait à elle avec de plus en plus d’insistance.
 
Tu as été formidable aujourd’hui, je vais te laisser profiter de ce que ces terres peuvent t’offrir.
 
J’accompagnais ma pensée de l’image des montagnes autant que des plages à l’est mais aussi des bétails et gibiers qui composaient son terrain de chasse des prochains jours. Sur ces mots, je dormis et méditais – pratique à laquelle je me consacrais avec de plus en plus d’assiduité – et me mit en route tôt le lendemain matin, bien avant l’aube.
 
Sous couvert de l’obscurité et d’un large capuchon, je pénétrais le village sans y attirer trop d’attention, et n’eut pas de mal à trouver la demeure endeuillée.
Je frappais à la porte, et un homme d’une trentaine d’années, un neveu  plus ou moins lointain certainement, m’ouvrit et me découvrant, eut une expression difficile à déchiffrer, entre l’interrogation, la surprise, la peur… Au milieu de tout cela, il distingua à peine ma petite touche, mais elle eut l’effet désiré et l’apaisa.
La maison n’était pas bien grande, et je perçus à travers l’entrebâillement de la porte plusieurs autres têtes attirées par la soudaine agitation. Mais elle vint, quelque peu irritée d’un tel réveil, en une pareille journée.
« Qu’est-ce qu’y s’passe ici ? Qui êtes v… » Elle s’interrompit, mais il n’y avait que de la surprise, elle cherchait, et je vis l’étincelle dans son regard quand elle me reconnu, malgré mes traits rajeunis et mes écailles. « Maître Arthur… Est-ce bien vous ? Comment… ? » Elle était déboussolée mais je lui souris avec chaleur avant de lui répondre. « C’est une longue histoire… Est-ce que je peux entrer ? » Je la vis soudain taper sur le dos de l’homme qui m’avait ouvert, qui revint à lui, secouer par la vieille dame. « Bouge de là, imbécile, laisse le entrer au lieu de rester planter devant la porte. » Il s’écarta distraitement et nous pûmes nous installer à une table, non sans attirer l’attention des quelques personnes qu’elle hébergeait.
 
« Je crois comprendre que j’arrive trop tard… »
« Oui, j’en suis navré… Un prêtre est venu chercher sa dépouille hier pour le préparer… Nous allons retourner en Erac pour qu’il repose auprès des siens. » C’était un long voyage, pour son âge, qu’elle entreprenait… Et je compris un peu après qu’elle quittait l’Ancenois pour ne plus y revenir, et que les parents suspendus à notre conversation et à mes traits étranges étaient là aussi bien pour rendre hommage et célébrer la vie de Jonas que pour aider leur vieille tante à faire ses bagages.
Elle m’examina aussi bien que le permettait ses yeux fatigués. « Comment se fait-il que… ? »
 
Je ne répondis pas tout de suite, mais les deux jours suivants, je consacrais l’essentiel du temps avec elle, à lui conter mes voyages en lui épargnant les plus sombres aspects, aidant les siens à terminer les préparatifs quand elle se reposait. J’attirais les regards des autres villageois, mais n’y accorda aucune attention… J’étais une curiosité pour certains, un monstre pour d’autres mais même les plus hostiles n’eurent pas le courage de venir chercher querelle, je n’étais pas surpris et me contentait de vaquer à mes tâches improvisées.
Quand revint le prêtre, ma présence lui inspira la méfiance, néanmoins, il dit, sous-couvert d’innocence. « Nous devons être prudent sur la route, il paraît qu’une espèce de wyvern blanche rôde et s’attaque aux bétails. » C’était à moi qu’il s’adressait, de façon indirecte… Supposait-il un lien quelconque entre cette créature et l’homme-lézard blanc qu’il avait devant lui ? Quoiqu’il en soit, il était temps, pour moi aussi, de me remettre en marche… Zéphyr avait capté l’attention des paysans qui ne manqueraient pas de s’en plaindre aux seigneurs, qui sans doute s’emploieraient à chasser la menace.

« Je vais devoir vous quitter. » Dis-je à la vieille femme. « Je n’oublierai jamais ce que vous avez fait pour moi et ma famille… » Je m’inclinais respectueusement, malgré la différence de rang qui habitait toujours son esprit, mais qui avait depuis des années quitté le mien. « Merci d’être revenu pour lui… » Sur ce, nous nous dîmes adieu, car nous savions l’un comme l’autre que nous n’aurions plus l’occasion de nous revoir, et je me remis en route.


***


Le Dragon Blanc s’était en effet fait remarqué… Ce long voyage l’avait affamé et il lui fallait bien se nourrir chaque jour pour retrouver les forces nécessaires au retour. Il chassa, donc, dans les rares pâtures de la seigneurie de Néris.  
En trois jours, plusieurs paysans le virent fondre sur leur troupeau, tétanisant leurs bêtes d’un cri avant de s’attaquer à des béliers bien gras, mais ne semblant pas vouloir la confrontation avec les humains. Chaque fois que l’un d’eux s’approcha un peu trop, il s’empara de sa proie gisante et s’envola avec, vers les montagnes, à l’ouest du château des oliviers.
Au second jour, un paysan eut le courage d’en suivre la direction, et découvrit les cadavres en proie à la charogne non loin des ruines de la bâtisse, dans les hauteurs. Prenant ses jambes à son cou dès qu’il entendit les premiers lointains battements d’ailes, il ajouta son témoignage et sa plainte à celle des autres victimes qui avaient été témoin des attaques sur leurs animaux.

Un lézard volant « géant », plus grand qu’un cheval, d’un blanc éclatant, très rapide. Certains, qui connaissaient ces créatures évoquèrent une wyvern – quoique le blanc ne colle pas, mais ce pouvait bien être une variété rare… D’autres, peut-être plus perspicace, parmi ceux qui propagèrent la rumeur qui naquit aussitôt, firent l’écho d’une histoire vieille de plus de deux ans, d’une créature semblable apparu en Alonnan, vaguement aperçu dans les Monts Corbeaux, mais surtout de Gilles de Montclair, prétendu Hérault du Dragon, de sa rencontre avec un « Dragon Blanc »… Et du côté de Berdes, des marins racontaient il y a plusieurs mois qu’un dragon blanc survola par deux fois Thaar, quand d’autres prétendirent l’avoir transporté, lui et un homme, jusqu’au joyau de l’Estrévent.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: En Ancenois apparut le Dragon Blanc endeuillé [Libre]   Mer 12 Sep 2018 - 19:04

Les pas du chevalier martelaient les dalles froides du couloir menant à la sortie du château.
Ce matin, Sangarah fût appelé à la demande de son père. Ce dernier avait reçu plusieurs hommes, très tôt, après qu'on l'ai prévenu d'une histoire à peine croyable. Ancré dans son fauteuil en bois massif, dans la salle de réception, Faraj avait écouté incrédule les deux paysans venus le prévenir. Ils disaient avoir vu un monstre, à la forme d'un serpent ailé, aussi grand qu'un cheval de trait. A la fois affolés et épuisés, les deux plaignants durent s'y reprendre à deux fois pour décrire ce qu'ils avaient vu. Ils disaient avoir perdu plusieurs bêtes parmi les troupeaux de moutons qu'ils gardaient, de l'autre coté du fleuve, et parler au nom d'autres bergers attaqués également. Croyant d'abord à un ramassis de bêtises, le Seigneur ne pu toutefois se résoudre à simplement renvoyer ces deux désespérés. De plus, l'un d'eux assurait pouvoir indiquer la cache de la wyverne, qu'il prétendait avoir pister courageusement.
C'est ainsi que Sangarah dû accourir pour entendre à son tour, de ses oreilles le récit des bergers. Un garde à la barbe grise avait tiqué, une fois que le père et le fils s'étaient regardés, perplexe, et que les deux victimes patientaient à l'extérieur de la salle. On fit envoyer chercher un bouquin, dans la bibliothèque du château, et un dessin fût tendu en guise d'illustration.
- Ce qu'ils ont décrit à tout l'air de ressembler à ça... proposa le garde.
S'ensuivit un court débat, qui convainquit peut Sangarah et le châtelain. Pourtant, il fallait agir et faire taire la rumeur qui se répandait déjà, ainsi que la menace d'un prédateur visant les troupeaux en pâture.
- Assure-toi qu'on te voit régler le problème. Que deux hommes hallucinent est une chose. Que toute la population panique est bien plus regrettable, décida Faraj.

Dans la coure, Sangarah avisa les deux bergers et rassembla une équipée pour le départ. Vingt chevaliers montés prirent les armes et traversèrent la ville sous le battement des sabots ferrés et les regards de la foule. A l'évidence, le bruit avait couru, et tous comprenaient qu'il s'agirait là d'une battue.

La mi-journée bien passée, le contingent trouva enfin le site. Sur le flanc des premier pics, au sud du pays, une vieille bâtisse ébranlée fit office de repère au guide du jour.
- C'est là, Messire, il y en avait plein par-terre... des carcasses dévorées, souffla le berger sans trop élever la voix. L'homme regardait en l'air et tout autour, comme s'il s'attendait encore à entendre le battement d'ailes du dragon blanc.
Sangarah mit pieds à terre, tandis que plusieurs cavaliers l'imitèrent pour se déployer autour des ruines un peu plus hautes. Elles étaient là. Sanagarah pu constater qu'il s'agissait bien de cadavres de bétail. La laine éparpillée ne faisait pas de doute. Toutefois, impossible pour lui de reconnaître autre type de morsures que celles d'un énorme prédateur, tel qu'un ours ou celles d'une meute de grands loups gris. Un détail pourtant ne manqua pas de le frapper.
- Vous pouvez m'affirmer que l'attaque à eu lieu dans la plaine ? Demanda-t-il au berger.
- Pour sûr, Messire, la-bas, fit l'homme en pointant du doigt le nord. Il se lança dans une explication précise du parcours de son cheptel, mais Sangarah n'écouta pas la fin. Il s'agissait là d'une distance extrême pour qu'un loup ou un ours ne traîne ses proies jusqu'ici.

Cinq chevaliers arpentaient la zone, cherchant les empruntes sur le sol, pendant que la plupart stationnaient en arrière, quand l'un d'eux décida de pénétrer la bâtisse.
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MessageSujet: Re: En Ancenois apparut le Dragon Blanc endeuillé [Libre]   Dim 23 Sep 2018 - 12:01

Accordons nous quelques instants pour nous attarder sur l'endroit, quand bien même il était finalement dépourvu du moindre intérêt...

La bâtisse avait été, près d'un siècle plus tôt, la demeure d'un noble que certains excès et le sort avaient criblés de dettes et finalement privés de fortunes. Il s'en était allé à la ville et cessé d'entretenir son héritage familiale, abandonnant ce dernier à la charogne. D'abord les créanciers vinrent y prélever tout ce qui, à leurs yeux, avaient suffisamment de valeurs, puis se furent les curieux autant que les voyageurs qui prirent leurs parts... Et en tout instant, le temps s'employa à dégrader l'endroit délaissé avec un soin tel qu'aucune volonté ne voulu se l'approprier.
L'endroit devint un lieu hanté pour les uns, un abri pour les autres.
Dire qu'autrefois sur ces fondations s'élevèrent tour à tour motte castrale et tour de guet, dans un temps où il fallait se prémunir contre toute incursion venant du sud... La paix et la stabilité, autant que la nécessité de faire des économies bénéficia au château des oliviers et déjà une première fois, l'endroit fut abandonné...

Mais achevons là cette parenthèse et revenons à nos chevaliers venus bravement en quête de la créature. Ils découvrirent des pièces ou vidés, ou dont l’ancien mobiliers étaient dans un piètre état... Les escaliers menant à l'étage s'étaient effondrés en partie, de même que le plafond, par endroit. Ça n'était donc pas une progression facile qui les amena dans l'ancienne modeste salle de réception.
Là, le temps, les vents et les pluies avaient usé la charpente et éventré assez largement le toit, et la pièce offrait un vaste espace vide, que la nature s'était réappropriée.

Dans un coin de la pièce, à l'abri d'éventuelles intempéries gisait les restes d'un feu qui ne devait pas avoir plus de deux ou trois jours, et non loin, une vaste zone de verdure était aplatie. Et, légèrement dissimulée se trouvait une grande sacoche de bonne facture en cuir d'hanglyosi, contenant des herbes et soigneusement emballé des fruits inconnus de la région, puisque provenant d'Anaëh. S'y trouvait également un carnet où se succédait des notes codées indéchiffrables et des croquis et des plans, d'une cité, d'une région, de quelques lieux auxquels semblaient associés des glyphes nisétiens.

Nulle trace encore de la créature... Mais plus bas, dans la vallée, un son puissant retentit, comme dans certains témoignages. Le Blanc avait une nouvelle fois fait une victime et ne tarderait plus à la rapporter.
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MessageSujet: Re: En Ancenois apparut le Dragon Blanc endeuillé [Libre]   Jeu 11 Oct 2018 - 16:58

L'homme retira son heaume afin d'y voir plus clair. La ruine lézardée par la flore locale portait encore les signes d'une belle demeure, pour qui en connaissait. Adhemar mit donc un pied devant l'autre avec précaution, à l'affût d'un bruit trahissant une éventuelle présence. Quand un bois pourrie vint à craquer derrière lui, ce dernier se retourna en sursaut, pour reconnaître un camarade un peu plus maladroit l'ayant suivit à l'intérieur.
- Silence ! Lui siffla-t-il d'une voix feutrée.
Les deux chevaliers continuèrent ainsi leur inspection, au rez-de-chaussé comme à l'étage, jusqu'à trouver la fameuse sacoche.

Dehors, Sangarah avait posé genou à terre, bravant l'odeur de la carcasse pour en examiner de plus près les os brisés. Mais ses connaissances en la matière restant limités, il pouvait tout à fait concevoir qu'un gros loup puisse broyer ainsi le squelette d'une brebis.
Adhemar et son compère revinrent enfin, et il se releva.
- Messire, il semble qu'un voyageur ait récemment trouvé refuge en ces lieux. Et il aurait oublié ceci, annonça-t-il en brandissant le sac en cuir.
Si la zone souillée avait de quoi rebuter tout intrus, voila qu'un ou plusieurs individus y aurait pourtant campé... Sangarah se saisit de la sacoche, qu'il ouvrit aussitôt. A l'intérieur, il y reconnu d'abord les fruits, qu'il avait déjà vu et goûté à Berdès pour savoir qu'ils n'étaient pas de l'ancenois. Pour les écrits, cependant, le fils de Néris resta dubitatif.
- Il me parait fort étonnant que la personne à qui cela appartient ait poursuivit sa route en les oubliant ici, déclara-t-il.
- Peut-être a-t-elle dû s'enfuir à l'arrivée du... de la chose ? Proposa Adhemar. Ou alors... poursuivit-il en suspens, les yeux rivés sur les cadavres gisants autour d'eux. Y avait-il un corps humain qu'ils n'avaient pas remarqué ?

Un cris de bête méconnaissable leur parvint soudain de la vallée, figeant leurs réflexions. Les deux bergers se crispèrent, et l'un d'eux prit immédiatement Sangarah à témoin.
- C'est ça ! La bête, c'est elle, Messire !
Ce son méconnaissable, tous venaient de l'entendre. Et cette fois, le scepticisme se transforma. A peine eurent-ils le temps de se regarder, les yeux écarquillés, que Sanagarah confia la sacoche à Adhemar, avant de se précipiter vers sa monture dont il saisit les reines sans la monter.
- A couvert en amont ! Nous allons l'attendre ! Ordonna-t-il à la volée.
Comme un seul homme, l'unité toute entière obtempéra, emmenant les chevaux le plus haut possible sous les arbres, dépassant la bâtisse. Dès lors que ces derniers furent attachés et bien cachés, les chevaliers se positionnèrent sur une ligne, dans les fourrés, gardant à vue l'endroit où ils se trouvaient quelques minutes plus tôt.
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Arthur
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MessageSujet: Re: En Ancenois apparut le Dragon Blanc endeuillé [Libre]   Ven 12 Oct 2018 - 9:16

Il s’écoula encore plusieurs minutes avant qu’une forme ne se détache dans le ciel, encore un peu plus et les battements puissants qu’exigea le transport d’un poids supplémentaire parvinrent aux oreilles des curieux tapi dans leurs fourrées.
Le Blanc apparut, une nouvelle proie morte entre les pattes, point de bétail portant préjudice à qui que ce soit cette fois, mais un simple chevreuil qui s’était laissé surprendre en dehors du bois, non loin de là. Il suspendit quelques instants son vol pour la laisser choir brutalement et se posa à proximité, tout en douceur, avant de s’étirer comme le ferait un félin et de se rapprocher de sa proie pour l’entamer… Mais avant d’y fourrer le museau, il s’arrêta, soudain plus alerte. Un détail néanmoins pouvait attirer l’œil, au-delà de l’apparition surprenante d’une créature qui avait peu à voir avec une wyvern, sinon qu’elle était incontestablement reptilienne… Sur le dos, de la base du cou jusqu’au elle se trouvait un harnachement de cuir, comme une espèce de selle, ça n’était pas une créature totalement sauvage qu’ils avaient sous les yeux.

Il huma l’air, attentivement, et y décela quelque chose d’inhabituelle… Des humains aux fortes odeurs de bêtes, comme ceux qui l’avaient interrompu les jours précédents, des chevaux, et tout cela ne remontait pas à très longtemps, elles étaient encore fortes et alimentaient sa prudence. Il se mit à scruter les environs, posant partout ses yeux laiteux au sein desquels brillaient une faible lueur d’émeraude. Son être parut se tendre, et l’air s’alourdit brusquement, comme avant l’orage, et parut quelques gerbes étincelantes et éphémères autour de lui, tandis qu’il montrait légèrement les crocs, laissant échapper un grognement.
Les humains ne le perçurent peut-être pas suffisamment, mais le vent se mit à tourner aux alentours, et si ils furent un temps à l’abri de ses sens, leurs odeurs lui parvinrent dès qu’il vint de leur dos. Alors le dragon se tourna précisément vers les fourrées et poussa un cri qui semblait plus un avertissement qu’une menace – tout du moins, c’est une sensation qui put naître, vacillante, dans l’esprit des humains cachés là.

Non loin, mais pas encore tout à fait là, j’approchais, je perçus son avertissement, et mon esprit tendant vers le sien, je le priais de faire son possible pour que les choses ne dégénèrent pas… Mais cette bâtisse était devenue, l’espace de ces quelques jours un territoire qu’il entendait défendre contre les intrus… Et les humains sont si prompts à la menace et la violence quand ils sont confrontés à l’inconnu… J’accélérais ma course tandis Monarth prenant son envol pour jouer les éclaireurs.

(Prochain post de ma part, Arthur fera certainement son apparition, à voir selon ta réponse, mais je voulais te laisser interagir avec les traces tout d’abord, puis ici à la confrontation avec le dragon lui-même)
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MessageSujet: Re: En Ancenois apparut le Dragon Blanc endeuillé [Libre]   Lun 15 Oct 2018 - 9:04

Tapis derrières les branchages et les feuilles rousses, les hommes de Néris eurent le temps de se raffermir. S'ils étaient partis des hauts murs avec l'idée d'une battue presque routinière, le son qu'ils avaient tous entendu dénotait un sérieux soudain attirant toute leur attention.
- Vous croyez que ces bergers ont dit vrai ? Chuchota Adhemar à la droite de Sangarah.
- Je crois... que nos croyances tiennent véritablement à peu de choses.
Adhemar lui jeta un œil interrogateur, et serra son poing autour du pommeau de son épée.

La bête ailée surgit enfin. Etait-ce son blanc éclatant, ou la luminosité céleste qui écrasèrent la vue des chevaliers ? L'envergure du dragon le fit paraître plus grand encore que la description qu'ils en avaient. Sa proie s'écrasa au sol, et ce dernier se posa avec légèreté. Quelques uns parmi l'équipée ne purent réprimer un mouvement nerveux, et Sangarah se figea quant il observa la créature humer l'air. Ses traits majestueux pourtant n'occultaient rien de la menace réelle que représentait à cet instant la présence d'un tel prédateur, si proche. Quand le reptilien se mit à grogner, Sangarah hésita. Devaient-ils tous se jeter sur lui avant que le doute ne les pétrifie ? "Pas plus grand qu'un cheval" se répéta mentalement le chevalier. "Qui crache peut-être du feu" lui vint ensuite à l'esprit. Et la bête les fixa, avec un cris qui fit hennir les chevaux cachés plus haut.  Sangarah tourna discrètement son regard vers les hommes qui l'accompagnaient, les jaugeant furtivement, puis remit toute son attention sur la blanche créature. Les voyait-elle vraiment, ou était-elle guidée par son odorat ? Il fallait se décider.
Doucement, le chevalier de Néris tira son épée. Mais la lame n'était pas encore totalement sortie, que le dragon reprit son envole. C'est ce moment que Sangarah choisit pour s'adresser aux siens à voix basse.
- Restez cachés, et attendez mon signal !
A ces mots, il se redressa et émergea des feuillages, alors qu' Adhemar réprimait sa surprise de le voir s'avancer seul.

Sangarah fit quelques pas à découvert, prudent, le regard rivé en l'air et l'arme au clair. Une prière accompagna sa marche lente, alors que les grandes ailes claquaient au-dessus de sa tête.
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MessageSujet: Re: En Ancenois apparut le Dragon Blanc endeuillé [Libre]   Lun 15 Oct 2018 - 19:40

Quelle était la vérité de l'instant ? Ce qui sera raconté, voir chanté n'a que peu d'importance, mais qu'est-ce qui amena ce chevalier à se comporter de la sorte ? Un sursaut de bravoure, de folie, l'une et l'autre se confondant aisément ? Ou bien un audacieux pari, se reposant sur l'attitude décrite jusqu'à lors, d'une créature impressionnante, certes, mais qui semblait s'épargner un contact prolongé avec les humains ? Croyait-il que le Blanc se retirerait comme il l'avait fait jusqu'à lors ? Possible mais maladroit pour qui se tenait dans le repaire choisit par ce dernier, tout particulièrement l'épée à la main.

Si le Blanc s'envola à nouveau, décrivant des cercles autour des ruines plutôt que de foudroyer simplement l'imprudent, c'était en grande partie mon fait, mon esprit auprès de celui du dragon, l’apaisant, sollicitant de sa part retenue et patience tandis que j'approchais, aussi rapidement que le permettait une économie nécessaire pour palier aux éventuels problèmes qui se présenteraient, autant qu'un besoin d'imaginer l'esquisse d'un rôle nouveau.

Le dragon se posa à nouveau, à distance raisonnable du chevalier, sans le quitter des yeux, mais surtout au plus proche de ma direction, de telle sorte qu'aucun de ces humains ne puissent s'interposer entre nous si l'envie leur prenait de le faire. Lorsque j'apparus derrière lui, le visage encore dissimulé par une capuche, le comportement du dragon trahit, ou indiqua plutôt immédiatement notre lien... Il n'y réagit pas, demeurant fixer sur celui qui continuait de le menacer d'une épée tirée au clair.

A haute voix, avec un accent qui mêlait des sonorités thaarie et elfique couvrant totalement les restes de mes origines, je m'adressais au chevalier. « Rengaine cette épée, chevalier ! » Ça n'était pas une supplique dans l'intonation, mais un conseil, une vive recommandation. Puis, m'approchant, je finissais à proximité d'un dragon qui réagit finalement à ma présence, tournant sa gueule vers moi tandis que je portais ma main à son flanc, pour le rassurer... à haute voix, à l'attention réellement du chevalier, et des hommes encore dissimulés. « Il va être raisonnable et la ranger, j'en suis sûr. » avant d'en venir directement au chevalier « N'est-ce pas ? Tu es assez malin pour ne pas l'obliger à répondre à la menace que tu brandis, et tes compagnons également, c'est juste ? »

Je demeurais dissimulé, même si un regard pointilleux pouvait distinguer une peau blanche, et les reflets bronze et or des fines écailles, sur les mains, le bas du visage qui n'était pas totalement couvert, auprès d'un Blanc qui restait sur ses gardes, prêt à réagir, mes mots accentuant la recommandation qui dissimulait une menace sous-jacente.
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MessageSujet: Re: En Ancenois apparut le Dragon Blanc endeuillé [Libre]   Mar 16 Oct 2018 - 16:29

Sa lente marche n'avait sans doute pas durée aussi longtemps que le chevalier se le représentait, mais des mouvements contradictoires l'avaient assaillie plusieurs fois. Les appels étouffés d'Adhemar étaient morts dans son dos, pour les entendre une fois arrêté, près de la bâtisse. Sangarah allait à la rencontre d'un dragon. Cette bête incroyable pouvait certainement le balayer sur l'instant, et cette soudaine idée emballa son cœur. Pourtant, le blanc prédateur s'était envolé à nouveau, au lieu de débusquer les chevaliers qu'il avait repéré. Son cri avait sonné comme le grognement d'un molosse gardant une entrée. Et celui-ci reculait.
C'est quand le dragon se posa encore, assez loin, que l'étrange intuition du chevalier se précisa dans son esprit: la crainte était probablement partagée. Du moins, cette idée le rassurait un peu.
C'est là qu'un homme apparu à son tour. Bien que son visage demeurait caché, sa démarche n'était pas à celle d'une femme. Sangarah remarqua immédiatement la proximité avec la bête, sans pour autant le détendre d'un pouce. A l'injonction de l'homme, Sangarah réalisa qu'il comprimait littéralement son pommeau des deux mains, la lame en évidence. Si sa folie l'avait poussé à se présenter seul, il n'en demeurait pourtant pas assez fou pour y aller désarmé. L'accent de l'encapuchonné lui fit lien avec la sacoche trouvée dans la ruine.
D'abord totalement ignorant de la demande, Sangarah réalisa que l'homme et la bête "s'apprivoisaient". Comme un cheval dangereux car stressé, l'étranger rassura sa monture d'une caresse sur le flanc. Et c'est seulement là que le chevalier comprit que le cuir que portait l'animal était en fait une scelle.
La seconde interpellation du mystérieux individu, cette fois le piqua. Comment celui-la, à peine arrivé, avait-il repéré aussi rapidement le reste du contingent ?

Cela faisait bien trop d'étrangetés d'un seul coup pour que Sangarah ait l'esprit le plus lucide.
Il baissa sa pointe vers le sol, tout en gardant la prise de son épée à sa droite.
- Je crois que même un imbécile saurait reconnaître la plus grande menace en ces lieux, lui rétorqua le nérissois, sans se départir de sa méfiance. Si vingt flèches ne l'arrêtent pas et que je doive finir comme ces carcasses, désigna-t-il du menton, par Néera, je tâcherai de lui rester sur l'estomac.
Sa tirade lancée le rasséréna comme s'il s'était jeté dans une eau pas si gelée.

- Qu'êtes-vous venu faire dans l'ancenois, mis à part massacrer le bétail ?
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Arthur
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MessageSujet: Re: En Ancenois apparut le Dragon Blanc endeuillé [Libre]   Mar 16 Oct 2018 - 18:59

« C'est alors qu'il me faut m'interroger sur ce qui te rend plus aveugle qu'un imbécile... » Ça n'était peut-être pas les bons mots, mais je ne souhaitais pas mettre des gants avec l'imprudent. « Il n'a point cherché querelle auprès des tiens, même à cet instant, il s'est appliqué à maintenir une distance, mais toujours, tu t'avances, brandissant la menace de l'acier, poussant ce que tu dois entrevoir comme un avantage sur lui... » Derrière la capuche, se dessina un sourire amusé alors que je voyais se dessiner une pensée. « Crois-tu l'effrayer, chevalier ? Si je puis te donner un conseil, point de trop gros pari sur cette idée si elle t'est venue, il t'en coûterait. »

Je m'écartais du dragon, la manière dont je me déplaçais, lentement, presque à la manière d'un prédateur qui, face à une proie au aboi s'évertuait à ne pas susciter une réaction trop virulente. Ne le quittant pas des yeux, sans pour autant porter la main à l'une de mes armes – qui n'étaient clairement pas de facture péninsulaire.

« Je te laisse une dernière chance, chevalier. » J'étais soudain plus dur avec lui, presque autoritaire. « Rengaine cette épée, ne sacrifie pas ta vie et celle de tes compagnons dans un combat que tu pourrais éviter, contre celui qui n'est pas un ennemi. » Et j'éprouvais, avec une certaine nostalgie, le besoin de lui rappeler les enseignements de la Damedieu. « Conseils et possibilités de Choix, tu t'efforceras d'apporter », enseigne-t-on aux prêtres... Conseil te fut donné, maintenant, choisis ! » Et le dragon se fit l'écho de ma pensée et de l'autorité que j'affirmais, un souffle porté par un cri, l'air vibrant avec intensité tout autour du jeune chevalier.
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Sangarah d'Orneyad
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MessageSujet: Re: En Ancenois apparut le Dragon Blanc endeuillé [Libre]   Aujourd'hui à 16:55

Les palabres de l'étranger agacèrent d'abord le protecteur de Néris. Au lieux de répondre à une question évidente, pour quiconque avait provoqué tel rencontre, l'étrange dragonnier à la face cachée se permettait insulte, menaces et leçons de conduite. La colère s'ensuivit, silencieuse et étouffée, crispant sa mâchoire et ses poings.
- Si ta bête n'a point cherché querelle, elle l'a pourtant bien trouvé et allant attaquer nos bergers. Et lorsqu'une attaque survient sur nos terres, même venue du ciel, l'agresseur ne peut plus prétendre être la victime. Ma menace est la réponse, ne transforme pas la réalité, voyageur.

Ceci lui était évident, et il peinait à imaginer que cet individu ne le comprenne pas. Toutefois, la réalité était aussi celle d'un rapport de force qui plaçait pour le moment le chevalier en position trop vulnérable pour se faire entendre. Ses hommes toujours dissimulés, gardaient eux, une meilleure marge de manœuvre.

Sangarah planta son épée dans le sol, et écarta symboliquement les mains, à hauteur de taille.
- A ton tour de choisir ta réponse, voyageur.
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MessageSujet: Re: En Ancenois apparut le Dragon Blanc endeuillé [Libre]   

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En Ancenois apparut le Dragon Blanc endeuillé [Libre]
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