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 Le pouvoir du lâcher prise [PV Selendil]

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Artiön Laergûl
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MessageSujet: Le pouvoir du lâcher prise [PV Selendil]   Mar 18 Sep 2018 - 15:25


Julas de la première ennéade de Fävrius
Onzième année du Onzième Cycle
Manoir Hrònmectar



Un jour il faudra que tout ça s’arrête. Un jour il va bien te falloir relâcher la pression, sinon ton corps finira par trouver sa limite. Viendra un jour où tes chairs refuseront de se reconstruire, où la fatigue te rappera, et où quelle que soit les calories que tu ingurgites, elles deviendront une énergie gaspillée. Viendra un jour où cette brûlure, elle deviendra ton ennemie, et reprendra tout ce que tu lui as arraché.

Heureusement pour toi ce jour n’est pas encore arrivé. Tes brasiers intérieurs n’ont pas encore terminé de dévorer tes doutes. Alors tu oses te faire confiance. Tu te permets de compter sur tes instincts pour reconnaître l’instant où la dernière mauvaise graine aura été étouffée par la fumée ; reconnaître l’instant où l’échappatoire risque de devenir addiction. Addiction plus grave du moins, parce que voilà longtemps que quiconque te connaît un tant soit peu sait à quel point tu as toujours, depuis l’adolescence, eu le culte de ton corps. Et pour certains, si le résultat est probant, déjà alors, cette envie de te sculpter autant que tu te renforçais relevait de la psychose.

Que diraient ceux-là aujourd’hui s’ils te voyaient ?

Que diraient-ils, s’ils savaient qu’en plus d’entraînement plus intenses que jamais à la caserne, tu avais transformé l’un des salons du manoir familial en véritable salle de torture. Les râles d’efforts, les chocs métalliques, les souffles lourds ; tout porterait à croire à des échanges de passes d’arme… mais c’est un arsenal tout particulier que tu maniais là. Des lests et des contrepoids. Des chaînes et des masses. Et tu étais la machine sur laquelle elles avaient été forgées pour peser. C’est ta résistance qui était testée, du moins la résistance d’une partie de ton machinage. La manière d’empoigner, le geste effectué, la rapidité d’exécution, tout était important pour exercer le bon muscle, au bon moment, et de manière optimale. L’alliance de tes connaissances en anatomie et de l’imagination de Cìryon faisait des merveilles…

Des merveilles oui.

Ta main abandonne son étau sur la barre lestée. Le métal ricoche contre le sol dans un son à peine étouffée par les épais tapis. Tes pectoraux se soulèvent dans un rire silencieux mais réjoui. Tu n’en peux plus, mais qu’est-ce que c’est bon.
Ton sceptre sanglé dans ton dos resplendit d’une lumière intense, et irradie d’une délicieuse chaleur, se rajoutant à celle de ton corps. Tu claudiques jusqu’en face du grand miroir au mur du fond de la pièce, et ton sourire redouble de largeur. Peut-être pas des merveilles, mais au moins une. Tu roules des épaules, croises tes avant-bras devant ton nombril et rassemble légèrement tes épaules. Tes pectoraux s’écrasent l’un sur l’autre en une forme ô combien satisfaisante, que tu aurais tôt fait d’étaler, les bras grands ouverts, les paumes se resserrant en poings, pour venir finalement chercher la direction de tes tempes.

L’instant que tu prends pour observer de magnifiques biceps te le confirme : les 22 livres que tu auras récemment ajouté à ton poids ont été parfaitement réparties.

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MessageSujet: Re: Le pouvoir du lâcher prise [PV Selendil]   Mer 19 Sep 2018 - 9:45

Le claquement des sabots des cavaliers résonna sur les parvis du palais de Daranovar alors qu'une douzaine de cavaliers s'arrêtaient devant la grande porte et que l'un d'eux descendait pour grimper rapidement les marches menant à la grande bâtisse de pierre dans laquelle résidait le seigneur protecteur et toute son administration. Selendil étaient cependant déjà à la porte alors que le capitaine s'arrêtait devant lui. Revêtu de son armure en raison d'un récent passage à la caserne, Selendil avait dû organiser à la hâte un convoi en direction d'une mine dont les stocks avaient été épuisés. Les ouvriers ayant besoin de se restaurer, il avait bien fallu régler ce problème en urgence, et Selendil avait fait lever une douzaine de cavaliers chargés d'apporter des vivres en urgence. N'ayant pu se rendre lui même sur les lieux, il avait cependant tenu à ce qu'on lui fasse un rapport de la situation alors qu'il organisait déjà un plus gros convoi en vue de ravitailler la mine en vivres mais également en matériel. Le grand elfe au visage certes élégant, mais glacial attendit donc que le capitaine lui fasse un rapport positif. Ce qui se passa. Néanmoins, il lui tendit une missive provenant du gérant de la mine. Celui-ci avait apparemment d'autres demandes. Un problème dans la chaîne d'information avait visiblement eut lieu. Certains outils avaient besoins d'être restaurés, et les miniers avaient besoin également de matériel pour continuer à être productif. Selendil remercia la capitaine et lui permit de prendre congé.

Alors l'Intendant se remit au travail. Il ajouta au convoi qui allait partir le matériel manquant, s'assurant de donner aux miniers des outils de qualité. Ils avaient besoin du meilleur pour être productif. Cependant, l'intendant se permit également de joindre une lettre quelque peu sermonante quand à l'organisation qui avait manqué de discipline. C'était des problèmes qui arrivait peu souvent, mais finalement, lorsqu'ils arrivaient, on s'apercevait alors de l'importance d'être organisé et discipliné pour que ce genre de problèmes soient évités. L'intendant passa une bonne partie de l'après-midi à éplucher divers registres, tentant d'apporter des solutions ou des améliorations là où il y en avait besoin. Mais rien qui ne puisse être réglé dans l'immédiat visiblement. De plus, les pensées de Selendil étaient occupées par autre chose: L'ambassade d'Ardamir qui partait à Naëlis. Il allait y participer, représentant ainsi Daranovar. Selendil voulait voir sa cité reprendre sa place dans le concert des cités d'Anaëh. Non pas qu'elle ait perdu cette place, mais il ressentait une certaine mise à l'écart, comme si ancrée dans ses montagnes, cachée entre ses monts, Daranovar vivait au rythme tranquille des saisons sans qu'on fasse appel à son jugement ou ses conseils... Mais on n'hésitait pas à quémander son aide en cas de grave problème, se souvenant alors que les fiers soldats Daranovans pouvaient être aussi utiles que puissants. Selendil voulait faire rentrer Daranovar dans le jeu des puissances. Et c'est bien la raison pour laquelle il tenait à la faire sortir d'un certain mutisme. En participant à cette ambassade, il donnait une chance à sa cité de reprendre sa place aux côtés de ses soeurs et prouvait la volonté de Daranovar de participer activement à la vie politique de l'Anaëh.

Alors qu'il quittait, encore de son armure vêtu, ses quartiers, le grand blond décida de faire un détour. Il souhaitait voir un peu un personnage qu'il n'avait plus revu depuis quelques temps, si ce n'était dans quelques séances du conseil. Artiön. Le général des armées de Daranovar à la puissante musculature, celui que personne n'osait affronter que ce soit sur un terrain d'entraînement ou au conseil. Cependant, Selendil avait capté chez cet elfe la même envie que lui: La gloire et la puissance de sa cité. Il voulait voir Daranovar comme la grande puissance par excellence en Anaëh. Ils avaient la même fierté de leur cité. Et ils avaient déjà combattu ensemble. Selendil le respectait autant qu'il appréciait l'elfe qui conduisait depuis quelques temps maintenant les puissantes armées de Daranovar. Plus récemment, Artiön s'était opposé à Daenor et à nombre de membres du conseil pour envoyer des soldats renforcer la frontière de l'Annon. Selendil approuvait. Finalement, il ne tarda pas à arriver au manoir de son ami. Il y entra, mais alors qu'il appela, personne ne répondit. Il lui sembla alors entendre du bruit dans le manoir. Il pénétra donc la demeure espérant y trouver le général. Et il ne tarde guère à le trouver devant un grand miroir, à moitié nu, à se contempler. Selendil sourit de la situation tout en notant le matériel d'entraînement imposant qu'a fait installer le général.
- Tu as bien dû gagner dix kilos de muscles là je pense... Fait alors Selendil, légèrement moqueur qui s'empare d'une carafe d'eau posée sur une petite table et se sert à boire. Il incline finalement la tête légèrement devant le général aux muscles puissants et développés. Si les Daranovans sont connus pour leur musculature plus développés que celle des autres elfes, celle du général est encore plus impressionnante, il faut bien le reconnaître. Mais c'est aussi pourquoi il a le respect des ses armées et de celle des autres cités. Sans attendre, Selendil enchaîne. Ta voix a fait trembler les murs de la chambre du conseil si tu veux savoir. Fait l'Intendant dont le regard bleu glacé, perçant, se plante littéralement dans celui de Artiön. Mais j'approuve ta décision. Et il est peut-être l'un des rares et l'un des seuls à faire cela. Selendil n'est pas venu pour lui jeter des fleurs, mais il sait que parfois cela peut-être difficile de ne pas se sentir soutenu, aussi tient-il à lui affirmer que si il a des opposants à ses projets, Artiön peut aussi compter sur des soutiens. Selendil regarde le corps puissant du général, nullement gêné par la quasi nudité de ce-dernier et finit par dire. Musculature impeccable mon général. Aucun défaut sur le corps de ce puissant guerrier, des muscles saillants, taillés, des pectoraux développés à point, des biceps imposants. le général mérite sa réputation sans nul doute. Si Selendil affiche une belle musculature, il ne peut que reconnaître qu'il n'en ait pas à ce stade.
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Artiön Laergûl
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MessageSujet: Re: Le pouvoir du lâcher prise [PV Selendil]   Mer 19 Sep 2018 - 15:37



Que l’on ne se trompe pas, tu l’avais entendu. Les elfes ont l’ouïe aussi perçante que celle des félins, et l’acoustique du manoir Hrònmectar est excellente. Si tu n’as pas répondu, c’est parce que tu sais que Selendil se permettra d’entrer te chercher s’il veut vraiment te voir. L’Intendant n’est pas bien timide. S’il s’en va sans plus d’efforts, c’est bien que le sujet n’était pas assez intéressant. Et s’il est assez intéressant, ton compère aurait bien eu la décence de ne pas te forcer à t’interrompre en plein exercice… ou même en pleine contemplation de toi-même.
Prendre la pose face au miroir te laisse tout le temps de suivre l’écho des cliquetis de l’armure et des claquements des pas à travers ta demeure et à jouer à deviner le temps que prendra le grand blond pour arriver jusqu’à toi. Après, il te suffira de compter sur l’apparition de son reflet dans la glace pour te confirmer si tu avais raison ou pas.

Probablement ses foulées furent-elles légèrement plus longues que tu l’avais imaginé, et son pas un peu plus assuré, parce qu’il te restait encore une douzaine de secondes à compter à rebours quand son visage apparut dans ton dos, et que d’une manière toute particulière, il te fit ses salutations. Sans en faire grand cas pour l’instant, te contentant de lui rendre la politesse d’un sourire, tu abandonnes tes bras pour laisser tes pupilles glisser sur tes jambes, joues quelques secondes avec le tracé de tes quadriceps.

- Vingt-trois livres, précisément. En bon Intendant, Selendil avait décidément le compas dans l’œil Quitte à avoir fait une longue adolescence, autant profiter de ce que ça m’a apporté.

Sur ces quelques mots tu brisais la solennité de ta solitude, et faisait de Selendil véritable part du tableau. Pour ton bon plaisir d’ailleurs. Il n’y avait qu’à poser un instant les yeux sur le reflet de l’elfe armuré pour comprendre pourquoi tu l’appréciais. Le physique aussi solide que le mental. Toujours debout droit sur ses jambes. Toujours le regard perçant et l’oreille tendue, la parole respectueuse sans jamais s’écraser devant qui que ce soit.

- D’ailleurs grand comme je suis, mon dos m’aurait probablement fait souffrir le martyre si ma musculature n’était pas impeccable. tu lances un regard taquin à ton confrère par l’intermédiaire du miroir Et toi, quand est-ce que tu t’y mets plus sérieusement ? Tu partirais sur de sacré bonnes bases.

Au moment même où tu dis ces mots, les scintillements de ton sceptre s’intensifient d’avantage encore. La lumière pulse un grand coup autour de toi avant de mourir, et l’énergie traverse le corps de Selendil comme un courant électrique. Agir sur le corps, c’est à ce que te sers ta magie, et la première partie de l’action, c’est l’observation. Autrement qu’avec les yeux, tu venais simplement de l’observer. Seulement tu l’imagines bien, ce n’est sûrement pas pour partager des secrets de musculation qu’il est venu te chercher, et dans ce cas-là, ce serait bien peu délicat de ta part que de continuer votre conversation dans une telle tenue.
Tu n’enfiles pas beaucoup plus en réalité. Passer des chausses jointes, que tes jambes au moins ne soient plus exposées te suffit. Il te faudrait aller te laver pour qu’enfiler quoi que ce soit d’autre ne soit pas désagréable, et actuellement, ni lui ni toi n’en aurez la patience.

- Alors Selendil. Tu prends la main de ton camarade, et le tire vers toi dans une chaleureuse embrassade Plus sérieusement. Qu’est-ce qui me vaut l’honneur de ta visite ?

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MessageSujet: Re: Le pouvoir du lâcher prise [PV Selendil]   Dim 23 Sep 2018 - 16:49

L'arrivée de Selendil ne bouscula pas plus le fier Artiön qui continua d'admirer sa musculature quelques secondes, comme pour s'assurer que ses entraînements payaient. Un peu comme une épée dont on s'assure que la lame soit toujours affûtée et toujours propre après un combat, le général semblait faire de même avec sa musculature. Nullement gêné, Selendil le regarda faire sans le presser. A la remarque de l'Intendant sur la musculature impeccable et puissante du combattant, ce-dernier répondit en évoquant des données précises. Selendil eut un regard amusé alors que le guerrier continuait en déclarant que vue sa longue adolescence, il continuait sur les bases que celle-ci lui avait apporté. L'intendant ne put que hocher la tête, d'accord avec ce choix qui était loin d'être des plus mauvais. L'elfe continue en arguant que vu sa taille, si sa musculature n'avait pas été puissante, il aurait sans doute souffert de divers problèmes. Il a raison en effet. Être grand c'est bien, mais encore faut-il que la colonne vertébrale et tous les muscles du dos soit apte à supporter le poids même d'un corps grand et imposant. Sans compter que si ça musculature n'avait pas été développé, l'elfe souffrirait, en plus de diverses douleurs, de quelques problèmes chroniques liés à ses vertèbres ou ses muscles. En soit, il avait effectivement fait le bon choix.

Le regard que lui lança Artiön au travers du miroir et ses déclarations firent sourire le grand blond. Si Selendil gardait un entraînement physique régulier, il ne le poussait pas de la même manière que son confrère, et cela était visible rien que dans leur carrure. Artiön ne faisait peut-être pas le double de sa largeur, mais il n'en restait pas moins bien plus imposant que Selendil. Ce-dernier d'ailleurs, plutôt que de développer sa carrure, avait plutôt axé ses entraînements sur le développement de son endurance. Aussi partait-il parfois courir ou escalader dans quelques coins tranquilles avec pour seul voisine, la nature, belle et silencieuse. Il avait ainsi tout le loisir d'écouter le chant des insectes, des oiseaux, le bruissement de la nature, sans se préoccuper de quelconques dérangements dû à quelques individus souhaitant lui parler pour diverses raisons. De plus, il pouvait ainsi pleinement se concentrer sur lui-même et sur son rythme cardiaque. Il voyageait ainsi dans tout le paysage Daranovan, se déplaçant en courant, s'entraînant, et découvrant chaque jour une petite nouveauté. Il fallait dire qu'il commençait à bien connaître ces montagnes et ses vallons dont il restait éperdument amoureux. La lumière qui jaillit du sceptre d'Artiön n'inquiéta pas Selendil qui dut cependant refermer quelque peu ses pupilles, légèrement surpris et ébloui. Puis tout s'arrêta. La magie... Selendil ne la manipulait pas, mais décidément, il faudrait qu'il demande à son frère de lui apprendre quelques petits tours... Encore faudrait-il qu'il soit sensible à la magie.
- Il faudrait que je m'y mette c'est vrai... Mais disons que je ne prends pas réellement le temps. Répondit-il. Comme tu le dis... Le tout serait de s'y mettre sérieusement. Il savait que l'elfe qui lui demandait pouvait l'aider dans ce domaine, sans le moindre mal d'ailleurs. Mais pour l'heure, ce n'était pas l'objectif premier de l'Intendant. Son physique lui convenait amplement, et même si gagner en force et en muscle ne le dérangeait pas, il s'appréciait tel qu'il était.

Finalement, le général enfila des chausses et finit par venir vers lui, lui serrant la main et l'attirant dans une accolade fraternelle et chaleureuse à laquelle l'intendant répondit vigoureusement, prouvant ainsi que le sentiment était réciproque. Finalement, sans tourner autour du pot, comme sa réputation le souligne d'ailleurs, son confrère ne tarde guère à lui demander la raison de sa venue. Selendil le regarde et sans sourciller finit par répondre.
- Je suis venue t'annoncer que je vais partir pour Ardamir. Des déplacements, l'Intendant en a déjà fait dans tout l'Anaëh, ce n'est guère une nouveauté, et les Daranovans sont habitués à la voir partir de temps à autres. Mais cette fois, il part dans une raison bien précise, et c'est pourquoi il continue. Je compte représenter Daranovar, en ambassade, là-bas. D'habitude, ou du moins, en règle général, les Daranovans sont relativement éloignés de ce genre d'affaires. Le grand blond regarde le général, essayant d'y lire une émotion quelconque, de déchiffrer sur son visage un indice qui pourrait lui indiquer ce qu'en pense Artiön, mais rien ne vient De toute manière, il répondra sans doute. En soit, l'iintendant n'est pas vraiment venu lui demander une "permission" si l'on peut dire, mais plutôt l'informer. Il préfère jouer carte sur table avec ce-dernier, non pour une quelconque reconnaissance, mais plutôt dans l'objectif de l'intégrer à sa démarche et, pourquoi pas, obtenir de lui quelques conseils. Mais c'est aussi en quelque sorte un moyen d'avoir son approbation, bien que la décision soit déjà prise. Si Artiön n'est pas d'accord, Selendil tient à lui exposer ses arguments. Les temps changent, et les derniers événements l'ont prouvé. La fierté de Selendil, et son amour pour Daranovar le pousse à représenter sa cité qui se doit d'être représentée, sinon, en restant à l'écart, on risque bien d'oublier de se préoccuper d'elle. L'elfe préfère taire ses autres arguments quand à son départ... Plus personnels ceux-là. Hors, plutôt que Artiön ne l'apprenne par d'autres, il préfère que ce soit lui-même qui le lui dise afin d'éviter tout malentendu. De plus, ils ont out de même des objectifs en communs, alors autant ne pas cache ce départ. Je préférais te l'apprendre moi-même plutôt que tu ne le découvres par tes propres yeux ou que tu ne l'entendes de la bouche des autres. Reprit alors Selendil pour bien montrer qu'il tenait à être clair avec son confrère.
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Artiön Laergûl
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MessageSujet: Re: Le pouvoir du lâcher prise [PV Selendil]   Dim 23 Sep 2018 - 18:03


Selendil… pourquoi est-ce qu’il t’infligeait ça maintenant ? Et dire que tu étais de bonne humeur aujourd’hui. Il semblerait que La Mère n’ait pas terminé de te faire payer tes récentes erreurs. Un soupire excédé, un roulement des yeux sans équivoque, ce furent les premières et immédiates réactions qui te vinrent à l’esprit, mais tu te gardas bien de laisser ton visage se tordre avant que l’Intendant n’ait terminé son petit exposé. Par respect pour un elfe ayant daigné se déplacer pour te l’annoncer en personne, tu ne pouvais décemment pas te le permettre. Par respect pour ta patrie cependant, tu ne pouvais pas te permettre de le laisser si facilement filer.

- Et ensuite, qui gèrera l’approvisionnement des elfes partis en Annon en denrées et en matériaux ? Déjà que j’ai du mal à comprendre ton intérêt soudain pour le lien tout jeune qu’a tissé notre Cité avec Ardamir, mais j’ai aussi du mal à me résoudre à te laisser partir dans les circonstances actuelles.

Tu prends un pas de recul, croise les bras sur ta poitrine, et de toute ta hauteur, tu observes Selendil, presque incrédule. Tes sourcils froncés traduisent autant d’un agacement retenu que d’incompréhension, et tes yeux inquisiteurs semblent chercher à fouiller les profondeurs de son esprit à la recherche de réponses.

- Tu es le meilleur gestionnaire que la Cité ait eu depuis longtemps, et malheureusement pour toi je l’entends autant comme un compliment que comme une condamnation. tu soupires Des elfes dévoués à cette ambassade on en a déjà, et eux ont déjà une longue formation et expérience de diplomates. Pourquoi alors est-ce que l’on devrait sacrifier l’un des piliers du fonctionnement de nos troupes au moment où l’on a le plus besoin de lui ?

Tu n’avais pas le pouvoir de l’empêcher de faire ce Choix-là. Ce serait aller contre un présent divin, mais au moins pourrais-tu lui permettre de réaliser ce qu’il laissait derrière lui. Bien sûr, Selendil n’était pas le seul Intendant de cette Cité. Bien sûr, un autre pourrait reprendre le flambeau et faire un travail plus que correct… mais Selendil était le meilleur, et quand tu savais tes frères d’armes, tes camarades, ta famille partie explorer une frontière qui vous avait été si longtemps inaccessible, leur offrir tout sauf le meilleur te paraissait impensable.

Quelque part, tu étais déçu qu’il n’en soit pas de même pour Selendil.


Mais peut-être avait-il des raisons valables de se proposer. Peut-être avait-il en main une carte qu’il savait plus efficace de jouer lui-même sur le territoire Ardamiri. Déçu, oui, tu l’es, mais tout était bon pour apaiser la douleur. Si Selendil comptait abandonner ses responsabilités et partir pour le même genre de mission confidentielle que celle qui avait coûté sa vie à Eörim, ce ne serait pas sous ta garde. Alors il valait mieux pour lui qu’il ait dans sa manche un argument aussi solide que les murs de la forteresse de Daranovar.

- Qu’est-ce que l’on a à gagner à te laisser partir ?

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MessageSujet: Re: Le pouvoir du lâcher prise [PV Selendil]   Ven 28 Sep 2018 - 10:41

La réaction du puissant combattant ne se fit pas attendre. Immédiatement il demanda qui gérerait l'approvisionnement des elfes partis explorer la frontière et la renforcer dans le même cas. Le grand blond eut un mince sourire. Non parce que son frère d'armes avait tort, loin de là, mais parce qu'il avait cependant mûrement réfléchi à la question. Et c'était la raison pour laquelle il avait préparée son départ. Il ne partait pas sans laisser derrière lui un siège vide et quelques lignes de comptes. Loin de là. Il avait déjà préparé d'autres elfes à le remplacer, à prendre sa suite pour offrir une oeuvre et un travail plus que correct à leurs confrères. Même si il se savait doué, Selendil était parvenu à un pari fou: Allier Lanthalorans et Daranovans dans la gestion d'un ravitaillement. Et il avait vu, entre les deux partis, des améliorations qu'il n'aurait lui-même pas cru possible. Il savait à quel point sa place avait de l'importance, et pourquoi lui-même, en tant que personne, avait de l'importance. Il ne le niait pas. Le général ne comprenait pas l’intérêt qu'éprouvait Selendil pour le lien qui, comme il le soulignait, été jeune avec la cité d'Ardamir. Et la mission aux frontières ne lui donnait de ce fait pas plus envie de le laisser s'en aller. Si Selendil savait que Artiön ne l'empêcherait pas de partir, il ne souhaitait pas s'en aller en laissant derrière lui un tas de muscle plein de rancœur. Hors de question. C'est pourquoi il eut un grand sourire envers son large confrère et déclara:

- Artiön, j'ai préparé des elfes, compétents, qui géreront l'intendance en mon absence. Je comprends que les circonstances ne t'encouragent pas à approuver ma décision... Moi-même je dois admettre que je n'encouragerait pas une telle décision si j'étais à ta place. Selendil comprenait son ami, et il ne le cachait pas, il aurait sans doute eu la même réaction. Cependant, comme tu le dis si bien, le lien que nous avons tissé avec Ardamir est tout jeune... Je pars dans l'objectif de le renforcer. A cela, il valait mieux ajouter quelques explications. Or, ici, il ne devrait pas parler seulement avec de bons mots, une belle langue et un produit oratoire merveilleux, non. Il allait devoir parler avec son cœur. Je veux voir Daranovar grande. Il s'arrêta. Chaque fois que l'on évoque notre cité en Anaëh, ce n'est que pour parler de folie guerrières, d'une société militarisé qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez. Ce qui était faux, Artiön le savait. Mais le mépris que l'on éprouvait pour Daranovar, autant que la méconnaissance qu'on avait d'elle étaient parfois bien prononcés. Et combien de cités n'étaient pas particulièrement favorable à la cité des armes? Nous avons toujours été mis de côté, vus comme à part, pour nos traditions. Je veux que ça change. Je veux que l'on soit reconnu pour ce que nous sommes: Des guerriers, certes, mais qui aime et qui protège Anaëh autant que n'importe quelle cité.

Le général fit un pas en arrière, croisant les bras sur sa poitrine, peut-être perdu par tout ça, sans doute déçu, Selendil pouvait le comprendre et ne lui jetait absolument pas la pierre. Il savait Artiön dévoué à son peuple et à Daranovar. Il ne remettait absolument pas sa loyauté en cause. Il ne le ferait jamais. Son frère d'arme aimait bien trop ses soldats, sa cité, sa... Famille. Lorsqu'il reprit la parole, il toucha juste. Selendil était le meilleur gestionnaire que la cité n'avait pas eu depuis longtemps, mais comme il le disait si bien, c'était autant un compliment qu'une condamnation. Compliment car cela signifiait que Selendil avait des capacités dans la gestion de sa cité que l'on avait pas eu depuis longtemps, qu'il était à sa place et qu'il faisait des merveilles. Condamnation, car cela signifiait donc qu'en retirant un tel élément, on aurait peut-être moins bien. Même si en général les elfes dans ce domaine étaient compétents, il ne suffisait pas de compétences pour assurer à cette place. L'amour de sa cité, de son peuple, la passion de l'aider continuellement et d'en améliorer son quotidien... Toutes ces petites choses invisibles qui faisaient qu'un être doué pouvait alors devenir indispensable et plus que compétent dans son domaine. Oui, il y en avait des elfes dévoués à cette ambassade, des daranovans amoureux de leur cité eux aussi. Sans doute. Selendil ne partait d'ailleurs pas seul en Ardamir. Deux ou trois l'accompagneraient sans doute. Selendil sourit à la question du fier Daranovan qui se tenait droit, implacable devant lui.

- Parce qu'il faut savoir consentir à quelques sacrifices pour avoir meilleur ensuite. Lâcha Selendil. Il ne lui faisait ni la morale, ni la leçon. Absolument pas, mais il tenait aussi à défendre ses positions. Je comprends tes doutes Artiön. Mais je ne pars pas sans avoir préparé ma... Il hésita avant de reprendre sur un ton ferme. Ma famille. Car c'était aussi la sienne. Je donnerais tout pour Daranovar, et c'est bien pourquoi j'ai préparé des elfes à cette tâche: Me remplacer. Ils te fourniront un excellent travail Artiön et puis... Si il s'avérait que Daranovar connaisse de gros ennuis. Il leva son regard qui avait dévié vers la pièce vers celui du général. Je chevaucherais au plus vite pour venir apporter toute ma force et toute mon intelligence dans la défense de ma cité et de mes frères. Il s'arrêta là alors que finalement, Artiön lui demandait ce que Daranovar gagnait à le laisser partir. La question était bien posée. Selendil réfléchit un instant avant de répondre. Rien. Lâcha-t-il gravement. Et tout. reprit-il alors que son visage s'illuminait d'un sourire. Il s'avança vers le général et posa sa main sur l'épaule encore un peu collante de son ami, cela dû à la sueur laissée par l'entrainement qu'il s'était imposé. J'ai conscience de ne pas partir au meilleur des moments. Or c'est maintenant ou jamais que je dois le faire. Mais le général semblait décidé à garder Selendil près de Daranovar. Artiön. Fit alors Selendil d'un ton on ne peut plus sérieux, comme pour l'interpeller. Notre peuple vient de faire un pas en avant. Nous avons repris des terres qui étaient les nôtres, et nous sommes dans une position, pour l'heure, avantageuse. Tu le sais aussi bien que moi. En effet, les elfes étaient pour l'heure dans une bonne position, et même si les missions sur la frontière n'étaient pas des moins risquées, l'intendant comme le général savaient que la situation restait pour le moment en leur avantage. L'objectif n'est pas seulement une relation paisible avec Ardamir. Si Selendil n'avait pas prévu de tout dire, il allait devoir dévoiler ses idées à son ami. Il ne devait rien lui cacher. Du moins pas tout. Ce que je désire faire, c'est m'assurer de renforcer les liens avec Ardamir, et ouvrir d'autres possibilités, d'autres ambassades à travers les cités d'Anaëh. Il sentit que Artiön allait le le couper. Laisse-moi finir général. Mieux valait qu'il ne le coupe pas et que Selendil termine. Si nous parvenons à nous lier avec les autres cités, notre position en sera renforcé dans tout l'Anaëh, et peut-être même au delà. Nous devons travailler à la cohésion de Daranovar avec le reste de notre peuple. Si je pars, ce n'est pas pour renier Daranovar ou ses traditions. Ce n'est pas pour l'abandonner. Ce n'est pas pour la trahir Artiön. C'est pour la renforcer. C'est pour prouver que nous ne sommes ni des rustres, ni des imbéciles, que nous aussi avons notre mot à dire en Anaëh, et que contrairement à ce que l'on dit de nous... La violence n'est pas notre seul argument, même envers nos frères. Nous sommes puissants parce que nous sommes la fierté des elfes, nous sommes des guerriers parce que nous voulons redresser la fierté d'Anaëh, et si nous nous battons aussi fort, avec autant d'acharnement... C'est pour défendre ceux qui nous sont chers. Selendil s'arrêta, lui-même étonné par ses derniers mots... On pouvait le dire. Les mots n'étaient pas venus de son cerveau, ils n'étaient pas intentionnés et préparés à l'avance. Ils venaient du coeur, n'étaient l'expression que d'un sentiment puissant qu'il avait fallu que Selendil dévoile à celui qu'il considérait comme... Un Frère.
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MessageSujet: Re: Le pouvoir du lâcher prise [PV Selendil]   Ven 28 Sep 2018 - 12:35


- Ce…

Selendil te coupe, ou du moins t’empêche de le couper, pour continuer une tirade qui n’a à tes yeux que trop duré. Sa passion pour sa Cité faisait sa force en tant qu’intendant. C’est bien parce qu’il connaissait presque personnellement chacun des elfes pour lesquels il travaillait qu’il était capable d’aussi précisément diriger la distribution des ressources… mais pour ce qui s’agissait de servir d’ambassadeur… Selendil n’était ni assez fin stratège, ni assez habile, ni assez endurci pour faire face aux instances des autres Protectorats. Même toi tu étais loin de l’être, et tes difficultés lors de ta première entrevue avec l’ambassade Ardamirie en était la preuve.
Vous étiez des soldats. Vous étiez faits pour gérer ce qui a attrait au besoin, à l’urgence, à la vie sous sa forme la plus brute. Pour autant que Selendil soit capable de préparer une ennéade de provisions à la bouchée près, ou que tu sois fin psychologue de guerre, ni lui ni toi n’étiez capables de vous mesurer aux politiques sur leur terrain de jeu. C’est pour ça que Daenor avait mandaté d’autres pour le faire. Des gens bien plus compétents que vous, et même bien plus compétents que lui dans ce domaine.

Trop mou, ton ami continuait de te prouver l’être chaque fois qu’il mentionnait, encore et encore, son amour pour Daranovar, sa responsabilité envers la Cité et sa population, et les qualités sous-appréciées de votre Protectorat. Il continuait de te prouver être trop mou, parce que c’était un sentiment que tu partageais, et malgré cet as dans sa manche, il aura été très loin de te persuader du bien-fondé de son idée. Et s’il n’arrivait pas à te persuader toi, comment pouvait-il espérer mieux face aux grands prétentieux de Quatrième Saison et de Malereg ?

- Ce que tu ne veux pas comprendre Selendil, c’est que nous avons déjà une ambassade, où des gens bien plus doués que toi à ce jeu travaillent à rétablir nos relations avec le reste d’Anaëh. tes yeux se fixent dans ceux de Selendil, et ta mâchoire se tend, comme si tu réprimandais un enfant Et ils ont déjà du mal rien qu'avec Ardamir !

Tes muscles sont tendus, tes poings serrés et tes sourcils froncés à outrance au moment où tu te rends compte de ton propre sursaut de véhémence. Tes yeux s’ouvrent en deux billes surprises l’espace d’un instant, avant de revenir à leur dure droitesse habituelle, et en un pas vers ton interlocuteur, tu relâches les tensions inutiles. Ta main gauche se pose contre la nuque de Selendil, ta main droite se saisit avec force de son épaule, et front contre front, les pupilles pesant sur les siennes, tu continues, à voix basse, mais sur un ton extrêmement pesant.

- J’aime cette Cité autant que toi. J’aime notre famille autant que toi. C’est pour cette raison que pour la servir, je reste à la place où je suis le plus efficace. Alors à moins que tu n’aies en tête une idée révolutionnaire que tu es le seul à pouvoir appliquer auprès des ambassades d’autres Cités… ce ne serait pas rendre service à Daranovar que tu prennes une place qui n’est pas la tienne.

Tu le lâches, t’écartes, légèrement seulement, pour qu’il reste forcé de lever les yeux s’il veut te parler en face.

- Je réitère ma question. Qu’a-t-on à gagner à te laisser partir ? Et cette fois, je veux une réponse concrète.

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MessageSujet: Re: Le pouvoir du lâcher prise [PV Selendil]   Ven 5 Oct 2018 - 11:13

Peu convaincu, pas emballé du tout, et absolument pas d'accord avec le fait que Selendil veuille participer à cette ambassade, voilà comment était Artiön. Et il n'en démordait pas, inutile de décrire son regard dur ou le rictus qui se formait sur ses lèvres quoiqu'il contrôlait très bien ses émotions. Cependant, si il laisse le loisir à l'elfe de terminer son petit monologue, l'instant d'après, il est déjà sur lui, et l'assaille à nouveau. Au fond de lui, Selendil sait parfaitement que le général a raison. Des elfes qualifiés pour cette ambassade, il y en a. Des elfes plus doués, sans nul doute. Et les relations sont déjà complexes avec Ardamir. Le sous-entendu étant alors que, si elles sont difficiles avec Ardamir, que dire des autres principautés? Devant le sursaut de véhémence de son ami qui se tend soudainement, dont les muscles se crispent, dont la mâchoire elle-même se serre sous l'effet de l'incompréhension et peut-être aussi de la colère, l'intendant reste pourtant de marbre. Mais finalement, se rendant compte de son changement de comportement, le puissant combattant se reprend et revient vers Selendil, une main sur sa nuque, l'autre venant fermement tenir son épaule. Et, front contre front, il ne tarde guère à s’exprimer à nouveau. Lui aussi il aime cette cité, ces habitants, sa famille. Aucun doute là-dessus. Et c'est pourquoi il reste à sa place. Mais le regard de Selendil, glacé, ne dévie pas une seule seconde de celui d'Artiön. "Ce ne serait pas rendre service à Daranovar que de prendre une place qui n'est pas la tienne". Si Artiön recule d'un pas, il reste assez proche, forçant l'intendant à lever le regard pour continuer à fixer les yeux de son interlocuteur.

Mais le regard de Selendil n’aperçoit plus vraiment son ami, il se perd dans le regard de son ami alors même que les mots résonnent dans sa tête, que la dernière phrase de son ami lui arrive droit en plein coeur. Une place qui n'est pas la sienne... Le voilà le problème. Ici, tout est question de place. Pas ou peu de place à l'évolution et à une nouvelle compréhension. On reste là où on excelle le mieux, ce qui n'est pas une mauvaise chose pour la communauté, mais pour l'individu? Et plus les secondes passaient, plus Selendil sentait qu'il ne réussirait pas à convaincre son ami, et cette fois-ci pour une raison qui lui semblait évidente: Artiön le pensait incapable de mener une telle mission à bien. Le coeur de l'intendant se serra un instant. Qu'avait-il espéré après tout? des encouragement? Des conseils? Non, le général était de ceux qui vivaient à la dur. Pour lui, on bannissait les conseils et les compliments, on progressait selon son niveau. Et alors que ce-dernier réitérait sa question, le regard se Selendil bascula lentement du général au salon de son ami où s'étalait toutes sortes d'instruments n'ayant qu'un usage: Augmenter les performances et la masse musculaire du fier combattant qui ne s'arrêtait jamais, dont l'entraînement était perpétuel. Et soudain, une question naquit dans l'esprit du blond. Pourquoi? Pourquoi est-ce que le général se donnait tout ce mal? Un sursaut d'orgueil? Le souci de paraître toujours fort? Non, tous avaient confiance en celui qui les menait au combat, personne n'avait jamais remis en cause la force et le courage du général. Alors pourquoi? Pour se rendre plus capable? Non, tous le savaient qualifier pour sa tâche. Alors, le regard tranquille, Selendil changa complètement d'objectif. Convaincre son ami? Il n'y parviendrait pas visiblement. Artiön semblait trop accrocher à ce que l'intendant conserve sa place, mais surtout, qu'il y reste. De plus, il ne lui accordait pas la confiance d'une possible évolution. Au moins l'intendant était-il fixé sur ce point là. Il décida cependant de répondre, mais pas de la manière que ce à quoi on aurait pu s'attendre.

- Pourquoi tout cela Artiön? Fit-il d'un geste vague, désignant la pièce. Pourquoi est-ce que tu t'infliges un tel entraînement? Tu es déjà le meilleur d'entre nous. Tu le sais. ILS le savent. Il accentua le "ils", mentionnant par là les frères d'armes des deux compagnons. De quoi ne te sens-tu pas capable? Le problème de la confiance en soit, voilà tout. Et de la confiance en les autres peut-être. Finalement, avant même que son ami puisse répondre, Selendil reprit. J'en ai conscience. Alors qu'il plongeait son regard dans celui de son ami, levant les yeux vers cet elfe plus grand que lui mais peu importait la taille, les mots venaient tout seul malgré tout. J'ai conscience que d'autres sont mieux qualifiés que moi. J'ai bien conscience de toutes les difficultés qui sont là, de toutes les compétences qu'il me manque, peut-être. Sans doute. Il eut un petit sourire. Mon départ n'apportera rien à Daranovar. Tu as raison. Mais je ne pense pas non plus que notre cité perdra beaucoup. Je ne reviendrais pas sur mes capacités, tu les connais, et je les connais aussi. Inutile d'en débattre, si mes performances n'en avalait pas la peine, tu n'essairai pas de te battre pour que je reste ici, et tu me mettrais une bonne claque pour que je n'aille pas rendre les chosesplus compliqués ailleurs. Il s'arrêta, le temps de reprendre un peu son souffle. Je veux me donner la possibilité d'évoluer, de progresser. De devenir meilleur. Afin d'être encore plus utile. Je veux comprendre également. Je veux comprendre ces problèmes diplomatiques qui nous empêchent d'être accepté ou reconnu par la plupart tout cela parce que nos traditions sont plus dures que les leurs. Nous avons des traditions différentes, certes, mais nous n'en restons pas moins des elfes. Des membres à part entière du peuple d'Anaëh. Pas des soldats qu'il faudrait appeler en dernier recours lorsque les temps vont mal. Pas seulement.

Selendil s'arrêta, sans lâcher du regard le combattant qui n'avait pas bougé d'un iota et dont le regard semblait toujours aussi dur. Or, si celui du général restait dur, celui de l'intendant devenait glacial. On ne le pensait pas meilleur que là où il était, on ne le voyait pas ailleurs parce qu'on estimait qu'il n'en avait pas les compétences. On ne lui laissait aucune chance, voilà tout. C'était, en fin de compte, un problèmes de capacités, de qualifications. Or, ici, Selendil savait qu'il ne laisserait pas Daranovar sans protection. Il y avait Artiön, il était apprécié par la plupart des Daranovans pour ne pas dire par tous. Peut-être un peu moins par les Lanthalorans, mais ça c'était parce qu'il avait peut-être encore un caractère trop conservateur. Ce n'était pas un mal, mais pourquoi refuser de temps à autres d'évoluer? D'accepter un peu de nouveauté. On avait peur de la nouveauté à Daranovar, voilà tout. Finalement il reprit.
- Je ne pars pas seul dans cette mission en Ardamir. Je pars en compagnie de nos meilleurs diplomates, qui sauront être là pour me donner d'avisés conseils et pour m'en apprendre un peu plus sur ces problèmes de relation entre nos cités. Je veux me donner la possibilité d'évoluer Artiön. De me rendre utile à une plus grande échelle que celle de notre cité si il le faut. Cette ambassade est ma chance pour pouvoir le faire. Il s'arrêta, regarda une nouvelle fois la salle de musculation que s'était créer son ami. Chacun ses soucis après tout. Chacun ses envies. Tu t'es donné les moyens d'être ce que tu es aujourd'hui, d'avoir un physique et une musculature impeccable. Mais désormais, je ne peux m'empêcher de me demander pourquoi tu t'évertues à continuer à... A cet entraînement intensif. Je me dis que c'est parce que tu veux toujours progresser, être le meilleur, pour pouvoir peut-être un jour supporter le poids de responsabilités plus lourdes. Je me trompes? Ou alors c'est parce que tu n'as pas sut les porter autrefois et que tu ne veux plus que ça arrive. Selendil s'arrêta, planta une nouvelle fois son regard dans celui de son frère d'armes et reprit. Je veux progresser moi aussi. Je veux évoluer, je veux comprendre. Je veux être plus utile. Pas seulement pour les Daranovans. Mais aussi pour tous les elfes en Anaëh. Aurais-je le droit à cette opportunité, où devrais-je rester comme un bon petit soldat, dans le rang, à... Ma place? Termina le grand blond.
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MessageSujet: Re: Le pouvoir du lâcher prise [PV Selendil]   Sam 6 Oct 2018 - 13:37



Il marquait un premier point sans vraiment se rendre compte de comment. Parce que ton entraînement, ce n’était pas tant dans le but d’être capable de faire face à tout que tu te l’infligeais, mais plutôt pour avoir l’air d’en être capable. Parmi les quelques elfes de Daranovar rivalisant avec toi par la taille, il en est avec de physique visuellement bien moins impressionnant dont la force n’a rien à envier à la tienne. Il en est d’ailleurs qui sont bien plus forts que toi. Seulement quand leur entraînement à eux ne fait que produire de la force, le tien a aussi pour but de produire du volume. Tu n’es ni le meilleur ni le plus puissant des soldats de la Cité des Armes. Il est juste important que tu en aies l’air.

Il marquait cependant son second point en toute connaissance de cause, et ainsi il aura forcé ton regard à s’adoucir quelques peu. Situation paradoxale sans l’être, tu te trouvais rassuré de l’entendre revendiquer ses propres manquements. S’il les revendiquait, c’est qu’il ne partait pas dans l’idée de trouver route facile, et qu’il était prêt à faire les efforts nécessaires pour mener à bien la tâche inhabituelle dans laquelle il se lançait. Il ne partait pas faire, il partait apprendre à faire. Tu te trouvais d’autant plus rassuré qu’il avait ajouté ne pas avoir le désir de partir en solitaire. Si seulement il avait commencé par là, certainement n’auriez-vous pas eu besoin de ce face à face. Se déplacer en tant qu’ambassadeur était une chose, suivre une ambassade pour profiter de leurs enseignements et en retour leur faire bénéficier de ses talents en était une autre.

- J’espère que côtoyer des diplomates suffira à rendre ton argumentaire plus convaincant. tu lèves les sourcils Parce qu’il y a vraiment du boulot.

Evoluer, rajouter une corde à son arc pour devenir une personne plus complète… peut-être  maintenant, à cause de ce poste de Mainyth, avais-tu du mal à en comprendre le besoin. Après tout, être le Commandant des forces de la Cité des Armes n’était pas qu’affaire de stratégie militaire et de conditionnement physique et psychologique. Être le Mainyth, c’était autant commander des légions que se faire le confident d’un seul. Être Mainyth avait autant fait de toi un professeur qu’un étudiant ; un régisseur autant face au danger qu’à l’heure de s’amuser ; t’avait donné devoir de t’exprimer tant devant des adultes pluriséculaires, vétérans de longue date, que devant des enfants en bas âge, rêvant d’héroïsme. Et parce que c’est de Daranovar que tu es le Mainyth, tu es le second poids politique le plus important de la Cité.
Evoluer, rajouter une corde à ton arc… ça te paraissait impensable, simplement parce que tu étais encore loin de savoir parfaitement tirer de chacune de celles que le tien possédait déjà. Mais pour Selendil il en était autrement. Une fois arrivé à la même connaissance de l’environnement Daranovan que Selendil, le travail d’un Intendant devenait aussi indispensable que presque routinier. Et la routine est l’ennemie du progrès.

- Mais sinon, puisque tu le demandes Selendil. une de tes mains se pose sur son épaule tandis que l’autre pointe du doigt ton matériel Si tout ça m’aide réellement à mieux faire mon travail, ce n’est pas parce que me dessiner un plus beau corps fait de moi le plus fort des soldats de Daranovar. Je suis loin d’être le meilleur de nos combattants. Je suis Mage de Vie après tout.tu souris légèrement Par contre je me dois de paraître le plus fort d’entre nous quand j’attends de vous que vous mettiez vos vies entre mes mains. En tant que Mainyth, je ne suis pas le champion de Daranovar, je suis sa bannière.

Et intimement, ils le savaient tous. Et c’est pour cette raison qu’ils te pardonnaient des comportements qui venant de n’importe qui d’autre, les auraient agacé au plus haut point.

- Et j'espère qu'elle ne perdra pas trop le Nord en l'absence de son administrateur.

Tu tends une main moite à ton ami. En espérant que cette expérience lui soit une leçon utile. Comme elle l'avait été pour toi.

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