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 Un visiteur en émoi [Iurnîn]

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Eraïos
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MessageSujet: Un visiteur en émoi [Iurnîn]   Sam 22 Sep 2018 - 17:13


Début du mois de Favriüs, 11ème année du Xième cycle, plusieurs ennéades après la fin de  ce rp.



Les retrouvailles avec Raemben avaient été plus silencieuses que prévue, il m'avait reproché longtemps de lui avoir tourné le dos pour me jeter sur la solution de facilité qu'était Hecil, mais comme il avait lui-même échoué et que mon pari s'était avéré gagnant, il savait qu'il serait rapidement à cours d'arguments et n'avait pas insisté très longtemps, préférant faire dans le réconfort, alors que je lui avais raconté mon expérience que certains un peu moins habitués à la mort jugeraient traumatisante. Il avait rapidement repris son rôle de guide et tentait à nouveau de me guider comme il l'avait fait, me surveillant un peu plus que précédemment. Mais notre lien n'en était devenu que plus fort, ironiquement. On en savait plus l'un de l'autre, certaines choses avaient été mises sur la table et nous faisions tous deux des efforts pour rendre la cohabitation plus agréable. Cette fois, comme je n'avais pas d'objectif à proprement parler, Raemben avait décidé de me montrer l'Anaëh, et plus particulièrement Ardamir, dont il était originaire.

Le voyage à travers la forêt avait été agréable, similaire à mes premières expériences, autour de Linaëh, Malereg, ou même celle de mes souvenirs parcourue à des vitesses impressionnantes avec Hecil. La seule différence, négative, était la présence de pulsations dans ma tête. J'apprendrais un jour que la Symphonie des Arbres n'était pas un rejet de l'Anaëh, mais la forêt qui m'accueillait à sa façon. Je n'avais pas parlé du phénomène à qui que ce soit, je redoutais sa signification. Si l'Anaëh ne voulait pas de moi et que c'était sa façon de me le signifier, en parler à un elfe n'était probablement pas la meilleure des choses à faire. Quand Raemben ne comprenait pas quelque chose, il y avait risque qu'il le rejette, et c'était un risque que je n'étais pas prêt à prendre, après un départ aussi chaotique. Ces pulsations, cependant, se faisaient de plus en plus nombreuses à l'approche d'Ardamir, et si je feignais quelque fatigue ou autre maux lorsque Raemben s'en rendait compte, je n'allais pas pouvoir tenir la mascarade bien longtemps, surtout si la source de ce bruit qui m'emplissait le crâne était Ardamir elle-même.

***

Alors qu'une musique étonnante n'était devenue audible que depuis une poignée de minutes et que mes yeux étaient rivés sur le sol – je n'arrêtai pas de me prendre les pieds dans chaque racine, le sol forestier m'étant encore étranger – c'est un Raemben au visage rayonnant qui s'arrêta dans sa marche, avant de me regarder et de dire ses premiers mots en quelques heures.

- On arrive à Ardamir, lève les yeux.

Obéissant, je levai les yeux, comme demandé. Un résultat assez exceptionnel m'attendait. La ville était littéralement une ville suspendue, Raemben n'y était pas allé trop fort lorsqu'il m'en avait fait cette description. Des dizaines de plateformes étaient visibles de là où nous nous trouvions, et j'en imaginais beaucoup d'autres à travers le feuillage. Les rais de lumière provenant d'au dessus de la cime des arbres avait du mal à percer, mais lorsqu'elle le faisait, la cité rayonnait de mille feux. C'était bien joli, mais ce que cela signifiait me faisait déjà froid dans le dos. Raemben avait repris sa marche enjouée vers un arbre gigantesque qui semblait permettre d'atteindre plusieurs étages différents d'Ardamir directement en partant du sol. Les premiers elfes que j'allais apercevoir depuis des jours étaient au pied de cet arbre, mais Raemben ne s'arrêta pas. Je le suivais de manière pressée.

Une fois à l'étage où il voulait nous mener tous deux à peut-être une vingtaine de mètres du sol, j'eus la bonne idée de regarder vers le bas, et m'agrippant à une balustre. Je ne bougeai plus, comme assommé, seulement, cette fois, ce n'était pas à cause du bourdonnement de mon crâne. Je n'étais simplement jamais allé quelque part plus haut que l'étage supérieur de la demeure de Thaelaf, là-bas, en Péninsule, et regarder par une fenêtre n'était évidemment pas assez pour donner une sensation de vertige…

- Hmm… j'ai failli oublier, tu n'as pas l'habitude, alors ne regarde pas vers le vide. Sans se retourner, il me jetai ces mots comme si ce n'était pas déjà trop tard.

Avec tout le courage du monde, je me redressai, et pire, dus me déplacer d'un pas très rapide pour le rattraper. Tout allait trop vite pour moi – donc, à vitesse normale, la hauteur me ralentissant considérablement – je poursuivais Raemben le long des plateformes, croisant des douzaines d'elfes, que je saluais rapidement avec mon elfique qui s'était amélioré au moins pour les banalités comme pour les formules de politesse. Tout était si naturel pour lui qu'il ne se rendait même pas compte de mon désarroi, et je ne comptais pas l'avouer si facilement.

Au bout de plusieurs minutes de poursuite une nouvelle pulsation vint me stopper net. J'agrippai à nouveau le premier appui que je pouvais trouver, tout en maintenant mon regard droit devant moi, je ne voulais pas ajouter à mon mal une petite dose de vertige qui me ferait perdre tous les restes de contenance auxquels je m'accrochais. J'avais en face de moi, plus loin, donnant sur une plateforme à laquelle celle sur laquelle je me trouvais n'étais même pas raccrochée, le Palais de Chêne. Je ne sais pas si ce bourdonnement interne avait décidé d'amplifier lorsque j'avais posé les yeux sur cet arbre immense ou si c'était juste mon imagination, mais une chose était sûre, je n'en pouvais plus, mon guide m'avait oublié, et reviendrait peut-être me chercher.

Assis sur le sol, un bras encore accroché à la rambarde en bois au dessus de ma tête, le visage défait, les cheveux dans le désordre le plus total, j'attendais, vulnérable, et je ne savais même plus ce que j'attendais.
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Iurnîn
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MessageSujet: Re: Un visiteur en émoi [Iurnîn]   Mar 25 Sep 2018 - 15:30


Qu’est-ce que j’ai fait ? Est-ce que j’ai bien fait ? Je pouvais pas la tuer quand même. Bon, j’ai du mal à me dire qu’elle ne le méritait pas… mais la pauvre, peut-être qu’elle se tord encore de douleur à l’heure qu’il est ! Et si elle finissait par en mourir ? Est-ce qu’on peut dire que c’est moi qui l’ai tué si un kerkand la croise pendant qu’elle se gratte frénétiquement et la bouffe ? Est-ce qu’on a le droit d’être à la fois Mirtil’Di et un meurtrier ? Est-ce qu’il faut que j’en parle à Papa et à Maman ? Ou peut-être à Sellya ? Non… et si jamais après ça ils refusent de me parler pour le restant de mes jours ? Et si la Noss se débarrassait de moi ? Si ça se trouve c’est un coup à finir confié aux Lam’Nir, et je veux pas devenir un Lam’Nir moi ! Quoiqu’il vaut encore mieux être recueilli par les Lam’Nir que par les Sin’Dalvir… Rhaaa.

Bon. Pas papa, pas maman, pas Sellya, surtout pas les filles… et même chez les gars je suis pas sûr que quoi que je leur dise reste discret. Qui est-ce que je pourrais bien aller voir ? Doit bien y avoir une personne ici qui sache comment réagir quand on est dans la mouise abso… par Arcam ! Halyalindë !. Après toutes les bourbes dans lesquelles elle s’est enfoncé en même pas une décennie… enfin, si ce qu’on raconte est bien vrai… si elle est toujours vivante, c’est qu’elle doit en connaître un rayon sur les situations d’urgence ! Que le Père des Confusions soit loué, l’attraction vers les problèmes est de famille.


quelques jours de marche – et quelques passagers changements d’avis – plus tard


Si seulement on pouvait en avoir un autre d’Arbre-Maître en Ardamir. Ce serait pas de trop. Enfin, pas que tu fasses pas bien ton job hein, le Chêne, mais tu sais, des fois, quand on est loin, et qu’on a envie d’en faire un peu à sa tête, bah ce serait cool d’en avoir un autre pour nous rappeler à l’ordre et nous calmer un peu. Pourquoi est-ce que les gens de ta Cité sont si doués à ton avis ? Je te parie que ce serait loin d’être la même chose sans une voix aussi puissante que la tienne qui résonne à travers leur Souffle à longueur de journée. Suffit de voir les autres Cités. Un peu de cailloux autour de leur Arbre-Maître et c’est la débandade. D’un seul coup la musique devient moche, on oublie qu’il y a une forêt à défendre, on oublie la Déesse qui nous a mis au monde, on respecte plus rien. ‘Fin une fois qu’on a fait la première entorse, c’est plus facile d’en faire une autre quoi.
Puis en plus, déjà que les gens d’Ardamir sont un peu patauds en forêt, mais les gens des Cités de pierre sont les pires ! Pas capables de mettre un pied devant l’autre en dehors des sentiers pavés, pas capables de regarder devant eux à plus de deux mètre d’altitude, et bien sûr, vu qu’ils sont tous gigantesques les gens des Cités de pierre, ils ont le vertige rien que de se mettre debout !
Rhoo, oui oui, tu as raison, peut être que je devrais arrêter d’être aussi dur avec eux, mais quand même, faut bien avouer que la différence entre une personne à peu près normale comme lui là et celle-là là est assez alarmante ! Tiens, je te parie qu’elle vient de Quatrième Saison lui. Ce sont les pires ceux de Quatrième Saison.

- Dis, tu viendrais pas de Quatrième Saison toi… Oh !? Ah bah, de loin j’aurais juré que tu étais une femme !

Tu vois ! Puis en plus c’est qu’à part les militaires, les elfes des Cités de Pierre à force de ne rien faire ils deviennent tout mous et maigrichons !

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Eraïos
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MessageSujet: Re: Un visiteur en émoi [Iurnîn]   Ven 28 Sep 2018 - 12:05


Une voix vint me réveiller de ma semi-torpeur, mais bien sûr, à mon plus grand désarroi, je n'y compris rien. A part un mot, qui n'allait pas me servir à grand-chose, "femme". Je ne pouvais plus garder bonne figure, quand quelques mètres de hauteur avaient eu raison de moi, c'était acté, mais je pouvais encore essayer de sauver les apparences. Dans un lent, très lent mouvement, je me relevai, en tâchant ne jamais regarder le vide. Une fois debout, j'allais pour la première fois poser mes yeux sur mon interlocuteur. Si je remarquai aisémment sa chevelure flamboyante, je n'avais pas assez de référentiel chez les elfes pour remarquer quoi que ce soit qui ne sorte de l'ordinaire, si ce n'est sa taille qui pour une fois m'était inférieure. Peut-être qu'il était simplement plus jeune que les elfes que j'avais croisé ces dernières ennéades, mais cette immortalité ne me permettait pas d'affirmer quoi que ce soit.

Cela faisait déjà plusieurs minutes que je le détaillais du regard sans rien dire, la situation devenait en conséquent de plus en plus bizarre, et je ne savais même pas ce que je pouvais lui dire. Comme si le choc du vertige et de ces étranges pulsations – qui s'étaient calmées, étrangement, ne laissant derrière elles qu'une version moins handicapante du phénomène – m'avaient fait perdre le peu d'elfique que j'avais intégré. L'elfe lui ne semblait pas vouloir me laisser là, et n'était pas parti comme je l'avais à moitié espéré, il était probablement curieux maintenant, bravo Eraïos. La situation n'allait pas disparaître d'elle-même.

Où était donc Raemben quand j'avais besoin de lui ?

- Bon… jour ? Lançai-je de manière hésitante. Il allait comprendre que je ne maitrisais rien et que j'étais complètement perdu, probablement, et il y avait une chance non négligeable qu'il me laisse là, pendant que je maudissais intérieurement mon manque de progrès dans cette langue.

- Eraïos ! Qu'est ce que tu fais là ? Un Raemben un peu agacé et qui était revenu sur ses pas apparut et me lança ces mots dans une langue que je comprenais. Un regard implorant vers Raemben lui fit comprendre que ses leçons d'elfique n'avaient pas suffi, et qu'il jouerait encore une fois le rôle d'interprète, et cette fois, pas de Péninsulaire pour le sauver de la corvée. Nous nous étions bien évidemment entrainés depuis notre visite à Malereg.

Restait à savoir si l'elfe qui avait initié cette conversation… poussive… allait rester assez curieux pour faire l'effort de rester dans les environs.
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Iurnîn
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MessageSujet: Re: Un visiteur en émoi [Iurnîn]   Dim 7 Oct 2018 - 14:37


Wow. Alors je sais que le monde des Haedhrims est assez particulier, mais là… enfin, après tout, vu qu’ils passent leur temps à se targuer d’être des inventeurs, et de travailler pour le progrès, et d’aller de l’avant, et de faire en sorte que les choses aillent vers un mieux ça ne devrait pas m’étonner. Mais jamais je n’aurais pensé que ça s’appliquait aussi à la langue. Enfin, je sais qu’il nous reste pas mal de mots du vieil elfique dans les clans, et qu’on a tendance à cultiver la mémoire d’écritures qu’on n’utilise… pas vraiment, mais au moins à les écouter, elles ressemblent juste à de l’elfique en plus compliqué. Si on m’avait dit que pendant ce temps-là en Quatrième Saison ils avaient eu le temps d’inventer une langue complètement nouvelle !

- C’est normal que je ne comprenne rien quand vous parlez ? D’ailleurs vous comprenez quand je parle ?

Allez, il devait bien y avoir au moins un sur les deux pour parler l’elfique… ou est-ce qu’il ne vaudrait mieux pas juste l’appeler l’Ardamiri, vu qu’il semblerait que l’elfique de Quatrième Saison soit différent ? Par l’imagination d’Arcamenel, je ne pensais pas pouvoir me retrouver un jour dans une situation à la fois aussi fascinante et aussi débile.

- Ils parlent tous la même langue que vous maintenant les gens de Quatrième Saison ? D’ailleurs, ce sont juste les gens de Quatrième Saison ou est-ce que les autres Cités aussi ont inventé de nouvelles langues ? D’ailleurs ça ne ressemble même pas à de l’elfique cette histoire ! C’est fait exprès ?

Quel imbécile tu peux faire Iurnîn, bien sûr que c’est fait exprès. Quand on invente une nouvelle langue, on a un certain contrôle sur la manière de l’orchestrer, ce genre de choses ne se font pas au hasard. Donc si elle ne ressemble pas à l’ancienne, au vu du peu de temps, du moins, j’assume que ça s’est fait il y a peu parce que si ce sont de vieilles nouvelles, l’information aura pris vachement de temps à traverser la forêt, et habituellement elle est plutôt bavarde la forêt.

- D’ailleurs pourquoi une nouvelle langue ? Bon, c’est vrai que l’elfique n’est pas toujours facile à apprendre, mais créer un nouveau dialecte, même s’il est plus simple, c’est pas un plus gros effort que de juste continuer à enseigner la complexité du premier ? Alors peut-être que c’est pour pouvoir parler sans être compris… Vous savez, les Noss ne passent pas leur temps à vous espionner si ça peut vous rassurer.

Ces Haedhrims… toujours à s’occuper de tout sauf de ce qui est important.

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MessageSujet: Re: Un visiteur en émoi [Iurnîn]   Dim 7 Oct 2018 - 18:34


Que Raemben ait l'air aussi perdu que moi alors qu'il maîtrisait le langage à la perfection m'inquiétait un peu. Qui était donc cet elfe qui ne cessait jamais de parler ? Je ne réagis que très peu à ses mots, je devais me reposer sur Raemben, une nouvelle fois. Il comprit à mon regard vide que j'étais encore une fois complètement incapable de comprendre ce qu'on me disait en elfique, ses leçons n'avançaient pas et il commençait à s'en agacer mais il ne montra rien. Il m'expliqua en quelques mots de Péninsulaire que l'elfe était perturbé par rapport à l'utilisation de cette langue qu'il n'avait probablement jamais entendu et résuma ce qu'il allait dire, pour que je me ressaisisse. Raemben reprit en elfique parfait ce qu'il venait de m'expliquer, à l'intention du nouveau venu.

- La langue que vous venez d'entendre n'est rien d'autre que du Péninsulaire, il n'est pas question d'avoir inventé quelque langue que ce soit, où serait l'intérêt ? Son histoire est complexe mais Eraïos ici présent n'a pas eu la chance d'apprendre notre langue jusqu'à il y a quelques ennéades. Il serait d'ailleurs temps qu'il s'y mette plus sérieusement, grommelait-il, alors qu'il avait bien sûr omis de me préciser ces mots, sachant que je ne ferais de toute façon pas la différence. Pardonnez mes manières, je suis Raemben, prêtre de Kÿria assigné à ce pauvre elfe lorsque nous l'avons découvert près de Linaëh, je réside ici et c'est pour cela que j'y ai amené mon protégé.

Encore une fois, une longue tirade, et moi, détaillant du regard l'individu. Raemben y voyait un elfe parmi tant d'autres, probablement non digne de curiosité, mais c'était totalement différent de mon point de vue. Si il était prêt à s'en aller après que la situation ne soit clarifiée, je n'en ferais rien, et après que le dernier mot ait quitté la bouche de mon protecteur, je lui demandai de rajouter

- Demande-lui comment il s'appelle, s'il vit ici, pourquoi il reste planté là alors qu'il n'a aucune chance de communiquer avec moi et qu'il le sait très bien, et aussi… mon flot de questions fut interrompu par la main de Raemben qui venait de se poser sur mon épaule.

- Tout doux, tout doux… J'ai compris, je ne vais pas m'en tirer comme ça et cette discussion va s'éterniser, c'est mon rôle… puis en elfique, à demi-mot, on va être en retard, pourquoi celui-là est aussi curieux ? S'adressant à l'elfe, il continua. Mon protégé est probablement encore plus curieux que vous ne l'êtes, il va falloir me donner un nom et s'il-vous-plaît… le fait le plus surprenant que vous pouvez partager d'Ardamir, je ferais la traduction. C'est une erreur de ma part, nous sommes déjà en retard, mais tant pis. Si quelqu'un peut lui offrir quelque chose de fascinant, il mérite bien ça…

Le visage de Raemben s'assombrit sans que je ne sache pourquoi, alors que sentant mon manque de motivation à apprendre le langage et la coutume des elfes depuis quelques jours, il essayait encore de trouver des choses elfiques qui me fassent rêver.
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MessageSujet: Re: Un visiteur en émoi [Iurnîn]   Dim 7 Oct 2018 - 19:21


Wow. Juste wow. Alors je ne sais pas vraiment ce qui est le pire entre l’idée d’un langage inventé par les elfes de Quatrième Saison pour qu’on ne puisse pas les comprendre, et l’idée qu’un elfe ait pu vivre une assez grande part de sa vie chez les humains pour ne connaître que leur langage. Finalement non, vous savez quoi, les Haedhrims sont bizarres, légèrement paranoïaques et ont tout le temps besoin de s’inventer de nouveaux moyens de se croire meilleurs que les elfes des clans, donc ça ne m’étonnerait même pas d’eux quelque chose de ce genre. Ça me décevrait un peu, parce que ça voudrait dire qu’on s’éloignerait encore d’une possibilité pour eux de retour à la réalité, mais ça ne m’étonnerait pas. Qu’un elfe ait vécu chez les humains et qu’il ait survécu jusqu’à l’âge adulte… le pauvre devait en avoir vu des vertes et des pas mûres.

- C’est qu’il a dû en voir de toutes les couleurs là-bas. Enfin, au moins maintenant il est ici, c’est déjà ça.

D’ailleurs j’espère qu’il en a vu de toutes les couleurs en réalité, parce que si on lui a raconté des mensonges et appris à détester son propre peuple, la route risque d’être longue. Pour l’instant il semble être intéressé en tout cas, mais bon, avec les humains, on ne sait jamais.

- Moi c’est Iurnîn, enfant des Mirtil’Di.

Et s’il était venu en tant qu’espion pour préparer la prochaine invasion des Arïn. Et s’il amenait des batailles à se creuser jusqu’à Ardamir ? Si ça se trouve, il n’attend que le bon moment pour provoquer l’apparition d’une seconde Aduram. L’horreur ! Si ça se trouve, c’est pour ça qu’il veut en savoir plus sur Ardamir. Des choses surprenantes, mais oui… c’est peut-être une manière discrète de chercher les anecdotes qui pourraient le conduire aux faiblesses du Protectorat. Après tout, ce ne serait pas la première fois que des elfes reviendraient piller le foyer de leurs ancêtres. Il y a bien eu l’autre de Thaar encore dernièrement. Oh ! Peut-être qu’il n’est pas de chez les humains ! Peut-être qu’il est des quartiers humains de l’Ithri’Vaan et qu’il est mercenaire d’un autre gros bonnet comme l’autre crotte de mynnark de princesse semi-elfe !
Ou peut-être au contraire qu’il a réchappé à des choses terribles ! Qu’il n’attend que de retrouver la chaleur du contact avec ses ancêtres ! Que depuis qu’il est petit, son cœur bat au rythme de la Symphonie et qu’enfin maintenant qu’il l’a retrouvée, il veut être capable de ne plus faire qu’un avec elle. Peut-être qu’il retrouve enfin un peu de bonheur dans une vie tragique !

Mais il y a l’incertitude. Est-ce que je peux me permettre de prendre ce risque ? Bon, les Haedhrims l’ont déjà fait vu qu’ils lui ont mandaté un prêtre de Kÿria pour le guider, mais les Haedhrims ne sont pas particulièrement futés. Enfin, ça se saurait s’ils l’étaient. La dernière fois qu’ils ont essayé de donner leur chance à un étranger ils y ont perdu leur roi, et on s’est retrouvés à se taper l’invasion Drow. Mais contrairement aux Haedhrims, moi j’ai la Symphonie pour me guider ! Et en Ardamir en plus ! Ha ! Je sais !

- Sinon… un fait surprenant… bon ça ne l’est pas tant que ça pour peu qu’on ne soit pas aveugle, mais Ardamir est façonnée dans les arbres, et parmi tous les arbres d’Ardamir, celui dans lequel est creusé le Palais et le plus vieux de tout le Protectorat… et probablement l’un des plus vieux de toute la forêt ! D’ailleurs, même si chaque Protectorat a son Arbre-Maître, d’entre tous on dit que le Grand Chêne d’Ardamir possède le Chant le plus doux. Tiens, quitte à être venu en Ardamir, tu devrais prendre le temps de l’écouter ahem… Eraïos c’est bien ça ?

Et même si lui n’écoute pas, au moins moi je suis sûr d’entendre tout ce que j’ai à savoir ! S’il vient avec de mauvaises intentions, ce n’est pas le Grand-Chêne qu’il va réussir à berner, ô ça non !

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MessageSujet: Re: Un visiteur en émoi [Iurnîn]   Sam 13 Oct 2018 - 0:13


La traduction de Raemben vint rapidement, et je considérais le propos tenu par Iurnîn quelques instants. Si j'en avais vu de toutes les couleurs ? Je ne pouvais même pas répondre à cette question, c'était la seule vie d'elfe que j'avais pu observer, de ce que pouvais en dire, rien ne sortait du lot, même si je savais que c'était faux. Aucun elfe de mon âge ici ne devait être aussi familier que moi avec la mort, et de nombreux types de morts s'étaient présentés à moi, et l'elfe en face de moi sembler le confirmait, alors que j'interprétais son message comme une confirmation que c'était mieux pour moi d'être ici que là où j'avais vécu. Mais qu'en savait-il ?

Laissant le passé de côté, c'est écouter le Grand Chêne qui me laissait rêveur. Quelques mots qui me rappelaient que si je partageais le même sang que ces elfes, ils étaient si différents de moi, et je ne pouvais les comprendre en si peu de temps passé chez eux. Mais au lieu de me repousser, ce mur d'incompréhension que je façais, cet inconnu, m'attirait. Je n'avais aucune idée de ce que cela signifiait bien sûr, jusqu'à ce que je regarde à nouveau l'arbre colossal en question, celui sur lequel j'avais déjà posé les yeux avant que cette rencontre n'ait lieu. Comment pouvais-je écouter un arbre, alors que je ne disposais que d'yeux pour le sentir de là où je me trouvais. La musique qui emplissait mes oreilles ne pouvait provenir de cet être millénaire, les odeurs que je pouvais percevoir étaient celles – à peu de différences près – que je sentais depuis mon arrivée en Anaëh, et bien sûr, je ne pouvais ni le toucher, ni le goûter. Que me restait-il ? Ce cheminement d'idées touchait à sa fin, aucune d'entre elles ne déboucherait sur une solution, et, étrangement, aucun autre cheminement de pensée n'allait le remplacer.


Aucun de mon fait, en tout cas, alors que je passais graduellement de "regarder le Chêne" à "penser au Chêne", la clé du problème, ce que j'ignorais complètement.

Physiquement, je regardais toujours le Grand Chêne, Raemben et Iurnîn semblaient attendre une réponse, d'ailleurs, mais à l'intérieur, les pulsations avaient repris. Seulement, elles n'essayaient plus d'entrer dans un esprit bouillonnant d'idées et de réflexions, mais dans un esprit qui avait fait de la place et était prêt à les accueillir. Je pensais les pulsations un seul motif régulier, mais elles étaient plus complexes, plus nuancées. Chaque pulsation avait une particularité qui l'accompagnait, si bien que je pouvais discerner si deux d'entre elles étaient les mêmes ou si elles étaient différentes. Les pulsations étaient comme des mots, qui formaient un tout harmonieux comme un langage. Je ne comprenais bien évidemment rien, mais je ne voulais pas que cette sensation d'immersion dans une mélodie disparaisse, ironiquement, après avoir redouté tout contact avec ces pulsations pendant plusieurs ennéades. Des souvenirs de "mes" enfances resurgirent, mon premier contact avec de l'elfique parlé avec mes parents, mon premier contact avec du péninsulaire chez les humains, et mon deuxième contact avec l'elfique, chacun d'eux avait un point de similitude avec mon expérience présente. La première rencontre avec un langage pensé, une nouvelle rencontre avec un nouveau langage, une rencontre avec un langage familier, comme s'il avait toujours été là avant d'être perdu.

Ces souvenirs allaient fermer mon esprit à cette présence étrangère en remplaçant le vide par un nouveau cheminement de pensées. C'était donc ça, le chant du Grand Chêne ?

- Je l'ai entendu chanter… C'est la première fois… que ça ne fait pas mal…

De très longues minutes avaient précédé mes premiers mots, et Raemben allait traduire machinalement ce que je disais à l'intention de Iurnîn, avant de me regarder avec de grands yeux ronds, comme si quelque chose d'exceptionnel venait d'arriver, et qu'il devait y réagir à tout prix.
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